{"id":9963,"date":"2021-08-22T07:31:01","date_gmt":"2021-08-22T05:31:01","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-psychiatrie-du-sujet-age-mythe-ou-realite-2\/"},"modified":"2021-09-19T21:24:04","modified_gmt":"2021-09-19T19:24:04","slug":"la-psychiatrie-du-sujet-age-mythe-ou-realite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-psychiatrie-du-sujet-age-mythe-ou-realite\/","title":{"rendered":"La psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9 : mythe ou r\u00e9alit\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"\n<p>La psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9, est-ce un mythe ou une r\u00e9alit\u00e9&nbsp;? Mon propos peut sembler volontiers provocateur, et bien, pourquoi pas&nbsp;? Je souhaite porter un \u00e9clairage de psychiatre, clinicien de terrain, \u00e0 cette question. Tout d\u2019abord, il faut tordre le cou au d\u00e9fi s\u00e9mantique de la d\u00e9finition de cette psychiatrie si particuli\u00e8re qui s\u2019occupe de nos a\u00een\u00e9s. Car celle-ci n\u2019a pas toujours exist\u00e9, et peine encore \u00e0 trouver son nom, sa d\u00e9finition, ses champs d\u2019action, sa voie. Ses d\u00e9fenseurs sont aussi nombreux que ses d\u00e9tracteurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu d\u2019histoire et quelques chiffres<\/h2>\n\n\n\n<p>Une donn\u00e9e de r\u00e9alit\u00e9 est celle-ci&nbsp;: on assiste \u00e0 une explosion d\u00e9mographique de la population \u00e2g\u00e9e, et ce depuis la fin des ann\u00e9es 1960, en Europe et ailleurs, la population mondiale compte plus de 800 millions de personnes de plus de 65 ans, et les projections indiquent un chiffre de 2 billions en 2050. En France, en 2030, 28% de la population aura plus de 65 ans et accompagnera presque 150 000 centenaires. L\u2019esp\u00e9rance de vie sera bient\u00f4t de 95 ans pour les hommes et de 100 ans pour les femmes. Notre soci\u00e9t\u00e9 a du reconsid\u00e9rer son offre de soin, en terme de pr\u00e9vention et de traitements curatifs, dans tous les domaines de la sant\u00e9. La sant\u00e9 mentale est apparue comme une composante majeure de la sant\u00e9 globale des personnes \u00e2g\u00e9es. Mais bien avant cette pr\u00e9occupation de sant\u00e9 publique, la vieillesse int\u00e9ressait d\u00e9j\u00e0 les ali\u00e9nistes du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Pinel publie en 1804, dans <em>La M\u00e9decine Clinique<\/em>, un chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude des patients \u00e2g\u00e9s de l\u2019Hospice de la Salp\u00eatri\u00e8re et Charcot, en 1874, donne ses <em>Le\u00e7ons cliniques sur les maladies des vieillards et les maladies chroniques<\/em><sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, Bonnaf\u00e9 insiste sur la place du psychiatre dans une institution soignante pour personnes \u00e2g\u00e9es, Baruk essaye d\u2019organiser une unit\u00e9 de g\u00e9rontopsychiatrie \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Saint-Maurice, Daum\u00e9zon publie un travail sur les \u00ab&nbsp;\u00e9tats r\u00e9gressifs aigus chez les vieillards&nbsp;\u00bb, Dedieu-Anglade \u00e9crit sa th\u00e8se sur les \u00ab&nbsp;n\u00e9vroses d\u2019involution&nbsp;\u00bb<sup>2<\/sup>. Parall\u00e8lement, le concept de d\u00e9mence \u00e9volue. Pinel parlera de la d\u00e9mence comme d\u2019une \u00ab&nbsp;esp\u00e8ce distincte&nbsp;\u00bb d\u2019ali\u00e9nation mentale<sup>3<\/sup>. La d\u00e9mence va ensuite faire l\u2019objet d\u2019\u00e9tude dans le champ de la neurologie et finalement s\u2019\u00e9loigner de l\u2019int\u00e9r\u00eat des psychiatres. La situation change apr\u00e8s la seconde guerre mondiale avec la prise de conscience du vieillissement d\u00e9mographique<sup>4<\/sup>. En 1962 en France, la commission Laroque \u00e9labore les principes d\u2019une politique de sant\u00e9 et d\u2019int\u00e9gration sociale pour personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, une m\u00e9decine de la personne \u00e2g\u00e9e, la g\u00e9riatrie, s\u2019individualise, puis l\u2019offre de soins psychiatrique \u00e9volue \u00e9galement, contribuant \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9. A l\u2019instar de la psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent, il est apparu qu\u2019il existait