{"id":9730,"date":"2021-08-22T07:30:32","date_gmt":"2021-08-22T05:30:32","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lenfant-la-psychanalyse-et-la-psychotherapie-2\/"},"modified":"2021-10-04T09:50:29","modified_gmt":"2021-10-04T07:50:29","slug":"lenfant-la-psychanalyse-et-la-psychotherapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lenfant-la-psychanalyse-et-la-psychotherapie\/","title":{"rendered":"L&rsquo;enfant, la psychanalyse et la psychoth\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"\n<p>Cette r\u00e9flexion prolonge celles qui avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es dans ces m\u00eames colonnes au sein du dossier <em>Psychanalyse et psychoth\u00e9rapie : d\u00e9bats et enjeux<\/em><sup>1<\/sup>, r\u00e9flexions qui avaient ensuite \u00e9t\u00e9 reprises dans l\u2019ouvrage collectif publi\u00e9 pour rendre compte de la Journ\u00e9e Scientifique organis\u00e9e par Daniel Widl\u00f6cher et la revue <em>Carnet Psy<\/em> sur le th\u00e8me : <em>Psychanalyse et Psychoth\u00e9rapie &#8211; Continuons le d\u00e9bat<\/em><sup>2<\/sup>. En ce qui me concerne, je rejoins tout \u00e0 fait la position de D. Widl\u00f6cher qui a pu dire que le conflit pol\u00e9mique entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie ne se r\u00e9soudra pas tant que l\u2019existence de la psychanalyse de l\u2019enfant ne sera pas enti\u00e8rement reconnue et admise (avec toutes ses implications quant \u00e0 la formation).<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, si l\u2019on accepte pleinement l\u2019existence de la psychanalyse de l\u2019enfant en tant que telle, qu\u2019en d\u00e9coule-t-il imm\u00e9diatement :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>qu\u2019aucun processus psychanalytique n\u2019est jamais garanti \u00e0 l\u2019avance du simple fait du <em>setting<\/em> (cadre),<\/li><li>qu\u2019une cure authentiquement psychanalytique peut se conduire en face \u00e0 face, et que le divan n\u2019apporte aucune garantie <em>a priori<\/em>, \u00e0 ce sujet,<\/li><li>que notre th\u00e9orie de l\u2019interpr\u00e9tation, enfin, est encore extr\u00eamement balbutiante.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Je me sens tr\u00e8s proche \u00e9galement d\u2019Antonino Ferro quand il dit que \u00ab la psychanalyse ne peut \u00eatre qu\u2019une et enti\u00e8re \u00bb et qu\u2019elle trouve seulement \u00e0 se r\u00e9aliser dans des situations diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais reprenons chacun des trois points pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n\n\n\n<p>1- Avec un enfant, c\u2019est souvent dans l\u2019apr\u00e8s-coup du travail qu\u2019on sait exactement ce qu\u2019on a fait, et si une v\u00e9ritable dimension psychanalytique de ce travail a \u00e9t\u00e9 atteinte ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand un psychoth\u00e9rapeute d\u2019enfant re\u00e7oit un enfant deux ou trois fois par semaine (cela existe encore !), bien malin, en effet, serait celui qui pourrait dire \u00e0 l\u2019avance si le niveau de travail qui va \u00eatre obtenu sera de type analytique, ou seulement de type psychoth\u00e9rapique ! M. Ody et d\u2019autres auteurs ont bien montr\u00e9 que la possibilit\u00e9 de conduire ou non une psychanalyse d\u2019enfant d\u00e9pend aussi, en partie, du fonctionnement psychique des parents. En outre, le correspondant de l\u2019analysabilit\u00e9 des adultes renvoie, chez l\u2019enfant, \u00e0 la fluidit\u00e9 et \u00e0 la plasticit\u00e9, effective ou non, de ses imagos parentales, et il y a l\u00e0, me semble-t-il, une piste int\u00e9ressante de recherche quant \u00e0 la ligne de d\u00e9marcation entre le psychanalytique et le psychoth\u00e9rapique.