{"id":9875,"date":"2021-08-22T07:30:51","date_gmt":"2021-08-22T05:30:51","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/une-invitation-a-penser-2\/"},"modified":"2022-08-30T12:26:33","modified_gmt":"2022-08-30T10:26:33","slug":"une-invitation-a-penser","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/une-invitation-a-penser\/","title":{"rendered":"Une invitation \u00e0 penser"},"content":{"rendered":"\n<p>Je propose donc d\u2019envisager cette premi\u00e8re rencontre dans le cadre psychop\u00e9dagogique comme une invitation \u00e0 penser. Je ne suis pas enseignante mais psychologue, j\u2019ai une pratique de la m\u00e9diation th\u00e9rapeutique depuis un certain temps et une pratique de la psychop\u00e9dagogie plus r\u00e9cente. Il est donc question dans cette journ\u00e9e de premi\u00e8re fois, de cette premi\u00e8re rencontre entre un enfant et nous. Dans quel contexte je rencontre un enfant&nbsp;? Il aura vu un consultant auparavant qui l\u2019aura dirig\u00e9 vers moi, suivant des modalit\u00e9s de prise en charge particuli\u00e8res qui peuvent se r\u00e9sumer de la fa\u00e7on suivante&nbsp;: ce qui s\u2019est v\u00e9cu dans la premi\u00e8re rencontre entre le consultant, l\u2019enfant et sa famille, a amen\u00e9 le consultant \u00e0 se poser la question d\u2019une indication psychoth\u00e9rapeutique ou psychop\u00e9dagogique. Il a donc pens\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 une rencontre entre l\u2019enfant et moi. Cette pens\u00e9e est pour ainsi dire le cadre de cette premi\u00e8re rencontre. De cette pens\u00e9e une large part nous \u00e9chappe, une autre part nous est livr\u00e9e&nbsp;: l\u2019enfant a des difficult\u00e9s scolaires, les parents sont inquiets, il ne suit pas en classe, il fait des fautes d\u2019orthographe, il ne sait pas ses conjugaisons, des hypoth\u00e8ses sont \u00e9voqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Or il est un fait que dans ce lieu qu\u2019est le CMPP du centre E. Marcel, institution th\u00e9rapeutique reconnaissant la psychanalyse, tout intervenant ne pense pas les difficult\u00e9s scolaires comme relevant d\u2019une r\u00e9\u00e9ducation p\u00e9dagogique (il ne s\u2019agit pas de r\u00e9\u00e9ducation orthop\u00e9dique). Dans le langage \u201cpsy\u201d, si j\u2019ose dire, les difficult\u00e9s scolaires, et donc les hypoth\u00e8ses concernant l\u2019origine de ces difficult\u00e9s scolaires, vont \u00eatre traduites en terme de probl\u00e9matique psychique. Nous supposons donc \u00e0 cette prise en charge un effet th\u00e9rapeutique. Mais si on pense les difficult\u00e9s scolaires en termes de probl\u00e9matique psychique, alors pourquoi le choix de la psychop\u00e9dagogie plut\u00f4t que de la th\u00e9rapie&nbsp;? L\u2019enfant n\u2019est-il pas pr\u00eat&nbsp;? Ce n\u2019est pas sa demande&nbsp;? La question reste ouverte et le choix de l\u2019orientation, bien entendu, toujours singulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais vous raconter l\u2019histoire de ma premi\u00e8re rencontre avec Simon. \u00c0 ce moment l\u00e0, il a 8 ans, en classe de CE2, petit gar\u00e7on fluet et bien peign\u00e9, il se pr\u00e9sente \u00e0 moi les yeux baiss\u00e9s, chuchotant un bonjour inquiet. Je suis d\u2019embl\u00e9e impressionn\u00e9e par tant de timidit\u00e9, je le sens craintif. Je lui demande s\u2019il sait pourquoi nous nous rencontrons. Il me r\u00e9pond que c\u2019est pour voir comment va son travail. Je lui demande ce qu\u2019il en pense et il me dit que \u00e7a ne va pas, que c\u2019est