des sp\u00e9cificit\u00e9s de clinique, de psychopathologie, d\u2019\u00e9tiopathog\u00e9nie, et par la suite, de prise en charge, de traitement et d\u2019\u00e9volution, li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge. Fin 1970, la section de psychiatrie de l\u2019\u00e2g\u00e9 est cr\u00e9\u00e9e au sein de l\u2019<em>Association mondiale de psychiatrie<\/em>, en collaboration avec la division de sant\u00e9 mentale de l\u2019<em>Organisation Mondiale de la Sant\u00e9<\/em>, et \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s savantes voient le jour, dont la <em>Soci\u00e9t\u00e9 de psychog\u00e9riatrie de langue fran\u00e7aise<\/em><sup>5<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019organisation des soins et la formation<\/h2>\n\n\n\n<p>En France, l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d\u2019offre de soins, de prise en charge, de formation et d\u2019exercice sont la r\u00e8gle. Quelques services ou p\u00f4les de psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9 se sont implant\u00e9s au sein des secteurs psychiatriques, des h\u00f4pitaux g\u00e9n\u00e9raux ou g\u00e9riatriques, d\u2019institutions priv\u00e9es, mais ces initiatives sont r\u00e9parties de fa\u00e7on in\u00e9gale et aucune directive actuelle n\u2019encadre ces diverses pratiques. De fa\u00e7on plus ind\u00e9pendante, des consultations sp\u00e9cialis\u00e9es, des \u00e9quipes mobiles et h\u00f4pitaux de jour psychog\u00e9riatriques ont vu le jour. Les consultations-m\u00e9moire locales et les \u00ab&nbsp;centres m\u00e9moire de recherche et de ressource&nbsp;\u00bb ou CM2R proposent des bilans des fonctions cognitives. Le dispositif g\u00e9riatrique participe \u00e9galement \u00e0 ces prises en charge. C\u2019est surtout autour de la prise en charge de la d\u00e9mence qu\u2019une organisation sp\u00e9cifique des soins a \u00e9t\u00e9 promue<sup>6<\/sup>. La psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9 n\u2019est pas encore reconnue en France comme une sous-sp\u00e9cialit\u00e9 de notre discipline, d\u00e8s lors, la formation acad\u00e9mique, initiale et post-gradu\u00e9e, n\u2019est pas unifi\u00e9e ni harmonis\u00e9e comme il se devrait. Or, on le voit, l\u2019heure n\u2019est plus \u00e0 discuter de sa l\u00e9gitimit\u00e9 comme une sous-sp\u00e9cialit\u00e9 n\u00e9cessaire et \u00e0 part enti\u00e8re, mais bien de prendre acte de son existence et de mettre en \u0153uvre son d\u00e9veloppement sur les plans du soin, de l\u2019enseignement et de la recherche. Les aspects de stigmatisation et les enjeux \u00e9thiques devraient \u00eatre une priorit\u00e9<sup>7<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La psychiatrie et le vieillissement<\/h2>\n\n\n\n<p>Je parlais de s\u00e9mantique tout \u00e0 l\u2019heure, le nom de cette psychiatrie sp\u00e9cifique a chemin\u00e9&nbsp;: psychog\u00e9riatrie, g\u00e9rontopsychiatrie, psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9, psychiatrie du vieillissement\u2026 Le probl\u00e8me de la d\u00e9nomination n\u2019est pas totalement r\u00e9solu car chacun donne \u00e0 ces diff\u00e9rents termes des attributions et des sens diff\u00e9rents. Un bref rappel des diff\u00e9rentes d\u00e9finitions en donne un premier aper\u00e7u.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La psychog\u00e9riatrie<\/em>&nbsp;: elle repr\u00e9sente l\u2019approche clinique des troubles psychiques d\u2019un point de vue g\u00e9riatrique, elle est donc plus li\u00e9e au champ de la maladie d\u00e9mentielle. Elle est \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec la neurog\u00e9riatrie, la cardiog\u00e9riatrie, l\u2019oncog\u00e9riatrie, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La g\u00e9rontopsychiatrie<\/em>&nbsp;: elle d\u00e9signe une psychiatrie centr\u00e9e sur les pathologies mentales de la personne \u00e2g\u00e9e et inclut une dimension psychopathologique en privil\u00e9giant implicitement une approche psychodynamique. Elle est \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec la p\u00e9do-psychiatrie<sup>8<\/sup>. Mais c\u2019est finalement autour de la traduction du terme anglo-saxon <em>old age psychiatry<\/em> que le consensus le plus acceptable a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9&nbsp;: