{"id":9831,"date":"2021-08-22T07:30:44","date_gmt":"2021-08-22T05:30:44","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-multiples-facettes-du-travail-analytique-2\/"},"modified":"2021-09-20T14:29:19","modified_gmt":"2021-09-20T12:29:19","slug":"les-multiples-facettes-du-travail-analytique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-multiples-facettes-du-travail-analytique\/","title":{"rendered":"Les multiples facettes du travail analytique"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est devenu usuel de distinguer la psychanalyse proprement dite, la \u00ab&nbsp;cure type&nbsp;\u00bb &#8211; avec son dispositif divan fauteuil &#8211; des \u00ab&nbsp;psychoth\u00e9rapies psycha- nalytiques&nbsp;\u00bb dans lesquelles le psychanalyste est sans divan. La premi\u00e8re connote l\u2019id\u00e9e d\u2019une puret\u00e9, tandis que la psychoth\u00e9rapie reste marqu\u00e9e par l\u2019id\u00e9e d\u2019un alliage de l\u2019or pur avec un vil m\u00e9tal &#8211; suggestion, r\u00e9assurances, soutien, voire exc\u00e8s de s\u00e9duction de la part du th\u00e9rapeute. Cette distinction, tr\u00e8s r\u00e9pandue, n\u2019est pas simplement une mani\u00e8re de parler, dans la mesure o\u00f9 elle d\u00e9termine \u00e0 la fois la formation des analystes, leur vie institutionnelle ainsi que leurs recherches.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan de la formation, la plupart des \u00e9coles analytiques \u00ab&nbsp;s\u00e9rieuses&nbsp;\u00bb demandent \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves de valider des cures supervis\u00e9es d\u2019analyse de divan. S\u2019ils savent travailler avec des patients consid\u00e9r\u00e9s comme de \u00ab&nbsp;bons cas de contr\u00f4le&nbsp;\u00bb, ensuite ils sont cens\u00e9s se d\u00e9brouiller avec les autres analysants. La cure type serait une sorte de \u00ab&nbsp;m\u00e8tre \u00e9talon&nbsp;\u00bb et si vous vous en \u00e9loignez avec des patients difficiles, et bien, m\u00eame \u00e0 plusieurs kilom\u00e8tres, vous aurez toujours ce rep\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a donne parfois des choses assez cocasses. J\u2019ai ainsi entendu une analyste fort connue expliquer, qu\u2019en principe elle ne jouait pas avec les enfants mais les laissait jouer. Cette dame ajoutait qu\u2019il pouvait \u00eatre parfois difficile de ne pas jouer avec ses jeunes patients. Dans ce cas sa solution \u00e9tait de participer au jeu, mais uniquement en parlant et en ne bougeant pas son corps&nbsp;! Certains ont d\u2019ailleurs propos\u00e9 quelque chose de similaire pour le psychodrame. Voil\u00e0 un exemple, parmi bien d\u2019autres, de r\u00e9f\u00e9rence excessive au mod\u00e8le de la cure-type. Ne faut-il pas envisager un mod\u00e8le alternatif, celui d\u2019une psychanalyse qui serait consid\u00e9r\u00e9e comme multiple, sans hi\u00e9rarchisation de ses pratiques&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Si cette fameuse cure-type correspond assez bien aux adultes n\u00e9vros\u00e9s, son probl\u00e8me tient \u00e0 ce qu\u2019on ne choisit pas les patients de son temps. Les seuls patients que nous ayons sont \u00ab&nbsp;les patients d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb, expression lanc\u00e9e par Andr\u00e9 Green, pour \u00e9voquer justement les \u00ab&nbsp;organisations non n\u00e9vrotiques&nbsp;\u00bb. Plus pr\u00e9cis, Raymond Cahn \u00e9voque le champ des \u00ab&nbsp;pathologies de la subjectivation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si la formation des analystes, devait \u00eatre en priorit\u00e9 assur\u00e9e \u00e0 partir de supervisions portant sur les demandes effectives que re\u00e7oivent les jeunes analystes, plut\u00f4t que sur des \u00ab&nbsp;cas de contr\u00f4les&nbsp;\u00bb, cens\u00e9s permettre la transmission de la seule vraie psychanalyse&nbsp;? Ce clivage entre \u00ab&nbsp;cure type&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;psychoth\u00e9rapies psychanalytiques&nbsp;\u00bb, a une autre cons\u00e9quence symptomatique, celle du curieux \u00e9parpillement entre de multiples soci\u00e9t\u00e9s analytiques. Tout se passe comme si les \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9s-m\u00e8res&nbsp;\u00bb voulaient pr\u00e9server leur puret\u00e9 et appara\u00eetre d\u00e9tentrices de la v\u00e9ritable analyse. Bien entendu leurs membres savent que c\u2019est une fiction et qu\u2019il leur faut bien travailler analytiquement avec de multiples analysants qui sont loin de rentrer dans les standards de la cure type. Comme si le paysage analytique fran\u00e7ais n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9j\u00e0 