{"id":9977,"date":"2021-08-22T07:31:04","date_gmt":"2021-08-22T05:31:04","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/nos-enfants-sous-haute-surveillance-2\/"},"modified":"2021-10-04T20:46:59","modified_gmt":"2021-10-04T18:46:59","slug":"nos-enfants-sous-haute-surveillance","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/nos-enfants-sous-haute-surveillance\/","title":{"rendered":"Nos enfants sous haute surveillance"},"content":{"rendered":"\n<p>La r\u00e9silience du sujet aveugle diff\u00e8re selon l\u2019individu. Il faut donc \u00e9galement tenir compte des ressources acquises par la personne d\u00e9ficiente visuelle (DV) soumise \u00e0 un d\u00e9terminisme qui \u00ab&nbsp;dirige tout pour elle&nbsp;\u00bb. Leur r\u00e9silience consiste \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 ce syst\u00e8me parfois invalidant voire traumatisant. Concernant ce handicap, il s\u2019agit de la perte d\u2019un sens, d\u2019une fonction li\u00e9e \u00e0 un organe \u00ab&nbsp;\u0153il&nbsp;\u00bb qui attribue un statut identitaire et social \u00e0 un sujet valide, consid\u00e9r\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 \u00ab&nbsp;l\u2019\u0153il, le regard et le phallus sont ma\u00eetre&nbsp;\u00bb. Un sentiment d\u2019humiliation et de honte, d\u2019an\u00e9antissement de soi est v\u00e9cu. Par cons\u00e9quent, la personne nouvellement aveugle doit se reconstruire une nouvelle existence suite \u00e0 cette castration. Son statut et son image sociale ont chang\u00e9, aux yeux des autres et du syst\u00e8me. A ce niveau, tout se joue dans les interactions pr\u00e9coces parentenfant. Mais pour celui ayant \u00e9volu\u00e9 en milieu sp\u00e9cialis\u00e9, d\u00e9pourvu d\u2019un parent bienveillant, confront\u00e9 \u00e0 un v\u00e9cu lacunaire traumatique, il va devoir tout reconstruire en d\u00e9veloppant des comp\u00e9tences nouvelles afin d\u2019affronter des situations traumatisantes, les d\u00e9passer et tout recommencer, la vue en moins. Ces exp\u00e9riences dont il doit faire le deuil lui permettront de rebondir pour d\u00e9passer les nouvelles situations.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le d\u00e9ficient visuel, peut trouver ses propres options pour aller de l\u2019avant, certes, avec plus de difficult\u00e9s. Dans ce sens la dynamique s\u2019effectuera selon le stade d\u2019acceptation du handicap. Cependant, le d\u00e9ni institutionnel face \u00e0 la maladie et la souffrance du sujet qui en d\u00e9coule, cr\u00e9e une dimension traumatique et humiliante pour la personne qui n\u2019est pas prise en compte, pas \u00e9cout\u00e9e ni entendue. Le discours et la posture institutionnels sont inconsciemment retransmis \u00e0 la personne aveugle qui l\u2019int\u00e8gre dans son psychisme. L\u00e0 peut s\u2019\u00e9laborer une analogie du discours maternel transmis \u00e0 l\u2019enfant. Au nom d\u2019une autonomie et d\u2019une int\u00e9gration, selon les milieux sp\u00e9cialis\u00e9s, il doit s\u2019adapter tel qu\u2019il est, aujourd\u2019hui, \u00ab&nbsp;se fondre dans le moule&nbsp;\u00bb. Comment s\u2019en sortir alors&nbsp;? \u00ab&nbsp;Rebondir&nbsp;\u00bb, et se \u00ab&nbsp;reconstruire&nbsp;\u00bb est possible gr\u00e2ce \u00e0 un mouvement pulsionnel libidinal pr\u00e9coce qui \u00e9merge alors. Une dynamique renarcissisante pour une nouvelle estime de soi brisant le lien de d\u00e9pendance morbide se cr\u00e9e. Des prises en charge lui sont propos\u00e9es. L\u2019aide et l\u2019accompagnement d\u2019un animal th\u00e9rapeute comme le chien guide, est un autre facteur.