{"id":9629,"date":"2021-08-22T07:30:20","date_gmt":"2021-08-22T05:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/du-bebe-a-ladolescent-linteriorisation-progressive-de-lenigme-2\/"},"modified":"2021-10-02T17:28:50","modified_gmt":"2021-10-02T15:28:50","slug":"du-bebe-a-ladolescent-linteriorisation-progressive-de-lenigme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/du-bebe-a-ladolescent-linteriorisation-progressive-de-lenigme\/","title":{"rendered":"Du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adolescent : l&rsquo;int\u00e9riorisation progressive de l&rsquo;\u00e9nigme"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai choisi d\u2019\u00e9voquer les travaux de J. Laplanche qui, comme A. Green, est mort cette ann\u00e9e, et je sens que, d\u00e9j\u00e0, tous les deux nous manquent infiniment&nbsp;! J\u2019aimerais montrer que les travaux de J. Laplanche nous ont beaucoup apport\u00e9, \u00e0 la fois pour penser psychanalytiquement le b\u00e9b\u00e9, mais qu\u2019ils peuvent aussi nous aider \u00e0 revisiter certains aspects de l\u2019adolescence, en nous donnant une vision en quelque sorte n\u00e9o-constructiviste du sexuel et de la sexualit\u00e9 \u00e0 ces deux p\u00e9riodes particuli\u00e8res de la vie. J\u2019insisterai donc, en particulier, sur la notion de <em>pulsion d\u2019attachement<\/em> et sur la question de l\u2019\u00e9nigme, ce qui me semble s\u2019articuler utilement aux propos de Ch. Dejours et de S. Missonnier sur la pulsion.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;Si j\u2019avais une seconde vie &#8230;&nbsp;\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Certains analystes d\u2019adultes sont, on le sait, r\u00e9solument hostiles \u00e0 la psychanalyse des enfants, et plus encore, parfois, \u00e0 l\u2019approche psychanalytique des b\u00e9b\u00e9s. Je ne citerai \u00e9videmment personne, discr\u00e9tion oblige&nbsp;! En d\u00e9pit de cela, il est pourtant clair que les travaux de certains psychanalystes d\u2019adultes sont absolument essentiels pour tous ceux qui travaillent avec les b\u00e9b\u00e9s, et certains de leurs apports th\u00e9oriques s\u2019av\u00e8rent m\u00eame d\u00e9cisifs pour la mod\u00e9lisation de l\u2019ontogen\u00e8se psychique&nbsp;: que l\u2019on pense, par exemple, aux recherches de P. Aulagnier, de W.R. Bion ou d\u2019A. Green. Ceci indique que la position d\u2019A. Ferro comporte, \u00e0 mon sens, une ind\u00e9niable part de v\u00e9rit\u00e9. Je le cite&nbsp;: \u00ab&nbsp;La psychanalyse, je consid\u00e8re qu\u2019elle est toute une, m\u00eame si elle trouve \u00e0 se \u00ab&nbsp;r\u00e9aliser&nbsp;\u00bb dans des situations cliniques diff\u00e9rentes, avec des mod\u00e8les et des objets diff\u00e9rents&nbsp;; aussi bien, si l\u2019on souligne ces diff\u00e9rences, chaque rencontre analytique est unique et ne saurait se r\u00e9p\u00e9ter.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre de J. Laplanche est, bien \u00e9videmment, de celles qui parlent aux praticiens de la petite enfance et qui leur permettent efficacement de prendre en compte l\u2019enfant reconstruit, conjointement \u00e0 leurs observations de l\u2019enfant en cours de d\u00e9veloppement. Mais, ce qui est frappant chez J. Laplanche, c\u2019est son \u00e9tonnante capacit\u00e9 \u00e0 tenir compte de l\u2019enfant observ\u00e9, et \u00e0 int\u00e9grer ces r\u00e9flexions \u00e0 sa propre pens\u00e9e de l\u2019enfant reconstruit de la psychanalyse. Telle \u00e9tait d\u2019ailleurs, me semble-t-il, la position de S. Freud lui-m\u00eame et chacun sait par exemple, que ses \u00ab&nbsp;Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9&nbsp;\u00bb regorgent litt\u00e9ralement -et notamment au niveau des diverses notes ajout\u00e9es au cours des r\u00e9\u00e9ditions successives- d\u2019observations directissimes d\u2019enfants qui n\u2019\u00e9taient autres, tr\u00e8s probablement, que ses propres petits-enfants. Ceci n\u2019emp\u00eachait certes pas une certaine ambivalence de S. Freud vis-\u00e0-vis de l\u2019observation directe, mais il savait n\u00e9anmoins s\u2019en servir pour f\u00e9conder ses mod\u00e9lisations personnelles et ses reconstructions issues de sa pratique avec des adultes. Comme toujours, c\u2019est apr\u00e8s la mort de S. Freud (le p\u00e8re) que ses successeurs (les fils) se d\u00e9chir\u00e8rent, et que les conflits surgirent entre les partisans de l\u2019observation directe de type quasi-d\u00e9veloppementaliste, et les tenants de la reconstruction exclusive.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me sens alors amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9voiler deux propos priv\u00e9s qui ne sont cependant pas de v\u00e9ritables confidences, puisqu\u2019il s\u2019agit de propos dont les auteurs n\u2019ont pas demand\u00e9 le secret. Il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019une lettre qu\u2019A. Green avait adress\u00e9e \u00e0 S. Lebovici pour le remercier de l\u2019envoi de son livre \u00e9crit, en 1983, avec S. Stoleru&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le nourrisson, la m\u00e8re et le psychanalyste&nbsp;\u00bb, lettre dans laquelle A. Green \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais quand cesseras-tu donc de t\u2019occuper de l\u2019enfant r\u00e9el pour t\u2019occuper de l\u2019enfant vrai&nbsp;?