assez disparate, apr\u00e8s ses nombreuses scissions, depuis 20 ou 30 ans la tendance est \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019associations, formant les unes \u00e0 la psychanalyse groupale, les autres au travail psychanalytique avec les familles, d\u2019autres s\u2019occupant des couples exclusivement. Plusieurs \u00e9coles s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la psychosomatique. Ailleurs tout est vu du c\u00f4t\u00e9 du psychodrame tandis que certains ne jurent que par la relaxation analytique. La psychanalyse avec les enfants se discute en d\u2019autres lieux. Les b\u00e9b\u00e9s ont leurs organisations, les adolescents aussi. Chaque entit\u00e9 tend \u00e0 avoir sa revue, son site, ses colloques\u2026 Et sa formation sur plusieurs ann\u00e9es&nbsp;! Notre journ\u00e9e va-t-elle amplifier ce mouvement&nbsp;? Si \u00e7a n\u2019existe pas encore, allons-nous accoucher d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de psychanalyse pr\u00e9natale, d\u2019une autre s\u2019occupant du travail de nativit\u00e9, de celle qui va enfin regrouper la psychanalyse des seniors, tandis que s\u2019inaugurera une association de psychanalyse interculturelle? Si vous avez d\u2019autres id\u00e9es, pourquoi ne pas monter d\u00e8s demain votre propre institution, en songeant d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de lui donner une dimension internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Les probl\u00e8mes pos\u00e9s par cet \u00e9parpillement sont multiples, notamment l\u2019absence de toute coordination dans la formation des futurs analystes, tandis que tr\u00e8s peu de discussions scientifiques permettent d\u2019int\u00e9grer les apports de ces diverses pratiques. Cette forme de clivage appauvrit la recherche. Comment un psychanalyste peut-il aujourd\u2019hui ignorer ce qui s\u2019\u00e9labore \u00e0 propos des liens premiers, des dysfonctionnements familiaux, des d\u00e9sorganistaions psychosomatiques&nbsp;? Peut-il m\u00e9conna\u00eetre que le jeu analytique permet \u00e0 certains analysants de faire un parcours qui n\u2019a rien \u00e0 envier \u00e0 une analyse plus classique&nbsp;? \u00c0 l\u2019inverse peut-on devenir analyste de groupe ou de famille sans avoir \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse individuelle&nbsp;? Le risque n\u2019est-il pas de perdre de vue la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019articuler le devenir sujet, dans sa dialectique entre l\u2019intrapsychique et l\u2019intersubjectivation&nbsp;? Pour aborder les diff\u00e9rents terrains de la rencontre analytique, pour penser les multiples facettes du travail analytique, nous ne pouvons plus faire l\u2019\u00e9conomie de questionner la d\u00e9finition de la psychanalyse aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Celle qui fait r\u00e9f\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par Freud en 1922, dans un article \u00e0 vis\u00e9e encyclop\u00e9dique intitul\u00e9 <em>Psychanalyse et th\u00e9orie de la libido<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Psychanalyse est le nom&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 pour l\u2019investigation de processus psychiques \u00e0 peu pr\u00e8s inaccessibles autrement&nbsp;;<\/li><li>d\u2019une m\u00e9thode de traitement des troubles n\u00e9vrotiques, qui se fonde sur cette investigation&nbsp;;<\/li><li>d\u2019une s\u00e9rie de conceptions psychologiques acquises par cette voie, et qui s\u2019accroissent ensemble pour former progressivement une nouvelle discipline scientifique.&nbsp;\u00bb<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Plusieurs d\u00e9cennies plus tard, o\u00f9 en sommes-nous&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>1\/ <strong>Le premier point<\/strong> reste pertinent, dans la mesure o\u00f9 nous continuons \u00e0 porter notre \u00e9coute vers ce qui est inconscient. Mais que signifie l\u2019inconscient aujourd\u2019hui&nbsp;? Pour Freud, les choses avaient d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rablement \u00e9volu\u00e9, puisqu\u2019on est pass\u00e9 de l\u2019Inconscient comme syst\u00e8me dynamique, \u00e0 l\u2019inconscient comme simple adjectif d\u00e9signant <em>une qualit\u00e9 psychique<\/em>. Il faut aussi remarquer que dans la psychanalyse contemporaine, ce terme ne d\u00e9signe plus seulement le refoul\u00e9, mais aussi tout ce qui concerne l\u2019irrepr\u00e9sentable, les agonies primitives au sens de Winnicott, mais aussi tout le poids du transg\u00e9n\u00e9rationnel. Dans son texte de 1922, Freud rappelle d\u2019abord