{"id":9862,"date":"2021-08-22T07:30:49","date_gmt":"2021-08-22T05:30:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/pensees-sur-la-position-depressive-2\/"},"modified":"2021-10-08T04:02:03","modified_gmt":"2021-10-08T02:02:03","slug":"pensees-sur-la-position-depressive","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/pensees-sur-la-position-depressive\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9es sur la position d\u00e9pressive"},"content":{"rendered":"\n<p>J\u2019ai cherch\u00e9 dans les \u00e9crits de M\u00e9lanie Klein les premi\u00e8res allusions de sa pens\u00e9e \u00e0 la position d\u00e9pressive. Dans l\u2019article qu\u2019elle a \u00e9crit en 1929 intitul\u00e9 <em>Les situations d\u2019angoisse de l\u2019enfant et leur reflet dans une \u0153uvre d\u2019art et dans l\u2019\u00e9lan cr\u00e9ateur<\/em>, elle parle d\u2019un petit gar\u00e7on qui est le protagoniste de l\u2019op\u00e9ra de Ravel, <em>L\u2019Enfant et les sortil\u00e8ges<\/em>. Dans cet op\u00e9ra, le petit gar\u00e7on se laisse aller \u00e0 une orgie de destructivit\u00e9. Mais apr\u00e8s cette orgie, quelque chose change en lui&nbsp;: il semble d\u00e9velopper une capacit\u00e9 pour la compassion. Il \u00e9prouve de la compassion pour un petit animal, un \u00e9cureuil bless\u00e9. Le petit gar\u00e7on est entour\u00e9 \u00e0 ce moment l\u00e0 d\u2019animaux bienveillants. Les animaux bienveillants semblent encourager ce bourgeonnement de r\u00e9paration. Il s\u2019agit, je crois, d\u2019un clin d\u2019\u0153il \u00e0 la position d\u00e9pressive, m\u00eame si M\u00e9lanie Klein n\u2019a pas encore nomm\u00e9 ce terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Je reviendrai plus tard sur l\u2019importance de la pr\u00e9sence d\u2019un objet bienveillant et pas trop s\u00e9v\u00e8re, pour rendre la r\u00e9paration possible. M\u00e9lanie Klein ne parle de la position d\u00e9pressive qu\u2019en 1935 et m\u00eame s\u2019il est clair qu\u2019elle d\u00e9crit quelque chose de tr\u00e8s diff\u00e9rent de la d\u00e9pression clinique, le choix de l\u2019expression \u201cposition d\u00e9pressive\u201d n\u2019est pas tr\u00e8s heureux et peut cr\u00e9er des confusions. Je citerai ce que Donald Winnicott dit \u00e0 ce sujet-l\u00e0, c\u2019est-\u00e0-dire sur le terme \u201cposition d\u00e9pressive\u201d. Donald Winnicott dit&nbsp;: \u201cCette expression est mauvaise pour un processus normal mais personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 capable d\u2019en trouver une meilleure. A mon avis, il aurait fallu l\u2019appeler le stade de la sollicitude (<em>concern<\/em>). Selon Winnicott le concept est bien introduit par cette expression et il dit que le mot <em>concern<\/em> est inclus dans les descriptions de M\u00e9lanie Klein, mais qu\u2019il ne recouvre pas tout le concept et qu\u2019il faudra donc garder le terme \u201cposition d\u00e9pressive\u201d. Winnicott poursuit, dans ce m\u00eame article intitul\u00e9 <em>La position d\u00e9pressive<\/em>, par une distinction entre \u201cla d\u00e9pression qui est un sympt\u00f4me morbide et indique une humeur\u201d et la position d\u00e9pressive qu\u2019il consid\u00e8re comme \u201cun ph\u00e9nom\u00e8ne indiscutable, celui du passage de tout \u00eatre humain de la pr\u00e9-compassion \u00e0 la compassion ou sollicitude\u201d. Il emploie aussi le mot \u201cimpitoyable\u201d. D\u2019abord, il dit&nbsp;: \u201cLe petit enfant (de notre point de vue) est impitoyable\u201d. Et, plus loin&nbsp;: \u201cA un moment ou \u00e0 un autre, dans l\u2019histoire du d\u00e9veloppement de tout \u00eatre humain normal, il y a ce passage du stade de la pr\u00e9-compassion (<em>pre-ruth<\/em>) \u00e0 celui de la compassion (<em>ruth<\/em>).