la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9 (\u00e0 l\u2019instar de la psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent). Ce qui chemine \u00e9galement, c\u2019est la notion de vieillissement. J\u2019aime \u00e0 penser que la vieillesse est le seul moyen que la vie ait invent\u00e9 pour ne pas mourir jeune. Cette boutade avanc\u00e9e, on doit reconna\u00eetre que l\u2019effet du temps sur nous se d\u00e9veloppe d\u00e8s notre naissance, de fa\u00e7on discontinue, irr\u00e9guli\u00e8re et in\u00e9gale, comme une n\u00e9ot\u00e9nie qui viendrait remanier notre patrimoine individuel. Un chercheur en g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire, Miroslav Radman, s\u2019est mis en t\u00eate de percer le secret de l\u2019immortalit\u00e9. A la base de ses recherches, une bact\u00e9rie qui ne meurt jamais car elle arrive \u00e0 s\u2019auto-r\u00e9parer, \u00e0 s\u2019auto-ressusciter. Il affirme pouvoir prolonger la vie humaine, en bonne sant\u00e9, en cr\u00e9ant une sorte de vaccin qui nous pr\u00e9munirait du vieillissement et des maladies\u2026Un grain de sable qui viendra ralentir, sinon arr\u00eater le tic-tac de notre horloge biologique<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation de la vieillesse dans notre monde contemporain est complexe. D\u2019une part, on cherche \u00e0 obtenir un label du \u00ab&nbsp;bien vieillir&nbsp;\u00bb, et les progr\u00e8s de la m\u00e9decine nous aident \u00e0 \u00e9loigner la mort&nbsp;; d\u2019autre part, on ne sait plus que faire de ces vieux qui cumulent les handicaps et les d\u00e9ficits, les efforts th\u00e9rapeutiques \u00e9tant souvent vains et co\u00fbteux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors, \u00e0 quel \u00e2ge devient-on vieux&nbsp;? L\u2019<em>Organisation Mondiale de la Sant\u00e9<\/em> a fix\u00e9 une certaine chronologie et un statut, elle d\u00e9finit le vieillissement comme un \u00ab&nbsp;processus, lent et progressif, qui modifie la structure et le fonctionnement de l\u2019organisme \u00e0 partir de l\u2019\u00e2ge m\u00fbr et qui doit \u00eatre distingu\u00e9 des manifestations des maladies&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e2ge m\u00fbr, c\u2019est entre 30 et 40 ans et la vieillesse, c\u2019est \u00e0 65 ans. C\u2019est l\u2019OMS qui le dit. La SNCF et sa carte \u00ab&nbsp;Senior&nbsp;\u00bb est plus pr\u00e9venante, car c\u2019est \u00e0 60 ans qu\u2019elle fixe la barre\u2026Je vais en rassurer plus d\u2019un (quoique&nbsp;?), c\u2019est \u00e0 75 ans que les probl\u00e8mes commencent\u2026 et qu\u2019apparaissent la d\u00e9ficience puis l\u2019incapacit\u00e9 et enfin le handicap. La vieillesse deviendrait alors synonyme de d\u00e9pendance et les personnes \u00ab&nbsp;\u00e2g\u00e9es&nbsp;\u00bb seraient toutes en \u00e9tat d\u2019incapacit\u00e9. Que faire des 40% de nonag\u00e9naires autonomes physiquement et psychiquement, ils ne sont donc pas des vieilles personnes&nbsp;? Effectivement, il est une r\u00e9alit\u00e9 biologique que l\u2019\u00e2ge est un facteur de risque de (certaines) maladies et de (certains) handicaps. D\u2019un sens tant mieux, car il est bon signe pour une soci\u00e9t\u00e9 que les maladies et les handicaps touchent moins les enfants et ne concernant la majorit\u00e9 des adultes que tr\u00e8s tardivement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les champs de comp\u00e9tences<\/h2>\n\n\n\n<p>Le psychiatre de la personne \u00e2g\u00e9e a donc un r\u00f4le \u00e0 jouer, voire des missions et un positionnement \u00e0 adopter. A mon sens on peut d\u00e9crire deux champs d\u2019action et de comp\u00e9tences, au sein desquels l\u2019expertise d\u2019un savoir-faire et d\u2019une savoir-\u00eatre psychiatrique sont n\u00e9cessaires. Ce sont les pathologies psychiatriques qui \u00e9voluent avec l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge et celles qui apparaissent tardivement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pathologies psychiatriques qui \u00e9voluent avec l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce sont ces patients dont les troubles ont d\u00e9but\u00e9 durant l\u2019enfance, l\u2019adolescence ou \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et dont l\u2019\u00e9volution, au