ce qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;la doctrine du refoulement&nbsp;\u00bb, pour rendre compte des conflits n\u00e9vrotiques. Cependant, il ajoute ensuite que le progr\u00e8s th\u00e9orique le plus important de la psychanalyse fut l<em>\u2019abord du narcissisme, et des affections qui lui sont li\u00e9es<\/em>. Il montre tout son espoir d\u2019une extension du champ de la psychanalyse vers ce qu\u2019il commence \u00e0 comprendre en dehors des n\u00e9vroses classiques, mais qui n\u2019a pas encore trouv\u00e9 une pratique appropri\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut bien constater que le psychanalyste d\u2019aujourd\u2019hui se trouve de plus en plus consult\u00e9 \u00e0 partir de souffrances narcissiques identitaires (R. Roussillon). Combien d\u2019analysants viennent nous voir parce qu\u2019ils ont le sentiment de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leur vie, souffrant de ne pas se sentir r\u00e9el, de ne pas trouver de sens \u00e0 ce qu\u2019ils font&nbsp;? Comment se lier durablement, tout en craignant de s\u2019y perdre&nbsp;? Comment se sentir exister tout en vivant en couple ou en famille, alors que vivre seul est d\u00e9solant&nbsp;? Le psychanalyste se trouve de plus en confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e9matiques renvoyant \u00e0 une <em>subjectivation en souffrance<\/em>. Qu\u2019est-ce qui peut emp\u00eacher un analysant de se sentir sujet de son d\u00e9sir, sujet de sa vie en relation aux autres?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, l\u2019investigation psychanalytique a tr\u00e8s largement d\u00e9bord\u00e9 le champ restreint du conflit n\u00e9vrotique, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019opposition entre le Moi et les pulsions. En nous proposant de nous int\u00e9resser au narcissisme, Freud a pos\u00e9 la question d\u2019un sujet qui n\u2019est pas l\u00e0 d\u2019embl\u00e9e, mais qui est \u00e0 constituer, \u00e0 investir de libido. Forc\u00e9ment en relation avec les autres, m\u00eame s\u2019il feint de pouvoir s\u2019en passer. Winnicott relancera la question en reliant qu\u00eate de soi et continuit\u00e9 d\u2019existence au d\u00e9veloppement de la transitionnalit\u00e9, mais aussi au visage de la m\u00e8re comme miroir.<\/p>\n\n\n\n<p>La <em>position narcissique<\/em> n\u2019est qu\u2019une des formes que peut prendre la qu\u00eate de soi. La non reconnaissance du sujet, dans son histoire, le pousse \u00e0 faire briller son image, sans pouvoir reconna\u00eetre les autres, r\u00e9duits \u00e0 une fonction de faire-valoir. La <em>position \u0153dipienne<\/em>, n\u2019en est-elle pas une variante, prenant apparemment en compte le tiers mais en jouant tout le temps avec l\u2019id\u00e9e que si ce tiers venait \u00e0 dispara\u00eetre, alors s\u2019ouvrirait toute la jouissance du monde. Comment comprendre le fond du d\u00e9sir incestueux sans y voir l\u2019espoir narcissique d\u2019une fin du manque&nbsp;? Bien d\u2019autres positions inconscientes sont bien entendu fr\u00e9quemment rencontr\u00e9es en analyse, telles celles d\u00e9crites par M\u00e9lanie Klein, que j\u2019ai pour ma part essay\u00e9 de dialectiser \u00e0 un autre courant de la vie psychique, celui qui nous permet de nouer des <em>liens subjectalisants<\/em>, des liens de reconnaissance mutuelle entre sujets et non simplement de r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment des relations d\u2019objet glissant vers la domination et l\u2019assujettissement.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychanalyse nous appara\u00eet donc aujourd\u2019hui comme la science qui cherche \u00e0 saisir comment chacun part inconsciemment en qu\u00eate d\u2019une semblance \u00e0 soi-m\u00eame, en fonction des divers sc\u00e9narios liant le sujet \u00e0 ses objets. Si la psychanalyse va \u00eatre amen\u00e9e \u00e0 se d\u00e9ployer sur plusieurs terrains, c\u2019est que cette partie se joue en permanence sur plusieurs sc\u00e8nes, dans un va-et-vient entre l\u2019intrapsychique et l\u2019intersubjectif entre ce qui peut devenir conscient et ce qui doit \u00eatre refoul\u00e9 ou cliv\u00e9. L\u2019attention de Freud s\u2019est tout d\u2019abord focalis\u00e9e sur l\u2019autre sc\u00e8ne, celle du fantasme et du r\u00eave qui vont rendre compte de la conversion hyst\u00e9rique. Pour aborder d\u2019autres probl\u00e9matiques, l\u2019investigation analytique a d\u00fb se d\u00e9placer sur le terrain de l\u2019intersubjectivation et de ses achoppements en s\u2019int\u00e9ressant notamment aux liens pr\u00e9coces, mais aussi \u00e0 la question de la tierc\u00e9it\u00e9 dans le champ familial.