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, avec l\u2019enfant, et peut-\u00eatre surtout avec lui, c\u2019est la qualit\u00e9 de l\u2019analyse de la partie inconsciente du contre-transfert du soignant qui fait que ce travail pourra vraiment s\u2019av\u00e9rer de nature psychanalytique, ou ne le pourra pas. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat, \u00e0 mon sens, de la F\u00e9d\u00e9ration Europ\u00e9enne de Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique (en service public) qui consacre beaucoup d\u2019efforts au travail de supervision comme j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 eu l\u2019occasion de le mentionner dans les \u00e9crits cit\u00e9s ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>2- Le deuxi\u00e8me point a trait \u00e0 la question de la possibilit\u00e9 ou non d\u2019une psychanalyse hors divan, c\u2019est-\u00e0-dire, en dehors du cadre de la cure-type. Bien entendu, il faut laisser \u00e0 la pratique psychanalytique, sa dimension de \u00ab v\u00e9rit\u00e9 locale \u00bb li\u00e9e \u00e0 la situation transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle tr\u00e8s sp\u00e9cifique du dispositif divan-fauteuil. C\u2019est d\u2019ailleurs cette dimension de \u00ab v\u00e9rit\u00e9 locale \u00bb qui permet d\u2019\u00e9carter la critique Popp\u00e9rienne d\u2019irr\u00e9futabilit\u00e9. Mais tout de m\u00eame\u2026 Certaines variations du cadre ne menacent pas l\u2019authenticit\u00e9 psychanalytique, sauf, \u00e0 nouveau, \u00e0 consid\u00e9rer que la psychanalyse de l\u2019enfant n\u2019existe pas et n\u2019existera jamais !<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais alors \u00e9voquer, \u00e0 ce propos, deux probl\u00e9matiques essentielles, celle des amodiations du cadre et celle du visage.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; A partir de sa pratique du psychodrame, J.-M. Dupeu nous offre depuis plusieurs ann\u00e9es, un concept fort heuristique qu\u2019il d\u00e9signe du terme de \u00ab <em>triple d\u00e9ploiement, d\u00e9pliage ou d\u00e9condensation du cadre<\/em> \u00bb, concept qui nous permet de comprendre comment la dimension psychanalytique d\u2019un travail peut \u00eatre effectivement pr\u00e9serv\u00e9e en dehors m\u00eame du dispositif classique. Le cadre du psychodrame &#8211; auquel nombre de psychanalystes ne d\u00e9nient pas une \u00e9ventuelle valeur psychanalytique -diff\u00e8re, en effet, de la cure-type sur trois points essentiels : le processus th\u00e9rapeutique ne passe pas que par la parole (s\u2019y ajoutent le langage du jeu, du corps et de l\u2019acte chers \u00e0 R. Roussillon), le transfert ne se focalise pas sur un seul th\u00e9rapeute (pr\u00e9sence des co- th\u00e9rapeutes), et la prise en compte exclusive du registre intrapsychique possible avec les patients bien diff\u00e9renci\u00e9s (principalement n\u00e9vrotiques) se double ici de la prise en compte du registre intersubjectif ou interpersonnel (ce qui est essentiel avec des patients peu ou mal diff\u00e9renci\u00e9s, des patients dits plus archa\u00efques notamment). Ce concept me semble donc tr\u00e8s utile pour approfondir ce qui peut se jouer de psychanalytique dans le travail avec les enfants qui r\u00e9clame, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, des cadres vari\u00e9s et parfois atypiques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La question du visage est \u00e9galement int\u00e9ressante \u00e0 prendre en consid\u00e9ration. S. Freud ne s\u2019est, au fond, jamais v\u00e9ritablement expliqu\u00e9 sur les motivations profondes qui l\u2019avaient amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9laisser le cadre de la cure hypnotique (dans lequel le th\u00e9rapeute voit et touche le patient qui lui-m\u00eame le voit) au profit du cadre psychanalytique (dans lequel l\u2019analyste et le patient ne communiquent qu\u2019en