{"id":9599,"date":"2021-08-22T07:30:17","date_gmt":"2021-08-22T05:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/historique-et-recherches-actuelles-sur-la-residence-alternee-2\/"},"modified":"2021-09-19T18:58:48","modified_gmt":"2021-09-19T16:58:48","slug":"historique-et-recherches-actuelles-sur-la-residence-alternee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/historique-et-recherches-actuelles-sur-la-residence-alternee\/","title":{"rendered":"Historique et recherches actuelles sur la r\u00e9sidence altern\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Historique en France<\/h2>\n\n\n\n<p>La loi de Mars 2002 l\u00e9galisant la r\u00e9sidence altern\u00e9e a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e pour satisfaire la demande d\u2019associations de p\u00e8res qui estimaient que les d\u00e9cisions judiciaires ne leur laissaient pas une place suffisante, et au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9 homme-femme. Aucun avis de p\u00e9dopsychiatre ou psychologue n\u2019a \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9, et il a \u00e9t\u00e9 peu pris en compte le fait que si certains adultes d\u00e9sirent occuper une place parentale diff\u00e9rente, les besoins de stabilit\u00e9 des b\u00e9b\u00e9s, eux, n\u2019ont pas chang\u00e9 depuis des si\u00e8cles. De plus, un ensemble de travaux montre que la mani\u00e8re d\u2019exercer la fonction parentale n\u2019est pas la m\u00eame de la part d\u2019une m\u00e8re et d\u2019un p\u00e8re et que ces r\u00f4les ne sont pas interchangeables. Par ailleurs, plusieurs \u00e9tudes sociologiques indiquent qu\u2019entre 1999 et 2010, le temps consacr\u00e9 par les p\u00e8res \u00e0 s\u2019occuper de leur enfant a augment\u00e9 en moyenne de cinq minutes par jour (Centre d\u2019Analyse Strat\u00e9gique, 2012), le temps libre paternel \u00e9tant plus utilis\u00e9 \u00e0 faire des jeux vid\u00e9o, regarder la t\u00e9l\u00e9vision, ou \u00e0 des loisirs personnels. Et lorsqu\u2019une r\u00e9sidence altern\u00e9e est mise en place pr\u00e9cocement, il n\u2019est pas rare que l\u2019enfant soit gard\u00e9 non pas par son p\u00e8re, mais par la m\u00e8re du p\u00e8re ou par sa nouvelle compagne. Les enjeux sous-jacents sont donc d\u2019une autre nature que ceux qui sont avanc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sidence altern\u00e9e a un sens et un impact diff\u00e9rent selon l\u2019\u00e2ge de l\u2019enfant. Je ne me centrerai ici que sur la situation des enfants de moins de trois ans, \u00e2ge auquel le probl\u00e8me ne se limite pas \u00e0 la r\u00e9sidence altern\u00e9e, mais concerne le droit d\u2019h\u00e9bergement d\u2019une mani\u00e8re plus large.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2002, \u00e0 partir de 3 situations cliniques, j\u2019\u00e9cris un article dans la revue <em>Dialogue<\/em> consacr\u00e9 au droit d\u2019h\u00e9bergement du p\u00e8re concernant un b\u00e9b\u00e9, suivi d\u2019une interview dans le journal <em>Elle<\/em>. Ceci d\u00e9clenche une avalanche de courriers d\u00e9crivant des troubles semblables chez les enfants petits, qui se caract\u00e9risent par&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, avec apparition d\u2019angoisses d\u2019abandon qui n\u2019existaient pas auparavant, l\u2019enfant ne supportant plus l\u2019\u00e9loignement de sa m\u00e8re et demandant \u00e0 \u00eatre en permanence avec elle, sympt\u00f4mes major\u00e9s le soir, moment o\u00f9 l\u2019enfant petit a le plus besoin de se sentir s\u00e9curis\u00e9&nbsp;;<\/li><li>un sentiment d\u00e9pressif avec un regard vide pendant plusieurs heures, et parfois un \u00e9tat de confusion, de non reconnaissance des lieux au retour chez la m\u00e8re&nbsp;;<\/li><li>des troubles du sommeil, de l\u2019ecz\u00e9ma&nbsp;;<\/li><li>de l\u2019agressivit\u00e9, en particulier \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la m\u00e8re