&nbsp;\u00bb, comme si, pour A. Green, seul le b\u00e9b\u00e9 reconstruit de la psychanalyste avait droit au label d\u2019authenticit\u00e9 \u2026 On voit bien l\u00e0, l\u2019intensit\u00e9 du clivage entre les partisans de l\u2019enfant observ\u00e9 et ceux de l\u2019enfant reconstruit&nbsp;! A l\u2019oppos\u00e9, ce propos que J. Laplanche me tint un jour, alors que j\u2019\u00e9tais venu faire une conf\u00e9rence \u00e0 Dijon dans le groupe de J.-L. et M. Brenot et \u00e0 laquelle il m\u2019avait fait l\u2019honneur d\u2019assister&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vous savez, Golse, si j\u2019avais une deuxi\u00e8me vie, je crois que je m\u2019occuperais de b\u00e9b\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux propos refl\u00e8tent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence des positions diam\u00e9tralement oppos\u00e9es quant \u00e0 la prise en compte du b\u00e9b\u00e9, de sa croissance et de sa maturation psychiques au sein de la pens\u00e9e psychanalytique et, personnellement, je suis de ceux qui pensent que le b\u00e9b\u00e9 ne nous impose aucun renoncement particulier, ni \u00e0 la th\u00e9orie des pulsions, ni \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9tayage, ni m\u00eame \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019apr\u00e8s-coup. Nos rep\u00e8res m\u00e9tapsychologiques habituels gardent toute leur valeur, m\u00eame quand on s\u2019occupe de tr\u00e8s jeunes enfants. En revanche, le b\u00e9b\u00e9 exige de nous que nous repensions en partie le point de vue topique de la m\u00e9tapsychologie, afin de pouvoir prendre en compte toute une s\u00e9rie de connaissances nouvelles, et d\u00e9sormais fondamentales, quant aux fonctionnements dyadiques et triadiques si importants dans le champ du tout premier d\u00e9veloppement. Un grand merci donc, \u00e0 J. Laplanche de nous avoir fait sentir, par le biais de sa th\u00e9orisation, que cette direction n\u2019est pas, par essence, h\u00e9r\u00e9tique et condamnable, et je me centrerai donc maintenant sur trois lignes principales de r\u00e9flexion&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>d\u2019une part la question de la pulsion d\u2019attachement qui permet de maintenir une place au sexuel et \u00e0 la sexualit\u00e9 du b\u00e9b\u00e9&nbsp;;<\/li><li>d\u2019autre part la th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e avec l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00e9nigme venant du dehors pour le b\u00e9b\u00e9, et du dedans pour l\u2019adolescent&nbsp;;<\/li><li>et enfin, la question de la formation de l\u2019inconscient au regard d\u2019une topique originaire dyadique ou triadique.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La pulsion d\u2019attachement et la question des pulsions pr\u00e9sexuelles<\/h3>\n\n\n\n<p>La question que je me pose est au fond de savoir si l\u2019attachement ne peut \u00eatre con\u00e7u que du point de vue de l\u2019auto-conservation (f\u00fbt-ce du point de vue des pulsions d\u2019auto-conservation), ou si, au contraire, on peut le concevoir du point de vue du sexuel et des pulsions sexuelles, le concept de \u00ab&nbsp;pulsion d\u2019attachement&nbsp;\u00bb nous amenant alors \u00e0 faire l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un attachement \u00e0 valeur de pulsion de vie non encore sexualis\u00e9e, ce qui ne va pas, cependant, sans interroger la position de J. Laplanche quant \u00e0 la nature r\u00e9solument sexuelle de toute pulsion.<\/p>\n\n\n\n<p>Par rapport \u00e0 notre colloque, on sent bien en tout cas que cette question interroge le champ du sexuel chez le b\u00e9b\u00e9, ainsi que sa remise en jeu chez l\u2019adolescent.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019attachement selon Didier Anzieu<\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019est sous la plume de Didier Anzieu que j\u2019ai rencontr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le concept de \u00ab&nbsp;pulsion d\u2019attachement&nbsp;\u00bb. Plus exactement, je l\u2019avais entendu y faire allusion lors de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> Conf\u00e9rence Internationale de Psychiatrie de l\u2019adolescent qui s\u2019\u00e9tait tenue \u00e0 Paris en 1985, conf\u00e9rence au cours de laquelle il avait expos\u00e9 son concept de \u00ab&nbsp;signifiants formels&nbsp;\u00bb dont il disait alors qu\u2019ils se trouvaient facilement investis par la \u00ab&nbsp;pulsion d\u2019attachement&nbsp;\u00bb, \u00e0 la diff\u00e9rence du fantasme classique dont \u00ab&nbsp;l\u2019investissement pulsionnel