{"id":9912,"date":"2021-08-22T07:30:56","date_gmt":"2021-08-22T05:30:56","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-processus-de-creation-sous-leclairage-projectif-2\/"},"modified":"2021-10-08T01:53:25","modified_gmt":"2021-10-07T23:53:25","slug":"le-processus-de-creation-sous-leclairage-projectif","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-processus-de-creation-sous-leclairage-projectif\/","title":{"rendered":"Le processus de cr\u00e9ation sous l&rsquo;\u00e9clairage projectif"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019\u0153uvre de Didier Anzieu se d\u00e9finit tout \u00e0 la fois par la diversit\u00e9 et par l\u2019unit\u00e9&nbsp;: diversit\u00e9 des formations, des fonctions, des champs investis, des int\u00e9r\u00eats culturels. Et unit\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e qui tisse des fils reliant les diff\u00e9rents domaines explor\u00e9s, faisant des ponts entre lectures, exp\u00e9riences culturelles, pratique, \u00e9criture, \u00e9clairant \u00e0 partir de ces diff\u00e9rents vertex un m\u00eame objet, le fonctionnement psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet objet, il en aborde l\u2019exploration dans sa th\u00e8se de doctorat de psychologie, avec un cas exemplaire, celui du p\u00e8re fondateur de la psychanalyse&nbsp;: l\u2019\u00e9tude, centr\u00e9e sur l\u2019auto-analyse de Freud et articul\u00e9e autour des principales d\u00e9couvertes qui en d\u00e9coulent, explore les sources de la psychanalyse \u00e0 partir des modalit\u00e9s d\u2019un fonctionnement psychique organis\u00e9 classiquement sur le mode hyst\u00e9rophobique. Ce travail novateur, qui s\u2019inscrit dans un des d\u00e9placements identificatoires dont se soutient l\u2019\u00e9volution d\u2019Anzieu, permet en outre d\u2019\u00e9clairer le processus cr\u00e9ateur en amor\u00e7ant la mise en \u00e9vidence de diff\u00e9rentes \u00e9tapes qui le constituent. Par la suite, Didier Anzieu s\u2019attache surtout \u00e0 \u00e9tudier les particularit\u00e9s actuelles de cet objet d\u2019\u00e9tude&nbsp;: c\u2019est essentiellement sur les traductions du narcissisme, dans la psychopathologie comme dans l\u2019art, que ses travaux offrent des perspectives \u00e9clairantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un entretien avec Ren\u00e9 Ka\u00ebs, publi\u00e9 dans <em>Les voies de la psych\u00e9<\/em> en 1995, il \u00e9voque son \u00e9volution dans le domaine des processus de pens\u00e9e, en proposant une chronologie&nbsp;: \u201cJe me suis int\u00e9ress\u00e9 au travail cr\u00e9ateur \u00e0 partir de la correspondance de Freud avec Fliess, et \u00e0 partir de son <em>Interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em>&nbsp;; et ensuite je me suis int\u00e9ress\u00e9 au Moi-peau \u00e0 partir du travail que j\u2019ai fait sur le g\u00e9nie cr\u00e9ateur. Maintenant je pr\u00e9f\u00e8re \u0153uvrer au d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie du Moi-peau en th\u00e9orie du moi-penser (\u2026)\u201d (1995, p.&nbsp;34). En r\u00e9alit\u00e9, sa cr\u00e9ativit\u00e9 fonctionne en r\u00e9seau, \u00e0 l\u2019image d\u2019un Moi-peau \u00e0 la trame tout \u00e0 la fois souple et contenante, mettant en jeu, pour reprendre la grille des fonctions de la peau, du moi et du penser qu\u2019il propose dans <em>Le Penser<\/em> (1994), les fonctions de maintenance, contenance, constance, correspondance&nbsp;: il travaille, dans le m\u00eame temps, sur des sujets diff\u00e9rents&nbsp;; il les aborde en d\u00e9gageant, pour chacun, des perspectives originales qu\u2019il transpose de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, les utilisant comme \u201ccode\u201d novateur&nbsp;: en 1974, il publie tout \u00e0 la fois <em>L\u2019Auto-analyse