se parlant et en s\u2019\u00e9coutant). Ses explications sur ce point ont toujours \u00e9t\u00e9 relativement superficielles, alors qu\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9tudes sur le b\u00e9b\u00e9, on peut sans doute mieux comprendre les fondements de cette rupture m\u00e9thodologique centrale, puisqu\u2019il s\u2019agit, en r\u00e9alit\u00e9, de stimuler la r\u00e9flexivit\u00e9 psychique du patient (ne plus voir pour mieux se voir, ne plus toucher pour mieux se toucher affectivement et pour mieux toucher la v\u00e9rit\u00e9 des objets internes\u2026) comme l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, en leur temps, des auteurs comme G. Favez et D. Anzieu. Quoi qu\u2019il en soit, les \u00e9tudes actuelles sur le b\u00e9b\u00e9 et sur le d\u00e9veloppement pr\u00e9coce &#8211; \u00e9tudes aussi bien cognitives que psychodynamiques &#8211; nous montrent bien, d\u00e9sormais, que c\u2019est seulement l\u2019appr\u00e9hension polysensorielle de l\u2019objet &#8211;<em>via<\/em> un travail de \u00ab mant\u00e8lement \u00bb (D. Meltzer) ou de comodalisation sensorielle (A. Streri)- qui nous permet de vivre l\u2019objet en ext\u00e9riorit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire comme un objet qui ne fait pas partie de soi, alors que son appr\u00e9hension monosensorielle a tendance \u00e0 gommer, \u00e0 effacer ou \u00e0 r\u00e9duire notre perception de l\u2019\u00e9cart intersubjectif. Ce point est, alors, tr\u00e8s important \u00e0 mes yeux, car je me demande, en effet, si pour S. Freud, la d\u00e9cision de se mettre derri\u00e8re le patient, de renoncer \u00e0 le toucher et de renoncer \u00e0 le voir, ne correspondait pas seulement \u00e0 une rupture profonde avec l\u2019hypnose et la suggestion, mais aussi \u00e0 une tentative (certes informulable \u00e0 l\u2019\u00e9poque) de renouer, \u00e0 l\u2019\u00e9gard du patient, avec un certain en-de\u00e7\u00e0 de l\u2019intersubjectivit\u00e9 et donc avec les parties les plus infantiles et les plus archa\u00efques de son propre fonctionnement ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le face-\u00e0-face correspond, en effet, \u00e0 une situation hautement polysensorielle, situation incluant un espace mat\u00e9riel d\u2019attention conjointe o\u00f9 convergent les regards du patient et du th\u00e9rapeute (espace jouant comme une sorte d\u2019espace potentiel, de matrice des co-fantasmes, des co-pens\u00e9es et des co-symbolisations), et donnant donc, de fait, une petite prime \u00e0 la tierc\u00e9it\u00e9 et \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9. Le dispositif divan-fauteuil, au contraire, correspond \u00e0 une situation plut\u00f4t monosensorielle (avec une place centrale r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l\u2019audition alors m\u00eame que S. Freud investissait beaucoup plus les arts plastiques que la musique !), situation fond\u00e9e sur une dimension plus imaginaire et symbolique que mat\u00e9rielle de l\u2019espace d\u2019attention conjointe, et permettant donc une dialectique plus ais\u00e9e entre l\u2019en-de\u00e7\u00e0 et l\u2019au-del\u00e0 de l\u2019intersubjectivit\u00e9, avec une mise en lien plus fluide des parties infantiles de la psych\u00e9 tant de l\u2019analyste que du patient. Bien entendu, les choses ne sont pas aussi tranch\u00e9es, et il ne s\u2019agit l\u00e0 que de simples pistes de r\u00e9flexion pr\u00e9liminaires.