{"id":9839,"date":"2021-08-22T07:30:46","date_gmt":"2021-08-22T05:30:46","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/une-perspective-dans-la-duree-resultats-a-long-terme-des-psychanalyses-et-des-psychotherapies-de-longue-duree-2\/"},"modified":"2021-10-07T19:36:37","modified_gmt":"2021-10-07T17:36:37","slug":"une-perspective-dans-la-duree-resultats-a-long-terme-des-psychanalyses-et-des-psychotherapies-de-longue-duree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/une-perspective-dans-la-duree-resultats-a-long-terme-des-psychanalyses-et-des-psychotherapies-de-longue-duree\/","title":{"rendered":"Une perspective dans la dur\u00e9e. R\u00e9sultats \u00e0 long terme des psychanalyses et des psychoth\u00e9rapies de longue dur\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p>Il n\u2019est pas nouveau pour qui que ce soit dans la communaut\u00e9 psychanalytique que la psychanalyse subit actuellement une forte pression de la part de l\u2019environnement non-psychanalytique. Pour nous, qui pensons qu\u2019une psychanalyse vaut souvent la peine d\u2019\u00eatre entreprise, cette pression est certainement frustrante et douloureuse. Cependant, nous devons admettre que cette douleur est, dans une large mesure, de notre fait. La v\u00e9rit\u00e9 est que nous, en tant que psychanalystes, avons \u00e9chou\u00e9 collectivement \u00e0 faire des efforts suffisants pour d\u00e9montrer de fa\u00e7on rigoureuse la valeur de notre pratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00eatre exact, il y a, parmi les psychanalystes, quelques exceptions \u00e0 cette attitude n\u00e9gligente vis-\u00e0-vis de la recherche syst\u00e9matique. Le projet Menninger reste toujours l\u2019une des tentatives les plus ambitieuses pour \u00e9valuer la valeur de la psychoth\u00e9rapie psychanalytique et de la psychanalyse (Wallenstein, 1986). Les r\u00e9sultats obtenus pour chacune de ces formes de traitement n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s concluants et les diff\u00e9rences entre les deux virtuellement nulles. Il y a \u00e9galement eu quelques essais dans les cercles analytiques&nbsp;; Bachrach et ses collaborateurs (Bachrach, Galatzer-Levi, Skolnikoff et Waldron Jr. 1991) en ont fait une revue exhaustive il y a quelques ann\u00e9es. Ils ont conclu que les taux d\u2019am\u00e9lioration se situent dans l\u2019intervalle de 60 \u00e0 90&nbsp;%, mais il faut admettre que cette estimation est tr\u00e8s incertaine, sinon carr\u00e9ment non fiable, parce que la m\u00e9thodologie utilis\u00e9e \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement insuffisante ou tr\u00e8s insuffisante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mieux que l\u2019on puisse dire \u00e0 propos de ces \u00e9tudes est qu\u2019elles avaient r\u00e9uni un nombre de patients inhabituellement grand pour une \u00e9tude de r\u00e9sultats, et qu\u2019elles avaient pris en compte un suivi inhabituellement long, souvent cinq \u00e0 dix ans ou plus. Un suivi de longue dur\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement une qualit\u00e9, mais dans ce cas il est devenu une faiblesse majeure, parce que les am\u00e9liorations furent estim\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralement dans un second temps par les analystes \u2013 qui souvent n\u2019avait pas eu de contact avec leurs patients apr\u00e8s la fin du traitement \u2013 ou par leurs superviseurs, qui pouvaient avoir oubli\u00e9 l\u2019ensemble du sujet dans de nombreux cas. Ce qui augmente encore l\u2019incertitude est le fait qu\u2019ils utilisaient souvent des \u00e9chelles d\u2019\u00e9valuation \u00ab&nbsp;faites maison&nbsp;\u00bb de validit\u00e9 et fiabilit\u00e9 inconnues. Fisher et Greenberg r\u00e9sument cela, dans leur livre r\u00e9cent, <em>Freud Scientifically Reappraised<\/em>, de la fa\u00e7on suivante, \u00ab&nbsp;en fait, il n\u2019y aucune \u00e9tude sur la psychanalyse comme traitement qui ne puisse \u00eatre \u00e9cart\u00e9e \u00e0 cause de donn\u00e9es s\u00e9rieusement contamin\u00e9es ou douteuses. Les diff\u00e9rentes \u00e9tudes sont toutes imparfaites d\u2019au moins une des fa\u00e7ons suivantes&nbsp;: une confiance totale sur des cas trait\u00e9s par un seul praticien&nbsp;; le manque de d\u00e9monstration qu\u2019un traitement standard fiable (psychanalyse) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement mis en place&nbsp;; l\u2019absence d\u2019un groupe de contr\u00f4le sans traitement ou trait\u00e9 autrement&nbsp;; la participation \u00e0 l\u2019\u00e9tude de psychoth\u00e9rapeutes sans exp\u00e9rience&nbsp;; dans les rares \u00e9tudes comparatives, l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019affecter les patients au hasard \u00e0 diff\u00e9rents types de traitement&nbsp;; comme seule mesure de l\u2019efficacit\u00e9 du traitement, le recours fr\u00e9quent \u00e0 des taux de r\u00e9ussite potentiellement non fiables donn\u00e9s par les th\u00e9rapeutes eux-m\u00eames ou issus de leurs notes&nbsp;\u00bb (Fisher et Greenberg, 1996, p.201).<\/p>\n\n\n\n<p>La chose int\u00e9ressante \u00e0 propos de cette citation est que Fisher et Greenberg sont \u00e0 la fois pleins de sympathie vis-\u00e0-vis des psychanalystes et cependant tr\u00e8s critiques en appliquant \u00e0 leurs r\u00e9sultats ce que l\u2019on appelle parfois le \u00ab&nbsp;standard d\u2019or&nbsp;\u00bb de la recherche sur les r\u00e9sultats cliniques. Les exigences de ce \u00ab&nbsp;standard d\u2019or&nbsp;\u00bb sont que les patients doivent \u00eatre r\u00e9partis au hasard dans les groupes de traitement, qu\u2019il s\u2019agisse de groupes de th\u00e9rapies \u00e0 comparer ou de groupes de th\u00e9rapies et de groupes non-trait\u00e9s, et que les traitements appliqu\u00e9s doivent \u00eatre strictement contr\u00f4l\u00e9s et v\u00e9rifi\u00e9s de telle fa\u00e7on que l\u2019on puisse \u00eatre s\u00fbr que le traitement en question a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement d\u00e9livr\u00e9 de la fa\u00e7on qui \u00e9tait pr\u00e9vue. Ceci en cons\u00e9quence n\u00e9cessite un entra\u00eenement des th\u00e9rapeutes compl\u00e8tement standardis\u00e9, adh\u00e9rant de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9cise \u00e0 un manuel de th\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, il ne sera jamais possible dans une \u00e9tude sur les r\u00e9sultats de la psychanalyse, de la conduire de fa\u00e7on \u00e0 satisfaire ces exigences. Ce n\u2019est pas seulement parce que la psychanalyse ne pourra jamais \u00eatre r\u00e9glement\u00e9e sans cesser d\u2019\u00eatre de la psychanalyse ou parce que l\u2019on ne peut esp\u00e9rer que les psychanalystes en g\u00e9n\u00e9ral acceptent d\u2019\u00eatre r\u00e9glement\u00e9s&nbsp;; c\u2019est aussi parce que de tels degr\u00e9s de contr\u00f4le sont in\u00e9vitablement impossibles pour des dur\u00e9es aussi longues que celles des psychanalyses type. Non seulement nous aurions \u00e0 contr\u00f4ler l\u2019adh\u00e9sion des analystes pendant des ann\u00e9es, mais si nous avions un groupe de contr\u00f4le sans traitement, nous aurions aussi \u00e0 contr\u00f4ler l\u2019adh\u00e9sion des patients non trait\u00e9s \u00e0 ces conditions. Ou, si nous avions un groupe de traitement comparatif, nous aurions \u00e0 obliger les patients \u00e0 rester dans leurs th\u00e9rapies respectives durant la totalit\u00e9 du projet, sans oublier que nous aurions besoin de leur accord pour accepter l\u2019obligation d\u2019un traitement choisi au hasard au d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas un plan r\u00e9aliste. Les patients surveillent activement leur th\u00e9rapie, les interrompent lorsqu\u2019ils ne sont pas satisfaits et en cherchent d\u2019autres, nouvelles. De ce fait, comme certains th\u00e9oriciens le pr\u00e9tendent (Munford, Schlesinger, Glass, Patrick et Cuerdon (1984) et Seligmann (1995) par exemple), le choix et la s\u00e9lection personnelle par le patient prennent part et font partie de la psychoth\u00e9rapie et de la psychanalyse, non seulement au commencement mais tout au long de leur traitement, c\u2019est-\u00e0-dire, en choisissant de rester dans le traitement et d\u2019aller aux s\u00e9ances journali\u00e8res, jour apr\u00e8s jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait qu\u2019une proc\u00e9dure et un contr\u00f4le stricts soient d\u2019autant plus difficiles \u00e0 exercer que le traitement est long est probablement la raison la plus scientifique pour laquelle les chercheurs en psychoth\u00e9rapie, comme leurs coll\u00e8gues en psychanalyse, ont \u00e9chou\u00e9 collectivement \u00e0 \u00e9tudier syst\u00e9matiquement les r\u00e9sultats de traitement de longue dur\u00e9e. Si nous prenons la revue faite par Graw (Graw, Donati et Bernauer, 1994) comme source de r\u00e9f\u00e9rence, pas plus de 7&nbsp;% des \u00e9tudes ainsi appel\u00e9es th\u00e9rapies psychodynamiques ne concernent des th\u00e9rapies de plus de deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre probl\u00e8me important est celui du suivi ult\u00e9rieur. Parmi les \u00e9tudes de th\u00e9rapies psychodynamiques rassembl\u00e9es par Graw, 13&nbsp;% seulement ont comport\u00e9 un suivi de plus de deux ans. Il est vrai que Nicholson et Berman (1983), dans leur m\u00e9ta-analyse, proposent l\u2019absolution en concluant que le r\u00e9sultat est si stable que le suivi ult\u00e9rieur n\u2019est pas r\u00e9ellement n\u00e9cessaire dans l\u2019\u00e9valuation de la psychoth\u00e9rapie. Cependant Smith, Glass et Miller (1980) ont de leur c\u00f4t\u00e9 trouv\u00e9 une relation n\u00e9gative manifeste entre l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019effet et le temps de suivi jusqu\u2019\u00e0 2 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Kasdin (1994) lui aussi a signal\u00e9 des r\u00e9sultats indiquant qu\u2019\u00e0 la fois les effets absolus et relatifs pouvaient varier au cours du temps, et Shapiro et al. (1995) ont r\u00e9cemment indiqu\u00e9 que les diff\u00e9rences de r\u00e9sultats parmi diff\u00e9rents types de th\u00e9rapies et diff\u00e9rentes dur\u00e9es changeaient avec la longueur du suivi entre trois mois et un an.<br>On doit s\u2019attendre \u00e0 cela, parce qu\u2019on doit admettre que les r\u00e9sultats du traitement sont en eux-m\u00eames un processus, dans le sens qu\u2019ils changent au cours du temps et apr\u00e8s la fin du traitement, \u00e0 cause des processus autonomes internes du patient, construits et mis en mouvement pendant la th\u00e9rapie. Les interviews r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et les tests projectifs faits \u00e0 l\u2019Institut de Psychoth\u00e9rapie \u00e0 Stockholm avec des patients pendant les six premiers mois apr\u00e8s la fin du traitement montrent que les processus post-th\u00e9rapeutiques peuvent \u00eatre aussi volatiles que le processus th\u00e9rapeutique lui-m\u00eame, et tout peut arriver en terme de haut et de bas, d\u2019espoir et de d\u00e9sespoir, de transfert de haine et d\u2019amour, d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 de s\u00e9paration et de d\u00e9pendance, et de d\u00e9saveu, etc.<br>Ainsi les g\u00e9n\u00e9ralisations sur les r\u00e9sultats de la psychoth\u00e9rapie sont essentiellement bas\u00e9s sur des recherches \u00e0 partir de th\u00e9rapies br\u00e8ves, avec ou sans suivi, ou des suivis tout \u00e0 fait courts. De telles g\u00e9n\u00e9ralisations prennent le risque d\u2019\u00eatre tout \u00e0 fait fallacieuses lorsqu\u2019il s\u2019agit de v\u00e9ritables psychanalyses ou psychoth\u00e9rapies. Des \u00e9tudes de psychoth\u00e9rapies r\u00e9ellement de longues dur\u00e9es, avec un suivi apr\u00e8s traitement \u00e9galement long sont fortement n\u00e9cessaires. Et comme des protocoles cliniques prospectifs bien contr\u00f4l\u00e9s, r\u00e9partis au hasard, peuvent s\u2019av\u00e9rer impossibles \u00e0 mener dans des conditions naturelles, nous devons saisir les opportunit\u00e9s telles qu\u2019elles se produisent naturellement, et en tirer le meilleur parti.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fondements du STOPPP<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1988, les autorit\u00e9s sanitaires en Su\u00e8de d\u00e9cid\u00e8rent de subventionner les psychanalyses et les psychoth\u00e9rapies de longue dur\u00e9e men\u00e9es par des praticiens priv\u00e9s non m\u00e9decins. Ici, nous d\u00e9finissons une psychanalyse, formellement, comme comportant trois \u00e0 cinq s\u00e9ances par semaine avec un membre de l\u2019une des deux soci\u00e9t\u00e9s psychanalytiques, et une psychoth\u00e9rapie comme comportant une \u00e0 trois s\u00e9ances par semaine avec un psychoth\u00e9rapeute agr\u00e9\u00e9. La subvention de l\u2019analyse ou de la th\u00e9rapie \u00e9tait limit\u00e9e \u00e0 une dur\u00e9e de trois ans, mais le traitement lui-m\u00eame ne l\u2019\u00e9tait pas&nbsp;: les patients pouvaient obtenir une prise en charge subventionn\u00e9e m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient dans une th\u00e9rapie en cours, et libres de continuer \u00e0 la financer par d\u2019autres moyens apr\u00e8s expiration du subside. De 1990 \u00e0 1993, de 70 \u00e0 140 traitements furent subventionn\u00e9s annuellement \u00e0 partir d\u2019une liste d\u2019attente qui \u00e9tait parfois sup\u00e9rieure \u00e0 1100 personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe de recherche \u00e0 l\u2019Institut de Psychoth\u00e9rapie du Conseil du Comt\u00e9 de Stockholm se vit assigner la t\u00e2che d\u2019\u00e9tudier, en accord avec les objectifs des autorit\u00e9s de l\u2019assurance maladie, s\u2019il \u00e9tait possible de discerner des effets b\u00e9n\u00e9fiques des traitements propos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thode<\/h2>\n\n\n\n<p>Comme nous avions un certain nombre de personnes dans les traitements subventionn\u00e9s, et un certain nombre de personnes sur la liste d\u2019attente, et comme les personnes en traitement avaient \u00e9t\u00e9 choisies au hasard, au d\u00e9but, nous avons fait l\u2019hypoth\u00e8se que nous avions une exp\u00e9rience que l\u2019on pouvait appeler naturelle, avec un groupe en traitement et un groupe de contr\u00f4le non trait\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la nature, pour ainsi dire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Projet et patients<\/h3>\n\n\n\n<p>Le premier \u00e9chantillon de patients a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 \u00e0 partir de (a) 205 patients qui avaient \u00e9t\u00e9 subventionn\u00e9s en 1990 ou 1991 et (b) les 550 premi\u00e8res personnes sur la liste d\u2019attente pour subvention, sachant que certains d\u2019entre eux \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en traitement. Cependant, il apparut rapidement, que presque tous les patients sur la liste d\u2019attente \u00e9taient \u00e9galement en traitement, aussi, utilisant d\u2019autres moyens de financement. Ainsi nous e\u00fbmes \u00e0 passer \u00e0 une autre sorte de projet, un projet appel\u00e9 quasiment exp\u00e9rimental group\u00e9 o\u00f9 le