{"id":9624,"date":"2021-08-22T07:30:20","date_gmt":"2021-08-22T05:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/residence-alternee-et-perte-objectale-aspects-cliniques-2\/"},"modified":"2021-10-02T13:51:03","modified_gmt":"2021-10-02T11:51:03","slug":"residence-alternee-et-perte-objectale-aspects-cliniques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/residence-alternee-et-perte-objectale-aspects-cliniques\/","title":{"rendered":"R\u00e9sidence altern\u00e9e et perte objectale : aspects cliniques"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Les observations dont nous allons vous faire part aujourd\u2019hui portent sur une vingtaine d\u2019enfants et sont issues de 12 ann\u00e9es de consultations et de th\u00e9rapies d\u2019enfants vivant en r\u00e9sidences altern\u00e9es consensuelles, c\u2019est-\u00e0-dire avec l\u2019accord des 2 parents, et sur un rythme \u00e9galitaire d\u2019 une semaine chez chaque parent.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment l\u2019enfant vit-il ces s\u00e9parations et quel impact peuvent-elles avoir sur sa psyche, son Moi en cours de construction, la qualit\u00e9 de ses relations objectales&nbsp;? C\u2019est ce que nous allons essayer d\u2019\u00e9tudier aujourd\u2019hui au travers de l\u2019exp\u00e9rience clinique que je vais vous livrer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Impacts des s\u00e9parations sur le fonctionnement psychique de l\u2019enfant<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les angoisses de pertes et les aspects traumatiques<\/h3>\n\n\n\n<p>Les consultations de ces enfants montrent en premier lieu qu\u2019ils sont tous envahis psychiquement par des angoisses de perte qui se manifestent par une grande ins\u00e9curit\u00e9. Ainsi, le v\u00e9cu de la temporalit\u00e9 des s\u00e9ances est toujours mena\u00e7ant, ils ont peur de la fin, peur de se s\u00e9parer\u2026 Les angoisses d\u2019abandon les envahissent. Ils pr\u00e9sentent souvent des rituels obsessionnels de v\u00e9rification au moment des passages, comme ce petit gar\u00e7on de 3 ans qui allume puis \u00e9teint sans interruption toutes les lumi\u00e8res \u00e0 chaque d\u00e9part de la maison maternelle. Un autre, tr\u00e8s angoiss\u00e9, se barde de souvenirs lui rappelant ses parents, les transporte partout et dort m\u00eame avec. Classiquement on rep\u00e8re l\u2019angoisse du jeudi soir que l\u2019enfant manifeste le plus souvent chez sa m\u00e8re. Il n\u2019arrive pas \u00e0 l\u2019attribuer \u00e0 son d\u00e9part mais elle apparait in\u00e9luctablement la veille ou parfois l\u2019avant-veille du changement de lieu. A cela s\u2019ajoute des jeux extr\u00eamement r\u00e9p\u00e9titifs associ\u00e9s \u00e0 une sid\u00e9ration psychique qui \u00e9voquent des aspects traumatiques comme chez cet enfant qui passe des s\u00e9ances \u00e0 retracer r\u00e9p\u00e9titivement \u00ab&nbsp;les chemins pour aller de chez papa \u00e0 chez maman.&nbsp;\u00bb Cependant il convient de s\u2019interroger sur la nature de ce qui fait ici traumatisme. On peut faire l\u2019hypoth\u00e8se que du fait des ruptures fr\u00e9quentes induites par la r\u00e9sidence altern\u00e9e l\u2019enfant vit un manque dont la r\u00e9p\u00e9tition induirait un traumatisme. On peut parler de traumatismes \u00ab&nbsp;par manque de r\u00e9alit\u00e9&nbsp;\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Fran\u00e7ois Duparc, un trauma issu de l\u2019int\u00e9rieur, lorsque le sujet attend une exp\u00e9rience que son entourage ne peut lui fournir. La th\u00e9orie du d\u00e9veloppement de l\u2019enfant de Winnicott nous permet de le comprendre&nbsp;: l\u2019objet doit \u00eatre pr\u00e9sent dans la r\u00e9alit\u00e9, et pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019enfant au moment o\u00f9 celui-ci en a besoin. Mais, bien que ce soit un objet r\u00e9el, il