\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des id\u00e9es centrales de la position d\u00e9pressive d\u2019apr\u00e8s M\u00e9lanie Klein est la capacit\u00e9 de soutenir le conflit, de percevoir comme une seule, la personne pour laquelle on \u00e9prouve de l\u2019amour et de la haine. Si on parvient \u00e0 soutenir la peine psychique que ce sentiment contradictoire am\u00e8ne, on peut commencer \u00e0 s\u2019engager dans un processus de r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me concentrerai aujourd\u2019hui sur le concept de r\u00e9paration qui me semble un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s essentiel de la position d\u00e9pressive. Mais avant de passer au mat\u00e9riel clinique, je voudrais rapporter quelques mots des <em>Souvenirs et r\u00e9cits<\/em> de L\u00e9on Tolsto\u00ef (c\u2019est-\u00e0-dire ses m\u00e9moires), qui ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9es par Paolo Carignani (1992) dans un article concernant la r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des mots qui nous disent, sous la plume de Tolsto\u00ef, la peine psychique, l\u2019angoisse d\u00e9pressive \u00e9prouv\u00e9e par l\u2019enfant qui a des difficult\u00e9s \u00e0 mettre ensemble des sentiments de haine et d\u2019amour pour ses parents. Tolsto\u00ef parle de \u201cses premiers souvenirs\u201d, mais il dit&nbsp;: \u201cA propos de certains d\u2019entre eux, je ne sais m\u00eame pas s\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 ou d\u2019un r\u00eave.\u201d On l\u2019\u00e9coute, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un r\u00eave. \u201cVoici mes premiers souvenirs\u201d(\u2026)&nbsp;: \u201cJe suis attach\u00e9&nbsp;; je veux d\u00e9gager mes bras, je ne peux le faire, je crie et je pleure et mes cris sont p\u00e9nibles m\u00eame pour moi&nbsp;; mais je ne peux m\u2019arr\u00eater. Au-dessus de moi se tient, pench\u00e9, quelqu\u2019un, je ne me rappelle plus qui. Et tout ceci dans une demi-obscurit\u00e9. Mais je me rappelle qu\u2019ils sont deux.\u201d Il poursuit&nbsp;: \u201cMes cris leur font de l\u2019effet&nbsp;: ils s\u2019en inqui\u00e8tent, mais ne me d\u00e9tachent pas, ce que je d\u00e9sire et je crie encore plus fort.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, il continue&nbsp;: \u201cJe sens l\u2019injustice et la cruaut\u00e9 non des gens car ils me plaignent, mais du sort, et j\u2019\u00e9prouve de la piti\u00e9 pour moi-m\u00eame. Je ne sais pas et jamais je ne saurai ce que c\u2019\u00e9tait&nbsp;: \u00e9taient-ce mes langes de nourrisson dont j\u2019essayais de lib\u00e9rer mes bras, ou \u00e9tait-ce un maillot dont on m\u2019enveloppait lorsque j\u2019avais plus d\u2019un an pour m\u2019emp\u00eacher de gratter ma gourme&nbsp;? Ai-je r\u00e9uni en ce seul souvenir, comme cela arrive en r\u00eave, beaucoup d\u2019impressions&nbsp;? Ce qui est sur, c\u2019est que ce fut l\u00e0 ma premi\u00e8re et ma plus forte impression\u201d. L\u00e9on Tolsto\u00ef nous dit qu\u2019il n\u2019est pas f\u00e2ch\u00e9 avec ses deux parents pench\u00e9s sur son berceau, parce qu\u2019ils le \u201cplaignent\u201d et ce peut-\u00eatre ils le liaient pour son bien, pour \u00e9viter qu\u2019il gratte son ecz\u00e9ma. La col\u00e8re est cliv\u00e9e, elle est ressentie contre la cruaut\u00e9 du \u201csort\u201d. On voit l\u00e0 ce qu\u2019on pourrait d\u00e9crire comme une d\u00e9fense contre la peine psychique de la position d\u00e9pressive, une d\u00e9fense contre l\u2019exp\u00e9rience d\u2019avoir de l\u2019amour et de la haine pour la m\u00eame personne ou pour les m\u00eames personnes. La plume de Tolsto\u00ef nous d\u00e9crit merveilleusement le conflit des deux sentiments oppos\u00e9s, l\u2019amour et la haine. La peine psychique centrale de la position d\u00e9pressive. Naturellement on ne sait pas s\u2019il s\u2019agit d\u2019un r\u00eave, d\u2019un fantasme ou de la r\u00e9alit\u00e9, ni de quel \u00e2ge Tolsto\u00ef nous parle.