{"id":10364,"date":"2021-08-22T07:31:52","date_gmt":"2021-08-22T05:31:52","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/aux-prises-avec-la-destructivite-modalites-transfeo-contre-transferentielles-et-amenagements-du-cadre-2\/"},"modified":"2021-10-01T15:11:07","modified_gmt":"2021-10-01T13:11:07","slug":"aux-prises-avec-la-destructivite-modalites-transfeo-contre-transferentielles-et-amenagements-du-cadre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/aux-prises-avec-la-destructivite-modalites-transfeo-contre-transferentielles-et-amenagements-du-cadre\/","title":{"rendered":"Aux prises avec la destructivit\u00e9 : modalit\u00e9s transf\u00e9o-contre-transf\u00e9rentielles et am\u00e9nagements du cadre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Je meurs l\u00e0 m\u00eame&nbsp;! Je suis enterr\u00e9, et la boue remplit ma bouche et ma gorge. Je meurs lentement. Oui, ne r\u00e9ponds pas&nbsp;! Car m\u00eame si tu r\u00e9ponds, ce qui est rarissime, rien de ce que tu dirais, ne ferait aucune diff\u00e9rence. Tu ne peux m\u2019offrir que quelques graines de consolation, dans un torrent de mort et d\u2019indifference<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Que penser du cadre et de ses am\u00e9nagements&nbsp;? Devrait-il \u00eatre questionn\u00e9, repens\u00e9, r\u00e9invent\u00e9 avec ces analysants p\u00e9tris de destructivit\u00e9, rong\u00e9s par la logique du d\u00e9sespoir&nbsp;? Ces sujets pour lesquels \u00ab&nbsp;la recherche du d\u00e9plaisir s\u2019est substitu\u00e9e \u00e0 la recherche du plaisir&nbsp;\u00bb, chez qui \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9vitement du d\u00e9plaisir est devenu \u00e9vitement du plaisir&nbsp;\u00bb, comme le d\u00e9crit si bien Andr\u00e9 Green<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ces analysants dont les modalit\u00e9s transf\u00e9rentielles renvoient \u00e0 la \u00ab&nbsp;psychose de transfert&nbsp;\u00bb (Kernberg), certains psychanalystes tels que Winnicott justifient des modalit\u00e9s d\u2019intervention dans la cure sortant du cadre habituel telles que le fait de prendre la main de l\u2019analysant \u00e0 certains moments cruciaux de son analyse. Celui-ci se servait du mot <em>holding<\/em> \u00e0 la fois m\u00e9taphoriquement &#8211; il tenait la situation en main en apportant son soutien &#8211; et litt\u00e9ralement &#8211; en tenant les mains de Margarett Little serr\u00e9es dans les siennes pendant de longues heures &#8211; afin de lui donner toute la force du Moi qu\u2019elle ne pouvait trouver en elle et la retirer au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle \u00e9tait en mesure de la puiser en elle-m\u00eame. Autrement dit, il assurait \u00ab&nbsp;l\u2019environnement facilitant&nbsp;\u00bb o\u00f9 l\u2019analysante pouvait \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne pouvons qu\u2019\u00eatre sensibles \u00e0 ce que ces interventions dans le r\u00e9el, sens\u00e9es compenser et r\u00e9parer un trauma qui, lui, n\u2019a pu se jouer que dans le r\u00e9el, viennent \u00e0 un moment de la cure o\u00f9 l\u2019analyste se trouve \u00e0 court pour signifier quelque chose sur le plan symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment, \u00e0 partir de l\u00e0, entendre les SMS et les courriels envoy\u00e9s par nos analysants&nbsp;: lien transf\u00e9rentiel, aire transitionnelle, cordon ombilical, \u00e9bauche d\u2019int\u00e9gration d\u2019une bonne m\u00e8re int\u00e9rioris\u00e9e&nbsp;? Ou alors perversion et mise \u00e0 mal du cadre&nbsp;? Comment entendre et surtout, comment y r\u00e9pondre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>La difficult\u00e9 majeure avec ces patients r\u00e9side dans le fait que l\u2019analyste se tient \u00ab&nbsp;sur une ligne de cr\u00eate assez inconfortable pour rester neutre et non excitant tout en donnant de sa personne&nbsp;: ni du c\u00f4t\u00e9 de ce que Ferenczi a pu appeler l\u2019hypocrisie professionnelle, ni du c\u00f4t\u00e9 d\u2019un furieux d\u00e9sir de gu\u00e9rir qui est en r\u00e9alit\u00e9 un d\u00e9sir de r\u00e9parer&nbsp;\u00bb<sup>2<\/sup>. On en vient m\u00eame \u00e0 se demander comment \u00ab&nbsp;\u00eatre&nbsp;\u00bb et non plus seulement comment \u00e9couter, car c\u2019est toute la personne qui est engag\u00e9e dans le transfert.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vignette clinique<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous avons choisi d\u2019exposer une vignette clinique ayant suscit\u00e9 de nombreux questionnements personnels&nbsp;: contrairement \u00e0 d\u2019autres analysants avec lesquels la notion de cadre ne se pose quasiment pas, les patients chez lesquels la destructivit\u00e9 et les pulsions de mort sont pr\u00e9gnantes ont cette particularit\u00e9 d\u2019interroger continuellement le cadre, ses limites, son \u00ab&nbsp;extensiabilit\u00e9&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense notamment \u00e0 Pascal, un jeune homme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es ayant un lourd v\u00e9cu abandonnique, en proie \u00e0 une h\u00e9morragie narcissique continue, habit\u00e9 de pulsions de mort et de destructivit\u00e9, rong\u00e9 par une logique du d\u00e9sespoir sans nom\u2026. Pour mener \u00e0 bien la cure de Pascal, il fallait \u00ab&nbsp;l\u00e2cher la bride \u00e0 la r\u00e9gression&nbsp;\u00bb (Winnicott), ce qui fut atteint au terme de quatre ann\u00e9es de son analyse, avec l\u2019\u00e9closion d\u2019id\u00e9es d\u00e9lirantes, de sentiments de pers\u00e9cution et d\u2019une dimension masochique envahissante\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>A cette p\u00e9riode, Pascal avait pris l\u2019habitude de me bombarder de messages de mani\u00e8re intensive, offensive et r\u00e9p\u00e9titive, des