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019int\u00e9r\u00eat de la psychanalyse pour <em>l\u2019histoire<\/em> du sujet et de sa famille est si d\u00e9terminante, c\u2019est que nous ne naissons pas sujets, mais nous le devenons. Les liens avec l\u2019environnement va contribuer \u00e0 s\u00e9lectionner parmi toutes les positions possibles, celles qui caract\u00e9risent le plus le fonctionnement de chacun. Notre histoire nous laisse-t-elle un sentiment de confiance en la possibilit\u00e9 de relations fiables, permettant de partager les exp\u00e9riences \u00e9motionnelles&nbsp;? A-t-elle au contraire suscit\u00e9 une profonde d\u00e9fiance dans les liens, avec le sentiment qu\u2019il est dangereux de croire que l\u2019un peut compter pour l\u2019autre&nbsp;? Les cas difficiles, ceux qui imposent la mise au point d\u2019alternatives \u00e0 la cure type, ont tous une histoire qui leur a laiss\u00e9 croire qu\u2019en fin de compte les seuls liens r\u00e9els sont ceux o\u00f9 l\u2019un cherche \u00e0 occuper une position narcissique, tandis que l\u2019autre sera assujetti, r\u00e9duit au r\u00f4le d\u2019un objet compl\u00e9mentaire, qui peut \u00eatre utilis\u00e9 ou jet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>2\/ <strong>La reformulation du deuxi\u00e8me point<\/strong> de la d\u00e9finition de la psychanalyse d\u00e9coule de cette perspective.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique la diversit\u00e9 des \u00ab&nbsp;devenir sujet&nbsp;\u00bb tient \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre entre des positions subjectales qui sont \u00e0 la fois compl\u00e9mentaires et conflictuelles. L\u2019exp\u00e9rience montre que la psychanalyse ne peut pas \u00eatre indiqu\u00e9e simplement comme un traitement m\u00e9dical. Toute indication fait imm\u00e9diatement intervenir la personnalit\u00e9 de l\u2019analyste, sa plus ou moins grande tol\u00e9rance \u00e0 certaines probl\u00e9matiques, mais aussi sa capacit\u00e9 \u00e0 mettre en jeu un dispositif appropri\u00e9 \u00e0 la probl\u00e9matique de l\u2019analysant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les nouveaux terrains de la rencontre analytique ne constituent nullement un retour en arri\u00e8re, et en ce sens ne m\u00e9ritent pas de se voir syst\u00e9matiquement qualifier de psychoth\u00e9rapies, en opposition \u00e0 une soi-disant psychanalyse pure. En effet, les bases fondamentales de la m\u00e9thode analytique vont pouvoir s\u2019y d\u00e9ployer, qu\u2019il s\u2019agisse des associations libres, de l\u2019attention aux effets de l\u2019inconscient et bien s\u00fbr au jeu du transfert et du contre-transfert. Dans des situations parfois fort \u00e9loign\u00e9es de la cure type vont pouvoir se d\u00e9ployer un authentique processus analytique et une relance de la subjectivation fig\u00e9e dans l\u2019automatisme de r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Freud a invent\u00e9 la psychanalyse au contact de patientes hyst\u00e9riques, lui faisant comprendre qu\u2019il fallait abandonner l\u2019hypnose et la suggestion pour se mettre \u00e0 l\u2019\u00e9coute, il s\u2019est toujours int\u00e9ress\u00e9, et a toujours encourag\u00e9, la recherche sur l\u2019ensemble des probl\u00e9matiques humaines. Ainsi dans le <em>Court abr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse<\/em> (1923), \u00e9crit \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque que le texte d\u00e9finissant la psychanalyse, il \u00e9voque les affections narcissiques pour affirmer qu\u2019il \u00ab&nbsp;ne fait aucun doute que n\u00e9vroses et psychoses ne sont pas s\u00e9par\u00e9es par une fronti\u00e8re tranch\u00e9e, aussi peu que sant\u00e9 et n\u00e9vrose&nbsp;\u00bb. Lier aujourd\u2019hui la m\u00e9thode analytique, la vraie psychanalyse, au traitement des n\u00e9vroses appara\u00eet donc bien obsol\u00e8te, m\u00eame si nous reconnaissons le r\u00f4le historique de la rencontre entre Freud et les patients n\u00e9vros\u00e9s de son temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique d\u2019une extension de notre champ, il nous faut ici remarquer l\u2019apport des post-freudiens, tels Winnicott et Bion, qui nous ont fait passer peu \u00e0 peu d\u2019une <em>psychanalyse cherchant simplement \u00e0 amener \u00e0 la conscience du patient des contenus psychiques refoul\u00e9s, \u00e0 une psychanalyse qui privil\u00e9gie le d\u00e9veloppement des appareils pour r\u00eaver pour ressentir et pour penser<\/em>. Rappelons aussi les formulations de Raymond Cahn, \u00e9non\u00e7ant le