de Freud<\/em> et <em>La naissance de l\u2019inconscient<\/em>, l\u2019article princeps <em>Le Moi-peau<\/em>, et <em>Psychanalyse du g\u00e9nie cr\u00e9ateur<\/em>. Plus tard, aux travaux cliniques sur le Moi-peau, publi\u00e9s dans son ouvrage \u00e9ponyme en 1984, font \u00e9cho les \u00e9tudes sur Samuel Beckett et sur Francis Bacon. Les textes litt\u00e9raires servent parfois de cas clinique&nbsp;: sa remarquable interpr\u00e9tation de la nouvelle de Bioy Casares, <em>L\u2019invention de Morel<\/em>, comme figuration de la personnalit\u00e9 narcissique, est un exemple du genre (1984). Il illustre par ces travaux, et tout particuli\u00e8rement par l\u2019ouvrage <em>Beckett et le psychanalyste<\/em> (1992), sa propre d\u00e9finition de ce qui diff\u00e9rencie l\u2019\u0153uvre banale de l\u2019\u0153uvre originale&nbsp;: \u201cl\u2019originalit\u00e9 r\u00e9side, entre autres, dans l\u2019effet de distance (et de surprise cons\u00e9cutive) entre le corps de l\u2019\u0153uvre et le code\u201d (1981, p.&nbsp;118). Balancement r\u00e9ussi dans ce double mouvement, entre deux sources psychiques n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation&nbsp;: le lien au corps maternel, l\u2019appui le plus fondamental pour le narcissisme qui soutient l\u2019\u0153uvre, et la r\u00e9f\u00e9rence paternelle, support d\u2019un surmoi qui introduit \u00e0 l\u2019ordre symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect de ses travaux est moins connu des psychanalystes, mais fort bien connu des psychologues&nbsp;: c\u2019est sa contribution \u00e0 l\u2019introduction, en France, des m\u00e9thodes projectives. Il en a soutenu l\u2019utilisation dans la pratique clinique et dans la recherche, ainsi que la diffusion, par un livre toujours r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en collaboration avec Catherine Chabert, et par l\u2019ouverture de la collection <em>Psychismes<\/em>, qu\u2019il dirige chez Dunod, \u00e0 des ouvrages proposant une interpr\u00e9tation psychanalytique de ces \u00e9preuves. Il s\u2019en explique rapidement, avec humour, dans l\u2019introduction du livre <em>Auto-portrait en peau avec groupes<\/em>, qui r\u00e9unit en 1992 des contributions qui lui sont consacr\u00e9es. Je le cite&nbsp;: \u201cUne voix malicieuse me souffle cet \u00e9loge&nbsp;: Au premier regard, l\u2019\u0153uvre de Didier Anzieu peut sembler disparate. Quoi de commun entre les m\u00e9thodes projectives et Beckett, entre l\u2019auto-analyse de Freud et l\u2019\u00e9tude du fonctionnement des groupes&nbsp;? La r\u00e9ponse est simple&nbsp;: Didier Anzieu s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 avec une grande constance \u00e0 ce qui passionne toujours le plus chacun d\u2019entre nous&nbsp;: soi-m\u00eame&nbsp;! Mais il a essay\u00e9 de faire de lui-m\u00eame une \u0153uvre scientifique. Il a commenc\u00e9 par ce qui attire toujours 40 ans apr\u00e8s les \u00e9tudiants en psychologie&nbsp;: les m\u00e9thodes projectives et le psychodrame&nbsp;: prudemment, le jeune psychologue apprend \u00e0 se reconna\u00eetre et \u00e0 se diff\u00e9rencier sans que l\u2019engagement soit trop \u00e2pre&nbsp;: projeter ou jouer ne sont pas encore transfert \u00e0 vif et \u00e9laboration mentale. Apr\u00e8s la prudence, l\u2019aventure.\u201d (1992, p.