{"id":9643,"date":"2021-08-22T07:30:23","date_gmt":"2021-08-22T05:30:23","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-jeu-theatral-un-appareil-a-penser-limpensable-2\/"},"modified":"2021-09-22T11:16:38","modified_gmt":"2021-09-22T09:16:38","slug":"le-jeu-theatral-un-appareil-a-penser-limpensable","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-jeu-theatral-un-appareil-a-penser-limpensable\/","title":{"rendered":"Le jeu th\u00e9\u00e2tral, un appareil \u00e0 penser l&rsquo;impensable"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tirer profit de l\u2019exp\u00e9rience<sup>1<\/sup><\/h2>\n\n\n\n<p>Le vaste champ de recherche que la psychanalyse contemporaine nous invite \u00e0 ouvrir, m\u2019a men\u00e9e depuis plus de vingt ans \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la dimension th\u00e9rapeutique des pratiques artistiques. Cette r\u00e9flexion a permis de d\u00e9gager trois directions conceptuelles majeures intervenant dans les pratiques th\u00e9rapeutiques utilisant ce type de m\u00e9diations, th\u00e9orisations que je consid\u00e8re comme ayant \u00e9t\u00e9 pour moi des op\u00e9rateurs fondamentaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu et l\u2019espace transitionnel, tels que Winnicott les a th\u00e9oris\u00e9s, la conceptualisation de Bion concernant la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 transformer ou \u00e0 dig\u00e9rer des contenus psychiques rest\u00e9s pour lui impensables en \u00e9l\u00e9ments progressivement symbolisables, me semblent aujourd\u2019hui incontournables pour mieux appr\u00e9hender les psychoses et les \u00e9tats <em>limites<\/em>. Penser ces cliniques d\u00e9sign\u00e9es par Ren\u00e9 Roussillon de <em>cliniques de l\u2019extr\u00eame<\/em>, ne saurait pourtant se faire sans utiliser aussi le concept de Marion Milner<sup>2<\/sup> de <em>medium mall\u00e9able<\/em>. Ce concept offre aux deux autres \u00e9laborations la trame absolument n\u00e9cessaire \u00e0 toute recherche sur les ph\u00e9nom\u00e8nes transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiels concernant notamment le traitement des \u00e9tats mentaux devant lesquels la psychopathologie et la psychanalyse se retrouvent bien souvent d\u00e9munies.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019abord au Winnicott p\u00e9diatre que je souhaite rendre hommage, car c\u2019est ce temps premier de sa formation qui aura pour cons\u00e9quence d\u2019infl\u00e9chir le reste de sa trajectoire psychanalytique, en attachant notamment une importance toute particuli\u00e8re au corps de l\u2019enfant, du nourrisson &#8211; un nourrisson seul <em>\u00e7a n\u2019existe pas<\/em> -, attirant ainsi notre r\u00e9flexion sur des notions centrales telles que la <em>d\u00e9pendance absolue<\/em> et la <em>d\u00e9pendance relative<\/em>. Il introduit ainsi <em>de facto<\/em> une question d\u2019ampleur&nbsp;: celle de l\u2019environnement qui joue autour du sujet un r\u00f4le d\u00e9terminant dans son organisation psychique. Winnicott op\u00e8re donc un virage radical dans la pens\u00e9e psychanalytique, puisqu\u2019il donne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue, psychique et corporelle tout autant que sociale, une place que la psychanalyse avait du mal \u00e0 lui octroyer. C\u2019est ainsi qu\u2019il modifiera en profondeur notre regard sur le sujet et ouvrira de nombreuses voies pour le traitement de pathologies <em>limites<\/em>, des psychoses infantiles, et de l\u2019adulte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu, et l\u2019espace interm\u00e9diaire qu\u2019il engendre, mais aussi le jeu th\u00e9\u00e2tral &#8211; version sophistiqu\u00e9e du jeu winnicottien s\u2019adressant \u00e0 des adultes psychotiques -, la sc\u00e8ne et