{"id":9752,"date":"2021-08-22T07:30:37","date_gmt":"2021-08-22T05:30:37","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-mythes-de-la-famille-et-du-therapeute-familial-et-leur-deconstruction-2\/"},"modified":"2021-10-08T04:17:54","modified_gmt":"2021-10-08T02:17:54","slug":"les-mythes-de-la-famille-et-du-therapeute-familial-et-leur-deconstruction","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-mythes-de-la-famille-et-du-therapeute-familial-et-leur-deconstruction\/","title":{"rendered":"Les mythes de la famille et du th\u00e9rapeute familial et leur d\u00e9construction"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans ce travail, je vais articuler la conception des mythes familiaux et leur traitement en s\u00e9ance. Je serai amen\u00e9 \u00e0 souligner l\u2019importance de ce th\u00e8me parmi des courants constructionnistes sociaux dont la technique vise \u00e0 d\u00e9passer l\u2019emprise des repr\u00e9sentations sociales sur les patients. Dans les th\u00e9rapies familiales psychanalytiques (TFP), les mythes familiaux r\u00e9sonnent avec ceux des co-th\u00e9rapeutes, au niveau de leur contre-transfert et leur inter-transfert, dont l\u2019analyse est une pi\u00e8ce ma\u00eetresse de la cure familiale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une mythologie particuli\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p>Un mythe familial appara\u00eet sous forme d\u2019un r\u00e9cit qui implique une croyance partag\u00e9e par la famille. Celle-ci concerne l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un fait, d\u2019un comportement, un affect ou une pens\u00e9e exprim\u00e9s par l\u2019un de ses membres ou plusieurs. Le mythe n\u2019a pas d\u2019auteur ou date d\u2019origine. Personne ne sait quand, dans quelles circonstances ou comment il est n\u00e9. Il n\u2019est pas reconnu en tant que tel, sinon il serait mis en doute et, de ce fait, il perdrait son caract\u00e8re de certitude. Le r\u00e9cit sert d\u2019exemple, il a une dimension d\u2019all\u00e9gorie. Dans les mythes sociaux, c\u2019est ce que l\u2019on appelle une l\u00e9gende. Une autre fonction est que le mythe familial sert \u00e0 apaiser, ensuite \u00e0 att\u00e9nuer les effets d\u00e9chirants des contradictions, \u00e0 trouver du courage quand les r\u00e9sultats d\u2019un projet se laissent attendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mythes se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des situations exaltantes&nbsp;; les personnes dont ils parlent sont trait\u00e9es avec sympathie, voire avec v\u00e9n\u00e9ration. Si parfois le mythe souligne un aspect n\u00e9gatif ou \u00e9voque une incapacit\u00e9, il sert aussi \u00e0 cr\u00e9er du lien. Il est \u00e0 ce titre positif. Tous les mythes cimentent l\u2019appartenance familiale. Bon nombre parmi eux contribuent \u00e0 d\u00e9finir les contours et les traits de l\u2019identit\u00e9 familiale. Par exemple&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans notre famille, on ne gagne jamais au pari mutuel urbain (PMU&nbsp;: les paris sur les courses de chevaux).&nbsp;\u00bb Cette id\u00e9e peut aider \u00e0 se consoler d\u2019\u00eatre perdant aux courses et en m\u00eame temps de persister \u00e0 croire \u00e0 la magie du jeu, \u00e0 ses intuitions. \u00ab&nbsp;Dans notre famille, on est comme\u2026 ceci ou cela&nbsp;\u00bb, appara\u00eet fr\u00e9quemment dans la bouche des personnes ou, s\u2019ils ne le disent pas, ils le pensent et, m\u00eame s\u2019ils semblent le refouler, ils se comportent comme s\u2019ils le pensaient. En r\u00e9alit\u00e9, la plupart des mythes sont inconscients. Pour autant que le r\u00e9cit soit conscient et connu par le groupe, sa nature, son