l\u2019orthographe, la conjugaison. Je lui demande comment se passe pour lui l\u2019\u00e9cole. Il se met alors \u00e0 me d\u00e9tailler son emploi du temps, enti\u00e8rement, avec une extr\u00eame pr\u00e9cision, du lundi au vendredi, heure du bain comprise (le lundi matin, on fait de l\u2019\u00e9ducation civique puis des math\u00e9matiques\u2026 etc., jusqu\u2019au vendredi cinq heures). Je suis un peu ahurie par cette r\u00e9ponse. Cette \u00e9num\u00e9ration du contenu de ses journ\u00e9es est inattendue et presque inqui\u00e9tante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019on pr\u00eate comme savoir \u00e0 l\u2019enfant me semble central dans la question de la p\u00e9dagogie et nous ram\u00e8ne \u00e0 la diff\u00e9rence entre ce qui se sait et ce qui s\u2019apprend, et c\u2019est dans cet espace qu\u2019il me semble que j\u2019interviens. Donc, il est clair que Simon ne veut pas me dire ce qu\u2019il ressent. Il m\u2019a renvoy\u00e9 poliment dans mes quinze m\u00e8tres, sans doute pas dupe de la duplicit\u00e9 s\u00e9mantique de ma question. Ici il s\u2019agit de travailler, de penser, pas de dire comment on se sent, et pourtant\u2026 Il m\u2019a sembl\u00e9 qu\u2019il me disait aussi, par le r\u00e9cit de cet emploi du temps, tout ce dont il avait besoin en termes de cadre contenant et rassurant. Je le sens tr\u00e8s triste et j\u2019\u00e9prouve une difficult\u00e9 \u00e0 lui proposer les quelques exercices qui nous donnerons une id\u00e9e sur l\u00e0 o\u00f9 il en est de ses apprentissages. O\u00f9 est-il, lui, Simon, face \u00e0 la lecture, \u00e0 l\u2019\u00e9criture&nbsp;? Il est cens\u00e9 avancer dans la ma\u00eetrise de la langue \u00e9crite. Or se situer face \u00e0 la langue \u00e9crite cela ne va pas de soi, et pour Simon c\u2019est particuli\u00e8rement difficile. Je lui propose de lire. Il accroche \u00e0 chaque mot s\u2019aidant de son doigt qui pointe chaque lettre, et plus qu\u2019un r\u00e9cit j\u2019\u00e9coute une suite de mots qui deviennent des choses pos\u00e9es les unes \u00e0 la suite des autres, \u00e0 la force du d\u00e9chiffrage. Je lis \u00e0 mon tour les m\u00eames phrases et nous parlons de ce que \u00e7a raconte. Quand je lui demande de relire, sa lecture est plus fluide. Ce court moment d\u2019appr\u00e9hension de la lecture \u00e0 deux peut para\u00eetre magique ou simpliste. Qu\u2019ai-je fait d\u2019autre que d\u2019accompagner cet enfant dans cette lecture&nbsp;? \u00catre avec lui, partager le fait que savoir les lettres, savoir les assembler, et que cela ait du sens, peut \u00eatre int\u00e9ressant. Bien entendu, cela ne marche pas avec tous mais <em>a priori<\/em> avec Simon l\u2019\u00e9tayage fonctionne. Il ne montre rien d\u2019un plaisir ou d\u2019un agacement, il est poli et triste. Nous \u00e9changeons peu de commentaires et sa tristesse me contamine, je n\u2019ai aucune envie de le mettre face \u00e0 ses difficult\u00e9s. J\u2019\u00e9vite la dict\u00e9e et lui demande d\u2019\u00e9crire une courte histoire en trois ou quatre phrases. L\u2019histoire est la suivante&nbsp;: la ch\u00e8vre s\u2019est endormie sous l\u2019arbre. Une pomme lui est tomb\u00e9e sur la t\u00eate. La ch\u00e8vre a pouss\u00e9 un grand cri. Nous reprenons les phrases et corrigeons les fautes ensemble, je lui demande pour finir de faire le dessin qui illustre l\u2019histoire, il y prend du plaisir, se concentre, s\u2019applique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout d\u2019une demi-heure je suis fatigu\u00e9e par cette rencontre mais Simon semble plus d\u00e9tendu. Je lui propose de le revoir encore une fois pour voir comment on pourrait travailler ensemble et il est d\u2019accord (je lui signifie donc que moi j\u2019ai envie que l\u2019on se revoit). Dans le couloir, alors que je le raccompagne, il s\u2019arr\u00eate, me regarde et me dit&nbsp;: \u201calors, ici, on soigne les gens&nbsp;?