<br>Le <em>Labrador<\/em>, le <em>Golden Retriver<\/em> et le <em>Flatcot<\/em> pr\u00e9tendent au titre de chien-guide. Ils doivent pr\u00e9senter certaines caract\u00e9ristiques&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Caract\u00e8re pacifique car il accompagne son ma\u00eetre dans tous lieux publics et favorise le lien social.<\/li><li>Capacit\u00e9 d\u2019adaptation rapide \u00e0 diff\u00e9rentes situations, g\u00e9ographique et socioculturelle.<\/li><li>Il adopte aussi plusieurs rythmes de marches, \u00e0 la demande.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il est sevr\u00e9 d\u00e8s les 5 \u00e0 8 semaines. Sa castration s\u2019effectue vers les 9 mois (d\u00e8s qu\u2019il l\u00e8ve la patte). A 2 mois et demi, l\u2019animal est plac\u00e9 en famille d\u2019accueil jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019un an. L\u00e0, il retourne \u00e0 l\u2019\u00e9cole o\u00f9 il suivra 6 mois de dressage. Il s\u2019effectue selon la m\u00e9thode de Skiner. Contrairement aux chiens de Pavlov, l\u2019animal n\u2019est pas soumis au conditionnement. Skiner tient compte des pr\u00e9dispositions du chien qui \u00e9met des capacit\u00e9s, des signes dont on va se servir pour le dressage et la d\u00e9finition de sa personnalit\u00e9. Sa formation, le lien de d\u00e9pendance et d\u2019attachement tiennent \u00e0 une fonction nutritionnelle et de jeux. Il est, donc, important qu\u2019une fois remis, seul le ma\u00eetre se charge de le nourrir. Tout comme une \u00ab&nbsp;bonne m\u00e8re&nbsp;\u00bb avec son enfant, le ma\u00eetre se soucie de la qualit\u00e9 des soins qu\u2019il procure \u00e0 son chien. Il s\u2019agit aussi bien des soins nourriciers et v\u00e9t\u00e9rinaires, que ceux relatifs \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique et la qualit\u00e9 de l\u2019entretien de la robe de l\u2019animal. De m\u00eame, les interactions ne doivent pas se limiter \u00e0 celle d\u2019un travail de guidage. La dimension affective est \u00e9galement primordiale. C\u00e2lins et caresses s\u2019associent aux moments de jeux et s\u2019\u00e9changent apr\u00e8s le travail du chien. Celles que le ma\u00eetre donne \u00e0 son guide au cours de son exercice, ont une valeur de f\u00e9licitation, de r\u00e9compenses ou d\u2019encouragement et de stimulation.<\/p>\n\n\n\n<p>En famille d\u2019accueil, il acquiert les premiers ordres directionnels et d\u2019ob\u00e9issance, les bases de socialisation&nbsp;: il apprend le caniveau, \u00e0 se tenir en public. C\u2019est une forme de surmoi qui s\u2019impose \u00e0 lui. Au cours de cette p\u00e9riode, s\u2019effacent les instincts olfactifs et autres de l\u2019animal. \u00c0 18 mois, il est remis \u00e0 l\u2019aveugle. Un stage de 15 jours \u00e0 l\u2019\u00e9cole est pr\u00e9vu pour que le nouveau couple apprenne \u00e0 se conna\u00eetre, et que naisse la relation. Apr\u00e8s quelques mois d\u2019adaptation entre les deux, ils se comprennent mutuellement. Le lien affectif est important. La charge libidinale investie par le sujet envers son \u00ab&nbsp;ami&nbsp;\u00bb intervient dans la mise en place des interactions. L\u2019attachement envers le ma\u00eetre est instinctif. Si l\u2019aveugle lui renvoie des sentiments et une attitude qui ne lui convient pas, la relation ne pourra s\u2019\u00e9tablir, le travail du chien s\u2019en ressentira. De m\u00eame, la personne aveugle sait ce qui est bon pour son chien, le comprend \u00e0 travers ses attitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le