messages qui m\u2019agressaient de mani\u00e8re quasi-quotidienne, durant la journ\u00e9e mais surtout la nuit, de sorte que j\u2019avais l\u2019impression de le \u00ab&nbsp;porter&nbsp;\u00bb comme une future m\u00e8re porte en elle son f\u0153tus en gestation. Comme lui, il se nourrissait de mon \u00e9nergie, de ma vitalit\u00e9, de mes pulsions de vie. Longtemps, j\u2019ai pens\u00e9 lui demander de cesser d\u2019envoyer des messages et des courriels et de se limiter au temps qui lui est imparti, dans le cadre de la cure\u2026 Mais une intuition que je choisis d\u2019\u00e9couter me disait, au contraire, l\u2019importance de maintenir ce lien transf\u00e9rentiel dont il avait encore besoin, vu son incapacit\u00e9 \u00e0 \u00ab&nbsp;emporter&nbsp;\u00bb fantasmatiquement le cadre. R\u00e9sonnait continuellement en moi sa litanie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Tu ne comprends pas que, d\u00e8s que je franchis le seuil de ton cabinet, tout le \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb dont je fais le plein chez toi et avec toi dispara\u00eet, s\u2019\u00e9coule, se perd. Je suis tel un r\u00e9cipient sans fond, o\u00f9 rien ne dure\u2026 C\u2019est une vraie h\u00e9morragie, je saigne continuellement\u2026 Ce n\u2019est que pendant les s\u00e9ances que cesse le saignement. Mais que peuvent me faire ces 45 minutes que tu m\u2019accordes, face au d\u00e9g\u00e2t collosal que je subis tous les jours, \u00e0 chaque instant de la journ\u00e9e&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cet \u00e9tat d\u2019esprit que je d\u00e9cidai d\u2019accueillir les messages de Pascal comme faisant partie int\u00e9grante de sa cure, de les reprendre avec lui afin de tisser cette aire transitionnelle qui le contiendrait entre les s\u00e9ances. J\u2019eus droit aux attaques, critiques, reproches sans fin adress\u00e9s \u00e0 la \u00ab&nbsp;mauvaise m\u00e8re&nbsp;\u00bb que je suis, tour \u00e0 tour abandonnique et intrusive\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que sa cure avan\u00e7ait, et au bout de longues ann\u00e9es, Pascal amor\u00e7ait une lente remont\u00e9e, progressive, p\u00e9nible, mais d\u00e9sormais possible, du fait des interpr\u00e9tations \u00e9labor\u00e9es en s\u00e9ances, suivies d\u2019avanc\u00e9es personnelles, qu\u2019il me livrait sous forme de messages. Ceux-ci attestaient du travail \u00e9laboratif se poursuivant dans l\u2019aire transitionnelle s\u00e9parant nos rencontres &#8211; m\u00eame s\u2019il n\u2019en voulait rien savoir et insistait qu\u2019en dehors du cadre, rien ne se passait\u2026 Il se plaignait d\u2019\u00eatre seul, livr\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9mons int\u00e9rieurs destructeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus dur demeurait le besoin de Pascal de maintenir \u00e0 tout prix une relation avec un mauvais objet interne, comme si l\u2019abandon de celui-ci l\u2019entra\u00eenerait vers un gouffre sans fond, v\u00e9ritable signification de la pulsion de mort. C\u2019est comme s\u2019il ne connaissait que ce sch\u00e9ma, le seul possible, \u00e0 savoir cette repr\u00e9sentation de l\u2019analyste comme figure abandonnique, mauvaise, sans laquelle il ne pourrait pas exister. Ce qu\u2019il me demandait \u00e9tait en soi paradoxal&nbsp;: que je sois la bonne m\u00e8re, pr\u00e9sente, contenante et en m\u00eame temps la mauvaise m\u00e8re, la seule r\u00e9elle, qu\u2019il connaissait.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvons-nous supposer que les messages de Pascal pr\u00e9figurent une internalisation d\u2019un bon objet, de par la double dimension qu\u2019elle comporte, entre pr\u00e9sence et absence (je suis \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019autre bout du fil&nbsp;\u00bb donc pr\u00e9sente, mais toutefois absente)&nbsp;? Tant qu\u2019il m\u2019envoie des messages et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 travers ces messages, il est maintenu en vie et n\u2019est donc pas psychiquement mort&nbsp;?\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous retrouvons chez ces sujets chapeaut\u00e9s par <em>Thanatos<\/em> une lutte \u00e9perdue contre un v\u00e9cu d\u00e9pressif l\u00e9tal, une atteinte grave du narcissisme que Bergeret d\u00e9signe par l\u2019<em>h\u00e9morragie narcissique<\/em>. Pour eux, seul est r\u00e9el ce qui n\u2019est pas l\u00e0, ce qui fait souffrir par son absence. La seule r\u00e9alit\u00e9 vraie est constitu\u00e9e par des objets qui n\u2019ont d\u2019existence que parce qu\u2019ils procurent d\u00e9ception et d\u00e9plaisir. La haine de soi refl\u00e8te un compromis entre un d\u00e9sir de vengeance et le souci de prot\u00e9ger l\u2019objet des d\u00e9sirs hostiles dirig\u00e9s contre lui. Ce d\u00e9sir de vengeance n\u00e9 d\u2019une blessure narcissique se fait notamment ressentir au niveau de la pens\u00e9e ne sachant distinguer le mal que ces analysants veulent se faire de celui qu\u2019ils souhaitent infliger \u00e0 leur objet.