{"id":9631,"date":"2021-08-22T07:30:20","date_gmt":"2021-08-22T05:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/langoisse-de-mort-dans-le-vieillissement-pratique-analytique-avec-des-personnes-de-plus-de-70-ans-2\/"},"modified":"2021-10-12T09:20:13","modified_gmt":"2021-10-12T07:20:13","slug":"langoisse-de-mort-dans-le-vieillissement-pratique-analytique-avec-des-personnes-de-plus-de-70-ans","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/langoisse-de-mort-dans-le-vieillissement-pratique-analytique-avec-des-personnes-de-plus-de-70-ans\/","title":{"rendered":"L&rsquo;angoisse de mort dans le vieillissement. Pratique analytique avec des personnes de plus de 70 ans"},"content":{"rendered":"\n<p>La certitude de la mort augmente en vieillissant. Ce truisme n\u2019est pas toujours all\u00e9 de soi. Au contraire, certains t\u00e9moignages litt\u00e9raires actuels semblent aller dans l\u2019autre sens, laissant une vision pleine d\u2019espoir enfantin bercer de tr\u00e8s grands vieillards. Mais cette coquetterie ne vient-elle pas cacher, au fond, l\u2019id\u00e9e que sans y croire, un dernier d\u00e9fi serait jet\u00e9 au monde&nbsp;? Certains \u00e9crivains, des chercheurs, sont ravis de passer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou, bien plus modestement, d\u2019avoir de nombreuses cavali\u00e8res en lisse lors des th\u00e9s dansants organis\u00e9s par les EHPAD. L\u2019angoisse de mort se travestit alors d\u2019une pirouette pour ceux qui clament vouloir \u00ab&nbsp;tirer leur r\u00e9v\u00e9rence en beaut\u00e9&nbsp;\u00bb. Pourtant, sans aller jusqu\u2019\u00e0 une confirmation m\u00e9diatique, n\u2019est-ce pas une position tout aussi narcissique d\u2019exprimer, \u00e0 l\u2019occasion des d\u00e9bats sur la fin de vie, la revendication en faveur d\u2019un suicide assist\u00e9 ou d\u2019une euthanasie&nbsp;? Si l\u2019on consid\u00e8re que le suicide des plus de soixante-cinq ans est un v\u00e9ritable fl\u00e9au (28% de l\u2019ensemble des suicides en 2011 en France), la demande d\u2019euthanasie et de suicide assist\u00e9 de cette population pourrait-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e sur le m\u00eame plan&nbsp;? L\u2019id\u00e9e de mourir debout est culturellement d\u00e9fendue depuis l\u2019Antiquit\u00e9. C\u2019est une valeur masculine et combattive adopt\u00e9e par les hommes et les femmes de pouvoir. Il s\u2019est donc longtemps agi de mourir en luttant. De nos jours, le combat de certaines personnes vieillissantes semble s\u2019engager du c\u00f4t\u00e9 de la mort et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la fuite en avant vers la mort. Cette d\u00e9cision est souvent prise seul, ou selon des consignes d\u00e9pos\u00e9es chez un notaire ou une association. Elle laisse encore le temps d\u2019organiser la succession et surtout la mise en sc\u00e8ne finale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une mort qui se pense sans lien \u00e0 autrui<\/h2>\n\n\n\n<p>Philippe Ari\u00e8s avait observ\u00e9 d\u00e8s 1975 ce changement des repr\u00e9sentations de la mort en Occident. Il l\u2019avait d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;mort de soi&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans le miroir de sa propre mort, chaque homme red\u00e9couvrait le secret de son individualit\u00e9. Et cette relation que l\u2019Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine avait entrevue (&#8230;) n\u2019a cess\u00e9 d\u2019impressionner notre civilisation occidentale. L\u2019homme des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles (&#8230;) se r\u00e9signait sans trop de peine \u00e0 l\u2019id\u00e9e que nous sommes tous mortels. Depuis le milieu du Moyen-Age, l\u2019homme occidental riche, puissant et lettr\u00e9, se reconna\u00eet lui-m\u00eame dans sa mort&nbsp;: il a d\u00e9couvert la mort de soi&nbsp;\u00bb (p. 50). La mort de soi concourt non seulement \u00e0 assumer sa solitude devant la mort, mais de plus \u00e0 penser les diff\u00e9rents d\u00e9tails de cette mort. Autant, dans le suicide, une personne d\u00e9prim\u00e9e peut totalement n\u00e9gliger la d\u00e9couverte de son corps par ses proches (et les chocs qui la suivront), autant \u00ab&nbsp;suicide assist\u00e9&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;demande d\u2019euthanasie&nbsp;\u00bb sont empreints d\u2019une rationnelle solennit\u00e9. Ce cart\u00e9sianisme effraie car il conduit l\u2019humain \u00e0 sortir de la Nature. Son sort s\u2019exclut de tout parall\u00e9lisme avec celui des autres animaux&nbsp;: lorsqu\u2019il le d\u00e9cide, il dispara\u00eet. Nous pourrions encore insister sur la demande de m\u00e9dicalisation de cette mort choisie, qui conduit \u00e0 ma\u00eetriser tout incident biologique et \u00e0 anesth\u00e9sier toute douleur physique. Paradoxalement, une m\u00e9dicalisation de la mort choisie vient r\u00e9pondre \u00e0 une cessation de toute obstination d\u00e9raisonnable, c\u2019est-\u00e0-dire de la m\u00e9dicalisation d\u2019un \u00e9tat incurable. L\u2019humain renonce ici au sort assign\u00e9 par les dieux&nbsp;: porter le poids de sa condition avec humilit\u00e9, int\u00e9grer sa faute ou son d\u00e9sir de rejoindre leur place fantasmatique. Ce qui est nouveau, dans ce mouvement pour la mort ma\u00eetris\u00e9e, est qu\u2019il exclut toute spiritualit\u00e9 et que ce mat\u00e9rialisme s\u2019appuie sur le contr\u00f4le du corps (une cr\u00e9mation est en g\u00e9n\u00e9ral choisie afin de ne pas s\u2019imaginer passivement d\u00e9grad\u00e9) ou parfois m\u00eame sur une illusion d\u2019un corps conserv\u00e9, les rares cryog\u00e9nisations de corps sont cens\u00e9es permettre une \u00e9ventuelle ressuscitation, mais dans quelle Histoire, dans quelle Culture&nbsp;? Aujourd\u2019hui, l\u2019homme reste seul face \u00e0 sa mort. L\u2019allongement du vieillissement a donc remis en cause le lien entre l\u2019\u00e2ge et la mort. Un grand \u00e2ge qui \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 la mort, un \u00e2ge qui \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 la perte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La partition du vieillissement en deux \u00e9poques<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019am\u00e9lioration globale de la sant\u00e9 chez les occidentaux \u00e2g\u00e9s divise, depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, le vieillissement en deux \u00e9poques.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re est plut\u00f4t celle de la <em>Jubilaci\u00f3n<\/em> comme l\u2019appellent nos voisins espagnols. La mise \u00e0 la retraite correspond au moment tant souhait\u00e9 o\u00f9 l\u2019on va enfin retrouver la libert\u00e9, celle de se lever plus tard, de se livrer aux activit\u00e9s toujours repouss\u00e9es (voyager, lire, jardiner), enfin de profiter de ses liens conjugaux et familiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me \u00e9poque co\u00efncide avec la d\u00e9t\u00e9rioration des aptitudes fonctionnelles et de la sant\u00e9 conduisant \u00e0 la d\u00e9pendance. Cette d\u00e9pendance survient en moyenne en France \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 84 ans chez les femmes et de 78 ans chez les hommes, et correspond d\u2019ailleurs \u00e0 la dur\u00e9e moyenne de vie en France (donn\u00e9es INSEE, <em>in<\/em> Blanpain N. &amp; Chardon O., 2010). Les personnes qui f\u00eatent leurs 65 ans ont donc souvent devant elles une petite vingtaine d\u2019ann\u00e9es \u00e0 vivre (pr\u00e9cisons ici qu\u2019il s\u2019agit de personnes d\u2019un bon niveau de vie et qui ont eu un travail \u00e9panouissant, n\u2019alt\u00e9rant pas leur sant\u00e9). La seconde partie de ce vieillissement est souvent plus difficile, marqu\u00e9e par les pertes, perte du conjoint plus fr\u00e9quente pour les femmes, diminution de certaines fonctionnalit\u00e9s comme la vue, l\u2019audition, la marche, etc. Soulignons que l\u2019appr\u00e9ciation