{"id":9627,"date":"2021-08-22T07:30:20","date_gmt":"2021-08-22T05:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lemotion-depressive-et-la-co-construction-des-affects-et-des-representations-2\/"},"modified":"2021-10-08T04:09:45","modified_gmt":"2021-10-08T02:09:45","slug":"lemotion-depressive-et-la-co-construction-des-affects-et-des-representations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lemotion-depressive-et-la-co-construction-des-affects-et-des-representations\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9motion d\u00e9pressive et la co-construction des affects et des repr\u00e9sentations"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>On parle, bien s\u00fbr, tr\u00e8s souvent de \u201cd\u00e9pression\u201d, mais il est finalement assez difficile de savoir pr\u00e9cis\u00e9ment s\u2019il est question d\u2019affect d\u00e9pressif, d\u2019\u00e9tat d\u00e9pressif, voire d\u2019organisation ou de structure d\u00e9pressive, et il m\u2019appara\u00eet que cette question vaut, aujourd\u2019hui, aussi bien pour les b\u00e9b\u00e9s que pour les adolescents. Pour ma part, je proposerais volontiers le concept \u201cd\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive\u201d pour cerner un ph\u00e9nom\u00e8ne qui se co-construit, avec l\u2019autre, et qui sous-tend la perte du plaisir \u00e0 d\u00e9sirer comme du plaisir \u00e0 penser, tant chez le b\u00e9b\u00e9 que chez l\u2019adolescent. Par ailleurs, si le corps et la psych\u00e9 sont indissociables chez le b\u00e9b\u00e9, les \u00e9motions et la cognition le sont sans doute tout autant, tout au long de la vie, et j\u2019ai encore en m\u00e9moire les propos de Jean-Claude Ameisen qui disait assez r\u00e9cemment&nbsp;: \u201cJ\u2019ai finalement d\u00e9couvert qu\u2019\u00e9prouver et conna\u00eetre sont une seule et m\u00eame chose\u201d, rejoignant l\u00e0, de mani\u00e8re spectaculaire pour un scientifique, le point de vue de W.R. Bion.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre id\u00e9e-force, enfin, que je souhaiterais d\u00e9fendre, c\u2019est que l\u2019objet peut \u00eatre perdu avant d\u2019\u00eatre per\u00e7u (en \u00e9cho de la phrase c\u00e9l\u00e8bre de S. Lebovici en 1960&nbsp;: \u201cL\u2019objet peut \u00eatre investi avant d\u2019\u00eatre per\u00e7u\u201d). Ce qui est perdu renvoie alors \u00e0 la perte de la capacit\u00e9 m\u00eame d\u2019investir (dans la perspective de la \u201cd\u00e9sobjectalisation\u201d d\u00e9crite par A. Green), et ce d\u00e9sinvestissement d\u00e9pressif de l\u2019investissement, de l\u2019investissement en tant qu\u2019objet particulier -tant affectif que cognitif- menace alors, purement et simplement, la croissance psychique, aussi bien du b\u00e9b\u00e9 que de l\u2019adolescent.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 la triple menace intriqu\u00e9e d\u2019une perte du plaisir \u00e0 d\u00e9sirer l\u2019objet, d\u2019une perte du plaisir \u00e0 penser l\u2019objet, et finalement d\u2019un emp\u00eachement de l\u2019objet de nous d\u00e9sirer et de nous penser. Ce \u00e0 quoi, il faut ajouter que m\u00eame si l\u2019adolescent peut, certes, perdre des objets, toute d\u00e9pression r\u00e9activera chez lui ce type de perte pr\u00e9objectale propre \u00e0 sa vie de b\u00e9b\u00e9, d\u2019o\u00f9 une dimension mixte, narcissique et objectale, et donc toujours fort douloureuse, des d\u00e9pressions \u00e0 cette p\u00e9riode de la vie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Affectivit\u00e9 et cognition<\/h2>\n\n\n\n<p>A la lumi\u00e8re des r\u00e9flexions actuelles, ces deux champs s\u2019av\u00e8rent, en r\u00e9alit\u00e9, profond\u00e9ment intriqu\u00e9s, voire indissociables.