{"id":9917,"date":"2021-08-22T07:30:56","date_gmt":"2021-08-22T05:30:56","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/existe-t-il-une-psychologie-de-la-mort-2\/"},"modified":"2021-09-20T23:06:50","modified_gmt":"2021-09-20T21:06:50","slug":"existe-t-il-une-psychologie-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/existe-t-il-une-psychologie-de-la-mort\/","title":{"rendered":"Existe-t-il une psychologie de la mort ?"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019acc\u00e8s aux repr\u00e9sentations de la mort suit le d\u00e9veloppement psychique de l\u2019enfant, mais la conscience de la mort n\u2019advient qu\u2019avec la conscience de soi. Cependant il faut une certaine maturit\u00e9 pour accepter l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 et l\u2019universalit\u00e9 de la mort. Des mouvements psychiques de r\u00e9gression, des \u00e9v\u00e9nements bouleversants remettent souvent en cause cet ordre des choses et qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 surpris de trouver le sage de jadis esp\u00e9rer encore que l\u2019ami perdu revienne un jour\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La \u00ab&nbsp;belle mort&nbsp;\u00bb, riche en fantaisies croise la mort m\u00e9diatique, vide de sens<\/h2>\n\n\n\n<p>La psychologie de la mort ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la psychologie des mourants, car elle reposerait sur peu de choses g\u00e9n\u00e9ralisables, elle n\u2019\u00e9tudie pas l\u2019exp\u00e9rience de la mort car elle ne pourrait ni la d\u00e9crire ni l\u2019analyser. Il n\u2019y a pas d\u2019exp\u00e9rience de la mort, si ce n\u2019est de celle d\u2019autrui. La psychologie de la mort ne peut pourtant pas non plus se r\u00e9sumer \u00e0 la psychologie du deuil. La psychologie de la mort \u00e9tudie les fantasmes individuels de mort, ceux dans lesquels, une personne \u00e0 qui l\u2019annonce d\u2019une maladie grave a \u00e9t\u00e9 faite brutalement, va plonger, un condamn\u00e9 \u00e0 mort va errer, un enfant qui a peur du noir va tenter de ma\u00eetriser\u2026 De l\u00e0 d\u00e9couleront les attitudes face \u00e0 la mort. Ces attitudes varient aussi en fonction des cultures et des croyances, elles influencent toute une psychopathologie retrouv\u00e9e dans les d\u00e9lires m\u00e9lancoliques, les provocations suicidaires, les pulsions meurtri\u00e8res\u2026 La psychologie de la mort croise donc aussi les repr\u00e9sentations collectives de la mort, les eschatologies \u00e9labor\u00e9es par toutes les civilisations tentant tour \u00e0 tour d\u2019assagir, de menacer, de pr\u00e9voir\u2026 Mais ces morts plurielles, plan\u00e9taires ou cosmiques de jadis semblent s\u2019\u00e9tioler face \u00e0 une mort post-moderne biologique, rationnelle, sans \u00e9paisseur fantasmatique\u2026 La mort a longtemps appartenu au domaine des forces occultes. Mais cette projection, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, de la peur qui assaillait l\u2019homme ancestral, est-elle \u00e0 l\u2019origine du d\u00e9veloppement extraordinaire de sa pens\u00e9e&nbsp;? La mort n\u2019est pas que blocage et sid\u00e9ration, elle est au contraire la source de l\u2019imaginaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019anticipation de la mort de soi est une souffrance mais c\u2019est aussi le d\u00e9but de la civilisation<\/h2>\n\n\n\n<p>La question de la mort, poserait finalement celle de la distinction de l\u2019Humanimal et des autres esp\u00e8ces (le mot valise Humanimal a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour souligner combien l\u2019Homme est un animal singulier, nonobstant son acc\u00e8s \u00e0 la parole et sa cr\u00e9ation de civilisations). L\u2019anticipation de la mort est le propre de l\u2019Homme, quand les animaux ne ressentent que l\u2019absence. Mais si l\u2019on fait l\u2019hypoth\u00e8se que la mort, limite biologique de la vie chez tous les animaux, est mise \u00e0 distance