{"id":9663,"date":"2021-08-22T07:30:25","date_gmt":"2021-08-22T05:30:25","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-video-pour-quoi-faire-2\/"},"modified":"2021-10-04T13:51:42","modified_gmt":"2021-10-04T11:51:42","slug":"la-video-pour-quoi-faire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-video-pour-quoi-faire\/","title":{"rendered":"La vid\u00e9o : pour-quoi faire ?"},"content":{"rendered":"\n<p>A l\u2019h\u00f4pital de jour pour adolescents du Centre \u00c9tienne Marcel \u00e0 Paris, les ann\u00e9es 1980-1990 furent riches en r\u00e9flexions autour des m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques<sup>1<\/sup>. Il nous est vite apparu que ces <em>M\u00e9diations symbolisantes<\/em> multiples \u00e9taient une pi\u00e8ce essentielle de l\u2019ensemble du dispositif th\u00e9rapeutique de l\u2019h\u00f4pital de jour. Cette certitude demeure encore aujourd\u2019hui. Notons que d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, les fondateurs du centre avaient d\u2019embl\u00e9e reconnu l\u2019importance de ces m\u00e9diations<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La vid\u00e9o mobilise beaucoup de choses dans la vie psychique, elle peut \u0153uvrer \u00e0 des transformations th\u00e9rapeutiques et c\u2019est un outil qui peut donner lieu \u00e0 de multiples projets. Les projets concrets d\u2019atelier d\u00e9coulent naturellement des mod\u00e8les culturels disponibles dans la soci\u00e9t\u00e9, j\u2019en donnerai plus loin un exemple avec \u00ab&nbsp;T\u00e9l\u00e9 Etienne Marcel&nbsp;\u00bb. Leur adaptation \u00e0 une finalit\u00e9 th\u00e9rapeutique est donc potentiellement infinie mais d\u00e9pend des capacit\u00e9s psychiques et des comp\u00e9tences techniques des praticiens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La vid\u00e9o symbolisation et pulsionnalit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Que la vid\u00e9o produise un type de symbolisation s\u00e9miotique sp\u00e9cifique tr\u00e8s proche du cin\u00e9ma, il ne me semble pas n\u00e9cessaire d\u2019y insister. La s\u00e9miologie du cin\u00e9ma est une question qui a \u00e9t\u00e9 beaucoup travaill\u00e9e par les sp\u00e9cialistes. Pour moi, filmer, monter, met en \u0153uvre une forme de pens\u00e9e imageante qui a le m\u00e9rite de relever \u00e0 la fois des processus primaire et secondaire et de les r\u00e9concilier. Le vertex sur le monde, le \u00ab&nbsp;point de vue&nbsp;\u00bb d\u2019o\u00f9 l\u2019on filme, le cadre limitant, sont symbolig\u00e8nes&nbsp;; il y a toujours du \u00ab&nbsp;hors champ&nbsp;\u00bb mais aussi du \u00ab&nbsp;hors temps&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La vid\u00e9o est le lieu d\u2019\u00e9lection de la pulsion scopique, que je con\u00e7ois constitu\u00e9e <em>d\u2019hallucinatoire et d\u2019emprise<\/em>. L\u2019emprise est une \u00ab&nbsp;prise&nbsp;\u00bb par la vue au service du moi. Quant \u00e0 l\u2019hallucinatoire v\u00e9hicul\u00e9 par ce <em>medium<\/em>, J.L Baudry nous en a donn\u00e9 une intelligibilit\u00e9 remarquable d\u00e8s 1975. Dans un article rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre il nous dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;le cin\u00e9ma (mais on peut en dire autant de la vid\u00e9o) est d\u00e9sir d\u2019un r\u00e9el qui aurait le statut d\u2019une hallucination soit d\u2019une repr\u00e9sentation prise pour une perception&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La