{"id":9950,"date":"2021-08-22T07:30:59","date_gmt":"2021-08-22T05:30:59","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-handicap-psychique-une-realite-pluridimensionnelle-irreductible-a-la-maladie-mentale-2\/"},"modified":"2021-09-20T20:16:24","modified_gmt":"2021-09-20T18:16:24","slug":"le-handicap-psychique-une-realite-pluridimensionnelle-irreductible-a-la-maladie-mentale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-handicap-psychique-une-realite-pluridimensionnelle-irreductible-a-la-maladie-mentale\/","title":{"rendered":"Le handicap psychique, une r\u00e9alit\u00e9 pluridimensionnelle irr\u00e9ductible \u00e0 la maladie mentale"},"content":{"rendered":"\n<p>La notion de handicap psychique s\u2019est impos\u00e9e en France depuis la loi du 11 f\u00e9vrier 2005 qui en a, entre autres choses, introduit une forme de reconnaissance. Cette loi \u00ab&nbsp;pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances, la participation et la citoyennet\u00e9 des personnes handicap\u00e9es<sup>1<\/sup>\u00bb n\u2019utilise pourtant pas le terme de \u00ab&nbsp;handicap psychique&nbsp;\u00bb, mais elle sp\u00e9cifie les causes psychiques du handicap, en les distinguant des causes mentales ou cognitives. Cette distinction entre le handicap psychique, cons\u00e9cutif \u00e0 des troubles psychiatriques, et le handicap mental, qui renvoie \u00e0 une d\u00e9ficience des fonctions intellectuelles ou cognitives, r\u00e9pondait \u00e0 la demande des associations de parents de malades mentaux (l\u2019UNAFAM), mais aussi de certaines associations \u00ab&nbsp;d\u2019usagers&nbsp;\u00bb de la psychiatrie, afin que soit mis un terme \u00e0 l\u2019assimilation des difficult\u00e9s d\u2019ordre psychiatrique avec la d\u00e9ficience intellectuelle, jusque-l\u00e0 confondues dans la cat\u00e9gorie du handicap mental. Quelles que soient les raisons qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la reconnaissance du handicap psychique, on doit d\u00e9sormais admettre que cette notion est rentr\u00e9e dans l\u2019usage. Il n\u2019est plus exceptionnel de l\u2019entendre utilis\u00e9e par les personnes concern\u00e9es elles-m\u00eames, qui peuvent la trouver plut\u00f4t moins stigmatisante que celle de \u00ab&nbsp;malade mental&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;patient psychiatrique&nbsp;\u00bb. Malgr\u00e9 tout, le terme de \u00ab&nbsp;handicap&nbsp;\u00bb reste encore associ\u00e9 \u00e0 des repr\u00e9sentations sociales d\u00e9valorisantes, renvoyant \u00e0 l\u2019id\u00e9e de d\u00e9ficience, voire d\u2019invalidit\u00e9 fix\u00e9e, ce qui conduit certaines personnes \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer renoncer \u00e0 solliciter la reconnaissance de leur handicap psychique, et par cons\u00e9quent \u00e0 renoncer aux droits qui leur seraient ainsi ouverts.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc le sens de cette notion qui est en cause. Il h\u00e9rite du poids des repr\u00e9sentations sociales associ\u00e9es au handicap, mais il se transforme \u00e9galement du fait, d\u2019une part, de l\u2019\u00e9volution notable et sans doute inachev\u00e9e des fa\u00e7ons de concevoir le handicap, et d\u2019autre part des recherches qui font appara\u00eetre que la dimension du handicap psychique n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 celle de la maladie mentale, et requiert une th\u00e9orisation propre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Caract\u00e9risation du handicap comme limitation d\u2019activit\u00e9 et d\u00e9savantage social<br><\/h2>\n\n\n\n<p>La notion de handicap psychique, \u00e0 la lumi\u00e8re des conceptions contemporaines g\u00e9n\u00e9rales du handicap, renvoie aux cons\u00e9quences (ou au retentissement) de la maladie mentale sur les activit\u00e9s et la vie quotidienne d\u2019une personne, ainsi qu\u2019au d\u00e9savantage social qui en r\u00e9sulte. Cette conception doit beaucoup aux propositions de red\u00e9finition du handicap par les mouvements de personnes handicap\u00e9es, qui se sont d\u00e9marqu\u00e9es d\u2019une conception d\u00e9ficitaire et ont d\u00e9plac\u00e9 l\u2019attention