{"id":9616,"date":"2021-08-22T07:30:20","date_gmt":"2021-08-22T05:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-psychotherapie-psychanalytique-dadolescent-existe-t-elle-2\/"},"modified":"2021-10-08T01:11:55","modified_gmt":"2021-10-07T23:11:55","slug":"la-psychotherapie-psychanalytique-dadolescent-existe-t-elle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-psychotherapie-psychanalytique-dadolescent-existe-t-elle\/","title":{"rendered":"La psychoth\u00e9rapie psychanalytique d&rsquo;adolescent existe-t-elle ?"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Douterait-on que les adolescents consultent, seuls ou, la plupart du temps, avec leurs parents, que leurs demandes sont fortes, que la fa\u00e7on de les recevoir doit \u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 la situation&nbsp;? Faut-il encore aujourd\u2019hui insister sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de cette clinique et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de lui donner un cadre th\u00e9rapeutique permettant d\u2019accueillir une symptomatologie souvent bruyante&nbsp;? Il semble bien que ce soit le cas pour qu\u2019une institution dont c\u2019est historiquement la vocation, l\u2019Association du Centre Etienne Marcel, se penche encore sur cette question de la psychoth\u00e9rapie de l\u2019adolescent et que sa consultation organise un colloque sur ce th\u00e8me. L\u2019adolescence n\u2019est pas seulement un passage, une transition qui permet \u00e0 l\u2019enfant de devenir adulte. Elle n\u2019est pas seulement un entre-deux dont le statut hybride \u00e9chappe aux classements habituels. On ne peut se contenter d\u2019indiquer qu\u2019elle n\u2019est ni l\u2019enfance, ni l\u2019\u00e2ge adulte. Cette d\u00e9finition par la n\u00e9gative oblige \u00e0 plus de pr\u00e9cision. L\u2019adolescence est aujourd\u2019hui reconnue comme un processus psychique dont l\u2019originalit\u00e9 tient d\u2019une part au biphasisme de la sexualit\u00e9 humaine et, d\u2019autre part, au fait qu\u2019elle est un travail psychique qui a pour fonction d\u2019accompagner les transformations biologiques qui s\u2019y produisent. S. Freud nous a mis sur la voie de cette compr\u00e9hension et les recherches les plus r\u00e9centes en neuro-imagerie semblent confirmer cette approche, en mettant en \u00e9vidence une transformation importante de l\u2019organisation c\u00e9r\u00e9brale au moment de l\u2019adolescence. Cette tr\u00e8s grande plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale li\u00e9e aux interactions qui se nouent avec l\u2019environnement constitue ce que l\u2019on pourrait appeler une seconde \u00e9pigen\u00e8se, alors que l\u2019on croyait jusqu\u2019il y a peu que ces transformations \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es au nourrisson. L\u2019adolescence est bien une p\u00e9riode de la vie o\u00f9 se jouent des bouleversements sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire du sujet&nbsp;; elle est aussi mouvement d\u2019auto-r\u00e9flexivit\u00e9, une fa\u00e7on pour le sujet adolescent de se penser en int\u00e9grant ces changements internes qui constituent une originalit\u00e9 profonde de cet entre-deux, de ce moment de passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais mettre l\u2019accent sur certaines caract\u00e9ristiques essentielles de l\u2019adolescence, pour ouvrir quelques pistes de r\u00e9flexion sur la sp\u00e9cificit\u00e9 des psychoth\u00e9rapies psychanalytiques de l\u2019adolescent. Mais avant cela, un rappel historique des notions freudiennes nous aidera \u00e0 planter le d\u00e9cor et mesurer le chemin parcouru depuis l\u2019\u0153uvre du fondateur de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu d\u2019histoire<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em>, S. Freud pose avec la primaut\u00e9 de la sexualit\u00e9 infantile ce qui va devenir le fondement de la psychanalyse, son roc. Jamais sur ce point, au cours de sa vie et de son \u0153uvre, \u00e0 la diff\u00e9rence de bien d\u2019autres questions, il ne variera. La sexualit\u00e9 humaine ne commence pas avec la capacit\u00e9 sexuelle de la pubert\u00e9, elle est pr\u00e9sente d\u00e8s l\u2019origine de la vie de l\u2019enfant et c\u2019est \u00e0 cette source que puise la sexualit\u00e9 adulte. Lorsque, dans le m\u00eame ouvrage, S. Freud met en \u00e9vidence le biphasage de la sexualit\u00e9 humaine \u2013 avec l\u2019\u0153dipe infantile d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et l\u2019adolescence de l\u2019autre -, il ne dit pas le contraire. Mais ce coup de projecteur sur le sexuel infantile, pour affirmer l\u2019originalit\u00e9 de sa d\u00e9couverte, plonge dans l\u2019ombre l\u2019adolescence, l\u2019autre p\u00f4le de la sexualit\u00e9. Dans la pratique m\u00eame de S. Freud, l\u2019adolescence est pourtant un objet identifiable. Au cours de ses ann\u00e9es de pratique hospitali\u00e8re, S. Freud a rencontr\u00e9 beaucoup d\u2019adolescents et d\u2019adolescentes. Les <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em> en t\u00e9moignent. Il ouvre une perspective nouvelle avec la place qu\u2019il assigne \u00e0 l\u2019adolescence, mais il la reprendra peu personnellement, laissant plut\u00f4t \u00e0 sa fille Anna (et August Aichhorn), et \u00e0 d\u2019autres femmes avant elle (Hermine von Hug Helmuth, H\u00e9l\u00e8ne Deutsch), le soin de travailler plus particuli\u00e8rement la question de la psychanalyse de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent. M\u00e9lanie Klein, on le sait, rivalisera avec Anna Freud sur bien des points concernant la technique de la psychanalyse avec l\u2019enfant. Leurs discussions au sein de la soci\u00e9t\u00e9 britannique de psychanalyse ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9es dans ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu d\u2019appeler <em>les Grandes Controverses<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019histoire de la psychanalyse, l\u2019adolescence a apport\u00e9 un grand nombre de nouveaut\u00e9s aux plans th\u00e9orique et technique dont il est difficile de mesurer encore aujourd\u2019hui l\u2019impact. L\u2019adolescence provoque, oblige \u00e0 repenser la pratique, celle du maniement du cadre en particulier, sa souplesse, pour int\u00e9grer les mouvements d\u2019investissement et de d\u00e9sinvestissement de l\u2019adolescent, et int\u00e9grer r\u00e9ellement ou imaginairement la dimension parentale. La clinique avec l\u2019adolescence a conduit les psychanalystes \u00e0 s\u2019int\u00e9resser de fa\u00e7on essentielle \u00e0 l\u2019importance de l\u2019analyse du contre-transfert. Les adolescents mettent \u00e0 rude \u00e9preuve le travail psychique de l\u2019analyste lorsqu\u2019il se risque \u00e0 travailler avec eux. Et s\u2019il y a une clinique qui sollicite fortement le contre-transfert, c\u2019est bien celle de l\u2019adolescent. Historiquement aussi, les th\u00e9rapies familiales se sont mises en place \u00e0 partir de probl\u00e9matiques adolescentes, que ce soit celle de l\u2019anorexie mentale ou celle de la schizophr\u00e9nie d\u00e9butante. Ce n\u2019est pas une mince affaire que de replacer l\u2019histoire d\u2019une \u00e9volution et d\u2019une pathologie dans un contexte, familial en particulier. Enfin, c\u2019est par l\u2019adolescence que nous en sommes venus aujourd\u2019hui \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir de fa\u00e7on assez fondamentale sur les processus de structuration de la vie psychique, les modalit\u00e9s d\u00e9fensives qui se mettent en place pour faire face aux transformations qu\u2019am\u00e8ne avec elle la pubert\u00e9 somatique et les fantasmes qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re. Comme objet psychanalytique, l\u2019adolescence nous aide \u00e0 mieux comprendre les pathologies adultes dites limites et \u00e0 proposer des modes de traitements adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les travaux de R. Cahn relatifs \u00e0 la question de la subjectivation, notion qui envisage davantage le processus de diff\u00e9renciation que celui de s\u00e9paration-individuation (d\u2019abord pens\u00e9 par M. Mahler pour caract\u00e9riser la fa\u00e7on dont l\u2019enfant se construit en se liant et en se s\u00e9parant de l\u2019objet primaire, puis par P. Blos qui \u00e9voque le second processus d\u2019individuation en envisageant la notion pour caract\u00e9riser l\u2019op\u00e9ration qui se reprend \u00e0 l\u2019adolescence), nous mesurons aujourd\u2019hui la sp\u00e9cificit\u00e9 du travail de pens\u00e9e et d\u2019appropriation subjective qui se d\u00e9ploie pour permettre \u00e0 tout adolescent de penser son histoire et de se penser comme sujet dans son histoire. Ce travail commence d\u00e8s l\u2019origine de la vie, on pourrait dire qu\u2019il est \u00e0 l\u2019origine de la vie psychique, et se poursuit jusqu\u2019\u00e0 la mort, connaissant un tournant d\u00e9cisif au moment de l\u2019adolescence.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie freudienne de la sexualit\u00e9 constitue donc une ouverture pour penser l\u2019adolescence&nbsp;: avec la pubert\u00e9 et les fantasmes pubertaires, le sexuel infantile se reprend, se relit, se r\u00e9\u00e9crit et s\u2019interpr\u00e8te \u00e0 la lumi\u00e8re des transformations qui sont survenues. L\u2019infantile prend, dans l\u2019apr\u00e8s coup, un nouveau tour pour se transformer en ce qui va devenir la sexualit\u00e9 adulte, <em>via<\/em> la g\u00e9nitalit\u00e9 pubertaire.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sur ces bases que s\u2019est construite depuis plus de quatre-vingts ans la psychanalyse de l\u2019adolescent, mettant en \u00e9vidence la sp\u00e9cificit\u00e9 de sa clinique, celle de sa psychopathologie et enfin celle de son traitement. Depuis quelques ann\u00e9es m\u00eame, se constitue ce que nous pourrions appeler un r\u00e9seau de recherche visant \u00e0 \u00e9tablir une v\u00e9ritable m\u00e9tapsychologie de l\u2019adolescence, essentiellement \u00e0 partir des travaux d\u2019A. Freud, P. Blos, S. Bernfeld, A. Aichhorn, E. Kestemberg, M. Laufer, P. Jeammet, R. Cahn, P. Gutton, pour ne citer que ceux-l\u00e0. Cette r\u00e9flexion fondamentale met en \u00e9vidence combien la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la th\u00e9orie psychanalytique nous aide \u00e0 comprendre l\u2019adolescence, mais aussi combien les avanc\u00e9es th\u00e9oriques et cliniques issues de nos pratiques avec les adolescents influencent en retour la th\u00e9orie psychanalytique et la pratique avec les enfants et les adultes. Mais en quoi la psychoth\u00e9rapie de l\u2019adolescent peut-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme sp\u00e9cifique&nbsp;? A quoi cela tient-il&nbsp;?