&nbsp;7)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette aventure, il s\u2019y est lanc\u00e9, de son propre aveu -en particulier dans les travaux sur la cr\u00e9ation- en appui sur une identification h\u00e9ro\u00efque \u00e0 Freud (1974). C\u2019est sans doute par une identification h\u00e9ro\u00efque \u00e0 Didier Anzieu que j\u2019ai propos\u00e9 ce titre associant processus de cr\u00e9ation et \u00e9clairage projectif. Pourtant, jamais Didier Anzieu n\u2019a eu l\u2019id\u00e9e de soumettre le processus de cr\u00e9ation \u00e0 l\u2019\u00e9clairage de ces \u00e9preuves. Pouss\u00e9s par la m\u00eame curiosit\u00e9 que celle qu\u2019il manifeste dans son approche des \u0153uvres d\u2019art, dynamis\u00e9s par la perspective d\u2019appr\u00e9hender, par les \u00e9preuves projectives, le processus cr\u00e9ateur d\u2019une mani\u00e8re nouvelle, quelques-uns l\u2019ont fait -dont je suis. Apr\u00e8s avoir surtout \u00e9voqu\u00e9 les apports originaux de Didier Anzieu dans le domaine de la cr\u00e9ation, et pour rendre hommage \u00e0 la vigueur et l\u2019audace de sa pens\u00e9e mais aussi \u00e0 la grande libert\u00e9 qu\u2019il a toujours souhait\u00e9 offrir aux chercheurs qu\u2019il a dirig\u00e9s, je dirai quelques mots sur les apports des \u00e9preuves projectives&nbsp;: si elles ne peuvent, d\u00e9cid\u00e9ment, d\u00e9voiler les ressorts de la cr\u00e9ation, elles \u00e9clairent des aspects du fonctionnement psychique du cr\u00e9ateur qui confirment la pertinence de certaines propositions d\u2019Anzieu.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche psychanalytique de la cr\u00e9ation cherche, depuis Freud d\u00e9j\u00e0, \u00e0 en comprendre les sources&nbsp;: \u00e0 partir de quoi cr\u00e9e-t-on&nbsp;? Quels sont les processus psychiques qui permettent \u00e0 certains d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un fonctionnement particulier que, reprenant la m\u00e9taphore utilis\u00e9e par Proust pour le romancier Bergotte, Anzieu qualifie de \u201cd\u00e9collage\u201d (1974)? Ce d\u00e9collage diff\u00e9rencie la cr\u00e9ativit\u00e9 de la cr\u00e9ation qui donne lieu \u00e0 une \u0153uvre aboutie, apportant du nouveau, \u0153uvre susceptible de toucher les tiers auxquels elle est toujours destin\u00e9e, et qui en reconnaissent la valeur, quel que soit le mode de rapport que le cr\u00e9ateur entretient avec eux. M\u00eame dans le cas extr\u00eame de Glenn Gould, celui d\u2019un homme connaissant depuis l\u2019enfance des difficult\u00e9s de communication avec autrui, un homme habit\u00e9 par la musique qui l\u2019accompagne sans cesse, lui procure la seconde peau n\u00e9cessaire \u00e0 sa survie, si la vie a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 se soustraire, tr\u00e8s t\u00f4t, aux contacts directs avec le public, elle lui a permis aussi de tourner toute son \u00e9nergie vers un moyen de communication indirecte de son art, l\u2019enregistrement. Ce public vient relayer le destinataire interne, la figure int\u00e9rieure qui soutient et parfois retient ou surveille le cr\u00e9ateur. Le regard sur l\u2019\u0153uvre une fois aboutie introduit un tiers n\u00e9cessaire \u00e0 la l\u00e9gitimation de l\u2019\u0153uvre et de son auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019auteur est travaill\u00e9 (au sens corporel du terme) par la cr\u00e9ation, le lecteur, l\u2019auditeur ou le spectateur l\u2019est aussi. Et r\u00e9soudre l\u2019\u00e9nigme de l\u2019\u0153uvre d\u2019art demande \u00e0 prendre en compte non seulement le cr\u00e9ateur mais aussi son destinataire. Qu\u2019est-ce qui, d\u2019une \u0153uvre, vient toucher le public&nbsp;? Les grandes \u0153uvres, atteignant les \u201cpoints n\u00e9vralgiques\u201d (Green, 1980, p.153) de l\u2019inconscient du destinataire, sollicitant affects et repr\u00e9sentations inconscients, ont un effet qui op\u00e8re quelle que soit l\u2019\u00e9poque de sa production.