\u201d Sa question me surprend et je lui r\u00e9ponds oui un peu d\u00e9concert\u00e9e. Pourquoi pose-t-il cette question tellement pertinente&nbsp;? C\u2019est qui les gens pour lui&nbsp;? Est-ce qu\u2019il veut s\u2019assurer que je vais prendre soin de lui&nbsp;? Pense-t-il qu\u2019on peut le soigner de son orthographe d\u00e9fectueuse, de ses difficult\u00e9s \u00e0 conjuguer&nbsp;? Est-ce qu\u2019il se demande si travailler l\u2019orthographe, la grammaire, la conjugaison, soigne, peut le soigner de cette pomme qui lui est tomb\u00e9e sur la t\u00eate alors qu\u2019il dormait tranquillement sous un arbre. Car dans l\u2019histoire de Simon, il s\u2019est produit quelque chose de similaire \u00e0 ce qu\u2019a v\u00e9cu cette pauvre ch\u00e8vre. Il a une maman qui ne peut \u00eatre pr\u00e9sente parce qu\u2019elle a elle-m\u00eame trop besoin de soins. Ce qui a amen\u00e9 les parents \u00e0 se s\u00e9parer. Quand le p\u00e8re de Simon l\u2019a amen\u00e9 avec son petit fr\u00e8re en consultation au CMPP, c\u2019est sans doute pour qu\u2019on prenne soin d\u2019eux. Quand Simon demande \u201calors ici on soigne les gens\u201d il remet chez moi cette question au travail. Travailler les r\u00e8gles de la conjugaison est-ce que \u00e7a soigne&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Suivre une r\u00e8gle, qu\u2019est-ce que \u00e7a peut bien vouloir dire&nbsp;? Apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire c\u2019est suivre une r\u00e8gle, en l\u2019occurrence c\u2019est suivre la r\u00e8gle de la m\u00e9thode p\u00e9dagogique de l\u2019enseignant, or des m\u00e9thodes on le sait il y en a plusieurs, r\u00e9guli\u00e8rement on les change, on les discute, elles deviennent objet d\u2019id\u00e9ologie, bataille politique au sein de la cit\u00e9 p\u00e9dagogique. Non seulement il n\u2019existe pas une r\u00e8gle, mais il y a toujours plusieurs fa\u00e7ons de suivre une r\u00e8gle. Quand les enseignants font le constat que les enfants pour qui \u201c\u00e7a marche\u201d savent lire avant que le programme ne soit fini, c\u2019est que l\u2019enfant construit un syst\u00e8me de compr\u00e9hension \u00e0 partir de la m\u00e9thode propos\u00e9e. Il le cr\u00e9e pour ainsi dire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>A priori<\/em> Simon est bien trop emp\u00each\u00e9 par cette pomme pour avoir la place dans sa t\u00eate et surtout le d\u00e9sir de cr\u00e9er ce syst\u00e8me de compr\u00e9hension. Nous avons vu que sa lecture accroche et que ce qu\u2019il lit ne peut pas de fait avoir de sens, le d\u00e9chiffrage prend trop de place, ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 l\u2019accompagner dans le fait que ce qu\u2019on lit a un sens et que tout \u00e9crit, depuis le conte jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019exercice de grammaire, nous raconte quelque chose. Pourquoi apr\u00e8s en avoir discut\u00e9 avec le consultant de Simon, prendre la d\u00e9cision suivante&nbsp;: je le suivrai dans le cadre de la psychop\u00e9dagogie. Nous r\u00e9pondions ainsi \u00e0 la demande du p\u00e8re, au probl\u00e8me que Simon mettait en avant. Voici donc ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9 notre premi\u00e8re