de la maladie sur l\u2019ensemble de ses cons\u00e9quences pratiques et sociales, puis sur les d\u00e9terminants situationnels de ces cons\u00e9quences<sup>2,3<\/sup>. Ces travaux ont influenc\u00e9 la nouvelle classification des handicaps de l\u2019OMS<sup>4<\/sup>, et ensuite inspir\u00e9 la CIF<sup>5<\/sup>. C\u2019est cette conception renouvel\u00e9e du handicap qui est reprise dans la loi de 2005, quand elle le d\u00e9finit comme \u00ab\u00a0toute limitation d\u2019activit\u00e9 ou restriction de participation \u00e0 la vie en soci\u00e9t\u00e9 subie dans son environnement par une personne en raison de l\u2019alt\u00e9ration substantielle, durable ou d\u00e9finitive d\u2019une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d\u2019un polyhandicap ou d\u2019un trouble de sant\u00e9 invalidant\u00a0\u00bb. Il est \u00e0 souligner que cette d\u00e9finition renvoie prioritairement \u00e0 la dimension politique du handicap, en termes de restriction de participation \u00e0 la vie sociale, ou de limitation d\u2019activit\u00e9 et donc de libert\u00e9 (d\u2019agir). L\u2019accent est mis non sur la d\u00e9ficience, mais sur le d\u00e9savantage social qui l\u2019accompagne, et qu\u2019il convient de chercher \u00e0 r\u00e9duire au nom d\u2019un principe de justice sociale. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019objet de cette \u00ab\u00a0loi pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances, la participation et la citoyennet\u00e9 des personnes handicap\u00e9es\u00a0\u00bb. Si cette d\u00e9finition contemporaine du handicap, en termes de limitation d\u2019activit\u00e9 et de d\u00e9savantage social, para\u00eet aujourd\u2019hui largement accept\u00e9e, cela ne signifie pas qu\u2019on ait pris compl\u00e8tement la mesure de ce qu\u2019implique ce changement de perspective. Elle laisse la porte ouverte \u00e0 des appr\u00e9ciations diff\u00e9rentes du handicap psychique selon l\u2019importance que l\u2019on accorde aux \u00ab\u00a0cons\u00e9quences de la maladie sur la vie des personnes\u00a0\u00bb, mais aussi parce qu\u2019elle ne se prononce pas sur les d\u00e9terminants de ce retentissement, qui restent tr\u00e8s diversement compris et \u00e9valu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les limites du mod\u00e8le m\u00e9dical du handicap en termes de d\u00e9ficience<\/h2>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le m\u00e9dical, traditionnel, du handicap se focalise sur la ou les d\u00e9ficiences qui, certes, entravent la personne dans son autonomie, ses activit\u00e9s et sa vie quotidienne, mais qui sont con\u00e7ues comme des cons\u00e9quences plus ou moins directes de la maladie. Par cons\u00e9quent, c\u2019est en s\u2019attaquant \u00e0 la maladie &#8211; en optimisant les soins &#8211; que l\u2019on esp\u00e8re r\u00e9duire le handicap. Dans le cas des pathologies psychiatriques, cette approche m\u00e9dicale tend \u00e0 s\u2019\u00e9largir avec la prise en consid\u00e9ration des d\u00e9ficiences cognitives induites par la maladie&nbsp;: selon la m\u00eame logique, on adjoint alors aux soins des pratiques de rem\u00e9diation cognitive pour tenter de r\u00e9duire le handicap, mais ce dernier reste compris comme la cons\u00e9quence directe des troubles et d\u00e9ficiences (cognitives) de la personne.<\/p>\n\n\n\n<p>La principale limite de ce mod\u00e8le, qui fait obstacle \u00e0 la reconnaissance du handicap en tant que dimension propre, tient au pr\u00e9suppos\u00e9 que la maladie est le principal d\u00e9terminant de ce qui est alors appr\u00e9hend\u00e9 comme ses \u00ab&nbsp;cons\u00e9quences&nbsp;\u00bb sociales. Certes la maladie et ses cons\u00e9quences sont distingu\u00e9es, mais la m\u00e9prise consiste \u00e0 admettre une sorte de continuit\u00e9 entre la maladie et le handicap qu\u2019elle induit&nbsp;: on est alors enclin \u00e0 penser que la connaissance des cons\u00e9quences fonctionnelles de la maladie, auxquelles on assimile trop rapidement le handicap, est finalement comprise dans la connaissance des pathologies et de leurs modalit\u00e9s \u00e9volutives, donc dans le savoir psychiatrique. Cette id\u00e9e est