est compos\u00e9 de sexualit\u00e9 et d\u2019agressivit\u00e9&nbsp;\u00bb, ce qu\u2019il avait repris ensuite en 1987 dans son article sur <em>Les signifiants formels et le Moi-peau<\/em>. Apr\u00e8s quoi, j\u2019ai retrouv\u00e9 la pulsion d\u2019attachement dans son livre paru en 1990 sur \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9piderme nomade et la peau psychique&nbsp;\u00bb. Je le cite ici&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bowlby a mis en \u00e9vidence cinq crit\u00e8res qu\u2019il me para\u00eet n\u00e9cessaire de compl\u00e9ter par un sixi\u00e8me. Leur r\u00e9union conditionne la r\u00e9ussite de l\u2019attachement mutuel entre la m\u00e8re (ou l\u2019environnement maternant) et le tout-petit, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle apporte \u00e0 celui-ci l\u2019exp\u00e9rience structurante d\u2019un \u00e9change de tendresse. Il s\u2019agit d\u2019un accomplissement pulsionnel non libidinalis\u00e9, ind\u00e9pendant de l\u2019investissement des zones \u00e9rog\u00e8nes et qui a conduit Bowlby \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une pulsion sp\u00e9cifique d\u2019attachement, interm\u00e9diaire entre la pulsion d\u2019auto-conservation et la pulsion sexuelle. En effet, les patients \u00e0 qui a manqu\u00e9 cette exp\u00e9rience compl\u00e8te de l\u2019attachement pr\u00e9sentent une grande diversit\u00e9 dans leur vie sexuelle&nbsp;: active, mod\u00e9r\u00e9e ou nulle&nbsp;\u00bb. D. Anzieu \u00e9num\u00e8re alors les cinq crit\u00e8res de Bowlby (l\u2019\u00e9change des sourires, la solidit\u00e9 du portage, la chaleur de l\u2019\u00e9treinte, la douceur du toucher et l\u2019interaction des signaux sensoriels et moteurs lors de l\u2019allaitement) auxquels il adjoint la concordance des rythmes. Apr\u00e8s quoi, il d\u00e9veloppe sa vision personnelle d\u2019une m\u00e9tapsychologie de \u00ab&nbsp;l\u2019attachement (au) n\u00e9gatif&nbsp;\u00bb en pr\u00e9cisant que \u00ab&nbsp;du point de vue dynamique, l\u2019attachement n\u00e9gatif r\u00e9sulte de l\u2019alliance de la pulsion d\u2019attachement \u00e0 la pulsion d\u2019autodestruction plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 celle d\u2019auto-conservation&nbsp;\u00bb. Et plus loin, il ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019exp\u00e9rience n\u00e9gative de l\u2019attachement ob\u00e8re l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019organisation \u0153dipienne et suscite une r\u00e9sistance \u00e0 cet acc\u00e8s&nbsp;\u00bb, ce qui revient \u00e0 dire que les processus de transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle d\u2019un attachement n\u00e9gatif peuvent venir entraver l\u2019acceptation de la \u00ab&nbsp;relation d\u2019inconnu&nbsp;\u00bb d\u00e9crite par G. Rosolato (\u00e9galement disparu, il y a peu) et donc l\u2019entr\u00e9e dans un fonctionnement fond\u00e9 sur la triangulation intrapsychique. Ces quelques fragments contiennent les \u00e9l\u00e9ments principaux sur lesquels se fonde ma r\u00e9flexion actuelle, mais il importe cependant de dire qu\u2019\u00e0 certains endroits de son \u0153uvre, J. Bowlby s\u2019oppose en fait au concept de <em>pulsion<\/em> (d\u2019attachement) et notamment quand il dit, \u00e0 propos de sa th\u00e9orie de l\u2019attachement, que ce \u00ab&nbsp;nouveau paradigme est en mesure de se dispenser d\u2019utiliser nombre de concepts abstraits, y compris ceux de l\u2019\u00e9nergie psychique et de la pulsion et d\u2019\u00e9tablir (ainsi) des liens avec la psychologie cognitive&nbsp;\u00bb. D. Anzieu fait donc, en quelque sorte, une autre lecture de la th\u00e9orie de l\u2019attachement que celle de J. Bowlby lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-on en droit, pour autant, de parler de \u00ab&nbsp;pulsion d\u2019attachement&nbsp;\u00bb&nbsp;? Sans doute pas au sens d\u2019une pulsion sexuelle partielle classique et enracin\u00e9e dans une zone \u00e9rog\u00e8ne qui lui soit sp\u00e9cifique. Mais, apr\u00e8s tout, on serait bien en peine \u00e9galement de d\u00e9finir les zones \u00e9rog\u00e8nes des pulsions de vie, des pulsions de mort et, m\u00eame, de la pulsion dite scopique (C. Chiland).<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute est-il possible, en revanche, de parler d\u2019une pulsion d\u2019attachement mais au sens, alors, d\u2019une pulsion globale d\u2019auto-conservation secondairement libidinalis\u00e9e au sein du syst\u00e8me interactif pr\u00e9coce, ce qui permet, notons-le au passage, de continuer \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9tayage. Aussi pr\u00e9coce et pr\u00e9g\u00e9nitale soit-elle, la pulsion d\u2019attachement nous para\u00eet en effet fondamentalement globale, et d\u2019abord ancr\u00e9e dans le registre de l\u2019auto-conservation. Ma r\u00e9flexion en est l\u00e0 pour l\u2019instant, et je sais bien que cette conceptualisation des choses repose alors la question de la nature sexuelle