prisme du vieillissement, n\u00e9cessite la poursuite des soins. Les malades vieillissent avec leur maladie, et celle-ci se teinte d\u2019une \u00ab&nbsp;patine&nbsp;\u00bb particuli\u00e8re qu\u2019il est indispensable d\u2019envisager de fa\u00e7on sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Classiquement, les troubles d\u00e9pressifs ont tendance \u00e0 se chroniciser, l\u2019intervalle s\u00e9parant les \u00e9pisodes se r\u00e9duit, la dur\u00e9e des \u00e9pisodes s\u2019allonge, les r\u00e9missions sont moins compl\u00e8tes. Les \u00e9pisodes maniaques se rar\u00e9fient et s\u2019espacent, les sympt\u00f4mes s\u2019att\u00e9nuent<sup>10<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les troubles de la personnalit\u00e9 ont tendance \u00e0 s\u2019accentuer avec l\u2019\u00e2ge. La vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu\u2019ils entra\u00eenent met \u00e0 mal les capacit\u00e9s d\u2019adaptation n\u00e9cessaires \u00e0 mobiliser lors des changements et remaniements narcissiques li\u00e9s au vieillissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les patients psychotiques, l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge est pourvoyeuse d\u2019une modification sur un versant d\u00e9ficitaire, avec majoration des sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs, du retrait, de l\u2019apragmatisme, qui peut alors prendre la forme d\u2019une apathie caract\u00e9ris\u00e9e, qu\u2019il est parfois difficile de diff\u00e9rencier d\u2019une entr\u00e9e dans la d\u00e9mence<sup>11<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont pour eux que les parcours de vie sont les plus complexes. Souvent isol\u00e9s, \u00e9tay\u00e9s par leurs vieux parents qui viennent t\u00f4t ou tard \u00e0 dispara\u00eetre, ils se retrouvent \u00e0 devoir affronter une nouvelle p\u00e9riode de leur vie, sans rep\u00e8res et avec des capacit\u00e9s d\u2019adaptation qui peuvent \u00eatre mises \u00e0 mal. La perte d\u2019autonomie en est major\u00e9e, et se pose alors la question d\u2019une entr\u00e9e en institution, \u00e0 un \u00e2ge qui n\u2019est pas celui d\u2019une population de maison de retraite. A 60 ou 65 ans, ils se retrouvent confront\u00e9s \u00e0 des r\u00e9sidents qui ont l\u2019\u00e2ge de leurs parents, une g\u00e9n\u00e9ration les s\u00e9pare\u2026 L\u2019accompagnement par des \u00e9quipes soignantes sp\u00e9cifiques est alors primordial.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pathologies psychiatriques qui apparaissent tardivement<\/h2>\n\n\n\n<p>Des sympt\u00f4mes psychiatriques inauguraux peuvent \u00e9merger apr\u00e8s 65 ans, et caract\u00e9riser un trouble psychiatrique d\u2019expression tardive. De tels sympt\u00f4mes peuvent \u00e9galement \u00e9mailler l\u2019\u00e9volution d\u2019une maladie d\u00e9mentielle, ou en repr\u00e9senter les prodromes. Ils peuvent alors s\u2019inscrire comme des manifestations comportementales ou \u00e9motionnelles r\u00e9actionnelles \u00e0 des changements&nbsp;: modification du cadre de vie, \u00e9mergence de troubles cognitifs ou de maladies organiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous l\u2019avons dit, l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge est une p\u00e9riode de la vie caract\u00e9ris\u00e9e par des changements et des remaniements narcissiques, plut\u00f4t dans le registre de la perte et de l\u2019approche de la mort. Le travail psychique qui doit se mettre \u00e0 l\u2019\u0153uvre fait appel \u00e0 la capacit\u00e9 de renoncement, en int\u00e9grant le fait des limites qui s\u2019imposent et des potentialit\u00e9s qui demeurent<sup>12<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019anxi\u00e9t\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est la manifestation psychiatrique la plus fr\u00e9quente chez le sujet \u00e2g\u00e9. Le plus souvent secondaire \u00e0 une affection somatique, elle peut aussi s\u2019organiser en trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, avec des inqui\u00e9tudes hypocondriaques et des sympt\u00f4mes physiques associ\u00e9s. Le trouble panique et le trouble obsessionnel-compulsif sont plus rares<sup>13<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agoraphobie peut prendre une forme atypique, celle de la peur