chien, c\u2019est un transfert de ma\u00eetre qui s\u2019effectue puisque l\u2019\u00e9ducateur en constitue le premier pour lui. C\u2019est le deuil d\u2019une premi\u00e8re relation qui s\u2019\u00e9labore pour l\u2019animal. Si la personne est plus \u00e0 l\u2019aise avec ce compagnon de route, si celui-ci constitue un confort, une d\u00e9tente, il convient de souligner la part stressante inflig\u00e9 \u00e0 l\u2019animal au cours de ses ann\u00e9es de travail. Ainsi sont organis\u00e9s des moments de d\u00e9tente o\u00f9 les chiens sont l\u00e2ch\u00e9s dans la nature, retrouvent les comportements naturels, leur instincts et ne guident plus. En quelque sorte, ils sont d\u00e9charg\u00e9s de leur surmoi. N\u00e9anmoins, l\u2019animal comprend, de lui-m\u00eame qu\u2019il a une mission et veille constamment sur son ma\u00eetre du regard. Cela permet au couple, de se relaxer, de l\u00e2cher la tension et d\u2019\u00eatre mutuellement disponible.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce facteur psychique intervient dans le processus de reconstruction mo\u00efque et narcissique. L\u2019aide qu\u2019il procure \u00e0 son ami joue un r\u00f4le important. A ce niveau, il va l\u2019aider \u00e0 g\u00e9rer ses mouvements pulsionnels. En outre, il convient de souligner le stress li\u00e9 \u00e0 la tension nerveuse qui se manifeste chez le non-voyant en d\u00e9placement. Le chien a en effet un r\u00f4le de catalyseur d\u2019angoisse et de stress. Caresser un animal, diminue l\u2019angoisse. Il agit surtout lors des d\u00e9placements, au cours desquels il pr\u00eate ses yeux \u00e0 son ma\u00eetre. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, l\u2019aveugle va se sentir libre comme avant, dans ses d\u00e9placements.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019attitude saccad\u00e9e qui appara\u00eet dans la d\u00e9marche de l\u2019aveugle avec sa canne, n\u2019existe plus avec le chien. Il permet de retrouver un bien-\u00eatre, la d\u00e9marche ais\u00e9e d\u2019un valide. C\u2019est pourquoi, le chien donne une autre image au handicap. Pour beaucoup, il permet de le gommer. Certains se sentent \u00ab&nbsp;humili\u00e9s&nbsp;\u00bb avec une canne. Elle attire le regard de l\u2019autre et \u00ab&nbsp;perce&nbsp;\u00bb la limite visuelle existant entre voyant et non-voyant. L\u2019aspect intrusif de la vue est accentu\u00e9 et prend une valeur agressive. Dans ce sens, l\u2019outil canne blanche marque le handicap et souligne la diff\u00e9rence. Ici s\u2019\u00e9labore le complexe de phallus. L\u00e0 o\u00f9 la canne blanche figera la personne dans le handicap \u00e0 travers le regard du voyant et des repr\u00e9sentations sociales, le chien-guide, lui apporte un aspect renarcissisant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce guide, ce confident, cet animal qui \u00ab&nbsp;embellit&nbsp;\u00bb l\u2019aveugle et son handicap l\u2019aide \u00e0 faire sa place dans ce monde o\u00f9 r\u00e8gnent les voyants. Il fait tomber les barri\u00e8res qui s\u00e9parent les deux mondes favorisant ainsi la communication. Il renvoie donc \u00e0 plusieurs fonctions outre le guidage, il participe \u00e0 la \u00ab&nbsp;reconstruction narcissique et psychique de celui-ci et lui procure un bien \u00eatre. Son r\u00f4le d\u2019 \u00ab&nbsp;accompagnant&nbsp;\u00bb est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un sentiment de fiert\u00e9 et une force pour la personne d\u00e9ficiente visuelle. Le chien l\u2019aide \u00e0 canaliser ses angoisses et ses pulsions agressives, lui permettant ainsi de d\u00e9passer ce qui s\u2019impose \u00e0 elle. Il est un r\u00e9el facteur constitutif du lien social.