de toutes les pulsions, nature sexuelle sur laquelle insiste depuis longtemps un auteur comme J. Laplanche. De mani\u00e8re un peu sch\u00e9matique voire provocante, je proposerais volontiers l\u2019id\u00e9e que la pulsion d\u2019attachement, si on en accepte l\u2019hypoth\u00e8se, repr\u00e9sente au fond la pulsion de vie non encore sexualis\u00e9e par l\u2019\u00e9tayage, ce qui para\u00eet d\u00e8s lors compatible avec la proposition de D. Anzieu \u00ab&nbsp;d\u2019un accomplissement pulsionnel non libidinalis\u00e9, ind\u00e9pendant des zones \u00e9rog\u00e8nes, (\u2026), interm\u00e9diaire entre la pulsion d\u2019auto-conservation et la pulsion sexuelle&nbsp;\u00bb (voir plus haut). Une discussion que j\u2019ai eue autrefois avec J. Laplanche m\u2019incite \u00e0 penser que l\u2019introduction du concept de <em>pulsion d\u2019attachement<\/em> am\u00e8ne, en fait, \u00e0 reposer la question de l\u2019instinct par rapport \u00e0 celle de pulsion proprement dite. On pourrait en effet proposer de recourir au concept d\u2019<em>instinct<\/em> pour la lign\u00e9e de l\u2019attachement, et \u00e0 celui de <em>pulsion<\/em> pour les pulsions sexuelles freudiennes habituelles.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il ne me semble pas que cette proposition convienne parfaitement car toute la m\u00e9tapsychologie a eu pr\u00e9cis\u00e9ment pour but de diff\u00e9rencier les deux notions en s\u2019appuyant notamment sur la contingence relative de l\u2019objet pulsionnel, alors que le montage instinctuel supporte tr\u00e8s peu de marge de variation quant \u00e0 l\u2019objet de r\u00e9solution de la tension instinctuelle. Or, les figures d\u2019attachement sont \u00e9minemment variables d\u2019o\u00f9, pr\u00e9cis\u00e9ment, la notion d\u2019<em>objet d\u2019attachement primaire<\/em> (la m\u00e8re, le plus souvent mais pas toujours), la notion d\u2019<em>objet d\u2019attachement secondaire<\/em> (le p\u00e8re le plus souvent, mais pas toujours) et celle, enfin, d\u2019attachement aux pairs par essence impr\u00e9visibles. L\u2019objet (ou les objets) de l\u2019attachement se trouve(nt) donc \u00eatre aussi variable(s) que l\u2019objet de la pulsion, et la distinction \u00e9voqu\u00e9e ci-dessus entre instinct et pulsion ne suffit donc pas, me semble-t-il, \u00e0 clarifier le d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste pour l\u2019instant que l\u2019attachement a probablement tout int\u00e9r\u00eat, comme le propose J. Laplanche, \u00e0 \u00eatre pens\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019auto-conservation, ce qui situe alors la r\u00e9flexion principalement dans le registre de la premi\u00e8re th\u00e9orie freudienne des pulsions, mais d\u2019une auto-conservation dont le destin serait celui d\u2019une libidinalisation quasi-imm\u00e9diate, au m\u00eame titre que les autres besoins fondamentaux de l\u2019organisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Les b\u00e9b\u00e9s, les adolescents et la th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e&nbsp;: \u00e9nigme du dehors ou \u00e9nigme du dedans&nbsp;? La th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e propos\u00e9e et d\u00e9velopp\u00e9e par J. Laplanche est \u00e9videmment fondamentale pour penser l\u2019\u00e9mergence du sexuel dans le cadre de l\u2019ontogen\u00e8se du sujet. Elle permet par ailleurs, \u00e0 mon sens, de d\u00e9passer le dilemme, sinon insoluble, entre la nature endog\u00e8ne ou exog\u00e8ne, de l\u2019origine de la sexualit\u00e9. Je ne rappellerai certes pas ici, les points centraux de cette th\u00e9orisation d\u00e9sormais classique et c\u00e9l\u00e8bre, mais je voudrais seulement insister sur le fait que celle-ci nous offre en fait une voie de d\u00e9gagement quant aux difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 plusieurs probl\u00e9matiques. Cette th\u00e9orie offre en effet une th\u00e9orie du traumatisme structurant mais, ce faisant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>elle transcende la question du choix entre traumatisme r\u00e9el ou traumatisme imaginaire (et de ce fait, elle rend inutile l\u2019abandon complet de la \u00ab&nbsp;neurotica&nbsp;\u00bb freudienne),<\/li><li>elle transcende la question du choix entre traumatisme endog\u00e8ne ou traumatisme exog\u00e8ne,<\/li><li>et enfin, ce qui n\u2019est pas rien, elle offre la possibilit\u00e9 de conserver la th\u00e9orie du traumatisme en deux temps, y compris dans les cas de traumatismes hyper-pr\u00e9coces qui nous int\u00e9ressent, au premier chef, dans le champ de la psychiatrie et de la psychanalyse du tr\u00e8s jeune enfant.