n\u2019est dans un premier temps pour l\u2019enfant que l\u2019illusion de l\u2019avoir cr\u00e9\u00e9 lui-m\u00eame&nbsp;: l\u2019\u00e9quivalent de sa propre r\u00e9alit\u00e9 psychique, mais aussi son support essentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le de la construction d\u2019une psych\u00e9 sensible au facteur temps nous aide \u00e0 comprendre certains effets de la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez l\u2019enfant petit. Ainsi, si la m\u00e8re de l\u2019enfant s\u2019absente un certain temps, l\u2019enfant l\u2019attendra sans trop de difficult\u00e9s, pour un temps un peu plus long l\u2019angoisse va surgir, pour un temps plus important encore l\u2019angoisse agonistique, d\u00e9sorganisante, va le submerger. Ce type de traumatismes lorsqu\u2019ils arrivent chez l\u2019enfant petit vont int\u00e9resser les cat\u00e9gories du primaire et de l\u2019originaire. Ils peuvent donc affecter le processus de symbolisation, cr\u00e9er des atteintes pr\u00e9coces du Moi et des blessures d\u2019ordre narcissiques. Du fait de la sid\u00e9ration psychique qu\u2019ils entra\u00eenent et l\u2019importance du recours aux m\u00e9canismes de d\u00e9fense qu\u2019ils mettent en jeu (notamment le clivage, la projection et l\u2019identification projective) ils perturbent gravement l\u2019organisation m\u00eame de l\u2019\u00e9conomie pulsionnelle, la symbolisation et, par voie de cons\u00e9quence, l\u2019autonomie du Moi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La plupart du temps les processus transitionnels et la symbolisation de la perte \u00e9chouent<\/h4>\n\n\n\n<p>La transitionnalit\u00e9, telle que Winnicott l\u2019a conceptualis\u00e9e, se d\u00e9roule entre un dehors et un dedans et m\u00eale le \u00ab&nbsp;cr\u00e9\u00e9&nbsp;\u00bb int\u00e9rieur et le \u00ab&nbsp;trouv\u00e9&nbsp;\u00bb ext\u00e9rieur. Or, dans la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez l\u2019enfant petit le \u00ab&nbsp;trouv\u00e9 ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb \u00e9tant trop instable ou absent, les processus de symbolisation primaire inh\u00e9rents aux processus transitionnels ne peuvent \u00e9merger. Notamment la symbolisation de la perte (objectale) s\u2019av\u00e8re impossible. D\u2019o\u00f9 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 observ\u00e9e chez ces enfants incapables d\u2019aborder la moindre perte sans \u00e9prouver des angoisses parfois d\u00e9sorganisatrices. Nombreux sont ceux qui peuvent t\u00e9moigner d\u2019un sentiment permanent de manque et d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 m\u00eame lorsqu\u2019ils sont aupr\u00e8s de leur m\u00e8re, non calm\u00e9e par la pr\u00e9sence externe de l\u2019objet. Ils expliquent leur besoin pressant qu\u2019elle s\u2019occupe d\u2019eux tout le temps. Leurs envies de relation avec l\u2019autre demeurent insatiables comme en s\u00e9ance o\u00f9 ils demandent une attention permanente. L\u2019objet interne maternel du fait du v\u00e9cu traumatique d\u2019abandon demeure non fiable et le besoin de v\u00e9rifier en permanence un lien insuffisamment symbolis\u00e9 est omnipr\u00e9sent. Devant la succession des pertes auxquelles ces enfants sont confront\u00e9s de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9titive la symbolisation de la perte achoppe et laisse la place \u00e0 l\u2019angoisse et \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition traumatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Je re\u00e7ois un enfant de 4 ans et demi dont les parents sont s\u00e9par\u00e9s mais cohabitent depuis plusieurs mois. Ils commencent une garde altern\u00e9e pendant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 qui se poursuit \u00e0 la rentr\u00e9e sur un rythme de 3\/4 jours sans que les enfants ne changent de maison. Lorsque