caract\u00e8re vital et la conviction in\u00e9branlable qu\u2019il fomente, ne sont pas per\u00e7us. L\u2019int\u00e9r\u00eat pour le clinicien tient \u00e0 leur influence marqu\u00e9e sur les comportements et, plus encore, sur le fait qu\u2019ils sont en relation avec les sympt\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux enfants et adolescents arrivent tard \u00e0 la consultation parce que les membres de leur famille ne peuvent concevoir que l\u2019un des leurs soit malade. Le mythe de la famille exclut qu\u2019il aille mal. On saisit la dimension d\u00e9fensive dans ce cas. Une des \u00e9nigmes du mythe familial est&nbsp;: comment les enfants l\u2019int\u00e8grent-ils&nbsp;? Quelle est la force de persuasion qui fait qu\u2019ils l\u2019acceptent et comment agit-elle&nbsp;? L\u2019association croyance et identit\u00e9 familiale doit y jouer un certain r\u00f4le. Mettre en doute le mythe serait comme questionner l\u2019appartenance \u00e0 la famille et \u00e0 la filiation. Une fois partag\u00e9 par les nouveaux venus \u00e0 la famille, des r\u00e9cits l\u00e9gendaires, r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, le confirment. Cela le met \u00e0 l\u2019abri de la pens\u00e9e critique qui va se d\u00e9velopper \u00e0 partir des 3-4 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019il soit un mythe d\u00e9pourvu de base scientifique, il serait une erreur de vouloir l\u2019attaquer frontalement par sa remise en question radicale. Le mythe est une erreur mais pas un mensonge. Il peut \u00e9voquer des faits anciens ayant eu lieu dans la r\u00e9alit\u00e9, et ayant \u00e9ventuellement un rapport avec les anc\u00eatres. Dans sa construction, le mythe fait intervenir le d\u00e9placement, la m\u00e9taphorisation ou la symbolisation. Avant de prendre le caract\u00e8re de mythe, un fantasme inconscient se configure et est partag\u00e9 par le groupe. Ensuite, il s\u2019affirme comme une croyance. Le mythe essaie d\u2019\u00e9viter la confrontation au fantasme inconscient et \u00e0 la souffrance qu\u2019il suscite.<br>Dans le cas o\u00f9 les parents disent que si l\u2019enfant est malade c\u2019est de leur faute, id\u00e9e qu\u2019ils peuvent \u00e9tayer sur des exemples et sur ce qu\u2019ils ont entendu ou vu dans les m\u00e9dia, cela peut leur permettre de se d\u00e9fendre d\u2019une autre conviction&nbsp;: ils craignent \u00eatre eux aussi malades, une impression qui peut les hanter depuis longtemps. Il n\u2019est pas rare qu\u2019ils aient dress\u00e9 des barri\u00e8res pour \u00e9viter que la maladie de l\u2019enfant n\u2019apparaisse et qu\u2019ils en ont fait de trop et adopt\u00e9 d\u2019autres mesures pr\u00e9ventives, qui ont perturb\u00e9 l\u2019\u00e9volution naturelle de l\u2019enfant et concouru \u00e0 ses troubles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les repr\u00e9sentations sociales<\/h2>\n\n\n\n<p>La mise \u00e0 jour du concept de mythe familial s\u2019est inspir\u00e9e du mythe social et anthropologique&nbsp;; leur origine et leur construction sont semblables. Proches du mythe social dans sa structure, les repr\u00e9sentations sociales int\u00e9ressent le sociologue de fa\u00e7on privil\u00e9gi\u00e9e, qui souhaite souligner l\u2019importance des cognitions dans la soci\u00e9t\u00e9. Elles influencent grandement le v\u00e9cu et le comportement des individus, des groupes, des institutions, et ont un r\u00f4le dans les tendances de la mode, dans les angoisses collectives et les id\u00e9aux d\u2019un peuple. La diff\u00e9rence entre mythe social et repr\u00e9sentation sociale est peut-\u00eatre que le mythe a un caract\u00e8re universel, alors que la repr\u00e9sentation peut \u00eatre localis\u00e9e \u00e0 un moment