<br>Je voudrai ouvrir quelques pistes de r\u00e9flexion sur la question \u00e0 partir de deux id\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Deux id\u00e9es autour de l\u2019adolescent et de son psychanalyste<\/h2>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re id\u00e9e concerne l\u2019adolescent qui vient nous consulter&nbsp;; c\u2019est -gar\u00e7on ou fille- un polytraumatis\u00e9, bless\u00e9 au plan narcissique qui ne parvient pas \u00e0 faire face \u00e0 ce qui lui arrive. Consid\u00e9rer que les adolescents qui nous consultent sont de grands polytraumatis\u00e9s &#8211; m\u00eame si l\u2019exp\u00e9rience clinique nous apprend que ces pathologies sont souvent transitoires et qu\u2019elles pr\u00e9sentent une grande plasticit\u00e9, voire une certaine r\u00e9versibilit\u00e9- a des cons\u00e9quences au plan th\u00e9rapeutique, ce qui nous conduit vers la deuxi\u00e8me id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me id\u00e9e concerne le th\u00e9rapeute d\u2019adolescent. Dans ces conditions, il se doit non pas d\u2019analyser le mat\u00e9riel inconscient refoul\u00e9 de l\u2019adolescent, en tout cas pas dans un premier temps, mais bien de renforcer ses d\u00e9fenses pour l\u2019aider \u00e0 lutter contre ce qui l\u2019attaque et le menace, contre ce qui le fragilise au plan narcissique. Que le th\u00e9rapeute aide l\u2019adolescent \u00e0 renforcer ses d\u00e9fenses et non \u00e0 analyser le mat\u00e9riel inconscient constitue une perspective importante -m\u00eame si elle peut appara\u00eetre d\u00e9concertante- dans la mise en place du cadre th\u00e9rapeutique avec l\u2019adolescent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Figure du traumatisme<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019adolescent qui vient nous consulter est un polytraumatis\u00e9, c\u2019est ma premi\u00e8re proposition. Un \u00eatre bless\u00e9 narcissiquement&nbsp;: s\u2019il vient nous voir, c\u2019est qu\u2019il n\u2019arrive pas \u00e0 faire face \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement qui a des r\u00e9sonances traumatiques pour lui. Que se produit-il chez cet adolescent pour qu\u2019il soit autant affect\u00e9&nbsp;? Pourquoi n\u2019arrive-t-il pas \u00e0 faire face&nbsp;? Il convient de pr\u00e9ciser que si les adolescents que nous voyons ne vont pas bien -certains vont m\u00eame tr\u00e8s mal-, ils ne repr\u00e9sentent qu\u2019environ 5% de la population adolescente g\u00e9n\u00e9rale. Ce qui veut dire que dans 95% des cas, les adolescents s\u2019en sortent tout seuls ou \u00e0 peu pr\u00e8s. L\u2019adolescence n\u2019est pas une maladie, c\u2019est une crise de la vie, une crise violente de la vie. Par contre, cette crise est suffisamment s\u00e9rieuse dans toute existence pour que certains d\u2019entres eux en soient fragilis\u00e9s au plan narcissique et ne parviennent pas -de par cette violence m\u00eame- \u00e0 trouver les ressources n\u00e9cessaires pour \u00e9laborer psychiquement l\u2019\u00e9v\u00e9nement pubertaire. Faute de pouvoir l\u2019int\u00e9grer, la violence pubertaire les pers\u00e9cute, provoquant des effondrements passagers ou plus durables qui vont les emmener parfois \u00e0 d\u00e9compenser sur des modes pathologiques s\u00e9v\u00e8res pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 la cassure, comme l\u2019ont bien d\u00e9crit M. et E. Laufer. Si nous sommes persuad\u00e9s de l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique qu\u2019est pour eux l\u2019entr\u00e9e en pubertaire (une effraction traumatique qui est produite, \u00e0 l\u2019occasion de la pubert\u00e9, par le pubertaire pour reprendre l\u2019expression de P. Gutton), cela a des cons\u00e9quences au plan th\u00e9rapeutique dans notre fa\u00e7on de nous positionner avec ces adolescents et ces adolescentes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Accompagner l\u2019adolescent<\/h2>\n\n\n\n<p>Un adolescent ordinaire ne supporte pas l\u2019id\u00e9e qu\u2019on associe l\u2019adolescence \u00e0 une \u00e9tape de l\u2019enfance. Pour lui, \u00eatre adolescent c\u2019est ne plus \u00eatre un enfant&nbsp;; et \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 l\u2019enfance d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre constitue pour lui une menace de r\u00e9gression. Ce serait le ramener \u00e0 ce qu\u2019il cherche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 fuir, \u00e0 ce dont il cherche \u00e0 s\u2019\u00e9loigner, l\u2019infantile en lui. L\u2019infantile ne se constitue que dans la mesure o\u00f9 le pubertaire le refoule&nbsp;; proposition qui signifie que l\u2019infantile en soi n\u2019existe, ne peut exister, que si un \u00e9v\u00e9nement lui donne un statut, le statut de refoul\u00e9. L\u2019infantile n\u2019existe que parce qu\u2019il est distingu\u00e9 d\u2019un autre registre, le pubertaire, et c\u2019est ce changement de registre qui est le propre du travail d\u2019adolescence.<\/p>\n\n\n\n<p>La fonction du pubertaire est pr\u00e9cis\u00e9ment de refouler l\u2019infantile. Ce refoulement garantit une adolescence r\u00e9ussie&nbsp;; mais celle qui est en souffrance et m\u00eame en panne confronte l\u2019adolescent \u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer ce travail de refoulement. Le travail du th\u00e9rapeute consiste \u00e0 aider cet adolescent \u00e0 construire suffisamment de d\u00e9fenses pour que ce travail de refoulement, avec la symbolisation qui l\u2019accompagne, puisse se d\u00e9rouler le plus \u00ab&nbsp;normalement&nbsp;\u00bb possible. Le th\u00e9rapeute am\u00e8ne l\u2019adolescent \u00e0 cheminer de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 \u00e0 l\u2019affect, de la violence interne \u00e0 sa repr\u00e9sentation, du registre de la perception \u00e0 plus de repr\u00e9sentation, plus de mentalisation et de symbolisation, pour lui permettre de dompter la pulsion, comme dit Freud. Il tente d\u2019aider l\u2019adolescent \u00e0 \u00e9duquer ce qui peut l\u2019\u00eatre au plan psychique de cette \u00e9nergie pulsionnelle particuli\u00e8rement d\u00e9bordante, constitu\u00e9e pour l\u2019adolescent par les fantasmes pubertaires.