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on peut aussi s\u2019interroger sur les r\u00e9sonances particuli\u00e8res d\u2019une production artistique avec le fonctionnement psychique de ses contemporains&nbsp;: dans <em>Les traces du corps dans l\u2019\u00e9criture<\/em> (1977), Didier Anzieu \u00e9voque les \u00e9crits de Beckett, en supposant que \u201cnotre \u00e9poque se reconna\u00eet en lui plus du fait de niveaux discordants dans la structuration du moi, de failles dans l\u2019enveloppe du soi, d\u2019un fonctionnement psychique de type schizo\u00efde que du fait des fantasmes\u201d. Au plan de la m\u00e9thode, il critique l\u2019\u00e9tude psychanalytique des \u0153uvres d\u2019art qui repose sur le rapprochement du fantasme organisateur de l\u2019\u0153uvre et des suppos\u00e9s fantasmes inconscients de l\u2019auteur, retrouv\u00e9s dans des donn\u00e9es issues de diverses sources (autobiographie, lettres, journal intime). Il d\u00e9veloppe la th\u00e8se suivante&nbsp;: ce ne sont pas les fantasmes de l\u2019auteur qui font l\u2019originalit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre. Ils fonctionnent comme contenu latent de celle-ci et en assurent la port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Ce qu\u2019elle a de particulier, c\u2019est sa forme&nbsp;: la cr\u00e9ation transforme le contenu latent en contenu manifeste.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019\u00e9tude de la forme -et en particulier, chez l\u2019\u00e9crivain, du style, on approche ce qui constitue un fil rouge du travail d\u2019Anzieu&nbsp;: la mise en \u00e9vidence du rapport au corps et du narcissisme dans la cr\u00e9ation. \u201cLe style, \u00e9crit-il dans <em>Les traces du corps dans l\u2019\u00e9criture<\/em> est une affaire qui concerne les limites (et l\u2019incertitude des limites) du soi, les niveaux de structuration du moi et leurs failles, les leurres par lesquels le moi cherche \u00e0 fasciner la conscience. Le style est le produit du travail psychique propre au pr\u00e9conscient, qui permet d\u2019inscrire dans le texte les v\u00e9cus corporels\u201d (1977, p.&nbsp;180).<\/p>\n\n\n\n<p>Comment op\u00e8re le processus cr\u00e9ateur&nbsp;? Didier Anzieu publie en 1981 <em>Le corps de l\u2019\u0153uvre<\/em>, ouvrage remarquable, dont il dit qu\u2019il est son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et le moins appr\u00e9ci\u00e9 du public. Il y propose une po\u00ef\u00e9tique -l\u2019\u00e9tude de la production de l\u2019\u0153uvre par le cr\u00e9ateur-ancr\u00e9e sur la th\u00e9orie psychanalytique, et y d\u00e9crit la d\u00e9marche cr\u00e9atrice selon cinq phases distinctes. Dans la premi\u00e8re, le cr\u00e9ateur \u00e9prouve un \u00e9tat de saisissement, en laissant se produire une r\u00e9gression ou dissociation du moi, dans un moment psychotique non pathologique, qu\u2019Anzieu rapproche des hallucinations normales d\u00e9crites par Freud dans <em>Constructions dans l\u2019analyse<\/em>. Dans la seconde \u00e9tape, le cr\u00e9ateur prend conscience d\u2019un ou plusieurs repr\u00e9sentants psychiques inconscients jusque-l\u00e0 r\u00e9prim\u00e9s, refoul\u00e9s, ou jamais encore mobilis\u00e9s&nbsp;: repr\u00e9sentation, affect, ou image motrice, qu\u2019il fixe dans le pr\u00e9conscient comme noyau d\u2019une activit\u00e9 de symbolisation. La solitude, n\u00e9cessaire lors de la phase pr\u00e9c\u00e9dente, devient ici difficile et doit laisser la place \u00e0 un lien privil\u00e9gi\u00e9 avec un interlocuteur unique -tel que Fliess le fut pour Freud. La troisi\u00e8me phase permet d\u2019\u00e9riger ce repr\u00e9sentant psychique en code organisateur de l\u2019\u0153uvre et de choisir un mat\u00e9riau qui peut donner un corps \u00e0 ce code. Enfin, les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me phases renvoient \u00e0 la composition de l\u2019\u0153uvre en d\u00e9tails et \u00e0 sa production \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, cette derni\u00e8re \u00e9tape engageant le rapport