groupe des patients et celui de la liste d\u2019attente \u00e9taient rassembl\u00e9s en un seul \u00e9chantillon d\u2019environ 750 personnes \u00e0 diff\u00e9rents stades de psychanalyse ou de psychoth\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<p>La base de ce projet fut une investigation approfondie effectu\u00e9e en trois vagues en utilisant un questionnaire qui fut con\u00e7u et compil\u00e9 pour l\u2019\u00e9tude, le Questionnaire de Bien-\u00eatre (Well-being Questionnaire), nomm\u00e9 en abr\u00e9g\u00e9 WbQ. Les stades dans le traitement constituaient en pratique un \u00e9quivalent logique d\u2019un facteur al\u00e9atoire, car la chronologie de nos mesures de r\u00e9sultats \u00e9tait totalement ind\u00e9pendante du fait que chaque personne questionn\u00e9e \u00e9tait \u00e0 ce moment en cours de traitement, avait fini le traitement ou ne l\u2019avait pas encore commenc\u00e9. Ayant trois vagues d\u2019investigation, nous pouvions mesurer le temps du traitement \u00ab&nbsp;de fa\u00e7on ordinale&nbsp;\u00bb, ayant pour unit\u00e9 huit stades grossiers de d\u00e9roulement du traitement. \u00c0 la diff\u00e9rence du temps r\u00e9el, le temps ordinal est seulement une question d\u2019avant ou d\u2019apr\u00e8s, plus t\u00f4t ou plus tard. Ainsi, en examinant la figure 1, et consid\u00e9rant seulement la premi\u00e8re vague du WbQ, les patients dans le groupe 1 \u00e9taient \u00e0 un stade relativement pr\u00e9coce de pr\u00e9-traitement, alors que le groupe 2 \u00e9tait \u00e0 un stade plus tardif du pr\u00e9traitement, le groupes 3 \u00e0 un stade pr\u00e9coce du traitement en cours, les groupes 4 et 5 \u00e0 des stades plus tardifs du traitement en cours, et le groupe 6 \u00e0 un stade pr\u00e9coce de post-traitement. Sur plus de 700 personnes que nous avions en principe, un peu plus de 400 personnes avaient choisi de r\u00e9pondre d\u2019une fa\u00e7on utilisable \u00e0 notre questionnaire dans les trois occasions, et, parce que tous avaient r\u00e9pondu trois fois, nous avions au total plus de 1200 observations r\u00e9parties dans les 8 stades de l\u2019\u00e9chelle de temps. \u00c0 chacun des stades de traitement, la modalit\u00e9 de traitement, psychanalyse ou psychoth\u00e9rapie de longue dur\u00e9e, \u00e9tait un facteur d\u2019auto-s\u00e9lection.<br>74 personnes \u00e9taient ou avaient \u00e9t\u00e9 en psychanalyse deux ann\u00e9es ou plus, 331 en psychoth\u00e9rapie de longue dur\u00e9e deux ann\u00e9es ou plus, et 13 dans des th\u00e9rapies vari\u00e9es \u00e0 faible dose, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 fr\u00e9quence faible ou de courte dur\u00e9e. Pour assurer la signification clinique de nos r\u00e9sultats, nous avions inclus dans le projet deux groupes de contr\u00f4le ou de normalit\u00e9, chacun d\u2019eux \u00e9tant un groupe \u00ab&nbsp;en bonne sant\u00e9&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb. Au total, ils repr\u00e9sentaient 650 personnes. Le projet est illustr\u00e9 dans le Tableau 1.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img001.jpg\" alt=\"figure im1\"\/><figcaption><em>Mesures de r\u00e9sultats<\/em><br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Proc\u00e9dures d\u2019\u00e9valuation<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour nos mesures de r\u00e9sultats, nous avons inclus des mesures \u00e0 des distances vari\u00e9es des buts intrins\u00e8ques de la psychoth\u00e9rapie. En les consid\u00e9rant comme les plus \u00e9loign\u00e9es de la th\u00e9rapie, nous avons s\u00e9lectionn\u00e9 des variables \u00e0 d\u00e9pendance socio-\u00e9conomique telles que la maladie, l\u2019utilisation des services de sant\u00e9, et diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques reli\u00e9es au m\u00e9tier et aux aspects \u00e9conomiques. Ensuite nous avons fait l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il existe une sensation d\u2019aller bien, en terme de sympt\u00f4mes, de relations sociales, et de vision g\u00e9n\u00e9rale de la vie et de l\u2019existence, qui ne d\u00e9pend pas seulement de la th\u00e9rapie mais aussi des conditions sociales et mat\u00e9rielles. Enfin, nous avons suppos\u00e9 que les changements structuraux internes et les changements de perception et connaissance de soi (self-insight) sont tr\u00e8s directement reli\u00e9s \u00e0 ce qui s\u2019est jou\u00e9 dans la th\u00e9rapie, en liaison avec l\u2019exp\u00e9rience du patient d\u2019avoir chang\u00e9 dans le sens d\u2019une am\u00e9lioration ou d\u2019une aggravation.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans cet article nous nous concentrons sur les r\u00e9sultats, nous allons d\u00e9crire le WbQ avec quelques d\u00e9tails. Et aussi comme ces r\u00e9sultats sur le WbQ vont \u00eatre mis en relation avec certains facteurs li\u00e9s aux th\u00e9rapeutes, nous allons aussi d\u00e9crire un autre questionnaire qui \u00e0 \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 aux th\u00e9rapeutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le questionnaire WbQ avait \u00e9t\u00e9 fondamentalement orient\u00e9 vers la qualit\u00e9 des relations sociales de la personne et de sa vie int\u00e9rieure, et vers le caract\u00e8re et la gravit\u00e9 de ses sympt\u00f4mes psychiatriques. Le questionnaire r\u00e9pondait aussi \u00e0 l\u2019intention de voir l\u2019interrog\u00e9 d\u00e9crire ses traitements psychoth\u00e9rapiques anciens ou actuels, de fa\u00e7on \u00e0 enregistrer la nature des traitements auto administr\u00e9s. Parmi diff\u00e9rentes sections, ayant trait \u00e0 la famille, la sant\u00e9, les \u00e9l\u00e9ments \u00e9conomiques, le travail et d\u2019autres conditions, le questionnaire contenait les \u00e9chelles d\u2019auto\u00e9valuation standards suivantes&nbsp;: le Sympt\u00f4me Check List (SLC-90&nbsp;; Derogatis, Lipman, Rickels, Uhlenhuth, et Covi, 1974)&nbsp;; le Social Adjustement Scale (SAS&nbsp;; Weismann et Bothwell, 1976; Weissmann, Prusof, Thompson, Harding et Myers, 1978)&nbsp;; et le Sense of Coherence Scale (SOCS&nbsp;; Antonovsky, 1987).<\/p>\n\n\n\n<p>Le SCL-90, l\u2019un des instruments le plus fr\u00e9quemment utilis\u00e9 dans la recherche en psychoth\u00e9rapie, est une liste de 90 sympt\u00f4mes diff\u00e9rents et le questionn\u00e9 doit r\u00e9pondre en notant sur une \u00e9chelle \u00e0 cinq niveaux dans quelle mesure il ou elle a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par chacun d\u2019entre eux au cours de ces sept derniers jours. Les scores peuvent \u00eatre calcul\u00e9s sur 9 sous \u00e9chelles, mais dans le pr\u00e9sent document on utilisera le score moyen sur 90 item, d\u00e9nomm\u00e9 Index G\u00e9n\u00e9ral de Sympt\u00f4mes (GSI).<\/p>\n\n\n\n<p>Le SAS demande au questionn\u00e9 de t\u00e9moigner sur la qualit\u00e9 et dans certains cas la quantit\u00e9 de ses rapports sociaux dans les deux semaines \u00e9coul\u00e9es. Il y a six sections, se r\u00e9f\u00e9rant au travail professionnel de l\u2019int\u00e9ress\u00e9, \u00e0 sa famille, \u00e0 son partenaire, \u00e0 ses enfants, \u00e0 ses connaissances et \u00e0 ses amis. Un score moyen peut \u00eatre calcul\u00e9 ainsi que des sous score pour chacun des six secteurs de relations sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin la SOCS est une \u00e9chelle d\u2019auto\u00e9valuation comportant 37 items, concentr\u00e9s sur l\u2019exp\u00e9rience personnelle de la vie pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme signifiante, son propre environnement comme compr\u00e9hensible et ma\u00eetris\u00e9 pour ainsi dire, et de sa propre capacit\u00e9 \u00e0 se comporter dans les situations critiques. Nous avons consid\u00e9r\u00e9 comme adapt\u00e9 de penser le SOCS comme mesurant principalement le moral et la \u00ab&nbsp;joie de vivre&nbsp;\u00bb de la personne en question.