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le visage de la m\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand on voit la force d\u2019attraction des b\u00e9b\u00e9s qui vont bien, vers le visage de la m\u00e8re, bien malin serait celui qui pourrait dire, alors, si le visage de la m\u00e8re est un objet \u00e0 investir affective-ment, ou un objet \u00e0 explorer cognitivement&nbsp;! La tentative de toute distinction de ce type para\u00eet m\u00eame d\u00e9risoire. Il est clair que ce visage maternel a besoin d\u2019\u00eatre investi pulsionnelle-ment pour pouvoir \u00eatre explor\u00e9, mais qu\u2019il a, en m\u00eame temps, besoin d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert cognitivement pour pouvoir \u00eatre investi affective-ment\u2026 et qu\u2019il en va sans doute de m\u00eame pour nombre d\u2019autres objets importants de l\u2019environnement du b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Affects et \u00e9motions (petit plaidoyer en faveur de l\u2019\u00e9motion)<\/h2>\n\n\n\n<p>1- Une br\u00e8ve histoire des id\u00e9es \u00e0 propos des affects et des \u00e9motions doit d\u2019abord \u00eatre rappel\u00e9e. Pour Ch. Darwin, il existait six ou sept affects de base (joie, tristesse, col\u00e8re, d\u00e9go\u00fbt, peur, honte et surprise). Ces affects, pour cet auteur, font en quelque sorte partie d\u2019un \u00e9quipement neuropsychologique de base dont l\u2019inn\u00e9it\u00e9 renvoie \u00e0 une vision quelque peu constitutionnelle et statique de cette question. D\u00e8s 1925, dans son article sur <em>La n\u00e9gation<\/em>, S. Freud insiste sur le fait que le \u201cjugement d\u2019attribution\u201d est premier, avant le \u201cjugement d\u2019existence\u201d. On sait que dans cet article &#8211; dont la premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la n\u00e9gation en tant que m\u00e9canisme de d\u00e9fense chez le sujet adulte n\u00e9vrotique, mais dont la deuxi\u00e8me partie envisage la n\u00e9gation comme un m\u00e9canisme central et fondateur dans l\u2019ontogen\u00e8se de l\u2019appareil psychique &#8211; S. Freud op\u00e8re un renversement qui vaut comme un v\u00e9ritable coup de force. Il montre en effet que, contrairement aux mod\u00e9lisations de la psychologie acad\u00e9mique classique, l\u2019approche m\u00e9tapsychologique invite \u00e0 consid\u00e9rer que, face \u00e0 un objet externe, le premier acte de pens\u00e9e ne consiste pas \u00e0 se demander d\u2019abord si l\u2019objet existe bel et bien (jugement d\u2019existence), mais plut\u00f4t s\u2019il est source de plaisir ou de d\u00e9plaisir (jugement d\u2019attribution). Si l\u2019objet est jug\u00e9 comme \u201cbon\u201d, alors il sera introduit dans le monde repr\u00e9sentationnel (interne), si l\u2019objet est jug\u00e9 comme \u201cmauvais\u201d, alors il sera \u00e9ject\u00e9, vers un dehors encore ind\u00e9fini et mal circonscrit, vers un non-moi externe (le \u201cmoi-plaisir\u201d originel se constituant pr\u00e9cis\u00e9ment dans le mouvement m\u00eame de ce travail de triage en fonction du principe de plaisir\/d\u00e9plaisir). Nous n\u2019irons pas plus loin ici dans l\u2019analyse du clivage qui se met ainsi en place entre un dedans d\u2019abord enti\u00e8rement bon et un dehors d\u2019abord enti\u00e8rement mauvais, mais l\u2019on voit bien comment dans ce travail de d\u00e9limitation, S. Freud accorde, de fait, un r\u00f4le central \u00e0 l\u2019affect dans la constitution m\u00eame du monde repr\u00e9sentationnel.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Houzel souligne, quant \u00e0 lui, les apports th\u00e9oriques de M. Klein et de W. R. Bion \u00e0 cette probl\u00e9matique de l\u2019affect. C\u2019est D. Houzel en effet qui, dans le <em>Dictionnaire International de la Psychanalyse<\/em> (notions, biographies, \u0153uvres, \u00e9v\u00e8nements, institutions), a r\u00e9dig\u00e9 l\u2019item \u201cEmotion\u201d, et ceci de mani\u00e8re extr\u00eamement instructive. Ce qu\u2019il importe de retenir de son travail, c\u2019est la proximit\u00e9 relative des concepts d\u2019affect et d\u2019\u00e9motion, \u00e0 ceci pr\u00e8s qu\u2019au regard de la m\u00e9tapsychologie freudienne classique, le repr\u00e9sentant-affect de la pulsion renvoie clairement \u00e0 la th\u00e9orie des pulsions, tandis que le concept d\u2019\u00e9motion renvoie davantage \u00e0 la th\u00e9orie des relations d\u2019objet. Il semble par ailleurs, que le terme d\u2019\u00e9motion comporte une valence plus dynamique que celui d\u2019affect dont la fonction principale, dans le champ de la m\u00e9tapsychologie freudienne, correspond surtout \u00e0 une fonction de coloration du repr\u00e9sentant-repr\u00e9sentation de la pulsion (<em>Darstellung-Repra\u00ebsentanz<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>M. Klein et tout le courant post-kleinien se r\u00e9f\u00e8rent ainsi beaucoup plus au concept d\u2019\u00e9motion qu\u2019\u00e0 celui d\u2019affect, et c\u2019est W.R. Bion qui montrera ensuite, <em>via<\/em> le concept d\u2019identification projective normale, l\u2019enracinement des liens K (pour <em>Knowledge<\/em>) dans les liens L ou A (pour <em>Love<\/em> ou <em>Amour<\/em>) et les liens H (pour <em>Hatred<\/em> ou <em>Haine<\/em>), soit le r\u00f4le premier de l\u2019\u00e9motion dans la constitution m\u00eame de l\u2019appareil \u00e0 penser (le \u201ccoup de foudre\u201d illustrant bien, par exemple, cette perspective dans la mesure o\u00f9 il nous montre que l\u2019\u00e9motion partag\u00e9e vaut d\u00e9j\u00e0, bel et bien, comme une premier mode d\u2019appr\u00e9hension et de prise de connaissance de l\u2019objet \u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>G. Haag de son c\u00f4t\u00e9, quand elle parle des \u00e9motions, insiste souvent sur leur dynamique intense qui lance quelque chose de soi vers l\u2019autre, comme l\u2019indique d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9tymologie m\u00eame du terme (\u00e9-motion), impliquant l\u2019id\u00e9e d\u2019un mouvement qui nous fait sortir en quelque sorte de nous-m\u00eames. Ceci est \u00e9videmment tr\u00e8s sensible chez les b\u00e9b\u00e9s qui, \u00e0 d\u00e9faut de langage (<em>in-fans<\/em>), passent par l\u2019image motrice pour penser leurs impulsions et leurs attractions relationnelles, et pour nous montrer, ou nous d\u00e9montrer, \u00e0 leur mani\u00e8re, quelque chose de leurs \u00e9lans interactifs ainsi figur\u00e9s au travers de certaines de leurs \u00e9motions. Ce \u201clancer-vers-l\u2019autre\u201d a donc valeur simultan\u00e9e de constat et de tentative d\u2019annulation de l\u2019\u00e9cart intersubjectif (ce que l\u2019on retrouvera d\u2019ailleurs, <em>mutatis mutandis<\/em>, au niveau du langage verbal). Ajoutons encore que si l\u2019\u00e9motion partag\u00e9e peut se jouer \u00e0 deux, il n\u2019en va pas de m\u00eame, on le sait, des processus d\u2019attention conjointe qui impliquent toujours un objet tiers (chose, activit\u00e9 ou personne).<\/p>\n\n\n\n<p>D.N. Stern a d\u00e9velopp\u00e9, quant \u00e0 lui, le concept de <em>feeling shapes<\/em> avec toute la dynamique des \u00e9motions qui s\u2019attache \u00e0 la repr\u00e9sentation de la m\u00e8re par le b\u00e9b\u00e9, ainsi que du b\u00e9b\u00e9 par la m\u00e8re. A.R. Damasio, enfin, a ouvert la voie, plus r\u00e9cemment, \u00e0 une requalification de l\u2019affect au regard des neurosciences.<\/p>\n\n\n\n<p>2- Au fil de cette \u00e9volution des id\u00e9es, on assiste ainsi \u00e0 un triple mouvement conceptuel&nbsp;: d\u2019une part, le principe de plaisir\/d\u00e9plaisir se voit revisit\u00e9, d\u2019autre part, l\u2019affect rev\u00eat progressivement une fonction propre de repr\u00e9sentance, et enfin l\u2019affect devient un \u00e9l\u00e9ment important des processus de communication. Le principe de Plaisir\/D\u00e9plaisir appara\u00eet d\u00e9sormais comme de plus en plus dynamique. Apr\u00e8s le point de vue tr\u00e8s statique de Ch. Darwin, et la psychanalyse qui consid\u00e8re globalement le plaisir comme li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9charge et le d\u00e9plaisir li\u00e9 \u00e0 la tension, toute une r\u00e9flexion &#8211; et notamment celle de D.N. Stern quant aux interactions entre m\u00e8re et enfant (autour du concept de \u201crepr\u00e9sentations d\u2019interactions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es\u201d) &#8211; se fait jour qui montre que le plaisir peut aussi d\u00e9couler d\u2019une mise en tension, pourvu que celle-ci respecte certaines conditions de vitesse et d\u2019intensit\u00e9, ni trop forte, ni trop brutale. Cette vision dynamique de l\u2019indexation de l\u2019exp\u00e9rience interpersonnelle par un affect de plaisir m\u00e9rite \u00e9galement d\u2019\u00eatre prise en compte dans les rapports du sujet avec ses objets internes, et ceci rend compte du plaisir qui peut \u00eatre li\u00e9 \u00e0 l\u2019attente ou au suspens, encore qu\u2019ici certains tenants