du cr\u00e9ateur \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui s\u2019ach\u00e8ve et son rapport au public \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces phases ne sont pas toujours pr\u00e9sentes et leur ordre est susceptible de varier, ou de se condenser, selon le cr\u00e9ateur. L\u2019hypoth\u00e8se de Didier Anzieu est que ce dernier passe g\u00e9n\u00e9ralement par ces cinq phases et doit changer chaque fois d\u2019attitude, d\u2019\u00e9tat psychique et d\u2019\u00e9conomie de fonctionnement&nbsp;: \u00eatre cr\u00e9ateur, c\u2019est \u00eatre capable de changer plusieurs fois de registres de fonctionnement pendant l\u2019avancement du travail de cr\u00e9ation et de s\u2019en tenir au m\u00eame registre tant qu\u2019il est appropri\u00e9&nbsp;: cela suppose une certaine libert\u00e9 de jeu entre des sous-syst\u00e8mes psychiques bien diff\u00e9renci\u00e9s et bien affirm\u00e9s. (1981, p.&nbsp;95).<\/p>\n\n\n\n<p>Les sources du travail d\u2019Anzieu sur ce point sont de trois ordres&nbsp;: l\u2019\u00e9tude de patients en analyse faisant l\u2019exp\u00e9rience de certaines de ces phases, l\u2019\u00e9tude des grandes \u0153uvres qui portent en elles des traces des processus qui les a produites, l\u2019observation de son propre fonctionnement lors de moments de cr\u00e9ation. Sa th\u00e9orisation porte en effet les marques d\u2019exp\u00e9riences personnelles. Il le dit \u00e0 Ren\u00e9 Ka\u00ebs \u00e0 propos du Moi-peau&nbsp;: \u201cJe suis devenu \u00e0 travers les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 mon enveloppe psychique le cr\u00e9ateur du Moi-peau&nbsp;: la d\u00e9couverte analytique est une forme d\u2019auto-analyse succ\u00e9dant \u00e0 une psychanalyse forc\u00e9ment non finie, ind\u00e9finie\u201d (1995, p.&nbsp;41). Avec le concept de Moi-peau, c\u2019est \u201cce qui (lui) avait \u00e9t\u00e9 fourni en trop qui (lui) devenait pensable\u201d explique-t-il dans un entretien avec Gilbert Tarrab (1986, p.&nbsp;9).<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi retrouver la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des exp\u00e9riences v\u00e9cues ou reconstruites dans certaines de ses hypoth\u00e8ses sur les pr\u00e9dispositions \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9. L\u2019\u00e9vocation, dans <em>Le corps de l\u2019\u0153uvre<\/em>, d\u2019interactions pr\u00e9coces marqu\u00e9es par l\u2019hyperstimulation maternelle, assorties d\u2019une n\u00e9cessaire intervention paternelle, fait \u00e9cho \u00e0 ce qu\u2019il dit de ses propres exp\u00e9riences dans <em>Une peau pour les pens\u00e9es<\/em>&nbsp;: d\u2019une part, une relation maternelle qui le fait passer pr\u00e9cocement \u201cdu trop au manque, du manque au trop\u201d (1986, p.&nbsp;12), d\u2019autre part, l\u2019appui sur un amour paternel fiable et solide (13-14). L\u2019ancrage sur l\u2019auto-analyse, qui nourrit ses \u0153uvres, les rend particuli\u00e8rement authentiques et cette authenticit\u00e9 contribue \u00e0 expliquer la vive r\u00e9sonance que nous avons avec elles, m\u00eame si, pour retourner \u00e0 la m\u00e9taphore de Proust sur l\u2019art du romancier, \u201cle g\u00e9nie consiste dans le pouvoir r\u00e9fl\u00e9chissant et non dans la qualit\u00e9 intrins\u00e8que du spectacle refl\u00e9t\u00e9\u201d (<em>A la recherche du temps perdu<\/em>, Pl\u00e9\u00efade, I). Cette formule \u00e9vocatrice d\u2019une fonction narcissique -ou transnarcissique pour reprendre le terme d\u2019Andr\u00e9 Green- de l\u2019\u0153uvre me ram\u00e8ne \u00e0 ce qui m\u2019appara\u00eet, dans les apports de Didier Anzieu, particuli\u00e8rement pertinent, et dont j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 \u00e0 nouveau la force en relisant ses