chez l\u2019homme gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9diation du fantasme. Le co\u00fbt psychique est lourd \u00e0 payer en termes d\u2019angoisse ou de tentatives de contr\u00f4le de l\u2019angoisse. Est-ce vraiment notre formidable comp\u00e9tence cognitive qui nous am\u00e8ne \u00e0 anticiper et \u00e0 fuir sans cesse notre disparition&nbsp;? Ne subsiste-t-il pas une forme de d\u00e9ni qui permet, dans toutes les situations de danger, de croire encore et toujours \u00e0 notre ultime survie&nbsp;? L\u2019ambivalence face \u00e0 la mort d\u2019autrui n\u2019est-elle que persistance d\u2019une loi du plus fort qui permet de constater&nbsp;: \u00ab&nbsp;si c\u2019est lui, ce n\u2019est pas encore moi\u2026&nbsp;\u00bb.<br>Plus incroyable encore, ces observations d\u2019avant m\u00eame le langage articul\u00e9, ont entra\u00een\u00e9 en cascade, croyances puis syst\u00e8me causaliste religieux. Mais avant m\u00eame de \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb parler, comment les pr\u00e9curseurs de N\u00e9anderthal et de Sapiens ont-ils envisag\u00e9 la mort&nbsp;? C\u2019est une pal\u00e9othanatologie qu\u2019il nous faudrait. Nos cousins, nos fr\u00e8res, les chimpanz\u00e9s et les gorilles font l\u2019analogie entre la mort et le sommeil, mais au fond, avoir plus de repr\u00e9sentations de la mort semblerait inutile pour ces esp\u00e8ces. De m\u00eame a-t-il fallu longtemps pour que les hominid\u00e9s, avant d\u2019\u00e9changer des sons qui ne soient plus des \u00e9vocations directes des objets ainsi nomm\u00e9s, puissent abstraire la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le corps d\u00e9sacralis\u00e9 de l\u2019\u00e9poque moderne<\/h2>\n\n\n\n<p>Ainsi, ce non-lieu qu\u2019est la mort a \u00e9t\u00e9 longtemps occup\u00e9 par un foisonnement d\u2019images qui r\u00e9pondait au besoin collectif d\u2019apprivoiser la mort, mais surtout la mort collective. De J\u00e9r\u00f4me Bosch \u00e0 Picasso, la mort, subjectivement impossible \u00e0 penser, a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de nos soci\u00e9t\u00e9s, de nos r\u00e9alisations artistiques, de notre recours au religieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on regarde les repr\u00e9sentations de la mort aujourd\u2019hui, ce sont les photos, les vid\u00e9os d\u2019une mort brute, plate, qui nous sautent au visage. Cadavres plastinis\u00e9s, envers peu enviables des actifs d\u2019aujourd\u2019hui, devant lesquels le malaise est patent&nbsp;: cadavre qui joue au tennis, cadavre se regardant dans le miroir de sa coiffeuse. Cette exposition \u00e0 succ\u00e8s a fait le tour du monde entier\u2026 La curiosit\u00e9 philosophique des amateurs de cabinet d\u2019anatomie n\u2019est pas de mise ici\u2026 Non le corps n\u2019est qu\u2019une curiosit\u00e9 m\u00e9canique&nbsp;: c\u2019est comme cela que \u00e7a marche quand vous avalez, vous dig\u00e9rez, vous travaillez, vous jouez. La d\u00e9sacralisation avait commenc\u00e9 \u00e0 son insu avec \u00ab&nbsp;la le\u00e7on d\u2019anatomie du Pr. Tulp&nbsp;\u00bb, elle se termine dans les g\u00e9nocides ou dans les malheureux restes des victimes d\u2019attentats. Le mort a besoin d\u2019\u00eatre humanis\u00e9, sinon, il n\u2019est plus qu\u2019un d\u00e9chet. L\u2019effroi ressenti devant un mort, rel\u00e8ve bien du changement de statut du mort. Un cadavre est d\u2019abord une personne dans un autre \u00e9tat de la mati\u00e8re. Mais le souffle de vie qui s\u2019en est \u00e9chapp\u00e9 le rend \u00e9trange au monde des vivants. Ce souffle, qui est aussi l\u2019\u00e2me dans la plupart des civilisations, n\u2019est pas per\u00e7u comme d\u2019essence diff\u00e9rente \u00e0 la vie dans un premier temps. Le cycle biologique qui reprend ses droits et nous conduit \u00e0 nous \u00e9loigner du corps entra\u00eene \u00e0 son tour un d\u00e9placement psychique. Trouver un lieu stable pour le mort est la question qui devait