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u00e0, libre au sujet d\u2019aller de l\u2019avant, de \u00ab&nbsp;rebondir&nbsp;\u00bb et d\u2019int\u00e9grer le syst\u00e8me social. Inscrit dans une nouvelle dynamique et une prise de conscience de comp\u00e9tences insoup\u00e7onn\u00e9es, il pourra agir et avancer \u00e0 sa guise. Aujourd\u2019hui d\u2019autres facteurs externes interviennent dans sa reconstruction. Dot\u00e9e de ses nouvelles capacit\u00e9s et richesses, il peut continuer \u00e0 vivre avec son handicap malgr\u00e9 sa c\u00e9cit\u00e9. Un processus th\u00e9rapeutique, ainsi que la compagnie d\u2019un chien guide, procure \u00e0 l\u2019aveugle une nouvelle estime de soi, un regain narcissique et, des nouvelles comp\u00e9tences lui permettant de se projeter vers l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chien repr\u00e9sente le bonheur inconditionnel, il redonne le go\u00fbt de vivre et de rebondir malgr\u00e9 le v\u00e9cu relatif au handicap r\u00e9cent. G. atteint d\u2019un syndrome de Uscher a fait une demande pour obtenir un chien dont il attend tout&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le chien pour moi, c\u2019est ma derni\u00e8re chance de survie&nbsp;\u00bb. Sa maladie est encore mal connue, il est d\u00e9ficient visuel depuis 12 ans et pr\u00e9sente des signes de perte d\u2019audition. Ces deux handicaps r\u00e9unis provoquent des troubles de l\u2019\u00e9quilibre. Son chien-guide lui a \u00e9t\u00e9 remis r\u00e9cemment, une relation s\u2019est tr\u00e8s vite \u00e9tablie. Son chien sent la chute de son ma\u00eetre se produire et prend, imm\u00e9diatement, une position pour faire contre poids et emp\u00eacher G. de tomber. G. est transform\u00e9, souriant, plus s\u00fbr dans ses d\u00e9placements, gr\u00e2ce \u00e0 son compagnon. Il n\u2019a plus peur de sortir bien au contraire. Sa vie a chang\u00e9. Cela illustre combien l\u2019animal permet au sujet de se projeter dans un avenir. Il est le porteur d\u2019un dynamisme constructif pour aller de l\u2019avant et donner un sens \u00e0 la vie. Il permet de d\u00e9passer le handicap, de le positiver et d\u2019en tirer des comp\u00e9tences.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue narcissique, le chien peut parfois repr\u00e9senter un substitut d\u2019enfant ou une partie de soi. Rolland a 35 ans, issu des foyers de la DDASS, il n\u2019a pas d\u2019autre famille que lui, son chien. En plus de ce que lui procure son chien sur le plan locomoteur, son compagnon repr\u00e9sente son enfant. La relation qu\u2019ils ont \u00e9tablie, peut \u00eatre rapproch\u00e9e de l\u2019attachement propre \u00e0 la dyade m\u00e8re-enfant. Rolland d\u00e9clare qu\u2019il \u00ab&nbsp;ne serait rien sans son compagnon \u00e0 quatre pattes&nbsp;\u00bb Il passe avant tout \u00ab&nbsp;mon chien, c\u2019est moi, c\u2019est ma famille, c\u2019est tout ce que j\u2019ai&nbsp;\u00bb d\u00e9clare Rolland. L\u2019animal est le reflet de l\u2019apparence physique de la personne qu\u2019il guide. C\u2019est pourquoi, l\u2019attribution d\u2019un chien-guide est li\u00e9e, \u00e0 la fois, \u00e0 l\u2019aspect physique, au caract\u00e8re et la personnalit\u00e9 du futur ma\u00eetre. Un rapport d\u2019\u00e9quilibre est pris en consid\u00e9ration entre les deux composantes du couple.