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La seule chose qui m\u2019int\u00e9resse vraiment, c\u2019est la mort\u2026 Une odeur de pourriture, de mensonge, se sentirait partout dans mes paroles. Une personne qui souffre, et n\u2019arrive plus \u00e0 tol\u00e9rer sa douleur. Disciple de la mort. Je vous d\u00e9teste tous, pour me laisser souffrir autant. Je d\u00e9teste ce monde. Je vous d\u00e9teste. Je hais tout<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La logique du d\u00e9sespoir a une logique&nbsp;: prouver que l\u2019objet est mauvais, hostile et incompr\u00e9hensible. Les sujets qui sollicitent le rejet de la part des autres estiment que l\u2019amour est toujours incertain mais la haine toujours s\u00fbre. Les liens s\u2019\u00e9tablissent de mani\u00e8re \u00e0 confirmer que le r\u00e9sultat de la liaison n\u2019est jamais positif. Le besoin qu\u2019ils ont de cr\u00e9er du d\u00e9sespoir chez l\u2019analyste leur est n\u00e9cessaire afin de pouvoir v\u00e9rifier que ce dernier peut survivre \u00e0 cette haine et continuer \u00e0 analyser ce qui se passe dans son univers mental. Ceci est la meilleure preuve d\u2019amour qu\u2019il puisse leur donner. Green \u00e9voque ce qu\u2019il nomme la <em>folie priv\u00e9e<\/em> de ces patients avec lesquels l\u2019analyste \u00ab&nbsp;doit s\u2019exercer \u00e0 des modes de pens\u00e9e de plus en plus \u00e9loign\u00e9s de la logique rationnelle. La logique du principe de plaisir para\u00eet beaucoup trop simple par rapport \u00e0 la folie priv\u00e9e de ces analysants. Celle-ci ne se r\u00e9v\u00e8le que dans la relation transf\u00e9rentielle. Lorsqu\u2019enfin, on a acc\u00e8s \u00e0 la folie priv\u00e9e du patient&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains auteurs estiment que chaque entit\u00e9 nosographique devrait conserver son individualit\u00e9 propre &#8211; c\u2019est le cas des personnalit\u00e9s \u00ab&nbsp;<em>as if<\/em>&nbsp;\u00bb de Deutsch, du \u00ab&nbsp;faux-self&nbsp;\u00bb de Winnicott, de \u00ab&nbsp;la psychose symbiotique&nbsp;\u00bb de Mahler, des \u00ab&nbsp;pr\u00e9psychoses&nbsp;\u00bb de Diatkine, etc. D\u2019autres rassemblent toutes ces organisations en un seul cadre, tel Andr\u00e9 Green<sup>4<\/sup> qui utilise tant\u00f4t le terme d\u2019\u00e9tat-limite, tant\u00f4t celui de psychose blanche pour d\u00e9signer les sujets \u00e9tats-limites, les personnalit\u00e9s schizo\u00efdes, les troubles de l\u2019identit\u00e9, les structures pr\u00e9g\u00e9nitales, la pens\u00e9e op\u00e9ratoire des patients psychosomatiques, etc.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pulsions de mort, logique du d\u00e9sespoir et principe de d\u00e9plaisir<\/h2>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qui caract\u00e9rise les analysants que nous \u00e9voquons sinon la destructivit\u00e9 qui r\u00e8gne sur leur psychisme et l\u2019emporte sur les pulsions de vie&nbsp;? Ces sujets avec lesquels nous observons \u00e0 l\u2019\u0153il nu les effets des pulsions de mort et la quasi-abolition de tout mouvement au niveau psychique et pulsionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>La pulsion de mort, ce concept majeur \u00e9labor\u00e9 par Freud, en 1920 dans <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em><sup>5<\/sup>, constitue un \u00e9l\u00e9ment fondamental du grand remaniement qu\u2019il op\u00e8re lui-m\u00eame de la th\u00e9orie psychanalytique. Il s\u2019agit d\u2019une cat\u00e9gorie de pulsions qui \u00ab&nbsp;s\u2019opposent aux pulsions de vie et tendent \u00e0 la r\u00e9duction compl\u00e8te des tensions, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ramener l\u2019\u00eatre vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tat inorganique.<\/p>\n\n\n\n<p>Tourn\u00e9es d\u2019abord vers l\u2019int\u00e9rieur et tendant \u00e0 l\u2019autodestruction, les pulsions de mort seraient secondairement dirig\u00e9es vers l\u2019ext\u00e9rieur, se manifestant alors sous la forme de la pulsion d\u2019agression ou de destruction&nbsp;\u00bb<sup>6<\/sup>. La pulsion de mort d\u00e9signerait \u00e0 la fois la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition&nbsp;; le principe de Nirv\u00e3na&nbsp;; et la tendance \u00e0 la destruction et \u00e0 la destructivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Modalit\u00e9s transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielles<\/h2>\n\n\n\n<p>Les modalit\u00e9s transf\u00e9rentielles propres aux cures avec ces analysants engagent l\u2019implication, dans et par le transfert, de la pr\u00e9gnance des pulsions de mort. Pour ces sujets, la r\u00e9p\u00e9tition sera forc\u00e9ment r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une carence. Or, comment travailler la carence en analyse sans s\u2019offrir comme objet substitutif \u00e0 celle-ci&nbsp;? Et dans pareil cas, il est si fatigant d\u2019\u00eatre un mauvais sein, d\u2019\u00eatre confront\u00e9s au \u00ab&nbsp;transfert n\u00e9gatif&nbsp;\u00bb, \u00e0 la \u00ab&nbsp;psychose de transfert&nbsp;\u00bb, au \u00ab&nbsp;transfert limite&nbsp;\u00bb, \u00e0 la \u00ab&nbsp;folie priv\u00e9e&nbsp;\u00bb\u2026 et d\u2019exp\u00e9rimenter ce que Pontalis<sup>7<\/sup> d\u00e9signe par le \u00ab&nbsp;touch\u00e9 au vif &#8211; touch\u00e9 au mort&nbsp;\u00bb de certains contre-transferts, \u00e0 savoir la mort de la r\u00e9alit\u00e9 psychique et son emprise sur le contre-transfert&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>transfert n\u00e9gatif<\/em> est constitu\u00e9, nous le savons bien, des sentiments ou des mouvements n\u00e9gatifs, agressifs, violents et haineux \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019analyste ou de l\u2019analyse, et s\u2019exprime par l\u2019attaque de l\u2019analyste et du cadre. Il est propre \u00e0 tous les patients et demeure symbolisable \u00e0 la faveur de l\u2019interpr\u00e9tation. \u00ab&nbsp;Issus de l\u2019in\u00e9vitable r\u00e9p\u00e9tition dans la cure des exp\u00e9riences de frustration et de manque, li\u00e9es au sentiment que l\u2019objet n\u2019est pas comblant, ni \u00e0 la hauteur des attentes infantiles, les transferts n\u00e9gatifs sont l\u2019expression de sentiments agressifs et violents qui peuvent, \u00e0 certains moments de la cure, prendre une connotation haineuse&nbsp;\u00bb<sup>8<\/sup>. Il n\u2019y aurait pas d\u2019analyse, s\u2019ils n\u2019\u00e9taient entendus et interpr\u00e9t\u00e9s par l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, le transfert n\u00e9gativant et destructeur (Bokanowski) ou ce que J. Cournut