consid\u00e9r\u00e9e comme responsable de la s\u00e9paration&nbsp;;<\/li><li>une perte de confiance dans les adultes, en particulier dans le p\u00e8re, dont la vision d\u00e9clenche une r\u00e9action de refus&nbsp;;<\/li><li>chez certains enfants plus grands, un refus de se soumettre \u00e0 la moindre contrainte (scolaire ou familiale) venant de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>J\u2019ai alors l\u2019impression de lire les travaux de Robertson sur les s\u00e9parations m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 (1956), ou de Bowlby car les signes d\u00e9crits ci-dessus correspondent aux effets des s\u00e9parations pr\u00e9coces. Je continue actuellement \u00e0 recevoir deux \u00e0 trois courriers identiques par semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la loi de 2002 vot\u00e9e, son absence de garde-fou entraine des d\u00e9cisions inqui\u00e9tantes&nbsp;: une r\u00e9sidence altern\u00e9e pour un b\u00e9b\u00e9 de cinq mois, et m\u00eame pour un b\u00e9b\u00e9 de deux mois dont Monique Bydlowski indique qu\u2019il se portait mal dans ce contexte&nbsp;; des interruptions d\u2019allaitement ordonn\u00e9es par des juges pour mettre en place une r\u00e9sidence altern\u00e9e&nbsp;; des d\u00e9cisions de grandes vacances divis\u00e9es \u00e0 part \u00e9gale pour des enfants \u00e0 partir de 7 mois, donc des b\u00e9b\u00e9s qui ne voient pas leur m\u00e8re ou leur p\u00e8re pendant un mois entier, etc. Mais les troubles d\u00e9crits ci-dessus s\u2019observent de la m\u00eame mani\u00e8re dans des situations plus courantes, en particulier des week-ends prolong\u00e9s chez le p\u00e8re impos\u00e9s de mani\u00e8re pr\u00e9coce avec une ou deux nuits d\u2019absence d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 7-8 mois, ou des horaires tr\u00e8s morcel\u00e9s, en particulier des r\u00e9sidences altern\u00e9es deux jours chez le p\u00e8re, trois jours chez la m\u00e8re, trois jours chez le p\u00e8re, deux jours chez la m\u00e8re pour que chacun ait exactement sa part d\u2019enfant. Et d\u2019embl\u00e9e, le d\u00e9bat est confront\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re dont les journalistes interviewent un professionnel \u00ab&nbsp;pour la r\u00e9sidence altern\u00e9e&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;contre&nbsp;\u00bb, mais ne posent jamais la question de ce que deviennent les enfants qui ne la supportent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul texte existant \u00e0 cette p\u00e9riode concernant le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant dans ces circonstances se trouve dans un livre de Brazelton et Greenspan (2000). Leur calendrier propose un droit d\u2019h\u00e9bergement \u00e9volutif du p\u00e8re, l\u2019h\u00e9bergement principal \u00e9tant confi\u00e9 \u00e0 la m\u00e8re sauf si elle pr\u00e9sente des difficult\u00e9s psychiques importantes. Le but du calendrier est que le droit d\u2019h\u00e9bergement paternel soit suffisamment fr\u00e9quent pour que le p\u00e8re soit une figure signifiante dans le psychisme de l\u2019enfant, tout en maintenant un fond de continuit\u00e9 s\u00e9curisant dans la relation avec la m\u00e8re. Ce calendrier nuanc\u00e9 sert de r\u00e9f\u00e9rence dans plusieurs tribunaux aux Etats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9but 2003, je prends contact avec le Dr Xavier Phelip, professeur de m\u00e9decine, fondateur de l\u2019association <em>L\u2019enfant d\u2019abord<\/em> dont son \u00e9pouse a pris la pr\u00e9sidence. Cette association a depuis toujours une position parfaitement claire&nbsp;: elle ne se pr\u00e9occupe que du bien-\u00eatre des enfants dans les situations de s\u00e9paration parentale, et pas de la d\u00e9fense des m\u00e8res ou de leurs int\u00e9r\u00eats. Elle est pr\u00e9cieuse car elle permet d\u2019avoir une repr\u00e9sentation des pratiques judiciaires et de leur \u00e9volution