paradoxe sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019analyse, lorsque \u00ab&nbsp;le contre-transfert et son \u00e9laboration se r\u00e9v\u00e8le le moyen privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019une remise en route ind\u00e9finie, chez le sujet, du processus d\u2019invention et d\u2019autoproduction du sens&nbsp;\u00bb. Le travail du psychanalyste appara\u00eet alors pour Raymond Cahn comme un processus de \u00ab&nbsp;<em>co-pens\u00e9e, de co-subjectivation<\/em>&nbsp;\u00bb. La <em>g\u00e9n\u00e9rativit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience analytique<\/em>, ch\u00e8re \u00e0 Ren\u00e9 Roussillon, nous donne l\u2019id\u00e9e d\u2019une <em>authentique rencontre analytique<\/em> avec des analysants qui n\u2019ont pas forc\u00e9ment pour principal probl\u00e8me d\u2019\u00eatre en permanence en conflit avec leur d\u00e9sir, mais en qu\u00eate d\u2019un sentiment d\u2019exister, ou de se sentir r\u00e9els.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective <em>la question de la m\u00e9thode psychanalytique<\/em> appara\u00eet naturellement dans sa multiplicit\u00e9. Pour certains analysants, le divan reste le meilleur espace de jeu analytique, dynamisant la fantasmatisation et la d\u00e9couverte de la conflictualit\u00e9 psychique li\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse du transfert. Cependant nous n\u2019avons pas \u00e0 nous sentir en exil, et en d\u00e9faut par rapport aux id\u00e9aux de la communaut\u00e9 analytique, lorsque nous pratiquons le face-\u00e0-face ou instaurons un psychodrame psychanalytique. Comment ne pas reconna\u00eetre, que la psychanalyse avec les enfants et les adolescents nous confronte aussi bien que l\u2019analyse adulte aux vraies questions pos\u00e9es au devenir sujet par le manque et la finitude humaine. Pourquoi ne pas \u00e9voquer aussi la psychanalyse familiale, quand certaines familles sont prises dans une culture de l\u2019assujettissement et des liens ali\u00e9nants qui risquent de rendre inop\u00e9rant la seule analyse individuelle de l\u2019enfant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>De la part de Winnicott nous retiendrons qu\u2019il est pertinent d\u2019accompagner certains analysants d\u2019un \u00e9tat o\u00f9 ils ne peuvent pas jouer, \u00e0 un \u00e9tat o\u00f9 ils sont capables d\u2019utiliser de plus en plus le cadre de jeu analytique. Est-ce moins analytique que de se taire et de laisser le patient \u00e9voluer plus seul, lorsque nous sentons qu\u2019il dispose d\u2019une capacit\u00e9 de jouer seul en pr\u00e9sence de l\u2019autre&nbsp;? Bien \u00e9videmment, non, c\u2019est une \u00e9coute de l\u2019autre, permettant une accommodation \u00e0 sa probl\u00e9matique qui me semble participer de la d\u00e9finition d\u2019un analyste. Accompagnant le devenir sujet de l\u2019analysant, le psychanalyste n\u2019a pas \u00e0 choisir entre sa fonction <em>d\u2019interpr\u00e8te du transfert et sa fonction subjectalisante<\/em> (Raymond Cahn), mais plut\u00f4t \u00e0 les doser en fonction de ce que nous impose notre \u00e9coute de l\u2019analysant et de son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>3\/ En ce qui concerne <strong>le troisi\u00e8me point<\/strong> de la d\u00e9finition de la psychanalyse, <em>les conceptions issues des divers terrains de la rencontre analytique, doivent effectivement \u00ab&nbsp;s\u2019accro\u00eetre ensemble&nbsp;\u00bb pour former la psychanalyse<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud a toujours voulu lier le d\u00e9veloppement de la psychanalyse en tant que corpus th\u00e9orique aux faits cliniques, ce qui fait que pour lui \u00ab&nbsp;sa superstructure th\u00e9orique est <em>incompl\u00e8te et en constante mutation<\/em>&nbsp;\u00bb. Au point o\u00f9 nous en sommes de l\u2019extension du champ de l\u2019approche psychanalytique, tr\u00e8s au-del\u00e0 des seules n\u00e9vroses de l\u2019adulte, ce colloque devrait permettre de prendre acte du fait que le progr\u00e8s de l\u2019analyse ne peut plus d\u00e9pendre des seules interrogations suscit\u00e9es par l\u2019exp\u00e9rience du divan, tandis que le reste ne serait que de la psychanalyse appliqu\u00e9e. Au contraire, une v\u00e9ritable <em>hybridation<\/em> peut s\u2019av\u00e9rer f\u00e9conde pour le d\u00e9veloppement de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi <em>le jeu du squiggle<\/em> de Winnicott, mis au point en vue de consultations th\u00e9rapeutiques avec des enfants, est venu m\u00e9taphoriquement soutenir notre mani\u00e8re de travailler analytiquement avec certains patients adultes, lorsque nous sentons que la relance de ses processus de subjectivation passe \u00e0 ce moment de son parcours analytique plus par des exp\u00e9riences de cr\u00e9ation commune, que par la relation \u00e0 un analyste en retrait, attendant le moment propice pour donner du sens \u00e0 des contenus cach\u00e9s, avec lesquels il ne souhaite pas interf\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>Raymond Cahn n\u2019a jamais cach\u00e9 qu\u2019une part de sa th\u00e9orisation est issue de son <em>exp\u00e9rience institutionnelle<\/em> dans un h\u00f4pital de jour d\u2019adolescents. Si on lit <em>La fin du divan&nbsp;?