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition forte de tout th\u00e9rapeute d\u2019adolescent est d\u2019amener cet adolescent -pour qui penser est souvent source de douleur, pour qui s\u2019interroger sur ce qui se passe lui \u00ab&nbsp;prend la t\u00eate&nbsp;\u00bb-, \u00e0 prendre go\u00fbt \u00e0 sa vie et son fonctionnement psychiques. L\u2019amener \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 lui n\u2019est pas chose facile, car le mode de fonctionnement qui pr\u00e9vaut chez presque tous les adolescents, c\u2019est plut\u00f4t celui d\u2019une expulsion\/projection du monde interne sur les objets externes. Ce qui pr\u00e9vaut, c\u2019est ce que j\u2019ai appel\u00e9 la \u00ab&nbsp;parano\u00efa ordinaire de l\u2019adolescent&nbsp;\u00bb. Dans la parano\u00efa ordinaire de l\u2019adolescent qui s\u2019exprime par l\u2019affirmation \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas moi, c\u2019est l\u2019autre&nbsp;!&nbsp;\u00bb, la responsabilit\u00e9 est situ\u00e9e en dehors de soi. Les adolescents fonctionnent sur le mod\u00e8le parano\u00efaque&nbsp;: c\u2019est le registre projectif qui est le plus op\u00e9rant, il s\u2019agit presque d\u2019identification projective (situer en l\u2019autre ses propres pens\u00e9es et les lui attribuer), comme une fa\u00e7on de se d\u00e9localiser de soi-m\u00eame, de ne pas se voir ni se penser mais, au contraire, d\u2019expulser l\u2019activit\u00e9 de penser en imputant la pens\u00e9e \u00e0 l\u2019autre. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter de rencontrer ce qui est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi. Cette m\u00e9fiance envers son monde interne alimente le mouvement projectif. L\u2019adolescent se sent victime de son adolescence, attaqu\u00e9 par ses transformations, et se sentant victime, il peut adopter l\u2019agir comme strat\u00e9gie, agir afin de ne pas \u00eatre agi pour se sortir de la position de victime. Ce mouvement psychique attribue \u00e0 l\u2019autre la haine que l\u2019on porte en soi. La sortie de l\u2019adolescence sera marqu\u00e9e au contraire par le sentiment de sa responsabilit\u00e9&nbsp;: r\u00e9pondre de soi, de ses actes, mais aussi devenir responsable pour un autre que soi-m\u00eame, envisager la paternit\u00e9 d\u2019un projet&nbsp;: po\u00e8me, cr\u00e9ation d\u2019un groupe de rock ou de rap, choix d\u2019une orientation scolaire ou d\u2019un m\u00e9tier, choix amoureux, etc., ce que j\u2019ai appel\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019identification \u00e0 la fonction parentale&nbsp;\u00bb. Le passage qui conduit de la projection de son monde interne sur les objets externes au sentiment de sa responsabilit\u00e9 est sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches, et les adolescents qui consultent sont en g\u00e9n\u00e9ral en difficult\u00e9 au milieu du gu\u00e9.<br>Le travail d\u2019accompagnement au plan th\u00e9rapeutique consiste pour le th\u00e9rapeute \u00e0 permettre \u00e0 l\u2019adolescent qui le consulte d\u2019entrer en contact avec son monde interne et de se le r\u00e9approprier, de l\u2019assumer pour cheminer vers ce travail de subjectivation dont parle R. Cahn. Reste ensuite \u00e0 m\u00e9nager le cadre de travail pour permettre que le processus analytique puisse se d\u00e9rouler et que l\u2019adolescent commence \u00e0 s\u2019int\u00e9resser et m\u00eame \u00e0 trouver excitant son propre fonctionnement psychique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fragilit\u00e9 narcissique<\/h2>\n\n\n\n<p>Pourquoi les adolescents sont si fragiles narcissiquement&nbsp;? Pourquoi sont-ils dans un tel sentiment de menace&nbsp;? La pubert\u00e9 et le pubertaire ne s\u2019inscrivent pas dans la continuit\u00e9 du d\u00e9veloppement. Ce n\u2019est pas comme la suite logique d\u2019une histoire qui se poursuit. Si c\u2019\u00e9tait le cas, l\u2019adolescence ne serait que le vieillissement de l\u2019enfant. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019adolescence rompt le sentiment de continuit\u00e9 et de lin\u00e9arit\u00e9 \u00e9prouv\u00e9 par l\u2019enfant dans son d\u00e9veloppement pour devenir adulte. M\u00eame si c\u2019est un moment de rupture qui s\u2019inscrit sur un fond de continuit\u00e9, la survenue de la pubert\u00e9 et des fantasmes qui l\u2019accompagnent pose la question de savoir comment r\u00e9sister \u00e0 la discontinuit\u00e9 qui se produit, assurer le changement dans la permanence, le changement dans la continuit\u00e9. Cette rupture se produit \u00e0 divers niveaux au point de donner l\u2019impression \u00e0 l\u2019adolescent que \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb est un autre, au point de faire na\u00eetre un sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9 vis-\u00e0-vis de lui-m\u00eame qui peut le conduire \u00e0 certains moments d\u2019\u00e9tranget\u00e9 radicale au bord de la dissociation dans les repr\u00e9sentations qu\u2019il peut avoir de sa propre image. C\u2019est ce que l\u2019on observe dans les dysmorphophobies.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait combien les mouvements phobiques particuli\u00e8rement violents rencontr\u00e9s \u00e0 l\u2019adolescence (\u00e9reutophobies, agoraphobie), attestent de la violence du changement qui se produit en eux. Ils peuvent menacer l\u2019identit\u00e9 m\u00eame de ces adolescents et les conduire \u00e0 des clivages difficiles \u00e0 r\u00e9duire, voire irr\u00e9versibles. Ce qui les menace c\u2019est ce qui se produit en eux et qu\u2019ils ne reconnaissent pas comme leur appartenant. C\u2019est contre cette menace interne qu\u2019ils cherchent \u00e0 se mobiliser pour ne pas \u00eatre d\u00e9truits de l\u2019int\u00e9rieur &#8211; le mode de r\u00e9action \u00e0 cette violence interne, \u00e9tant celui de l\u2019agir&nbsp;: agir pour lutter contre le sentiment d\u2019\u00eatre agi. Cette proposition a souvent \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par P. Jeammet avec pertinence pour comprendre la violence des manifestations agies, comme une externalisation de ce qui se passe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi au moment de l\u2019adolescence.