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ma lecture de la th\u00e9orie de J. Laplanche consiste en effet, pour moi, \u00e0 comprendre que la construction de la pulsion se joue \u00e0 deux, de mani\u00e8re interrelationnelle entre la m\u00e8re et le b\u00e9b\u00e9, et que c\u2019est l\u2019implantation dans la psych\u00e9 de l\u2019enfant des \u00ab&nbsp;messages \u00e9nigmatiques inconscients&nbsp;\u00bb -\u00e9mis par la m\u00e8re \u00e0 son propre insu- qui vont organiser ce que J. Laplanche d\u00e9signe alors sous le terme d\u2019 \u00ab&nbsp;objets-source&nbsp;\u00bb de la pulsion, en tant que messages \u00ab&nbsp;compromis&nbsp;\u00bb d\u2019abord ind\u00e9codables et en attente de traduction ult\u00e9rieure (l\u2019\u00e9nigme \u00e9tant li\u00e9e \u00e0 l\u2019impuissance traductive, et la s\u00e9duction \u00e0 la fascination qui s\u2019attache toujours, peu ou prou, \u00e0 cette situation d\u2019impuissance, et donc de passivit\u00e9 traductrice). Rien ne peut faire, en effet, qu\u2019une m\u00e8re qui allaite ne sache pas, dans le m\u00eame temps, que dans sa vie de femme, ses seins sont aussi des seins \u00e9rotiques et pas seulement des seins alimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les soins de la m\u00e8re \u00e0 l\u2019enfant sont donc r\u00e9els mais ils v\u00e9hiculent toujours des messages \u00e0 teneur fantasmatique sexuelle qui vont venir greffer, de l\u2019ext\u00e9rieur, dans le psychisme de l\u2019enfant, les germes de son organisation pulsionnelle seconde, lesquels, quoique internes, n\u2019\u00e9tant ensuite activ\u00e9s que du dehors par la rencontre avec un nouvel \u00e9v\u00e9nement interactif plus tardif et d\u00e9sormais susceptible d\u2019\u00eatre traduit et m\u00e9tabolis\u00e9, ce qui r\u00e9active alors la signification des premi\u00e8res inscriptions qui se trouvaient l\u00e0, encore comme en jach\u00e8re. Ce sch\u00e9ma s\u2019av\u00e8re indiscutable avec comme clef de vo\u00fbte le processus traductif qui renvoie \u00e0 la \u00ab&nbsp;situation anthropologique fondamentale&nbsp;\u00bb, soit \u00e0 la rencontre entre l\u2019adulte et le b\u00e9b\u00e9 qui se joue immanquablement sur fond de r\u00e9ciprocit\u00e9 et de dissym\u00e9trie (J. Laplanche). Le couple m\u00e8re-enfant se trouve ainsi au c\u0153ur de cette mod\u00e9lisation de J. Laplanche, et si, avec A. Green, on consid\u00e8re que S. Freud et M. Klein centrent leurs mod\u00e8les plut\u00f4t sur l\u2019enfant, alors que D.W. Winnicott et W.R. Bion mettent davantage le fonctionnement m\u00e8re-enfant au centre de leurs \u00e9laborations, alors, de ce point de vue, l\u2019approche de J. Laplanche se situerait plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 des positions de ces deux derniers auteurs. En tout \u00e9tat de cause, \u00e0 l\u2019adolescence, c\u2019est le corps de l\u2019adolescent qui peut rev\u00eatir lui-m\u00eame, parfois, la fonction de \u00ab&nbsp;signifiant \u00e9nigmatique&nbsp;\u00bb pour l\u2019adolescent et ce ne sont plus, alors, les soins maternels, mais ses propres fonctionnements corporels qui viennent r\u00e9activer chez lui cette situation de s\u00e9duction originaire dont on sait la force d\u2019attraction fond\u00e9e \u00e0 la fois sur des affects de fascination et d\u2019effroi. On assiste ainsi \u00e0 une sorte d\u2019int\u00e9riorisation progressive de l\u2019\u00e9nigme chez les adolescents, l\u2019\u00e9nigme qui venait de la m\u00e8re chez le b\u00e9b\u00e9 se trouvant alors devenir une \u00e9nigme venant du corps m\u00eame de l\u2019adolescent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, en cas de tentative de suicide chez un adolescent, on se demandera toujours quel est l\u2019\u00e9quilibre qui existe entre pulsions de vie (fonction d\u2019appel) et pulsions de mort (destructivit\u00e9), entre auto et h\u00e9t\u00e9ro-agressivit\u00e9, mais aussi quelle est la cible profonde du geste suicidaire, \u00e0 savoir le tout du sujet ou seulement certaines parties \u00e9nigmatiques de lui-m\u00eame (psychiques ou corporelles) li\u00e9es aux transformations propres \u00e0 cet \u00e2ge de la vie (pubert\u00e9 et pubertaire).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La question de la formation de l\u2019inconscient au regard d\u2019une topique originaire dyadique ou triadique<\/h3>\n\n\n\n<p>Quel que soit le mod\u00e8le que l\u2019on se donne de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, et m\u00eame si l\u2019on admet, comme J. Laplanche le fait dans son texte argumentaire que \u00ab&nbsp;la vieille th\u00e9orie de la \u00ab\u00a0symbiose\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9vanouit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019observation de relations pr\u00e9coces organis\u00e9es, diff\u00e9renci\u00e9es, d\u2019embl\u00e9e r\u00e9ciproques, o\u00f9 le non-moi est d\u2019embl\u00e9e distingu\u00e9 des appartenances personnelles&nbsp;\u00bb, il n\u2019en demeure pas moins que parents et b\u00e9b\u00e9 fonctionnent, \u00e0 l\u2019aube de la vie de l\u2019enfant, d\u2019une mani\u00e8re tellement intriqu\u00e9e qu\u2019elle a pu faire parler certains \u00ab&nbsp;d\u2019unit\u00e9 originaire&nbsp;\u00bb (M. Perez-Sanchez et N. Abello). On pense l\u00e0, bien entendu, au syst\u00e8me de projections