de la vision m\u00e9tapsychologique classique puissent \u00e9ventuellement objecter que le plaisir, si plaisir il y a, ne serait pas li\u00e9 \u00e0 la mont\u00e9e de la tension pulsionnelle, mais plut\u00f4t \u00e0 l\u2019anticipation psychique de la d\u00e9charge \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affect acquiert de plus en plus une fonction propre de repr\u00e9sentation. C\u2019est toute la question des <em>feeling shapes<\/em> d\u00e9crites par D.N. Stern dans le cadre des interactions pr\u00e9coces qui se trouve ici pos\u00e9e, <em>feeling shapes<\/em> et \u201caffects de vitalit\u00e9\u201d qui constituent de v\u00e9ritables lignes dramatiques, \u00e9motionnelles et temporelles, et qui permettraient une reconnaissance et un investissement de l\u2019objet par le biais de ses contours rythmiques et interactifs (style interactif et caract\u00e9ristiques de l\u2019accordage affectif) avant m\u00eame que le b\u00e9b\u00e9 puisse le reconna\u00eetre par ses sp\u00e9cificit\u00e9s formelles et statiques, ce que S. Lebovici, avait annonc\u00e9 de mani\u00e8re pr\u00e9monitoire en affirmant que \u201cl\u2019objet peut \u00eatre investi avant d\u2019\u00eatre per\u00e7u\u201d, et ce que A. Leroy-Gourhan signale \u00e9galement au niveau des expressions pictographiques pr\u00e9historiques o\u00f9 l\u2019abstraction dynamique pr\u00e9c\u00e8de, et de loin, la figuration statique.<br>Comme on le voit les affects et leur agencement dynamique, prennent donc peu \u00e0 peu une fonction de repr\u00e9sentation de l\u2019objet, et cette nouvelle conception des choses se retrouve \u00e9galement dans les mod\u00e9lisations d\u2019 I. Fonagy sur \u201cLa vive voix\u201d (fonction de figuration affective de l\u2019\u00e9nonciation) et d\u2019A. Green sur <em>Le discours vivant<\/em> (fonction de repr\u00e9sentation de l\u2019affect et non plus seulement de coloration \u00e9motionnelle du <em>Darstellung-repra\u00ebsentanz<\/em>). La question des \u201cmod\u00e8les internes op\u00e9rants\u201d (<em>internal working models<\/em>) de la th\u00e9orie de l\u2019attachement (J. Bowlby) m\u00e9riteraient, eux aussi, d\u2019\u00eatre repens\u00e9s dans cette perspective, dans la mesure o\u00f9 les modalit\u00e9s de r\u00e9ponse de l\u2019adulte en termes dynamiques d\u2019attachement permettent \u00e9galement au b\u00e9b\u00e9 de reconna\u00eetre ses diff\u00e9rents <em>caregivers<\/em> (I. Bretherton).<br>L\u2019affect, enfin, est con\u00e7u aujourd\u2019hui comme un mode de communication <em>per se<\/em>, ce que l\u2019on voit bien avec l\u2019\u00e9volution du concept d\u2019identification projective (de M. Klein \u00e0 D.N. Stern <em>via<\/em> l\u2019identification projective normale de W.R. Bion), et ce que G. Haag d\u00e9montre avec force par sa description des \u201cboucles de retour\u201d en tant que paradigme de l\u2019image motrice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive (ou ne plus d\u00e9sirer, ne plus explorer, ne plus conna\u00eetre, ne plus \u00eatre pens\u00e9 par l\u2019autre)<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9motion (d\u00e9pressive) se joue donc \u00e0 deux et elle vaut comme attaque double, mixte, de l\u2019affectivit\u00e9 et de la cognition, ce qui est cliniquement assez clair, aujourd\u2019hui, avec tout le champ des d\u00e9pressions maternelles. L\u2019\u00e9motion est bien entendu li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence (ou \u00e0 l\u2019absence de l\u2019autre), mais elle n\u2019est pas seulement un effet de l\u2019autre. On sent bien, aujourd\u2019hui, que les affects ou les \u00e9motions se voient, en effet, de plus en plus per\u00e7us comme une mani\u00e8re particuli\u00e8re de penser l\u2019objet. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de mentionner, ici, les travaux de D. Meltzer et son concept de \u201cconflit esth\u00e9tique\u201d qui renvoie bien \u00e0 une d\u00e9couverte de l\u2019objet primaire par le biais de l\u2019\u00e9motion (esth\u00e9tique), puisque c\u2019est pour \u00e9chapper au dilemme \u00e9nigmatique entre le dedans et le dehors de l\u2019objet (\u201cest-ce aussi beau au dedans&nbsp;?