vid\u00e9o et l\u2019enveloppe visuelle du moi<\/h2>\n\n\n\n<p>La cam\u00e9ra et la t\u00e9l\u00e9vision qui lui est reli\u00e9e produisent une \u00ab&nbsp;fonction \u00e9cran&nbsp;\u00bb pare-excitation et surface d\u2019inscription pour les figurations, g\u00e9n\u00e9rant de la r\u00e9flexivit\u00e9. La projection revient \u00e0 soi&nbsp;: il y a un \u00ab&nbsp;retour image&nbsp;\u00bb qui produit un <em>analogon<\/em> dans le r\u00e9el d\u2019une \u00ab&nbsp;boucle contenante&nbsp;\u00bb (G. Lavall\u00e9e) ou d\u2019une boucle de retour (G. Haag). En outre, en diff\u00e9r\u00e9, on peut revoir ce qu\u2019on a vu&nbsp;: le pass\u00e9 enregistr\u00e9 est alors rev\u00e9cu avec une charge hallucinatoire consid\u00e9rable&nbsp;; pass\u00e9 et pr\u00e9sent entrent en continuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La vid\u00e9o produit ce que j\u2019ai nomm\u00e9 un dispositif \u00ab&nbsp;r\u00e9flexif cadrant et \u00e9cran&nbsp;\u00bb <em>analogon<\/em> dans le r\u00e9el d\u2019une \u00ab&nbsp;enveloppe visuelle&nbsp;\u00bb pour le moi.<\/p>\n\n\n\n<p>La vid\u00e9o permet donc, par exemple, \u00e0 des adolescents autistes d\u00e9pourvus d\u2019enveloppe visuelle, de vivre, gr\u00e2ce \u00e0 elle, une perception psychis\u00e9e et de s\u2019en servir pour symboliser \u00e0 leur mesure, par exemple dans des ateliers de dessins anim\u00e9s<sup>4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019autoscopie<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec la vid\u00e9o on peut se voir et s\u2019entendre soi-m\u00eame, en temps r\u00e9el et en diff\u00e9r\u00e9. L\u2019adolescent n\u2019est plus le b\u00e9b\u00e9 merveilleux dans le regard de ses parents. Il se voit \u00ab&nbsp;tel qu\u2019il est&nbsp;\u00bb transform\u00e9 par la pubert\u00e9, et il doit finir par s\u2019aimer tel qu\u2019il est. La formule se voir \u00ab&nbsp;tel qu\u2019on est&nbsp;\u00bb est \u00e9videmment une approximation grossi\u00e8re. Il serait na\u00eff de croire que les personnes g\u00e9n\u00e9ralement reconnues comme belles s\u2019aiment elles-m\u00eames, plus facilement\u2026 nous en aurons un exemple, plus loin, avec Rebecca&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Balayons rapidement l\u2019ensemble des probl\u00e9matiques suscit\u00e9es par l\u2019autoscopie, valables pour tous les patients. Pour ne pas trop complexifier, je vais conjoindre l\u2019image visuelle et l\u2019image sonore mais ma vignette clinique nous am\u00e8nera \u00e0 les distinguer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La probl\u00e9matique du double et du tiers<\/h3>\n\n\n\n<p>Mon image, sur l\u2019\u00e9cran, n\u2019est pas un simple reflet dans un miroir, elle est pass\u00e9e par la vue d\u2019un autre potentiel, <em>un tiers<\/em>, et se traduit par la perception d\u2019un double. Ce double sur l\u2019\u00e9cran renvoie-t-il \u00e0 un d\u00e9doublement du moi internalis\u00e9 qui va prendre en charge la relation au double, <em>via<\/em> la relation \u00e0 soi-m\u00eame internalis\u00e9e&nbsp;? Sinon, comment sera v\u00e9cu le rapport au double externe&nbsp;? Appara\u00eetra-t-il bienveillant&nbsp;? malveillant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La probl\u00e9matique de l\u2019hallucinatoire<\/h3>\n\n\n\n<p>Quelle est la charge hallucinatoire de cette image visuelle et sonore et qu\u2019en est-il de l\u2019organisation de l\u2019hallucinatoire positif (la