ou \u00e0 un lieu pr\u00e9cis. On souligne que le mythe social d\u00e9crit habituellement comment quelque chose est n\u00e9, l\u2019univers, un peuple, une ville, un h\u00e9ros. Une repr\u00e9sentation sociale peut concerner des situations plus modestes&nbsp;: elle pousse par exemple les citoyens d\u2019une ville d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer faire ses achats dans un supermarch\u00e9 que dans des magasins traditionnels (A. Eiguer, 2000). Beaucoup d\u2019individus ach\u00e8tent les machines Nespresso apr\u00e8s avoir vu la publicit\u00e9 o\u00f9 l\u2019on voit Georges Clooney se servant du caf\u00e9 avec une de ces machines. Puisque le com\u00e9dien est un bon acteur au <em>sex-appeal<\/em> affirm\u00e9, ils supposent que sans doute il sait appr\u00e9cier quelle est la meilleure machine \u00e0 caf\u00e9. Il convient de sp\u00e9cifier parmi ces repr\u00e9sentations, l\u2019attitude, l\u2019opinion, la croyance, l\u2019id\u00e9ologie, le mythe. Le mythe est une repr\u00e9sentation sociale, certes, mais toutes les repr\u00e9sentations sociales ne sont pas des mythes. Certaines sont surd\u00e9termin\u00e9es par d\u2019autres mythes, qui animent la mentalit\u00e9 collective. Voici une d\u00e9finition. Les repr\u00e9sentations sociales \u00ab&nbsp;recouvrent (\u2026) l\u2019ensemble des croyances, des connaissances et des opinions qui sont produites et partag\u00e9es par les individus d\u2019un m\u00eame groupe \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un objet social donn\u00e9.&nbsp;\u00bb Ce sont des \u00ab&nbsp;th\u00e9ories du sens commun&nbsp;\u00bb, des \u00ab&nbsp;th\u00e9ories na\u00efves&nbsp;\u00bb (C. Guimelli, 1967, p.&nbsp;63), alternatives, voire contraires au sens scientifique. Elles attribuent une signification aux faits de la r\u00e9alit\u00e9. Diff\u00e9rents m\u00e9canismes dans leur formation ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s par S. Moscovici (1970), notamment le privil\u00e8ge donn\u00e9 \u00e0 un aspect partiel au d\u00e9triment d\u2019autres. Ce \u00ab&nbsp;filtrage&nbsp;\u00bb est produit par des crit\u00e8res normatifs, qui soutiennent les pr\u00e9jug\u00e9s, en consonance avec les valeurs du groupe. Hors de leur contexte, ces aspects \u00ab&nbsp;prennent place dans une signification globale plus proche des attentes&nbsp;\u00bb du collectif (Guimelli, <em>op.<\/em> cit. p.&nbsp;65). Ils adoptent ainsi une n\u00e9o-coh\u00e9rence. Ensuite, toujours selon S. Moscovici, le \u00ab&nbsp;processus d\u2019objectivation consiste \u00e0 utiliser les notions s\u00e9lectionn\u00e9es pour construire le noyau figuratif de la repr\u00e9sentation&nbsp;\u00bb (<em>op.<\/em> cit., <em>loc.<\/em> cit.). \u00ab&nbsp;Une fois constitu\u00e9, le noyau figuratif acquiert un statut d\u2019\u00e9vidence qui le rend \u00ab&nbsp;non discutable&nbsp;\u00bb \u00bb (<em>op.<\/em> cit. p.&nbsp;66)&nbsp;; il devient le sens commun et s\u2019enracine dans le r\u00e9seau des cat\u00e9gories plus famili\u00e8res. Moscovici rapproche ce cheminement des processus individuels de refoulement. La communication de faits et de croyances au sein du groupe est d\u00e9terminante pour la consolidation de la repr\u00e9sentation sociale&nbsp;: la fabrication de faits, leur diffusion \u00e9galement. Il importe de la faire appara\u00eetre comme \u00ab&nbsp;\u00e9vidence objective&nbsp;\u00bb (D. Jodelet, 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai observ\u00e9 que nombre de ces repr\u00e9sentations sociales ont des r\u00e9percussions sur les membres des familles. Plus une famille est vuln\u00e9rable et vit des incertitudes concernant ses bases identitaires, plus elle semble sensible aux repr\u00e9sentations