sur tout le territoire national, et de plus, elle se livre \u00e0 un travail rigoureux et permanent de recherches bibliographiques sur le sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2003, je tente de mettre en place des soins sous la forme de petits jeux symboliques avec les enfants de moins de trois ans qui pr\u00e9sentent les troubles d\u00e9crits ci-dessus. Aucune prise en charge ne donne de r\u00e9sultat positif. Pour Christine Frisch, cet \u00e9chec est pr\u00e9visible car chez des enfants aussi petits, une ou deux s\u00e9ances de psychoth\u00e9rapie par semaine ne peuvent faire contrepoids, \u00e0 l\u2019impact d\u00e9sorganisateur de l\u2019environnement. Les p\u00e8res contact\u00e9s \u00e0 propos de ces troubles me r\u00e9pondent tous \u00ab&nbsp;c\u2019est mon droit&nbsp;\u00bb et la plupart refusent de venir aux rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2004 para\u00eet dans la revue <em>Devenir<\/em> le premier article document\u00e9 sur les troubles psychiques pouvant \u00eatre rattach\u00e9s \u00e0 la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez l\u2019enfant de moins de six ans (M. Berger, A. Ciccone, N. Guedeney, H. Rottman). Trois de ces auteurs proposent alors un projet de recherche concernant les enfants de 2 ans, \u00e9labor\u00e9 avec une m\u00e9thodologie rigoureuse, deux groupes t\u00e9moins, et une \u00e9chelle de conflictualit\u00e9 parentale. Il est refus\u00e9 par le Minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Motif&nbsp;: puisque nous souhaitons \u00e9valuer les effets de la r\u00e9sidence altern\u00e9e, nous ne serions pas neutres. Pourtant le protocole inclut comme pr\u00e9caution une observation effectu\u00e9e par d\u2019autres cliniciens que nous-m\u00eames, et un dispositif en double aveugle. Probl\u00e8me face \u00e0 cette injonction paradoxale&nbsp;: personne d\u2019autre n\u2019est alors int\u00e9ress\u00e9 par cette recherche. N\u2019ayant pas d\u2019autre moyen d\u2019attirer l\u2019attention sur ce probl\u00e8me, plusieurs cliniciens, dont P. L\u00e9vy-Soussan, et des avocats publient en 2005 <em>Le livre noir de la r\u00e9sidence altern\u00e9e<\/em>, sous la direction de J. Phelip. Cet ouvrage montre entre autre l\u2019inqui\u00e9tante h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des d\u00e9cisions judiciaires dans des situations semblables. De plus, ce refus du Minist\u00e8re de la Sant\u00e9 nous oblige \u00e0 nous appuyer essentiellement sur des recherches r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il faut aussi souligner ici les travaux de G\u00e9rard Poussin, int\u00e9ressants mais souvent ambigus.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2004, Bernard Golse, alors Pr\u00e9sident de la WAIMH francophone, souligne les probl\u00e8mes pos\u00e9s par la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez les enfants petits au colloque du COPES \u00e0 Tours. La m\u00eame ann\u00e9e en Belgique, Jean-Yves Hayez, Professeur de p\u00e9dopsychiatrie, et Ph. Kinoo publient un article dans lequel ils font part de leur inqui\u00e9tude. Ceci se r\u00e9v\u00e8le inutile, la loi de 2006 promulguant la r\u00e9sidence altern\u00e9e par d\u00e9faut est vot\u00e9e. En 2007, Carine de Buck et Jean-Louis Franeau soulignent la persistance des troubles pr\u00e9coces li\u00e9s \u00e0 ce mode d\u2019h\u00e9bergement.