{"id":9854,"date":"2021-08-22T07:30:49","date_gmt":"2021-08-22T05:30:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/discussion-de-lintervention-de-c-chabert-2\/"},"modified":"2021-10-02T20:25:08","modified_gmt":"2021-10-02T18:25:08","slug":"discussion-de-lintervention-de-c-chabert","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/discussion-de-lintervention-de-c-chabert\/","title":{"rendered":"Discussion de l&rsquo;intervention de C. Chabert"},"content":{"rendered":"\n<p>Il y a un si\u00e8cle, Freud d\u00e9couvrit que quand certains hommes s\u2019attachaient compulsivement \u00e0 des femmes de petite vertu, c\u2019\u00e9tait leur m\u00e8re qu\u2019ils recherchaient inconsciemment. Ce lien entre les images de la maman et de la prostitu\u00e9e est d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois en 1910 dans <em>Un type particulier de choix d\u2019objet chez l\u2019homme<\/em>. Certains hommes ne peuvent aimer que des femmes de mauvaise vie, mari\u00e9es ou vivant avec un autre homme, qu\u2019ils id\u00e9alisent et qu\u2019ils veulent sauver par leur amour (Freud, 1910, pp. 48-53). Freud traite le m\u00eame sujet, mais sous un angle diff\u00e9rent, en 1912, dans <em>Sur le plus g\u00e9n\u00e9ral des rabaissements de la vie amoureuse<\/em>, \u00e0 propos de l\u2019impuissance. Certains sujets, impuissants avec les femmes dont ils sont amoureux, ne le sont pas avec des femmes \u00ab&nbsp;rabaiss\u00e9es&nbsp;\u00bb psychiquement, les seules qu\u2019ils puissent d\u00e9sirer (Freud, 1912, p.59). En 1912, Freud croyait que le rabaissement de l\u2019objet sexuel s\u2019observait moins chez la femme, parce que son \u00e9ducation la tenait de toute fa\u00e7on \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la sexualit\u00e9, qu\u2019elle n\u2019avait donc pas tendance \u00e0 surestimer (Freud, 1912, p.62). Proust, vers la m\u00eame \u00e9poque, est peut-\u00eatre plus pr\u00e8s de la r\u00e9alit\u00e9 que Freud quand il fait dire \u00e0 Mme Leroi&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019amour, je le fais souvent, mais je n\u2019en parle jamais&nbsp;\u00bb (Proust, 1919, p.195). D\u00e8s 1912, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait en train de changer rapidement, et de nos jours, le rabaissement de l\u2019objet comme condition de la vie amoureuse et sexuelle s\u2019observe chez beaucoup de femmes, comme Ath\u00e9na\u00efs. Ath\u00e9na\u00efs a, au cours de son analyse, une s\u00e9rie d\u2019aventures avec des hommes qu\u2019elle choisit inf\u00e9rieurs \u00e0 elle, intellectuellement et sur le plan artistique. In\u00e9vitablement d\u00e9\u00e7ue, elle rompt avec eux, et commence une nouvelle liaison amoureuse, satisfaisante sexuellement, mais d\u00e9cevante par rapport \u00e0 son image id\u00e9ale d\u2019homme, qui reste solidement repr\u00e9sent\u00e9e par son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sujet de ce type particulier de choix d\u2019objet chez la femme, Catherine Chabert se pose trois questions&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1 \u2013 Quel type d\u2019homme constitue pour une femme comme Ath\u00e9na\u00efs l\u2019\u00e9quivalent de la femme de petite vertu pour les patients de Freud&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le premier amant d\u2019Ath\u00e9na\u00efs a \u00e9t\u00e9 un homme dangereux, et sans doute malade mentalement, puisque apr\u00e8s l\u2019avoir viol\u00e9e et failli la tuer, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 irresponsable. Catherine Chabert montre que la s\u00e9rie des amants rabaiss\u00e9s d\u2019Ath\u00e9na\u00efs lui permet de renverser cette situation dramatique. Sans aller jusqu\u2019\u00e0 les battre, elle les humilie cruellement, comme elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame. On peut se demander si un tel renversement n\u2019est pas en cause aussi dans certaines formes de tourisme sexuel o\u00f9 le racisme satisfait le d\u00e9sir de la femme en m\u00eame temps qu\u2019il place l\u2019homme dans la position d\u2019objet o\u00f9 la femme a pu se trouver, r\u00e9ellement, ou dans son fantasme. Ce type de relation s\u2019observe \u00e0 tous les \u00e2ges de la vie des femmes, y compris chez des adolescentes, mais il n\u2019est en rien sp\u00e9cifique de ces derni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 \u2013 La d\u00e9ception par le p\u00e8re d\u00e9clenche-t-elle son rabaissement chez la fille ou bien cette d\u00e9ception est-elle inimaginable et doit toujours concerner la m\u00e8re&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette deuxi\u00e8me question introduit au lien entre l\u2019adolescence et le d\u00e9but de la vie. A l\u2019origine, si la m\u00e8re n\u2019est que \u00ab&nbsp;suffisamment&nbsp;\u00bb bonne, elle introduit un tiers paternel, en m\u00eame temps qu\u2019un espace dans lequel les objets absents peuvent commencer \u00e0 se repr\u00e9senter. C\u2019est donc bien la m\u00e8re, et seulement elle, en tant qu\u2019objet primaire, qui peut, et doit, \u00eatre \u00ab&nbsp;d\u00e9cevante&nbsp;\u00bb pour que le psychisme se d\u00e9veloppe. Ensuite, quand les phases pr\u00e9g\u00e9nitales et \u0153dipienne ont \u00e9t\u00e9 v\u00e9cues dans toute leur complexit\u00e9, le complexe d\u2019\u0152dipe ne peut dispara\u00eetre que si l\u2019objet d\u2019amour \u0153dipien a d\u00e9\u00e7u, qu\u2019il s\u2019agisse du p\u00e8re ou de la m\u00e8re. La crise de l\u2019adolescence donne un nouveau sens apr\u00e8s-coup \u00e0 ces d\u00e9ceptions de l\u2019enfance et du d\u00e9but de la vie, redonnant vie au b\u00e9b\u00e9 qui s\u2019exprime dans tout adolescent. Dans le cas d\u2019Ath\u00e9na\u00efs, on peut imaginer que la sc\u00e8ne o\u00f9 ses images parentales pouvaient entrer en relation dans son esprit a vol\u00e9 en \u00e9clats sous l\u2019effet du double traumatisme qu\u2019elle a v\u00e9cu, le viol et la tentative de meurtre par son amant, et la mort brutale d\u2019une s\u0153ur a\u00een\u00e9e id\u00e9alis\u00e9e et rivale. Dans la premi\u00e8re consultation, l\u2019analyste est somm\u00e9e de corriger un verdict injuste qui n\u2019a pas sanctionn\u00e9 son agresseur. Il n\u2019y a aucune place pour un d\u00e9bat contradictoire dans cet appel \u00e0 un nouveau Juge. Le Juge et la Justice ne font qu\u2019un. La triangulation qu\u2019impliquerait le rapport entre le juge et la loi semble exclue. Il est difficile de dire si ce Juge projet\u00e9 sur l\u2019analyste est une image plut\u00f4t paternelle ou maternelle. L\u2019important, c\u2019est que Catherine Chabert parvient par son tact et par son attention \u00e0 introduire un tiers dans cette situation duelle. En montrant \u00e0 la patiente qu\u2019elle la comprend compl\u00e8tement, sans pour autant r\u00e9pondre par des actions ou par des actes de paroles \u00e0 sa plainte, c\u2019est-\u00e0-dire en l\u2019\u00e9coutant analytiquement, l\u2019analyste donne \u00e0 voir \u00e0 Ath\u00e9na\u00efs un objet absent, diff\u00e9rent de l\u2019objet de sa plainte. Le Juge devient une juge de cour d\u2019appel, fatalement d\u00e9cevante, mais cette d\u00e9ception introduit un tiers, et cr\u00e9e l\u2019espace d\u2019une sc\u00e8ne psychique. Aussit\u00f4t la plainte, sa r\u00e9paration \u00e9ventuelle, et la sc\u00e8ne elle-m\u00eame, changent de nature. Le th\u00e9\u00e2tre du corps se substitue \u00e0 la sc\u00e8ne du tribunal. Ath\u00e9na\u00efs a mal au cou. L\u2019analyste n\u2019a pas pu faire que justice soit faite, mais elle