des femmes est plus pessimiste (ou r\u00e9aliste) que celle des hommes&nbsp;: les femmes se per\u00e7oivent comme plus d\u00e9pendantes que les hommes du m\u00eame \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la premi\u00e8re \u00e9tape du vieillissement est marqu\u00e9e par une forme de d\u00e9n\u00e9gation &#8211; les retrait\u00e9s deviennent de grands consommateurs de voyages, de produits culturels, de s\u00e9jours de remise en forme (ils constituent ainsi une des grandes cibles de ces annonceurs), dans la deuxi\u00e8me \u00e9tape du vieillissement, la mise \u00e0 distance de la r\u00e9alit\u00e9 de la mort devient plus complexe, mais surtout, la \u00ab&nbsp;normalit\u00e9&nbsp;\u00bb de la finitude est constamment renvoy\u00e9e par l\u2019entourage et la soci\u00e9t\u00e9. Parall\u00e8lement, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 psychique cro\u00eet en raison des amoindrissements fonctionnels, des pertes de proches et d\u2019une forme de d\u00e9s\u00e9quilibre entre les investissements narcissiques et d\u2019objet. L\u2019espoir, qui contrebalance habituellement la d\u00e9pressivit\u00e9 de l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge, ne s\u2019attache plus qu\u2019\u00e0 de petits projets \u00e0 court terme. La qu\u00eate de spiritualit\u00e9 est \u00e9galement soumise \u00e0 des turbulences en raison d\u2019un constat&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce qui est vieux s\u2019\u00e9teint, dans quel domaine ai-je encore ma place, pour qui suis-je encore une personne qui compte&nbsp;?&nbsp;\u00bb questionne la personne \u00e2g\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 une solitude d\u00e9l\u00e9t\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clinique analytique avec des personnes de plus de soixante-dix ans<\/h2>\n\n\n\n<p>En raison de notre int\u00e9r\u00eat particulier pour le deuil, nous sont adress\u00e9s de nombreux patients qui pr\u00e9sentent \u00e0 court ou \u00e0 long terme, des complications du deuil d\u2019un proche. Or, le croisement du vieillissement et du deuil est souvent explosif aujourd\u2019hui. Contrairement \u00e0 il y a une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es o\u00f9 le pr\u00e9jug\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience conduisait les endeuill\u00e9s \u00e2g\u00e9s \u00e0 refouler leur plainte, les veufs et veuves, mais surtout ceux qui perdent un enfant et particuli\u00e8rement un petit enfant, pr\u00e9sentent une alternance entre discours d\u00e9pressif massif et revendication spectaculaire, et recherchent activement une aide aupr\u00e8s de leur m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste ou d\u2019un psychologue.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons suivi deux personnes en deuil pendant au moins une ann\u00e9e et sommes toujours en contact \u00e9pistolaire avec elles. L\u2019une a perdu son petit-fils pendant un s\u00e9jour de vacances avec lui. Le petit gar\u00e7on a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 noy\u00e9 \u00e0 la plage, apr\u00e8s avoir \u00e9chapp\u00e9 au contr\u00f4le de ses parents (sa grand-m\u00e8re \u00e9tait \u00e0 la maison). Cette patiente a r\u00e9alis\u00e9 un \u00e9norme travail psychique pour toute sa famille. Sa fille et m\u00e8re du petit gar\u00e7on, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, se livrait \u00e0 une v\u00e9ritable attaque de son pass\u00e9 avec sa m\u00e8re. La patiente a d\u00fb soutenir sa fille pendant son divorce (directement li\u00e9 au deuil), elle a parfaitement pu soutenir sa petite-fille, s\u0153ur du gar\u00e7on \u00e0 l\u2019\u00e9gard de laquelle une tr\u00e8s forte angoisse de mort a pu s\u2019exprimer. Restant tr\u00e8s sensible \u00e0 toute inondation, elle revenait vers moi par lettre \u00e0 chaque catastrophe en France. Il est clair qu\u2019ici, l\u2019angoisse de mort \u00e9tait totalement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la perte