<\/em>, son exp\u00e9rience d\u2019analyste et <em>ce qui faisait que certains<\/em> adolescents \u00e9voluaient dans l\u2019institution ont constitu\u00e9 deux champs qui sont venus se recouper, l\u2019aidant \u00e0 travailler avec des patients aux limites de l\u2019analysable.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ma part, la pratique du psychodrame et l\u2019\u00e9coute analytique des familles ont modifi\u00e9 l\u2019ensemble de ma pratique. L\u2019exp\u00e9rience du psychodrame analytique, comme celle du <em>squiggle<\/em>, donne une certaine assurance dans le fait qu\u2019un analyste peut co-fantasmer avec certains analysants, sans que sa fonction interpr\u00e9tative ne soit mise \u00e0 mal, bien au contraire. Quant au travail analytique avec les familles, il m\u2019a permis de m\u2019\u00e9carter d\u2019une sorte de dilemme&nbsp;: tout ce qui perturbe les patients vient-il de leurs pulsions, de leurs d\u00e9sirs incestueux et de leur destructivit\u00e9 ou faut-il au contraire prendre \u00e0 la lettre la r\u00e9alit\u00e9 des comportements pathog\u00e8nes des parents&nbsp;? Le travail avec les familles permet de mesurer le poids de l\u2019histoire familiale sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, surtout quand celle-ci est faite de secrets, de traumatismes, de trans\u00adgressions, de communaut\u00e9s de d\u00e9ni. Cette approche familiale permet de sortir d\u2019une causalit\u00e9 par les mauvais parents. Les choses s\u2019encha\u00eenent, et se cr\u00e9ent des poches d\u2019<em>antisubjectivation<\/em>, \u00e0 partir des rat\u00e9s de la reconnaissance mutuelle qui caract\u00e9risent certains groupes familiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet \u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019<em>hybridation<\/em>, j\u2019ai pu exp\u00e9rimenter l\u2019introduction d\u2019une certaine dose de jeu analytique dans le d\u00e9roulement des s\u00e9ances de psychanalyse avec des familles. Cette technique hybride est bien diff\u00e9rente du psychodrame o\u00f9 l\u2019on invite le ou les patients \u00e0 jouer une ou plusieurs sc\u00e8nes \u00e0 chaque s\u00e9ance. En choisissant de mani\u00e8re pertinente avec la famille ce qui peut se jouer, souvent dans des moments o\u00f9 les associations verbales de la famille semblent s\u2019enliser, cette mise en jeu nous a quasiment toujours permis de trouver des voies de symbolisation, qui semblaient impossible d\u2019ouvrir autrement lorsque la r\u00e9p\u00e9tition des liens ali\u00e9nants embolise la s\u00e9ance. J\u2019en retiendrai pour ces familles le plaisir d\u2019une d\u00e9couverte, celle que d\u2019autres jeux \u00e9taient possibles, puisqu\u2019on pouvait jouer ce qui emp\u00eachait de se sentir exister en famille, tout en saisissant les angoisses raviv\u00e9es par la rencontre avec les analystes.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cette red\u00e9finition de la psychanalyse, met de c\u00f4t\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab&nbsp;cure type&nbsp;\u00bb, elle n\u2019en pose pas moins la question de <em>la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019analyse<\/em>. Qu\u2019est-ce qui fait que nous nous diff\u00e9rencions de techniques psychoth\u00e9rapiques usuellement pratiqu\u00e9es de nos jours, connues sous l\u2019appellation de TCC&nbsp;? Celles-ci reposent sur l\u2019id\u00e9e que les patients font des erreurs cognitives et que le th\u00e9rapeute est l\u00e0 pour les corriger, en maniant plus ou moins la carotte et le b\u00e2ton.