ce qui s\u2019y rapporte, mais aussi l\u2019<em>Autre Sc\u00e8ne<\/em> &#8211; pour reprendre l\u2019expression d\u2019Octave Mannoni concernant l\u2019inconscient, autant de termes pour moi essentiels \u00e0 penser le sujet, la psychose, les pathologies limites, ainsi que les ph\u00e9nom\u00e8nes transf\u00e9rentiels. Durant une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, j\u2019ai pu observer de r\u00e9els processus de changements \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez des patients r\u00e9put\u00e9s difficiles, voire incurables. Progressivement, ils se mirent \u00e0 r\u00eaver, ils exprimaient une demande de prise en charge psychoth\u00e9rapeutique individuelle, quand parall\u00e8lement ils (re)cr\u00e9aient des liens familiaux, ou engageaient un processus de formation professionnelle. En un mot, ils retrouvaient une vitalit\u00e9 qu\u2019ils croyaient \u00e0 jamais perdue. Cette remise en mouvement psychique, pour moi \u00e9nigmatique, m\u2019avait fortement impressionn\u00e9e. <em>Savoir tirer profit de l\u2019exp\u00e9rience<\/em><sup>3<\/sup>, au point de voir se modifier en profondeur mon \u00e9coute, allait de pair avec une attention grandissante port\u00e9e au <em>travail du n\u00e9gatif<\/em><sup>4<\/sup> tel qu\u2019il se d\u00e9ployait sur la sc\u00e8ne psychique de ces patients.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre et l\u2019espace de jeu qu\u2019il mobilise me sont apparus comme des moyens d\u2019une grande efficacit\u00e9 symbolique, dans la mesure o\u00f9 le cadre de jeu mis en place, et la fiction qu\u2019il implique, permettent d\u00e9j\u00e0 au patient de d\u00e9poser, ne serait-ce qu\u2019un instant, la partie psychotique de sa personnalit\u00e9. C\u2019est par la r\u00e9p\u00e9tition de ces allers-retours entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 que quelque chose se structure peu \u00e0 peu chez le patient, lui donnant alors le go\u00fbt de la nouveaut\u00e9. Il s\u2019agit bien de permettre au patient de se reposer de lui-m\u00eame et de ne surtout pas susciter ses d\u00e9fenses, ce qui r\u00e9veillerait le cumul d\u2019atteintes oubli\u00e9es ou forcloses, \u00e9l\u00e9ments fondamentaux d\u2019une n\u00e9gativit\u00e9 profond\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u0153uvre, et dont la destructivit\u00e9 rendue palpable par le jeu lui-m\u00eame, n\u2019attaque pas directement le patient, car le personnage et la fiction sont autant de cadres protecteurs. C\u2019est donc en s\u2019identifiant consciemment au personnage &#8211; ce que je nomme travail d\u2019identification ludique, que le patient peut explorer les b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019il y a \u00e0 jouer \u00e0 \u00eatre un autre, en y prenant, de surcro\u00eet, du plaisir. Ce faisant il s\u2019empare du droit de dire, et de devenir un substitut, un porte-parole. Ce travail identificatoire qui se construit dans la distanciation, autorise un jeu dialectique avec la division et peut s\u2019assimiler \u00e0 une perlaboration, au sens freudien du terme, venant ainsi progressivement remodeler ou travailler (<em>Durcharbeiten<\/em>) la conscience qu\u2019il a de lui-m\u00eame, et par voie de cons\u00e9quence, sa structure inconsciente. Cette exp\u00e9rience qui lui donne alors peu \u00e0 peu l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est possible de changer de r\u00eaves n\u2019a en soi rien de sp\u00e9cifique concernant la psychose, seulement elle en change consid\u00e9rablement le visage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Exigence esth\u00e9tique et sensation du changement<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019exigence esth\u00e9tique vient \u00e9galement donner au patient le sentiment