d\u00e9signe par le transfert n\u00e9gatif de mort \u00ab&nbsp;immobilise le processus et la vie psychique du patient, comme celle de l\u2019analyste. Il est d\u2019une toute autre nature que le transfert n\u00e9gatif car c\u2019est un transfert de type \u00ab&nbsp;mortif\u00e8re&nbsp;\u00bb, r\u00e9gi par les pulsions destructrices&nbsp;\u00bb<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La dangerosit\u00e9 de ce transfert consiste dans les attaques, le plus souvent silencieuses, contre l\u2019analyse, contre l\u2019activit\u00e9 de pens\u00e9e, aussi bien celle du patient que celle de l\u2019analyste. On dirait que le lien transf\u00e9rentiel est si massif qu\u2019il interdit toute <em>liaison<\/em> ou <em>d\u00e9liaison<\/em><sup>10<\/sup> et attaque le lien transf\u00e9rentiel, la \u00ab&nbsp;transf\u00e9rabilit\u00e9&nbsp;\u00bb et le processus. Il peut prendre des formes passionnelles ou haineuses, ou au contraire se manifester par une neutralisation de tout investissement, en raison de la m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019objet. Le patient exprime ainsi son emprisonnement dans un objet primaire impr\u00e9visible, haineux, \u00e0 la fois rejetant et intrusif, absent et envahissant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Je te hais madame, pour m\u2019avoir abondonn\u00e9 dans cet ab\u00eeme. Je sais pour toi, tu m\u2019as pas abondonn\u00e9. Tu es toujours la, \u00e0 m\u2019attendre. Mai s ce n\u2019est qu\u2019une blague pour moi, c\u2019est se moquer de ma souffrance<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>On entre alors dans le domaine de \u00ab&nbsp;l\u2019anti-processus qui vide le processus analytique de sa f\u00e9condit\u00e9, le rendant st\u00e9rile et d\u00e9vitalis\u00e9. Les \u201crat\u00e9s\u201d du tissage des liens \u00e0 l\u2019objet primaire, en relation \u00e0 sa non-disponibilit\u00e9, \u00e0 ses manquements, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019absence r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de r\u00e9ponse ad\u00e9quate face \u00e0 des situations de d\u00e9tresse primaire entra\u00eenent, dans le transfert, une r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019analyste des accusations de m\u00e9fiance. Les trauma s\u00e9v\u00e8res, souvent cumulatifs, qui ont pu marquer la petite enfance du patient s\u2019expriment sous la forme d\u2019une relation douloureuse, narcissiquement bless\u00e9e et blessante, qui r\u00e9p\u00e8te les failles de la relation de base avec des premiers objets non-fiables et non-contenants&nbsp;\u00bb<sup>11<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La souffrance du sujet se retourne contre lui et l\u2019entra\u00eene dans une haine destructrice qui le conduit \u00e0 d\u00e9sirer tout d\u00e9truire, y compris son propre appareil psychique. La destructivit\u00e9 n\u2019attaque pas seulement la situation analytique, mais tout le champ du fonctionnement psychique, entra\u00eenant une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;logique du d\u00e9sespoir&nbsp;\u00bb (Pontalis).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Comme si les tuyaux qui lui permettent de subsister se sont rompus. Il flotte dans le n\u00e9ant, comme un poisson hors de l\u2019eau, la souffrance que cette cr\u00e9ature endure, dans sa tentative vaine de respirer, une mort brutale, lente, pleine de sentiments douleureuses, un p\u00eacheur qui sent un peu de piti\u00e9, l\u2019aurait \u00e9gorg\u00e9, juste pour lui \u00e9pargner une souffrance, insurmontable, intol\u00e9rable, inimaginable<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Bokanowski, si l\u2019analyste \u00ab&nbsp;op\u00e8re un retrait narcissique&nbsp;\u00bb face au d\u00e9sespoir du patient, il risque d\u2019acheminer la cure vers une analyse interminable ou d\u2019amorcer une r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative&nbsp;; la cure devenant le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de la satisfaction du masochisme primaire de l\u2019analysant. Plut\u00f4t que de reconna\u00eetre avoir besoin d\u2019un objet pour survivre, mieux vaut le ha\u00efr et le d\u00e9truire, tout en se ha\u00efssant et en se d\u00e9truisant en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Le transfert avec ces analysants oscille continuellement entre \u00ab&nbsp;l\u2019immersion totale et le retrait&nbsp;\u00bb<sup>12<\/sup>&nbsp;; l\u2019immersion o\u00f9 toute l\u2019existence gravite autour de la personne de l\u2019analyste&nbsp;; le sujet se perd enti\u00e8rement dans l\u2019objet, tout v\u00e9cu de distanciation relationnelle le fait basculer dans la phase de retrait o\u00f9 dominent n\u00e9gativisme, refus de collaboration, voire rupture du cadre. Le retour du mouvement passionnel amorcera bient\u00f4t un nouveau cycle, qui sera repris sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le transfert souligne la sensibilit\u00e9 de l\u2019analysant \u00e0 l\u2019abandon comme \u00e0 l\u2019intrusion&nbsp;: d\u2019o\u00f9 la double contradiction permanente qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 ne d\u00e9sirer que ce qu\u2019il a peur de perdre et \u00e0 rejeter ce qui est en sa possession mais dont il craint l\u2019envahissement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019effet de la double angoisse (angoisse de s\u00e9paration-angoisse d\u2019intrusion) prend parfois des formes torturantes qui porte sur la formation de la pens\u00e9e. La <em>psychose blanche<\/em> (d\u00e9crite par Green et Donnet) \u00e9voque ce noyau psychotique fondamental (sans psychose apparente) caract\u00e9ris\u00e9 par \u00ab&nbsp;le blanc de la pens\u00e9e, l\u2019inhibition des fonctions de repr\u00e9sentation, la bitriangulation o\u00f9 la diff\u00e9rence des sexes camoufle le