<br>Je voudrais maintenant regarder le bourgeonnement de quelques \u00e9l\u00e9ments de la position d\u00e9pressive dans la r\u00e9alit\u00e9 clinique.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Je parlerai d\u2019une consultation m\u00e8re-p\u00e8re-enfant que j\u2019ai men\u00e9e \u00e0 la <em>Tavistock Clinic<\/em>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une petite famille traumatis\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>La famille avait fui un pays d\u2019Afrique qui traversait une p\u00e9riode troubl\u00e9e. Les deux parents avaient v\u00e9cu des moments tr\u00e8s traumatiques. La m\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 enceinte quand ils quitt\u00e8rent l\u2019Afrique et le b\u00e9b\u00e9 naquit \u00e0 Londres, trois mois apr\u00e8s leur arriv\u00e9e. Ils avaient \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s comme r\u00e9fugi\u00e9s politiques et le p\u00e8re avait trouv\u00e9 un travail tr\u00e8s mal pay\u00e9. La m\u00e8re \u00e9tait probablement d\u00e9j\u00e0 d\u00e9prim\u00e9e quand ils ont quitt\u00e9 le pays d\u2019origine, mais elle l\u2019a s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 apr\u00e8s la naissance du b\u00e9b\u00e9. Le b\u00e9b\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile \u00e0 allaiter au sein et la m\u00e8re l\u2019avait sevr\u00e9 dix jours apr\u00e8s la naissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019ai rencontr\u00e9 la famille, le b\u00e9b\u00e9, Farouk, avait trois mois et il refusait de prendre le biberon s\u2019il \u00e9tait donn\u00e9 par sa m\u00e8re&nbsp;; il l\u2019acceptait s\u2019il \u00e9tait donn\u00e9 par son p\u00e8re. Le p\u00e8re \u00e9tait sans doute moins d\u00e9prim\u00e9 que la m\u00e8re et un peu moins perdu qu\u2019elle. Il parlait l\u2019anglais mieux que sa femme et le b\u00e9b\u00e9 s\u2019attachait beaucoup au regard de son p\u00e8re. Pendant toute notre premi\u00e8re rencontre, la m\u00e8re pleurait et Farouk \u00e9vitait son regard. Elle parlait d\u2019une voix tr\u00e8s basse, presque inaudible. On avait l\u2019impression que ce b\u00e9b\u00e9 se prot\u00e9geait de quelque chose qui aurait pu descendre par les yeux de la m\u00e8re, s\u2019il la regardait et qui aurait pu entrer en lui avec le lait s\u2019il prenait le biberon. Probablement, il accentuait la d\u00e9pression de sa m\u00e8re en refusant son biberon.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant nos entretiens, les parents ont pu parler d\u2019\u00e9v\u00e9nements p\u00e9nibles ou m\u00eame traumatiques. Progressivement, le p\u00e8re est devenu davantage capable de contenir sa femme. On voyait chez lui des aspects de la bisexualit\u00e9 psychique qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Didier Houzel (2001). Il \u00e9tait tr\u00e8s maternel avec Farouk et, d\u2019une certaine fa\u00e7on, avec sa femme aussi. Il \u00e9tablissait des liens. Il offrait un pont (une fonction symboliquement paternelle) en traduisant quelquefois en anglais pour sa femme, quand elle ne trouvait pas les mots pour dire quelque chose, surtout s\u2019il s\u2019agissait d\u2019\u00e9v\u00e9nements traumatiques. Peu \u00e0 peu, le b\u00e9b\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 accepter le biberon donn\u00e9 par sa m\u00e8re. Ce que je voudrais souligner c\u2019est qu\u2019un cercle vertueux, \u201c<em>a benign circle<\/em>\u201d, s\u2019est mis en place. Le fait que le b\u00e9b\u00e9 accepte le biberon soulageait la m\u00e8re&nbsp;; ses yeux ne projetaient plus autant de d\u00e9pression et le b\u00e9b\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 sourire un tout petit peu. Il y avait une sorte de r\u00e9paration r\u00e9ciproque.