qu\u2019il peut communiquer \u00e0 autrui des sensations dont il se croyait jusqu\u2019alors d\u00e9poss\u00e9d\u00e9, ce faisant il entre en relation avec l\u2019id\u00e9e du beau. Le r\u00f4le qu\u2019il incarne devient alors l\u2019indice pr\u00e9cieux de sa capacit\u00e9 \u00e9volutive dans la mesure o\u00f9 ce qui se joue pour lui, et en lui, prend appui sur le th\u00e9rapeute, <em>medium mall\u00e9able<\/em> fondateur. Jouer au th\u00e9\u00e2tre c\u2019est aussi red\u00e9couvrir par la parabole et l\u2019all\u00e9gorie la capacit\u00e9 d\u2019exprimer un ineffable qui jusque l\u00e0 l\u2019avait constitu\u00e9 et qu\u2019enfin il pourrait restituer \u00e0 autrui sous la forme d\u2019une aire de jeu, qui est avant tout espace de plaisir. Mais cet espace ne peut prendre forme et sens que parce qu\u2019il est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et s\u2019inscrit sur la trame du <em>medium mall\u00e9able<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Faisant \u00e9tat d\u2019attaques du lien transf\u00e9rentiel de la part de certains patients, R. Roussillon s\u2019appuyant sur ce concept de <em>medium mall\u00e9able<\/em> dit \u00e0 quel point il lui fut difficile parfois de se faire \u00ab&nbsp;<em>bonne p\u00e2te<\/em>&nbsp;\u00bb pour son patient, sans pour autant exercer de r\u00e9torsions interpr\u00e9tatives<sup>5<\/sup>. Ce langage imag\u00e9 me ram\u00e8ne au souvenir d\u2019un moment de th\u00e9\u00e2tre avec une patiente psychotique avec laquelle il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de travailler pendant toutes ces ann\u00e9es. Nous \u00e9tions dans la pr\u00e9paration du <em>Malade imaginaire<\/em> qu\u2019elle incarnait avec brio lorsque arrive la sc\u00e8ne o\u00f9 <em>Le Malade<\/em> d\u00e9cide d\u2019infliger sa col\u00e8re et ses coups \u00e0 sa fille cadette Louison. Ce temps d\u2019\u00e9laboration o\u00f9 chaque partenaire se doit d\u2019explorer les fronti\u00e8res de la haine et du trauma, est un temps cruel et p\u00e9rilleux. J\u2019observais d\u2019ailleurs que la patiente-com\u00e9dienne qui jouait Argan avait peur de poursuivre Louison, tout en cherchant \u00e0 la frapper, et que de son c\u00f4t\u00e9, celle qui incarnait Louison \u00e9tait p\u00e9trifi\u00e9e au point de ne presque plus pouvoir se d\u00e9placer. Je pensais alors qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9cessaire que j\u2019intervienne pour tenir alternativement chacun des deux r\u00f4les, non pour leur donner des directives de jeu, comme si je devenais le Ma\u00eetre \u00e0 jouer, mais plut\u00f4t pour go\u00fbter moi-m\u00eame \u00e0 cette \u00ab&nbsp;p\u00e2te&nbsp;\u00bb que repr\u00e9sentaient les personnages et qu\u2019il nous faudrait modeler, incarner pour leur donner une forme.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors que je compris, en l\u2019\u00e9prouvant moi-m\u00eame, dans le r\u00f4le de Louison, cherchant \u00e0 \u00e9viter les coups du p\u00e8re, que la fiction contribuait \u00e0 prot\u00e9ger des \u00e9prouv\u00e9s douloureux. Ce constat essentiel me permit d\u2019explorer avec eux ce que ces jeux de \u00ab&nbsp;modelages&nbsp;\u00bb pouvaient autoriser&nbsp;: une cr\u00e9ativit\u00e9, une disponibilit\u00e9 \u00e0 la peur de l\u2019autre, une suite d\u2019\u00e9changes profond\u00e9ment vivants et essentiels. C\u2019est ainsi que l\u2019une et l\u2019autre s\u2019install\u00e8rent dans leur personnage, d\u00e9couvrant que l\u2019air, le souffle et les gestes sont de v\u00e9ritables mati\u00e8res \u00e0 transformer, qu\u2019ils se r\u00e9v\u00e8lent et s\u2019inscrivent dans une concr\u00e9tude \u00e0 articuler, rendant visible l\u2019impensable, afin de travailler sa peur, l\u2019analyser, <em>Analuein<\/em> disait Hom\u00e8re pour