d\u2019un membre de sa famille. Elle-m\u00eame \u00e9tait convaincue de n\u2019avoir absolument pas peur de la mort pour elle-m\u00eame. Bien qu\u2019\u00e2g\u00e9e de presque soixante-dix ans, cette femme s\u2019est forg\u00e9e dans l\u2019\u00e9nergie du deuil traumatique. Elle a retrouv\u00e9 un compagnon, redress\u00e9 sa fille effondr\u00e9e, soutenu sa petite-fille. Un acte manqu\u00e9 m\u2019a un jour montr\u00e9 combien le traumatisme \u00e9tait encore pr\u00e9sent. J\u2019ai re\u00e7u un mail de sa part, mais qui ne m\u2019\u00e9tait pas adress\u00e9. Par une fausse man\u0153uvre, il m\u2019est arriv\u00e9 avec un fichier de photos. Il s\u2019agissait de celles d\u2019une grande temp\u00eate qu\u2019elle avait pu prendre en photo pr\u00e8s de son lieu de vacances. Elle disait \u00e0 son amie \u00ab&nbsp;\u00e7a me rend folle et pourtant j\u2019en suis obs\u00e9d\u00e9e&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre personne avait cette fois perdu sa fille et s\u2019occupait d\u00e9sormais de son petit-fils orphelin. Ici aussi l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge \u00e9tait totalement masqu\u00e9e derri\u00e8re la perte de sa fille et l\u2019int\u00e9r\u00eat pour le petit gar\u00e7on. Ces deux situations d\u2019intranquillit\u00e9 maximale, ne renvoient pas \u00e0 l\u2019angoisse de mort pour soi, mais la voient projet\u00e9e sur la famille. La stimulation doubl\u00e9e d\u2019impuissance li\u00e9e au traumatisme, l\u2019importance d\u2019\u00eatre en bonne sant\u00e9 et totalement disponible ont pouss\u00e9 ces deux patientes vers des relations nouvelles et tr\u00e8s investies. \u00c0 aucun moment elles n\u2019ont abandonn\u00e9 leur cause. J\u2019ai pu cependant pointer \u00e0 plusieurs reprises la recherche de ce surinvestissement et ce \u00ab&nbsp;nouveau sentiment d\u2019exister&nbsp;\u00bb. Comme dans une guerre, leur propre n\u00e9vrose a \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9e pour l\u2019action, mais aussi le travail du deuil qui a pu \u00eatre men\u00e9 nonobstant des bouleversements majeurs de leur \u00e9conomie psychique. Le transfert massif a fait dire \u00e0 l\u2019une d\u2019elles&nbsp;: \u00ab&nbsp;je vous confie mon moi parce que j\u2019ai besoin de toutes mes forces&nbsp;!&nbsp;\u00bb. La mort rencontr\u00e9e et non plus la mort fantasmatique provoque une forme de triomphe&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019ai eu ce qu\u2019il y a de pire. Je n\u2019ai plus peur de rien&nbsp;!&nbsp;\u00bb. L\u2019analyste doit pond\u00e9rer cette vision et c\u2019est bien s\u00fbr la liquidation de la n\u00e9vrose de transfert qui permettra de s\u2019assurer de la nouvelle autonomie de la patiente. L\u2019acte manqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9tait bien la preuve d\u2019un appel en raison de la fragilit\u00e9 li\u00e9e au retour de la menace. Quelques \u00e9changes t\u00e9l\u00e9phoniques ont toutefois permis une consolidation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le vieillissement psychique et l\u2019angoisse de mort<\/h2>\n\n\n\n<p>En l\u2019absence de deuil traumatique toutefois, soulignons l\u2019aspect naturel, quasi d\u00e9veloppemental, de l\u2019angoisse de mort avec le vieillissement. Nous distinguons cependant le vieillissement physique du vieillissement psychique. Un sujet peut parfaitement pr\u00e9senter les signes physiques et fonctionnels du vieillissement tout en conservant une \u00e2me d\u00e9sirante, une humeur alerte, une bonne insertion sociale, des d\u00e9sirs et des projets. Dans ce cas, nous parlerons d\u2019un vieillissement psychique dans le cadre des variations autour de la normale, soit d\u2019une \u00e9volution normale du d\u00e9sir chez le sujet \u00e2g\u00e9, en rapport avec des objectifs moindres, une stimulation limit\u00e9e, des relations moins diversifi\u00e9es. Cette personne est souvent normalo-n\u00e9vrotique, a eu des investissements affectifs de bonne qualit\u00e9 qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 rompus par des accidents de la vie trop s\u00e9v\u00e8res et enfin a une bonne sant\u00e9 globale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le vieillissement psychique pathologique, nous observons une diminution de la souplesse adaptative des d\u00e9fenses mentales, une perte du d\u00e9sir, une anh\u00e9donie, une r\u00e9sistance au changement, la fragilisation du narcissisme, le retrait social. Si cet \u00e9tat croise ou s\u2019ajoute \u00e0 des circonstances difficiles de la vie, troubles somatiques, affectifs et autres probl\u00e9matiques sociales et conjoncturelles, l\u2019angoisse de mort se r\u00e9v\u00e8le de plusieurs mani\u00e8res&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Elle a toujours exist\u00e9, dans un contexte n\u00e9vrotique ou narcissique. Elle est r\u00e9activ\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qui d\u00e9borde des d\u00e9fenses mentales mises en place de longue date&nbsp;;<\/li><li>Elle a jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9t\u00e9 masqu\u00e9e par des traitements m\u00e9dicamenteux qui sont remis en question par le m\u00e9decin, les m\u00e9dias ou une id\u00e9ologie (religieuse, politique)&nbsp;;<\/li><li>Elle d\u00e9coule d\u2019une perte unique ou multiple qui renvoie le sujet \u00e0 la mort r\u00e9elle (perte du conjoint) ou symbolique (mort de un ou plusieurs repr\u00e9sentants de la g\u00e9n\u00e9ration contemporaine, qui, endurants, finissent par succomber, tel St\u00e9phane Hessel, v\u00e9ritable h\u00e9raut du vieillissement \u00ab&nbsp;bien temp\u00e9r\u00e9&nbsp;\u00bb pour certaines patientes).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Apparition de l\u2019angoisse de mort<\/h2>\n\n\n\n<p>Les demandes de psychoth\u00e9rapies analytiques sont relativement fr\u00e9quentes dans le groupe des retrait\u00e9s. Dans un quartier populaire d\u2019une grande ville, o\u00f9 nous avons notre plaque de \u00ab&nbsp;Dr. en psychologie, psychoth\u00e9rapie, psychanalyse&nbsp;\u00bb, les appels t\u00e9l\u00e9phoniques demandant une consultation d\u00e9bouchent sur au moins un entretien ou une s\u00e9rie d\u2019entretiens \u00e0 vis\u00e9e psychoth\u00e9rapique. Environ 10% aboutissent \u00e0 une psychoth\u00e9rapie analytique de plus d\u2019une ann\u00e9e \u00e0 raison d\u2019un entretien hebdomadaire, chez une personne de plus de soixante ans.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019angoisse de mort est une angoisse de s\u00e9paration diff\u00e9rente de celle rencontr\u00e9e chez les enfants. Souvent, et ce depuis l\u2019enfance, la personne craint les s\u00e9parations et les vit mal. Mais avec l\u2019\u00e2ge, les s\u00e9parations renvoient \u00e0 la perte de soi. Nous avons largement travaill\u00e9 cette question de la perte anticip\u00e9e de soi (Bacqu\u00e9, 2003). Le deuil de soi est une notion tr\u00e8s critiqu\u00e9e aujourd\u2019hui parce qu\u2019elle intervient dans le d\u00e9bat radicalis\u00e9 de la fin de vie. Certains voudraient une forme de for\u00e7age du deuil de soi qui permettrait d\u2019aborder la mort plus facilement. D\u2019autres revendiquent le deuil d\u2019eux-m\u00eames pour r\u00e9clamer le suicide assist\u00e9 ou l\u2019euthanasie. Les psychologues hospitaliers se sentent parfois les otages de ces deux camps. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 leur serait assign\u00e9e la t\u00e2che de faire \u00ab&nbsp;faire leur deuil&nbsp;\u00bb aux patients en fin de vie&nbsp;; de l\u2019autre il leur serait demand\u00e9 de v\u00e9rifier la r\u00e9alit\u00e9 du deuil de soi chez des personnes arguant de leur souhait de voir leur vie se terminer. L\u2019angoisse de mort n\u2019est donc pas \u00e0 prendre uniquement dans le contexte de la n\u00e9vrose d\u2019angoisse ou de la n\u00e9vrose phobo-obsessionnelle. Elle est pr\u00e9sente dans la vie moderne du fait de sa m\u00e9dicalisation. La mort devient l\u2019issue d\u2019une maladie et non un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel r\u00e9sultant de l\u2019usure de l\u2019organisme. En tant que maladie, elle fait donc l\u2019objet d\u2019une lutte qui augmente encore la culpabilit\u00e9 de celui qui la ressent. Ainsi, une maladie l\u00e9tale semble aujourd\u2019hui ne se terminer que de deux fa\u00e7ons&nbsp;: la fuite anticip\u00e9e dans une demande d\u2019aide \u00e0 mourir, la lutte acharn\u00e9e contre l\u2019angoisse de mort par des moyens artificiels.