articles et ouvrages, ainsi que ses textes sur Bacon et sur Beckett&nbsp;: la place donn\u00e9e au narcissisme dans le processus de cr\u00e9ation et dans le fonctionnement psychique du cr\u00e9ateur&nbsp;; l\u2019accent port\u00e9 sur les sources corporelles intriquant sensations, affects et pulsions. Anzieu situe la cr\u00e9ation non tant dans la perspective freudienne de la sublimation de la pulsion (terme rarement utilis\u00e9 par lui) que dans celle de la cr\u00e9ativit\u00e9 qui souligne la pr\u00e9valence du narcissisme, dont il d\u00e9cline les effets de paradoxe. Si la pulsion participe au mat\u00e9riau de la cr\u00e9ation, c\u2019est, en tant qu\u2019inemploy\u00e9 quantitativement, au m\u00eame titre que les \u00e9mois et les sensations in\u00e9labor\u00e9s&nbsp;; c\u2019est aussi dans son impact sur le narcissisme du cr\u00e9ateur d\u00e9bord\u00e9 par son d\u00e9ferlement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019inemploy\u00e9 peut \u00eatre qualitatif&nbsp;: ici, Didier Anzieu d\u00e9gage une particularit\u00e9 du cr\u00e9ateur d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crite par Michel de M\u2019Uzan, particularit\u00e9 paradoxale puisqu\u2019elle inscrit la cr\u00e9ation dans une difficult\u00e9 de symbolisation. L\u2019\u00e9crivain cr\u00e9e \u201cpour se saisir de quelque chose qui lui \u00e9chappe, qui est lui et qui n\u2019est pas lui (\u2026) -pour s\u2019en saisir ou mieux encore pour s\u2019en dessaisir en l\u2019expulsant de soi dans l\u2019\u0153uvre\u201d (1980, p.&nbsp;120). Et, en effet, Elfried Jelinek en fait l\u2019aveu dans un entretien r\u00e9cent&nbsp;: \u201cTout ce qu\u2019on ne peut pas penser, il faut l\u2019\u00e9crire. L\u2019impensable, il faut l\u2019exorciser dans l\u2019\u00e9criture, comme par une conjuration du sort, c\u2019est le seul moyen que le cerveau n\u2019explose pas\u201d (Seuil, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui marque les productions exceptionnelles, pour Anzieu, c\u2019est qu\u2019 \u201cune exp\u00e9rience est advenue, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e, ni m\u00eame \u00e9prouv\u00e9e comme telle, car elle \u00e9tait celle d\u2019un autre, disparu depuis (\u2026) ou (l\u2019int\u00e9ress\u00e9) n\u2019existait pas comme sujet apte \u00e0 l\u2019\u00e9prouver (\u2026) Autour de cet impens\u00e9, de cet innommable, de cet irrepr\u00e9sent\u00e9, de cet in\u00e9prouvable, l\u2019\u0153uvre compose une peau imaginaire, analogue \u00e0 celle du r\u00eave, et une peau symbolique de mots, dans un entrelacs d\u2019images plastiques et sonores\u201d (1980, p.&nbsp;124). Les \u00e9preuves projectives de certains cr\u00e9ateurs qui ont accept\u00e9 de passer Rorschach et TAT rendent compte, en effet, de difficult\u00e9s de symbolisation qui contrastent avec l\u2019aspect abouti de leurs \u0153uvres (Emmanuelli M., 2001&nbsp;; Peruchon M., Orgiazzi Balland I., 2005). Tant\u00f4t l\u2019excitation qui pr\u00e9vaut face aux sollicitations du mat\u00e9riel projectif, et qui d\u00e9sorganise le discours, se transpose avec une intensit\u00e9 hautement symbolis\u00e9e dans des tableaux \u00e9clair\u00e9s par cette source pulsionnelle. Tant\u00f4t les protocoles profond\u00e9ment inhib\u00e9s, qui r\u00e9v\u00e8lent une difficult\u00e9 majeure \u00e0 imaginer, \u00e0 \u201cjouer\u201d, relevant d\u2019un fonctionnement op\u00e9ratoire, font \u00e9cho \u00e0 l\u2019\u0153uvre en \u00e9voquant la lutte contre l\u2019angoisse de vide suscit\u00e9e par un objet d\u00e9faillant, qui entra\u00eene des difficult\u00e9s de repr\u00e9sentation de la s\u00e9paration et de la perte. L\u2019\u0153uvre, ancr\u00e9e sur l\u2019agir, permet-elle alors d\u2019exprimer de mani\u00e8re symbolis\u00e9e affects et