je le retrouve \u00e0 la rentr\u00e9e, ses jeux ont pris une tout autre tournure&nbsp;: la sc\u00e8ne comprend des dinosaures (il est un carnivore et moi je suis un herbivore) et traite de la rivalit\u00e9 fraternelle comme il le faisait depuis le d\u00e9but de nos s\u00e9ances. Mais tr\u00e8s vite apparaissent pour la premi\u00e8re fois des imagos parentales dont il souligne la venue&nbsp;: la femme se fait enfermer toute la s\u00e9ance dans une prison par les dinosaures auquel il est identifi\u00e9 traduisant son d\u00e9sir d\u2019emprise sur l\u2019objet maternel. L\u2019homme intervient \u00e0 la fin et n\u2019arrive pas \u00e0 la lib\u00e9rer, ils se font tuer tous les deux par les dinosaures, \u00ab&nbsp;l\u2019homme est bien mort, on voit son sang&nbsp;\u00bb termine l\u2019enfant soulag\u00e9&nbsp;! Puis, le m\u00eame jeu se r\u00e9p\u00e8te toutes les s\u00e9ances suivantes, d\u2019abord les dinosaures, la maman et ses deux enfants qui sont menac\u00e9s d\u2019extermination par une m\u00e9t\u00e9orite qui d\u00e9truit tout, puis dans les s\u00e9ances suivantes ce sera les dinosaures et des humains qui sont menac\u00e9s par diverses fins du monde cataclysmiques. Cependant, il rajoute des d\u00e9parts de dinosaures qui partent se prot\u00e9ger dans la mer ou la rivi\u00e8re mais quand ils reviennent \u00ab&nbsp;ils ne se reconnaissent plus&nbsp;\u00bb dit- il, ils ne retrouvent plus les autres, ni l\u2019endroit o\u00f9 ils sont situ\u00e9s. Cette sc\u00e8ne \u00e9voque un abandon parental et nous conduit \u00e0 nous demander si pour un enfant de 4 ans il existe une diff\u00e9rence entre s\u00e9paration et abandon.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La relation d\u2019objet&nbsp;: du d\u00e9sir emp\u00each\u00e9 \u00e0 la haine et au d\u00e9sinvestissement des objets parentaux<\/h3>\n\n\n\n<p>Les s\u00e9parations it\u00e9ratives, non seulement d\u00e9bordent les capacit\u00e9s de l\u2019enfant \u00e0 \u00e9laborer la perte mais elles d\u00e9terminent aussi chez lui un travail intrapsychique qui va avoir pour effet de modifier en profondeur les investissements et les repr\u00e9sentations des objets parentaux. Ainsi, pour certains, la relation d\u2019objet \u00e9volue du c\u00f4t\u00e9 du d\u00e9sir emp\u00each\u00e9, et pour d\u2019autres vers la haine des objets parentaux mais aussi leur d\u00e9sinvestissement. Tout d\u2019abord il semble opportun de pr\u00e9ciser ce qui nous semble \u00eatre le r\u00f4le indispensable de l\u2019objet dans la transition entre narcissisme et relation objectale. Cet objet doit \u00eatre pr\u00e9sent et apporter des r\u00e9ponses de qualit\u00e9 au regard des besoins affectifs de l\u2019enfant sans quoi il entra\u00eenera des traumatismes qui viennent \u00ab&nbsp;endommager&nbsp;\u00bb son Moi et qui paralysent ses capacit\u00e9s de pens\u00e9e et d\u2019\u00e9laboration. Si l\u2019on con\u00e7oit que le Moi de l\u2019enfant puisse \u00eatre form\u00e9 d\u2019une juxtaposition d\u2019\u00e9tats \u00e0 la fois narcissique et objectal en proportions variable, l\u2019objet externe doit alors longtemps recouvrir les caract\u00e8res de fiabilit\u00e9 et de continuit\u00e9 afin que le Moi de l\u2019enfant puisse d\u00e9passer ses \u00e9tats narcissiques pour s\u2019organiser vers un psychisme domin\u00e9 par des tendances objectales.<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique nous montre que la plupart des enfants observ\u00e9s et notamment ceux pour qui la r\u00e9sidence altern\u00e9e a commenc\u00e9 avant 6 ans ont un fonctionnement psychique domin\u00e9 par les tendances narcissiques et \u00e9prouvent de grandes difficult\u00e9 \u00e0 investir positivement tant leurs objets que le psychanalyste avec un transfert qui pr\u00e9domine du c\u00f4t\u00e9 narcissique donc sans v\u00e9ritable investissement. La faiblesse de l\u2019investissement d\u2019objet va d\u2019ailleurs de pair avec la force de leurs angoisses de perte. Dans la r\u00e9sidence altern\u00e9e et du fait des s\u00e9parations, l\u2019objet ne semble pas permettre une suffisante exp\u00e9rience de satisfaction ou bien, secondairement, sous l\u2019effet des traumatismes li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition des pertes, les traces de cette exp\u00e9rience de satisfaction ne peuvent plus jouer leur r\u00f4le d\u2019ancrage.