pourrait au moins toucher le cou d\u2019Ath\u00e9na\u00efs, et la gu\u00e9rir de sa cervicalgie&nbsp;! La juge est devenue une soignante, dont la d\u00e9faillance va pousser Ath\u00e9na\u00efs vers un autre soignant id\u00e9alis\u00e9, fatalement d\u00e9cevant \u00e0 son tour. Il l\u2019est parce qu\u2019il se laisse s\u00e9duire, mais il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 moins d\u00e9cevant s\u2019il avait r\u00e9sist\u00e9 aux avances d\u2019Ath\u00e9na\u00efs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3 \u2013 Quel d\u00e9sir de sauver l\u2019homme aim\u00e9&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Ath\u00e9na\u00efs ne semble avoir aucun d\u00e9sir de \u00ab&nbsp;sauver&nbsp;\u00bb les hommes qu\u2019elle s\u00e9duit et abandonne les uns apr\u00e8s les autres, mais ce projet existe fr\u00e9quemment chez d\u2019autres patientes qui ont le m\u00eame type d\u2019objet qu\u2019elle. Elles cherchent \u00e0 les \u00e9duquer, ou \u00e0 leur faire obtenir les papiers qui leur permettront d\u2019\u00e9migrer, ou tout simplement, subviennent \u00e0 leurs besoins mat\u00e9riels. Dans le cas des hommes, Freud a montr\u00e9 que le d\u00e9sir de \u00ab&nbsp;sauver&nbsp;\u00bb les filles perdues symbolise parfois le d\u00e9sir de faire \u00e0 la m\u00e8re un enfant, qui n\u2019est autre que le sujet lui-m\u00eame. Ce fantasme d\u2019auto- engendrement est une fa\u00e7on de conduire le sc\u00e9nario \u0153dipien jusqu\u2019\u00e0 sa limite. Il est pr\u00e9sent <em>a minima<\/em> dans la fondation de toute nouvelle famille. L\u2019enfant qui va na\u00eetre sera pour les parents un nouveau d\u00e9part, les traumatismes du pass\u00e9 lui seront \u00e9pargn\u00e9s, et d\u00e9finitivement oubli\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 lui (Freud, 1914). Une femme qui va chercher dans un pays lointain ou dans un milieu mis\u00e9rable le p\u00e8re de ses futurs enfants peut avoir le m\u00eame projet inconscient de se donner une nouvelle naissance. Dans certains cas, la mise en acte de ce projet a pour cons\u00e9quence paradoxale de bloquer chez l\u2019enfant ainsi con\u00e7u toute fantasmatisation \u0153dipienne, en particulier lorsque le pass\u00e9 dont il est ainsi fait table rase \u00e9tait lourd de traumatismes pr\u00e9coces et transg\u00e9n\u00e9rationnels (Racamier, 1992). Le b\u00e9b\u00e9 ainsi con\u00e7u peut alors devenir un adolescent plac\u00e9 dans l\u2019obligation d\u2019\u00eatre le primog\u00e9niteur d\u2019une nouvelle lign\u00e9e, ce qui risque de rendre impossible son int\u00e9gration dans aucun groupe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 \u2013 Le f\u00e9minin m\u00e9lancolique&nbsp;:<\/h2>\n\n\n\n<p>Catherine Chabert pose une quatri\u00e8me question&nbsp;: quel lien y a-t-il entre le choix d\u2019objet d\u2019Ath\u00e9na\u00efs et ce qu\u2019elle a nomm\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment le \u00ab&nbsp;f\u00e9minin m\u00e9lancolique&nbsp;\u00bb&nbsp;? Elle a d\u00e9crit sous ce nom, dans <em>Les voies int\u00e9rieures<\/em> (1999), puis dans <em>Le f\u00e9minin m\u00e9lancolique<\/em> (2005), une position psychique particuli\u00e8re \u00e0 certaines femmes chez qui un traumatisme pr\u00e9coce a rendu la passivit\u00e9 impossible. Il s\u2019agit de la perte subite de l\u2019objet, par exemple, mais pas seulement, en cas de \u00ab&nbsp;complexe de la m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb (Green, 1980). Ce traumatisme pr\u00e9coce a pouss\u00e9 l\u2019enfant \u00e0 une hyperactivit\u00e9 repr\u00e9sentationnelle pour combler le vide laiss\u00e9 en elle (Chabert, 1999, p.1462). Dans ces conditions, le fantasme hyst\u00e9rique de s\u00e9duction par l\u2019adulte, qui suppose que le sujet