<\/p>\n\n\n\n<p>3- Le troisi\u00e8me point concerne notre th\u00e9orie de l\u2019interpr\u00e9tation. Les b\u00e9b\u00e9s surtout, mais aussi les enfants voire m\u00eame les adolescents, nous montrent que parler peut vraiment \u00eatre compris comme un acte de parole, un acte de langage, et pas seulement comme un message au sens purement id\u00e9ique. Le b\u00e9b\u00e9 entre surtout dans le langage par la communication analogique, c\u2019est-\u00e0-dire par la musique du langage, soit par le non verbal du verbal, en quelque sorte (B. Golse), et l\u2019\u00e9nonciation a, alors, autant d\u2019importance, probablement, que l\u2019\u00e9nonc\u00e9 au sens strict, pour comprendre comment ce que l\u2019on dit fait quelque chose \u00e0 l\u2019autre, a un impact sur son monde interne, et finalement le touche et l\u2019affecte. D\u2019o\u00f9 notre besoin, dans ce champ du travail avec les tr\u00e8s jeunes enfants, d\u2019une linguistique moins saussurienne que subjectale et dynamique. Ceci \u00e9tant, notre th\u00e9orie de l\u2019interpr\u00e9tation dans le cadre de la cure-type n\u00e9cessiterait sans doute, aussi, de n\u2019\u00eatre pas exclusivement centr\u00e9e sur l\u2019\u00e9nonc\u00e9, mais aussi sur l\u2019\u00e9nonciation, ce qui nous invite \u00e0 prendre r\u00e9ellement conscience de l\u2019incompl\u00e9tude relative actuelle de notre th\u00e9orie de l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, on pourra sans doute davantage pr\u00e9ciser les points de contact (convergences) et les diff\u00e9rences (divergences) entre les interpr\u00e9tations proprement dites, et ce que l\u2019on d\u00e9signe du terme d\u2019interventions.<\/p>\n\n\n\n<p>Je mets, bien entendu, de c\u00f4t\u00e9 la question des interventions \u00e0 vis\u00e9e suggestive qui n\u2019entrent pas dans mon propos, pour dire un mot du probl\u00e8me tr\u00e8s important, notamment avec les enfant autistes ou psychotiques, en particulier, des verbalisations (A. Alvarez).<\/p>\n\n\n\n<p>La verbalisation des affects d\u2019un enfant autiste ne suffit bien s\u00fbr pas en elle-m\u00eame, mais c\u2019est souvent un long pr\u00e9alable n\u00e9cessaire. Cette verbalisation peut parfois, n\u00e9anmoins, avoir une fonction d\u2019interpr\u00e9tation contenante<sup>3<\/sup>, d\u2019un \u00eatre-ensemble qui rejoint l\u2019objectif d\u00e9fini par F. Tustin de pouvoir \u00ab faire sentir qu\u2019un autre existe et qui n\u2019est pas mena\u00e7ant \u00bb. Il y a donc bien une dimension d\u2019intervention dans toute interpr\u00e9tation et r\u00e9ciproquement dit, ce qui relativise beaucoup, selon moi, l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 suppos\u00e9e de la fronti\u00e8re, sur ce point, entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie. A ceci s\u2019ajoute le fait qu\u2019\u00e0 la lumi\u00e8re des travaux sur le b\u00e9b\u00e9s, la question se pose de savoir si l\u2019interpr\u00e9tation a aussi, ou non, \u00e0 prendre en consid\u00e9ration le langage du corps et le langage de l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est plausible de penser (R. Roussillon, B. Golse et R. Roussillon) que le langage de l\u2019acte ne renvoie pas seulement \u00e0 ce qui veut se soustraire au discours verbal, qu\u2019il ne sert pas que les desseins d\u00e9fensifs du refoulement, mais qu\u2019il peut t\u00e9moigner \u00e9galement de quelque chose qui insiste pour continuer \u00e0 se \u00ab dire \u00bb par ce canal pr\u00e9verbal, quelle que soit l\u2019efficacit\u00e9, par ailleurs, du canal de la communication verbale. D\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 de savoir si l\u2019interpr\u00e9tation ne doit strictement porter que sur ce qui est verbalis\u00e9, la r\u00e9ponse d\u00e9pendant probablement, de mani\u00e8re complexe, de la structure du patient, de l\u2019\u00e2ge du patient et du moment de la cure, voire d\u2019autres facteurs encore \u00e0 \u00e9claircir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on a pu dire que la diff\u00e9rence entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie serait que la psychanalyse vise \u00e0 aider le patient \u00e0 \u00e9laborer une th\u00e9orie personnelle de sa propre psych\u00e9, tandis que la