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe trois sous \u00e9chelles disponibles mais nous avons suivi la recommandation d\u2019Antonovsky d\u2019utiliser la moyenne g\u00e9n\u00e9rale comme score de la SOCS. Le WbQ fut distribu\u00e9 \u00e0 tous les patients trois fois, de mai 1994 \u00e0 mai 1996, et le groupe contr\u00f4le r\u00e9pondit au questionnaire une seule fois, en mai 1994.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Identit\u00e9 th\u00e9rapeutique<\/em><br>Afin d\u2019acqu\u00e9rir quelques id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales sur le milieu th\u00e9rapeutique dans lequel les traitements se situaient, un questionnaire fut distribu\u00e9 \u00e0 chacun des 313 th\u00e9rapeutes et analystes qui avaient des patients dans le projet. Ce questionnaire, Therapeutic Identity (TherId), incluait des questions \u00e0 propos du cursus et de l\u2019exp\u00e9rience th\u00e9rapeutique, de l\u2019exp\u00e9rience analytique ou de l\u2019exp\u00e9rience en th\u00e9rapie, et de l\u2019orientation th\u00e9rapeutique. Trois autres sections \u00e9taient \u00e9galement inclues dans le questionnaire avec l\u2019intention d\u2019enregistrer, en utilisant ensemble environ 75 \u00e9chelles d\u2019auto\u00e9valuation, les croyances du th\u00e9rapeute sur les facteurs qu\u2019il consid\u00e9rait comme curatifs en psychoth\u00e9rapie, les croyances du th\u00e9rapeute concernant son style de travail en th\u00e9rapie et les croyances les plus basiques du th\u00e9rapeute \u00e0 propos de la nature de la psychoth\u00e9rapie et la nature de l\u2019esprit humain. Pour des objectifs de standardisation, le questionnaire fut aussi distribu\u00e9 \u00e0 un \u00e9chantillon pris au hasard de 325 psychoth\u00e9rapeutes agr\u00e9\u00e9s en Su\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sultats<\/h3>\n\n\n\n<p>En analysant les auto-cotations, nous avons tout d\u2019abord trac\u00e9 les courbes moyennes des r\u00e9sultats de la SCL-90 autocot\u00e9 (ou de la SAS ou de la SOCS) pour chacun des six groupes, comme montr\u00e9 dans la Figure 2<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img002.jpg\" alt=\"figure im2\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img003.jpg\" alt=\"figure im3\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons alors pris la moyenne pond\u00e9r\u00e9e d\u2019ensemble de tous les groupes qui, dans chaque vague d\u2019investigation, \u00e9taient dans la m\u00eame position sur l\u2019\u00e9chelle des temps. Nous avons alors obtenu la courbe de d\u00e9croissance plut\u00f4t r\u00e9guli\u00e8re de la Figure 3.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette courbe est bas\u00e9e sur 1254 observations, parmi lesquelles les quatre situ\u00e9es au stade pr\u00e9coce du pr\u00e9traitement furent plus tard \u00e9cart\u00e9es comme constituant un groupe trop peu nombreux. Sur cette figure les scores du SCL-90 sont visiblement plut\u00f4t \u00e9lev\u00e9s au commencement; en fait ils sont bien au-dessus de la ligne qui s\u00e9pare du reste les 10&nbsp;% plus mauvais scores du groupe normal qui est \u00e0 1,28 SDs (d\u00e9viation standard) au-dessus de la moyenne du groupe normal. Le niveau repr\u00e9sent\u00e9 par cette ligne est sugg\u00e9r\u00e9 par Derogatis et Lazarus comme le meilleur crit\u00e8re limite de cas, c\u2019est \u00e0 dire le meilleur crit\u00e8re pour pouvoir consid\u00e9rer qu\u2019une personne est en grand risque d\u2019un diagnostique positif et, de ce fait, de devenir un cas. Nous appellerons cela la ligne de signification clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il y a une d\u00e9croissance r\u00e9guli\u00e8re quand le traitement d\u00e9marre et ensuite une stabilisation un peu apr\u00e8s la fin du traitement, au niveau du normal, c\u2019est \u00e0 dire parmi les 90&nbsp;% meilleurs scores dans le groupe normal, mais cependant encore \u00e0 quelque distance de sa moyenne qui est le niveau qu\u2019on peut raisonnablement se fixer comme objectif du traitement. Dans ce cas nous aurions une compl\u00e8te superposition entre les personnes trait\u00e9es et la population normale. Ceci est notre format g\u00e9n\u00e9ral de pr\u00e9sentation de nos r\u00e9sultats. Laissez-moi ensuite vous montrer ce qui arrive quand nous divisons le groupe des patients en fonction de leur traitement principal, 74 en analyse, 331 en psychoth\u00e9rapie et 13 en th\u00e9rapie \u00e0 faible dose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la figure 4, apparaissent deux trajectoires en traits \u00e9pais, le trait continu pour les patients en psychoth\u00e9rapie et le trait discontinu pour les patients en analyse. Comme vous le voyez, ils partent presque exactement du m\u00eame niveau et d\u00e9clinent graduellement. (Figure 4)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img004.jpg\" alt=\"figure im4\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p id=\"pa29\">Cependant, il appara\u00eet une diff\u00e9rence importante, mais seulement lorsque le traitement est fini. Alors que le groupe de psychoth\u00e9rapie n\u2019atteint qu\u2019un&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il appara\u00eet une diff\u00e9rence importante, mais seulement lorsque le traitement est fini. Alors que le groupe de psychoth\u00e9rapie n\u2019atteint qu\u2019un niveau l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieur \u00e0 la ligne de signification clinique, le groupe d\u2019analyse approche de pr\u00e8s la valeur moyenne du groupe normal. Il y a un effet tr\u00e8s important quels que soient les standards envisag\u00e9s, alors que l\u2019effet est mod\u00e9r\u00e9 dans le groupe de psychoth\u00e9rapie. (Entre parenth\u00e8se, m\u00eame, si nous v\u00e9rifions en tenant compte de toutes sortes de diff\u00e9rences initiales entre les deux groupes, les diff\u00e9rences subsistent \u2013 ou m\u00eame s\u2019accroissent.) Bien qu\u2019il s\u2019agisse clairement de courbes, pour des raisons pratiques, nous avons ajust\u00e9 des lignes droites sur les trajectoires de chaque groupe, pour mesurer le taux de changement de chaque groupe. Si l\u2019on suppose que les d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs devraient continuer lin\u00e9airement, il faudrait aux patients en psychoth\u00e9rapie une dur\u00e9e de 9 ans pour atteindre ce que les analysants ont atteint en 3. Nous avons aussi fait correspondre une ligne droite aux moyennes du groupe en th\u00e9rapie \u00e0 dose faible, ce groupe est tr\u00e8s petit apr\u00e8s tout, aussi n\u2019y a t-il pas grande signification \u00e0 vous montrer cette courbe tr\u00e8s irr\u00e9guli\u00e8re, mais comme vous le voyez, il y a en fait une pente positive, c\u2019est \u00e0 dire une tendance \u00e0 aller d\u2019une charge en sympt\u00f4mes de d\u00e9tresse plus faible \u00e0 une charge plus forte.