{"id":9935,"date":"2021-08-22T07:30:59","date_gmt":"2021-08-22T05:30:59","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-sujet-en-crise-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:30:59","modified_gmt":"2021-08-22T05:30:59","slug":"le-sujet-en-crise","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-sujet-en-crise\/","title":{"rendered":"Le sujet en crise"},"content":{"rendered":"<p>La crise est partout. \u00c9conomique, financi\u00e8re, immobili\u00e8re et surtout sociale, ce que nous constatons aujourd&rsquo;hui dans le discours et les pr\u00e9occupations des patients et de leurs familles. Pourtant, si elle est collective la crise est aussi individuelle : crise identitaire \u00e0 tout \u00e2ge au fil des remaniements identificatoires et de l&rsquo;environnement culturel.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le de la crise d&rsquo;adolescence reste une r\u00e9f\u00e9rence : s&rsquo;agit-il d&rsquo;une crainte de l&rsquo;avenir, d&rsquo;un refus de grandir, ou d&rsquo;une simple crise de maturation ? Mais d\u00e9sormais la crise du milieu de la vie occupe le devant de la sc\u00e8ne, avec une tendance s&rsquo;affirmant chaque jour d&rsquo;avantage : le refus de vieillir, le souci de para\u00eetre jeune, l&rsquo;obsession d&rsquo;\u00eatre jeune. Dans les deux sexes, tous les artifices sont utilis\u00e9s (de la cr\u00e8me \u00e0 la chirurgie, etc.) pour rester jeune, beau, dynamique, sportif et en bonne sant\u00e9. L&rsquo;obsession de garder \u00ab la ligne \u00bb va de pair avec la chasse aux rides. Cette crise, comme \u00e0 l&rsquo;adolescence, se redouble d&rsquo;un red\u00e9coupage de la carte du tendre : c&rsquo;est au masculin aussi bien qu&rsquo;au f\u00e9minin, l&rsquo;heure du d\u00e9mon de midi. Ne s&rsquo;agit-il pas plut\u00f4t d&rsquo;un signe de la difficult\u00e9 de nombre de nos contemporains d&rsquo;accepter l&rsquo;in\u00e9luctable \u00e9volution du temps et du corps ? Le sujet voudrait ralentir le temps, le figer, voire revenir en arri\u00e8re dans un mouvement r\u00e9gressif \u00e9vident. Fuite devant l&rsquo;inconnu de l&rsquo;avenir angoissant tant sur le plan individuel, que collectif, accentu\u00e9 par la crise \u00e9conomique actuelle. La fr\u00e9n\u00e9sie de consommer est devenue la seule norme, fuite en avant maniaque accentuant ce d\u00e9ni. Mais ne s&rsquo;agit-il pas aussi d&rsquo;un refus d&rsquo;accepter la limite de l&rsquo;humain, de son horloge biologique et du chiffre mortel de la destin\u00e9e, forme de d\u00e9ni de la castration ultime qu&rsquo;est la mort ? Ainsi, un des bienfaits de la crise aura \u00e9t\u00e9 de rappeler au sujet les coordonn\u00e9es de sa castration et de montrer au collectif que le profit sans \u00e9thique montrait sa limite et entra\u00eenait la faillite du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Le temps est sans doute venu pour tenter de trouver sur le plan individuel comme collectif, une \u00e9thique du sujet. Celle-ci pourrait mettre en avant des valeurs humaines, afin que chaque sujet puisse trouver un sens, une direction, une signification \u00e0 ce qu&rsquo;est la vie permettant une meilleure ad\u00e9quation avec sa logique inconsciente comme avec son d\u00e9sir.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9935?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise est partout. \u00c9conomique, financi\u00e8re, immobili\u00e8re et surtout sociale, ce que nous constatons aujourd&rsquo;hui dans le discours et les pr\u00e9occupations des patients et de leurs familles. 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