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9sir emp\u00each\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Plusieurs enfants pr\u00e9adolescents et adolescents me feront part d\u2019un de leur d\u00e9sir profond \u00ab&nbsp;d\u2019\u00eatre grand pour pouvoir aller voir qui ils veulent quand ils veulent&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Ils r\u00eavent d\u2019une libert\u00e9 de choix qui fait justement d\u00e9faut pour eux, pris dans leur propre d\u00e9sir objectal emp\u00each\u00e9. La plupart des mouvements anxieux rencontr\u00e9s chez ces enfants portent sur les d\u00e9placements. Pour un adolescent de 16 ans il s\u2019agit de ne plus venir me voir en v\u00e9lo mais seulement accompagn\u00e9 par un parent, pour une autre il est impossible de prendre les transports en commun seule. L\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ressentie ici traduit l\u2019ambivalence v\u00e9cue autour du d\u00e9sir de choisir sa destin\u00e9e et sa destination, autour du d\u00e9sir impossible de choix d\u2019objet. Ceux-l\u00e0 montrent des difficult\u00e9s \u00e0 traiter leur propre ambivalence vis-\u00e0-vis des objets parentaux et utilisent le comptage des jours pour se rassurer sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 de leur amour. Cette culpabilit\u00e9 rend compte du fait que la plupart de ces enfants revendiquent la r\u00e9sidence altern\u00e9e alors m\u00eame qu\u2019ils en souffrent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9sir et le besoin de l\u2019enfant de \u00ab&nbsp;trouver&nbsp;\u00bb son parent ne peut jamais se satisfaire et le manque demeure non reconnu par les parents et par l\u2019enfant en cons\u00e9quence. Dans la mesure o\u00f9 ce syst\u00e8me ne s\u2019inscrit jamais dans la logique d\u00e9sirante du sujet il demeure profond\u00e9ment arbitraire et a un effet emmurant pour l\u2019enfant tuant son d\u00e9sir et sa subjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9sinvestissement et haine<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour les enfants plus petits, la relation d\u2019objet aux parents se trouve entrav\u00e9e parfois jusqu\u2019\u00e0 un d\u00e9sinvestissement affectif. C\u2019est ce qu\u2019illustrent les discours suivants d\u2019enfants de 5 et 6 ans en r\u00e9sidence altern\u00e9e depuis plusieurs mois&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est pas grave si maman ne m\u2019aime pas, parce que tout le monde aime les enfants.&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Maman, je ne l\u2019aime pas&nbsp;\u00bb alors que sa relation avec sa m\u00e8re est par ailleurs de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9. Ou encore, \u00ab&nbsp;qu\u2019il peuvent \u00eatre aim\u00e9 par plein d\u2019autres personnes&nbsp;\u00bb. Pour certains, il s\u2019agit de d\u00e9tourner l\u2019investissement objectal sur l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019objet est \u00e9ject\u00e9 au dehors, d\u00e9sinvesti de la libido. Mais ces processus protecteurs pour lui l\u2019obligent dans un m\u00eame temps \u00e0 renoncer \u00e0 une relation d\u2019objet s\u00e9curisante et organisatrice pour sa psych\u00e9. Parfois c\u2019est la haine de l\u2019objet maternel portant une part pers\u00e9cutrice, non fiable et porteuse d\u2019un potentiel d\u2019abandon qui pr\u00e9domine. La