<\/p>\n\n\n\n<p>On a souvent stigmatis\u00e9 les adolescents comme des \u00eatres violents. Mais c\u2019est d\u2019abord l\u2019adolescence elle-m\u00eame qui l\u2019est, c\u2019est son processus qui est violent et non pas les manifestations ph\u00e9nom\u00e9nologiques qui peuvent se produire au moment de l\u2019adolescence sous la forme d\u2019actes violents. Ces actes existent certes, mais leur violence n\u2019est pas l\u2019apanage des adolescents. La violence de l\u2019adolescence \u00e0 laquelle sont confront\u00e9s les adolescents, c\u2019est bien cette violence-l\u00e0, celle dont ils ont la charge de m\u00e9taboliser les effets, qu\u2019ils doivent transformer pour orienter l\u2019\u00e9nergie pulsionnelle sous-jacente.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail du th\u00e9rapeute d\u2019adolescent consisterait, dans un premier temps, non pas \u00e0 aider l\u2019adolescent \u00e0 analyser le mat\u00e9riel inconscient refoul\u00e9 mais \u00e0 l\u2019aider \u00e0 construire ou renforcer ses d\u00e9fenses afin qu\u2019il puisse trouver les moyens de r\u00e9sister \u00e0 la violence des changements qui se pr\u00e9sentent pour r\u00e9orienter cette \u00e9nergie libidinale. C\u2019est d\u00e8s les premiers moments de cette rencontre que l\u2019adolescent peut \u00e9prouver l\u2019authenticit\u00e9 et l\u2019ind\u00e9fectibilit\u00e9 du soutien (narcissique) que lui apporte l\u2019analyste. Autrement dit, si l\u2019analyste demeure dans une position tierce, il ne se tient pas pour autant en retrait, \u00e0 distance (frustrante) de l\u2019adolescent, mais plut\u00f4t dans l\u2019engagement r\u00e9solu \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, proche de celle d\u2019un compagnonnage qui reprendrait la position que le parent du m\u00eame sexe occupait (ou aurait d\u00fb occuper) dans la latence vis-\u00e0-vis de l\u2019enfant. L\u2019appui narcissique trouv\u00e9 par l\u2019enfant dans ce travail proche de celui de l\u2019identification au parent du m\u00eame sexe le pr\u00e9pare \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la violence pubertaire qui, elle, est anti-narcissique. Les adolescents bless\u00e9s, en souffrance, n\u2019ont pas pu ou su construire cet \u00e9tayage narcissique avec le parent du m\u00eame sexe et la premi\u00e8re t\u00e2che qui incomberait au th\u00e9rapeute serait celle d\u2019un renforcement des d\u00e9fenses du moi de l\u2019adolescent. Cette perspective n\u2019est pas suffisante pour d\u00e9finir le travail th\u00e9rapeutique avec des adolescents, mais elle en constitue un pr\u00e9alable&nbsp;; c\u2019est m\u00eame la condition pour que l\u2019adolescent puisse s\u2019engager dans la rencontre avec un th\u00e9rapeute. Cet adolescent l\u00e0 se sent souvent incompris de tous, aux prises avec le fantasme de sa solitude qui prend des tours vari\u00e9s, en particulier m\u00e9galomaniaques (fantasmes d\u2019auto-engendrement) ou le d\u00e9sir d\u2019une autonomie parfaitement assum\u00e9e, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 cet adolescent est souvent dans des probl\u00e9matiques de d\u00e9pendance forte \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses parents, mais aussi de ses amis. Notre travail consiste \u00e0 \u00eatre attentif \u00e0 des contre-d\u00e9pendances que peut manifester cet adolescent en all\u00e9guant son autonomie et le fait qu\u2019il n\u2019est pas question que l\u2019on re\u00e7oive ses parents.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019espace parental<\/h2>\n\n\n\n<p>Quelle place accorder aux parents dans l\u2019espace de la psychoth\u00e9rapie de l\u2019adolescent&nbsp;? J\u2019avancerai prudemment sur la question, ce court expos\u00e9 ne permettant qu\u2019une ouverture modeste de la question. Il est indispensable que l\u2019analyste m\u00e9nage une place, un espace aux objets parentaux. Cela veut d\u2019abord dire leur donner une consistance dans le discours, donner \u00e0 l\u2019adolescent la possibilit\u00e9 qu\u2019il en soit question. La question n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9e avant qu\u2019elle ne soit pos\u00e9e&nbsp;: un adolescent tout seul, cela n\u2019existe pas, pourrait-on dire en paraphrasant D.W. Winnicott. Un adolescent ne fonctionne pas tout seul, mais dans la confrontation, dans le meilleur des cas, avec ses parents. Il n\u2019y a pas d\u2019adolescence qui ne se produise sans meurtre symbolique des parents, comme nous le rappelle D.W. Winnicott. C\u2019est un gage de r\u00e9ussite de la travers\u00e9e de l\u2019adolescence que l\u2019agressivit\u00e9, fruit de la violence symbolis\u00e9e, s\u2019exprime \u00e0 l\u2019encontre des images parentales. Etre parent d\u2019adolescent s\u2019av\u00e8re souvent un m\u00e9tier difficile, dans la mesure o\u00f9 il faut tenir bon, r\u00e9sister \u00e0 la destructivit\u00e9 de l\u2019adolescent, mais c\u2019est un travail n\u00e9cessaire si l\u2019on estime que cette confrontation est le signe d\u2019une conflictualisation qui s\u2019int\u00e9riorise. C\u2019est un message d\u2019espoir aux parents d\u2019adolescents qui souffrent dans la confrontation avec leur propre adolescent&nbsp;: mieux vaut une adolescence un peu turbulente dans des \u00e9changes parfois vifs, m\u00eame si cela ne suffit pas, plut\u00f4t qu\u2019un silence souvent indicateur d\u2019une difficult\u00e9 dans le traitement de cette violence interne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour passer ce moment difficile, l\u2019adolescent a parfois besoin de se confier \u00e0 un ami, un pair&nbsp;; mais souvent l\u2019ami prend parti et ne joue pas