{"id":12756,"date":"2021-09-12T10:13:23","date_gmt":"2021-09-12T08:13:23","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/clivages\/"},"modified":"2021-09-23T17:28:14","modified_gmt":"2021-09-23T15:28:14","slug":"clivages","status":"publish","type":"parution","link":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/clivages\/","title":{"rendered":"Clivages"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce livre est le r\u00e9sultat d\u2019un travail de r\u00e9flexion men\u00e9e par l\u2019auteur depuis plus de 20 ans dont voici quelques jalons. Il propose la notion de clivage fonctionnel en 1988 dans un article intitul\u00e9 Traumatismes et clivages fonction-nels, puis en 1989 Des espaces et des temps pour l\u2019objet, clivage structurel et fonctionnel. Il pr\u00e9cise ce qu\u2019il entend par carence narcissique dans deux articles, Trauma sexuel, blessure narcis-sique et carence narcissique (1991) puis La carence narcissique (1992). En 1995, il pr\u00e9sente un rapport dans le cadre du congr\u00e8s des psychanalystes de langue fran\u00e7aise, Clivages et fonction synth\u00e9tique du Moi. Il en reprendra les principaux th\u00e8mes en fonction d\u2019avanc\u00e9es ult\u00e9rieures, menant ainsi \u00e0 l\u2019ouvrage qui vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9 aux PUF. Ce livre traite de sujets complexes tels la m\u00e9tapsychologie du Moi, les d\u00e9fenses, et les diff\u00e9rents clivages, avec beaucoup de clart\u00e9 et de pr\u00e9cision. C\u2019est un travail de recherche sur la pratique des cas non n\u00e9vrotiques : psychoses, \u00e9tats limite, somatisations, qui aboutit \u00e0 de nouvelles hypoth\u00e8ses m\u00e9ritant que les analystes les&nbsp; interrogent, les confirment ou s\u2019en inspirent. L\u2019auteur a constamment le souci p\u00e9dagogique de transmettre tous ses travaux d\u2019\u00e9laboration et de r\u00e9flexion depuis de nombreuses ann\u00e9es. Il tente d\u2019articuler ce qu\u2019il avance \u00e0 un niveau th\u00e9orique avec sa pratique qu\u2019il expose au fil de cas cliniques tr\u00e8s divers, donnant toute priorit\u00e9 \u00e0 la pratique, sous l\u2019\u00e9gide de la maxime de Charcot : \u00ab la th\u00e9orie c\u2019est bien mais \u00e7a n\u2019emp\u00eache pas d\u2019exister \u00bb. Il propose des formulations tr\u00e8s condens\u00e9es refl\u00e9tant la complexit\u00e9 de sa pens\u00e9e, on peut en noter quelques-unes : \u00ab Pas de clivage sans collage \u00bb, \u00abTu cliveras ton prochain comme toi-m\u00eame \u00bb, \u00ab Clivage \u00e9gale d\u00e9ni plus id\u00e9alisation \u00bb, \u00ab Il n\u2019y a pas de d\u00e9ni sans refoulement ni de forclusion sans d\u00e9ni \u00bb.<br><br>D\u00e8s l\u2019introduction, G\u00e9rard Bayle d\u00e9finit la diff\u00e9rence entre clivage fonctionnel et clivage structurel (p.1), \u00ab le clivage fonctionnel est une r\u00e9action imm\u00e9diate de d\u00e9fense contre une attaque de la psych\u00e9, d\u00e9fense habituellement transitoire. Le clivage structurel est engendr\u00e9, chez les enfants et avec leur participation, par le maintien excessif d\u2019un clivage fonctionnel des parents \u00bb. C\u2019est l\u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se centrale du livre. Le clivage a une fonction : celle de limiter l\u2019extension de la d\u00e9sintrication pulsionnelle qui r\u00e9sulte de l\u2019horreur de la castration dont les effets seraient l\u2019\u00e9crasement du sujet par les terreurs des perceptions d\u2019absence ou l\u2019\u00e9clate-ment par emballement du d\u00e9ni de ces perceptions. G. Bayle fait la distinction entre f\u00e9tiche et objet proth\u00e9tique et il diff\u00e9rencie les objets phobiques, f\u00e9tichiques et transitionnels. Il pr\u00e9cise l\u2019\u00e9cart entre le rejet et le d\u00e9saveu ; le d\u00e9ni est la somme d\u2019un rejet et d\u2019un d\u00e9saveu. L\u2019une des fonctions du clivage est de repousser la conflictualit\u00e9 psychique et de prot\u00e9ger des blessures narcissiques par d\u00e9bordement traumatiques (p.7). C\u2019est lorsqu\u2019il y a une alteration des fonctions de synth\u00e8se du Moi qu\u2019il se produit un d\u00e9ni. L\u2019auteur s\u2019appuie sur les travaux de M\u00e9lanie Klein pour \u00e9noncer que le clivage est le produit d\u2019un d\u00e9ni et d\u2019une id\u00e9alisation. Le clivage est bien un r\u00e9sultat et non comme souvent on le pense une d\u00e9fense. La seule d\u00e9fense, c\u2019est bien celle du d\u00e9ni du Moi. L\u2019hallucination n\u00e9gative est un mouvement d\u00e9fensif pr\u00e9coce, c\u2019est un pr\u00e9curseur du d\u00e9ni.