rencontre entre Simon et moi, mais que dire en soi d\u2019une premi\u00e8re rencontre sans en \u00e9voquer les r\u00e9pliques (au sens de la sismologie), les \u00e9chos. Choisir si j\u2019ose dire d\u2019\u00e9chouer dans les apprentissages scolaires rel\u00e8ve sans doute d\u2019une \u201ccausalit\u00e9\u201d propre \u00e0 l\u2019enfant. Le pourquoi des \u201cdifficult\u00e9s d\u2019apprentissage\u201d, je ne suis pas sens\u00e9e m\u2019en occuper mais il est assur\u00e9ment pr\u00e9sent dans chacune de nos rencontres&nbsp;; je m\u2019occupe des r\u00e8gles de la langues fran\u00e7aise. En quoi ce \u201cpourquoi il ne m\u2019apprend pas les conjugaisons\u201d comme dit le p\u00e8re de Simon, est-il pr\u00e9sent&nbsp;? Il est pr\u00e9sent chez Simon bien entendu car c\u2019est l\u00e0 que le b\u00e2t blesse et il est pr\u00e9sent chez moi. Qu\u2019est-ce que je lui propose dans ces espaces de rencontre&nbsp;: un lieu pour penser, penser les r\u00e8gles de la langue fran\u00e7aise et penser l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, s\u2019\u00e9prouver, de fait, comme dans toute rencontre. Simon y met de la bonne volont\u00e9 et montre qu\u2019il peut y arriver. L\u2019ambiance est studieuse. On conjugue, on utilise les conjugaisons dans des phrases, je l\u2019accompagne dans une appropriation de ces r\u00e8gles. Je le laisse r\u00e9fl\u00e9chir et dans ces temps de silence o\u00f9 il pense, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il trouve sa propre r\u00e8gle de compr\u00e9hension de la r\u00e8gle commune. Simon avance dans ses acquisitions qui se stabilisent et il acquiert les bases comme on dit, son \u00e9criture se fluidifie, sa lecture aussi. Il appara\u00eet de plus en plus clairement que l\u2019orthographe fluctue au rythme de son humeur. \u00c0 l\u2019\u00e9cole, les notes sont plus gratifiantes. Mais Simon est toujours triste. Nous n\u2019avons pas pris soin de sa tristesse, ni de son agressivit\u00e9 qu\u2019il contient en apparence et qui attaque les conjugaisons. Il a investi nos rencontres. Quand je vais le chercher dans la salle d\u2019attente, nous nous disons bonjour&nbsp;; mon bonjour s\u2019adresse \u00e0 lui mais \u00e9galement \u00e0 la <em>baby-sitter<\/em> et \u00e0 son petit fr\u00e8re. Quand il arrive dans le bureau, il s\u2019assoit, me regarde, sourit et me dit bonjour \u00e0 nouveau, comme pour dire que l\u00e0 cela se passe entre lui et moi. Il a \u00e9veill\u00e9 en moi quelque chose d\u2019un d\u00e9sir de le contenir, de le rassurer. En m\u00eame temps, cette ambiance studieuse caract\u00e9ristique de nos rencontres me parait tr\u00e8s importante. Il me semble qu\u2019elle est un indice que Simon ne peut pas se laisser aller \u00e0 trop de d\u00e9tente, ou \u00e0 trop d\u2019agressivit\u00e9, dans cette relation avec moi. J\u2019ai tendance \u00e0 penser qu\u2019il s\u2019agit pour lui de ne pas trahir sa m\u00e8re en ayant du plaisir avec une autre dame. De plus il ne faudrait pas qu\u2019il s\u2019endorme au risque de recevoir une pomme sur la t\u00eate.