repr\u00e9sentation d\u2019objet aboutit dans certains cas \u00e0 celle d\u2019un objet non psychisant en r\u00e9f\u00e9rence au texte d\u2019Anne Denis sur la G\u00e9om\u00e9trie de l\u2019antipsychique. Il est alors per\u00e7u comme pathog\u00e8ne et indispensable. Les clivages deviennent d\u00e8s lors in\u00e9vitables. Un enfant de 4 ans me demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand est-ce que maman va mourir&nbsp;? Quand est-ce que papa va mourir&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u00c0 mon grand \u00e9tonnement il poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parce que moi, il me tarde comme \u00e7a, j\u2019aurais qu\u2019une maison.&nbsp;\u00bb Cet enfant exprime le besoin de sortir des clivages parentaux qui l\u2019emp\u00eache d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un objet d\u2019attachement principal permanent et disponible \u00e0 d\u00e9sir pour pouvoir s\u2019unifier lui-m\u00eame, construire \u00ab&nbsp;une maison&nbsp;\u00bb Moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains enfants en r\u00e9sidence altern\u00e9e pr\u00e9sentent un autre type de clivage qui les am\u00e8nent \u00e0 se couper de leur subjectivit\u00e9, prenant l\u2019apparence \u00ab&nbsp;d\u2019enfants parfaits&nbsp;\u00bb, en tout cas parfaitement adapt\u00e9s aux projets de leurs parents. Mais comme l\u2019illustre ce petit gar\u00e7on, si j\u2019ai un c\u0153ur pour maman et un c\u0153ur pour papa alors je n\u2019ai pas de c\u0153ur pour moi&nbsp;? Se trouve ainsi formul\u00e9 le paradoxe central de l\u2019identit\u00e9 ainsi produit&nbsp;: pour continuer \u00e0 se sentir \u00eatre, le sujet a d\u00fb se retirer en partie de lui-m\u00eame. Les plus grands expriment cette non fiabilit\u00e9 objectale par \u00ab&nbsp;ils se foutent de moi, ils ne me consid\u00e8rent pas&nbsp;\u00bb. Pourtant, les qualit\u00e9s externes r\u00e9elles de l\u2019objet ne concordent pas avec la repr\u00e9sentation interne qu\u2019a construite l\u2019enfant, nous faisant faire l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019elle est plus induite par les cons\u00e9quences psychiques de la discontinuit\u00e9 de l\u2019objet que par de r\u00e9els d\u00e9fauts de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019utilisais parfois de petits tests en d\u00e9but de suivi qui consistaient \u00e0 compl\u00e9ter, en jouant \u00e0 l\u2019aide d\u2019une famille de playmobiles, une histoire dans laquelle les parents partaient laissant les enfants \u00e0 la grand-m\u00e8re puis revenaient le lendemain. Les enfants en r\u00e9sidence altern\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es me firent des r\u00e9ponses surprenantes qui traduisaient l\u2019alt\u00e9ration de la relation d\u2019objet. Un d\u2019eux me raconta qu\u2019\u00e0 leur retour les parents avaient \u00e9cras\u00e9 l\u2019enfant en voiture car ils ne l\u2019avaient pas vu, un autre leur demandait de repartir imm\u00e9diatement car c\u2019\u00e9tait trop t\u00f4t et ne montrait aucun affect \u00e0 leur \u00e9gard et un troisi\u00e8me m\u2019expliqua qu\u2019au retour des parents tout le monde pleurait car le grand p\u00e8re \u00e9tait mort, les retrouvailles \u00e9taient impossibles et avaient un go\u00fbt de deuil.