<br><br>Comment se r\u00e9v\u00e8le un clivage ? C\u2019est l\u00e0 une question fondamen-tale. L\u2019auteur y r\u00e9pond en s\u2019inspirant des travaux de N. Abraham et de M. Torok dans&nbsp; L\u2019\u00e9corce et le noyau : quand l\u2019analyste est engag\u00e9 dans un contre-transfert d\u2019une grande pauvret\u00e9, il lui arrive de constater des lacunes transf\u00e9rentielles dues au gel de ce qui est cliv\u00e9, \u00e0 sa mise hors jeu, donc \u00e0 son absence dans le transfert. Le risque du contre- transfert est de chercher incons-ciemment \u00e0 \u00ab enrichir \u00bb le contenu des s\u00e9ances par des productions venant de l\u2019analyste, d\u2019o\u00f9 un danger de collage identitaire entre le patient et l\u2019analyste. L\u2019analyste constate une compulsion \u00e0 construire et \u00e0 entretenir \u00ab un refoulement conservateur \u00bb qui l\u2019isole du reste de la psych\u00e9.<br><br>G\u00e9rard Bayle consacre un chapitre \u00e0 d\u00e9crire les diff\u00e9rents clivages. Il en distingue trois :<br>&#8211; Le clivage potentiel, en \u00e9cho aux traumas et aux blessures surmont\u00e9s.<br>&#8211; Le clivage fonctionnel situ\u00e9 entre blessure narcissique et trauma sexuel.<br>&#8211; Le clivage structurel isolant du Moi la carence narcissique et l\u2019ensemble blessure narcissique \u2013 trauma sexuel.<br>L\u2019auteur se penche sur les signes cliniques d\u2019un clivage dans le contre-transfert. Si le contre-transfert est trop n\u00e9gatif, l\u2019analyste peut s\u2019irriter ou \u00eatre envahi par un assoupissement, par un ennui qui signe la pr\u00e9sence d\u2019un clivage. L\u2019analyste peut \u00e9galement ressentir un trouble d\u00e9sagr\u00e9able qui le rend perplexe, sa pens\u00e9e se fige. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, quand le contre-transfert est trop positif, l\u2019analyste \u00e9prouve un bien-\u00eatre. Si cet \u00e9tat dure, il doit alors soup\u00e7onner un clivage. Ces patients stimulent la pens\u00e9e de l\u2019analyste qui attend avec plaisir la prochaine s\u00e9ance avec ce \u00ab bon patient \u00bb. Quand l\u2019analyste ressent certains troubles, telle une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9personnalisation, cela peut \u00eatre une r\u00e9action \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019un clivage. Parfois \u00ab c\u2019est l\u2019\u00e9mergence de ce qui fut forclos des acqui-sitions symboliques du patient qui envahit l\u2019analyste. Il est alors inca-pable de figurer, de symboliser et de repr\u00e9senter ce qui se passe \u00bb&nbsp;<br>(p. 138).<br><br><strong>Le clivage potentiel<\/strong><br>Freud l\u2019\u00e9voque dans les Nouvelles conf\u00e9rences (1932), le Moi est compar\u00e9 \u00e0 la structure d\u2019un cristal qui se cliverait sous l\u2019effet d\u2019un choc. Pour qu\u2019un clivage potentiel, quiescent, se r\u00e9v\u00e8le, c\u2019est un probl\u00e8me \u00e9conomique, c\u2019est l\u2019intensit\u00e9 du traumatisme qui aboutit \u00e0 un d\u00e9bordement. Pour G\u00e9rard Bayle, le clivage potentiel n\u2019est qu\u2019un clivage structurel silencieux, bien dissimul\u00e9. C\u2019est un clivage masqu\u00e9. L\u2019auteur ne retient pas ce concept : \u00ab pour \u00eatre pertinente, cette conceptualisation impliquerait la pr\u00e9sence d\u2019un clivage ontog\u00e9n\u00e9tique. Elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre prise en consid\u00e9ration en tant que potentialit\u00e9 de r\u00e9v\u00e9lations des carences de la fonction synth\u00e9tique du Moi, soit par d\u00e9bordement de celle-ci, ce qui m\u00e8ne au clivage fonctionnel, soit par carence li\u00e9e \u00e0 la forclusion, conduisant \u00e0 la constatation d\u2019un clivage structurel \u00bb (p.153).