bouleverser nos anc\u00eatres nomades. Comment garder quelque chose du proche d\u00e9funt&nbsp;? Les premiers talismans furent sans doute fabriqu\u00e9s en leur honneur, pour transporter avec soi quelques restes. Ils furent rapidement investis de pouvoirs secrets et ainsi naquirent les premi\u00e8res m\u00e9decines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La mort est reli\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire. Comme elle, la m\u00e9moire repose sur une absence<\/h2>\n\n\n\n<p>Le petit d\u2019Homme est rapidement capable de se figurer l\u2019objet cach\u00e9 sous la couverture. Mais comment peut-il croire que son papy est \u00ab&nbsp;parti dans une fus\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;? Ces pieux mensonges sont parfois prof\u00e9r\u00e9s aux enfants sous pr\u00e9texte de leur na\u00efvet\u00e9. Toutefois ces m\u00eames enfants observent des insectes, des fleurs mortes. Pour autant, la mort de moi serait-elle impossible&nbsp;? Quelle est cette soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on n\u2019ose parler de la mort aux enfants de peur de leur r\u00e9v\u00e9ler l\u2019effroyable v\u00e9rit\u00e9 de leur propre mortalit\u00e9&nbsp;? La mort ne peut certes faire l\u2019objet d\u2019un discours st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, car la mort implique \u00e9motionnellement celui qui en parle. Il n\u2019y aura pas d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la mort, comme il y avait eu le pitoyable pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019\u00e9ducation sexuelle au lyc\u00e9e. La vision des appareils reproducteurs f\u00e9minin et masculin constituant la base des enseignements, les contraceptifs, leur pendant r\u00e9gulateurs. L\u2019acceptation de la mort s\u2019acquiert avec les exp\u00e9riences, c\u2019est une pratique, pourrait-on dire, comme l\u2019analyse, qui ne s\u2019apprend pas, mais se vit\u2026 Mais pr\u00e9tendre qu\u2019il n\u2019y a pas de \u00ab&nbsp;pass\u00e9&nbsp;\u00bb de la mort, serait ignorer les traumatismes. Il existe des visions, des ressentis traumatiques de la mort, lorsqu\u2019une personne s\u2019est vue morte, quand elle s\u2019est crue pass\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Dans la menace de mort, le souvenir ne fait pas m\u00e9moire justement. Il n\u2019est que r\u00e9p\u00e9tition. La mort n\u2019est plus absence, elle est plong\u00e9e dans le r\u00e9el. La mort n\u2019est plus le manque vers lequel nous nous dirigeons lentement, elle nous envahit. Cette mort l\u00e0, nous fait rejoindre la psychopathologie de la mort, celle qui relie la psychologie \u00e0 la psychiatrie de la mort.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Psychopathologie de la mort<\/h2>\n\n\n\n<p>Quelles sont les difficult\u00e9s psychiques autour de la mort, quelles sont les pathologies mentales qui se d\u00e9veloppent \u00e0 l\u2019approche de la mort&nbsp;? Nous connaissons bien l\u2019angoisse de la mort, nous savons combien penser que l\u2019on va mourir peut \u00eatre l\u2019objet de toutes les peurs et pourtant tout aussi bien chass\u00e9 en un tournemain d\u00e8s que le tourbillon des activit\u00e9s nous emporte. Pourtant, nous avons tous vu des patients en proie \u00e0 la terreur face \u00e0 la mort ou dans un blocage complet des affects et de la pens\u00e9e. Nous avons connu de grands religieux en d\u00e9tresse parce qu\u2019ils allaient mourir et de petits enfants rassurant leurs parents en larmes. L\u2019approche de la mort est un moment de v\u00e9rit\u00e9, mais produit aussi des renversements d\u2019attitudes surprenants. Si les psychologues et les psychanalystes sont appel\u00e9s parfois \u00e0 partager ces instants, ils n\u2019ont aucun besoin de recouvrir une quelconque impudeur sociale, mais recueillent, ou pas d\u2019ailleurs, les mots vrais pour leurs destinataires car, souvent, ils ne pourraient pas les entendre. Quelle place a le psychanalyste ou le psychologue&nbsp;? S\u2019agit-il d\u2019un dernier \u00e9lan transf\u00e9rentiel ou devient-il le dernier repr\u00e9sentant de la libert\u00e9 psychique&nbsp;? Nul ne sait, mais l\u2019\u00e9thique psychanalytique permet au patient de tout dire et \u00e0 l\u2019analyste de ne pas chercher \u00e0 rassurer pr\u00e9cocement celui qui per\u00e7oit que rien ne pourra changer sa direction.