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Aspects cliniques chez les tout- petits<\/h3>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne l\u2019observation des tout-petits entre 1 et 3 ans, ils vivaient quant \u00e0 eux en r\u00e9sidence altern\u00e9e apr\u00e8s imposition de la justice. Les signes manifestes d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sont au premier plan de ces consultations. Contrairement \u00e0 tous les autres enfants de cet \u00e2ge, ils n\u2019explorent pas la pi\u00e8ce. Ils restent dans une proximit\u00e9 corporelle avec leur parent, comme hagards et souvent accroch\u00e9s \u00e0 un de leur jouet ou \u00e0 leur doudou. Quand ils commencent \u00e0 s\u2019\u00e9loigner ce n\u2019est jamais avec un plaisir de d\u00e9couverte pourtant habituel \u00e0 cet \u00e2ge. Les s\u00e9ances sont marqu\u00e9es par une absence de jeux spontan\u00e9s ou une pauvret\u00e9 extr\u00eame malgr\u00e9 nos sollicitations. Lorsqu\u2019ils tombent, se cognent, sont malades ou sont surpris par un bruit, certains se pr\u00e9cipitent vers leur m\u00e8re, dans l\u2019attente semble-t-il d\u2019un r\u00e9confort mais s\u2019en retirent aussit\u00f4t le contact \u00e9tabli cessant imm\u00e9diatement leur plainte. Tout se passe comme si brutalement leur demande de r\u00e9confort \u00e9tait cliv\u00e9e. D\u2019autres se sid\u00e8rent et ne cherchent m\u00eame pas le r\u00e9confort. Ils ont abandonn\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019un autre qui pourrait les secourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi ce petit gar\u00e7on de 2 ans qui a d\u00e9velopp\u00e9 un <em>self holding<\/em>&nbsp;: il arrive f\u00e9brile en consultation et au lieu de demander les bras de sa m\u00e8re il se blottit sous une chaise, \u00e0 m\u00eame le sol, tout seul. On note aussi la pr\u00e9sence de ritualisations importantes lors des s\u00e9ances en pr\u00e9sence du parent&nbsp;: rangements excessifs, demande r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et inlassable que soit lu le m\u00eame livre, rangement de feutres, alignement\/d\u00e9placements d\u2019objets. On peut aussi observer des jeux r\u00e9p\u00e9titifs \u00e9vocateurs de traumatismes dont le th\u00e8me tourne autour de la question de la perte et de l\u2019attachement. Les objets de la pi\u00e8ce quand ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s le sont pour \u00eatre r\u00e9p\u00e9titivement attach\u00e9s\/d\u00e9tach\u00e9s, engren\u00e9s\/d\u00e9sengren\u00e9s ou pour des jeux de cache-cache infinis avec des jouets plus ou moins jet\u00e9s ou qui tombent. Les jeux plus symboliques ou d\u2019imitation sont totalement absents. Enfin d\u00e8s que l\u2019enfant commence \u00e0 pouvoir figurer son traumatisme, il met en sc\u00e8ne des d\u00e9placements infinis de lits, de maison ou encore dessine des \u00ab&nbsp;routes&nbsp;\u00bb interminables. Ces d\u00e9fenses peuvent aller jusqu\u2019\u00e0 un \u00e9vitement relationnel et des jeux st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s qui envahissent tout le champ des consultations. A la maison ils sont d\u00e9crits soit comme cherchant le contact en permanence, voulant \u00eatre tout le temps port\u00e9s, irritables, pleurant beaucoup, incapables de jouer seul ou alors d\u00e9tach\u00e9s, coup\u00e9s et s\u2019enfermant souvent dans des manipulations st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cas clinique Nicolas<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour finir, j\u2019ai choisi d\u2019illustrer ce propos par le cas clinique de Nicolas, petit gar\u00e7on que j\u2019ai rencontr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 6 ans et qui vit en r\u00e9sidence altern\u00e9e depuis l\u2019\u00e2ge de 3 ans. Quand je le rencontre il n\u2019a pas construit la permanence de l\u2019objet, il m\u2019appelle la dame pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es, ne me reconna\u00eet pas d\u2019une s\u00e9ance sur l\u2019autre mais demande mon attention permanente, sans parole, sans histoire&nbsp;; \u00ab&nbsp;joue m\u2019ass\u00e8ne-t-il, il veut une relation d\u2019emprise un objet disponible, mall\u00e9able et \u00e0 sa merci, objet qu\u2019il peut ma\u00eetriser \u00e0 volont\u00e9 pour ne pas le perdre&nbsp;; point de pens\u00e9e, point de jeux. Il accumule juste les objets qu\u2019il d\u00e9place et collectionne. Chaque fin de s\u00e9ance est un arrachement qui contraste avec le peu d\u2019attachement qu\u2019il montre \u00e0 mon \u00e9gard, il se cache sous le canap\u00e9 et s\u2019y blottit tandis que son p\u00e8re l\u2019attend interminablement.