pr\u00e9cis\u00e9ment celle \u00e0 laquelle il faut renoncer si l\u2019on veut appr\u00e9hender le handicap psychique dans sa sp\u00e9cificit\u00e9, dans sa pluridimensionnalit\u00e9&nbsp;: car il n\u2019est pas r\u00e9ductible au retentissement fonctionnel de la maladie, et le serait-il, ce retentissement fonctionnel lui-m\u00eame n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9 par les seuls troubles psycho- pathologiques r\u00e9siduels ou chroniques. Si l\u2019on assimile la notion de handicap psychique \u00e0 ces derniers, on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qui constitue la dimension propre du handicap psychique, et de l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette notion. Autrement dit, si le handicap psychique est bien cons\u00e9cutif \u00e0 des troubles psychiatriques s\u00e9v\u00e8res, on gagne au plan th\u00e9orique \u00e0 souligner l\u2019\u00e9cart entre ces deux dimensions. Bien qu\u2019ind\u00e9niablement li\u00e9es, elles n\u2019en sont pas moins distinctes parce qu\u2019elles renvoient \u00e0 des probl\u00e9matiques et des domaines d\u2019investigation diff\u00e9rents, et rel\u00e8vent donc de champs th\u00e9oriques distincts.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9voquerons trois directions de recherche qui contribuent \u00e0 la sp\u00e9cification de la notion de handicap psychique, en tant qu\u2019elle diff\u00e8re de la notion de pathologie mentale.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le premier axe ouvre une br\u00e8che dans une conception du handicap coupl\u00e9e \u00e0 celle de d\u00e9ficience.<\/li><li>Le deuxi\u00e8me contribue \u00e0 mettre en \u00e9vidence l\u2019existence d\u2019autres d\u00e9terminants que les sympt\u00f4mes et les troubles cognitifs au retentissement fonctionnel des pathologies psychiatriques.<\/li><li>Le troisi\u00e8me axe de recherche vient compl\u00e9ter les pr\u00e9c\u00e9dents en se focalisant sur les ressources dont disposent les personnes pour surmonter leur handicap. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9mergence du mod\u00e8le social du handicap, alternatif au mod\u00e8le m\u00e9dical<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa7\">Les travaux th\u00e9oriques initi\u00e9s par des mouvements militants anglo-saxons de personnes handicap\u00e9es physiques, d\u00e9velopp\u00e9s notamment dans le cadre des\u00a0<em>Disability Studies<\/em>, pr\u00e9sentent l\u2019int\u00e9r\u00eat de d\u00e9placer l\u2019attention de la maladie vers ses cons\u00e9quences pour la personne, puis dans un second temps des d\u00e9terminants individuels ou personnels de ces cons\u00e9quences vers leurs d\u00e9terminants situationnels ou environnementaux. Cette reconceptualisation du handicap est li\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire sociale et politique des mouvements de personnes handicap\u00e9es. Leurs travaux visaient \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 un mod\u00e8le m\u00e9dical du handicap, individualiste et d\u00e9ficitaire, ainsi qu\u2019aux pratiques de prise en charge qui leur \u00e9taient impos\u00e9es &#8211; r\u00e9adaptation et r\u00e9\u00e9ducation m\u00e9dicale, institutionnalisation. Ils en sont ainsi arriv\u00e9s \u00e0 proposer un mod\u00e8le dit \u00ab\u00a0social\u00a0\u00bb ou interactionnel du handicap, dans lequel ce dernier est con\u00e7u comme la cons\u00e9quence des obstacles pos\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 aux personnes pr\u00e9sentant une d\u00e9ficience. L\u2019accent est mis davantage sur l\u2019environnement conditionnant la \u00ab\u00a0situation de handicap\u00a0\u00bb que sur une d\u00e9ficience de l\u2019individu, et ce sont les circonstances mat\u00e9rielles ou sociales qui doivent \u00eatre amend\u00e9es. D\u00e8s lors, ce sont ces \u00ab\u00a0situations de handicap\u00a0\u00bb qu\u2019il convient d\u2019\u00e9valuer, et non plus seulement les individus et leurs d\u00e9ficiences<sup>6,7<\/sup>. Dans le cas du handicap psychique, le facteur environnemental aggravant les limitations d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la vie sociale et d\u2019activit\u00e9s