<br><br><strong>Clivages fonctionnels<\/strong><br>Pour G\u00e9rard Bayle, \u00ab les clivages fonctionnels sont le r\u00e9sultat d\u2019une force de refoulement associ\u00e9 \u00e0 un contre-investissement narcissique sur un fond de d\u00e9faillance ou de d\u00e9bordement de la fonction synth\u00e9tique du Moi : ils s\u2019opposent aux modifications brusques du narcissisme. Ils r\u00e9priment l\u2019affect en respectant les repr\u00e9sentations, les figurations et les perceptions qui sont alors cliv\u00e9es, isol\u00e9es, d\u00e9sinvesties \u00bb. Le clivage fonc-tionnel maintient s\u00e9par\u00e9 une partie du sujet qui a fait l\u2019objet d\u2019une appropriation subjective d\u2019une autre partie qui est dans&nbsp; l\u2019indistinction sujet-objet primaire, le \u00ab jamais subjectiv\u00e9 et le \u00ab jamais d\u00e9ni\u00e9 \u00bb qui revient de l\u2019ext\u00e9rieur. Les clivages fonction-nels sont temporaires mais maintenus pour isoler le Moi des blessures irr\u00e9parables : blessures narcissiques graves, deuils non faits. Ces blessures sont connues mais tenues \u00e0 distance de tout&nbsp; investissement. On le sait mais on ne veut pas le savoir ni en entendre parler. \u00ab Dans le clivage fonctionnel, les repr\u00e9sentations, perceptions, et figurations sont d\u00e9connect\u00e9es de leur charge affective. La seconde censure du Moi, s\u00e9parant le pr\u00e9conscient du conscient est renforc\u00e9e de sorte que le surinvestissement n\u00e9ces-saire au devenir conscient est retir\u00e9. L\u2019obligation faite \u00e0 l\u2019entourage de se conformer \u00e0 un certain nombre d\u2019interdits et de consignes imp\u00e9ratives, accompa-gne toujours les clivages fonctionnels, l\u2019exc\u00e8s de ces dispositions entra\u00eene un risque de forclusion et de clivage structurel pour la g\u00e9n\u00e9ration suivante \u00bb (p. 159). Les clivages fonctionnels sont r\u00e9versibles et respectent la symbolisation. Un tiers est toujours concern\u00e9 par le clivage fonctionnel. \u00ab Les clivages fonctionnels font courir des risques somatiques non n\u00e9gli-geables en raison de la r\u00e9pression de l\u2019affect \u00bb (p.161). G\u00e9rard Bayle aime condenser ses r\u00e9flexions dans des formules, par exemple :&nbsp; \u00ab l\u2019isolation est au traumatisme pulsionnel ce que le clivage fonctionnel est \u00e0 la blessure narcissique \u00bb. L\u2019isolation \u00e9carte le risque d\u2019un trauma pulsionnel ; le clivage fonctionnel \u00e9carte le risque d\u2019une blessure narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9ploiement des clivages fonctionnels<\/strong><br>L\u2019auteur envisage cinq cas de figures :<br>1- Le patient ou l\u2019analyste met en place un clivage fonctionnel rejetant ou d\u00e9savouant la perception de certains \u00e9l\u00e9ments venus de l\u2019autre protagoniste.<br>2- L\u2019int\u00e9gration du retour du \u00ab jadis d\u00e9ni\u00e9 \u00bb ou de l\u2019\u00e9mergence d\u2019un \u00ab jamais subjectiv\u00e9 \u00bb peut se produire \u00e0 certains moments de la vie, telle l\u2019adolescence ou \u00e0 la faveur de circonstances favo-risantes, comme ce qui submerge Freud quand il a \u00ab un trouble de m\u00e9moire sur l\u2019Acropole \u00bb (1934).<br>3- Dans une cure, lors de la lev\u00e9e du refoulement, il peut se produire une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9personnalisation.<br>4- Lors d\u2019une activit\u00e9 narcissique tr\u00e8s investie, il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir recours \u00e0 un clivage fonctionnel pour \u00e9carter les \u00e9l\u00e9ments perturbateurs venus de l\u2019int\u00e9rieur ou de l\u2019ext\u00e9rieur du sujet.<br>5- Lors de pertes objectales et d\u2019\u00e9preuves exceptionnelles, dan-gereuses, il peut se produire un rejet de la perte ou un d\u00e9saveu de ce qui est v\u00e9cu ; ce qui conduit \u00e0 un clivage fonctionnel indis-pensable \u00e0 la survie.