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2009 a lieu la premi\u00e8re publication sur les troubles psychiques observ\u00e9s chez les enfants vivant en r\u00e9sidence altern\u00e9e non conflictuelle, par Eug\u00e9nie Izard, portant sur 18 cas. Elle souligne par ailleurs que 20 \u00e0 26&nbsp;% des motifs de consultation en lib\u00e9ral concernent des enfants soumis \u00e0 une r\u00e9sidence altern\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2009 toujours, Pierre Delion et Sylvain Missonnier prennent position comme co-Pr\u00e9sidents de la WAIMH France, en \u00e9crivant \u00e0 l\u2019ensemble des D\u00e9put\u00e9s fran\u00e7ais pour s\u2019opposer \u00e0 un projet de loi proposant la r\u00e9sidence altern\u00e9e par d\u00e9faut, c\u2019est-\u00e0-dire syst\u00e9matique, pour \u00ab&nbsp;pr\u00e9venir le syndrome d\u2019ali\u00e9nation parentale&nbsp;\u00bb. Ils r\u00e9\u00e9crivent lorsque ce projet est repr\u00e9sent\u00e9 deux ans plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2010, lors du congr\u00e8s mondial de la WAIMH \u00e0 Leipzig, mon intervention sur les risques de la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez les enfants de deux ans est la seule portant sur cette question, alors que de nombreux travaux se d\u00e9veloppent par ailleurs. Ainsi en 2012 para\u00eet <em>Parenting-plan evaluations<\/em>, \u00e9norme ouvrage exhaustif. Et en Juillet 2013 a lieu \u00e0 Londres un congr\u00e8s rassemblant tous les chercheurs qui travaillent sur ce th\u00e8me. Les choses se passent comme si deux champs de connaissance ne se rencontraient pas, et c\u2019est cette rencontre que je vais vous proposer aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2012 le livre <em>Divorce, s\u00e9paration&nbsp;: les enfants sont-ils prot\u00e9g\u00e9s&nbsp;?<\/em>, sous la direction de J. Phelip, met en \u00e9vidence un nouveau danger majeur concernant le d\u00e9veloppement affectif de l\u2019enfant&nbsp;: l\u2019utilisation du concept de Syndrome d\u2019Ali\u00e9nation Parentale (SAP), terme qui n\u2019a actuellement aucune d\u00e9finition pr\u00e9cise, aucune \u00e9tiologie clairement \u00e9tablie, \u00e0 tel point que son inscription au DSM V a \u00e9t\u00e9 clairement refus\u00e9e. Les recherches am\u00e9ricaines sont probantes (<em>cf.<\/em> Berger, 2012), et une recherche qu\u00e9b\u00e9coise de 2013 montre le risque de confusion entre l\u2019ali\u00e9nation parentale, tr\u00e8s rare, et l\u2019exposition aux conflits s\u00e9v\u00e8res de s\u00e9paration, avec une analyse fine des diff\u00e9rences cliniques entre ces deux contextes. Mais le <em>lobby<\/em> du SAP est puissant au point de faire publier dans le chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019exclusion sociale dans les livres scolaires de seconde, le SAP comme mod\u00e8le d\u2019exclusion, ceci sur plusieurs pages. J\u2019obtiendrai une interpellation du Ministre de l\u2019Education Nationale \u00e0 ce propos \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, avec une r\u00e9ponse \u00e9vasive.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2013, quand je pr\u00e9sente les recherches sur la r\u00e9sidence altern\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole Nationale de la Magistrature, un magistrat souligne que les r\u00e9sultats vont \u00e0 l\u2019encontre des directives europ\u00e9ennes pr\u00f4nant l\u2019\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>En Septembre 2013, lors du vote de la loi sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 homme-femme au S\u00e9nat, les associations de p\u00e8res font passer vers 3 heures du matin un amendement exigeant que la pr\u00e9f\u00e9rence soit donn\u00e9e \u00e0 la r\u00e9sidence altern\u00e9e paritaire sans pr\u00e9caution d\u2019\u00e2ge minimum, sauf si le juge justifie la non-utilisation de ce mode d\u2019h\u00e9bergement, avec un article indiquant que \u00ab&nbsp;Le fait par tout ascendant d\u2019entraver l\u2019exercice de l\u2019autorit\u00e9 parentale par des manipulations diverses [\u2026] est puni d\u2019un an d\u2019emprisonnement et de 15000 euros d\u2019amende&nbsp;\u00bb, sanction qui peut menacer tout parent dont l\u2019enfant manifeste des r\u00e9ticences m\u00eame justifi\u00e9es \u00e0 aller chez l\u2019autre parent.