perception se rapproche d\u2019une hallucination) et n\u00e9gatif (la perception est effac\u00e9e, occult\u00e9e) chez le patient&nbsp;? S\u2019agissant de patients qui peuvent avoir des d\u00e9lires et des hallucinations, je me suis aper\u00e7u que la charge hallucinatoire du dispositif n\u2019aggravait pas leurs hallucinations, mais qu\u2019au contraire elle pouvait avoir des effets r\u00e9organisateurs, ce qui m\u2019a amen\u00e9 \u00e0 en rendre compte en produisant une th\u00e9orie compl\u00e8te de l\u2019hallucinatoire. On peut ainsi et \u00e7a n\u2019est pas banal, mettre au travail l\u2019hallucination psychotique et lui proposer une issue diff\u00e9rente en utilisant en quelque sorte \u00ab&nbsp;les m\u00eame moyens&nbsp;\u00bb. L\u00e0 encore Rebecca nous en fournira une illustration<sup>5<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La probl\u00e9matique narcissique sp\u00e9culaire<\/h3>\n\n\n\n<p id=\"pa12\">Puis-je m\u2019aimer tel que je me vois et tel que je me vois vu par les autres&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La probl\u00e9matique du moi-id\u00e9al<\/h3>\n\n\n\n<p id=\"pa13\">L\u2019\u00e9cart entre mon moi-id\u00e9al m\u00e9galomaniaque de beaut\u00e9 et de perfection et l\u2019image de mon apparence est-il supportable, ou va-t-il me pr\u00e9cipiter dans l\u2019autodestruction&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019affect de honte, la r\u00e9jection<\/h3>\n\n\n\n<p id=\"pa14\">La honte est un affect complexe \u00e0 la charni\u00e8re de l\u2019impuissance et de la faute. La honte de se voir et de s\u2019entendre signe la crise narcissique et la sexualisation du corps et du regard dans une psych\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019incestuel. Inconsciemment, qui me regarde, quand\u00a0<em>je me<\/em>\u00a0regarde sur l\u2019\u00e9cran\u00a0? Il peut y avoir retour hallucinatoire du forclos. Ainsi pour exprimer une honte radicale, v\u00e9ritable r\u00e9jection psychotique, nous verrons que Rebecca dira en se voyant\u00a0: \u00ab\u00a0Ah non\u00a0! Pas \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb de la r\u00e9jection-d\u00e9jection, \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb de l\u2019ind\u00e9termin\u00e9 impersonnel, \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb confusionnel et monstrueux de l\u2019incestuel psychotique, Rebecca, aussi, est \u00ab\u00a0L\u2019enfant de \u00e7a\u00a0\u00bb<sup>6<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de se voir et de s\u2019entendre en vid\u00e9o met donc en crise le narcissisme, le moi-id\u00e9al et la probl\u00e9matique du tiers et du d\u00e9doublement, elle engage l\u2019organisation pulsionnelle de l\u2019hallucinatoire et sa force de transformation des perceptions. L\u2019enjeu est de faire de cette crise <em>la promesse<\/em> d\u2019une transformation positive, puis d\u2019engager une transformation effective de ces donn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une vignette clinique&nbsp;: il \u00e9tait une fois Rebecca<\/h3>\n\n\n\n<p>Je vais \u00e9voquer, tr\u00e8s simplement, comme un conte de f\u00e9e, un mouvement psychique narcissique clef chez une adolescente qui \u00e9tait plong\u00e9e dans une d\u00e9compensation psychotique et ne tenait en vie que gr\u00e2ce \u00e0 des d\u00e9lires secrets. Rebecca s\u2019\u00e9tait, volontairement, inscrite \u00e0 un de mes ateliers r\u00e9alis\u00e9 en petit groupe&nbsp;: \u00ab&nbsp;T\u00e9l\u00e9 Etienne Marcel&nbsp;\u00bb. J\u2019y jouais un journaliste qui dialogue, individuellement, avec chaque adolescent (en pr\u00e9sence des quelques participants qui demeurent hors champ) sous l\u2019\u0153il bienveillant de nos \u00ab&nbsp;chers t\u00e9l\u00e9spectateurs&nbsp;\u00bb &#8211;<em>Tiers<\/em>&#8211; imaginaires \u00e0 qui nous nous adressions directement. Le ton \u00e9tait enjou\u00e9, ludique. J\u2019\u00e9tais, selon les pr\u00e9f\u00e9rences de l\u2019adolescent, pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019image ou hors champ. Les contenus \u00e9chang\u00e9s m\u00ealant r\u00e9alit\u00e9 et fiction \u00e9taient de l\u2019ordre du \u00ab&nbsp;play&nbsp;\u00bb<sup>7<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait une fois Rebecca, une magnifique jeune fille noire de 18 ans \u00e0 la peau tr\u00e8s sombre avec une superbe voix grave. Elle avait des allures de princesse, \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante et chacun la complimentait pour sa beaut\u00e9. Mais \u00e0 chaque fois qu\u2019elle se revoyait et s\u2019entendait sur l\u2019\u00e9cran vid\u00e9o de mon atelier, elle \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9contente&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! Non&nbsp;! Pas \u00e7a!&nbsp;\u00bb criait-elle d\u2019une voix discordante\u2026 sans pouvoir en dire plus, elle tournait les talons et s\u2019enfuyait&nbsp;! Unanimement reconnue comme belle elle n\u2019\u00e9tait pour elle-m\u00eame que&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb. Aucune de mes propositions ne parvenait \u00e0 apaiser son malaise. Au fil des \u00e9changes avec elle, je finis par deviner le probl\u00e8me&nbsp;: elle aurait voulu \u00eatre blanche et blonde et avoir une voix aigu\u00eb comme ces actrices am\u00e9ricaines qui jouent dans des feuilletons TV qui situent l\u2019action sur la c\u00f4te ouest des \u00c9tats-Unis&nbsp;: ces actrices constituaient ses images id\u00e9ales d\u2019elles-m\u00eames. Ici, l\u2019\u00e9cart entre son moi-id\u00e9al de perfection, \u00eatre blanche, blonde et avoir une voix aigu\u00eb et son image d\u2019elle-m\u00eame \u00e9tait insupportable et semblait irr\u00e9ductible. Elle voulut d\u2019abord que je lui change sa voix, elle me demandait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu peux pas me faire une voix plus aigu\u00eb&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Elle voulut m\u00eame refaire des prises en for\u00e7ant sa voix dans l\u2019aigu de fa\u00e7on discordante, mais je finis par refuser de l\u2019accompagner sur ce chemin de v\u00e9ritable contrefa\u00e7on de son identit\u00e9. J\u2019acceptais par contre de r\u00e9gler le degr\u00e9 de luminance de sa peau en ouvrant un peu le diaphragme, mais \u00e7a n\u2019\u00e9tait jamais suffisant, la technique ne permettait pas de la rendre blanche, la magie de l\u2019image n\u2019allait pas jusque l\u00e0&nbsp;! M\u00e9contente, en souffrance, elle finit par claquer la porte de mon atelier. Elle n\u2019avait pas d\u2019autre solution que de d\u00e9lirer&nbsp;: il fallait qu\u2019elle soit une autre. Mais quelques mois plus tard elle revint me voir. Elle me dit que cette fois-ci, elle voulait chanter devant la cam\u00e9ra. Et ce furent des dizaines de chansons que pendant des mois, elle enregistra seule devant la cam\u00e9ra vid\u00e9o, avec moi seul dans la pi\u00e8ce. Le probl\u00e8me