<br><br><strong>Les clivages fonctionnels dans le contre-transfert<\/strong><br>Les patients porteurs d\u2019un clivage structurel tendent \u00e0 se remplir vampiriquement au d\u00e9triment de leurs analystes qui se prot\u00e8gent en cr\u00e9ant un clivage fonctionnel. Ce dernier est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par les failles de la perception du contre-transfert. L\u2019analyste est confront\u00e9 aux limitations de sa pens\u00e9e et de son associativit\u00e9. Il est expos\u00e9 aux risques d\u2019actes contre-trans-f\u00e9rentiels portant sur le cadre.<br><br><strong>Le clivage fonctionnel dans la perte d\u2019objet&nbsp;<\/strong><br>Parfois on a recours \u00e0 un clivage fonctionnel pour att\u00e9nuer une douleur trop intense. Il est urgent de se prot\u00e9ger pour \u00e9viter de dispara\u00eetre avec l\u2019\u00eatre cher. Le sujet a recours \u00e0 un double d\u00e9ni : d\u00e9ni de l\u2019absence et d\u00e9ni de la douleur pour colmater la fuite libidinale \u00e0 faire comme si l\u2019objet disparu est encore l\u00e0. Une partie du Moi s\u2019offre au \u00c7a comme objet d\u2019amour substitutif. Elle va \u00eatre fonctionnellement isol\u00e9e de l\u2019en-semble du Moi. La disparition intempestive d\u2019un tel clivage fonctionnel entra\u00eene une reprise intol\u00e9rable de la douleur. Il est n\u00e9cessaire de respecter ces formations de d\u00e9ni de la perte et de ne pas interpr\u00e9ter \u00e0 tout prix.<br><strong><br>Destins du clivage de deuil<\/strong><br>Les sujets porteurs de certains clivages ne gu\u00e9rissent jamais de la blessure li\u00e9e \u00e0 la perte. Ils passent leur temps \u00e0 colmater. Ils ne peuvent pas faire un travail de deuil, isolant un objet mort-vivant. Ils bannissent de leur vocabulaire et de leur comportement tout ce qui pourrait r\u00e9veiller la partie cliv\u00e9e. Leurs enfants ne doivent pas poser certaines questions et adoptent des contre-investis-sements qui ne s\u2019opposent \u00e0 aucun contenu. Ces enfants sont porteurs d\u2019une crypte vide. Ce qui se transmet c\u2019est l\u2019isolation, la forteresse des contre-investis-sements narcissiques. Ces d\u00e9fenses sont transitoires sans que soit nomm\u00e9 ce contre quoi elles sont destin\u00e9es. Il y a un manque de sens, une carence, pour l\u2019orga-nisation symbolique du Moi, une forclusion.<br><strong><br>Clivages structurels<\/strong><br>\u00ab Ils sont le r\u00e9sultat de d\u00e9fenses contre une carence narcissique par d\u00e9faut de symbolisation et de subjectivation \u00bb (p.195). Ils tendent \u00e0 isoler le Moi du sujet des manifestations de la carence narcissique. Le sujet doit se prot\u00e9ger du retour du clivage. La d\u00e9faillance de la fonction synth\u00e9tique du Moi, qui est \u00e0 l\u2019origine de la carence narcissique, infiltre toutes les d\u00e9fenses qui luttent contre elle. Les processus d\u00e9fensifs les moins \u00e9volu\u00e9s \u2013 d\u00e9ni, id\u00e9alisation- prennent le dessus en s\u2019inf\u00e9odant les plus \u00e9volu\u00e9s comme le refoulement ou la sublimation. Le clivage structurel n\u2019est pas une barri\u00e8re \u00e9tanche cr\u00e9\u00e9e une fois pour toutes, il n\u00e9cessite un entretien. La zone de rencontre du monde du Moi organis\u00e9 et de celui de la carence narcissique est \u00e0 \u00ab l\u2019image de ce lieu de rencontre entre terre et mer : l\u2019estran \u00bb (p. 197). Chez les psychotiques, l\u2019estran est mince, \u00e9troit, abrupt, friable et dangereux comme l\u2019aplomb et le rebord d\u2019une falaise. Chez le pervers il est g\u00e9om\u00e9trique, b\u00e9tonn\u00e9, net et massif comme une digue. Dans les \u00e9tats limites, il est large, \u00e9tal\u00e9 comme une plage. Le clivage est poreux. Le clivage structurel est engendr\u00e9 par un d\u00e9faut de constitution du pare-excitation du sujet et une carence des processus de symbolisation. Sur le plan \u00e9conomique, le clivage peut \u00eatre stable si la carence narcissique est obstru\u00e9e par un objet ou par une proth\u00e8se. Le clivage peut-\u00eatre expos\u00e9 si les obturations disparaissent. G. Bayle d\u00e9crit les clivages structurels en fonction des pathologies.