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment du premier sourire de Farouk \u00e0 sa m\u00e8re, le p\u00e8re \u00e9tait debout derri\u00e8re elle. On voyait quelque chose de tr\u00e8s semblable \u00e0 la sculpture d\u2019Henri Moore o\u00f9 le p\u00e8re situ\u00e9 derri\u00e8re la m\u00e8re pose ses mains sur les \u00e9paules de sa femme qui regarde son b\u00e9b\u00e9 dans ses bras. Le p\u00e8re contient la m\u00e8re qui, \u00e0 son tour, peut mieux contenir le b\u00e9b\u00e9. Dans le travail avec cette petite famille, Farouk a pu arriver \u00e0 ce premier sourire, quand il a commenc\u00e9 \u00e0 voir que la m\u00e8re \u00e9tait moins endommag\u00e9e. Elle ne pleurait plus pendant les s\u00e9ances et elle commen\u00e7ait \u00e0 sourire, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide de la th\u00e9rapie, mais surtout, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, \u00e0 la pr\u00e9sence tr\u00e8s th\u00e9rapeutique du p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le stade de la r\u00e9paration, ou m\u00eame celui de la compassion (<em>stage of concern<\/em> de Winnicott), sont bien difficiles \u00e0 atteindre quand on sent que le dommage auquel on est confront\u00e9 est \u00e9norme et catastrophique.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Un adolescent, bien endommag\u00e9, qui avait pris des dangereux cocktails de drogue et qui \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9 lors de son sevrage, r\u00eava qu\u2019il \u00e9tait dans un paysage ressemblant \u00e0 des images qu\u2019il avait vues dans un documentaire sur Hiroshima et Nagasaki apr\u00e8s la bombe atomique. J\u2019appellerai ce patient Tristan. Tristan percevait qu\u2019il y avait une mort totale dans son paysage int\u00e9rieur. Tout avait-il \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par la bombe atomique, ou bien par lui-m\u00eame&nbsp;? Comment commence-t-on \u00e0 r\u00e9parer si on est confront\u00e9 \u00e0 Hiroshima et Nagasaki&nbsp;?<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Comment peut-on tenter de r\u00e9parer s\u2019il y a une voix \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, comme il y avait chez Tristan, qui lui disait qu\u2019il \u00e9tait responsable d\u2019un d\u00e9sastre atomique&nbsp;? Quand j\u2019ai parl\u00e9 au d\u00e9but de cette article du commentaire de M\u00e9lanie Klein sur <em>L\u2019Enfant et les sortil\u00e8ges<\/em>, j\u2019ai soulign\u00e9 le fait que l\u2019enfant a pu commencer \u00e0 r\u00e9parer, \u00e0 avoir de la compassion pour l\u2019\u00e9cureuil bless\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s destructeur, car il y avait autour de lui des animaux bienveillants, et non un Surmoi f\u00e9roce et jugeant. C\u2019est un peu comme si les animaux lui disaient \u201c\u00c7a va, ce n\u2019est pas catastrophique. Le dommage que tu as fait n\u2019est pas irr\u00e9parable\u201d.<br>Quand on travaille avec des patients comme Tristan, l\u2019adolescent qui se sentait responsable d\u2019Hiroshima et de Nagasaki, il est tr\u00e8s important d\u2019essayer de diminuer la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la voix du Surmoi dans la relation analytique. Si le Surmoi est trop s\u00e9v\u00e8re, il peut bloquer un processus de r\u00e9paration et le chemin vers la position d\u00e9pressive. Les voix surmo\u00efques s\u00e9v\u00e8res soutiendraient inconsciemment la conviction du patient d\u2019\u00eatre infiniment et irr\u00e9parablement coupable, ce qui peut amener \u00e0 une \u00e9crasante d\u00e9pression. Il y a une alternative \u00e0 la d\u00e9pression quand la culpabilit\u00e9 est per\u00e7ue comme \u00e9crasante. Des patients qui ne peuvent pas tol\u00e9rer la peine psychique de la position d\u00e9pressive ni s\u2019engager dans une v\u00e9ritable r\u00e9paration, peuvent mettre en place un processus de pseudo-r\u00e9paration, c\u2019est-\u00e0-dire une r\u00e9paration maniaque.