narcissique de la voix \u00e9tait r\u00e9solu. Elle choisissait un r\u00e9pertoire de chansons \u00ab&nbsp;\u00e0 voix&nbsp;\u00bb qui exigeaient de monter tr\u00e8s haut dans les aigu\u00ebs et qui lui permettaient alors de correspondre \u00e0 son id\u00e9al de voix aigu\u00eb et de redescendre dans les graves, en accord avec son timbre naturel. Elle intriquait ainsi son moi (voix grave) et son moi-id\u00e9al (voix aigu\u00eb). Le r\u00e9pertoire chant\u00e9 \u00e9tait extraordinaire. Toutes ses chansons \u00e9taient des chansons d\u2019amour \u00e9perdu. Au revisionnement, elle se revoyait et s\u2019entendait crier passionn\u00e9ment \u00e0 elle-m\u00eame&nbsp;: \u00ab&nbsp;je t\u2019aime&nbsp;\u00bb. Mais ce \u00ab&nbsp;je t\u2019aime&nbsp;\u00bb auto-adress\u00e9, elle le disait aussi \u00e0 moi, son \u00ab&nbsp;porteur d\u2019image&nbsp;\u00bb seul pr\u00e9sent dans la pi\u00e8ce. L\u2019amour d\u2019elle-m\u00eame lui revenait r\u00e9flexivement, valid\u00e9 par mon \u00e9coute et mon regard. Au revisionnement je la complimentais avec pudeur et d\u00e9licatesse et j\u2019insistais surtout sur sa prestation.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s vite, elle eut un r\u00e9el plaisir \u00e0 se voir et \u00e0 s\u2019entendre. Mais surtout elle manifestait sa satisfaction du travail bien fait&nbsp;; elle me disait avec un grand sourire apr\u00e8s s\u2019\u00eatre vue et s\u2019\u00eatre entendue \u00ab&nbsp;Alors l\u00e0, pour une fois, je suis fi\u00e8re de moi&nbsp;!&nbsp;\u00bb C\u2019est-\u00e0-dire que son narcissisme progr\u00e9dient visant \u00e0 l\u2019estime d\u2019elle-m\u00eame pour le travail fait et bien fait venait au secours de son narcissisme sp\u00e9culaire probl\u00e9matique pour l\u2019aider \u00e0 s\u2019accepter telle qu\u2019elle \u00e9tait. Je peux dire, ici, qu\u2019elle a fait un grand chemin dans mon atelier dans l\u2019acceptation de son identit\u00e9&nbsp;: d\u00e9lirer devenait de moins en moins n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019air de rien&nbsp;\u00bb j\u2019ai mis en \u0153uvre une position professionnelle sp\u00e9cifique largement inspir\u00e9e de la psychanalyse. J\u2019en \u00e9voque quelques points tels qu\u2019on peut, <em>tr\u00e8s sch\u00e9matiquement<\/em>, les rep\u00e9rer dans mon travail avec Rebecca.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Principe de transitionnalit\u00e9&nbsp;:<\/em><\/strong> j\u2019essaye de cr\u00e9er une aire de chevauchement entre l\u2019adolescent et le monde, l\u2019adolescent et moi&nbsp;: je suis un \u00ab&nbsp;<em>Interlocuteur transitionnel<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e0 la fois interlocuteur interne et externe, pour Rebecca.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Principe du \u00ab&nbsp;trouv\u00e9-cr\u00e9\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/em><\/strong> Rebecca trouve des chansons conformes \u00e0 ses investissements narcissiques et elle les recr\u00e9e et \u00ab&nbsp;se re-cr\u00e9e&nbsp;\u00bb elle-m\u00eame en les chantant, devant la cam\u00e9ra et avec moi. <em>Elle trouve son apparence sur l\u2019\u00e9cran et elle la recr\u00e9e psychiquement<\/em>. Sa nouvelle image d\u2019elle-m\u00eame est trouv\u00e9e-cr\u00e9\u00e9e et je suis \u00ab&nbsp;porteur&nbsp;\u00bb de cette image.