<br>Ensuite, dans les figures 5 et 6 sont trac\u00e9es les courbes correspondantes pour l\u2019\u00c9chelle du Sens de Coh\u00e9rence (SCOS) et pour l\u2019\u00c9chelle d\u2019Ajustement Social (SAS). (Figures 5 et 6). Sur la SOCS, il y a le m\u00eame aspect qu\u2019avec la SCL-90, quoique moins accentu\u00e9 \u2013 noter ici que les r\u00e9sultats de la SOCS s\u2019am\u00e9liore vers le haut. Sur les SAS, par contre l\u2019am\u00e9lioration est chiffr\u00e9e vers le bas, comme sur la SCL-90, mais il appara\u00eet que les progr\u00e8s sont plut\u00f4t modestes et presque les m\u00eames dans les deux groupes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img005.jpg\" alt=\"figure im5\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img006.jpg\" alt=\"figure im6\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons trouv\u00e9 cet ensemble de r\u00e9sultats tout \u00e0 fait int\u00e9ressant, parce que nous avons toujours cru que la psychanalyse n\u2019est pas en premier un traitement th\u00e9rapeutique de sympt\u00f4mes, mais plut\u00f4t un d\u00e9veloppement plus g\u00e9n\u00e9ral, et en quelque sorte \u00e9ducationnel de la compr\u00e9hension de soi et de l\u2019acceptation de soi. Cependant, il semble appara\u00eetre des r\u00e9sultats de cette \u00e9tude que la psychanalyse est tout \u00e0 fait capable aussi de produire des att\u00e9nuations de sympt\u00f4mes croissantes et de longue dur\u00e9e. Cela fut une surprise pour nous. Cela fut \u00e9galement une surprise de trouver que le d\u00e9veloppement de l\u2019ajustement social \u00e9tait pratiquement le m\u00eame qu\u2019un patient fut en psychoth\u00e9rapie ou en psychanalyse. Bien s\u00fbr, la SAS est une mesure de relations sociales plus que des relations interne \u00e0 l\u2019objet, D\u2019autre part, on pourrait croire que la qualit\u00e9 des relations sociales refl\u00e9terait la qualit\u00e9 des relations objectales, et cela nous avons \u00e9t\u00e9 capables de le confirmer dans une exp\u00e9rience au D\u00e9partement de Psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Stockholm. Nous aimerions explorer plus compl\u00e8tement pourquoi les effets sur les relations sociales sont aussi faibles comme cela semble \u00eatre le cas. Une raison possible, bien s\u00fbr, serait que la SAS soit une mesure peu sensible, mais nous n\u2019allons pas commencer par cette supposition. Tout d\u2019abord, il s\u2019agit d\u2019une mesure bien \u00e9tablie. En second, nous avons investi pas mal de temps \u00e0 l\u2019adapter aux conditions su\u00e9doises et aux temps modernes, en am\u00e9liorant, nous le croyons, son format vers un format plus acceptable pour la psychom\u00e9trie. Troisi\u00e8mement, nous avons trouv\u00e9 de grandes diff\u00e9rences entre les diff\u00e9rentes sous-\u00e9chelles de la SAS, comme on le voit dans la figure 7, qui d\u00e9crit le groupe des psychanalyses. (Figure 7)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img007.jpg\" alt=\"figure im7\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9chelle concernant le travail s\u2019am\u00e9liore beaucoup, les \u00e9chelles vers les proches (parents, proches parents, famille \u00e9tendue) pratiquement pas. Cette situation est difficile \u00e0 interpr\u00e9ter, bien s\u00fbr, sp\u00e9cialement parce qu\u2019il appara\u00eet au contraire une d\u00e9t\u00e9rioration en d\u00e9but de traitement sur toutes les \u00e9chelles except\u00e9es les \u00e9chelles du travail et de l\u2019amiti\u00e9. En sp\u00e9culant un peu, cette derni\u00e8re trouvaille, qui a un parall\u00e8le sur la SOCS, pourrait refl\u00e9ter un \u00e9loignement initial narcissique des relations objectales, avec en premier une prise de distance avec les personnes proches. Dans certains cas, comme celui des relations avec ses propres enfants, le niveau du pr\u00e9-traitement est malheureusement difficilement retrouv\u00e9. Une fa\u00e7on de r\u00e9sumer les r\u00e9sultats pr\u00e9c\u00e9dents est de compter simplement combien de personnes dans chaque groupe \u00e0 chaque \u00e9tape du temps ont \u00e9t\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0en bonne sant\u00e9\u00a0\u00bb de la ligne de signification clinique sur les trois \u00e9chelles. Ceci constitue un crit\u00e8re tr\u00e8s exigeant par rapport \u00e0 ce qui est habituellement appel\u00e9 \u00ab\u00a0r\u00e9sultat cliniquement significatif\u00a0\u00bb dans la litt\u00e9rature de recherche psychoth\u00e9rapique, plus exigeant en fait que ce qui est utilis\u00e9 habituellement. Cependant, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00eatre plus stricts pour \u00eatre du cot\u00e9 s\u00fbr. Ce que nous avons trouv\u00e9 est montr\u00e9 dans la figure 8. (Figure 8)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img008.jpg\" alt=\"figure im8\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Les \u00e9chelons verticaux repr\u00e9sentent les pourcentages de chaque groupe \u00e0 chaque \u00e9tape du temps qui satisfont notre crit\u00e8re de normalit\u00e9 de sant\u00e9. \u00c0 gauche, la psychoth\u00e9rapie, \u00e0 droite la psychanalyse. Il y a un fort accroissement \u00e0 partir d\u2019environ 12&nbsp;% jusqu\u2019\u00e0 un peu au-dessus de 70&nbsp;% dans le groupe d\u2019analyse et un accroissement mod\u00e9r\u00e9 depuis un peu moins de 30&nbsp;% jusqu\u2019\u00e0 55&nbsp;% dans le groupe de psychoth\u00e9rapie. \u00c0 titre de comparaison, 84&nbsp;% dans le groupe normal \u00e9taient \u00ab&nbsp;normaux&nbsp;\u00bb dans le sens op\u00e9rationnel donn\u00e9 \u00e0 ce terme. Les r\u00e9sultats pour la psychoth\u00e9rapie sont bons, et pour la psychanalyse tr\u00e8s bons et m\u00eame impressionnants. Jusqu\u2019\u00e0 quel point ces r\u00e9sultats positifs sont-ils associ\u00e9s avec les th\u00e9rapeutes et les facteurs th\u00e9rapeutiques&nbsp;? En consid\u00e9rant le manque de r\u00e9ponse des patients et des th\u00e9rapeutes, nous avons eu dans toutes les donn\u00e9es sur les patients et les th\u00e9rapeutes 325 couples de traitement, dont 264 psychoth\u00e9rapies, 53 analyses, et 8 th\u00e9rapies \u00e0 doses faibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Une chose qui nous a beaucoup int\u00e9ress\u00e9s a \u00e9t\u00e9 de rechercher jusqu\u2019\u00e0 quel point l\u2019exp\u00e9rience du th\u00e9rapeute peut \u00eatre payante\u00a0; c\u2019est \u00e0 dire l\u2019exp\u00e9rience du th\u00e9rapeute est-elle associ\u00e9e avec le r\u00e9sultat\u00a0? La raison de notre int\u00e9r\u00eat est que la recherche sur la psychoth\u00e9rapie est arriv\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 la conclusion plut\u00f4t \u00e9tonnante que l\u2019exp\u00e9rience du th\u00e9rapeute n\u2019a pas d\u2019importance si l\u2019on s\u2019int\u00e9resse aux r\u00e9sultats et que le cursus du th\u00e9rapeute &#8211; un aspect de l\u2019exp\u00e9rience, r\u00e9ellement &#8211; importe peu (Stein et Lambert 1984, 1985). Ce que nous avons trouv\u00e9 dans cette exp\u00e9rience est un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe, multidimensionnel et que certaines des dimensions ont peu et d\u2019autres beaucoup \u00e0 voir avec les r\u00e9sultats. La variable de base dans la caract\u00e9risation de l\u2019exp\u00e9rience est naturellement l\u2019\u00e2ge\u00a0; acqu\u00e9rir tout type d\u2019exp\u00e9rience prend du temps. (Figure 9)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img009.jpg\" alt=\"figure im9\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Comme le montre la figure 9 il y a une tendance presque r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 ce que les th\u00e9rapeutes plus \u00e2g\u00e9s obtiennent de meilleurs r\u00e9sultats avec leurs patients, ind\u00e9pendamment du sexe du th\u00e9rapeute ou du patient, et ind\u00e9pendamment du fait qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une psychanalyse ou d\u2019une psychoth\u00e9rapie. Ceci appara\u00eet sur la SCL \u2014 90, qui est la plus sensible des \u00e9chelles et qui sera utilis\u00e9e tout au long de ce qui suit. Il y a une irr\u00e9gularit\u00e9&nbsp;: c\u2019est le second plus jeune groupe \u2013 non pas le plus jeune \u2013 qui tend vers le plus mauvais. Si l\u2019on se permet de sp\u00e9culer, il appara\u00eetrait, un peu \u00e9trangement, une sorte de stagnation d\u00e9sillusionn\u00e9e apr\u00e8s quelques ann\u00e9es dans la profession.