<br><br><strong>Clivage et psychose<\/strong><br>Les clivages ouvrant au monde de la psychose \u00ab sont induits par une abolition symbolique mise en jeu et incestuellement investie, portant sur certains signifiants capables de d\u00e9truire l\u2019ordre symbolique dans son ensemble \u00bb. Ils constituent la carence narcissique qui est combl\u00e9e par les rebuts des objets transmetteurs. L\u2019\u00e9nergie du \u00c7a du sujet alimente ces d\u00e9bris : le d\u00e9lire. Pour prot\u00e9ger ses objets le psychotique doit porter toutes les haines dont la sienne.<br><strong><br>Clivage et perversion<\/strong><br>Les clivages sont induits par une abolition symbolique. Ils isolent la carence narcissique de d\u00e9part du reste du moi afin de lutter contre l\u2019extension de cette abolition symbolique. Les pervers alimen-tent leurs propres carences narcissiques \u00e0 partir des pro-ductions psychiques d\u2019objets interchangeables, sur lesquels ils projettent leur haine. La haine maintient la diff\u00e9rence sujet-objet. Les pervers r\u00e9duisent les objets \u00e0 un r\u00f4le d\u2019ustensile ou de d\u00e9chet quand ils ne leur servent plus \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Clivage et d\u00e9sorganisation somatique<\/strong><br>Le contenu de la carence narcissique est pauvre ou vide. Leur Moi est \u00e9galement pauvre comme le recours au refoulement est rare. C\u2019est le corps qui re\u00e7oit l\u2019impact de la pulsion de mort et la maladie comble la carence narcissique des objets.<br><br><strong>Clivage et \u00e9tats-limites&nbsp;<\/strong><br>Les clivages sont induits par les d\u00e9nis de l\u2019entourage, faits de rejets et de d\u00e9saveux portant sur des absences ou des pr\u00e9sences intol\u00e9rables dans une r\u00e9alit\u00e9 bien symbolis\u00e9e. Les d\u00e9nis constituent la carence narcissique de d\u00e9part qui est combl\u00e9e par une recherche de compl\u00e9tude du sujet, l\u2019ouvrant \u00e0 des destins multiples. Les clivages prot\u00e8gent de la desubjec-tivation qui induit la carence narcissique et permettent le d\u00e9ploiement d\u2019une aire transition-nelle qui relance une reprise de la conflictualit\u00e9 \u0153dipienne.<br><br><strong>En conclusion&nbsp;<\/strong><br>G. Bayle insiste \u00e0 plusieurs reprises dans son livre sur les indices qui peuvent nous faire soup\u00e7onner un clivage, d\u2019autant plus que le clivage infiltre les formes du refoulement. La souffrance identitaire se masque derri\u00e8re la souffrance n\u00e9vrotique qui l\u2019abrite. C\u2019est la r\u00e9sistance au changement, la n\u00e9cessit\u00e9 des attachements qui doit faire soup\u00e7onner que le refoulement sert aussi \u00e0 maintenir un clivage. G. Bayle partage l\u2019avis de B. Rosenberg qui d\u00e9clarait lors d\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 ETAP en 1998 que le psychodrame \u00e9tait le meilleur outil pour traiter le clivage dans les psychoses. On peut aller un peu loin en \u00e9non\u00e7ant que le psychodrame est l\u2019outil sp\u00e9cifique pour traiter les clivages dans toutes les pathologies, narcissiques, psychotiques ou \u00e9tats limites. L\u2019ambition de l\u2019analyste n\u2019est pas de supprimer les clivages mais de les am\u00e9nager pour relancer la croissance psychique.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12756?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[1950],"mode":[61],"revue":[329],"auteur_livre":[2193],"class_list":["post-12756","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-isaac-salem","mode-gratuit","revue-329","auteur_livre-gerard-bayle"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12756","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12756"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12756"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12756"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12756"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12756"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12756"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"https:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12756"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}