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9paration maniaque ou co\u00efto ergo sum<\/h2>\n\n\n\n<p>\u2022 Je vous donnerai maintenant un exemple de r\u00e9paration maniaque&nbsp;: Pablo, \u00e9tait un adolescent de 19 ans tout \u00e0 fait engag\u00e9 dans la r\u00e9paration maniaque lorsque j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler avec lui. Il est n\u00e9 \u00e0 Londres mais ses deux parents sont originaires d\u2019Am\u00e9rique Latine. La m\u00e8re de Pablo avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9e avant sa naissance, pendant la grossesse, du fait que sa propre m\u00e8re \u00e9tait morte soudainement au Venezuela quand elle \u00e9tait \u00e0 son huiti\u00e8me mois de grossesse. Elle n\u2019avait pu se rendre \u00e0 ses fun\u00e9railles car aucune compagnie a\u00e9rienne ne lui permettait de voler dans cet \u00e9tat avanc\u00e9 de grossesse de Londres jusqu\u2019en Am\u00e9rique Latine. La m\u00e8re souffrait d\u2019une d\u00e9pression puerp\u00e9rale et d\u2019un deuil emp\u00each\u00e9 par la col\u00e8re&nbsp;: son b\u00e9b\u00e9 ne lui avait pas permis de se rendre aux fun\u00e9railles de sa m\u00e8re. La relation de la m\u00e8re avec Pablo \u00e9tait color\u00e9e, je crois, d\u00e8s le commencement par un message&nbsp;: \u201cC\u2019est de ta faute \u00e0 toi\u201d. M\u00eame s\u2019il est possible que la m\u00e8re lui en ai voulu de ne pas \u00eatre all\u00e9e aux fun\u00e9railles de sa propre m\u00e8re, j\u2019ai compris, et cela a pris du temps, que la culpabilit\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e par Pablo \u00e9tait beaucoup plus grande, tout \u00e0 fait cach\u00e9e dans son inconscient. Il se sentait coupable d\u2019avoir tu\u00e9 quelqu\u2019un. Il semble que sa m\u00e8re pleurait beaucoup. Il se rappelait qu\u2019elle pleurait dans son enfance, mais on lui avait dit qu\u2019elle pleurait aussi beaucoup quand elle l\u2019allaitait. Pablo a commenc\u00e9 \u00e0 parler tr\u00e8s t\u00f4t et il para\u00eet qu\u2019il a appris \u00e0 lire quand il avait 4 ans. Il semble que son p\u00e8re lui lisait beaucoup d\u2019histoires. L\u2019image du p\u00e8re \u00e9tait celle de quelqu\u2019un de tendre, qui prenait soin de lui. Mais Pablo choisissait peut-\u00eatre de ne pas le percevoir aussi fort que lui-m\u00eame. Pablo a grandi dans le fantasme de donner de la joie \u00e0 sa m\u00e8re avec ses succ\u00e8s acad\u00e9miques et d\u2019\u00eatre charg\u00e9 de faire le bonheur de sa m\u00e8re, \u00e0 la place de son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pablo transmettait ainsi l\u2019image d\u2019avoir eu l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 la fois d\u2019une m\u00e8re d\u00e9prim\u00e9e et d\u2019un p\u00e8re maternel, pas d\u2019un parent psychiquement bisexuel comme le p\u00e8re de la petite famille africaine. Pablo m\u2019a dit qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 12 ans, il avait eu beaucoup de succ\u00e8s avec les filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Je crois qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 se percevoir alors comme le gar\u00e7on qui allait \u201cdonner de la joie\u201d \u00e0 toutes les filles et plus tard \u00e0 toutes les femmes. Quand je l\u2019ai rencontr\u00e9, il avait environ 19 ans, et entretenait une relation avec une femme beaucoup plus \u00e2g\u00e9e que lui, quoique plus jeune que sa m\u00e8re. Ce n\u2019\u00e9tait pas sa seule relation. Le but de Pablo dans la vie \u00e9tait de donner de la joie aux femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la relation analytique avec moi, il modulait sa s\u00e9duction dans un registre un peu diff\u00e9rent. Il essayait d\u2019\u00eatre le plus irr\u00e9sistible possible, mais il tentait surtout de me s\u00e9duire en m\u2019apportant des r\u00eaves tr\u00e8s int\u00e9ressants, comme pour introduire une flamme de vie en moi. Il attaquait beaucoup ma fonction paternelle, la fonction des