r\u00e9ciproques qui existe tr\u00e8s vite entre parents et b\u00e9b\u00e9, et qui forme le socle d\u2019une communication pr\u00e9verbale de type analogique, ceci \u00e9tant dit sans tenir compte ici des liens fonctionnels entre projections et identifications projectives (ce dernier concept ayant beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis son emploi <em>princeps<\/em> par M. Klein). Quoi qu\u2019il en soit, tous les acquis de la psychologie du d\u00e9veloppement pr\u00e9coce nous invitent, d\u00e9sormais, \u00e0 penser l\u2019ontogen\u00e8se en termes de dyade ou de triade, et d\u00e8s lors les processus de subjectivation (ou d\u2019intersubjectivation) ne peuvent \u00eatre conceptualis\u00e9s que comme le fruit d\u2019un travail d\u2019int\u00e9riorisation intrapsychique de relations d\u2019abord interpersonnelles entre le b\u00e9b\u00e9 et ses deux parents. Pour autant, la topique \u00e9tant, par essence, de nature fondamentalement intrapsychique, elle ne peut \u00eatre, en toute rigueur, que strictement individuelle. Comment tenir compte, alors, des fonctionnements dyadiques et triadiques dans l\u2019ontogen\u00e8se de cette topique&nbsp;: y aurait-il \u00e0 conceptualiser tout d\u2019abord une topique intersubjective susceptible de servir de pr\u00e9forme ou de pr\u00e9curseur \u00e0 la topique intrapsychique classique proprement dite&nbsp;? Personnellement, je n\u2019ai pas encore de r\u00e9ponse claire \u00e0 cette question, mais je sens bien depuis quelques ann\u00e9es que la r\u00e9vision de notre topique est, en r\u00e9alit\u00e9, la seule exigence des b\u00e9b\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous ceux qui veulent travailler de mani\u00e8re v\u00e9ritablement psychanalytique, comme je l\u2019ai dit plus haut, d\u00e8s le d\u00e9but de mon intervention. Il est plausible de penser que c\u2019est une m\u00e9tapsychologie du lien qui nous est, ici, n\u00e9cessaire, m\u00e9tapsychologie qui ouvre peut-\u00eatre sur une \u00ab&nbsp;troisi\u00e8me topique&nbsp;\u00bb (B. Brusset, 1988 et 2006) et qui permettrait de d\u00e9passer le clivage entre interpersonnel et intrapsychique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Qu\u2019entend-on cependant par m\u00e9tapsychologie du lien&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>S\u2019agit-il d\u2019une m\u00e9tapsychologie strictement intra- psychique telle que Ch. Dejours (1986, 1982) a pu la d\u00e9velopper au fil de ses travaux, ou s\u2019agit-il plut\u00f4t de ce que l\u2019on pourrait peut-\u00eatre appeler une m\u00e9tapsychologie intersubjective mais qui ne nous ferait pas c\u00e9der, pour autant, \u00e0 la tentation d\u2019un fantasme d\u2019appareil collectif&nbsp;? L\u2019opposition entre ces deux points de vue n\u2019est peut-\u00eatre pas aussi radicale qu\u2019il y para\u00eet. Il existe en effet un moyen de penser le lien entre l\u2019intrapsychique et l\u2019interpersonnel qui consiste \u00e0 souligner que pour le b\u00e9b\u00e9, il n\u2019existe pas de repr\u00e9sentation de soi qui ne soit une repr\u00e9sentation de soi en interaction avec l\u2019autre, et pas de repr\u00e9sentation de l\u2019autre qui ne soit une repr\u00e9sentation de l\u2019autre en interaction avec soi, comme l\u2019indique bien le concept de <em>repr\u00e9sentations d\u2019interactions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es<\/em> d\u00e9velopp\u00e9 par D.N. Stern (1989). D\u00e8s lors, l\u2019instauration de l\u2019appareil psychique qui est toujours, qu\u2019on le veuille ou non, une repr\u00e9sentation du lien -dans le lien et par le lien- se joue pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019interface de l\u2019interpersonnel et de l\u2019intrapsychique, les psychoth\u00e9rapies conjointes favorisant tout particuli\u00e8rement le double mouvement d\u2019int\u00e9riorisation et de sp\u00e9cularisation qui sous-tend le passage du registre interpersonnel au registre intrapsychique. Dans ce cadre des th\u00e9rapies conjointes, on peut alors imaginer que c\u2019est le travail psychique du tiers, soit le th\u00e9rapeute ou les co-th\u00e9rapeutes, qui intervient pr\u00e9cis\u00e9ment pour ouvrir la voie \u00e0 ce double processus (d\u2019int\u00e9riorisation et de sp\u00e9cularisation) en souffrance chez les dyades ou les triades concern\u00e9es, et ceci en se situant \u00e0 l\u2019interface des interactions qui se jouent entre le b\u00e9b\u00e9 et ses parents. Dans cette perspective, le dispositif des psychoth\u00e9rapies conjointes correspondrait alors, bel et bien, \u00e0 une figuration ou \u00e0 une mat\u00e9rialisation de la troisi\u00e8me topique intersubjective \u00e9voqu\u00e9e ci-dessus. Je n\u2019irai pas plus loin, ici, dans cette r\u00e9flexion encore en pleine mouvance, mais je voulais cependant indiquer cette voie d\u00e9sormais possible de la mod\u00e9lisation des th\u00e9rapies conjointes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>En guise de