suffisamment son r\u00f4le de tiers. L\u2019adolescent peut alors chercher l\u2019appui ou le conseil d\u2019autres adultes que ses parents (les parents de copains, avec qui une relation s\u2019est d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e ou qui sont secr\u00e8tement admir\u00e9s et id\u00e9alis\u00e9s). Dans le cas d\u2019une rencontre avec un th\u00e9rapeute, l\u2019adolescent a besoin de rencontrer un adulte qui appartienne \u00e0 une autre g\u00e9n\u00e9ration que lui, qui tienne et qui puisse survivre aux attaques dont il peut \u00eatre l\u2019objet. Ce qui est vrai pour les parents (pouvoir r\u00e9sister \u00e0 la destructivit\u00e9) l\u2019est aussi pour l\u2019analyste qui doit lui aussi survivre aux attaques destructrices, celles qui visent le cadre de la th\u00e9rapie en particulier et qui ne manquent pas de se produire tout au long d\u2019une cure (absences aux s\u00e9ances, demande de changements d\u2019heure ou de jour des rendez-vous, manipulation (oubli, d\u00e9pense) de l\u2019argent confi\u00e9 par les parents pour r\u00e9gler la s\u00e9ance, demande de venir avec un copain, flou sur les dates des vacances prises en famille, interruption brutale ou reprise toute aussi brutale du cours des s\u00e9ances, etc.). Charge \u00e0 l\u2019analyste d\u2019avoir cette m\u00eame conviction que ces attaques sont la manifestation d\u2019une difficult\u00e9 \u00e0 int\u00e9rioriser le conflit, la relation aux objets externes et qu\u2019en m\u00eame temps elles expriment le travail psychique (la conflictualisation) qui est en train de se produire ou qui cherche \u00e0 le faire. En mettant l\u2019accent sur les premiers moments de la rencontre avec l\u2019adolescent, c\u2019est l\u2019attitude du th\u00e9rapeute qui est ainsi mise en \u00e9vidence&nbsp;; mais par la suite, tout le travail reste \u00e0 faire. Les difficult\u00e9s que peuvent rencontrer les adolescents au moment de leur adolescence ne r\u00e9sultent pas seulement de l\u2019effraction traumatique provoqu\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00e9nement pubertaire, mais de difficult\u00e9s ant\u00e9rieures plus ou moins per\u00e7ues par l\u2019entourage, au moment de la latence&nbsp;: difficult\u00e9s d\u2019\u00e9laboration de la sexualit\u00e9 infantile (excitation, hyperagitation, collage \u00e0 l\u2019objet primaire, inhibition, d\u00e9pression, hyper-sexualisation du lien \u00e0 l\u2019objet \u0153dipien) renvoyant notamment \u00e0 une insuffisance de refoulement.<br>L\u2019adolescent manifeste par ses sympt\u00f4mes, un certain nombre de dysfonctionnements rest\u00e9s latents pendant l\u2019enfance. Le mal-\u00eatre actuel de l\u2019adolescent peut aussi renvoyer \u00e0 une impuissance de l\u2019environnement \u00e0 venir en aide \u00e0 l\u2019enfant entr\u00e9 en adolescence, \u00e0 contenir la violence interne qui se d\u00e9ploie en s\u2019ext\u00e9riorisant, la d\u00e9pression qui se masque et alimente les conduites addictives, par exemple, ce qui fait rebondir autrement la question de l\u2019interactivit\u00e9 et de l\u2019intersub-jectivit\u00e9. Si l\u2019adolescent est traumatis\u00e9, l\u2019environnement l\u2019est aussi et l\u2019environnement parental en particulier qui peut \u00eatre confront\u00e9 -\u00e0 travers la crise d\u2019adolescence- \u00e0 des reviviscences \u0153dipiennes particuli\u00e8rement intenses comme on le voit assez souvent dans les familles o\u00f9 l\u2019\u0153dipe pubertaire de l\u2019adolescent remobilise, r\u00e9actualise des \u00e9prouv\u00e9s \u0153dipiens du c\u00f4t\u00e9 des parents, ce que S. Lebovici a appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;contre \u0153dipe parental&nbsp;\u00bb. Ce qui peut provoquer, aggraver ou r\u00e9v\u00e9ler des dysfonctionnements dans la vie du couple parental, des moments de s\u00e9duction entre parents et adolescents, des moments de l\u00e2chage au sein m\u00eame du couple. Beaucoup de crises conjugales se cristallisent autour de la crise d\u2019adolescence d\u2019un de leurs enfants, ce qui contribue \u00e0 cr\u00e9er un cumul des traumatismes&nbsp;: l\u2019adolescent, d\u00e9bord\u00e9 par les fantasmes pubertaires qu\u2019il ne parvient pas \u00e0 \u00e9laborer, ne rencontre pas dans l\u2019environnement parental le soutien narcissique qu\u2019il escompte. Au contraire, il est face \u00e0 une violence parentale agie. Ses parents n\u2019arrivent pas \u00e0 contenir ce que cet adolescent vit et leur fait vivre et qui leur appara\u00eet comme un rappel des questions rest\u00e9es en souffrance dans leur propre adolescence et leur vie d\u2019adulte. Un adolescent qui va mal am\u00e8ne ainsi son th\u00e9rapeute \u00e0 \u00eatre attentif \u00e0 l\u2019environnement parental&nbsp;; cela peut \u00eatre l\u2019occasion pour les parents de reprendre une question laiss\u00e9e en suspens pour eux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le psychodrame<\/h2>\n\n\n\n<p>Certaines formes et modalit\u00e9s th\u00e9rapeutiques sont particuli\u00e8rement appropri\u00e9es aux probl\u00e9matiques adolescentes, je veux parler du psychodrame. Cette modalit\u00e9 th\u00e9rapeutique s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s appropri\u00e9e dans la mesure o\u00f9 elle permet \u00e0 l\u2019adolescent d\u2019utiliser ses d\u00e9fenses pour travailler son monde interne, en s\u2019appuyant sur la capacit\u00e9 de mettre en jeu, en action et en mouvement (le recours \u00e0 l\u2019agir) -donc de projeter aussi sur le monde externe- cette vie pulsionnelle qui a du mal \u00e0 s\u2019int\u00e9rioriser. Le psychodrame permet de projeter ses fantasmes dans les limites du jeu, en ayant recours au corps. Il donne \u00e0 l\u2019adolescent le sentiment qu\u2019il peut s\u2019appuyer sur