clivage d\u2019un unique objet bon ou mauvais (\u2026)&nbsp;\u00bb<sup>13<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan des repr\u00e9sentations inconscientes du sujet, le bon est \u00ab&nbsp;inaccessible, comme hors de port\u00e9e ou jamais pr\u00e9sent de fa\u00e7on suffisamment durable&nbsp;\u00bb, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, \u00ab&nbsp;le mauvais est toujours envahissant et ne dispara\u00eet que pour un court r\u00e9pit&nbsp;\u00bb<sup>14<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Green, la plupart des man\u0153uvres d\u00e9fensives du sujet ont pour but de lutter contre la confrontation avec le vide. L\u2019abandon de l\u2019objet l\u2019entra\u00eene vers un gouffre sans fond, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019hallucination n\u00e9gative de lui-m\u00eame. Cette tentation du rien est, beaucoup plus que l\u2019agressivit\u00e9, la v\u00e9ritable signification de la pulsion de mort.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Modalit\u00e9s contre-transf\u00e9rentielles<\/h2>\n\n\n\n<p>Qu\u2019induisent en nous, analystes, ceux pour qui \u00ab&nbsp;l\u2019absence est plus r\u00e9elle que la pr\u00e9sence, (pour qui) le n\u00e9gatif prime toujours sur le positif, (pour lesquels) l\u2019objet qui n\u2019est pas l\u00e0 existe plus que celui qu\u2019ils c\u00f4toient<sup>15<\/sup>&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la n\u00e9vrose de transfert, c\u2019est la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une relation pass\u00e9e qui pr\u00e9domine, tandis que dans la \u00ab&nbsp;psychose de transfert&nbsp;\u00bb, le patient se sert de l\u2019analyste comme support d\u2019une projection d\u00e9lirante&nbsp;: ce dernier devient l\u2019objet de transfert, sans distinction avec l\u2019objet d\u2019origine. Le propre de ces analysants est de pousser l\u2019analyste \u00e0 sortir de ses limites et de mettre \u00e0 mal la fronti\u00e8re entre eux et lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, \u00ab&nbsp;chaque usage transf\u00e9rentiel de l\u2019analyste est une destruction de sa vraie personnalit\u00e9&nbsp;: cet emploi cruel de l\u2019analyste est n\u00e9cessaire, mais comment peut-il le supporter&nbsp;? L\u2019absence de distance requiert un engagement qui peut aller de la fusion \u00e0 la confusion&nbsp;\u00bb<sup>16<\/sup>. Selon F\u00e9dida, l\u2019isolement du psychanalyste dans son travail avec ce type de patients r\u00e9put\u00e9s difficiles est, pour une large part, \u00ab&nbsp;imputable \u00e0 l\u2019effet des transferts d\u2019apparence paradoxale qui mettent \u00e0 l\u2019\u00e9preuve son sentiment d\u2019identit\u00e9 personnelle ou encore lui font courir le risque de s\u2019immobiliser psychiquement afin de sauvegarder une situation analytique s\u00e9rieusement brutalis\u00e9e par de violentes d\u00e9tresses&nbsp;\u00bb<sup>17<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors que le patient met en sc\u00e8ne la mani\u00e8re dont il se sent trait\u00e9 par ses objets, l\u2019analyste se retrouve immanquablement dans la situation d\u2019un objet primaire ha\u00efssable car d\u00e9faillant, ce qui fait de lui un objet mauvais, hostile, intrusif, empi\u00e9tant, incompr\u00e9hensif, indiff\u00e9rent et dont il est dit que l\u2019on ne peut rien attendre. \u00ab&nbsp;Toute tentative de lien avec le pass\u00e9 de la part de l\u2019analyste est alors le plus souvent v\u00e9cue par le patient comme une mise \u00e0 distance de celui-ci et entra\u00eene chez lui une attitude d\u00e9fensive farouche&nbsp;: il ne transf\u00e8re plus, mais il \u00e9vacue dans l\u2019analyste sa rage et sa d\u00e9tresse (\u2026)<sup>18<\/sup>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi lui faudra-t-il beaucoup de temps pour trouver les mots qui lui permettent de qualifier les souffrances li\u00e9es non seulement au besoin du sujet de reconnaissance, mais aussi \u00e0 ce qu\u2019il puisse \u00eatre convaincu que son d\u00e9sir d\u2019asservissement de l\u2019objet ne le d\u00e9truit aucunement&nbsp;\u00bb<sup>19<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9riences d\u00e9pressives sont l\u2019une des conditions n\u00e9cessaires \u00e0 une maturation optimale. L\u2019exp\u00e9rience torturante et douloureuse de l\u2019analyste de ne plus rien comprendre, d\u2019\u00eatre totalement livr\u00e9 aux attaques non seulement du patient mais aussi de son Surmoi sadique et de son Id\u00e9al du moi m\u00e9galomaniaque repr\u00e9sente souvent un tournant central d\u2019une cure.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019analyste reconna\u00eet son \u00e9tat d\u00e9pressif contre-transf\u00e9rentiel, le patient peut alors s\u2019identifier \u00e0 lui, ce qui m\u00e8ne \u00e0 une r\u00e9duction d\u2019angoisse et de culpabilit\u00e9, tant chez l\u2019un que chez l\u2019autre. Cette lib\u00e9ration a lieu lorsque le patient vit son analyste non pas comme un \u00eatre d\u00e9truit et mort, mais au contraire cr\u00e9atif dans la reconstitution de l\u2019objet perdu et peut alors s\u2019engager dans cette voie \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce transfert est \u00ab&nbsp;unidimensionnel&nbsp;\u00bb de par la quasi-r\u00e9duction \u00e0 z\u00e9ro de la distance entre l\u2019analyste r\u00e9el et l\u2019analyste imaginaire&nbsp;; il n\u2019y a plus de \u00ab&nbsp;comme si&nbsp;\u00bb&nbsp;; la dimension r\u00e9elle semble \u00e9vanouie. L\u2019analyste ne repr\u00e9sente pas, il est le personnage parental. L\u2019analyste va ainsi devoir \u00eatre l\u00e0 en personne. Non plus l\u00e0 comme analyste, c\u2019est-\u00e0-dire comme interpr\u00e9tant, ce qui ne ferait que disqualifier la r\u00e9alit\u00e9 psychique engag\u00e9e dans le transfert, mais comme celui qui d\u00e9ment la