<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien, l\u2019analyse commence quand la probl\u00e9matique de l\u2019analysant n\u2019est pas du tout consid\u00e9r\u00e9e comme une erreur, mais au contraire comme une mani\u00e8re de se d\u00e9battre avec son histoire. Elle constitue une tentative de s\u2019en sortir, en la rejouant dans le transfert, quitte \u00e0 se forger une position subjectale, quitte \u00e0 en payer le prix fort. Loin de savoir mieux que lui comment il pourrait se sortir de son histoire \u00e0 moindre frais, nous avons en tant qu\u2019analyste \u00e0 lui faire d\u00e9couvrir les liens entre cette histoire, qui peuvent renvoyer vers plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, ce qu\u2019il ressent comme les probl\u00e8mes ou les impasses de sa vie actuelle et ce qui va advenir pendant les s\u00e9ances. Que nous fassions du psychodrame ou que nous \u00e9coutions un patient sur le divan, nous allons devoir utiliser notre propre espace psychique pour pouvoir nous identifier au cheminement de l\u2019analysant, pour ressentir comme une solution humaine, ce qui pourrait sembler <em>a priori<\/em> aberrant et aurait pu donner dans l\u2019option de la psychoth\u00e9rapie l\u2019envie de corriger un comportement. C\u2019est parce que les psychanalystes font n\u00e9cessairement une longue analyse qu\u2019ils peuvent d\u00e9velopper cette saisie des logiques inconscientes. Sans cette dimension identificatoire, il n\u2019y a pas de rencontre analytique possible, m\u00eame si apparemment il y a la rencontre entre un analysant et un analyste. Si vous voyez un analyste en train de d\u00e9noncer son patient, de se plaindre de ses attaques, de ses man\u0153uvres perverses et je ne sais quoi d\u2019autre, c\u2019est que ce patient vient fortement perturber l\u2019\u00e9quilibre des positions subjectales de son analyste, le pla\u00e7ant dans une posture d\u00e9fensive. Ce n\u2019est pas g\u00eanant en soi, et nous avons tous besoin de d\u00e9fenses, y compris quand on est analyste. \u00c7a ne devient un probl\u00e8me durable que si ce contre-transfert n\u2019est pas analysable, par exemple parce que l\u2019analyste ne peut s\u2019emp\u00eacher de se situer dans une position moralisante, tout en sachant que ce n\u2019est pas vraiment son m\u00e9tier. S\u2019il trouve d\u2019autres analystes, ou des th\u00e9ories le confortant dans cette position, elle se fixera. Nous ne pouvons analyser notre contre-transfert qu\u2019en le situant comme un probl\u00e8me et non comme une solution, dont nous aurions \u00e0 nous vanter au pr\u00e8s des coll\u00e8gues.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il que lorsque la saisie des positions de l\u2019analysant peut \u00eatre investie par l\u2019analyste, nous d\u00e9couvrons qu\u2019il n\u2019y a pas en face de nous quelqu\u2019un qui serait par nature n\u00e9vros\u00e9 ou pervers narcissique, mais que nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un \u00eatre humain qui tente de se construire sur des positions auxquelles nous pouvons avoir acc\u00e8s. Si l\u2019analysant n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme masochiste, d\u00e9pressif ou <em>borderline<\/em> &#8211; en soi &#8211; mais si son devenir sujet passe par l\u00e0, alors nous trouverons t\u00f4t ou tard comment nous d\u00e9caler pour trouver des formes d\u2019intervention analytique susceptibles de lui transmettre le go\u00fbt de la r\u00e9flexivit\u00e9, dans une r\u00e9appropriation subjective de ses positions, jusque-l\u00e0 agies dans l\u2019automatisme de r\u00e9p\u00e9tition. Une des cl\u00e9s du changement en analyse tient au fait que l\u2019analysant sent que son analyste est vraiment en train de m\u00e9taboliser ce qu\u2019il lui apporte s\u00e9ance apr\u00e8s s\u00e9ance, ce qui peut passer par un temps assez long de non-savoir et d\u2019accueil en nous-m\u00eames de la part d\u2019irrepr\u00e9sentable, sous-jacente \u00e0 bon nombre de configurations cliniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette sp\u00e9cificit\u00e9 de la rencontre analytique me semble aller \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019id\u00e9e qu\u2019il y a plusieurs psychanalyses, juxtapos\u00e9es. N\u2019est-il pas plus pertinent de parler en termes de psychanalyse avec les enfants, les groupes ou les familles, que de parler de psychanalyse d\u2019enfants, de psychanalyse groupale ou familiale\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La multiplicit\u00e9 du travail analytique tient \u00e0 des <em>variations de dispositifs<\/em>, combin\u00e9es \u00e0 des <em>\u00e9quilibres variables entre les deux aspects de notre travail que sont le mode interpr\u00e9tatif et les interventions subjectalisantes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par intervention subjectalisante j\u2019entends ici des formes de r\u00e9ponse de l\u2019analyste, dans le vif des enjeux de la s\u00e9ance, laissant entrevoir qu\u2019un partage de l\u2019exp\u00e9rience et des formes de reconnaissance mutuelle in\u00e9dites sont