psychoth\u00e9rapie ne chercherait qu\u2019\u00e0 faire adh\u00e9rer le patient \u00e0 la th\u00e9orie du th\u00e9rapeute, je laisserai ceci de c\u00f4t\u00e9 car sans doute s\u2019agit-il, dans cette remarque, de psychoth\u00e9rapies non psychanalytiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, P. Aulagnier insistait beaucoup sur la fonction auto-th\u00e9orisante de la psych\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire sur le fait que celle-ci cherche \u00e0 se donner une repr\u00e9sentation de son propre fonctionnement, et L. Schacht, quant \u00e0 elle, a bien montr\u00e9 que dans la dynamique de sa cure (quand celle-ci est efficace), l\u2019enfant reprend et symbolise effectivement quelque chose de sa propre croissance psychique. Il y a peut-\u00eatre, l\u00e0, un point important de la diff\u00e9rence entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie. En tout \u00e9tat de cause, l\u2019enfant nous montre l\u2019aspect quelque peu fictif de la fronti\u00e8re entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie. Il peut, toutefois, nous aider \u00e0 repenser le psychoth\u00e9rapique dans le psychanalytique, et le psychanalytique dans le psychoth\u00e9rapique.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, le travail psychanalytique avec l\u2019enfant me semble devoir \u00eatre une grande chance pour la cure-type et la psychanalyse en g\u00e9n\u00e9ral, mais encore faut-il accepter l\u2019existence m\u00eame de la psychanalyse de l\u2019enfant, enjeu fondamental qui nous ram\u00e8ne \u00e0 la position de D. Widl\u00f6cher \u00e9voqu\u00e9e d\u00e8s l\u2019introduction, et ce qui suppose d\u2019admettre que l\u2019apr\u00e8s-coup n\u2019attend pas l\u2019\u0152dipe\u2026 mais ceci est une autre histoire dont les enjeux sur la formation ne sont pas minces !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>B. Golse, \u00ab Le point de vue d\u2019un P\u00e9dopsychiatre-Psychanalyste \u00bb,\u00a0<em>Carnet Psy<\/em>, 2006, 105, 40-41.<\/li><li>B. Golse, \u00ab Le point de vue d\u2019un p\u00e9dopsychiatre-psychanalyste \u00bb, 17-24, In : \u00ab Psychanalyse et psychoth\u00e9rapie (sous la direction de D. Widl\u00f6cher, Er\u00e8s, Coll.\u00a0<em>Carnet Psy<\/em>, Ramonville Saint-Agne, Paris, 2008.<\/li><li>La distinction entre interpr\u00e9tation contenante et interpr\u00e9tation mutative que l\u2019on doit \u00e0 E. Jones, est loin d\u2019\u00eatre ais\u00e9e, aussi bien d\u2019ailleurs chez l\u2019adulte que chez l\u2019enfant.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">El\u00e9ments bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>A. Alvarez, <em>Live company<\/em>, Routledge, London, 1992, Traduction fran\u00e7aise : \u00ab Une pr\u00e9sence bien vivante (le travail de psychoth\u00e9rapie psychanalytique avec les enfants autistes, borderline, abus\u00e9s, en grande carence affective \u00bb, Editions du Hublot\u2013 Coll. \u00ab Tavistock clinic \u00bb, Larmor-Plage, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Anzieu, <em>Le Moi-peau<\/em>, Dunod, Paris, 1985 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>P. Aulagnier, <em>La violence de l\u2019interpr\u00e9tation \u2013 Du pictogramme \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab Le fil rouge \u00bb, Paris, 1975 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>J.-M. Dupeu, <em>Le psychodrame psychanalytique avec les enfants<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab Le fil rouge \u00bb, Paris, 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>G. Favez, <em>Psychanalyste o\u00f9 es-tu ?