tient pour l\u2019essentiel \u00e0 l\u2019impact n\u00e9gatif des repr\u00e9sentations sociales concernant la folie et les troubles psychiatriques\u00a0: il en r\u00e9sulte une stigmatisation des personnes atteintes de ces maladies, stigmatisation qui, en contribuant \u00e0 leur marginalisation, voire \u00e0 leur exclusion, participe largement au handicap<sup>8<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les recherches sur les d\u00e9terminants du retentissement fonctionnel des pathologies mentales&nbsp;: mise en \u00e9vidence de leur pluralit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Les limitations d\u2019activit\u00e9, et par suite le d\u00e9savantage social, s\u2019ils ne caract\u00e9risent pas \u00e0 eux seuls le handicap, en sont n\u00e9anmoins un d\u00e9terminant important. Encore faut-il \u00e9tablir ce qui les conditionne. C\u2019est l\u2019objet de tout un courant de recherches empiriques, men\u00e9es plut\u00f4t dans le champ m\u00e9dical cette fois-ci, qui portent pr\u00e9cis\u00e9ment sur les d\u00e9terminants du retentissement fonctionnel (<em>functional outcome<\/em>) des pathologies mentales&nbsp;; ce dernier \u00e9tant mesur\u00e9 en termes de qualit\u00e9 de vie subjective, d\u2019insertion professionnelle, d\u2019autonomie, et de qualit\u00e9 de vie relationnelle ou sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Sch\u00e9matiquement synth\u00e9tis\u00e9s, ces travaux \u00e9tablissent que ce retentissement fonctionnel n\u2019est que tr\u00e8s partiellement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la symptomatologie r\u00e9siduelle de la maladie<sup>9<\/sup>, et que la corr\u00e9lation avec les performances cognitives est \u00e9galement moindre qu\u2019attendue<sup>10<\/sup>. Le retentissement fonctionnel est donc plurifactoriel et irr\u00e9ductible aux seuls troubles psychopathologiques r\u00e9siduels. La recherche s\u2019en trouve relanc\u00e9e pour identifier et sp\u00e9cifier ses autres d\u00e9terminants<sup>11<\/sup>. Dans le champ de la r\u00e9insertion professionnelle par exemple, la formation et l\u2019exp\u00e9rience professionnelle acquise avant la survenue de la maladie, les \u00e9tayages sociaux, des facteurs motivationnels tels que le \u00ab\u00a0sentiment d\u2019efficacit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 trouver un emploi et \u00e0 faire face aux difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019activit\u00e9 professionnelle, la comp\u00e9tence sociale et les savoirs-\u00eatre en contexte professionnel, sont autant de facteurs d\u00e9terminants pour un \u00e9ventuel retour \u00e0 l\u2019emploi<sup>12,13<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9placement d\u2019attention sur les ressources pour d\u00e9passer le handicap<\/h2>\n\n\n\n<p>Une troisi\u00e8me voie de recherche contribue \u00e0 caract\u00e9riser la situation de handicap, qui se focalise cette fois sur les ressources dont dispose la personne pour faire face aux cons\u00e9quences de sa maladie, pour surmonter son handicap et parvenir, en d\u00e9pit de ses limitations, \u00e0 des accomplissements de vie satisfaisants. La vis\u00e9e n\u2019est plus ici la gu\u00e9rison, mais ce que les anglo-saxons appellent <em>recovery<\/em>, le r\u00e9tablissement, c\u2019est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 de se r\u00e9tablir dans sa vie, en particulier dans sa vie sociale\u00a0; ce qui suppose d\u2019avoir conscience de son handicap, de ses limites, mais aussi d\u2019avoir trouv\u00e9, en soi ou parfois aussi dans l\u2019environnement, des moyens de les d\u00e9passer ou de les contourner<sup>14,15<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Or parmi les facteurs qui conditionnent cette capacit\u00e9 de rebondir, l\u2019accent est mis sur une posture subjective, un changement d\u2019attitude ou \u00ab&nbsp;du regard&nbsp;\u00bb de la part du sujet vis-\u00e0-vis de sa situation de handicap. Cela est remarquablement formul\u00e9 par Patricia Deegan<sup>16<\/sup>, une schizophr\u00e8ne am\u00e9ricaine qui a contribu\u00e9 par la description de sa propre exp\u00e9rience \u00e0 ces recherches sur