r\u00e9p\u00e9tition du traumatisme. Mais ensuite, il doit aussi \u00eatre l\u00e0 comme analyste, comme celui qui cherche \u00e0 d\u00e9gager le sens historique de ce qui est engag\u00e9. Il n\u2019interpr\u00e8te pas le d\u00e9sir du sujet, il reconstruit l\u2019exp\u00e9rience subjective non subjectiv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Am\u00e9nagements du cadre&nbsp;: entre contenance et manipulation<\/h2>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, comment penser le cadre&nbsp;? Devrions-nous nous en tenir au cadre \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb, fix\u00e9 en d\u00e9but de cure, \u00e0 savoir&nbsp;: la r\u00e8gle fondamentale &#8211; l\u2019association libre durant le temps de s\u00e9ance imparti au sujet -, la r\u00e9gularit\u00e9 des s\u00e9ances, la r\u00e8gle de la s\u00e9ance manqu\u00e9e et la r\u00e8gle d\u2019abstinence&nbsp;? Ou alors devrions-nous, avec les analysants chez lesquels la charge mortif\u00e8re est \u00e9lev\u00e9e et pr\u00e9gnante, am\u00e9nager le cadre de sorte \u00e0 leur offrir une contenance qui d\u00e9mente l\u2019imago maternelle abandonnique, chaotique, la seule qu\u2019ils connaissent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ces analysants, la r\u00e9gression fait partie du processus de gu\u00e9rison. La situation de carence sera d\u00e9gel\u00e9e et rev\u00e9cue, l\u2019individu ayant r\u00e9gress\u00e9 dans un milieu qui accomplit l\u2019adaptation n\u00e9cessaire. L\u2019analyste \u00ab&nbsp;offre activement&nbsp;\u00bb<sup>20<\/sup> au patient un bon maternage auquel celui-ci n\u2019aurait pu s\u2019attendre. A partir de la r\u00e9gression, celui-ci peut alors \u00e9voluer.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le patient r\u00e9gress\u00e9, le terme de d\u00e9sir n\u2019est pas exact, il faudrait parler de besoin&nbsp;; si l\u2019analyste ne r\u00e9pond pas au besoin, il reproduit la situation de carence de l\u2019environnement qui a arr\u00eat\u00e9 le processus de croissance du <em>self<\/em>. Il s\u2019agit, \u00ab&nbsp;de fournir quelque chose au patient&nbsp;: la pr\u00e9sence de l\u2019analyste est ce qui donne aux \u00e9l\u00e9ments concrets du cadre un sens&nbsp;\u00bb<sup>21<\/sup>. L\u2019usage qu\u2019il fait de sa propre personne semble \u00eatre une dimension fondamentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Permettre \u00e0 Little d\u2019effectuer l\u2019exp\u00e9rience subjective d\u2019un objet-miroir fiable de soi et de ses \u00e9tats internes fut la gageure de Winnicott. Ses agissements allant dans le sens d\u2019un maternage ont toujours eu pour finalit\u00e9 de d\u00e9mentir l\u2019aspect d\u00e9lirant du transfert d\u2019une imago maternelle sans empathie.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Little rapporte que son analyste lui tenait les deux mains serr\u00e9es entre les siennes, pendant de longues heures, tandis qu\u2019elle-m\u00eame \u00e9tait allong\u00e9e \u00ab&nbsp;cach\u00e9e sous la couverture, silencieuse, inerte, renferm\u00e9e, paniqu\u00e9e, enrag\u00e9e, ou en larmes, endormie et quelque fois r\u00eavant&nbsp;\u00bb, elle situe ses mains du c\u00f4t\u00e9 du cadre&nbsp;: \u00ab&nbsp;les mains sont les mains du <em>holding<\/em>, ou encore celle d\u2019un environnement facilitant. Des mains non sexuelles, celles de la <em>good enough mother<\/em>, la m\u00e8re de l\u2019attachement et de l\u2019amour primaire, \u00ab&nbsp;avant&nbsp;\u00bb que le diable s\u2019en m\u00eale&nbsp;\u00bb<sup>22<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>A une \u00e9poque o\u00f9 Little \u00e9tait capable de quitter la s\u00e9ance et d\u2019aller conduire dangereusement, il gardait les cl\u00e9s de sa voiture jusqu\u2019\u00e0 la fin de la s\u00e9ance et la laissait se reposer dans une autre pi\u00e8ce jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle se sente en s\u00e9curit\u00e9. \u00ab&nbsp;Entre cette identification maternelle et le fait de c\u00e9der \u00e0 l\u2019amour de transfert, l\u2019\u00e9cart est aussi mince que possible&nbsp;\u00bb<sup>23<\/sup>, souligne Jacques Andr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les am\u00e9nagements du cadre \u00e0 travers la cure de Pascal &#8211; gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019inclusion des messages dans son cheminement analytique &#8211; l\u2019auraient-ils mis sur la voie de l\u2019int\u00e9riorisation d\u2019une imago maternelle contenante&nbsp;? Nous le croyons fortement. Etait-ce un passage oblig\u00e9 afin de lui signifier l\u2019environnement facilitant dans lequel il se trouvait et o\u00f9 il pouvait enfin se sentir en s\u00e9curit\u00e9&nbsp;? Probablement\u2026. En attestent ses paroles prononc\u00e9es vers la fin de sa cure o\u00f9, en sanglots, il me confie qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 tellement plus simple pour lui s\u2019il avait pu me voir telle que j\u2019\u00e9tais en r\u00e9alit\u00e9 et non satur\u00e9e de sa propre subjectivit\u00e9, \u00e0 savoir mauvaise, abandonnique, tyrannique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est seulement lorsque le jeune enfant a connu la pr\u00e9sence effective de la m\u00e8re ou du substitut maternel qu\u2019il devient capable de renoncer, dans un deuxi\u00e8me temps \u00e0 sa pr\u00e9sence effective. Graduellement, l\u2019environnement qui sert de support au Moi est introject\u00e9 et sert \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la personnalit\u00e9. Le sujet peut d\u00e9couvrir sa vie personnelle et acqu\u00e9rir une maturit\u00e9 affective.