un mode d\u00e9fensif qui devient, gr\u00e2ce au jeu et \u00e0 l\u2019espace th\u00e9rapeutique, d\u00e9fini seul \u00e0 seul avec le th\u00e9rapeute ou en groupe, un outil de travail de son monde interne. Cette projection devient \u00e0 son tour source d\u2019analyse avec l\u2019aide du <em>leader<\/em> du jeu et de ses co-th\u00e9rapeutes. De ce point de vue l\u00e0, le psychodrame est vraiment un outil de travail avec les adolescents particuli\u00e8rement adapt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le corps g\u00e9nital<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019adolescence est caract\u00e9ris\u00e9e par la rencontre en soi d\u2019une nouvelle donne au niveau du sexuel, la g\u00e9nitalisation du corps et de la psych\u00e9. Ce qui est mena\u00e7ant sur le plan identitaire et narcissique pour un adolescent, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 la question de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la rencontre de l\u2019autre en soi et de l\u2019autre en face de soi, l\u2019autre \u00e9tant entendu aussi de l\u2019autre sexe. Le f\u00e9minin est d\u00e9couvert, ou plut\u00f4t red\u00e9couvert. Un nouveau sens est donn\u00e9 au f\u00e9minin \u00e0 l\u2019adolescence pour le gar\u00e7on comme pour la fille. Tol\u00e9rer la survenue du f\u00e9minin en soi \u00e0 l\u2019adolescence suppose une capacit\u00e9 \u00e0 la passivit\u00e9, une capacit\u00e9 \u00e0 se laisser influencer et affecter par l\u2019autre, \u00e0 se rendre sensible (accessible) \u00e0 l\u2019autre, capacit\u00e9 qui va \u00e0 l\u2019encontre m\u00eame de la n\u00e9cessit\u00e9 que rencontre l\u2019adolescent de se prot\u00e9ger, de se d\u00e9fendre contre la menace que repr\u00e9sente la nouveaut\u00e9 pubertaire (l\u2019\u00e9tranger en soi, le corps \u00e9tranger interne) et cet autre, pr\u00e9cis\u00e9ment. Une nouvelle forme de conflictualit\u00e9 interne va se jouer dans l\u2019espace de la s\u00e9ance&nbsp;: est-ce que l\u2019adolescent va se laisser \u00ab&nbsp;p\u00e9n\u00e9trer&nbsp;\u00bb par les paroles de l\u2019analyste&nbsp;? Va-t-il pouvoir entendre ce qui se dit ou va-t-il rester dans une sorte de muraille protectrice (sa chrysalide), pers\u00e9v\u00e9rer dans une id\u00e9e, une conviction, un pr\u00e9jug\u00e9, etc.&nbsp;? La souplesse (l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019autre) est convoqu\u00e9e au moment m\u00eame o\u00f9 s\u2019\u00e9rigent des d\u00e9fenses&nbsp;: d\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 de l\u2019entreprise.<br>Toutes les analyses d\u2019adultes d\u00e9marrent-elles sur une sorte d\u2019impasse du processus d\u2019adolescence&nbsp;? L\u2019adulte qui vient en analyse cherche souvent, sans le savoir, une seconde chance pour remettre au travail le processus d\u2019adolescence mis en \u00e9chec sur certains points qui se manifestent par la production de sympt\u00f4mes. La psychanalyse d\u2019adulte, si elle vise l\u2019analyse du mat\u00e9riel refoul\u00e9, passe par une relecture de la sexualit\u00e9 infantile qui ne s\u2019est qu\u2019imparfaitement op\u00e9r\u00e9e au moment de l\u2019adolescence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion entreprise sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de la psychoth\u00e9rapie de l\u2019adolescent en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celle de sa clinique nous a conduits dans des contr\u00e9es qui d\u00e9bordent largement le cadre de l\u2019adolescence. Ce d\u00e9bordement en de\u00e7\u00e0 et au-del\u00e0 de l\u2019adolescence nous appara\u00eet d\u00e8s lors que l\u2019on se trouve \u00e0 la fronti\u00e8re entre deux mondes&nbsp;: l\u2019adolescence nous \u00e9claire sur l\u2019\u00e9paisseur de la sexualit\u00e9 infantile, qu\u2019elle nous donne \u00e0 voir d\u2019en haut et dans l\u2019apr\u00e8s coup, en nous retournant sur le pass\u00e9 de l\u2019enfant. Ce pass\u00e9 est relu et r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience actuelle du pubertaire qui lui-m\u00eame prend un nouveau sens \u00e0 la lumi\u00e8re de la sexualit\u00e9 infantile. Cette r\u00e9flexivit\u00e9 r\u00e9troactive d\u00e9finit la temporalit\u00e9 psychique&nbsp;; le monde de l\u2019infantile habituellement per\u00e7u comme plein d\u2019avenir est aussi et d\u2019abord un temps \u00e0 lui tout seul. Mais l\u2019adolescence nous rend \u00e9galement l\u2019adulte plus familier, nous rappelant que si l\u2019enfant est dans l\u2019adulte, l\u2019adolescent l\u2019est aussi. Finalement l\u2019adolescence fonctionne comme un <em>Schibboleth<\/em>, passage oblig\u00e9 aussi pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Ainsi con\u00e7ue, elle se redessine comme un processus dynamique, un facteur d\u2019int\u00e9gration de la sexualit\u00e9 infantile et g\u00e9nitale. A l\u2019adolescence, la sexualit\u00e9 prend un nouveau tour en donnant \u00e0 l\u2019enfant devenu adolescent la capacit\u00e9 de r\u00e9aliser ce que pr\u00e9c\u00e9demment il ne pouvait que fantasmer. Le travail d\u2019adolescence conduit \u00e0 l\u2019investissement du corps sexu\u00e9 (g\u00e9nital) de l\u2019adolescent, lieu de l\u2019identification \u00e0 son sexe, lieu de la perception de la diff\u00e9rence et de la compl\u00e9mentarit\u00e9 avec l\u2019autre, sur lequel la pulsion g\u00e9nitale s\u2019\u00e9taye.