repr\u00e9sentations, ou plut\u00f4t de les \u00e9vacuer, \u00e0 l\u2019instar des objets insuffisamment trait\u00e9s par la fonction <em>alpha<\/em> de la psych\u00e9 maternelle&nbsp;? Quoi qu\u2019il en soit, c\u2019est au plus proche de l\u2019exp\u00e9rience corporelle, de ses rythmes, de l\u2019alternance pr\u00e9sence\/absence auxquels ceux-ci renvoient, qu\u2019elle se constitue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le noyau sensible trouv\u00e9 par le cr\u00e9ateur aux marges de lui-m\u00eame et qu\u2019il invente pour cr\u00e9er, nous dit en effet Anzieu, est tr\u00e8s proche d\u2019une exp\u00e9rience du corps&nbsp;: c\u2019est un inv\u00e9cu corporel, un mat\u00e9riau psychique primaire. Les \u0153uvres de Bacon et Beckett illustrent \u00e0 ses yeux de fa\u00e7on compl\u00e9mentaire l\u2019impact \u201ccatastrophique\u201d des sensations sur la psych\u00e9. En lien avec un d\u00e9faut pr\u00e9coce du pare-excitation, ces sensations v\u00e9cues dans l\u2019exc\u00e8s et le d\u00e9bordement pour le premier, dans l\u2019effacement pour l\u2019autre, nourrissent des \u0153uvres qui, chez Bacon, donnent figuration \u00e0 cette violence, traduisent en image les troubles du Moi-peau, ou, chez Beckett, refl\u00e8tent le vacillement de la perception de l\u2019objet, dont d\u00e9coule le sentiment d\u2019innommable, d\u2019absurde.<\/p>\n\n\n\n<p>Bacon, qui d\u00e9crit un \u201cbrouillard de sensations\u201d lorsqu\u2019il cr\u00e9e, parle d\u2019\u201cattraper la sensation et de la mettre sur la toile\u201d. Le traumatisme li\u00e9 \u00e0 un surplus d\u2019excitation, d\u00fb sans doute aux particularit\u00e9s de l\u2019enfant, et au d\u00e9faut de contenance et de \u201ctransformation\u201d de la fonction maternelle, peut aboutir \u00e0 l\u2019autisme, \u00e0 l\u2019enfermement, \u00e0 l\u2019exemple du personnage de Grenouille, agripp\u00e9 \u00e0 l\u2019olfaction dans le roman de S\u00fcskind <em>Le parfum<\/em>. Il peut aboutir \u00e0 des \u0153uvres qui touchent, tout en d\u00e9rangeant profond\u00e9ment le public, devenu d\u00e9positaire d\u2019une identification projective en qu\u00eate de contenant et de transformateur. Chez certains artistes, la fragilit\u00e9 narcissique et d\u00e9pressive, qui appauvrit les protocoles de projectifs et donne \u00e0 voir un traitement perceptif visant le d\u00e9ni de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, peut \u00eatre source d\u2019un processus cr\u00e9atif qui, apaisant l\u2019artiste, parvient aussi \u00e0 toucher le public.<br>Michel de M\u2019Uzan (1964) explique la n\u00e9cessit\u00e9 de passer par l\u2019\u0153uvre par un d\u00e9faut du syst\u00e8me d\u2019\u00e9laboration psychique\u00a0: on peut mieux comprendre d\u00e8s lors ce d\u00e9faut de symbolisation qui appara\u00eet comme caract\u00e9ristique pr\u00e9valente des protocoles de projectifs de cr\u00e9ateurs reconnus, peintres et \u00e9crivains. Au-del\u00e0 de cette difficult\u00e9 \u00e0 symboliser, on peut aussi gr\u00e2ce aux \u00e9preuves projectives mettre en \u00e9vidence des modalit\u00e9s particuli\u00e8res d\u2019appui sur le perceptif qui \u00e9clairent, chez certains, le substrat de la cr\u00e9ativit\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rant celle-ci \u00e0 une utilisation tr\u00e8s particuli\u00e8re du percept et du sensoriel, qui suppl\u00e9e aux difficult\u00e9s d\u2019\u00e9laboration psychique. L\u2019exc\u00e8s de r\u00e9ceptivit\u00e9 pulsionnelle et sensorielle qui semble \u00eatre \u00e0 la source intime du processus cr\u00e9atif, et se lie aux temps premiers d\u2019organisation du psychisme, aboutit, quand il peut \u00eatre utilis\u00e9, \u00e0 la cr\u00e9ation. Celle-ci les utilise, les transpose, en d\u00e9voile la trace dans l\u2019\u0153uvre, avec une distance plus ou moins r\u00e9ussie, le clivage permettant souvent un double registre de fonctionnement\u00a0; elles aboutissent parfois, comme c\u2019est le cas chez Van Gogh, \u00e0 un envahissement hallucinatoire\u00a0; elles provoquent sans doute aussi les mouvements d\u00e9fensifs massifs qui m\u00e8nent au contr\u00f4le, au rejet de l\u2019excitation, \u00e0 l\u2019attachement d\u00e9symbolis\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re.