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les bonnes relations int\u00e9rioris\u00e9es sont suffisamment bien \u00e9tablies, le sujet peut investir le pr\u00e9sent et l\u2019avenir. La maturit\u00e9 psychique implique qu\u2019il a eu la chance, gr\u00e2ce \u00e0 des soins maternels suffisamment bons (<em>good enough<\/em>) d\u2019\u00e9difier sa confiance en un environnement favorable. Et lorsque les premiers stades du d\u00e9veloppement affectif n\u2019ont pu donner lieu \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de la personnalit\u00e9 en tant qu\u2019entit\u00e9, que faire, sinon, tenter de reproduire, dans le cadre du transfert, l\u2019int\u00e9riorisation d\u2019un environnement interne favorable&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-on supposer que Pascal ait pu, gr\u00e2ce aux modalit\u00e9s transf\u00e9rentielles et plus particuli\u00e8rement, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019aire transitionnelle am\u00e9nag\u00e9e par le biais des messages, exp\u00e9rimenter l\u2019\u00e9dification d\u2019un environnement favorable&nbsp;? Et ce, gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence r\u00e9elle de l\u2019analyste dans un premier temps et puis ensuite par le biais de l\u2019aire transitionnelle pouvant progressivement l\u2019accompagner en son absence. Dans l\u2019attente d\u2019\u00eatre capable de renoncer, un jour, \u00e0 cet espace transitionnel et d\u2019emporter fantasmatiquement l\u2019analyste avec lui\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Comment aborder ces nouvelles avanc\u00e9es technologiques (messages, courriels, <em>watsap<\/em>) et surtout qu\u2019en faire dans le cadre de nos cures&nbsp;? Faudrait-il les inclure syst\u00e9matiquement en tant que mat\u00e9riel clinique et comment y r\u00e9pondre&nbsp;? Et encore, la \u00ab&nbsp;r\u00e9ponse&nbsp;\u00bb vaut-elle pour tous les analysants de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, quels que soient leurs am\u00e9nagements psychiques et leurs probl\u00e9matiques propres&nbsp;? Nous ne le pensons pas et c\u2019est l\u00e0 que l\u2019extr\u00eame difficult\u00e9 avec ce type d\u2019analysants avec lesquels l\u2019analyste oscille continuellement entre une contenance \u00e0 offrir et une manipulation \u00e0 \u00e9viter. P\u00e9rilleuse man\u0153uvre dans laquelle il se trouve engag\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ces analysants p\u00e9tris de destructivit\u00e9, les transferts sont paradoxaux dans la mesure o\u00f9 ils exigent que l\u2019analyste reste bien analyste et qu\u2019il devienne non-analyste, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il laisse s\u2019exprimer sa sinc\u00e9rit\u00e9 empathique.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il est dur d\u2019\u00eatre un mauvais sein, disait Winnicott. Evidemment&nbsp;! Pourtant, ces cures avec ces analysants qui nous malm\u00e8nent et nous mettent \u00e0 mal induisent chez nous analystes un cheminement personnel qu\u2019eux seuls peuvent faire et pour lequel nous ne pouvons que leur \u00eatre gr\u00e9\u2026.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Green Andr\u00e9 (1990), in <em>La folie priv\u00e9e<\/em>, Paris, Gallimard, p. 56.<\/li><li>Ehrenberg Corinne, \u00ab\u00a0Qui a peur du transfert des \u00e9tats limites\u00a0?\u00a0\u00bb, in Andr\u00e9 J., <em>Tranfert et \u00e9tats limites<\/em>, ibid.<\/li><li>Green Andr\u00e9 (1990), in <em>La folie priv\u00e9e<\/em>, op.cit., p.85.<\/li><li>Cit\u00e9 in Darcourt G. \u00ab\u00a0Moments-limites en cures analytiques\u00a0\u00bb in Bergeret J., Reid W. (2003), <em>Narcissisme et \u00e9tats limites, ibid<\/em>.<\/li><li>Freud Sigmund (1920), \u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du principe de plaisir\u00a0\u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>. Paris, Payot, 1970 in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Paris, PUF, 1996, vol XVI, p. 273-338.<\/li><li>Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967), <em>Vocabulaire de Psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F, p.371.<\/li><li>Pontalis J.-B. (1977), \u00ab\u00a0\u00c0 partir du contre-transfert\u00a0: le mort et le vif entrelac\u00e9s\u00a0\u00bb, &amp; \u00ab\u00a0Sur le travail de la mort\u00a0\u00bb, in <em>Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>, Paris, Gallimard, in Bokanowski T., \u00ab\u00a0Le concept de pulsion de mort, bibliographie critique des auteurs psychanalytiques fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, in <em>Psychanalyse<\/em>, p.25.<\/li><li>Bokanowski Thierry (2005), <em>Des transferts n\u00e9gatifs \u00e0 la r\u00e9action th\u00e9rapeutique negative, Introduction \u00e0 la psychanalyse de l\u2019adulte<\/em>, Vulpian, page 7.<\/li><li><em>Ibid<\/em>., page 9.<\/li><li><em>Ibid<\/em>.<\/li><li><em>Ibid<\/em>.<\/li><li>Selon Reid, cit\u00e9 in Bergeret J. et Reid W. (2003), <em>Narcissisme et \u00e9tats limites<\/em>. Paris, Dunod, 246 pages.<\/li><li>Green Andr\u00e9 (1990), <em>La folie priv\u00e9e<\/em>, Paris, Gallimard, page 89.<\/li><li><em>Ibid<\/em>., page 91.<\/li><li>Winnicott, cit\u00e9 in Bergeret J. et Reid W. (2003), <em>Narcissisme et \u00e9tats limites, op. cit<\/em>.<\/li><li>Thompson C. \u00ab\u00a0Le contre-transfert est-il un cadre\u00a0?\u00a0\u00bb, in Andr\u00e9 J., T<em>ranfert et \u00e9tats limites<\/em>, op.cit. page 37.<\/li><li>F\u00e9dida P., \u00ab\u00a0Le psychanalyste\u00a0: un \u00e9tat limite\u00a0?\u00a0\u00bb in Andr\u00e9 J., <em>Tranfert et \u00e9tats limites, op. cit<\/em>.<\/li><li>Bokanowski Thierry (2005), <em>Des transferts n\u00e9gatifs \u00e0 la r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative, Introduction \u00e0 la psychanalyse de l\u2019adulte<\/em>, Vulpian, p.13.<\/li><li><em>Ibid<\/em>.<\/li><li>Winnicott D.W., \u00ab\u00a0Les aspects m\u00e9tapsychologiques et cliniques de la r\u00e9gression au sein de la situation analytique\u00a0\u00bb 1954, in <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em> (1958, 1969). Paris, Payot, 464 pages.