d\u00e9signer l\u2019action sans cesse reprise chaque nuit par P\u00e9n\u00e9lope d\u00e9liant les fils de sa tapisserie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Inventer de nouveaux dispositifs th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thode est de s\u2019adresser sans futilit\u00e9, ni d\u00e9fense professionnelle, \u00e0 cet autre qu\u2019est le patient afin de rep\u00e9rer, dans le jeu lui-m\u00eame, les microfractures de la communication dont il est la victime. Cette approche qui doit laisser se d\u00e9ployer progressivement les capacit\u00e9s ludiques du patient, est d\u00e9cisive car elle permet \u00e0 ce type d\u2019exp\u00e9rience de modifier en profondeur l\u2019intention th\u00e9rapeutique. Ici, la m\u00e9diation vient jouer comme appareil \u00e0 penser les pens\u00e9es impensables du patient, \u00e0 r\u00e9animer psychiquement ce qui \u00e9tait rest\u00e9 jusque-l\u00e0 gel\u00e9. La sp\u00e9cificit\u00e9 de cette travers\u00e9e est qu\u2019elle s\u2019accomplit sans avoir recours \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation, cette derni\u00e8re si elle venait \u00e0 se formuler dans le temps du jeu, risquerait d\u2019en figer le contenu, bloquant brutalement l\u2019\u00e9nergie libidinale de la recherche mobilis\u00e9e nouvellement par le sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail ne prend tout son sens que si nous sommes reli\u00e9s au patient transf\u00e9rentiellement, et nous connaissons la complexit\u00e9 d\u2019une telle affirmation, puisqu\u2019il faut s\u2019inscrire dans une temporalit\u00e9 parfois tr\u00e8s lente pour que puisse advenir un tel processus<sup>6<\/sup>. Autant dire que la formation psychanalytique est requise pour ce type d\u2019exercice. Si l\u2019acteur est un athl\u00e8te affectif (Artaud), il semble que donner au corps et \u00e0 l\u2019\u00e9motion une place de choix, toujours m\u00e9diatis\u00e9e par la fiction et le personnage \u00e0 incarner, marque dans l\u2019abord des psychoses un tournant important, car ils offrent un cadre permettant l\u2019exploration de ce qui reste inaccessible, apportant aux patients, de mani\u00e8re souvent inattendue, la possibilit\u00e9 de se reposer d\u2019eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte th\u00e9\u00e2tral, de par ses potentialit\u00e9s ludiques, devient alors le vecteur d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 nouvelle, avec laquelle les patients-com\u00e9diens peuvent progressivement entrer en relation. En montrant de fa\u00e7on significative que la r\u00e9alit\u00e9 et les conditions de vie et d\u2019\u00e9ducation jouaient un r\u00f4le d\u00e9cisif dans de nombreux arr\u00eats de d\u00e9veloppement chez des sujets souffrants de carences pr\u00e9coces, Winnicott et Bion ont pris en compte \u00e0 la fois l\u2019histoire psycho-affective et fantasmatique du sujet, tout en donnant \u00e0 l\u2019environnement de celui-ci une place fondamentale. Ils ont ainsi orient\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive les pratiques th\u00e9rapeutiques, nous obligeant \u00e0 inventer de nouveaux dispositifs qui soient comme des \u00e9quivalents d\u2019une cure analytique pour des sujets d\u00e9pourvus de capacit\u00e9s de symbolisation.