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous proposons une autre attitude&nbsp;: celle de l\u2019\u00e9coute de l\u2019angoisse de mort et de son travail avec le patient. Le \u00ab&nbsp;travail du vieillissement&nbsp;\u00bb propos\u00e9 par Beno\u00eet Verdon (2013), dans la filiation des psychanalystes qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la question, nous semble en effet la seule possibilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer l\u2019anticipation d\u2019un fait incontournable qui pourtant se d\u00e9robe sans cesse&nbsp;: tant que nous ne sommes pas morts, la mort n\u2019est pas l\u00e0, lorsque la mort est l\u00e0 nous ne sommes plus. Lors d\u2019un premier entretien, les plaintes le plus souvent pr\u00e9sent\u00e9es sont de trois registres&nbsp;: la prise chronique de psychotropes, la perte d\u2019un proche, la pr\u00e9sence (actuelle ou pass\u00e9e) d\u2019un cancer ou d\u2019une maladie chronique. Ces sympt\u00f4mes sont pr\u00e9sent\u00e9s en causalit\u00e9 avec la survenue d\u2019une angoisse de mort ou son augmentation insupportable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La prise de psychotropes pour ne pas \u00e9laborer l\u2019angoisse de mort<\/h2>\n\n\n\n<p>Si nous relevons les caract\u00e9ristiques de la population anxieuse, nous observons qu\u2019elle est majoritairement f\u00e9minine, solitaire et presque invariablement consommatrice de psychotropes. Cependant, dans la population des personnes consultant un psychologue figurent des femmes qui tentent de se sevrer des anxiolytiques en s\u2019orientant vers des alternatives phytoth\u00e9rapiques ou hom\u00e9opathiques. Ces personnes ont souvent un bon niveau intellectuel et cherchent un lieu d\u2019expression pour des traumatismes anciens. Par exemple, une ancienne infirmi\u00e8re, n\u00e9e \u00e0 la fin de la seconde guerre mondiale, rapproche chaque \u00e9v\u00e9nement familial actuel d\u2019une sc\u00e8ne de son enfance o\u00f9 sa s\u0153ur est battue \u00ab&nbsp;\u00e0 mort&nbsp;\u00bb par son p\u00e8re et devant laquelle elle reste totalement impuissante. L\u2019angoisse de mort est profonde et envahit les r\u00eaves et les r\u00eaveries diurnes. Elle prend \u00ab&nbsp;son&nbsp;\u00bb <em>Imovane\u00ae<\/em> (le <em>Zopiclone<\/em> est un s\u00e9datif hypnotique) \u00e0 vingt heures afin de dormir le plus rapidement possible et se r\u00e9veille immanquablement vers deux heures du matin en proie aux <em>sc\u00e9narii<\/em> les plus anxiog\u00e8nes. La psychoth\u00e9rapie est hebdomadaire. Progressivement, elle va aborder sa peur du vide de sa vie, alors qu\u2019elle a un fils et des petits-enfants. Chaque s\u00e9ance lui permet d\u2019\u00e9laborer ses peurs anciennes (m\u00e9sentente parentale, guerre, manques, conflits entre catholiques et protestants dans son village alsacien) et de constater, dans l\u2019\u00e9change avec son analyste, que ses capacit\u00e9s d\u2019\u00e9laboration lui permettent de vivre et de d\u00e9passer ses nombreuses difficult\u00e9s. Elle va redevenir active en participant \u00e0 divers travaux associatifs, alors qu\u2019elle \u00e9tait prostr\u00e9e \u00e0 la maison. Elle d\u00e9veloppe ses relations avec ses petits-enfants, alors qu\u2019elle voulait abandonner tout lien avec sa famille en raison d\u2019une belle-fille pathog\u00e8ne. Sa vie, v\u00e9cue sous l\u2019\u00e9gide du r\u00e9tr\u00e9cissement, s\u2019\u00e9largit au contraire vers des relations de qualit\u00e9 