\u201d) que le b\u00e9b\u00e9 va fragmenter et pulv\u00e9riser l\u2019objet d\u2019abord per\u00e7u comme un tout (th\u00e9orie qui, comme D. Houzel l\u2019a bien montr\u00e9, implique un renversement h\u00e9r\u00e9tique entre les deux positions kleiniennes puisque, pour D. Meltzer, ce serait la position d\u00e9pressive qui serait premi\u00e8re, la position schizo-parano\u00efde ne survenant que comme une d\u00e9fense secondaire vis-\u00e0-vis du conflit esth\u00e9tique initial et de nature fondamentalement d\u00e9pressive).<\/p>\n\n\n\n<p>Notons au passage, que le conflit esth\u00e9tique peut aussi \u00eatre compris comme une dialectique conflictuelle entre une tridimensionnalit\u00e9 originaire et un accrochage bidimensionnel imm\u00e9diat. Sur un tout autre plan, nous dirons enfin que les donn\u00e9es les plus r\u00e9centes sur la m\u00e9moire (G. Edelman) plaident \u00e9galement en faveur d\u2019une intrication serr\u00e9e entre \u00e9motions et cognition, puisque c\u2019est bien l\u2019affect qui, dans cette perspective, contextualise l\u2019engrammation, mais aussi l\u2019\u00e9vocation et la (re)construction des souvenirs qui ne sont plus consid\u00e9r\u00e9s, aujourd\u2019hui, comme li\u00e9s \u00e0 des traces mn\u00e9siques plus ou moins stables et fix\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, \u00e0 tout ce que nous venons de voir, il importe encore d\u2019ajouter que le r\u00f4le de l\u2019objet doit d\u00e9sormais \u00eatre pris en compte dans la mise en forme des \u00e9motions par le sujet lui-m\u00eame (A. Green, 1987). C\u2019est ce que G. Haag, notamment, indique avec les concepts de \u201cpoint de rebonds\u201d et de transformation au sein des \u201cboucles de retour\u201d, c\u2019est ce qu\u2019implique la notion de co-construction des \u00e9motions que nous avons nous-m\u00eames propos\u00e9e dans des travaux ant\u00e9rieurs, et c\u2019est ce que je souhaite faire valoir, ici, avec le concept d\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive, en particulier au sein de la dynamique transf\u00e9ro\/contre-transf\u00e9rentielle (que ce soit \u00e0 propos du retrait d\u00e9pressif des b\u00e9b\u00e9s qui comporte une fonction paradoxale d\u2019appel, ou que ce soit \u00e0 propos de la \u201cd\u00e9pression de transfert\u201d d\u00e9crite par A. Green dans le cadre de son travail sur le \u201ccomplexe de la m\u00e8re morte\u201d).<br>A la lumi\u00e8re de ces r\u00e9flexions, les enjeux de l\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive sont donc multiples puisqu\u2019ils engagent le risque de ne plus investir l\u2019objet (ne plus le d\u00e9sirer affective-ment et ne plus le conqu\u00e9rir cognitivement), mais aussi celui de ne plus pouvoir \u00eatre pens\u00e9 par l\u2019objet, ce qui, \u00e0 coup s\u00fbr, n\u2019est pas moins co\u00fbteux, tant s\u2019en faut&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019objet peut-il \u00eatre perdu avant d\u2019\u00eatre per\u00e7u&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Qu\u2019y a-t-il \u00e0 perdre avant de pouvoir perdre des objets constitu\u00e9s&nbsp;? Le sch\u00e9ma du deuil de S. Freud et K. Abraham est, \u00e9videmment, inutilisable comme tel chez le b\u00e9b\u00e9 qui n\u2019a encore ni suffisamment rep\u00e9r\u00e9 ses objets externes, ni suffisamment instaur\u00e9 ses objets internes. On se trouve alors, chez le tr\u00e8s jeune enfant, in\u00e9luctablement amen\u00e9 \u00e0 distinguer les d\u00e9pressions avec et sans objet.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression absolument sans objet est, en r\u00e9alit\u00e9, assez difficile \u00e0 concevoir. La solution passe peut-\u00eatre par ce que dit D. Houzel des d\u00e9pressions primaires o\u00f9 la pr\u00e9conception ( W. R. Bion) se lancerait vers un objet potentiel et ne trouverait qu\u2019un objet d\u00e9cevant\u2026 Quoi qu\u2019il en soit, penser une d\u00e9pression sans objet peut nous ouvrir plusieurs pistes de r\u00e9flexion, en r\u00e9f\u00e9rence soit \u00e0 des objets insuffisamment constitu\u00e9s (R. Spitz), soit \u00e0 des objets encore tr\u00e8s partiels, trop partiels pour pouvoir s\u2019inscrire dans la dynamique d\u2019un authentique travail de deuil. Mais la notion de d\u00e9pression sans objet peut aussi \u00eatre reprise \u00e0 diff\u00e9rents \u00e2ges de la vie&nbsp;: chez le b\u00e9b\u00e9, o\u00f9 elle pourrait \u00eatre en jeu dans l\u2019en-de\u00e7\u00e0 de l\u2019intersubjectivit\u00e9, chez l\u2019adolescent, sur fond de \u201cd\u00e9sobjectalisation\u201d (A. Green, 1986) de la part du sujet et\/ou de la part de l\u2019objet, et chez l\u2019adulte enfin, <em>via<\/em> le concept de d\u00e9pression essentielle ( P. Marty) qui se fonde, comme nous l\u2019avons \u00e9voqu\u00e9 plus haut, sur la perte de l\u2019investissement des processus d\u2019investissement eux-m\u00eames (en r\u00e9f\u00e9rence au concept de pulsions de mort).