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors des s\u00e9ances, Nicolas lutte en permanence contre la peur de manquer, il compte les feuilles dont il s\u2019empare, n\u2019en a jamais suffisamment mais n\u2019en fait rien et fait de m\u00eame avec tous les objets du bureau. Au bout de plusieurs mois, il construit une sc\u00e8ne primaire de d\u00e9voration et d\u2019emprise au travers d\u2019une sorte de pseudo jeu de dame sans r\u00e8gle o\u00f9 l\u2019on se mange et se remplace. Il a peur de manquer de temps avec moi mais aussi refuse de lire ou de dessiner par peur de \u00ab&nbsp;manquer\/rater&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s 2 ans de th\u00e9rapie, il commence \u00e0 jouer une histoire, celle de sa naissance qu\u2019il tente de se repr\u00e9senter en la revivant r\u00e9p\u00e9titivement en s\u00e9ance, accouchement d\u2019un b\u00e9b\u00e9 qui sort de sous un fauteuil et dont je joue la m\u00e8re qui le voit na\u00eetre et l\u2019accueille. Plusieurs mois plus tard, il m\u2019explique pour la premi\u00e8re fois son emploi du temps, les allers-retours qu\u2019il fait entre p\u00e8re et m\u00e8re qui ont modifi\u00e9 la garde en raccourcissant les dur\u00e9es des visites, \u00ab&nbsp;tous les lundis et mardis chez papa, mercredi, jeudi chez maman et les week-end \u00e7a alterne&nbsp;\u00bb me dit-il. Nicolas commence \u00e0 se rep\u00e9rer dans le temps. Il confectionne des calendriers qu\u2019il accroche au mur pendant les s\u00e9ances. Les fonctions parentales se diff\u00e9rencient&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est papa qui m\u2019am\u00e8ne chez l\u2019orthophoniste et chez toi&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il introduit alors des jeux dans lesquels sa place n\u2019est pas permanente. Ainsi, appara\u00eet une sc\u00e8ne d\u2019\u00e9cole dans laquelle le directeur\/ma\u00eetre dont il a le r\u00f4le r\u00e9inscrit Nicolas tous les ans mais apr\u00e8s une longue h\u00e9sitation totalement arbitraire. Le d\u00e9sir d\u2019enfant dans l\u2019adulte n\u2019est pas fiable. D\u2019autres jeux sur le m\u00eame th\u00e8me vont se succ\u00e9der. Dans le transfert il demeure tyrannique, insatisfait, fuyant et souvent pers\u00e9cut\u00e9, intrus\u00e9 surtout si je me mets \u00e0 parler ou s\u2019il mesure un \u00e9cart entre ses injonctions et ma r\u00e9alisation. Nicolas continue inlassablement \u00e0 se cacher sous le canap\u00e9 apr\u00e8s avoir d\u00e9sorganis\u00e9 tout le bureau avant de partir. Il r\u00e9p\u00e8te en s\u00e9ance son traumatisme, un \u00e9tat de d\u00e9tresse, d\u2019agonie psychique, d\u2019angoisse sans nom, tentant d\u2019en ma\u00eetriser l\u2019issue. Le sc\u00e9nario reste le m\u00eame, immuable et vou\u00e9 \u00e0 \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019infini tel un r\u00e9el qui ne peut \u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 dans les tissus symbolisant de la psych\u00e9. A la s\u00e9ance qui pr\u00e9c\u00e8de les grandes vacances il croit qu\u2019on ne se reverra pas \u00e0 la rentr\u00e9e, que je vais arr\u00eater subitement la th\u00e9rapie, dispara\u00eetre. Apr\u00e8s 3 ans de th\u00e9rapie, Nicolas qui a 9 ans demande pour la 1<sup>\u00e8re<\/sup> fois \u00e0 son p\u00e8re quand sa m\u00e8re va le r\u00e9cup\u00e9rer. Ceci traduit sa capacit\u00e9 nouvelle \u00e0 se repr\u00e9senter un objet permanent temporairement absent et \u00e0 exprimer le d\u00e9sir de le revoir. Nicolas semble sortir des clivages. A la s\u00e9ance suivante il me demande d\u2019\u00eatre dans des secrets avec lui, de ne plus rien dire \u00e0 son p\u00e8re et toute la s\u00e9ance