limites, en arrivant en retard et en essayant de prolonger la s\u00e9ance, en se souvenant d\u2019un r\u00eave \u201cdont je dois vous parler\u201d juste \u00e0 la fin de la s\u00e9ance. Il \u00e9tait tr\u00e8s important pour moi de tenir le cadre tr\u00e8s fermement et d\u2019interpr\u00e9ter sa difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019engager dans le travail analytique. Progressivement, Pablo commen\u00e7a \u00e0 se rendre compte que son fantasme de donner de la joie aux filles et aux femmes leur apportait surtout quelquefois beaucoup de larmes. Il s\u2019en rendit compte quand sa d\u00e9fense maniaque diminua peu \u00e0 peu. Cela s\u2019est produit au moment o\u00f9 une fille \u00e9tait tomb\u00e9e s\u00e9rieusement amoureuse de lui. Elle avait m\u00eame quitt\u00e9 son fianc\u00e9 pour lui, bien qu\u2019il n\u2019ait eu aucune intention de s\u2019engager avec elle. Il s\u2019est peut-\u00eatre senti coupable du fait que la fille \u00e9tait tr\u00e8s en d\u00e9tresse quand elle s\u2019est rendue compte qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas la seule dans sa vie. Je crois aussi qu\u2019il s\u2019est senti particuli\u00e8rement coupable du fait que cette fille venait, comme sa propre m\u00e8re, d\u2019un pays d\u2019Am\u00e9rique Latine.<\/p>\n\n\n\n<p>Il imaginait probablement, \u00e0 ce moment l\u00e0, que son comportement aurait pu avoir des cons\u00e9quences catastrophiques. Je crois que voir cette fille en larmes lui avait rappel\u00e9 sa m\u00e8re en larmes dans sa petite enfance. Pablo commen\u00e7ait \u00e0 comprendre, au cours de l\u2019analyse, que ce qu\u2019il essayait de faire \u201cen donnant de la joie aux femmes\u201d, c\u2019\u00e9tait une fa\u00e7on de donner de la joie \u00e0 la m\u00e8re qui pleurait dans son esprit et qui \u00e9tait pour lui comme un poids mortif\u00e8re. Il voulait faire cesser les pleurs de sa m\u00e8re en lui mais avec sa d\u00e9fense maniaque avec les filles, il les faisait pleurer. La r\u00e9paration \u00e9tait maniaque et, de fait, ne fonctionnait pas.<br>Je n\u2019aurai pas la possibilit\u00e9 de parler ici du d\u00e9veloppement du transfert avec Pablo. Je voudrais juste dire qu\u2019une de mes t\u00e2ches avec ce patient a \u00e9t\u00e9 de lui permettre d\u2019internaliser une voix parentale moins s\u00e9v\u00e8re, un voix qui l\u2019aiderait \u00e0 \u00e9prouver du regret et non une culpabilit\u00e9 \u00e9crasante. Celle-ci aurait pu le faire tomber dans la d\u00e9pression, d\u00e9pression qu\u2019il craignait tellement et \u00e0 laquelle il tentait d\u2019\u00e9chapper avec sa sexualit\u00e9 compulsive (<em>co\u00efto ergo sum<\/em>). Il \u00e9tait question d\u2019arriver doucement avec lui \u00e0 regarder le d\u00e9sespoir du petit gar\u00e7on qui avait senti que sa m\u00e8re \u00e9tait tellement triste et qui avait cherch\u00e9 \u00e0 mettre une flamme de vie en elle. Peut-\u00eatre valait-il mieux laisser cette t\u00e2che au p\u00e8re. Sa fa\u00e7on de vouloir \u00eatre \u201cl\u2019ing\u00e9nieur de la vie\u201d chez les femmes n\u2019\u00e9tait pas la meilleure possible. Dire que ce n\u2019\u00e9tait pas \u201cla meilleure possible\u201d ne signifie pas qu\u2019il leur avait fait quelque chose de catastrophique, qui aurait \u00e9t\u00e9 la cause d\u2019un dommage irr\u00e9parable. On va laisser Pablo ici, au \u201cseuil de la position d\u00e9pressive\u201d (Meltzer, 1967). Des ann\u00e9es d\u2019analyse ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires avant qu\u2019il puisse renoncer \u00e0 ses d\u00e9fenses maniaques sans tomber dans une d\u00e9pression clinique et arriver \u00e0 un \u00e9tat plus proche de la position d\u00e9pressive, en devenant capable d\u2019une vraie r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Premi\u00e8res lueurs de la position d\u00e9pressive<\/h2>\n\n\n\n<p>\u2022 Je voudrais