possibles, \u00e0 partir de ce qui se d\u00e9ploie dans le champ transf\u00e9rentiel. Permettant d\u2019ouvrir de nouvelles perspectives de liens, ces interventions ont un certain effet interpr\u00e9tatif, dans la mesure o\u00f9 elles sont le fruit de l\u2019\u00e9coute analytique, d\u2019une attention de l\u2019analyste au contre-transfert et \u00e0 son activit\u00e9 de r\u00eaverie. Ainsi l\u2019analyse permettra \u00e0 certains moments l\u2019interpr\u00e9tation de fantasmes inconscients, tandis qu\u2019\u00e0 d\u2019autres moments \u00ab&nbsp;l\u2019analyste ouvrira la voie \u00e0 d\u2019autres op\u00e9rations narratives&nbsp;\u00bb, appartenant aussi bien \u00e0 l\u2019enfance, au <em>hic et nunc<\/em>, au d\u00e9ploiement de l\u2019intrapsychique de l\u2019analysant qu\u2019aux effets d\u2019une probl\u00e9matique transg\u00e9n\u00e9rationnelle. Cela suppose une certaine oscillation des vertex d\u2019\u00e9coute que l\u2019on peut retrouver d\u2019une s\u00e9ance \u00e0 l\u2019autre, m\u00eame si l\u2019\u00e2ge des patients et le dispositif varient de mani\u00e8re notable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux modalit\u00e9s du travail analytique vont plus ou moins se dialectiser selon les cures ou selon le moment de la s\u00e9ance, mais l\u2019essentiel est de saisir que toute analyse fait n\u00e9cessairement appel \u00e0 ces deux facettes du travail analytique. Les interventions subjectalisantes n\u2019ont de valeur en analyse que parce qu\u2019elles t\u00e9moignent de l\u2019\u00e9coute des enjeux inconscients de la s\u00e9ance, tandis que les interpr\u00e9tations ont toujours une valeur subjectalisante, dans la mesure o\u00f9 leur seul aspect mutatif r\u00e9side dans un changement possible de position subjectale chez l\u2019analysant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces multiples facettes du travail analytique viennent nous rappeler que le pire serait de faire du divan analytique un divan de Procuste, fig\u00e9 dans une improbable orthodoxie, une pseudo fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 Freud, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de l\u2019extraordinaire tension vers la recherche manifest\u00e9e tout au long de son parcours par le fondateur de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne doute pas que la suite de cette journ\u00e9e nous laissera entendre du nouveau, nous engageant \u00e0 d\u00e9couvrir de nouveaux terrains de l\u2019analyse, tout en d\u00e9gageant \u00e0 chaque fois encore plus sa sp\u00e9cificit\u00e9. M\u00eame si nous n\u2019avons pas la m\u00eame pratique que certains de nos coll\u00e8gues, faisons le pari que ce qui va suivre entrera en r\u00e9sonance avec nos propres interrogations, red\u00e9finissant dans cette dynamique quelque chose de la rencontre analytique du temps pr\u00e9sent.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9831?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est devenu usuel de distinguer la psychanalyse proprement dite, la \u00ab&nbsp;cure type&nbsp;\u00bb &#8211; avec son dispositif divan fauteuil &#8211; des \u00ab&nbsp;psychoth\u00e9rapies psycha- nalytiques&nbsp;\u00bb dans lesquelles le psychanalyste est sans divan. La premi\u00e8re connote l\u2019id\u00e9e d\u2019une puret\u00e9, tandis que la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1225,1214],"thematique":[217,418],"auteur":[1695],"dossier":[852],"mode":[60],"revue":[853],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9831","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-dispositif","rubrique-psychanalyse","thematique-psychotherapie","thematique-transfert","auteur-steven-wainrib","dossier-la-rencontre-analytique-sur-le-terrain","mode-payant","revue-853","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9831","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9831"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9831\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14600,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9831\/revisions\/14600"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9831"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9831"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9831"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9831"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9831"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9831"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9831"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9831"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9831"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}