il fait un dessin avec des aplats de couleur, ne repr\u00e9sentant <em>a priori<\/em> rien mais dont il dit qu\u2019il fait les m\u00eames chez sa maman. Pourtant il se d\u00e9fend de l\u2019id\u00e9e que sa maman lui manque. Il affiche son dessin au mur et fait venir son p\u00e8re pour qu\u2019il le voit \u00e0 la fin de la s\u00e9ance. Il montre fi\u00e8rement sa belle cr\u00e9ation puis va se cacher sous le canap\u00e9 et refuse de partir mais pour la premi\u00e8re fois il dit \u00e0 son p\u00e8re qu\u2019il veut rester avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Il revient \u00e0 sa s\u00e9ance hebdomadaire et tra\u00eene comme d\u2019habitude pour rentrer et quitter son p\u00e8re. Je lui dis, c\u2019est difficile pour toi de se s\u00e9parer quand tu viens et quand tu pars d\u2019ici. Il nie et dit \u00ab&nbsp;je m\u2019en fiche compl\u00e9tement que maman parte 2 semaines en vacances&nbsp;! 2 semaines \u00e7a fait 2 semaines et 3 week-end&nbsp;\u00bb compte-il r\u00e9p\u00e9titivement&nbsp;! Je m\u2019\u00e9tonne et lui dit que cela ne doit pas \u00eatre facile quand m\u00eame. Il me montre alors des bobos sur sa jambe et son pied. Il demande que je les lui soigne. Je lui r\u00e9ponds dans la r\u00e9alit\u00e9 que je n\u2019ai pas de pansement&nbsp;! Il rajoute, personne n\u2019a de pansement, ni toi, ni papa, ni maman. Nous confectionnons \u00e0 sa demande de faux\/vrais pansements avec des mouchoirs et du scotch. Nous les d\u00e9posons sur ses blessures et il me dit qu\u2019il fera semblant apr\u00e8s. Un espace transitionnel peut enfin s\u2019installer entre nous. Son p\u00e8re entre en fin de s\u00e9ance, il ne d\u00e9truit rien, il ne se cache pas. Il montre les pansements \u00e0 son p\u00e8re et part tranquillement. La s\u00e9ance suivante il construit avec des <em>Legos<\/em> un mur \u00e9pais qui prot\u00e8ge des attaques. La perspective du d\u00e9part de sa m\u00e8re le menace. Il part dans une lutte effr\u00e9n\u00e9e contre l\u2019effondrement. Il frappe de toutes ses forces un coussin figurant son p\u00e8re auquel il se mesure. Sur les s\u00e9ances suivantes, il continue d\u2019\u00e9prouver sa force physique dans des combats imaginaires, en vain. D\u00e9bord\u00e9, d\u00e9sorganis\u00e9, il repart \u00e0 nouveau se blottir sous le canap\u00e9 pour se calmer et se rassembler dans un mouvement de <em>self holding<\/em>.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9624?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Les observations dont nous allons vous faire part aujourd\u2019hui portent sur une vingtaine d\u2019enfants et sont issues de 12 ann\u00e9es de consultations et de th\u00e9rapies d\u2019enfants vivant en r\u00e9sidences altern\u00e9es consensuelles, c\u2019est-\u00e0-dire avec l\u2019accord des 2 parents, et sur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1231],"thematique":[1260,351],"auteur":[1846],"dossier":[284],"mode":[61],"revue":[285],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9624","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-enfance","thematique-divorce","thematique-societe","auteur-eugenie-izard","dossier-la-residence-alternee","mode-gratuit","revue-285","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9624"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16434,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9624\/revisions\/16434"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9624"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9624"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9624"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9624"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9624"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9624"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9624"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}