de tomber, que le sujet soit d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9 (syndrome post-chute) ou non, et peut entra\u00eener un confinement progressif \u00e0 domicile puis, comme dans la chanson de Jacques Brel, \u00ab&nbsp;du lit \u00e0 la fen\u00eatre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les troubles hyst\u00e9riques sont marqu\u00e9s par une avidit\u00e9 affective, des plaintes somatiques multiples et des demandes de soins jamais satisfaites ou mises en \u00e9chec, souvent source de rejet de la famille ou des soignants. Les ph\u00e9nom\u00e8nes conversifs sont possibles et peuvent prendre l\u2019allure d\u2019un syndrome d\u00e9mentiel (syndrome de Ganser)<sup>14<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les troubles thymiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tats d\u00e9pressifs tardifs sont fr\u00e9quents chez le sujet \u00e2g\u00e9, leur pr\u00e9valence est tr\u00e8s variable en raison d\u2019une clinique atypique, trompeuse, m\u00e9connue et mal \u00e9valu\u00e9e. Selon les \u00e9tudes, on retrouve une pr\u00e9valence d\u2019\u00e9tats d\u00e9pressifs majeurs de 2 \u00e0 61&nbsp;% et de 20 \u00e0 45% de sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs<sup>12<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les signes classiques peuvent se retrouver&nbsp;: tristesse de l\u2019humeur, ralentissement psychomoteur, anh\u00e9donie, trouble du sommeil, de l\u2019app\u00e9tit et de la libido, fatigue, anergie, sentiment de d\u00e9valorisation, de culpabilit\u00e9, troubles de la concentration, pens\u00e9es de mort, id\u00e9es suicidaires<sup>15<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Des aspects dimensionnels peuvent prendre le devant du tableau&nbsp;: somatique, cognitif, anxieux, caract\u00e9riel, r\u00e9gressif, d\u00e9lirant, ou conatif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sommeil s\u2019alt\u00e8re quasi-physiologiquement, en fragmentant son architecture et en modifiant le rythme veille-sommeil. Les plaintes autour du sommeil sont donc tr\u00e8s fr\u00e9quentes.<\/p>\n\n\n\n<p>La question du suicide est majeure&nbsp;; en effet, le taux de suicide apr\u00e8s 65 ans est le double de celui de la population g\u00e9n\u00e9rale avec un taux de r\u00e9ussite qui augmente avec l\u2019\u00e2ge. En France, un quart des 13000 d\u00e9c\u00e8s annuels par suicide concernent des sujets \u00e2g\u00e9s de plus de 65 ans. Les facteurs associ\u00e9s sont le sexe masculin, l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9, l\u2019existence d\u2019une pathologie invalidante et douloureuse et les atteintes sensorielles<sup>16<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux troubles d\u00e9pressifs, les troubles bipolaires du sujet \u00e2g\u00e9 sont peu d\u00e9crits. Les \u00e9tats maniaques ont une expression clinique plus att\u00e9nu\u00e9e par rapport aux sujets jeunes&nbsp;: l\u2019hyperactivit\u00e9 et l\u2019expansion de l\u2019humeur sont moins fr\u00e9quentes, l\u2019expansivit\u00e9 et l\u2019euphorie font place \u00e0 l\u2019irritabilit\u00e9 et l\u2019agressivit\u00e9, les id\u00e9es de pers\u00e9cution remplacent les id\u00e9es de grandeur. Les \u00e9tats mixtes sont fr\u00e9quents. Des troubles cognitifs avec confusion et d\u00e9sorientation sont fr\u00e9quents. Les troubles bipolaires d\u2019apparition tardive doivent faire rechercher une origine organique neurologique ou hormonale. Le diagnostic diff\u00e9rentiel entre un \u00e9pisode maniaque et une d\u00e9mence fronto-temporale d\u00e9butante peut \u00eatre d\u00e9licat.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de la pr\u00e9sence ou non d\u2019une pathologie d\u00e9mentielle face \u00e0 une d\u00e9pression de survenue tardive doit se poser. Des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs tardifs peuvent constituer les premi\u00e8res manifestations de la maladie d\u00e9mentielle, et \u00eatre en rapport avec la perception intime du d\u00e9ficit ou favoriser une r\u00e9v\u00e9lation pr\u00e9coce de la d\u00e9mence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les troubles psychotiques<\/h2>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9valence des troubles psychotiques chez le sujet \u00e2g\u00e9 est tr\u00e8s variable