<\/p>\n\n\n\n<p>Naturellement, l\u2019augmentation de l\u2019\u00e2ge n\u2019apporte pas de valeur suppl\u00e9mentaire si ces ann\u00e9es ne sont pas utilis\u00e9es dans quelques pratiques en valant la peine. Si nous consid\u00e9rons simplement la quantit\u00e9 de temps pendant laquelle une personne a travaill\u00e9 comme th\u00e9rapeute, il y a une relation positive avec le r\u00e9sultat des patients dans les traitements. Mais si nous s\u00e9parons ce temps en deux p\u00e9riodes, l\u2019une avant d\u2019\u00eatre agr\u00e9\u00e9e pendant laquelle la personne travaille comme une sorte d\u2019apprenti sous supervision avant sa formation majeure d\u00e9finitive, et l\u2019autre apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 agr\u00e9\u00e9e, nous verrons dans la figure 10 que c\u2019est plut\u00f4t cette derni\u00e8re p\u00e9riode qui fait la diff\u00e9rence. (Figure 10)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img010.jpg\" alt=\"figure im10\"\/><\/figure>\n\n\n<p>Nous avons s\u00e9par\u00e9 chaque p\u00e9riode \u00e0 partir du nombre m\u00e9dian d\u2019ann\u00e9es, moins ou plus de 10 ans. Il semble appara\u00eetre que pratiquer simplement la psychoth\u00e9rapie n\u2019est pas suffisant \u2013 une formation de base est n\u00e9cessaire pour \u00eatre capable d\u2019utiliser cette exp\u00e9rience. (Figure 11)<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img011.jpg\" alt=\"figure im11\"\/><\/figure>\n\n\n<p>Cela fait aussi une diff\u00e9rence, comme on peut le voir dans la Figure 11, si l\u2019on a pass\u00e9 ces ann\u00e9es \u00e0 travailler comme psychoth\u00e9rapeute dans une pratique priv\u00e9e ou dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique. En partageant cette variable \u00e0 sa m\u00e9diane, qui est de 13 ans, nous avons cependant trouv\u00e9 que ce point ne semble pas avoir d\u2019importance dans le cas des psychanalystes. Ce sont seulement les psychoth\u00e9rapies qui semblent souffrir de la moindre exp\u00e9rience des th\u00e9rapeutes en pratique priv\u00e9e. (Figure 12)<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img012.jpg\" alt=\"figure im12\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9sumer nos r\u00e9sultats sur l\u2019exp\u00e9rience du th\u00e9rapeute en rapport avec la Figure 12, il y a indubitablement un ph\u00e9nom\u00e8ne multidimensionnel qui peut expliquer les r r\u00e9sultats nuls de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale sur ce point dans la litt\u00e9rature de recherche. Il y a un nuage de variables inter corr\u00e9l\u00e9es qui sont clairement associ\u00e9es avec les r\u00e9sultats sur les patients et ces r\u00e9sultats g\u00e9n\u00e9ralement favorisent les psychanalystes dans cet \u00e9chantillon, tels que l\u2019\u00e2ge et l\u2019exp\u00e9rience apr\u00e8s la formation, principalement dans la pratique priv\u00e9e. Cependant, cet avantage n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 la pratique de la psychanalyse, parce que c\u2019est \u00e9galement avantageux chez les psychoth\u00e9rapeutes, ou m\u00eame davantage. De plus, une formation en psychanalyse en soi n\u2019est d\u2019aucun avantage quand il s\u2019agit de psychoth\u00e9rapie \u2013 bien que, naturellement, la psychanalyse apparaisse comme g\u00e9n\u00e9ralement sup\u00e9rieure \u00e0 la psychoth\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour donner une appellation br\u00e8ve, nous nommerons cela le nuage de points de l\u2019exp\u00e9rience des praticiens priv\u00e9s. Ensuite, \u00e0 droite, un nuage d\u2019exp\u00e9rience psychiatrique. Ceci implique d\u2019avoir eu beaucoup de patients en th\u00e9rapie depuis des ann\u00e9es (charge en cas); beaucoup d\u2019ann\u00e9es de travail en psychoth\u00e9rapie avant la formation et l\u2019obtention des dipl\u00f4mes&nbsp;; et beaucoup d\u2019ann\u00e9es de travail avec des patients psychiatriques internes ou externes. La formation \u00e0 diff\u00e9rents types de psychoth\u00e9rapies est \u00e9galement incluse dans ce nuage. En g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 part la charge en cas, ces variables ne sont pas associ\u00e9es avec les r\u00e9sultats des th\u00e9rapies. Enfin, nous avons ce que nous aimons appeler un nuage de formation exp\u00e9rimentale, avec une formation \u00e0 la supervision, une exp\u00e9rience pratique de la supervision, \u2013 sous comme th\u00e9rapeute soit comme superviseur \u2013 et enfin une longue th\u00e9rapie ou analyse, personnelle ou de formation. Parmi ces variables, avoir une formation de supervision et faire de la supervision sont positivement associ\u00e9s avec les r\u00e9sultats des patients, alors que rester en supervision ou th\u00e9rapie personnelle pour de longues dur\u00e9es est clairement associ\u00e9 aux r\u00e9sultats de fa\u00e7on n\u00e9gative.<\/p>\n\n\n\n<p>Et maintenant, si nous ne l\u2019avons pas d\u00e9j\u00e0 compris, nous nous rendons compte que le point crucial dans nos analyses, est qu\u2019il nous est impossible de tirer des conclusions causales, parce que nous ne pouvons pas dire dans quelle mesure les associations trouv\u00e9es sont des effets du traitement ou des effets de s\u00e9lection. Quand il s\u2019agit du fait d\u2019\u00eatre en supervision et d\u2019\u00eatre dans un parcours particuli\u00e8rement long de formation \u00e0 l\u2019analyse ou \u00e0 la th\u00e9rapie, il y a presque certainement des effets de s\u00e9lection, car des th\u00e9rapeutes avec des probl\u00e8mes professionnels ou personnels sont particuli\u00e8rement enclins \u00e0 rechercher une supervision ou une r\u00e9-analyse ou une re-th\u00e9rapie et malgr\u00e9 cela \u00e0 ne pas \u00eatre tellement bons professionnellement. Quand il s\u2019agit de l\u2019\u00e2ge, du nombre d\u2019ann\u00e9es de travail comme th\u00e9rapeute etc., il se peut naturellement que les bons patients, pour ainsi les nommer, choisissent les th\u00e9rapeutes les plus exp\u00e9riment\u00e9s ou encore, que les th\u00e9rapeutes qui ne sont pas si bons abandonnent dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de leur pratique, laissant une plus grande proportion de bons th\u00e9rapeutes parmi les plus anciens ou les plus exp\u00e9riment\u00e9s. Si nous avions pu affecter les patients aux th\u00e9rapeutes dans une r\u00e9partition au hasard \u2013 et les th\u00e9rapeutes \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience&nbsp;! \u2013, nous aurions pu extraire ces diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations alors qu\u2019actuellement nous ne disposons que d\u2019un certain nombre d\u2019associations ou de corr\u00e9lations \u2013 mais combien int\u00e9ressantes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi un certain nombre de r\u00e9sultats int\u00e9ressants sur les attitudes et valeurs des th\u00e9rapeutes. Ces variables sont les plus proches que nous puissions avoir dans notre \u00e9tude concernant le milieu th\u00e9rapeutique au sein duquel ces traitements \u00e9taient conduits.