parler maintenant bri\u00e8vement d\u2019un cas o\u00f9 on peut voir le commencement de la r\u00e9paration et celui de la position d\u00e9pressive chez une fille dont j\u2019ai supervis\u00e9 le traitement men\u00e9 par Alessandra Cavalli, analyste italienne qui vit \u00e0 Londres. Elle a suivi cette adolescente \u00e0 la <em>Tavistock Clinic<\/em> au D\u00e9partement des Adolescents o\u00f9 Suzanna, 17 ans, a \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e avec des sympt\u00f4mes de boulimie et de d\u00e9pression. Elle est n\u00e9e dans une famille juive et sa grand-m\u00e8re, qui maintenant vit en Isra\u00ebl, a pass\u00e9 deux ans en camp de concentration et a surv\u00e9cu. Suzanna va la voir r\u00e9guli\u00e8rement chaque ann\u00e9e mais sa grand-m\u00e8re ne parle jamais de la guerre. Suzanna l\u2019a entendue crier pendant la nuit car la grand-m\u00e8re a des cauchemars. A Londres, apr\u00e8s le d\u00e9but de la th\u00e9rapie, quand Suzanna \u00e9tait moins d\u00e9prim\u00e9e mais encore boulimique, elle a choisi de se joindre \u00e0 un voyage optionnel qu\u2019organisait son \u00e9cole pour se rendre \u00e0 Auschwitz. Ses parents ne l\u2019ont pas accompagn\u00e9e \u00e0 l\u2019a\u00e9roport et n\u2019ont rien voulu savoir de cette visite quand elle est revenue, car dans sa famille on ne parle pas de la guerre. Mais, maintenant, Suzanna pouvait parler dans sa th\u00e9rapie de l\u2019impact de sa visite \u00e0 Auschwitz et entrer en contact avec des sentiments de culpabilit\u00e9, qui \u00e9taient \u00e9normes, \u00e9normes comme l\u2019Holocauste. Elle a pu faire face \u00e0 ces sentiments parce que son analyste l\u2019a aid\u00e9e \u00e0 internaliser un Surmoi beaucoup plus bienveillant que le Surmoi f\u00e9roce qu\u2019elle avait au d\u00e9but de sa th\u00e9rapie. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es de travail, Suzanna a pu dire \u00e0 son analyste que sa voix \u00e9tait maintenant pr\u00e9sente pendant ses rituels boulimiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Je cite Suzanna&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u201cMaintenant votre voix est l\u00e0. Votre voix est silencieuse mais elle est l\u00e0. Elle m\u2019observe.<\/li><li>Comment&nbsp;? demanda l\u2019analyste<\/li><li>Elle m\u2019observe mais pas d\u2019une fa\u00e7on jugeante. Elle ne me fait pas ressentir que je suis coupable. Votre voix simplement me regarde et regarde ce que je fais\u201d.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu, on a pu mieux comprendre, au moins partialement, de quoi Suzanna se lib\u00e9rait avec ses rituels boulimiques. Progressivement, au lieu de percevoir la culpabilit\u00e9 de l\u2019Holocauste, de toutes les pertes que la famille avait subies, de la vie de cauchemar que sa grand-m\u00e8re avait v\u00e9cue dans les camps, Suzanna a pu faire face \u00e0 une culpabilit\u00e9 supportable. Lors d\u2019une visite en Isra\u00ebl, elle s\u2019est rendue compte que \u00e7a aurait fait du mal \u00e0 sa grand-m\u00e8re si elle s\u2019engageait dans ses rituels boulimiques pendant qu\u2019elle habitait chez elle dans le kibboutz. Suzanna a \u00e9t\u00e9 capable de ne pas s\u2019engager dans les rituels boulimiques pendant toute cette visite en Isra\u00ebl. Ce que je veux souligner, c\u2019est qu\u2019elle a voulu \u00e9pargner \u00e0 sa grand-m\u00e8re, qui avait d\u00e9j\u00e0 beaucoup souffert, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019avoir une petite fille avec de s\u00e9rieux probl\u00e8mes. Ce changement \u00e9tait possible gr\u00e2ce \u00e0 la diminution de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du Surmoi de Suzanna, qui \u00e9tait initialement aussi s\u00e9v\u00e8re que celui de Pablo et qui faisait peser sur elle un sentiment de catastrophe. Cette fois ce n\u2019\u00e9tait pas la m\u00e8re en larmes, ni Hiroshima, ni