sociales. Les familles qui portent en elles des mythes trans-g\u00e9n\u00e9rationnels semblent plus solides pour r\u00e9sister aux modes, aux id\u00e9ologies et aux pr\u00e9jug\u00e9s. Par contre, les familles trop sensibles aux mythes-repr\u00e9sentations sociales semblent comme vides, inconsistantes, d\u00e9pendantes des autres, excessivement tributaires des familles d\u2019origine. Les avis ext\u00e9rieurs leur donnent le sentiment de trouver une solidit\u00e9, en r\u00e9alit\u00e9 factice&nbsp;; suivre la <em>doxa<\/em> les s\u00e9curise&nbsp;: penser comme les autres, c\u2019est devenir comme tout le monde, donc \u00e0 l\u2019abri de la r\u00e9probation sociale et encore plus des contradictions internes et des conflits.<\/p>\n\n\n\n<p>Les familles qui d\u00e9veloppent des mythes trans-g\u00e9n\u00e9rationnels demeurent en contact avec leurs racines m\u00eame si la nature de ces mythes peut \u00eatre r\u00e9gressive. Elles parviennent alors \u00e0 r\u00e9sister aux mythes sociaux ou \u00e0 les int\u00e9grer dans leur propre mentalit\u00e9 tout en \u00e9vitant d\u2019en \u00eatre submerg\u00e9es. Il existe de nombreuses similitudes entre les formes sociales du mythe et de la repr\u00e9sentation. Par exemple, ce que l\u2019on nomme les \u00ab&nbsp;th\u00e9ories explicatives&nbsp;\u00bb, par lesquelles une culture \u00e9tablit une relation entre un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel et un fait psychique ou groupal. En Gr\u00e8ce ancienne, la ville de Th\u00e8bes est frapp\u00e9e par la peste&nbsp;; comme aucun moyen ne permet de l\u2019arr\u00eater, ses habitants finissent par soup\u00e7onner que sa cause est li\u00e9e \u00e0 une faute commise par l\u2019un des leurs. Lorsque l\u2019on d\u00e9couvre que la reine Jocaste et le roi \u0152dipe sont m\u00e8re et fils, ils concluent que cette faute est leur inceste. Les ethnopsychiatres remarquent que des th\u00e9ories explicatives sont sollicit\u00e9es chez les patients de cultures traditionnelles africaines ou asiatiques pour attribuer leur mal \u00e0 des facteurs surnaturels, th\u00e9ories qu\u2019il convient de respecter, voire reconna\u00eetre dans leur qualit\u00e9 reconstituante. Certains courants de la th\u00e9rapie familiale ont soulign\u00e9 l\u2019importance des repr\u00e9sentations sociales dans l\u2019origine des troubles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le constructivisme social de McNamee et Gergen (1995) propose que nous sommes les esclaves de d\u00e9terminismes culturels, dont le discours peut paralyser et rendre malades quelques-uns parmi nous. Il revient au th\u00e9rapeute la t\u00e2che de les affranchir de ces d\u00e9terminismes. Un adolescent est prisonnier de l\u2019id\u00e9e que pour \u00eatre adulte et viril, il doit se d\u00e9brouiller tout seul quitte \u00e0 refuser l\u2019aide parentale, qu\u2019il consid\u00e8re, partant de cette id\u00e9e, comme ayant des vis\u00e9es infantilisantes. Alors le th\u00e9rapeute doit guider l\u2019adolescent \u00e0 trouver les racines environnementales de son id\u00e9e et contribuer \u00e0 la \u00ab&nbsp;d\u00e9construire&nbsp;\u00bb. Le concept de d\u00e9construction est emprunt\u00e9 \u00e0 J. Derrida (1973) et appliqu\u00e9 aux pens\u00e9es du patient. La m\u00e9thode de la d\u00e9construction est essentiellement intellectuelle. L\u2019utilisation qu\u2019en font ces th\u00e9rapeutes est en r\u00e9sonance avec l\u2019importance qu\u2019ils accordent aux pens\u00e9es dans leur th\u00e9orie. La repr\u00e9sentation sociale est une pens\u00e9e qui confirme une certitude. Pour la mise au point de sa m\u00e9thode, Derrida s\u2019est probablement inspir\u00e9 du scepticisme ancien, qui recommandait la \u00ab&nbsp;suspension