selon les \u00e9tudes, de 3 \u00e0 30&nbsp;%, et leur clinique est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Ils s\u2019installent apr\u00e8s 45 ans, voire 65 ans. Associ\u00e9s aux id\u00e9es d\u00e9lirantes et aux hallucinations, on retrouve des troubles de l\u2019identification perceptive. Les manifestations productives augmentent avec le d\u00e9clin cognitif mais leur organisation est d\u00e9termin\u00e9e par le niveau de performance cognitive. Les th\u00e8mes d\u00e9lirants les plus fr\u00e9quents sont la pers\u00e9cution, le pr\u00e9judice, la spoliation et l\u2019intrusion. Les hallucinations sont volontiers florides et multimodales.<\/p>\n\n\n\n<p>Les troubles psychotiques de d\u00e9saff\u00e9rentation sensorielle sont souvent m\u00e9connus&nbsp;: syndrome d\u2019Ekbom (d\u00e9lire d\u2019infestation cutan\u00e9e par des parasites associ\u00e9 \u00e0 des hallucinations c\u00e9nesth\u00e9siques tr\u00e8s anxiog\u00e8nes), syndrome de Charles Bonnet (hallucinations visuelles qui surviennent \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une baisse d\u2019acuit\u00e9 visuelle) et parano\u00efa des sourds (hallucinations auditives chez les malentendants).<\/p>\n\n\n\n<p>Le syndrome de Diog\u00e8ne se rencontre fr\u00e9quemment en clinique quotidienne. Il s\u2019agit d\u2019un trouble du comportement qui conduit les personnes \u00e0 accumuler des d\u00e9chets de toutes sortes, jusqu\u2019au point de limiter l\u2019espace vital au sein du domicile et d\u2019engager le pronostic vital. Il \u00e9maille ainsi s\u00e9v\u00e8rement l\u2019\u00e9volution de psychoses chroniques, de troubles d\u00e9pressifs et de pathologies d\u00e9mentielles<sup>17<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le sujet \u00e2g\u00e9 qui pr\u00e9sente des troubles thymiques a une propension \u00e0 d\u00e9velopper des id\u00e9es d\u00e9lirantes plus importante que l\u2019adulte jeune (d\u00e9pression d\u00e9lirante, syndrome de Cotard, manie d\u00e9lirante\u2026). Enfin, les troubles psychotiques peuvent r\u00e9v\u00e9ler une maladie d\u00e9mentielle ou en \u00e9mailler l\u2019\u00e9volution. Leur fr\u00e9quence et leur sp\u00e9cificit\u00e9 clinique sont diff\u00e9rentes selon le type de maladie d\u00e9mentielle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les addictions<\/h2>\n\n\n\n<p>Les addictions ne sont pas rares chez le sujet \u00e2g\u00e9 mais elles sont taboues donc sous-estim\u00e9es. Les plus fr\u00e9quentes sont les d\u00e9pendances \u00e0 l\u2019alcool et aux m\u00e9dicaments, en particulier les benzodiaz\u00e9pines<sup>18<\/sup>. Elles sont souvent intriqu\u00e9es et associ\u00e9es \u00e0 un trouble thymique ou anxieux. Baudelaire, alors qu\u2019il \u00e9tait bien jeune, semblait d\u00e9j\u00e0 avoir une certaine maturit\u00e9 de compr\u00e9hension du vieillissement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour ne pas sentir l\u2019horrible fardeau du temps qui brise vos \u00e9paules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans tr\u00eave&nbsp;\u00bb (<em>Le spleen de Paris<\/em>, 1862).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pathologies d\u00e9mentielles<\/h2>\n\n\n\n<p>La d\u00e9mence est une maladie dont la pr\u00e9valence augmente avec l\u2019\u00e2ge&nbsp;: deux tiers des patients d\u00e9ments ont 85 ans et plus, et que pr\u00e8s des 20&nbsp;% des sujets de plus de 75 ans pr\u00e9sentent une d\u00e9mence<sup>19<\/sup>. Le processus d\u00e9mentiel de d\u00e9construction n\u2019atteint pas seulement le registre intellectuel, il va toucher l\u2019affect, le comportement, le caract\u00e8re, tout ce qui construit l\u2019identit\u00e9 d\u2019un individu, et qui va se d\u00e9liter peu \u00e0 peu. Les manifestations psychiatriques vont \u00e9mailler l\u2019\u00e9volution de ce processus, et on peut alors rencontrer une partie de la s\u00e9miologie&nbsp;: anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9pression, addiction, troubles psychotiques etc. Je ne traiterai pas, volontairement, les aspects de prise en charge m\u00e9dicamenteuse et non m\u00e9dicamenteuse car un chapitre de plus serait n\u00e9cessaire (\u2026), mais il para\u00eet \u00e9vident que la place du psychiatre est l\u00e0 aussi indispensable, dans la mesure o\u00f9 les prescriptions