<\/li><li>Thompson C. \u00ab\u00a0Le contre-transfert est-il un cadre\u00a0?\u00a0\u00bb, in Andr\u00e9 J.,<em>Tranfert et \u00e9tats limites, op. cit<\/em>. page 36.<\/li><li>Cit\u00e9 in Andr\u00e9 J., <em>Transfert et \u00e9tats limites, op. cit<\/em>. page 15.<\/li><li><em>Ibid<\/em>., page 19.<\/li><\/ol>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Andr\u00e9 Jacques (2002-2005), sous la direction, <em>Transfert et \u00e9tats-limites<\/em>. Paris, PUF, Petite biblioth\u00e8que de la psychanalyse.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Jacques et Chabert Catherine (1999), <em>Les \u00e9tats de d\u00e9tresse<\/em>. Paris, P.U.F., 84 pages.<\/p>\n<p>Anzieu Didier (1985), <em>Le Moi-Peau<\/em>. Paris, Dunod, 235 pages.<\/p>\n<p>Anzieu Didier et Chabert Catherine (2007), <em>Psychanalyse des limites<\/em>. Paris, Dunod, 298 pages.<\/p>\n<p>Bergeret J. et Reid W. (2003), <em>Narcissisme et \u00e9tats limites<\/em>. Paris, Dunod, 246 pages.<\/p>\n<p>Bokanowski Thierry (2004), \u00ab\u00a0Souffrance, destructivit\u00e9, processus\u00a0\u00bb, Rapport du 64<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s des Psychanalystes de Langue Fran\u00e7aise, <em>Revue fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 68, 5, n\u00b0 Sp\u00e9cial Congr\u00e8s, p.1407-1479.<\/p>\n<p>Bokanowski Thierry (2005), \u00ab\u00a0Des transferts n\u00e9gatifs \u00e0 la r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative\u00a0\u00bb, in <em>Introduction \u00e0 la psychanalyse de l\u2019adulte<\/em>, Vulpian.<\/p>\n<p>Cournut J. (2000), \u00ab\u00a0Le transfert n\u00e9gatif. Acceptations diverses plus ou moins pessimistes\u00a0\u00bb, <em>Revue fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 64, 2, p.361-365.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1905), La vie sexuelle. Paris, P.U.F., 159 pages.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1912), \u00ab\u00a0La dynamique du transfert\u00a0\u00bb, in <em>De la technique psychanalytique<\/em>, Paris, P.U.F., 1953.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1915), <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>. Paris, Gallimard, 185 pages.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1920), \u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du principe de plaisir\u00a0\u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>. Paris, Payot, 1970 in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, PUF, 1996, vol XVI, p. 273-338.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1924), \u00ab\u00a0Le probl\u00e8me \u00e9conomique du masochisme\u00a0\u00bb, in <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 1928, 2, p. 211-223.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1937), \u00ab\u00a0Analyse finie, analyse infinie\u00a0\u00bb, in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, vol XX, 44 pages.<\/p>\n<p>Freud Sigmund (1940), <em>N\u00e9vrose, psychose et perversion<\/em>. Paris, Gallimard, 300 pages.<\/p>\n<p>Green Andr\u00e9 (1983), <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, Les \u00e9ditions de minuit, 2007, 318 pages.<\/p>\n<p>Green Andr\u00e9 (1990), <em>La folie priv\u00e9e<\/em>. Paris, Gallimard, 494 pages.<\/p>\n<p>Grunberger B. et Chasseguet-Smirgel (1985), <em>Le narcissisme<\/em>. Paris, Les grandes d\u00e9couvertes de la psychanalyse, Tchou, 315 pages.<\/p>\n<p>Guillaumin Jean (2000), <em>L\u2019invention de la pulsion de mort<\/em>. Paris, Dunod, 200 pages.<\/p>\n<p>Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967), <em>Vocabulaire de Psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F.<\/p>\n<p>Mc Dougall Joyce (1978), <em>Plaidoyer pour une certaine anormalit\u00e9<\/em>. Paris, Gallimard, 222 pages.<\/p>\n<p>Mc Dougall Joyce (1989), <em>Les th\u00e9\u00e2tres du corps<\/em>. Paris, Gallimard, 220 pages.<\/p>\n<p>Mc Dougall J. et al (2008), \u00ab\u00a0L\u2019artiste et le psychanalyste\u00a0\u00bb. Paris, P.U.F., 158 pages.<\/p>\n<p>Pontalis J.-B. (1988), <em>Ce transfert que l\u2019on appelle n\u00e9gatif<\/em>, Perdre de vue, Paris, Gallimard, 1988.<\/p>\n<p>Potamianou Anna (1992), <em>Un bouclier dans l\u2019\u00e9conomie des \u00e9tats limites<\/em>. Paris, P.U.F., 155 pages.<\/p>\n<p>Richard Fran\u00e7ois (2011), <em>L\u2019actuel malaise dans la culture<\/em>. Paris, Editions de l\u2019Olivier, 264 pages.<\/p>\n<p>Richard Fran\u00e7ois (2011), <em>La rencontre psychanalytique<\/em>. Paris, Dunod, 309 pages.<\/p>\n<p>Rosenberg Benno (1988), \u00ab\u00a0Pulsion de mort, n\u00e9gation et travail psychique\u00a0: ou la pulsion de mort au service de la d\u00e9fense contre la pulsion de mort\u00a0\u00bb, in Guillaumin J. et Gagnebin M. (sous la dir. de), <em>Pouvoirs du n\u00e9gatif dans la psychanalyse et la culture<\/em>, Seyssel, Champ-Vallon.<\/p>\n<p>Rosenberg Benno (1991), <em>Masochisme mortif\u00e8re et masochisme de la vie<\/em>. Paris, P.U.F.<\/p>\n<p>Rosenberg Benno, \u00ab\u00a0Le moi et son angoisse\u00a0\u00bb, in <em>Monographies de la Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F.<\/p>\n<p>Searles Harold (1979, 1981), <em>Le contre-transfert<\/em>. Paris, Gallimard, 326 pages.<\/p>\n<p>Searles Harold (1965), <em>L\u2019effort pour rendre l\u2019autre fou<\/em>, Paris, Gallimard, 715 pages.<\/p>\n<p>Winnicott D.W. (1958, 1969), <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>. Paris, Payot, 464 pages.<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10364?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je meurs l\u00e0 m\u00eame&nbsp;! Je suis enterr\u00e9, et la boue remplit ma bouche et ma gorge. Je meurs lentement. Oui, ne r\u00e9ponds pas&nbsp;! 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