conclusion, je me permettrai seulement de remercier J. Laplanche du regard positif qu\u2019il portait pr\u00e9cis\u00e9ment sur ceux qui essayent de demeurer psychanalystes tout en s\u2019occupant de b\u00e9b\u00e9s et de tr\u00e8s jeunes enfants, ainsi que des nombreuses pistes de r\u00e9flexion qu\u2019il nous a offertes dans ce champ, et qui suscitent en nous des questionnements stimulants et extr\u00eamement heuristiques. Pourquoi diable, J. Laplanche n\u2019aurait-il pas de seconde vie\u00a0? H\u00e9las, pas plus lui qu\u2019un autre, mais sa premi\u00e8re vie aura d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 incroyablement f\u00e9conde. Sa th\u00e9orie de <em>la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e<\/em> apporte en effet, comme il le propose lui-m\u00eame, une vision unifi\u00e9e de l\u2019appareil psychique (qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re appeler \u00ab\u00a0l\u2019appareil de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb), et je suis tr\u00e8s sensible \u00e0 son id\u00e9e selon laquelle, au niveau de son environnement relationnel, l\u2019enfant trouve une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0aide \u00e0 la traduction\u00a0\u00bb propos\u00e9e par la culture ambiante. Ceci nous ouvre des pistes de travail fascinantes pour approfondir notre concept de <em>transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle<\/em> dans la perspective d\u2019une co-narrativit\u00e9 ou d\u2019une co-historicisation des \u00e9v\u00e8nements psychiques par l\u2019enfant et les adultes qui en prennent soin. A mon sens, ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les b\u00e9b\u00e9s et les travaux qui les concernent, qui nous am\u00e8neront, dans l\u2019avenir, \u00e0 mieux comprendre comment s\u2019agencent et interagissent les trois inconscients \u00e9voqu\u00e9s par J. Laplanche, soit l\u2019inconscient \u00ab\u00a0refoul\u00e9\u00a0\u00bb, l\u2019inconscient \u00ab\u00a0enclav\u00e9\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0pseudo-inconscient mytho-symbolique\u00a0\u00bb enfin, ceci valant \u00e0 la fois pour notre travail avec les b\u00e9b\u00e9s et pour notre travail avec les adolescents.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">El\u00e9ments bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>D. Anzieu, \u00ab&nbsp;Les signifiants formels et le Moi-peau&nbsp;\u00bb, 1-22, In&nbsp;: <em>Les enveloppes psychique<\/em>s (ouvrage collectif), Dunod, Coll. \u00ab&nbsp;Inconscient et Culture&nbsp;\u00bb, Paris, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Anzieu, \u00ab&nbsp;L\u2019attachement au N\u00e9gatif&nbsp;\u00bb, 115-129 in <em>L\u2019\u00e9piderme nomade et la peau psychique<\/em>, Editions Apsyg\u00e9e, Paris, 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>P. Aulagnier, <em>La violence de l\u2019interpr\u00e9tation &#8211; Du pictogramme \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9,<\/em> P.U.F., \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb,1975 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, 1962, <em>Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1979 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, 1963, <em>\u00c9l\u00e9ments de psychanalyse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, 1965,Transformations \u2013 Passage de l\u2019apprentissage \u00e0 la croissance, P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1982 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, 1970, <em>L\u2019attention et l\u2019interpr\u00e9tation- Approche scientifique de la compr\u00e9hension intuitive en psychanalyse et dans les groupes<\/em>, Payot, Coll. \u00ab\u00a0Science de l\u2019Homme\u00a0\u00bb, Paris, 1974<\/p>\n\n\n\n<p>B. Brusset, 1988, <em>Psychanalyse du lien<\/em>, (La relation d\u2019objet) Editions Le Centurion, Paris, 1988.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Brusset, 2006, \u00ab&nbsp;M\u00e9tapsychologie des liens et troisi\u00e8me topique&nbsp;\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 2006, LXX, 5, 1213-1282<\/p>\n\n\n\n<p>C. Chiland, <em>Homo psychanalyticus<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Psychologie d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb, Paris, 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>Ch. Dejours, <em>Le corps entre biologie et psychanalyse<\/em>, Payot, Paris, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>Ch. Dejours, <em>Le corps d\u2019abord<\/em>, Payot, Paris, 2002<\/p>\n\n\n\n<p>A. Ferro, <em>L\u2019enfant et le psychanalyste &#8211; La question de la technique dans la psychanalyse des enfants<\/em>, Er\u00e8s, Coll. \u00ab&nbsp;Des Travaux et des Jours&nbsp;\u00bb, Ramonville Saint-Agne, 1997<\/p>\n\n\n\n<p>S. Freud, 1905, <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9-<\/em> Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;Id\u00e9es&nbsp;\u00bb, Paris, 196<\/p>\n\n\n\n<p>S. Freud, 1915, <em>Pulsions