du jugement&nbsp;\u00bb pour l\u2019examen philosophique des ph\u00e9nom\u00e8nes, attitude pr\u00f4n\u00e9e \u00e9galement par Husserl. Derrida s\u2019inspire aussi de la psychanalyse. Par la d\u00e9construction, il s\u2019agit de comprendre comment la m\u00e9taphysique est b\u00e2tie, en questionnant les mots qui composent un texte et par-del\u00e0 la d\u00e9marche qui a guid\u00e9 son auteur. \u00ab&nbsp;Les diff\u00e9rentes significations d\u2019un texte peuvent \u00eatre d\u00e9couvertes en d\u00e9composant la structure du langage dans lequel il est r\u00e9dig\u00e9.&nbsp;\u00bb L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, les choix de mots et des th\u00e8mes propos\u00e9s sont isol\u00e9s et dissoci\u00e9s de leur signification et analys\u00e9s de mani\u00e8re critique, jusqu\u2019\u00e0 la trouvaille des orientations profondes de l\u2019auteur. Dans le cas du patient ou de la famille, les sympt\u00f4mes sont rattach\u00e9s aux repr\u00e9sentations sociales qui les inspirent et soutiennent. Celles-ci sont d\u00e9construites, par une d\u00e9marche semblable \u00e0 celle du philosophe, afin d\u2019amener le sujet \u00e0 s\u2019en d\u00e9barrasser. En principe, le sympt\u00f4me, sans soutien id\u00e9ologique, est cens\u00e9 dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>M. White (1991), un th\u00e9rapeute du mouvement narratif, propose des solutions proches. Il explore les r\u00e9cits et les croyances des patients concernant la nature de leur maladie, puis les solutions qu\u2019ils ont cru utiles d\u2019\u00e9laborer pour en gu\u00e9rir. Ensuite, il les confronte \u00e0 d\u2019autres croyances alternatives, cherchant \u00e0 mettre en crise leurs croyances primitives, jusqu\u2019\u00e0 ce que les patients trouvent une solution \u00e0 leur probl\u00e8me. Selon son point de vue, la psychologie de chacun serait le produit des perceptions et des avis, les siens et surtout ceux des autres. La part consid\u00e9rable des opinions familiales sur d\u2019innombrables questions est aussi l\u2019objet de l\u2019\u00e9tude des th\u00e9rapeutes cognitivistes, si l\u2019on prend en compte l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019ils appellent les \u00ab&nbsp;pens\u00e9es automatiques&nbsp;\u00bb des patients, qu\u2019il importe de modifier par la th\u00e9rapie (Dattilo et <em>all.<\/em>, 1998)&nbsp;: ces th\u00e9rapeutes pensent que les jugements ext\u00e9rieurs font des ravages et cr\u00e9ent le probl\u00e8me. Chez les cognitivistes, ce ne sont pas forc\u00e9ment des id\u00e9es d\u2019inspiration sociale, mais de souche familiale. Dans les exemples donn\u00e9s par les auteurs, appara\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement la soumission des jeunes ou des femmes aux conventions dict\u00e9es par les a\u00een\u00e9s de la famille entravant leur \u00e9mancipation.<br>La proximit\u00e9 avec le concept de mythe familial est \u00e0 souligner. Les th\u00e9rapeutes cognitivistes adoptent des techniques comportementales, donc ils essaient de corriger les pens\u00e9es automatiques. Cette m\u00e9thode diff\u00e8re de la d\u00e9construction m\u00eame si des similitudes apparaissent, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9montrer au patient les contradictions entre les diff\u00e9rentes notions que la famille avance, les g\u00e9n\u00e9ralisations abusives, et les incoh\u00e9rences logiques. Dans les deux cas, on op\u00e8re par une discussion sur les fondements mythiques des pens\u00e9es en opposant une autre pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Peut-on dissoudre les mythes familiaux&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Une des r\u00e9serves que nous \u00e9mettons \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces techniques est leur vis\u00e9e correctrice. Quand l\u2019on part du principe que la technique doit \u00eatre correctrice, on rejettera la possibilit\u00e9 que le patient puisse trouver sa voie propre. Du point de vue th\u00e9orique, cela conduit \u00e0 une impasse&nbsp;: les repr\u00e9sentations sociales causent g\u00e9n\u00e9ralement des dommages \u00e0 une personne, mais elles ne peuvent \u00eatre supprim\u00e9es, seulement transform\u00e9es. La m\u00eame chose arrive avec les repr\u00e9sentations inconscientes&nbsp;; l\u2019attitude corrective supprime seulement. Or supprimer un mythe ou une repr\u00e9sentation collective, c\u2019est s\u2019attaquer \u00e0 l\u2019appartenance au groupe, \u00e0 l\u2019identit\u00e9, et aussi \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une classe, \u00e0 une origine ethnique. Cela peut \u00eatre douloureux et d\u00e9stabilisant. C\u2019est pour cette raison que de nouveaux mythes peuvent s\u2019instaurer \u00e0 la place des anciens. Il est n\u00e9cessaire que le travail th\u00e9rapeutique favorise la sauvegarde des richesses de chacun. Cela peut \u00eatre une utopie, mais poser la question est d\u00e9j\u00e0 important. Chacun de nous, th\u00e9rapeutes, est face au dilemme d\u2019obliger le patient \u00e0 changer ou de lui permettre d\u2019adopter les options qui lui conviennent et par lui-m\u00eame. La m\u00e9thode analytique appliqu\u00e9e \u00e0 la th\u00e9rapie familiale passe par le saisissement int\u00e9rieur des patients. Pour cela, outre l\u2019interpr\u00e9tation et la construction et avant m\u00eame que ces moyens puissent \u00eatre propos\u00e9s, un travail se d\u00e9veloppe au sein de l\u2019esprit du th\u00e9rapeute ou des co-th\u00e9rapeutes, malgr\u00e9 eux, qui les conduit \u00e0 aborder analytiquement leurs mouvements de contre-transfert. J\u2019aimerais proposer un exemple pour pr\u00e9ciser la diff\u00e9rence entre la d\u00e9marche analytique et les autres m\u00e9thodes. Cette situation concerne de pr\u00e8s le mythe familial et son retentissement au niveau de la psych\u00e9 des th\u00e9rapeutes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une anecdote personnelle<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a de nombreuses ann\u00e9es, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 la th\u00e9rapie d\u2019une famille (avec la participation du p\u00e8re, de la m\u00e8re et du fils). J\u2019\u00e9tais le co-th\u00e9rapeute d\u2019un formateur que j\u2019admirais. Je me sentais tr\u00e8s reconnaissant envers lui qui m\u2019a donn\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 de travailler en sa compagnie. Le patient d\u00e9sign\u00e9 \u00e9tait un homme d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es qui avait fait un \u00e9pisode psychotique aux Etats-Unis, o\u00f9 il avait migr\u00e9. Dans ce pays, il s\u2019est mari\u00e9 et a eu un fils, qui \u00e9tait encore jeune. Il travaillait dans le b\u00e2timent en tant que peintre de <em>buildings<\/em> new-yorkais, montant sur des \u00e9chafaudages jusqu\u2019aux \u00e9tages tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. Pour aller vite, ils \u00e9taient plusieurs \u00e0 r\u00e9aliser simultan\u00e9ment le m\u00eame geste avec le pinceau. Parfois, expliquait-il, le vent \u00e9tait si fort qu\u2019il poussait la plate-forme sur laquelle ils travaillaient vers l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Les peintres devaient alors la pousser vigoureusement pour la faire revenir vers le c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 ils peignaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce patient pr\u00e9sentait des id\u00e9es