sont complexes, facilement iatrog\u00e8nes et n\u00e9cessitent un savoir-faire aiguis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La pratique des psychoth\u00e9rapies \u00e9galement, qu\u2019elle soit psychodynamique ou cognitive et comportementale (th\u00e9rapies des sch\u00e9mas cognitifs, restructuration cognitive) sont un apport essentiel. Elles peuvent viser, par leur nature contenante et \u00e9tayante, \u00e0 une valorisation et une restauration de la vie relationnelle, \u00e9motionnelle et de l\u2019estime de soi. Les m\u00e9diations corporelles (psychomotricit\u00e9, relaxation, massage, <em>Snoozelen<\/em>) permettent d\u2019enrichir la sensorimotricit\u00e9 et de r\u00e9investir le corps comme objet de plaisir et de relation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soin apport\u00e9 aux patients souffrant de maladie d\u00e9mentielle, et \u00e0 leur proches, est \u00e9videmment pluri-professionnel, et ne peut se concevoir que dans une approche enti\u00e8re et coordonn\u00e9e des diff\u00e9rents acteurs, tant en terme d\u2019espace (au domicile, en institution, entre les deux\u2026) que de temporalit\u00e9 (au d\u00e9but, \u00e0 la fin, au milieu\u2026). Les psychiatres font partie du parcours, \u00e0 un endroit ou \u00e0 un autre, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre. Or, il a \u00e9t\u00e9 malheureusement \u00e0 regretter que le rapport du Pr Jo\u00ebl M\u00e9nard, sur le plan \u00ab&nbsp;Maladie d\u2019Alzheimer et maladies apparent\u00e9es 2008-2012&nbsp;\u00bb n\u2019ait mentionn\u00e9 nulle part la n\u00e9cessit\u00e9 de la pr\u00e9sence d\u2019un psychiatre au cours de la prise en soin des patients<sup>20<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure<\/h2>\n\n\n\n<p>La question pos\u00e9e dans mon titre a trouv\u00e9 sa r\u00e9ponse, sans \u00e9quivoque, la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9 est une r\u00e9alit\u00e9, une vraie de vraie&nbsp;! Les chiffres et les statistiques soci\u00e9tales sont une chose, la r\u00e9alit\u00e9 psychique de nos patients au quotidien en est une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>La souffrance n\u2019a pas d\u2019\u00e2ge, me direz-vous&nbsp;? Certes, alors prenons en soin, avec la meilleure expertise possible et le meilleur savoir. Le patient, son entourage, doivent pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des dispositifs de soins les plus adapt\u00e9s \u00e0 leur troubles, quel que soit leur \u00e2ge et l\u2019\u00e9volution de leur maladie, qui vont croissant avec le nombre des ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le psychiatre est un professionnel du soin, de l\u2019accompagnement, pas le seul bien s\u00fbr, et il doit \u00eatre utilis\u00e9 comme tel. Les questions de l\u2019espace et de la temporalit\u00e9, qui se d\u00e9clinent tous deux avec des repr\u00e9sentations et des rythmes diff\u00e9rents selon les p\u00e9riodes de la vie, sont des enjeux essentiels dont la psychiatrie a su se saisir. La r\u00e9flexion qu\u2019apporte la psychiatrie est pertinente dans le soin aux personnes \u00e2g\u00e9es, avec les apports en neurosciences, en \u00e9thique et en philosophie, en sciences humaines et sociales dont elle sait s\u2019enrichir, alors, ne nous en privons pas.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Pollet G (2001) \u00ab\u00a0La vieillesse dans la litt\u00e9rature, la m\u00e9decine et le droit au XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle\u00a0: sociogen\u00e8se d\u2019un nouvel \u00e2ge de la vie\u00a0\u00bb, <em>La Documentation fran\u00e7aise, Retraite et soci\u00e9t\u00e9<\/em> 3 (34)\u00a0: 29-49.<\/li><li>Tessier JF, Leger JM et al (2003), \u00ab\u00a0La psychiatrie a-t-elle sa place aujourd\u2019hui dans la prise en charge m\u00e9dicale du sujet \u00e2g\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>G\u00e9rontologie et Soci\u00e9t\u00e9<\/em>, 104\u00a0: 180.<\/li><li>Pinel P (1800) <em>Trait\u00e9 m\u00e9dico-philosophique sur l\u2019ali\u00e9nation mentale ou la manie<\/em>, Paris, Richard, Caille et Ravier. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1809 (r\u00e9\u00e9d. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. J. Garab\u00e9 et D.B. Weiner, Les Emp\u00eacheurs de penser en rond, Paris, 2005).