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La dimension archa\u00efque des d\u00e9pressions du b\u00e9b\u00e9 et de l\u2019adolescent<\/h2>\n\n\n\n<p>Toutes les d\u00e9pressions du sujet qui n\u2019est plus un b\u00e9b\u00e9, se fondent, en partie, sur une r\u00e9activation de la position d\u00e9pressive. Mais ceci ne suffit pas. Selon l\u2019hypoth\u00e8se d\u00e9fendue ici, il y aurait r\u00e9activation, aussi, d\u2019un niveau plus archa\u00efque de d\u00e9pression sans objet, par d\u00e9sinvestissement des processus m\u00eames d\u2019investissement. D\u2019o\u00f9 l\u2019axe narcissique de toute d\u00e9pression (G. Rosolato) et sa double composante &#8211; affective ou plut\u00f4t \u00e9motionnelle et cognitive &#8211; car \u00e0 ce niveau-l\u00e0, la dynamique d\u00e9pressive menace les capacit\u00e9s de repr\u00e9sentation mentale de l\u2019objet par le sujet et l\u2019aide de l\u2019objet \u00e0 la repr\u00e9sentation mentale de soi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le retrait d\u00e9pressif et le contre-transfert<\/h2>\n\n\n\n<p>A partir de cette hypoth\u00e8se d\u2019une \u00e9motion d\u00e9pressive co-construite, diverses pistes de r\u00e9flexion peuvent alors \u00eatre explor\u00e9es&nbsp;: le retrait d\u00e9pressif comme traduction de l\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive (liens entre la tristesse et le figement \u00e9voqu\u00e9 par D. Widl\u00f6cher), la distinction entre retrait autistique et retrait d\u00e9pressif propos\u00e9e par A. Carel, la fonction du retrait d\u00e9pressif comme appel paradoxal, et l\u2019importance enfin du contre-transfert (se sentir l\u00e2ch\u00e9 ou se sentir ni\u00e9, se sentir l\u00e2ch\u00e9 comme objet sp\u00e9cifi\u00e9 ou comme occasion d\u2019investissement&nbsp;?) ce que la contribution de D. Widl\u00f6cher a \u00e9galement abord\u00e9 au travers du concept de gu\u00e9rison.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle aura \u00e9t\u00e9 celui de la d\u00e9couverte du code g\u00e9n\u00e9tique, le 21<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle sera peut-\u00eatre celui de la compr\u00e9hension du d\u00e9sir et de la m\u00e9moire, <em>via<\/em> un croisement des \u00e9tudes sur les \u00e9motions et des donn\u00e9s des neurosciences. L\u2019\u00e9motion appara\u00eet de plus en plus, aujourd\u2019hui, comme la plaque tournante du d\u00e9sir et de la pens\u00e9e, et la d\u00e9pression archa\u00efque comme interface entre l\u2019affectivit\u00e9 et la cognition, <em>via<\/em> le concept d\u2019\u00e9motion d\u00e9pressive qui conjoint, de mani\u00e8re dialectique, le fonctionnement du sujet et de l\u2019objet. En de\u00e7\u00e0 de la position d\u00e9pressive du sch\u00e9ma kleinien, le d\u00e9sinvestissement des processus d\u2019investissement sous-tend la dimension la plus grave et la plus douloureuse des mouvements d\u00e9pressifs \u00e0 tout \u00e2ge, et elle fait finalement peser une triple menace intriqu\u00e9e de perte du plaisir \u00e0 d\u00e9sirer l\u2019objet, de perte du plaisir \u00e0 penser l\u2019objet, et d\u2019emp\u00eachement de l\u2019objet de nous d\u00e9sirer et de nous penser.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>K. Abraham, \u201cContribution \u00e0 la psychogen\u00e8se de la m\u00e9lancolie\u201d, 279-286, <em>in D\u00e9veloppement de la libido<\/em>, (K. Abraham), <em>Oeuvres compl\u00e8tes<\/em> &#8211; Tome 2, Payot, Coll. \u201cScience de l\u2019homme\u201d, Paris, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>Bion W.R., (1962), <em>Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cBiblioth\u00e8que de Psychanalyse\u201d, Paris, 1979 (l<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Bion W.R., (1963), <em>El\u00e9ments de Psychanalyse<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cBiblioth\u00e8que de Psychanalyse\u201d, Paris, 1979 (l<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d).