se repr\u00e9sente passif devant l\u2019adulte, est remplac\u00e9 par une version \u00ab&nbsp;m\u00e9lancolique&nbsp;\u00bb de ce fantasme. La fillette ne se vit pas comme victime d\u2019une s\u00e9duction, mais elle se sent coupable d\u2019avoir excit\u00e9 le p\u00e8re (Chabert, 1999, p.1459). En cons\u00e9quence, elle doit expier et se d\u00e9vouer. Le souvenir ou le fantasme conscient d\u2019\u00eatre battue par le p\u00e8re, ou par des hommes le repr\u00e9sentant, n\u2019est pas refoul\u00e9, mais reste conscient. Il est plus habituel, selon Freud (1919), que ce souvenir ou ce fantasme soit refoul\u00e9 et remplac\u00e9 par le fantasme <em>On bat un enfant<\/em>, plus vague, mais excitant pour l\u2019enfant. Ici, la fillette ne se sent pas excit\u00e9e, mais coupable, et c\u2019est son p\u00e8re qui est excit\u00e9 sexuellement dans le fantasme. L\u2019investissement de l\u2019objet peut devenir intol\u00e9rable \u00ab&nbsp;par exc\u00e8s de figurabilit\u00e9&nbsp;\u00bb, par trop d\u2019intensit\u00e9 des repr\u00e9sentations, et pas seulement par carence en repr\u00e9sentations (Chabert, 1999, p.1474). La repr\u00e9sentation de l\u2019enfant mort est une telle repr\u00e9sentation intol\u00e9rable, par perte de tous les espoirs, mais aussi par \u00ab&nbsp;introjection de la m\u00e9lancolie maternelle&nbsp;\u00bb (Chabert, 1999, p.1475). La d\u00e9liaison peut apporter une solution \u00e0 cet exc\u00e8s de figurabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ath\u00e9na\u00efs a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s gravement maltrait\u00e9e par un homme en m\u00eame temps qu\u2019elle a perdu sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e. Les limites de la pr\u00e9sentation ne permettent pas de savoir si le traumatisme de la fin de l\u2019adolescence renvoie \u00e0 des traumatismes du d\u00e9but de la vie. Une \u00e9volution vers une position m\u00e9lancolique \u00e9tait possible, et la dimension maniaque de ces amours successives irait assez bien dans ce sens. Le choix d\u2019objet singulier de la jeune femme rel\u00e8verait alors du \u00ab\u00a0masculin maniaque\u00a0\u00bb, que Catherine Chabert oppose au \u00ab\u00a0f\u00e9minin m\u00e9lancolique\u00a0\u00bb. Comme les \u00ab\u00a0masculins maniaques\u00a0\u00bb que Fran\u00e7oise Neau a d\u00e9crit chez des hommes violeurs incarc\u00e9r\u00e9s (Neau, 2005, p.71), Ath\u00e9na\u00efs n\u2019est pas d\u00e9bord\u00e9e par un exc\u00e8s de repr\u00e9sentations mais semble plut\u00f4t en manquer. Cependant, pr\u00e9cis\u00e9ment gr\u00e2ce \u00e0 sa position active dans le transfert lat\u00e9ral, la patiente semble supporter de se laisser aller \u00e0 la passivit\u00e9 dans le transfert principal. Elle peut laisser les souvenirs lui venir \u00e0 l\u2019esprit, elle peut r\u00e9gresser et associer. Par exemple, elle se d\u00e9prime devant le succ\u00e8s, puis r\u00e9gresse, se souvient de sc\u00e8nes o\u00f9 elle est passive devant sa m\u00e8re, pleure, et peut parler de ses visites secr\u00e8tes \u00e0 la tombe de sa s\u0153ur. La s\u00e9rie des liaisons malheureuses d\u2019Ath\u00e9na\u00efs se pr\u00e9sente d\u2019abord comme un sympt\u00f4me individuel de transfert, apparu \u00e0 un moment bien pr\u00e9cis de la cure, au moins pour ce que nous en savons. Gr\u00e2ce \u00e0 cette s\u00e9rie d\u2019actions en dehors des s\u00e9ances, Ath\u00e9na\u00efs a pu supporter la passivit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9coute de soi-m\u00eame en pr\u00e9sence de quelqu\u2019un d\u2019autre. Mais la description par Catherine Chabert de ce moment sp\u00e9cifique d\u2019une cure nous fait imm\u00e9diatement penser \u00e0 quantit\u00e9 de situations cliniques o\u00f9 des s\u00e9ries semblables se