qui passent all\u00e8grement par dessus les conventions de l\u2019\u00e2gisme int\u00e9rioris\u00e9 h\u00e9las par de nombreuses femmes de cette g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La mort anticip\u00e9e pour devancer l\u2019angoisse<\/h2>\n\n\n\n<p>Autre r\u00e9sum\u00e9 d\u2019une situation cette fois avec un homme de quatre-vingt ans envoy\u00e9 par son cardiologue qui craint un suicide. La d\u00e9couverte d\u2019un cancer du rein angoisse tellement cet homme qu\u2019il souhaite \u00ab&nbsp;devancer l\u2019appel&nbsp;\u00bb exprime-t-il dans une m\u00e9taphore militaire qui montre paradoxalement son d\u00e9sir de rester inclus dans un groupe. La solitude (et le passage \u00e0 l\u2019acte) sont en effet des d\u00e9fenses narcissiques qu\u2019il a toujours employ\u00e9es comme signe de sa puissance. La d\u00e9pendance engendr\u00e9e par la maladie est insupportable. Le d\u00e9bordement anxieux est tel que le th\u00e9rapeute ici n\u2019existe pas et c\u2019est seulement apr\u00e8s quelques s\u00e9ances que ce patient, selon ses dires, \u00ab&nbsp;atterrit&nbsp;\u00bb. Le transfert lui permet alors de penser que les autres sont aussi autour de lui. Leur peine potentielle li\u00e9e \u00e0 son suicide est verbalis\u00e9e et ce retour du lien prend la place des b\u00e9n\u00e9fices anticip\u00e9s dans un suicide spectaculaire, qu\u2019il avait mis en sc\u00e8ne pour jubiler de son effet.<\/p>\n\n\n\n<p>Probl\u00e9matique similaire chez une femme retardant son d\u00e9part \u00e0 la retraite (68 ans) et d\u00e9veloppant une subite anorexie lorsqu\u2019elle apprend que sa fille dipl\u00f4m\u00e9e des plus grandes \u00e9coles va \u00eatre au ch\u00f4mage. L\u2019\u00e9tat d\u00e9pressif se met en place par le biais de sympt\u00f4mes somatiques parce qu\u2019elle r\u00e9siste \u00e0 reconna\u00eetre le changement de statut&nbsp;: elle cesse de travailler, c\u2019est la prochaine g\u00e9n\u00e9ration qui doit prendre le relais. La perte narcissique est \u00e0 son comble bien qu\u2019elle reconnaisse qu\u2019il lui faut laisser la jeune femme voler de ses propres ailes et cesser de la poursuivre sur <em>Skype<\/em>, son compte <em>Facebook<\/em> et autres instruments qu\u2019elle exhibe en s\u00e9ance surtout pour noter ses prochains rendez-vous. Tout cela est-il propre au vieillissement&nbsp;? Oui car c\u2019est la peur de mourir qui \u00e9merge de la rupture des liens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail analytique permet de recomposer la partie de la trame relationnelle \u00e9mise par le sujet. Sinon, la personne a l\u2019impression \u00ab&nbsp;qu\u2019apr\u00e8s avoir tout eu, on lui a tout repris&nbsp;\u00bb. Cette r\u00e9flexion, fr\u00e9quente, engendre envie et repli anxieux. La personne \u00ab&nbsp;couve&nbsp;\u00bb en effet litt\u00e9ralement ses biens afin de ne pas voir d\u00e9rober ses derniers atouts. La rivalit\u00e9 avec le th\u00e9rapeute est difficile \u00e0 aborder, les patients alternant paternalisme condescendant et jalousie persifleuse. L\u2019angoisse de mort surgit lorsqu\u2019ils acceptent d\u2019abaisser les d\u00e9fenses et de parler vrai. Le bilan de vie qu\u2019ils \u00e9gr\u00e8nent est alors d\u00e9sastreux&nbsp;: ils n\u2019ont rien fait de leur vie, ils ne laisseront rien de bien \u00e0 leurs enfants. La reconstruction pas \u00e0 pas du d\u00e9sir \u00e0 partir du passage de t\u00e9moin de leur parent (\u00ab&nbsp;ma m\u00e8re m\u2019a bien d\u00e9sir\u00e9e, sinon je ne serai plus l\u00e0&nbsp;\u00bb observe cette patiente), permet de ne pas sombrer dans la m\u00e9lancolie.