<\/p>\n\n\n\n<p>Bion W.R., (1965), <em>Transformations \u2013 Passage de l\u2019apprentissage \u00e0 la croissance<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cBiblioth\u00e8que de Psychanalyse\u201d, Paris, 1982 (l<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Bion W.R., (1970), <em>L\u2019attention et l\u2019interpr\u00e9tation, Approche scientifique de la compr\u00e9hension intuitive en psychanalyse et dans les groupes<\/em>, Payot, Coll. \u201cScience de l\u2019Homme\u201d, Paris, 1974.<\/p>\n\n\n\n<p>Bowlby J., <em>Attachement et perte<\/em>, (3 volumes) P.U.F., Coll. \u201cLe fil rouge\u201d, Paris, 1978 et 1984 (l<sup>\u00e8res<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Bretherton I., \u201cCommunication patterns &#8211; Internal working models and the Intergenerational transmission of attachment relationships\u201d, <em>Infant Mental Health Journal<\/em>, 1990, 11, 3, 237-252.<\/p>\n\n\n\n<p>Carel A., \u201cLes signes pr\u00e9coces de l\u2019autisme et de l\u2019\u00e9vitement relationnel du nourrisson\u201d, 27-46 <em>in<\/em>&nbsp;: <em>Les b\u00e9b\u00e9s \u00e0 risque autistique<\/em> (sous la direction de P. Delion, A. Beucher, A. Bullinger, A. Carel, <em>et al<\/em>), Er\u00e8s, Coll. \u201cMille et un b\u00e9b\u00e9s\u201d, Toulouse, 1998.<\/p>\n\n\n\n<p>Damasio A. R., <em>L\u2019erreur de Descartes&nbsp;: la raison des \u00e9motions<\/em>, Editions Odile Jacob, Paris, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>Damasio A. R., <em>Le Sentiment m\u00eame de soi&nbsp;: corps, \u00e9motions, conscience<\/em>, Editions O. Jacob, Paris, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>Damasio A. R., <em>Spinoza avait raison&nbsp;: joie et tristesse, le cerveau des \u00e9motions<\/em>, Editions O. Jacob, Paris, 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>Darwin Ch., <em>The expression of the emotions in Man and Animals<\/em>, Philosophical Library, New York, 1872.<\/p>\n\n\n\n<p>Edelman G., <em>Biologie de la conscience<\/em>, Editions O. Jacob, Paris, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Fonagy I., <em>La vive voix &#8211; Essais de psychophon\u00e9tique<\/em>, Payot, Coll. \u201cBiblioth\u00e8que Scientifique\u201d, Paris, 1991 (2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., (1916), \u201cDeuil et m\u00e9lancolie\u201d, 147-174 <em>in<\/em>&nbsp;: <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>, Gallimard, Coll. \u201cId\u00e9es\u201d, Paris, 1976.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S.,(1925), \u201cLa n\u00e9gation\u201d, 135-139 <em>in&nbsp;: R\u00e9sultats, id\u00e9es, probl\u00e8mes<\/em>, Tome II, P.U.F., Coll. Paris, 1975 (l\u00e9re \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Green A., (1980), \u201cLa m\u00e8re morte\u201d <em>in&nbsp;: Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, Editions de Minuit, Coll. \u201cCritique\u201d, Paris, 1983<\/p>\n\n\n\n<p>Green A., <em>Le discours vivant<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cLe fil rouge\u201d, Paris, 1973 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>Green A., \u201cPulsion de mort, narcissisme n\u00e9gatif, fonction d\u00e9sobjectalisante\u201d, 49-59 <em>in&nbsp;: La pulsion de mort<\/em> (ouvrage collectif) P.U.F., Paris, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>Green A., <em>La repr\u00e9sentation de chose entre pulsion et langage<\/em>, Psychanalyse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, 1987, 12, 47, 357-372.<\/p>\n\n\n\n<p>Haag G., \u201cL\u2019exp\u00e9rience sensorielle, fondement de l\u2019affect et de la pens\u00e9e\u201d <em>in<\/em>&nbsp;: <em>L\u2019exp\u00e9rience sensorielle de l\u2019enfance<\/em>, (ouvrage collectif), Cahiers du COR, Paris, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Houzel D., <em>S\u00e9duction et conflit esth\u00e9tique<\/em>, Journal de la psychanalyse de l\u2019enfant, 1999, 25 (\u201cLa s\u00e9duction\u201d), 109-130.