d\u00e9lirantes de pers\u00e9cution, notamment \u00e0 propos de ses proches et aussi des \u00e9trangers, de l\u2019automatisme de la pens\u00e9e, des hallucinations. Revenu en tout urgence dans son pays natal, il a \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9, puis il a suivi des soins ambulatoires et une th\u00e9rapie individuelle. S\u00e9v\u00e8re et autoritaire, son p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 champion de boxe dans sa jeunesse. Apr\u00e8s une s\u00e9ance, mon co-th\u00e9rapeute m\u2019a expliqu\u00e9 qu\u2019il connaissait la carri\u00e8re m\u00e9t\u00e9orique de cet homme, qu\u2019il avait toujours eu le plus grand respect pour son style de boxer. Il a ajout\u00e9 que, dans sa jeunesse, il avait lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 boxeur et qu\u2019il avait disput\u00e9 des matchs professionnels. Il me montre que son nez gardait une s\u00e9quelle de cette p\u00e9riode&nbsp;: la cloison en a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vi\u00e9e \u00e0 la suite d\u2019un coup. Il m\u2019a avou\u00e9 que lors des s\u00e9ances il devait faire un effort pour se \u00ab&nbsp;d\u00e9faire&nbsp;\u00bb de l\u2019admiration qu\u2019il gardait encore envers le p\u00e8re de cette famille et cela par une importante \u00e9laboration psychique. De mon c\u00f4t\u00e9, \u00e9tant peu enclin \u00e0 id\u00e9aliser les boxeurs professionnels ou amateurs, je me suis senti perplexe en l\u2019\u00e9coutant alors que je n\u2019\u00e9prouvais aucune pr\u00e9disposition admirative envers ce p\u00e8re, que je voyais au contraire comme un rustre sans \u00e9paisseur. Il me paraissait s\u2019imposer par la force \u00e9pargnant son \u00e9pouse, qui avait depuis des ann\u00e9es appris \u00e0 s\u2019accommoder \u00e0 lui en se montrant docile. J\u2019\u00e9tais plut\u00f4t content qu\u2019il ait trouv\u00e9 dans son fils quelqu\u2019un qui lui tienne t\u00eate. Je me suis senti g\u00ean\u00e9 en sachant que mon co-th\u00e9rapeute et ma\u00eetre pouvait aimer ce sport. Dans ma famille, on n\u2019appr\u00e9ciait gu\u00e8re les sports de combat ou martiaux, les voyant comme tr\u00e8s violents, \u00ab&nbsp;ab\u00eatissants&nbsp;\u00bb pour les boxeurs et spectateurs. Chacun de nous a ainsi \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 faire un v\u00e9ritable travail de d\u00e9construction de ses repr\u00e9sentations, qui me portaient, ainsi que mon formateur, \u00e0 dresser des d\u00e9fenses tr\u00e8s serr\u00e9es. Dans mon cas, j\u2019avais perdu ma neutralit\u00e9 (pour autant qu\u2019elle existe dans tous les cas). Je restais partial et envahi par mes pr\u00e9jug\u00e9s.<br>Toutefois j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 que mon co-th\u00e9rapeute soit aussi franc et \u00e0 l\u2019aise pour s\u2019analyser devant moi. Quand il a commenc\u00e9 \u00e0 boxer, il devait avoir l\u2019\u00e2ge que j\u2019avais alors. Je vous expose cette situation pour montrer la diff\u00e9rence entre les approches constructionniste, sociale et psychanalytique. Et aujourd\u2019hui que j\u2019ai \u00e0 peu pr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de ce formateur, je peux ajouter qu\u2019il s\u2019agissait de E. Pichon-Rivi\u00e8re. Nous avons r\u00e9sonn\u00e9 comme groupe \u00e0 deux au conflit entre p\u00e8re et fils. J\u2019ai eu le sentiment que la lutte entre g\u00e9n\u00e9rations pouvait s\u2019y pr\u00e9senter comme tr\u00e8s rude. \u00ab&nbsp;Jeunot, si tu fais trop le malin, tu peux recevoir tant de coups que tu vas te le rappeler toute ta vie&nbsp;!