<br>Quand le questionnaire des th\u00e9rapeutes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit, il a \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 qu\u2019il incluait une batterie d\u2019environ 75 items auto-cot\u00e9s concernant le style th\u00e9rapeutique, la croyance dans les facteurs curatifs, et leurs hypoth\u00e8ses concernant la nature humaine. Quand les r\u00e9sultats correspondants furent analys\u00e9s par facteurs un \u00e0 un dans l\u2019\u00e9chantillon national, standard des th\u00e9rapeutes, nous avons extrait 9 facteurs qui peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s. Ces facteurs sont pr\u00e9sent\u00e9s dans le Tableau 2 de fa\u00e7on auto explicative. Sur la base des r\u00e9sultats obtenus sur les facteurs concernant les th\u00e9rapeutes, nous avons alors \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019identifier et d\u00e9celer quatre cat\u00e9gories de th\u00e9rapeutes et d\u2019analystes sur la base de leurs croyances et de leurs valeurs. Trois de ces cat\u00e9gories sont repr\u00e9sent\u00e9es dans la Figure 13. (Tableau 2) (Figure 13)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img013.jpg\" alt=\"figure im13\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>On y voit une classe de th\u00e9rapeutes qui valorisent relativement peu la ma\u00eetrise, l\u2019aide, la gentillesse et l\u2019ouverture en psychoth\u00e9rapie, alors qu\u2019ils attachent plus d\u2019importance \u00e0 la neutralit\u00e9 technique et \u00e0 l\u2019insight. Dans cette classe, les gens qui poss\u00e8dent une formation psychanalytique sont tr\u00e8s fortement repr\u00e9sent\u00e9s, mais il y a aussi un nombre important de psychoth\u00e9rapeutes sans formation sp\u00e9cifique psychanalytique. Nous consid\u00e9rons ces personnes comme un groupe avec des id\u00e9aux classiquement psychanalytiques. Un autre groupe de th\u00e9rapeutes brille par son absence dans notre \u00e9tude alors que nous l\u2019avons identifi\u00e9 dans l\u2019\u00e9chantillon national, et ce sont ceux qui mettent des valeurs fortes sur la ma\u00eetrise, le support, la gentillesse et l\u2019ouverture mais ne valorisent pas autant la neutralit\u00e9 ou l\u2019in-sight. Ce sont les th\u00e9rapeutes cognitifs ou comportementaux. Cependant, nous n\u2019avons eu aucun traitement de ce type dans notre \u00e9chantillon de r\u00e9sultats. Les deux autres groupes restants, nous les appelons \u00e9clectiques, parce qu\u2019ils obtiennent des scores \u00e9lev\u00e9s sur toutes les \u00e9chelles, celles o\u00f9 les comportementaux ont des r\u00e9sultats \u00e9lev\u00e9s aussi bien que celles o\u00f9 les analystes les obtiennent. La diff\u00e9rence entre les deux clusters est principalement une question d\u2019attitude vis a vis de l\u2019ouverture, et ceci est reli\u00e9 \u00e0 leur formation d\u2019une fa\u00e7on plut\u00f4t particuli\u00e8re et sans grand ins\u00e8res dans ce contexte. Il est important cependant de noter qu\u2019il y avait quelques psychanalystes appartenant \u00e0 ces clusters, en plus des psychoth\u00e9rapeutes standard.<br>Maintenant, supposant qu\u2019il y ait quelque association entre ce qui se passe dans une psychoth\u00e9rapie et les attitudes et valeurs du th\u00e9rapeute, nous avons reli\u00e9 les trois nuages de th\u00e9rapeutes restants aux r\u00e9sultats des patients. Notre int\u00e9r\u00eat \u00e9tait de trouver si les th\u00e9rapeutes appartenant \u00e0 ces diff\u00e9rents nuages r\u00e9ussissaient \u00e9galement bien avec leurs patients en terme de r\u00e9sultats. La Figure 14 montre ce que nous avons trouv\u00e9 pour la SCL -90, quand nous avons trac\u00e9 les trajectoires des trois diff\u00e9rents nuages en fonction des stades du traitement, sans tenir compte si la modalit\u00e9 de ce dernier \u00e9tait une th\u00e9rapie ou une analyse. (Figure 14)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_074\/LCP_074_0025\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2002-06s_sa05_art05_img014.jpg\" alt=\"figure im14\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Il y a visiblement un nuage qui d\u00e9vie n\u00e9gativement des deux autres, et ceci est naturellement le nuage psychanalytique. Il n\u2019y a pratiquement pas de d\u00e9veloppement ici. Il faut noter que ces traitements n\u2019\u00e9taient pas tous des psychanalyses et les th\u00e9rapeutes n\u2019\u00e9taient pas tous des psychanalystes, mais leur attitude \u00e9tait classiquement psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi nous pouvons conclure \u00e0 propos de l\u2019analyse et de la th\u00e9rapie, l\u2019attitude classique psychanalytique n\u2019est pas optimale, au moins du point de vue des r\u00e9sultats sur les sympt\u00f4mes. Certains pourraient objecter que la diminution des sympt\u00f4mes n\u2019est pas r\u00e9ellement int\u00e9ressante d\u2019un point de vue psychanalytique, mais ils fermaient mieux de se rappeler que la vision de Freud sur la formation des sympt\u00f4mes \u00e9tait que ceux-ci sont r\u00e9ellement fortement associ\u00e9s, comme signaux, avec ce qui se passe intrapsychiquement et, dans la mesure ou ils sont des formations stables, ils donnent une indication sur les structures intra psychiques. Donc, du point de vue de Freud, des changements de sympt\u00f4mes stables doivent signifier un changement structural. En plus, empiriquement, la SOCS montre exactement le m\u00eame type de diagramme, et pourtant elle n\u2019est pas en principe une \u00e9valuation de variation de sympt\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci est bien s\u00fbr un peu perturbant, car nous savons que la psychanalyse semble \u00eatre tout \u00e0 fait efficace, en g\u00e9n\u00e9ral. L\u2019id\u00e9e nous est venue progressivement que la situation psychanalytique classique peut \u00eatre excellente avec une personne sur le divan cinq \u00e0 six fois par semaine, mais non optimale avec un face \u00e0 face une fois par semaine. Ainsi, avons nous fait l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il pouvait y avoir une diff\u00e9rence entre une psychoth\u00e9rapie avec un th\u00e9rapeute tourn\u00e9 vers la psychanalyse et une psychanalyse avec quelqu\u2019un de m\u00eame tendance. Nous avons alors d\u00e9compt\u00e9 notre \u00e9chantillon de patients en patients en psychoth\u00e9rapie, et en analysants, et compar\u00e9 les th\u00e9rapeutes figurant dans les trois nuages. Pour simplifier la pr\u00e9sentation dans la Figure 15, nous avons m\u00e9lang\u00e9 les deux nuages \u00e9clectiques, qui \u00e9taient r\u00e9ellement tr\u00e8s semblables, \u00e0 la fois dans leurs attitudes et dans leurs r\u00e9sultats. (Figure 15)<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le montre la Figure 15, la psychanalyse est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9galement efficace avec des analystes des deux types mais la psychoth\u00e9rapie ne l\u2019est pas. Comme vous le voyez, les th\u00e9rapeutes et les analystes du type \u00e9clectique sont presque \u00e9galement efficaces dans les deux modalit\u00e9s, avec une l\u00e9g\u00e8res sup\u00e9riorit\u00e9 pour les psychanalystes. De m\u00eame avec les th\u00e9rapeutes \u00e0 inclinations psychanalytiques, la psychanalyse est globalement \u00e9gale \u00e0 ces derniers en terme de r\u00e9sultats. Cependant, la psychoth\u00e9rapie ne l\u2019est pas. Il n\u2019y a pratiquement aucun d\u00e9veloppement, et les patients en psychoth\u00e9rapie des th\u00e9rapeutes \u00e0 inclinaison psychanalytique terminent au niveau des personnes ayant dans le groupe normal les 10\u00a0% plus mauvais scores, ceci en moyenne. Notre interpr\u00e9tation est que le type d\u2019attitude th\u00e9rapeutique classique psychanalytique ne conduit pas \u00e0 des changements en psychoth\u00e9rapie \u2013 bien que ce soit le cas en psychanalyse. Ce n\u2019est s\u00fbrement pas parce que la valorisation de la neutralit\u00e9 comme un moyen, ou l\u2019insight comme un but, serait mauvaise, car les \u00e9clectiques valorisent cela tout autant. La r\u00e9ponse convenable semble \u00eatre que le point de vue psychanalytique classique \u2013 sous le pr\u00e9texte de la r\u00e8gle d\u2019abstinence \u2013 semble n\u00e9gliger ou d\u00e9valuer les composantes relationnelles positives que sont\u00a0: \u00eatre amical, personnel \u2013 au moins un peu \u2013 et concern\u00e9. Cela ne semble pas avoir autant d\u2019importance dans la situation psychanalytique, mais il semble par contre que cela le soit en psychoth\u00e9rapie. Notre conclusion est qu\u2019il y a une diff\u00e9rence qualitative entre les deux, que la psychanalyse et la psychoth\u00e9rapie orient\u00e9e de fa\u00e7on psychanalytique, comme elles l\u2019\u00e9taient, en g\u00e9n\u00e9ral, sont diff\u00e9rentes en nature.