<\/p>\n\n\n\n<p>Houzel D., \u201cEmotion\u201d <em>in&nbsp;: Dictionnaire International de la Psychanalyse&nbsp;: notions, biographies, \u0153uvres, \u00e9v\u00e8nements, institutions<\/em> (sous la direction d\u2019A. de Mijolla) Calmann-L\u00e9vy, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Klein M., \u201cQuelques conclusions th\u00e9oriques au sujet de la vie \u00e9motionnelle des b\u00e9b\u00e9s\u201d, 187-222 <em>in&nbsp;: D\u00e9veloppements de la psychanalyse<\/em> (M. Klein, P. Heimann, S. Isaacs et J. Riviere) P.U.F., Coll. \u201cBiblioth\u00e8que de Psychanalyse\u201d, Paris, 1976 (3<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Lebovici S., <em>La relation objectale chez l\u2019enfant<\/em>, La Psychiatrie de l\u2019enfant, 1960, VIII, 1, 147-226.<\/p>\n\n\n\n<p>Leroy-Gourhan A., <em>Le fil du temps<\/em> (Ethnologie et pr\u00e9histoire), Fayard, Coll. \u201cPoints\u201d, Paris, 1983.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty P., <em>L\u2019investigation psychosomatique<\/em>, PUF, Coll. \u201cQuadrige\u201d, Paris, 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty P., <em>La psychosomatique de l\u2019adulte<\/em>, PUF, Coll. \u201cQue sais-je&nbsp;?\u201d, Paris, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Meltzer, <em>Le conflit esth\u00e9tique: son r\u00f4le dans le processus de d\u00e9veloppement psychique<\/em>, Psychanalyse \u00e0 l\u2019universit\u00e9, 1988, 13, 49, 37-57.<\/p>\n\n\n\n<p>G. Rosolato, <em>L\u2019axe narcissique des d\u00e9pressions<\/em>, Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1975, 11 (\u201cFigures du vide\u201d), 5-33<\/p>\n\n\n\n<p>R. Spitz, <em>De la naissance \u00e0 la parole \u2013 La premi\u00e8re ann\u00e9e de la vie<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cBiblioth\u00e8que de Psychanalyse\u201d, Paris, 1979 (6<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>Stern D. N., <em>Le mode interpersonnel du nourrisson &#8211; Une perspective psychanalytique et d\u00e9veloppementale<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cLe fil rouge\u201d, Paris, 1989.<\/p>\n\n\n\n<p>Stern D. N., <em>Journal d\u2019un b\u00e9b\u00e9<\/em>, Calmann-L\u00e9vy, Paris, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Stern D. N., <em>L\u2019enveloppe pr\u00e9-narrative<\/em>, Journal de la psychanalyse de l\u2019enfant, 1993, 14, 13-65.<\/p>\n\n\n\n<p>Widl\u00f6cher D., <em>M\u00e9tapsychologie du sens<\/em>, P.U.F., Coll. \u201cPsychiatrie ouverte\u201d, Paris, 1986 (l<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9627?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction On parle, bien s\u00fbr, tr\u00e8s souvent de \u201cd\u00e9pression\u201d, mais il est finalement assez difficile de savoir pr\u00e9cis\u00e9ment s\u2019il est question d\u2019affect d\u00e9pressif, d\u2019\u00e9tat d\u00e9pressif, voire d\u2019organisation ou de structure d\u00e9pressive, et il m\u2019appara\u00eet que cette question vaut, aujourd\u2019hui, aussi&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1223,1214,1215],"thematique":[244],"auteur":[1368],"dossier":[245],"mode":[61],"revue":[270],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9627","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-depression","auteur-bernard-golse","dossier-depression-du-bebe-depression-de-ladolescent","mode-gratuit","revue-270","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9627","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9627"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9627\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17190,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9627\/revisions\/17190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9627"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9627"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9627"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9627"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9627"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9627"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9627"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}