<br>C. a maintenant son deuxi\u00e8me chien. Lorsque le premier est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, elle a fait une d\u00e9pression. C. a eu \u00ab&nbsp;le sentiment de perdre la vue une deuxi\u00e8me fois, d\u2019avoir perdu une partie de son corps&nbsp;\u00bb. Son cycle menstruel a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9 suite \u00e0 la perte de sa chienne. La relation existant entre un aveugle et son guide est symbiotique. Chacun sent respectivement les changements d\u2019attitudes, rep\u00e8re les dysfonctionements. Le chien guide est un maillon constitutif de l\u2019\u00e9volution de la personne d\u00e9ficiente visuelle. De plus, la relation qui s\u2019\u00e9tablit entre les deux est proche de la dyade m\u00e8re-enfant. Le chien est l\u2019\u0153il de l\u2019aveugle. Dans ce sens, il constitue un prolongement narcissique. Ce mouvement de projection visuelle est \u00e0 double sens, de l\u2019aveugle vers le voyant, dans un mouvement identificatoire gr\u00e2ce un lien relationnel favoris\u00e9 par le chien, d\u2019une part, et le voyant qui exerce un effet de miroir, et une fonction intrusive sur l\u2019aveugle, \u00e0 travers la relation du couple ma\u00eetre-chien, d\u2019autre part.<br>Le chien-guide a ici son r\u00f4le \u00e0 jouer. Gr\u00e2ce \u00e0 son apparence de peluche, il va r\u00e9veiller un aspect r\u00e9gressif et animal pr\u00e9sent chez chacun et bien souvent refoul\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, l\u2019impression d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 que suscite le handicap ainsi que toutes les repr\u00e9sentations sociales li\u00e9es \u00e0 la c\u00e9cit\u00e9, seront \u00e9cart\u00e9es. Le chien peluche, favorise le lien social. Il est bien souvent \u00e0 l\u2019origine de relation entre valide et non-voyant. L\u00e0 o\u00f9 la canne repousse les \u00ab&nbsp;autres&nbsp;\u00bb, le chien les rassemble. Les gens flatteront l\u2019aveugle \u00ab&nbsp;votre chien est beau&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;vous avez un beau chien&nbsp;\u00bb, pour introduire une discussion ou une relation alors qu\u2019ils proposeront plut\u00f4t de l\u2019aide \u00e0 un d\u00e9ficient visuel avec sa canne. Gr\u00e2ce au chien, il gagne une forme de dignit\u00e9, il est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9gal de l\u2019autre. La canne met l\u2019aveugle en position de victime, face aux voyants qui se sentant \u00e9trangers adoptent alors le r\u00f4le de pers\u00e9cuteur, ou de sauveur. Le chien embellit, ou gomme le handicap, en tout cas, il change l\u2019image p\u00e9jorative trop longtemps attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019aveugle.<br>En ce qui concerne l\u2019insertion sociale, l\u2019animal va donc ouvrir des portes \u00e0 l\u2019aveugle \u00e9voluant dans un milieu inconnu. Plus relax\u00e9, moins anxieux, l\u2019aveugle va pouvoir faire sa place dans la soci\u00e9t\u00e9, plus facilement. Il acqui\u00e8re une nouvelle estime de soi, reprend confiance, se renarcissise. Souvent, la personne s\u2019investit dans un projet de vie. Une double dynamique s\u2019op\u00e8re&nbsp;: ma\u00eetre et chien participent de leur r\u00e9silience respective. Pourtant, l\u2019heure de la retraite du chien se profile. Comment penser un nouvel abandon&nbsp;? Comment l\u2019\u00e9laborer&nbsp;? Ce douloureux passage ne renvoit-il pas \u00e0 un abandon pr\u00e9coce&nbsp;?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9977?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9silience du sujet aveugle diff\u00e8re selon l\u2019individu. 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