les d\u00e9terminants subjectifs du r\u00e9tablissement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le r\u00e9tablissement, c\u2019est une attitude, une fa\u00e7on d\u2019aborder la journ\u00e9e et les difficult\u00e9s qu\u2019on y rencontre. Cela signifie que je sais que j\u2019ai certaines limitations et qu\u2019il y a des choses que je ne peux pas faire. Mais plut\u00f4t que de laisser ces limitations \u00eatre une occasion de d\u00e9sespoir, une raison de laisser tomber, j\u2019ai appris qu\u2019en sachant ce que je ne peux pas faire, je m\u2019ouvre aussi aux possibilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 toutes les choses que je peux faire&nbsp;\u00bb. Autrement dit, il y a une fa\u00e7on de reconna\u00eetre ses incapacit\u00e9s qui peut \u00eatre une occasion de d\u00e9couvrir l\u2019empan de ses capacit\u00e9s, y compris de ses capacit\u00e9s m\u00e9connues ou n\u00e9glig\u00e9es. Et c\u2019est selon elle un des ressorts du r\u00e9tablissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre horizon th\u00e9orique, les travaux sur les\u00a0facteurs de r\u00e9silience visent \u00e9galement \u00e0 appr\u00e9hender et \u00e0 promouvoir les ressources subjectives pour surmonter ou d\u00e9passer le handicap.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wrapper-children-grnote wp-block-list\"><li>Loi n\u00b0 2005-102 du 11 f\u00e9vrier 2005, pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances, la participation et la citoyennet\u00e9 des personnes handicap\u00e9es. <\/li><li>Ravaud J.-F. (1999) \u00abMod\u00e8le individuel, mod\u00e8le m\u00e9dical, mod\u00e8le social\u00a0: la question du sujet\u00bb,\u00a0<em>Handicap<\/em>, 81: 64-84. <\/li><li>Boucherat-Hue V. &amp; Peretti P. (sous presse) \u00abDu handicap revisit\u00e9 au handicap psychique\u00a0: un nouveau concept qui pourrait faire date\u00a0?\u2026\u00bb.\u00a0<em>Annales M\u00e9dico-psychologiques.<\/em> <\/li><li><em>Classification Internationale des Handicaps\u00a0: d\u00e9ficiences, incapacit\u00e9s, d\u00e9savantages<\/em>. 1980, Organisation Mondiale de la Sant\u00e9, Gen\u00e8ve. (trad. fran\u00e7aise, CTNERHI-INSERM, 1988). <\/li><li><em>Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Sant\u00e9<\/em>. 2001. Organisation Mondiale de la Sant\u00e9, Gen\u00e8ve. <\/li><li>Barreyre J-Y &amp; Peintre C.\u00a0<em>Handicap d\u2019origine psychique et \u00e9valuation des situations<\/em>. Volet II. D\u00e9l\u00e9gation ANCREAI Ile-de-France \u2013 CEDIAS 2009 <\/li><li>Fougeyrollas P. \u00abL\u2019\u00e9volution conceptuelle internationale dans le champ du handicap: Enjeux sociopolitiques et contributions qu\u00e9b\u00e9coises\u00bb.\u00a0<em>PISTES<\/em>, 2002\u00a0; 4(2) <\/li><li>Slade, M (2009)\u00a0<em>Personal Recovery and Mental Illness. A Guide for Mental Health Professionals<\/em>. Cambridge University Press.<\/li><li>Addington J, Addington D, Maticka-Tyndale E. \u00abCognitive functioning and positive and negative symptoms in schizophrenia\u00bb.\u00a0<em>Schizophrenia Research<\/em>\u00a01991; 5(2):123-134<\/li><li>Bell M., Kaplan E.A. &amp; Bryson G. \u00abCognitive impairment and work behavior in schizophrenia\u00bb,\u00a0<em>Schizophrenia Research<\/em>\u00a01997; 24 (1-2): 219 <\/li><li>Pachoud B, Lepl\u00e8ge A &amp; Plagnol A. \u00abLa probl\u00e9matique de l\u2019insertion professionnelle des personnes pr\u00e9sentant un handicap psychique\u00a0: les diff\u00e9rentes dimensions \u00e0 prendre en compte\u00bb.\u00a0<em>Revue Fran\u00e7aise d\u2019Action Sociale<\/em>, 2009 <\/li><li>Corbi\u00e8re M, Mercier C, Lesage AD. \u00abPerceptions of barriers to employment, coping efficacy, and career search efficacy in people with mental health problems\u00bb.\u00a0<em>Journal of Career Assessment,<\/em>\u00a02004; 12:460\u201378<\/li><li>Hoffmann H &amp; Kupper Z. \u00abRelationships between social competence, psychopathology and work performance and their predictive value for vocational rehabilitation of schizophrenic outpatients\u00bb.\u00a0<em>Schizophrenia Research<\/em>, 1997; 23: 69-79<\/li><li>Bellack AS. 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