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Principe du \u00ab&nbsp;d\u00e9truit-retrouv\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong> (Winnicott-R. Roussillon)<br>Dans un premier temps, Rebecca rejette son image et me rejette. <em>Je survis<\/em>. Au lieu de l\u2019ignorer, j\u2019entretiens avec elle des contacts informels en dehors de mon atelier, en essayant de comprendre son rejet et je reste \u00e0 sa disposition pour l\u2019accueillir \u00e0 nouveau&nbsp;: elle revient&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Principe du \u00ab&nbsp;play&nbsp;\u00bb winnicottien<\/h3>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;play&nbsp;\u00bb engag\u00e9 entre nous, dans le jeu et la mise en image, substitue une autre solution psychique potentielle sur le mod\u00e8le du \u00ab&nbsp;<em>squiggle<\/em>&nbsp;\u00bb (\u00e0 toi, \u00e0 moi\u2026) \u00e0 la solution d\u00e9lirante close sur elle-m\u00eame, il introduit le principe de plaisir, le plaisir de \u00ab&nbsp;jouer&nbsp;\u00bb l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019existait pas.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Accueil des investissements narcissiques du patient<\/h3>\n\n\n\n<p>Rebecca voudrait \u00eatre une de ces actrices de la c\u00f4te ouest qu\u2019elle voit dans les mauvais feuilletons am\u00e9ricains&nbsp;; ses go\u00fbts musicaux ne sont pas les miens, <em>je ne discute pas ses choix<\/em>&nbsp;: c\u2019est d\u2019elle, c\u2019est \u00e0 elle, c\u2019est pour elle, \u00e7a ne se discute pas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Fonction tierce<\/h3>\n\n\n\n<p>Cette fonction capitale qu\u2019Andr\u00e9 Green a nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Tierc\u00e9it\u00e9&nbsp;\u00bb est complexe, elle est dans mon esprit constitutive de ma position professionnelle. Elle est pr\u00e9sente dans mon dispositif d\u2019atelier qui produit du double, puisque nos \u00ab&nbsp;chers t\u00e9l\u00e9spectateurs&nbsp;\u00bb imaginaires sont des <em>Tiers<\/em>. De fa\u00e7on spectaculaire, la fonction tierce se manifeste aussi en tant que point de but\u00e9e, quand -prenant le risque de la rupture- je refuse que Rebecca contrefasse de fa\u00e7on discordante sa voix naturelle. Mais, j\u2019insiste, cette fonction tierce est multiforme et d\u2019abord intrapsychique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9organisation de l\u2019hallucinatoire<\/h3>\n\n\n\n<p>La charge hallucinatoire du dispositif, mon ajustement psychique, permettent de mettre en <em>continuit\u00e9 hallucinatoire<\/em> ma psych\u00e9 et celle de Rebecca&nbsp;; son hallucinatoire tend alors \u00e0 \u00eatre r\u00e9organis\u00e9&nbsp;: elle n\u2019a plus besoin d\u2019halluciner qu\u2019elle est blanche.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9intrication des investissements objectaux et narcissiques<\/h3>\n\n\n\n<p>Rebecca va lier ses investissements d\u2019elle-m\u00eame et ses investissements du monde. Elle r\u00e9ussit \u00e0 se faire aimer, comme elle s\u2019aime, sans se contrefaire. Elle se fait \u00ab\u00a0reconna\u00eetre\u00a0\u00bb de moi et de ce que je repr\u00e9sente transf\u00e9rentiellement, mais elle se fait aussi admirer par les autres adolescents (de son choix) \u00e0 qui elle montrera ses meilleures prestations. Son moi et les autres, son moi et le monde se donnent la main\u00a0: narcissisme et objectalit\u00e9 s\u2019intriquent au lieu de s\u2019opposer. Elle dit \u00ab\u00a0Je t\u2019aime\u00a0\u00bb \u00e0 elle-m\u00eame et au monde\u00a0! <em>Bien \u00e9videmment