<\/em>, \u00c9ditions de l\u2019Harmattan, Coll. \u00ab Psychanalyse et civilisations \u00bb, Paris, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Ferro, <em>L\u2019enfant et le psychanalyste &#8211; La question de la technique dans la psychanalyse des enfants<\/em>, Er\u00e8s, Coll. \u00ab Des travaux et des jours \u00bb, Ramonville Saint-Agne, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse, <em>L\u2019\u00catre-b\u00e9b\u00e9<\/em> (Les questions du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019attachement, \u00e0 la psychanalyse et \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie), P.U.F., Coll. \u00ab Le fil rouge \u00bb, Paris, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse et R. Roussillon, <em>La naissance de l\u2019objet<\/em> (une co-construction entre le futur sujet et ses objets \u00e0 venir), P.U.F., Coll. \u00ab Le fil rouge \u00bb, Paris, 2010 (1\u00e8re \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>D. Meltzer et coll., <em>Explorations dans le monde de l\u2019autisme<\/em>,Payot, Paris, 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Ody, Limites du \u00ab tout analyser \u00bb chez l\u2019enfant, et fin de la cure, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1994, LVIII, 4.<\/p>\n\n\n\n<p>L. Schacht, A propos de la signification de la confiance en analyse d\u2019enfant, <em>Journal de la psychanalyse de l\u2019enfant<\/em>, 1998, 22, 39-63.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Streri, <em>Voir, atteindre, toucher<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab Le psychologue \u00bb, Paris, 1991.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Streri et coll., <em>Toucher pour conna\u00eetre<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab Psychologie et sciences de la pens\u00e9e \u00bb, Paris, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>R. Roussillon, La fonction symbolisante de l\u2019objet, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1997, LXI, 2, 399-415.<\/p>\n\n\n\n<p>F. Tustin, <em>Les \u00e9tats autistiques chez l\u2019enfant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le Seuil, Paris, 1986<\/p>\n\n\n\n<p>D. Widl\u00f6cher, <em>Les nouvelles cartes de la psychanalyse<\/em>, Ed. Odile Jacob, Paris, 1996.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9730?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette r\u00e9flexion prolonge celles qui avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es dans ces m\u00eames colonnes au sein du dossier Psychanalyse et psychoth\u00e9rapie : d\u00e9bats et enjeux1, r\u00e9flexions qui avaient ensuite \u00e9t\u00e9 reprises dans l\u2019ouvrage collectif publi\u00e9 pour rendre compte de la Journ\u00e9e Scientifique&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1225,1231,1214],"thematique":[217],"auteur":[1368],"dossier":[],"mode":[61],"revue":[883],"type_article":[453],"check":[2023],"class_list":["post-9730","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-dispositif","rubrique-enfance","rubrique-psychanalyse","thematique-psychotherapie","auteur-bernard-golse","mode-gratuit","revue-883","type_article-recherche","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9730","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9730"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9730\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16654,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9730\/revisions\/16654"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9730"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9730"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9730"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9730"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9730"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9730"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9730"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9730"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9730"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}