et destins des pulsions<\/em>, 11-44, in \u00ab&nbsp;M\u00e9tapsychologie&nbsp;\u00bb, Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;Id\u00e9es&nbsp;\u00bb, Paris, 1976<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse, <em>L\u2019\u00catre-b\u00e9b\u00e9 (Les questions du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019attachement, \u00e0 la psychanalyse et \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie),<\/em> P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Green, \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 de r\u00eaverie et le mythe \u00e9tiologique&nbsp;\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1987, LI, 5, 1299-1315<\/p>\n\n\n\n<p>A. Green, \u00ab&nbsp;La sexualit\u00e9 a-t-elle un quelconque rapport avec la psychanalyse&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1996, LX, 3, 829-848<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, <em>Vie et mort en psychanalyse<\/em>, Flammarion, Coll. \u00ab&nbsp;Champs&nbsp;\u00bb, Paris, 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, \u00ab&nbsp;La pulsion et son objet-source&nbsp;; son destin dans le transfert&nbsp;\u00bb, 9-24 In <em>La pulsion, pour quoi faire&nbsp;?<\/em> (ouvrage collectif), D\u00e9bats, Documents, Recherches de l\u2019<em>Association Psychanalytique de Franc<\/em>e, Paris, 1984<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, \u00ab&nbsp;De la th\u00e9orie de la s\u00e9duction restreinte \u00e0 la th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e&nbsp;\u00bb, <em>\u00c9tudes Freudiennes<\/em>, 1986, 27, 7-25<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, <em>Nouveaux fondements pour la psychanalyse,<\/em> P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1987<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, \u00ab&nbsp;Notes sur l\u2019apr\u00e8s-coup&nbsp;\u00bb, 57-66, in <em>Entre s\u00e9duction et inspiration&nbsp;: l\u2019homme<\/em>, P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Quadrige&nbsp;\u00bb, Paris, 1999 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>J. Laplanche, \u00ab&nbsp;Entretien avec Jean Laplanche&nbsp;\u00bb (r\u00e9alis\u00e9 par Alain Braconnier) <em>Le Carnet-PSY<\/em>, 2002, 70, 26-33.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Lebovici (en collaboration avec S. Stoleru), <em>Le nourrisson, la m\u00e8re et le psychanalyste &#8211; Les interactions pr\u00e9coces<\/em>, Le Centurion, Coll. \u00ab&nbsp;Paidos&nbsp;\u00bb, Paris, 1983.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Perez-Sanchez et N. Abello, \u00ab&nbsp;Unit\u00e9 originaire (Narcissisme et homosexualit\u00e9 dans le \u00e9bauches de l\u2019\u0152dipe&nbsp;\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 1981, XLV, 4, 777-786<\/p>\n\n\n\n<p>G. Rosolato, <em>La relation d\u2019inconnu<\/em>, Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;Connaissance de l\u2019Inconscient&nbsp;\u00bb, Paris, 1978<\/p>\n\n\n\n<p>D.N. Stern, 1989, <em>Le monde interpersonnel du nourrisson &#8211; Une perspective psychanalytique et d\u00e9veloppementale,<\/em> P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, 1989 (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p>D. Widl\u00f6cher, <em>Les nouvelles cartes de la psychanalyse,<\/em> Editions Odile Jacob, Paris, 1996.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9629?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction J\u2019ai choisi d\u2019\u00e9voquer les travaux de J. Laplanche qui, comme A. Green, est mort cette ann\u00e9e, et je sens que, d\u00e9j\u00e0, tous les deux nous manquent infiniment&nbsp;! J\u2019aimerais montrer que les travaux de J. Laplanche nous ont beaucoup apport\u00e9,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1223,1214],"thematique":[210],"auteur":[1368],"dossier":[838],"mode":[60],"revue":[839],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9629","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","thematique-sexualite","auteur-bernard-golse","dossier-sexe-sexuel-sexualites","mode-payant","revue-839","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9629","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9629"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9629\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16476,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9629\/revisions\/16476"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9629"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9629"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9629"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9629"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9629"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9629"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9629"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9629"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9629"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}