<br>J\u2019aimerais conclure cet expos\u00e9, qui m\u2019a donn\u00e9 le grand plaisir de suivre Didier Anzieu au fil de certains de ses textes, avec deux citations qui refl\u00e8tent, me semble-t-il, sa position devant la cr\u00e9ation et sans doute devant la vie. \u201cL\u2019\u0153uvre -\u00e9crit-il- est l\u2019affirmation narcissique de la libert\u00e9 psychique des humains face \u00e0 l\u2019in\u00e9luctable n\u00e9cessit\u00e9 ext\u00e9rieure (\u2026) tout cr\u00e9ateur (\u2026) le devient par un besoin d\u2019acte en quelque sorte gratuit et pour inscrire dans une \u0153uvre le r\u00eave ou la volont\u00e9 d\u2019\u00e9chapper aux limites de sa vie individuelle, voire de la condition humaine\u201d (1977, p.\u00a0618).<br>Christine Anzieu-Premmereur va parler \u00e0 pr\u00e9sent de la naissance de la pens\u00e9e et de l\u2019humour. La seconde citation, issue d\u2019une br\u00e8ve nouvelle de Didier Anzieu, publi\u00e9e dans le recueil <em>Contes \u00e0 rebours<\/em>, illustre l\u2019humour de ce dernier. La nouvelle, intitul\u00e9e <em>Le D\u00e9sert des Tartares<\/em>, commence ainsi\u00a0: \u201cLa cinquantaine approchant, il avait lu avec irritation le <em>D\u00e9sert des Tartares<\/em>. La destin\u00e9e du lieutenant Giovanni Drogo le scandalisait. Passer sa vie \u00e0 diff\u00e9rer de vivre lui semblait inconcevable, inadmissible, contradictoire\u201d. Le protagoniste est un universitaire qui, \u00e0 partir de cette prise de conscience, court sa vie durant apr\u00e8s le processus de cr\u00e9ation tout en remettant \u00e0 plus tard sa v\u00e9ritable r\u00e9alisation et finit \u201cde plus en plus v\u00e9g\u00e9tatif, mais cela ne le g\u00eanait pas\u201d. Voici la fin\u00a0: \u201cAvant de mourir, il connut un \u00e9clair de lucidit\u00e9, sut qu\u2019il avait rat\u00e9 son destin, prit peur de la mort. Il eut un second \u00e9clair\u00a0: il d\u00e9couvrit que vivre consistait pour chacun \u00e0 chercher une fa\u00e7on personnelle de g\u00e2cher son existence et que la pens\u00e9e pouvait contribuer \u00e0 ce r\u00e9sultat. Il comprit aussi que le lieutenant Giovanni Drogo (le h\u00e9ros de Buzzati) l\u2019avait devin\u00e9 avant lui et il mourut mal car mourir lui apparut comme l\u2019ultime mani\u00e8re de rater sa vie\u201d (1975, p.\u00a063). Le colloque d\u2019aujourd\u2019hui, centr\u00e9 sur la pens\u00e9e vivante de Didier Anzieu, nous montre comme penser\/cr\u00e9er peut \u00eatre une mani\u00e8re de r\u00e9ussir sa vie, et m\u00eame l\u2019au-del\u00e0 de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Anzieu D., (1974), <em>L\u2019Auto-analyse de Freud et la d\u00e9couverte de la psychanalyse, 2 t<\/em>., Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu D., (1974a), Le moi-peau, <strong>Nouvelle Revue de psychanalyse<\/strong>, 9, p.&nbsp;195-208.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu D., (1974b), <em>Psychanalyse du G\u00e9nie cr\u00e9ateur<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu D., (1975), <em>Contes \u00e0 rebours<\/em>, Paris, Christian Bourgois.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu D., (1977), Les traces du corps dans l\u2019\u00e9criture, in Anzieu D., (dir), <em>Psychanalyse et langage. 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