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte que les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques ont connu un r\u00e9el essor dans les institutions de soins aujourd\u2019hui, mais encore nous faut-il en pr\u00e9ciser l\u2019importance et la port\u00e9e th\u00e9orico-clinique. Le th\u00e9\u00e2tre permet d\u2019\u00e9laborer de nouveaux codes de traduction des ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s, un immense r\u00e9pertoire disponible dont le pouvoir imageant, \u00e0 l\u2019instar du travail du r\u00eave, vient mobiliser puissamment l\u2019inconscient. Si nous poursuivons l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une analogie entre travail du r\u00eave et travail sc\u00e9nique, c\u2019est pour mettre en relief la mat\u00e9rialit\u00e9 de tentatives de r\u00e9objectalisation, de r\u00e9investissement psychique de la part du patient. La sc\u00e8ne, espace de traduction et de m\u00e9tamorphose, rendant visible l\u2019essence m\u00eame d\u2019un impossible \u00e0 dire, donne une forme \u00e0 ce qui \u00e9tait rest\u00e9 impensable<sup>7<\/sup>. Mais la sc\u00e8ne fait plus que cela encore, de par son effet cathartique elle devient dans un saisissement premier <em>l\u2019appareil \u00e0 r\u00eaver les r\u00eaves<\/em> dont le patient, priv\u00e9 au d\u00e9but, devient peu \u00e0 peu l\u2019herm\u00e9neute passionn\u00e9. Curieux d\u2019\u00e9prouver des \u00e9motions nouvelles, jusque l\u00e0 impossibles \u00e0 assumer, il est comme le nourrisson qui cherche \u00e0 traduire les messages qui lui sont adress\u00e9s, et qui pourtant lui restent pour une bonne part \u00e9nigmatiques<sup>8<\/sup>. Enfin, ce travail th\u00e9\u00e2tral permet aux patients, d\u00e9munis au d\u00e9part, de ces capacit\u00e9s de symbolisation, d\u2019\u00e9prouver, <em>hic et nunc<\/em>, quelque \u00ab&nbsp;<em>chose du pass\u00e9 qui n\u2019a pas encore eu lieu parce que le patient n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 pour que \u00e7a ait lieu en lui. Dans ce cas, la seule fa\u00e7on de se souvenir est que le patient fasse, pour la premi\u00e8re fois, dans le pr\u00e9sent, c\u2019est-\u00e0-dire dans le transfert, l\u2019\u00e9preuve de cette chose pass\u00e9e. Cette chose pass\u00e9e et \u00e0 venir devient alors une question d\u2019ici et maintenant, \u00e9prouv\u00e9e pour la premi\u00e8re fois. C\u2019est l\u2019\u00e9quivalent de la rem\u00e9moration, et ce d\u00e9nouement est l\u2019\u00e9quivalent de la lev\u00e9e du refoulement qui survient dans l\u2019analyse des patients n\u00e9vros\u00e9s (analyse freudienne classique)<\/em>.<sup>9<\/sup>&nbsp;\u00bb<br>Ce qu\u2019\u00e9nonce Winnicott est d\u00e9cisif car il indique un renversement de perspective que la psychanalyse se doit d\u2019int\u00e9grer tout en cherchant de nouveaux codes pour traduire les ph\u00e9nom\u00e8nes pathologiques qui, du point de vue th\u00e9rapeutique, lui r\u00e9sistent encore. En jouant, le sujet commence \u00e0 faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un nouveau type de rapport au monde, et c\u2019est ainsi qu\u2019il commence \u00e0 faire peau neuve, individuellement et groupalement (Anzieu, Ka\u00ebs). L\u2019exp\u00e9rimentation corporelle de nouveaux codes encore inconnus, travaill\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cadre fictionnel, lui donne l\u2019occasion de d\u00e9velopper des rencontres sensorielles et perceptives dont jusque-l\u00e0 il s\u2019\u00e9tait tenu \u00e0 distance. C\u2019est alors qu\u2019il se rel\u00e2che, qu\u2019il peut faire confiance, et se laisser porter. Ce <em>Holding sui generis<\/em> autorise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du jeu lui-m\u00eame le d\u00e9ploiement d\u2019un \u00e9tayage transf\u00e9rentiel contribuant progressivement au tissage d\u2019un processus de symbolisation. Le personnage et la fiction th\u00e9\u00e2trale, en tant que th\u00e9rapeutes auxiliaires ou repr\u00e9sentants d\u2019une alt\u00e9rit\u00e9 jusque-l\u00e0 inint\u00e9grable, permettent de d\u00e9jouer les pi\u00e8ges tendus par l\u2019ampleur insoup\u00e7onn\u00e9e des r\u00e9sistances au changement, telles que nous les rencontrons en psychiatrie, la plupart du temps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9investir