rien de tout ceci ne peut, m\u00e9caniquement, advenir. Tout d\u00e9pend de l\u2019ajustement de ma position professionnelle \u00ab\u00a0d\u2019Interlocuteur transitionnel\u00a0\u00bb, cr\u00e9ateur \u00ab\u00a0d\u2019espace potentiel\u00a0\u00bb entre moi et l\u2019adolescent et de mes capacit\u00e9s de \u00ab\u00a0porteur d\u2019image\u00a0\u00bb. Et c\u2019est mon \u00e9coute psychanalytique qui me permet de mettre ma psych\u00e9 au service de l\u2019adolescent\u2026 mais ceci est une autre histoire\u2026<sup>8,9<\/sup><\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"titre traitementparticulier-non wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wrapper-children-grnote wp-block-list\"><li id=\"no1\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Un groupe de recherche pluridisciplinaire, cr\u00e9\u00e9 par C. Daubigny et moi-m\u00eame travailla sur cette question de 1983 \u00e0 1989. Y particip\u00e8rent, notamment, E. Allouch, J.F. Chiantaretto, C. Garneau, D. Larche\u2026 Beaucoup de textes de cette \u00e9poque parus au&nbsp;<em>Coq Heron<\/em>&nbsp;en sont issus. En 1991, sous la direction de J.-J. Baranes, m\u00e9decin directeur du centre (apr\u00e8s J.L. Donnet) fut publi\u00e9 chez Dunod&nbsp;<em>La question psychotique \u00e0 l\u2019adolescence<\/em>. Nombre de coll\u00e8gues du centre et moi-m\u00eame y apport\u00e8rent leurs contributions dans le champ des m\u00e9diations.<\/li><li id=\"no2\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Dans l\u2019esprit de sa fondatrice Th\u00e9r\u00e8se Tremblai-Dupr\u00e9 qui parlait d\u00e9j\u00e0 de \u00ab&nbsp;m\u00e9diations p\u00e9dagogiques&nbsp;\u00bb car elle fut p\u00e9dagogue avant de devenir psychanalyste, il s\u2019agissait de r\u00e9aliser un des souhaits de Pierre M\u00e2le, le premier psychanalyste fran\u00e7ais qui sut \u00e9couter les adolescents.<\/li><li id=\"no3\" class=\"note renvoi-in-alinea\"><em>Cf.<\/em>&nbsp;Revue&nbsp;<em>Communications<\/em>&nbsp;n\u00b0 23, \u00ab&nbsp;Psychanalyse et cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb, Seuil 1975 (Ecole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales), directeur E. Morin.<\/li><li id=\"no4\" class=\"note renvoi-in-alinea\"><em>Cf<\/em>&nbsp;mon article in&nbsp;<em>La violence de l\u2019image<\/em>&nbsp;F. Houssier&nbsp;<em>et coll<\/em>, In Press 2008, pp 119-146, le paragraphe consacr\u00e9 aux dessins anim\u00e9s et la s\u00e9quence avec \u00ab&nbsp;langoustine&nbsp;\u00bb.<\/li><li id=\"no5\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Il s\u2019agit de comprendre que l\u2019hallucination psychotique n\u2019est en somme que l\u2019\u00e9chec de l\u2019organisation de l\u2019hallucinatoire \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb pr\u00e9sent dans la psych\u00e9 de tout un chacun et mobilis\u00e9e par le m\u00e9dium vid\u00e9o.&nbsp;<em>Cf.<\/em>&nbsp;Lavall\u00e9e Guy \u00ab&nbsp;De l\u2019hallucination \u00e0 l\u2019hallucinatoire&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>Psychanalyse et psychose<\/em>&nbsp;(publication du Centre E. et J. Kestemberg), 2005, n\u00b0 5, pp. 43-56. Lavall\u00e9e Guy, \u00ab&nbsp;L\u2019enveloppe du r\u00eave et l\u2019hallucinatoire de transfert&nbsp;: hypoth\u00e8ses sur le d\u00e9gagement d\u2019un trauma nocturne&nbsp;\u00bb in Richard Fran\u00e7ois, Urribari Fernando&nbsp;<em>(dir.), Autour de l\u2019\u0153uvre d\u2019Andr\u00e9 Green&nbsp;: Enjeux pour une psychanalyse contemporaine<\/em>, Paris, PUF, 2005, pp. 305-327. Lavall\u00e9e Guy \u00ab&nbsp;Quelques propositions pour une troisi\u00e8me topique&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 2006, n\u00b0 5 (sp\u00e9cial congr\u00e8s), pp. 1341-1349.