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychoth\u00e9rapie d\u2019adolescent a pour fonction de remettre en marche le processus d\u2019adolescence, lorsqu\u2019il est en panne, en jouant le r\u00f4le d\u2019une seconde latence. Elle donne ainsi \u00e0 l\u2019adolescent une autre chance d\u2019\u00e9laborer ce qui est rest\u00e9 en suspens dans l\u2019enfance pour mieux le pr\u00e9parer \u00e0 traiter la nouveaut\u00e9 pubertaire qui, du fait de la fragilit\u00e9 narcissique qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re, peut s\u2019av\u00e9rer traumatique pour lui. L\u2019\u00e9tat de d\u00e9tresse, \u00e9prouv\u00e9 indicible, innommable (souvent resurgi de l\u2019enfance), dans lequel se trouve l\u2019adolescent au moment d\u2019affronter la violence de l\u2019effraction pubertaire provient du fait de l\u2019absence de soutien narcissique parental, actuel ou pass\u00e9, ou du fait de l\u2019absence d\u2019int\u00e9riorisation de la fonction maternelle. Le th\u00e9rapeute d\u2019adolescent, en adoptant une attitude r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 du soutien narcissique, contribue au traitement du traumatisme pubertaire et \u00e0 celui des \u00e9cueils rencontr\u00e9s dans l\u2019enfance et qui jusque-l\u00e0 n\u2019avaient pas trouv\u00e9 d\u2019issue. Ce soutien contribue au refoulement de la sexualit\u00e9 infantile et constitue la condition pr\u00e9alable \u00e0 la poursuite du travail th\u00e9rapeutique. C\u2019est dans cette mesure que la psychoth\u00e9rapie psychanalytique de l\u2019adolescent existe et qu\u2019elle se distingue d\u2019autres formes de psychoth\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Cahn R. (1997). \u201cLe processus de subjectivation\u201d, in Perret-Catipovic M., Ladame F. (dir.), <em>Adolescence et psychanalyse&nbsp;: une histoire<\/em>, Lausanne, Delachaux et Niestl\u00e9, pp.&nbsp;212-227.<\/p>\n\n\n\n<p>Cahn R. (1998). <em>L\u2019adolescent dans la psychanalyse, l\u2019aventure de la subjectivation<\/em>, Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., Breuer J. (1895), <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, Paris, Puf, 1956.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1905) <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>Gutton P. (1991). <em>Le pubertaire<\/em>, Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Houssier F. et Marty F., August Aichhorn, \u00e9ditions du Champ Social, Paris, 2007 et Huerre P., Marty F., \u201cLes psychoth\u00e9rapies \u00e0 l\u2019adolescence entre clinique et culture\u201d, in <em>actes du Colloque Psychoth\u00e9rapies et adolescence, septembre 1998<\/em>, in <em>Prisme<\/em>, 1999, Qu\u00e9bec, pp.&nbsp;17-37.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeammet P. (1985) \u201cActualit\u00e9 de l\u2019agir. A propos de l\u2019adolescence\u201d, <em>Nouvelle revue de psychanalyse<\/em>, 31, pp.&nbsp;201-222.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeammet P. (1990) \u201cLes destins de la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019adolescence\u201d, <em>Neuropsychiatrie de l\u2019Enfance et de l\u2019Adolescence<\/em>, 38, 4-5, pp.&nbsp;190-199.<\/p>\n\n\n\n<p>King P. &amp; Steiner R. (1991). <em>The Freud-Klein Controversies (1941-1945)<\/em>, Londres, New York, Tavistock\/Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Laufer M. et Laufer E. (1984). <em>Adolescence et rupture du d\u00e9veloppement<\/em>, Paris, Puf, 1989<\/p>\n\n\n\n<p>Losserand J., Marty F., Freud A., Aichhorn A. (1996). <em>Adolescence<\/em>, 14, 2, pp.&nbsp;263-265.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (dir.) (1997). <em>L\u2019ill\u00e9gitime violence. La violence et son d\u00e9passement \u00e0 l\u2019adolescence<\/em>, Toulouse, Er\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (1999). \u201cLes parents face \u00e0 la violence des adolescents\u201d, <em>La lettre du GRAPE<\/em>, 38, pp.&nbsp;37-42.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (1999). \u201cPenser la latence \u00e0 l\u2019adolescence avec A. Green\u201d, <em>Adolescence<\/em>, 17, 1, pp.&nbsp;101-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (2001). \u201cLa violence de l\u2019adolescence&nbsp;: de l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique \u00e0 la n\u00e9vrose de l\u2019adolescence\u201d, in Marty F. (dir.), <em>Figures et traitements du traumatisme<\/em>, Paris, Dunod, pp.&nbsp;1-13.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (dir.) (2003). <em>L\u2019adolescence dans l\u2019histoire de la psychanalyse<\/em>, Paris, In Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (2003). \u201cVers une troisi\u00e8me anamorphose dans la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9\u201d, in Gutton P. et Bourcet S. (sous la direction de) <em>La naissance du pubertaire<\/em>, Paris, Dunod, pp.&nbsp;189-197<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (2005). \u201cInitiation \u00e0 la temporalit\u00e9 psychique. Que serait la temporalit\u00e9 psychique sans l\u2019adolescence&nbsp;?\u201d, <em>La Psychologie clinique et projective<\/em>, vol. 11, pp.&nbsp;231-256<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F., Freud A. (2007). \u201cDes pulsions trop puissantes\u201d, in P. Givre et A. Tassel (dir.), <em>Le Tourment adolescent<\/em>, Paris, PUF, pp.&nbsp;177-214<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. et Houssier F. (2007). <em>Eduquer l\u2019adolescent&nbsp;? Pour une p\u00e9dagogie psychanalytique<\/em>, Editions du Champ Social.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D. W. (1971). \u201cConcepts actuels du d\u00e9veloppement de l\u2019adolescent\u201d, in <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard, pp.&nbsp;190-207.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9616?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Douterait-on que les adolescents consultent, seuls ou, la plupart du temps, avec leurs parents, que leurs demandes sont fortes, que la fa\u00e7on de les recevoir doit \u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 la situation&nbsp;? 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