Nagasaki, mais l\u2019Holocauste. Le fait qu\u2019une portion aussi importante de l\u2019histoire soit ni\u00e9e, soit par la grand-m\u00e8re, soit par les parents, fait penser \u00e0 une transmission trans-g\u00e9n\u00e9rationnelle, dans laquelle la d\u00e9pression initiale \u00e9tait probablement color\u00e9e par des d\u00e9pressions projet\u00e9es en Suzanna. Je mets l\u2019accent ici sur le passage de la d\u00e9pression \u00e0 des sentiments d\u00e9pressifs, des sentiments dont on pourrait parler comme <em>stage of concern<\/em>, stade de la compassion, d\u2019apr\u00e8s Winnicott.<br>Je me suis concentr\u00e9e dans cette pr\u00e9sentation sur un aspect tr\u00e8s sp\u00e9cifique de la position d\u00e9pressive, c\u2019est-\u00e0-dire sur celui de la r\u00e9paration et sur celui de la qualit\u00e9 des objets internes et externes qui permettent, ou emp\u00eachent, le processus de r\u00e9paration. M\u00e9lanie Klein avait donn\u00e9 une place tr\u00e8s importante \u00e0 la r\u00e9paration. Elle avait m\u00eame \u00e9crit un livre qui s\u2019intitule <em>Amour, Haine et R\u00e9paration<\/em>. Depuis que beaucoup de post-kleiniens ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par la pens\u00e9e de Bion et par son accent sur <em>Amour, Haine et Connaissance<\/em> (Bion 1962), le triptyque <em>Love-Hate-Knowledge<\/em> est venu remplacer dans beaucoup d\u2019\u00e9crits, et j\u2019inclus ici certains \u00e9crits de Meltzer, le triptyque <em>Amour, Haine et R\u00e9paration<\/em> de Klein. Tout en respectant l\u2019importance donn\u00e9 par Wilfred Bion aux liens de Connaissance, liens qui sont si fondamentaux dans la relation m\u00e8re-enfant et dans la relation patient-analyste, je tenais \u00e0 revenir sur le triptyque originel <em>Amour, Haine et R\u00e9paration<\/em>. Il me semble que le concept de r\u00e9paration peut cr\u00e9er un lien entre la position d\u00e9pressive d\u00e9crite par M\u00e9lanie Klein et celle d\u00e9crite par Winnicott lorsqu\u2019il parle du stade de la compassion (<em>stage of concern<\/em>) et du passage de l\u2019impitoyable au pitoyable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Bion W. (1962), <em>Learning from exp\u00e9rience<\/em>, London, Heineman.<\/p>\n\n\n\n<p>Carignani P. (1992), \u201cAspetti riparativi nell\u2019Infant Observation\u201d in Cosenza A., Monteleone M., Polacco-Williams G., <em>La riparazione<\/em> \u2013 <em>Storie di bambini alla ricerca di una officina di pensieri<\/em>, Pisa, Edizioni del Cerro.<\/p>\n\n\n\n<p>Houzel D. (2001), \u201cOn parental bisexuality\u201d, <em>Journal of Child psychotherapy<\/em>, Vol. 27.<\/p>\n\n\n\n<p>Klein M. (1929 b), \u201cLes situations d\u2019angoisse de l\u2019enfant et leur reflet dans une \u0153uvre d\u2019art et dans l\u2019\u00e9lan cr\u00e9ateur\u201d, <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1968, p.&nbsp;254 \u00e0 262<\/p>\n\n\n\n<p>Klein M. (1934 b), \u201cContribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la psychogen\u00e8se des \u00e9tats maniaco-d\u00e9pressifs\u201d, <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot,. 1968, p.&nbsp;311 \u00e0 340<\/p>\n\n\n\n<p>Meltzer D. (1967), <em>The psychoanalytic process<\/em>, Londres, Heineman.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.W. (1992), <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot (Science de l\u2019homme), p.&nbsp;235.<\/p>\n\n\n\n<p>Tolstoi L. (1878), <em>Souvenirs et r\u00e9cits<\/em>, Paris, Gallimard, 1960 (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), p.&nbsp;375 \u00e0 376.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9862?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai cherch\u00e9 dans les \u00e9crits de M\u00e9lanie Klein les premi\u00e8res allusions de sa pens\u00e9e \u00e0 la position d\u00e9pressive. 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