<\/li><li id=\"no6\" class=\"note renvoi-in-alinea\">J.-L. Donnet et A. Green (1973).&nbsp;<em>L\u2019enfant de \u00e7a<\/em>, Ed. de minuit.<\/li><li id=\"no7\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Il n\u2019y a personne derri\u00e8re la cam\u00e9ra qui est pos\u00e9e sur un pied et dispose d\u2019un retour image en circuit ferm\u00e9 sur une t\u00e9l\u00e9vision. Nous revisionnons les s\u00e9quences trouv\u00e9es-cr\u00e9\u00e9es de chacun, avec les participants \u00e0 l\u2019atelier, rien n\u2019est \u00e9videmment diffus\u00e9 r\u00e9ellement sur une cha\u00eene t\u00e9l\u00e9 en dehors de l\u2019atelier: nous jouons&nbsp;! Pour une description de ce type d\u2019atelier aupr\u00e8s des psychoses infantiles.&nbsp;<em>Cf<\/em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Se voir et s\u2019entendre avec un dispositif vid\u00e9o&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>Art et Th\u00e9rapie<\/em>, n\u00b0 98-99, F\u00e9vrier 2008, p.19-26.<\/li><li id=\"no8\" class=\"note renvoi-in-marquage\">Elle chantait vraiment tr\u00e8s bien, sans accompagnement musical, et r\u00e9ussissait chaque semaine \u00e0 apprendre par c\u0153ur une nouvelle chanson, y compris en anglais avec l\u2019aide de son professeur d\u2019anglais, elle qui \u00e9tait totalement en panne dans ses apprentissages scolaires depuis des ann\u00e9es.<\/li><li id=\"no9\" class=\"note renvoi-in-marquage\">G. Lavall\u00e9e, \u00ab&nbsp;L\u2019interlocuteur transitionnel&nbsp;: psychose et r\u00e9flexivit\u00e9&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Coq H\u00e9ron<\/em>&nbsp;n\u00b0 110, 1989, pp. 18-44.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9663?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019h\u00f4pital de jour pour adolescents du Centre \u00c9tienne Marcel \u00e0 Paris, les ann\u00e9es 1980-1990 furent riches en r\u00e9flexions autour des m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques1. Il nous est vite apparu que ces M\u00e9diations symbolisantes multiples \u00e9taient une pi\u00e8ce essentielle de l\u2019ensemble du&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1225],"thematique":[577],"auteur":[1827],"dossier":[689],"mode":[60],"revue":[690],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9663","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-dispositif","thematique-mediations-therapeutiques","auteur-guy-lavallee","dossier-les-mediations-therapeutiques","mode-payant","revue-690","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9663"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9663\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16746,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9663\/revisions\/16746"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9663"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9663"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9663"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9663"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9663"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9663"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9663"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}