les traces sensorielles<\/h2>\n\n\n\n<p>Bion nous ram\u00e8ne indirectement aux couleurs de son enfance pass\u00e9e en Inde, pays qui laissa en lui une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile. Sa sensorialit\u00e9 d\u2019enfant, tr\u00e8s sollicit\u00e9e, a orient\u00e9 son intuition clinique de mani\u00e8re d\u00e9cisive. Chez Bion, les termes employ\u00e9s font image, et sa d\u00e9marche consiste \u00e0 faire passer son lecteur d\u2019un langage imag\u00e9 \u00e0 un langage abstrait. Anim\u00e9 par le souci constant de tenir ensemble croissance de la th\u00e9orie et croissance de la personnalit\u00e9, il fut tr\u00e8s concern\u00e9 par la r\u00e9alit\u00e9, exer\u00e7ant en Angleterre les fonctions de directeur du secteur de r\u00e9\u00e9ducation \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique militaire. L\u2019attention port\u00e9e au traumatisme de guerre fut probablement ce qui lui permit d\u2019\u00e9laborer une th\u00e9orie toute personnelle consid\u00e9rant que les patients qu\u2019il rencontrait dans le cadre de cet h\u00f4pital n\u2019\u00e9taient plus en mesure d\u2019assumer et\/ou de se repr\u00e9senter ce qui \u00e9tait devenu pour eux de l\u2019ordre de l\u2019impensable. C\u2019est ainsi qu\u2019il formula le postulat suivant&nbsp;: \u00e0 l\u2019origine, il existe une pens\u00e9e sans appareil pour la penser, c\u2019est-\u00e0-dire sans capacit\u00e9 de penser. Une pens\u00e9e primitive, sauvage, primaire, une <em>pens\u00e9e-acte<\/em> dont les produits font retour sur elle-m\u00eame, d\u00e9truisant ainsi sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des liens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pens\u00e9e que nous c\u00f4toyons notamment dans la psychose, ne sert pas \u00e0 penser, elle \u00e9clate, morcelle, \u00e9parpille, et cr\u00e9e de la confusion, tant chez le patient que chez son th\u00e9rapeute. Cette pens\u00e9e ne signifie pas et n\u2019engendre pas de repr\u00e9sentations, au sens n\u00e9vrotique du terme. C\u2019est une pens\u00e9e faite de choses en soi. C\u2019est ce que Bion appelle les <em>\u00e9l\u00e9ments B\u00eata<\/em>, ou aussi <em>l\u2019impensant<\/em>. Nous voici donc plong\u00e9s dans l\u2019univers de protopens\u00e9es \u00e0 l\u2019origine de sentiments de d\u00e9pression, de pers\u00e9cution, de culpabilit\u00e9, mais aussi d\u2019\u00e9l\u00e9ments hallucinatoires li\u00e9s par le sentiment d\u2019une catastrophe, ou d\u2019une mort physique imminente. Ce sont ici des impressions sensorielles, sortes de vivances \u00e9motionnelles \u00e9prouv\u00e9es de fa\u00e7on radicale dans la psychose, mais \u00e9galement \u00e9prouv\u00e9es par les nourrissons qui, pour se d\u00e9velopper et s\u2019en lib\u00e9rer, doivent les expulser par identification projective.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces rappels sont n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir d\u2019abord que la trajectoire r\u00e9gressive m\u2019appara\u00eet comme un point majeur dans le traitement des psychoses. Elle implique aussi l\u2019id\u00e9e de croissance, avec pour corollaire, la notion d\u2019arr\u00eat du d\u00e9veloppement. Tout au long de leur \u0153uvre Winnicott et Bion se sont pr\u00e9occup\u00e9s de cette question. Qu\u2019il s\u2019agisse du processus de pens\u00e9e, ou de liaison, l\u2019id\u00e9e de croissance joue un r\u00f4le d\u00e9terminant puisqu\u2019elle est associ\u00e9e, notamment dans l\u2019\u0153uvre de Bion, \u00e0 diff\u00e9rents processus d\u2019\u00e9laboration ou de mise en forme psychique de l\u2019exp\u00e9rience. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la personnalit\u00e9 peut se nourrir des donn\u00e9es de l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle et sensorielle, on dira qu\u2019elle cro\u00eet, elle profite dans la mesure o\u00f9 elle peut tirer profit de l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si au contraire elle ne peut pas tirer profit de l\u2019exp\u00e9rience, nous savons, pour l\u2019avoir rencontr\u00e9e \u00e0 maintes reprises dans la clinique, que cette incapacit\u00e9 provoquera dans la psych\u00e9 une d\u00e9t\u00e9rioration comparable au d\u00e9p\u00e9rissement provoqu\u00e9 dans l\u2019organisme par une privation de nourriture. Une telle mort psychique s\u2019observe dans la psychose qui affecte des sujets incapables de \u00ab&nbsp;dig\u00e9rer&nbsp;\u00bb les faits de la r\u00e9alit\u00e9 interne et externe. Le jeu, et l\u2019espace potentiel qu\u2019il permet d\u2019approcher puis de d\u00e9velopper, au sens winnicottien du terme, sont ici les motifs inconscients d\u2019une trajectoire clinique fondamentale o\u00f9 ce qui reste d\u2019in\u00e9laborable passe directement du c\u00f4t\u00e9 du p\u00f4le perceptif. Cet abord implique un travail de figurabilit\u00e9 \u00e0 faire advenir et permet du m\u00eame coup de r\u00e9investir les traces sensorielles jusque-l\u00e0 d\u00e9sert\u00e9es. Par le jeu, et gr\u00e2ce aux d\u00e9tours offerts par la fiction, il devient progressivement possible d\u2019entendre ce que le patient et son th\u00e9rapeute ne peuvent savoir consciemment. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance du choix des pi\u00e8ces pr\u00e9sidant \u00e0 ce travail th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence aux travaux de Bion est centrale car elle permet d\u2019envisager la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale et tout ce qui s\u2019y rapporte, comme le lieu m\u00eame d\u2019une transformation psychique. Pour Bion, c\u2019est la <em>fonction Alpha<\/em> qui transforme les <em>\u00e9l\u00e9ments B\u00eata<\/em> en contenu psychique, c\u2019est-\u00e0-dire qui donne des formes au pensable. Cette fonction qui vient du Moi, et de l\u2019environnement maternel, est directement sollicit\u00e9e dans le travail th\u00e9\u00e2tral, elle op\u00e8re un processus de transformation dont l\u2019efficacit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e<sup>10<\/sup>. Ces transformations concernent les capacit\u00e9s de rem\u00e9morations de <em>lambeaux de temporalit\u00e9 gel\u00e9e<\/em><sup>11<\/sup>. Jouer permet de retrouver la m\u00e9moire d\u2019exp\u00e9riences affectives impensables mais d\u00e9sormais d\u00e9contamin\u00e9es de leurs \u00e9l\u00e9ments toxiques. Cet exercice qui au d\u00e9part concerne les capacit\u00e9s effectives et cognitives des patients, pourrait-on dire, leur redonne les mots, et avec eux, la chair des mots. Ce processus qui est celui d\u2019une incarnation au sens plein du terme, est une \u00e9preuve fondatrice. Elle remet le sujet en mouvement dans sa propre histoire, et l\u2019inscrit du m\u00eame coup dans l\u2019histoire des g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne devient ici m\u00e9taphore d\u2019une mise en forme psychique de l\u2019exp\u00e9rience. <em>Appareil \u00e0 penser les pens\u00e9es<\/em> jusqu\u2019ici inconnaissables par le sujet lui-m\u00eame, la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale est le lieu concret o\u00f9 il devient possible au sujet d\u2019\u00e9prouver <em>hic et nunc<\/em> toute une gamme de sentiments lui donnant alors une capacit\u00e9 nouvelle, car d\u00e9dramatis\u00e9e, d\u2019affronter des terreurs sans nom. Ces \u00ab&nbsp;pens\u00e9es sans penseur sont l\u00e0 en <em>attente que quelqu\u2019un ait le cran d\u2019aller \u00e0 leur rencontre et les mette au travail<\/em><sup>12<\/sup>\u00bb. Ainsi, en rendant visible ce qui ne l\u2019\u00e9tait pas, le th\u00e9\u00e2tre nous permet, en tant que th\u00e9rapeutes, d\u2019\u00eatre au diapason du n\u00e9gatif de ces patients, de le transformer en proposant de nouvelles voies \u00e9volutives. C\u2019est en scrutant l\u2019inconscient, v\u00e9cu ici comme th\u00e9\u00e2tre, qu\u2019il devient possible \u00e0 chacun d\u2019inventer par le jeu ce qui aurait d\u00fb s\u2019inscrire comme trace m\u00e9morielle, mais n\u2019avait pu \u00eatre m\u00e9morable, ceci par un combat rendu palpable avec les fant\u00f4mes de l\u2019histoire de chacun.