{"id":12955,"date":"2021-09-12T10:13:47","date_gmt":"2021-09-12T08:13:47","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/le-travail-psychanalytique-en-institution-manuel-de-cliniques-institutionnelles\/"},"modified":"2021-09-16T17:03:23","modified_gmt":"2021-09-16T15:03:23","slug":"le-travail-psychanalytique-en-institution-manuel-de-cliniques-institutionnelles","status":"publish","type":"parution","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/le-travail-psychanalytique-en-institution-manuel-de-cliniques-institutionnelles\/","title":{"rendered":"Le travail psychanalytique en institution. Manuel de cliniques institutionnelles"},"content":{"rendered":"\n<p>Apr\u00e8s les<em>&nbsp;46 commentaires de textes en clinique institutionnelle&nbsp;<\/em>(Dunod, 2013) sous la direction de Didier Drieu, et \u00ab les 13&nbsp; fiches \u00bb pour comprendre la Clinique des groupes (In Press, 2016) dirig\u00e9 par Philippe Robert, Rapha\u00ebl Riand et Philippe Drweski, c\u2019est \u00e0 deux membres actifs et responsables du \u00ab R\u00e9seau Groupes et liens intersubjectifs \u00bb, cr\u00e9\u00e9 en 2007, Jean-Pierre Pinel (Professeur des Universit\u00e9s, Paris 13 USPC) et Georges Gaillard (Professeur des Universit\u00e9s, Lyon 2)&nbsp; de pr\u00e9senter un&nbsp;<em>Manuel des cliniques institutionnelles<\/em>. Cet ouvrage s\u2019inscrit dans le prolongement des travaux de Ren\u00e9 Ka\u00ebs dont l\u2019influence nationale et internationale est reconnue dans nombre d\u2019universit\u00e9s,&nbsp; et t\u00e9moigne de son dynamisme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage intitul\u00e9&nbsp;<em>Le travail psychanalytique en institution&nbsp;<\/em>propose d\u2019en aborder les grands enjeux. Il donne \u00e0 la fois des rep\u00e8res historiques et th\u00e9oriques de la clinique institutionnelle et pr\u00e9sente les pratiques d\u2019intervention et d\u2019accompagnement contemporaines en institution aussi bien dans le domaine des psychopathologies que de ce que les auteurs d\u00e9finissent comme la&nbsp;<em>clinique de l\u2019ordinaire&nbsp;<\/em>(<em>les institutions de la petite enfance, de l\u2019\u00e9cole ou encore de la g\u00e9rontologie<\/em>). Il discute des m\u00e9thodes et dispositifs sp\u00e9cifiques propre \u00e0&nbsp;<em>l\u2019extension de la psychanalyse<\/em>&nbsp;au champ des \u00e9quipes et des institutions, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019intervention en ext\u00e9riorit\u00e9, que d\u2019accompagnement&nbsp; au sein de l\u2019institution, ou des pratiques \u00e0 domicile.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage fait appel aussi \u00e0 des sp\u00e9cialistes exp\u00e9riment\u00e9s, g\u00e9n\u00e9ralement professeurs&nbsp; dans des universit\u00e9s fran\u00e7aises (Lyon 2, Aix-Marseilles, Paris Diderot, Bourgogne Franche-Comt\u00e9\u2026), ce qui t\u00e9moigne de l\u2019inscription et de l\u2019essaimage des approches<br>cliniques sociales sur le territoire&nbsp; fran\u00e7ais. Dans l\u2019ordre des chapitres, Guy Gimenez, Denis Mellier, Florence Giust-Desprairies, Jean-Marc Talpin, Jean-Pierre Vidal, Vincent Di Rocco et Pascal Roman participent donc chacun dans leur champ sp\u00e9cifique \u00e0 la r\u00e9flexion engag\u00e9e par les deux directeurs d\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux-ci rendent hommage particuli\u00e8rement \u00e0 la pens\u00e9e de Ren\u00e9 Ka\u00ebs, qui en a r\u00e9dig\u00e9 la pr\u00e9face, et qui appara\u00eet au fil des lignes comme le fondateur et le th\u00e9oricien de cette clinique \u00e0 la crois\u00e9e des enjeux de transmission trans et inter-g\u00e9n\u00e9rationnelle et de transition groupale, organisationnelle, institutionnelle et soci\u00e9tale sur fond des&nbsp;<em>m\u00e9tacadres<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce manuel n\u2019en est pas vraiment&nbsp;<em>un<\/em>&nbsp;dans le sens o\u00f9 les principaux concepts d\u00e9velopp\u00e9s par chaque auteur ne font pas l\u2019objet d\u2019un lexique. Il impose au lecteur l\u2019effort de le situer dans son apparition historique, dans son contexte culturel et g\u00e9n\u00e9ralement dans son rapport \u00e0 la clinique g\u00e9n\u00e9rale ou singuli\u00e8re du praticien-chercheur. Nous pouvons cependant en dresser un premier inventaire non exhaustif : le travail de la culture, la n\u00e9gativit\u00e9, l\u2019appareillage, la m\u00e9sinscription, la d\u00e9sinscription, l\u2019homologie fonctionnelle, l\u2019engr\u00e8nement, le traumatisme vicariant, le fantasme organisateur, l\u2019h\u00e9t\u00e9rotopie, l\u2019attracteur transf\u00e9rentiel, l\u2019interm\u00e9diaire, le contrat narcissique, la figure du d\u00e9logement&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble des auteurs semble s\u2019accorder sur un constat assez pessimiste de l\u2019\u00e9volution de la place accord\u00e9e \u00e0 l\u2019Institution, aux institutions et aux \u00e9quipes du fait des nouveaux modes de gouvernance gestionnaire, des modifications des rapports \u00e0 l\u2019espace-temps, et de leurs effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res sur la t\u00e2che primaire qui leur est confi\u00e9e.&nbsp; De ce fait, les professionnels sont soumis eux-m\u00eames \u00e0 la m\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9, fragilit\u00e9, voire traumatisme, que les publics qu\u2019ils accueillent et qu\u2019ils soignent : \u00ab Cette clinique institutionnelle a un v\u00e9ritable co\u00fbt psychique : elle suppose la capacit\u00e9 de loger en soi la violence et le d\u00e9sespoir, l\u2019effondrement narcissique et la mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de son identit\u00e9 professionnelle. \u00bb comme le souligne Pinel (p.79).<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs prennent le soin aussi de dresser une&nbsp;<em>m\u00e9tapsychologie<\/em>&nbsp;(Gaillard) de la clinique institutionnelle et d\u2019en dresser parfois les \u00e9l\u00e9ments topiques, \u00e9conomiques et dynamiques (Roman). Ils invitent \u00e0 un travail de symbolisation et de cr\u00e9ation qui touche toutes les instances du sujet \u00e0 l\u2019Institution. \u00ab (\u2026) le traumatisme peut ainsi \u00eatre (si cela a \u00e9t\u00e9 rendu possible par le dispositif et par la pr\u00e9paration pr\u00e9alable du th\u00e9rapeute) accueilli et re\u00e7u (capacit\u00e9 de r\u00eaverie), puis transform\u00e9 (fonction alpha,<br>contenance), \u00e0 la fois dans son \u00e9cho chez le ou les cliniciens, dans l\u2019\u00e9quipe, dans l\u2019institution et chez le patient lui-m\u00eame \u00bb comme le mentionne Gimenez, (p.115).<\/p>\n\n\n\n<p>La dimension psychanalytique, principalement \u00e0 travers la prise en compte de l\u2019Inconscient&nbsp; freudien, constitue le trait commun de tous les auteurs, dont ici Jean-Pierre Vidal se fait l\u2019\u00e9cho : \u00ab C\u2019est \u00e0 partir de cette double r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019exterritorialit\u00e9 de l\u2019Inconscient et \u00e0 l\u2019interpsychique coextensif d\u2019une intersubjectivit\u00e9 ontologique, que nous pouvons penser le groupe comme susceptible de former un&nbsp;<em>Appareil Psychique Groupal,<\/em>&nbsp;et rep\u00e9rer \u00e0 partir de l\u00e0 un certain nombre d\u2019effets et processus coextensifs de la sp\u00e9cificit\u00e9 de cette \u00e9trange r\u00e9alit\u00e9. \u00bb&nbsp; (p. 215).