<br>De quoi a-t-on pris soin chez Simon&nbsp;? J\u2019ai pris soin de lui laisser le temps et l\u2019espace de s\u2019approprier de fa\u00e7on plus assur\u00e9e la lecture et l\u2019\u00e9criture, de l\u2019accompagner dans cette appropriation et j\u2019ai pris soin de notre lien. Ce dont nous n\u2019avons pas encore pris soin c\u2019est de sa tristesse, mais nous (le consultant) y pensons. Derni\u00e8rement, je vais le chercher dans la salle d\u2019attente, et l\u00e0 une sc\u00e8ne assez violente a lieu, la <em>baby-sitter<\/em>, du moment, s\u2019avance vers moi mi-affol\u00e9e, mi-agressive, me dit qu\u2019il faut que je donne un rendez-vous \u00e0 son p\u00e8re, qu\u2019ils ne s\u2019en sortent plus, que c\u2019est l\u2019enfer avec Simon, que \u00e7a se passe tr\u00e8s mal au moment des devoirs. Je suis abasourdie par son discours, je pense \u00e0 Simon qui est l\u00e0 et entend tout \u00e7a de lui. Je coupe court \u00e0 ce flot de paroles et lui dit que je donnerai un rendez-vous au p\u00e8re de Simon apr\u00e8s l\u2019avoir vu. Nous entrons dans le bureau, il ne change rien \u00e0 son rituel du bonjour, comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Je lui demande ce qui se passe, il me r\u00e9pond qu\u2019il ne se passe rien, qu\u2019il ne sait pas. J\u2019insiste en lui disant que sa <em>baby-sitter<\/em> avait dit des choses tr\u00e8s dures. Je ne fais pas comme si de rien \u00e9tait, et je pousse les limites du cadre p\u00e9dagogique. Il dit qu\u2019il en a marre qu\u2019on soit sur son dos pour les devoirs, qu\u2019il peut les faire tout seul \u00e0 pr\u00e9sent. Que si on le laissait les faire tout seul il aurait le temps de jouer. Je lui rappelle que lorsqu\u2019on s\u2019est rencontr\u00e9 la premi\u00e8re fois les devoirs posaient un probl\u00e8me, son papa s\u2019inqui\u00e9tait et souvent il criait pour les devoirs, puis il n\u2019en a plus \u00e9t\u00e9 question. Aujourd\u2019hui il me dit que le probl\u00e8me c\u2019est pas les devoirs, qu\u2019il peut, qu\u2019il voudrait les faire seul. Je lui demande alors ce qui ne va pas. Il me r\u00e9pond qu\u2019il ne sait pas. Me revient en m\u00e9moire qu\u2019il m\u2019avait dit qu\u2019il lui arrivait de faire ses devoirs avec la nouvelle compagne de son p\u00e8re et que \u00e7a se passait bien. Je lui demande s\u2019il continue \u00e0 faire appel \u00e0 elle. Il me dit qu\u2019elle vient de quitter la maison parce qu\u2019elle s\u2019est disput\u00e9e avec son p\u00e8re. Je lui demande si c\u2019est le probl\u00e8me, il me dit qu\u2019il ne sait pas. Je finis par lui demander ce qu\u2019il ne sait pas et il me r\u00e9pond qu\u2019il ne sait pas pourquoi papa et maman se sont disput\u00e9s. Je lui demande alors s\u2019il voudrait en parler avec son consultant, il me dit oui.<br>L\u2019histoire de Simon est bien entendu singuli\u00e8re. Elle pose cependant la question de la dimension du soin dans une approche psychop\u00e9dagogique. Est-ce le psy coll\u00e9 au p\u00e9dagogique qui fait le soin&nbsp;? Ce qui fait le soin, c\u2019est notre fa\u00e7on de penser l\u2019enfant, notre fa\u00e7on d\u2019aborder l\u2019objet qui nous r\u00e9unit avec l\u2019enfant, et donc notre fa\u00e7on elle aussi singuli\u00e8re d\u2019accompagner cet enfant dans une approche de cet objet. Alors que Simon est \u00e0 pr\u00e9sent plus assur\u00e9 face aux r\u00e8gles de la langue fran\u00e7aise, qu\u2019il commence \u00e0 prendre plaisir \u00e0 lire, le conflit autour des devoirs resurgit, \u00e0 nouveau suite \u00e0 une s\u00e9paration. Simon ne sait plus conjuguer, quand \u00e0 la maison le conjugal d\u00e9conjugue. Je passe la main pour ce qu\u2019il en est de cette question et poursuit avec Simon l\u2019apprentissage des conjugaisons.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9875?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je propose donc d\u2019envisager cette premi\u00e8re rencontre dans le cadre psychop\u00e9dagogique comme une invitation \u00e0 penser. 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