<br>\u00ab&nbsp;<em>Le th\u00e9\u00e2tre m\u2019a rendu \u00e0 moi-m\u00eame, j\u2019y ai retrouv\u00e9 le sens et l\u2019esprit<\/em>.&nbsp;\u00bb Ces paroles-l\u00e0 prononc\u00e9es il y a bien longtemps par un des patients avec lequel j\u2019ai longtemps travaill\u00e9, r\u00e9sonnent encore dans ma m\u00e9moire comme un appel \u00e0 la vitalit\u00e9, et \u00e0 l\u2019espoir que des ab\u00eemes de la folie et du trauma puisse encore surgir du vivant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Bion, W. R., <em>Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em>, (<em>Learning from experience<\/em>, NYC, 1962), Paris, PUF, 1979.<\/li><li>Milner, M., \u00ab\u00a0R\u00f4le de l\u2019illusion dans la formation du symbole\u00a0\u00bb, (1977), in <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1979, n\u00b05-6, 844-874.<\/li><li>Cette expression est la traduction litt\u00e9rale du livre de Bion\u00a0: <em>Learning from experience<\/em>, traduit \u00e0 tort par\u00a0: <em>Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em>.<\/li><li>Green, A., <em>Le travail du n\u00e9gatif<\/em>, Paris, Ed. de Minuit, 1993.<\/li><li>Roussillon R., <em>Paradoxes et situations limite de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, 1991, p. 132.<\/li><li>Attigui, P., Une \u00e9pist\u00e9mologie de la psychanalyse\u00a0: Transmettre, penser le long terme et la complexit\u00e9, in <em>Psychopathologie &amp; Psychanalyse &#8211; El\u00e9ments d\u2019une \u00e9pist\u00e9mologie pour la psychanalyse, Les Cahiers de l\u2019ED 139, Connaissance, Langage, Mod\u00e9lisation<\/em>, Publication de l\u2019Universit\u00e9 Paris Ouest Nanterre La D\u00e9fense, 2009, 7-32.<\/li><li>Attigui, P., \u00ab\u00a0Entre illusion et r\u00e9alit\u00e9, le trac\u00e9 th\u00e9\u00e2tral d\u2019une efficacit\u00e9 symbolique\u00a0\u00bb. <em>L\u2019Evolution Psychiatrique<\/em>, 2007, 72, 3, 503-514.<\/li><li>Attigui, P., <em>Cliniques de la cr\u00e9ation<\/em>, ss. La direction d\u2019A. Brun &amp; J.M. Talpin, \u00ab\u00a0De l\u2019espace psychique \u00e0 l\u2019espace sc\u00e9nique\u00a0: une confrontation \u00e0 l\u2019\u00e9nigme\u00a0\u00bb, Bruxelles, De Boeck, 2007, 207-223.<\/li><li>Winnicott D. W., <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, Paris, Gallimard, 2000, p. 212.<\/li><li>Attigui P. <em>De l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale \u00e0 l\u2019espace th\u00e9rapeutique, Jeu, Transfert et Psychose<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 1993.<\/li><li>Davoine F., Gaudilli\u00e8re J. M., <em>Histoire et trauma &#8211; La folie des guerres<\/em>, Paris, Stock, 2006.<\/li><li>Levy F. Bion, Superviseur, Pr\u00e9face \u00e0 <em>S\u00e9minaires cliniques<\/em>, W. R. Bion, Paris, Les Editions d\u2019Ithaque, 2008, p. X.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9643?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tirer profit de l\u2019exp\u00e9rience1 Le vaste champ de recherche que la psychanalyse contemporaine nous invite \u00e0 ouvrir, m\u2019a men\u00e9e depuis plus de vingt ans \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la dimension th\u00e9rapeutique des pratiques artistiques. 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