<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux directeurs de l\u2019ouvrage&nbsp; pr\u00e9sentent et distinguent aussi&nbsp; les diff\u00e9rents dispositifs :&nbsp; l\u2019analyse de la pratique et la supervision, la r\u00e9gulation d\u2019\u00e9quipe (ou la \u00ab consultation \u00bb), l\u2019analyse du cadre institutionnel, les Actions-Recherches et les interventions de formation mises au service de la clinique institutionnelle. Mais ils soulignent surtout que tous ces dispositifs sont li\u00e9s et que \u00ab l\u2019objectif&nbsp;<em>princeps<\/em>de l\u2019 \u201cAnalyse des Pratiques Institutionnelles\u201d est d\u2019\u00e9tayer ou de relancer le travail de l\u2019intersubjectivit\u00e9 afin, d\u2019une part, de soutenir la formation d\u2019un appareillage soutenant les liens d\u2019\u00e9quipe, et d\u2019autre part, d\u2019\u00e9tayer la capacit\u00e9 de chacun et de l\u2019ensemble \u00e0 investir la part qui leur revient dans l\u2019accomplissement de la t\u00e2che primaire \u00bb. (Pinel, Gaillard, p. 243).<\/p>\n\n\n\n<p>Une bibliographie de 500 r\u00e9f\u00e9rences environ et un index des auteurs compl\u00e8tent l\u2019ouvrage et permettent de se rep\u00e9rer dans ce qui constitue, sans doute, une \u0153uvre collective majeure de la clinique institutionnelle pour tous ceux, \u00e9tudiants et professionnels de la psychologie, de la psychiatrie, du travail social et des soins infirmiers, qui s\u2019int\u00e9ressent de pr\u00e8s \u00e0 ce&nbsp;<em>travail psychanalytique en institution<\/em>&nbsp;et interviennent aupr\u00e8s des personnes souffrantes,&nbsp;<em>mesinscrites<\/em>&nbsp;ou exclues. Il permet d\u2019avoir les outils cliniques et th\u00e9oriques pour (re)donner sens aux fonctions pour lesquelles ils \u0153uvrent au sein de leur \u00e9quipe et de leur institution.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage se pr\u00e9sente comme un cadeau, un h\u00e9ritage laiss\u00e9 aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes de cliniciens des groupes et des institutions. Comme le rappelle Pinel, en \u00e9cho \u00e0 Ka\u00ebs (2012) : \u00ab Chaque g\u00e9n\u00e9ration laisse \u00e0 la suivante un reste \u00e0<br>penser et des restes impens\u00e9s. C\u2019est dans l\u2019investissement de ces \u00e9carts que nous sommes cr\u00e9ateurs. Toutefois, une question essentielle subsiste, que chaque g\u00e9n\u00e9ration doit reprendre \u00e0 son compte : comment, de l\u2019impens\u00e9 qui nous pr\u00e9c\u00e8de, ne pas fabriquer de l\u2019impens\u00e9 qui nous devance ? \u00bb (p. 32).<\/p>\n\n\n\n<p>Aux deux directeurs de l\u2019ouvrage, Georges Gaillard et Jean-Pierre Pinel, de conclure : \u00ab Entre le recours \u00e0 des vieilles recettes revisit\u00e9es et au mirage de solutions techniques, elles (les \u00e9quipes institu\u00e9es) ont \u00e0 construire des r\u00e9ponses cr\u00e9\u00e9es dans le travail de l\u2019intersubjectivit\u00e9 en lien avec un h\u00e9ritage revivifi\u00e9 par les g\u00e9n\u00e9rations qui viennent. \u00bb (p. 301). C\u2019est sur cette ouverture et cette note d\u2019espoir que l\u2019ouvrage nous convoque \u00e0 continuer et inventer<em>&nbsp;le travail psychanalytique en institution.<\/em><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12955?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[2110],"mode":[60],"revue":[476],"auteur_livre":[2370,2369],"class_list":["post-12955","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-emmanuel-gratton","mode-payant","revue-476","auteur_livre-geogres-gaillard","auteur_livre-jean-pierre-pinel"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12955"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12955"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12955"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12955"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12955"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12955"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}