&nbsp;\u00bb Mes pr\u00e9jug\u00e9s intellectualistes apparaissaient comme pour confirmer le d\u00e9ni, celui comme quoi, dans la vie, on peut se passer des muscles. En ayant la r\u00e9v\u00e9lation de mon ma\u00eetre que le sport a fait partie de sa jeunesse, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 au c\u00f4t\u00e9 conflictuel des rapports entre g\u00e9n\u00e9rations dont la cons\u00e9quence peut faire mal, physiquement et symboliquement. Le nez, vous savez \u00e0 quoi il peut renvoyer. Dans mes associations, je me suis rappel\u00e9 que vers mes 5-6 ans, j\u2019avais re\u00e7u une brosse \u00e0 chaussures sur le nez, lanc\u00e9e par m\u00e9garde par un de mes cousins \u00e2g\u00e9 d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. J\u2019ai beaucoup pleur\u00e9 et, pensant avoir mon nez d\u00e9finitivement d\u00e9form\u00e9, je n\u2019arr\u00eatais pas de crier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et moi, qui avait un si joli nez, maintenant il est devenu tout moche.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand on fonctionne comme un th\u00e9rapeute constructioniste social, la d\u00e9construction est dict\u00e9e et command\u00e9e\u00a0; elle ne tient pas compte du passage par le contre-transfert, la surprise et la douleur que cela peut provoquer, la remise en question et les remaniements auxquels elle peut amener. Ni mon co-th\u00e9rapeute ni moi n\u2019avons pr\u00e9par\u00e9 ce d\u00e9nouement. Pourtant cela a belle et bien abouti \u00e0 une d\u00e9construction \u00e0 la fois de nos croyances et de ces mythes sociaux qui ont influenc\u00e9 la construction des mythes familiaux\u00a0: les n\u00f4tres, qui r\u00e9sonnent avec ceux de la famille. On ne pourra peut-\u00eatre pas avancer dans l\u2019\u00e9laboration des repr\u00e9sentations fantasmatiques de la famille et les faire \u00e9voluer sans cette transition par ce qui est v\u00e9cu par les co-th\u00e9rapeutes. Je souligne \u00e9galement la dimension groupale de l\u2019analyse inter-transf\u00e9rentielle, sans quoi je ne vois pas comment on aurait pu avancer. Evidemment mon co-th\u00e9rapeute poss\u00e9dait un exceptionnel talent. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 ce jour-l\u00e0 n\u2019a fait que r\u00e9affirmer mon admiration pour lui.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Dattilio F. et al., (1998), <em>Case studies in couple and family therapy<\/em>, N.-Y., Guilford.<\/p>\n\n\n\n<p>Derrida J. (1972), <em>Marges de la philosophie<\/em>, Paris, Minuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Eiguer A. (2000) \u00ab&nbsp;Le mythe familial \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des temps modernes&nbsp;\u00bb, <strong>Le journal des psychologues<\/strong>, Tr. ital., Interazioni, 2001, 15, I, 51-58. Tr. Espagnole: \u201cLas representaciones sociales y los mitos familiars en la actualidad\u201d, Actualidad psicologica, 2000, 279, 20-22.<\/p>\n\n\n\n<p>Gergen K. J. (2002), <em>Construire la r\u00e9alit\u00e9<\/em>, tr. fr. Paris, Le seuil, 2005.<\/p>\n\n\n\n<p>Guimelli C. (1967), <em>La pens\u00e9e sociale<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Jodelet D. (dir.), (1989), <em>Les repr\u00e9sentations sociales<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>McNamee S., Gergen K. (ed.), (1992) <em>Therapies and social construction<\/em>, New Bary Park CA, Sage.<\/p>\n\n\n\n<p>Moscovici S. (1970), <em>La psychologie sociale: une discipline en movement<\/em>, Paris, Mouton.<\/p>\n\n\n\n<p>White M. (1991) <em>Deconstruction and therapy<\/em>, Dulwich Center newsletter, 3, 21-40.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9752?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ce travail, je vais articuler la conception des mythes familiaux et leur traitement en s\u00e9ance. 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