<\/li><li>Albou P (2006), \u00ab\u00a0Les grandes \u00e9tapes de l\u2019histoire de la psychog\u00e9riatrie\u00a0\u00bb, <em>Neurologie-Psychiatrie-G\u00e9riatrie<\/em> 6 (32)\u00a0: 45-50.<\/li><li>Hanon C, Camus V (2010), \u00ab\u00a0Formation \u00e0 la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9\u00a0: quels enjeux\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Information Psychiatrique<\/em> 86 (1)\u00a0: 15-20.<\/li><li>Montagnier D, Hanon C, Glenisson L (2012), \u00ab\u00a0Introduction \u00e0 la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9\u00a0\u00bb, In <em>Manuel de psychiatrie clinique et psychopathologique de l\u2019adulte<\/em>, sous la direction de Vassilis Kapsambelis, Paris, PUF.<\/li><li>Rapport OMS et AMP (2002), R\u00e9duire la stigmatisation et la discrimination envers les personnes \u00e2g\u00e9es souffrant de troubles mentaux.<\/li><li>Jaulin P. (2012), \u00ab\u00a0Psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9\u00a0: les m\u00e9tamorphoses d\u2019un nom\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Information psychiatrique<\/em>\u00a0; 88\u00a0: 709-10<\/li><li>Hanon C. (2012), <em>Devenir Vieux, les enjeux de la psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9<\/em>, Coll Pol\u00e9miques, Rueil Malmaison, Ed Doin.<\/li><li>Polosan M, Palazzolo J, Gallarda T (2006), <em>Vieillissement, trouble bipolaire et schizophr\u00e9nie<\/em>, Paris, CNRS Editions.<\/li><li>Rigaud AS, Bayle C, Latour F, Lenoir H, Seux ML, Hanon O, P\u00e9quignot R, Bert P, Bouchacourt P, Moulin F, Cantegreil I, Wenisch E, Batouche F, de Rotrou J (2005), \u00ab\u00a0Troubles psychiques des personnes \u00e2g\u00e9es\u00a0\u00bb, <em>Encyclop\u00e9die m\u00e9dico-chirurgicale, Psychiatrie<\/em>, 37540-A10, Paris, Elsevier Masson.<\/li><li>Verdon B (2013), <em>Le vieillissement psychique<\/em>, Que Sais-je\u00a0? Paris, PUF.<\/li><li>Ancelin ML, Artero S, Beluche I, Besset A, Boulenger JP, Carri\u00e8re I, Chaudieu I, Courtet P, Dupuy AM, Jaussent I, Malafosse A, Norton J, deRoquefeuil G, Ryan J, Scali J, Touchon J, Ritchie K (2006), \u00ab\u00a0Le projet Esprit\u00a0: une \u00e9tude longitudinale en population g\u00e9n\u00e9rale des troubles psychiatriques en France chez des sujets de plus de 65 ans\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Enc\u00e9phale<\/em> 32 (4)\u00a0: 615-621. <\/li><li>Ploton L, Gaucher J, Ribes G, Talpin JM, Joubert C, Blanchard F (2003), \u00ab\u00a0La pathologie hyst\u00e9rique\u00a0\u00bb. <em>Neurologie-Psychiatrie-G\u00e9riatrie<\/em> 3 (18)\u00a0: 28-32.<\/li><li>Pellerin J (2004), \u00ab\u00a0\u00c9volution affectives sp\u00e9cifiques au vieillissement\u00a0\u00bb. <em>La Revue du Praticien<\/em> 54 (7)\u00a0: 717-724.<\/li><li>Harwood D, Jacoby R (2006), \u00ab\u00a0Suicide chez les sujets \u00e2g\u00e9s. Encyclop\u00e9die m\u00e9dico-chirurgicale\u00a0\u00bb, <em>Psychiatrie<\/em>, 37500-A80, Paris, Elsevier Masson.<\/li><li>Hanon C, Pinquier C, Gaddour N, Sa\u00efd S, Mathis D, Pellerin J (2004) \u00ab\u00a0Le syndrome de Diog\u00e8ne, une approche transno-sographique\u00a0\u00bb. <em>L\u2019Enc\u00e9phale<\/em> 30 (4)\u00a0: 315-322. <\/li><li>De Brucq H, Vital I (2008), \u00ab\u00a0Addictions et vieillissement\u00a0\u00bb,, <em>Psychologie et NeuroPsychiatrie du Vieillissement,<\/em> 6 (3)\u00a0: 177-182.<\/li><li>Mura T, Dartigues JF and Berr C (2010), \u00ab\u00a0How many dementia cases in France and Europe\u00a0? Alternative projections and scenarios 2010\u20132050\u00a0\u00bb, <em>European Journal of Neurology<\/em>, 17 (2)\u00a0: 252-259. <\/li><li>Rapport de la Commission Minist\u00e9rielle pour le plan concernant la maladie d\u2019Alzheimer et les maladies apparent\u00e9es (2007), M\u00e9nard J, <em>Pour le malade et ses proches, chercher, soigner et prendre soin<\/em>.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9963?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La psychiatrie du sujet \u00e2g\u00e9, est-ce un mythe ou une r\u00e9alit\u00e9&nbsp;? Mon propos peut sembler volontiers provocateur, et bien, pourquoi pas&nbsp;? Je souhaite porter un \u00e9clairage de psychiatre, clinicien de terrain, \u00e0 cette question. 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