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe une psychiatrie de la mort, qui s\u2019est toujours charg\u00e9e du soin de patients dont le th\u00e8me du d\u00e9lire ou dont certaines caract\u00e9ristiques hypochondriaques ou m\u00e9lancoliques avaient pour trait principal la mort, sans parler des suicidants et des obsessionnels. La psychanalyse, de plus, nous permet de saisir cet \u00e9trange d\u00e9sinvestissement de soi, puis ce d\u00e9sir de faire cesser la souffrance ou de fuir l\u2019humiliation dans l\u2019appel du suicide. Mais s\u2019agit-il de la mort que l\u2019on recherche, ou plut\u00f4t du \u00ab&nbsp;rien&nbsp;\u00bb&nbsp;? Arr\u00eater les stimulations obsc\u00e8nes, ne plus penser, ne plus \u00e9grener le temps, s\u2019asseoir et fondre sur place&nbsp;: tels sont les non-d\u00e9sirs des m\u00e9lancoliques. Non-d\u00e9sirs parce qu\u2019ils ne sont m\u00eame plus dicibles. Ils se perdent dans une rumination \u00e9ternelle qui s\u2019apparente \u00e0 la non-vie de ces morts en puissance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Subjectivit\u00e9 de la mort, communaut\u00e9 des interrogations<\/h2>\n\n\n\n<p>Finalement la psychologie de la mort, questionne autant la subjectivit\u00e9 que les ph\u00e9nom\u00e8nes de groupes face \u00e0 la mort. Elle pose les questions les plus existentielles, les plus intimes, celles qui bouleversent l\u2019individu lorsqu\u2019il rencontre la mort d\u2019autrui ou sa propre mort dans la brutalit\u00e9 du traumatisme ou dans les pr\u00e9mices de l\u2019agonie. La psychologie de la mort est aussi fond\u00e9e sur les repr\u00e9sentations collectives de la mort, qui, bien que sociales, circulent plus ou moins filtr\u00e9es par les barri\u00e8res d\u00e9fensives du sujet. Enfin la psychologie de la mort, est aussi celle de la mort du sujet dans l\u2019Homme. Question tr\u00e8s actuelle pos\u00e9e par la perte de la capacit\u00e9 \u00e0 se penser sujet dans les dictatures politiques, dans les syst\u00e8mes bureaucratiques centr\u00e9s sur le productivisme, ou lorsqu\u2019un individu perd la raison, la m\u00e9moire, le jugement\u2026 ou tout simplement parce qu\u2019il est vieux, noir ou diff\u00e9rent. C\u2019est encore de la mort dont il s\u2019agit. Cette psychologie nous int\u00e9resse parce qu\u2019elle s\u2019appuie sur le champ des pertes et des s\u00e9parations de l\u2019humain, tous ces renoncements n\u00e9cessaires alors que tout-puissant au sortir de sa m\u00e8re, le b\u00e9b\u00e9 n\u2019existait que gr\u00e2ce \u00e0 la vigueur fantasmatique de sa m\u00e8re. Las, l\u2019appareil psychique maternel n\u2019\u00e9tait qu\u2019un pr\u00eat transitoire, il faut maintenant affronter le monde et rencontrer l\u2019angoisse de mort, la phobie de la mort, le d\u00e9sir de mort et de faire mourir, la peur de la s\u00e9paration, les angoisse mill\u00e9naristes, la nostalgie dans la d\u00e9pression, l\u2019\u00e9nigme du deuil, mourir et vieillir. C\u2019est ici que le champ de la psychologie de la mort appara\u00eet et il est immense\u2026<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9917?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019acc\u00e8s aux repr\u00e9sentations de la mort suit le d\u00e9veloppement psychique de l\u2019enfant, mais la conscience de la mort n\u2019advient qu\u2019avec la conscience de soi. Cependant il faut une certaine maturit\u00e9 pour accepter l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 et l\u2019universalit\u00e9 de la mort. 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