<\/p>\n\n\n\n<p>La position passive est d\u2019autant plus difficile que les actes se restreignent. Les patients \u00e2g\u00e9s qui se plaignent de \u00ab&nbsp;n\u2019avoir plus que leurs yeux pour pleurer&nbsp;\u00bb reprennent confiance en eux lorsqu\u2019ils peuvent choisir la psychoth\u00e9rapie, leur horaire. La parole devient ici une v\u00e9ritable assise sur laquelle ils peuvent arrimer leur v\u00e9rit\u00e9, celle qu\u2019ils ont souvent masqu\u00e9e pendant des ann\u00e9es de labeur et qui, lib\u00e9r\u00e9e, contribue dor\u00e9navant \u00e0 retrouver leur identit\u00e9 profonde, rest\u00e9e authentique. Cette identit\u00e9 renou\u00e9e dans la relation avec l\u2019analyste est aussi une reconstruction de la capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er de la relation avec autrui mais surtout avec eux-m\u00eames. L\u2019\u00e9change avec l\u2019analyste les sort du rapport moi-moi qui les confine au regard d\u2019un naturaliste cruel&nbsp;: \u00ab&nbsp;regardez-moi, ces rides, ces mains, etc.&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9lation du patient \u00e2g\u00e9 fait peur \u00e0 l\u2019analyste qui peut croire \u00e0 une valorisation narcissique retrouv\u00e9e dans ce nouveau couple. Cependant, les indices de r\u00e9ussite de ce v\u00e9ritable tremplin que constitue l\u2019analyse sont assez limpides&nbsp;: reprise des activit\u00e9s, reprise surtout de la mentalisation qui permet de trouver des pens\u00e9es et des \u00e9motions agr\u00e9ables et adapt\u00e9es au mode de vie de la personne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Le vieillissement de la population occidentale montre une augmentation des sujets \u00e2g\u00e9s, mais aussi une confrontation plus fr\u00e9quente et plus longue aux pertes familiales. \u00c0 d\u00e9faut de soutien affectif, les personnes de plus de soixante-cinq ans h\u00e9sitent beaucoup moins qu\u2019il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es \u00e0 faire appel aux psychologues. La pratique analytique ne leur fait pas peur car la connaissance des effets secondaires des benzodiaz\u00e9pines les persuade de trouver d\u2019autres moyens de limiter l\u2019angoisse. Derri\u00e8re l\u2019angoisse de ne pas dormir r\u00e9side en effet une angoisse de mort que la d\u00e9pendance aux psychotropes n\u2019a en rien minor\u00e9e. La relation duelle avec le psychoth\u00e9rapeute est \u00e9videmment un secours qui pourrait se prolonger en une nouvelle d\u00e9pendance. Le psychoth\u00e9rapeute-analyste doit rester vigilant pour que ce nouveau lien parfois avidement recherch\u00e9 reste le lieu d\u2019un travail psychique. La stabilit\u00e9 des entretiens et la constance du lien th\u00e9rapeutique reconstruisent peu \u00e0 peu l\u2019identit\u00e9 du sujet bless\u00e9 par des pertes s\u00e9v\u00e8res. Les observations diverses de psychoth\u00e9rapies analytiques de ville (et non d\u2019institutions) montrent que, malgr\u00e9 un \u00e2ge avanc\u00e9, la mort ne sature pas toutes les repr\u00e9sentations, ni la vie \u00e9motionnelle et affective de ces personnes qui restent parfaitement accessibles au lien th\u00e9rapeutique. Progressivement, le changement est accept\u00e9 en m\u00eame temps que la reprise mentale. Les proc\u00e9d\u00e9s d\u00e9fensifs s\u2019assouplissent et le vieillissement s\u2019entrevoit plus sereinement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Ari\u00e8s P. (1975),\u00a0<em>Essais sur l\u2019histoire de la mort en Occident<\/em>, Seuil.<\/li><li>Bacqu\u00e9 M.-F. (2003),\u00a0<em>Apprivoiser la mort<\/em>, Odile Jacob.<\/li><li>Blanpain N, Chardon O. (2010), \u00ab\u00a0Projections de population \u00e0 l\u2019horizon 2060\u00a0: Un tiers de la population \u00e2g\u00e9 de plus de 60 ans\u00a0\u00bb.\u00a0<em>INSEE Premi\u00e8re<\/em>\u00a0n\u00b01320.<\/li><li>Verdon B. (2013),\u00a0<em>Le vieillissement psychique<\/em>, PUF.<\/li><\/ul>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9631?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La certitude de la mort augmente en vieillissant. Ce truisme n\u2019est pas toujours all\u00e9 de soi. Au contraire, certains t\u00e9moignages litt\u00e9raires actuels semblent aller dans l\u2019autre sens, laissant une vision pleine d\u2019espoir enfantin bercer de tr\u00e8s grands vieillards. 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