<br>Il est vrai que cette \u00e9tude n\u2019est pas \u00e0 100\u00a0% parfaite et par cons\u00e9quent ne peut donner de conclusions \u00e0 certains \u00e9gards. Bien entendu, il n\u2019y a pas jamais d\u2019\u00e9tudes parfaitement concluantes. Cependant celle-ci est suffisamment bonne pour rendre ces r\u00e9sultats dignes d\u2019\u00eatre pris en consid\u00e9ration. Mais, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, ils n\u2019ont eu qu\u2019un faible impact sur la discussion concernant la formation en psychoth\u00e9rapie \u2013 s\u2019il en existe une \u2013 parmi les formateurs en psychoth\u00e9rapie en Su\u00e8de, ou parmi les psychanalystes qui prennent part \u00e0 de telles formations ou faisant eux-m\u00eames un travail de psychoth\u00e9rapie parall\u00e8lement aux psychanalyses. Et ceci conduit \u00e0 une conclusion importante sur le travail de recherche sur la psychanalyse en g\u00e9n\u00e9ral dans le futur. Comme beaucoup d\u2019autres chercheurs, Fisher et Greenberg (1996), Masling (1983, 1986, 1990\u00a0; Masling &amp; Borstein, 1993, 1994), ont montr\u00e9 qu\u2019il est bien s\u00fbr possible de faire de la recherche sur la psychanalyse de beaucoup de fa\u00e7ons diff\u00e9rentes, et il y a un nombre croissant de psychanalystes qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 faire eux-m\u00eames de la recherche. Mais nous sommes encore &#8211; et serons toujours, pour diff\u00e9rentes raisons \u2013 une minorit\u00e9 dans la communaut\u00e9 psychanalytique. Ayant maintenant commenc\u00e9 \u00e0 faire de la recherche en psychanalyse, notre prochaine t\u00e2che, \u00e9galement importante mais v\u00e9ritablement difficile \u2013 et c\u2019est notre conclusion \u2013 sera d\u2019amener tous les autres analystes, qui ne font pas eux-m\u00eames de recherche, \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la recherche qui est faite, prendre en consid\u00e9ration les recherches valables, les discuter, prendre connaissance et prendre conseil \u00e0 partir d\u2019elles, et la laisser influencer leur pratique de telle fa\u00e7on qu\u2019ils fassent du traitement psychanalytique un engagement encore plus valable pour les analysants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<p>[*] Sandell R., Blomberg A., Lazar A. Schubert J., Carlsson J., Broberg J., <em>As time goes by. Long term outcome of psychanalysis and long term psychotherapy<\/em>. Traduction de la conf\u00e9rence de Rolf Sandell \u00e0 l\u2019APEP le 13 novembre 1998.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Antonovsky, A. (1987). <em>Unraveling the mystery of health&nbsp;: How people manage stress and stay well<\/em>. San Francisco&nbsp;: Jossey-Bass.<\/p>\n\n\n\n<p>Bachrach, H.M., Galatzer-Levy, R., Skolnikoff, A. &amp; Waldron Jr., S. (1991). \u00ab&nbsp;On the efficacy of psychoanalysis&nbsp;\u00bb. <em>Journal of the American Psychoanalytic Association<\/em>, 39, 871-916.<\/p>\n\n\n\n<p>Derogatis, L. R. &amp; Lazarus, L. (1994). SCL-90-R, \u00ab&nbsp;Brief Symptom Inventory, and matching clinical rating scales&nbsp;\u00bb. In M. E. Maruish (Bd.), <em>The use of psychological testing for treatment planning and outcome assessment<\/em> (pp. 217-248). Hillsdale, N.J.&nbsp;: Lawrence Erlbaum.<\/p>\n\n\n\n<p>Derogatis, L. R., Lipman, R. S., Rickels, K., Uhlenhuth, E. H., &amp; Covi, L. 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(1990). <em>Empirical studies of psychoanalytic theories<\/em>. Vol. 3. Hillsdale.<\/p>\n\n\n\n<p>Masling, J. M. &amp; Bornstein, R. F. (Eds.) (1993). <em>Psychoanalytic perspectives on psychopathology<\/em>. (Empirical studies of psychoanalytic theories. Vol. 4). Washington, DC&nbsp;: American Psychological Association.<\/p>\n\n\n\n<p>Masling, J. M. &amp; Bornstein, R. F. (Eds.) (1994). <em>Empirical perspectives on object relations theory<\/em>. (Empirical studies of psychoanalytic theories. Vol. 5). Washington, DC&nbsp;: American Psychological Association.<\/p>\n\n\n\n<p>Mumford, E., Schlesinger, H. J., Glass, G. V, Patrick, C. &amp; Cuerdon, T. (1984). \u00ab&nbsp;A new look at evidence about reduced cost of medical utilization following mental health treatment&nbsp;\u00bb. <em>American Journal of Psychiatry<\/em>, 141, 1145-1158.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicholson, R. A. &amp; Berman, J. S. (1983). \u00ab\u00a0Is follow-up necessary in evaluating psychotherapy\u00a0? <em>\u00bb Psychological Bulletin<\/em>, 93, 261-278.<\/p>\n\n\n\n<p>Seligmann, M. E. P. (1995). \u00ab\u00a0The effectiveness of psychotherapy. The Consumer Reports study\u00a0\u00bb. <em>American Psychologisy<\/em>, 50, 965-974.<\/p>\n\n\n\n<p>Shapiro, D. A. et al. (1995). \u00ab\u00a0Effects of treatment duration and severity of depression on the maintenance of gains after cognitive-behavioural and psychodynamic-interpersonal psychotherapy\u00a0\u00bb. <em>Journal of Consulting and Clinical Psychology<\/em>, 63, 378-387.<\/p>\n\n\n\n<p>Smith, M. L., Glass, G. V &amp; Miller, T. I. (1980). <em>The benefits of psychotherapy<\/em>. Baltimore&nbsp;: Johns Hopkins University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Stein, D. M. &amp; Lambert, M. L. (1984). \u00ab\u00a0On the relationship between therapist experience and psychotherapy outcome\u00a0\u00bb. <em>Clinical Psychology Review<\/em>, 4, 127-142.<\/p>\n\n\n\n<p>Stein, D. M. &amp; Lambert, M. L. (1995). \u00ab\u00a0Graduate training in psychotherapy\u00a0: Are therapy outcomes enhanced\u00a0?\u00a0\u00bb <em>Journal of Consulting and Clinical Psychology<\/em>, 63, 182-196.<\/p>\n\n\n\n<p>Wallerstein, R. S. (1986). <em>Fourty-two lives in treatment. A study of psychoanalysis and psychotherapy<\/em>. New York&nbsp;: Guilford.<\/p>\n\n\n\n<p>Weissman, M. M., &amp; Bothwell, S. (1976). \u00ab&nbsp;Assessment of social adjustment by patient self-report&nbsp;\u00bb. <em>Archives of General Psychiatry<\/em>, 33, 1111-1115.<\/p>\n\n\n\n<p>Weissman, M. M., Prusoff, B. A, Thompson, W D., Harding, P. S., &amp; Myers, J. K. (1978). \u00ab\u00a0Social adjustment by self-report in a community sample and in psychiatric outpatients\u00a0\u00bb. <em>Journal of Nervous and Mental Disease<\/em>, 166, 317-326.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9839?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n\u2019est pas nouveau pour qui que ce soit dans la communaut\u00e9 psychanalytique que la psychanalyse subit actuellement une forte pression de la part de l\u2019environnement non-psychanalytique. 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