r\u00e9p\u00e8tent. Le cas personnel d\u2019Ath\u00e9na\u00efs nous aide \u00e0 nous rep\u00e9rer dans beaucoup d\u2019histoires o\u00f9 nous n\u2019aurions peut-\u00eatre pas pens\u00e9 \u00e0 les voir. Il s\u2019agit donc bien d\u2019un choix d\u2019objet \u00ab\u00a0typique\u00a0\u00bb. De m\u00eame, Catherine Chabert, en d\u00e9crivant le \u00ab\u00a0f\u00e9minin m\u00e9lancolique\u00a0\u00bb, nous avait apport\u00e9 un \u00e9clairage sur une constellation sp\u00e9cifique que nous savons maintenant voir chez d\u2019autres patientes. De m\u00eame encore, Fran\u00e7oise Neau a pu retrouver avec une grande r\u00e9gularit\u00e9 les caract\u00e9ristiques du \u00ab\u00a0masculin maniaque\u00a0\u00bb chez une vingtaine de criminels incarc\u00e9r\u00e9s. Quant au \u00ab\u00a0type particulier de choix d\u2019objet chez l\u2019homme\u00a0\u00bb de Freud, qui avait tant choqu\u00e9 il y a un si\u00e8cle en montrant la m\u00e8re que dissimule l\u2019amour compulsif pour les prostitu\u00e9es, il est si typique qu\u2019il est en devenu un lieu commun. Pourtant, d\u00e8s que le processus analytique s\u2019engage, il introduit de l\u2019inattendu dans ce qui paraissait initialement un complexe vou\u00e9 \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition, et le typique s\u2019\u00e9vanouit devant l\u2019irr\u00e9ductible singularit\u00e9 de chaque \u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999), \u00ab&nbsp;Les voies int\u00e9rieures&nbsp;\u00bb, in <em>Rev. Fr. Psychanal<\/em> N\u00b0 sp\u00e9cial congr\u00e8s\/1999, 1445-1488.,<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003), <em>F\u00e9minin m\u00e9lancolique<\/em>, PUF, Paris, 185p.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1910,) \u00ab&nbsp;Un type particulier de choix d\u2019objet chez l\u2019homme&nbsp;\u00bb. Tr. J. Laplanche et coll., in <em>Contributions \u00e0 la psychologie de la vie amoureuse<\/em>, in <em>La vie sexuelle<\/em>, PUF Paris, 1969, 160p.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1912), \u00ab&nbsp;Sur le plus g\u00e9n\u00e9ral des rabaissements de la vie amoureuse&nbsp;\u00bb. Tr. fr. J. Laplanche et coll., in <em>Contributions \u00e0 la psychologie de la vie amoureuse<\/em>, in <em>La vie sexuelle<\/em>, PUF, Paris, 1969.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1914), \u00ab&nbsp;Pour introduire le narcissisme&nbsp;\u00bb. Tr. fr. Denise Berger in <em>La vie sexuelle<\/em>, PUF, Paris, 1969.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1919) \u00ab&nbsp;Un enfant est battu&nbsp;\u00bb. Contribution \u00e0 la connaissance de la gen\u00e8se des perversions sexuelles. Tr. fr. D. Gu\u00e9rineau, in <em>N\u00e9vrose, psychose et perversion<\/em>, PUF, Paris, 1973.<\/p>\n\n\n\n<p>Green A. (1980), \u00ab&nbsp;La m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb. In <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort.<\/em> Ed. de Minuit, Paris, 1983, 280p.<\/p>\n\n\n\n<p>Neau F. (2005), \u00ab&nbsp;Masculin maniaque&nbsp;\u00bb. <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, 2005\/11, 35-78.<\/p>\n\n\n\n<p>Proust (1919), \u00ab&nbsp;Le c\u00f4t\u00e9 de Guermantes, I&nbsp;\u00bb in <em>A la recherche du temps perdu<\/em>, T.II, Gallimard, Pl\u00e9iade, 1959, 1224p.<\/p>\n\n\n\n<p>Racamier P.-C. (1992) <em>Le g\u00e9nie des origines. Psychanalyse et psychoses<\/em>. Payot, Paris.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9854?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a un si\u00e8cle, Freud d\u00e9couvrit que quand certains hommes s\u2019attachaient compulsivement \u00e0 des femmes de petite vertu, c\u2019\u00e9tait leur m\u00e8re qu\u2019ils recherchaient inconsciemment. 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