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin en 2014, Christine Frisch renouvelle la description clinique des fonctionnements familiaux, en insistant en particulier sur l\u2019augmentation des naissances dans des contextes o\u00f9 p\u00e8re et m\u00e8re n\u2019ont jamais v\u00e9cu en couple ni partag\u00e9 d\u2019exp\u00e9rience de parentalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Probl\u00e9matiques<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce survol historique est de montrer que nous nous trouvons en permanence face \u00e0 deux registres&nbsp;: le champ l\u00e9gislatif soumis \u00e0 d\u2019importantes pressions de groupes minoritaires mais quotidiennement actifs, et qui se livrent \u00e0 une d\u00e9sinformation constante concernant les travaux dont nous disposons&nbsp;; et le champ de l\u2019\u00e9laboration th\u00e9orico-clinique qui a un rythme diff\u00e9rent. Il nous est difficile, ainsi qu\u2019aux politiques, de penser tranquillement dans la tourmente, et c\u2019est pour cela que les associations de p\u00e8res fonctionnent par coups de force en provoquant des \u00e9motions. Aucune d\u2019elles n\u2019a r\u00e9pondu aux propositions de participer \u00e0 des recherches portant sur le d\u00e9veloppement affectif des enfants en r\u00e9sidence altern\u00e9e, peut-\u00eatre y-a-t-il quelque chose \u00e0 cacher, mais surtout le but est de maintenir le primat de l\u2019\u00e9motionnel. Nous devons dire publiquement et clairement que toute d\u00e9cision l\u00e9gislative doit \u00eatre suspendue tant que nous n\u2019avons pas dispos\u00e9 du temps de la r\u00e9flexion commune et de la recherche bibliographique.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre question, comment parvenir \u00e0 tenir ensemble des champs th\u00e9orico-cliniques vari\u00e9s et indissociables&nbsp;? Tout d\u2019abord les recherches qui reposent en partie sur la th\u00e9orie de l\u2019attachement&nbsp;: elles sont essentielles parce qu\u2019elles permettent de mettre en \u00e9vidence certains troubles et de les chiffrer, elles am\u00e8nent donc des preuves dans ce maelstrom \u00e9motionnel. Mais derri\u00e8re l\u2019angoisse de s\u00e9paration et les manifestations d\u2019attachement <em>insecure<\/em>, existent d\u2019autres processus d\u00e9crits dans cette revue. Par ailleurs, un autre projet de loi pr\u00e9sent\u00e9 aussi en Septembre 2013, s\u2019appuie essentiellement sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant, d\u00e9fini comme la protection de son d\u00e9veloppement physique, affectif, intellectuel, et social, pour justifier des contacts \u00e0 temps \u00e9gal avec ses deux parents. Il se trouve que c\u2019est moi qui ai r\u00e9dig\u00e9 l\u2019amendement d\u00e9finissant ainsi cet int\u00e9r\u00eat en m\u2019inspirant des lois \u00e9trang\u00e8res, et qui fut vot\u00e9 en 2007. Le projet de 2013 pervertit le terme \u00ab&nbsp;int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb car un enfant n\u2019existe pas \u00ab&nbsp;en soi&nbsp;\u00bb au sens o\u00f9 les processus psychiques en jeu au cours de son d\u00e9veloppement varient, presque de mois en mois au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e de la vie, pendant cette p\u00e9riode tr\u00e8s complexe o\u00f9 se tissent de mani\u00e8re intriqu\u00e9e les diff\u00e9rentes composantes du lien primaire&nbsp;: construction de l\u2019identit\u00e9, constitution du sch\u00e9ma corporel et des diff\u00e9rentes enveloppes du moi, acquisition du sentiment de s\u00e9curit\u00e9 interne, diff\u00e9renciation entre pens\u00e9e et r\u00e9alit\u00e9, transitionnalit\u00e9, puis peu \u00e0 peu \u00e9laboration des mouvements imago\u00efques dans leur complexit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces processus peuvent \u00eatre mis en danger d\u2019abord par la discontinuit\u00e9, alors que beaucoup de personnes ne se centrent que sur le conflit parental, lequel, d\u2019une certaine mani\u00e8re, est lui aussi une forme de discontinuit\u00e9. La continuit\u00e9 est comme l\u2019air qu\u2019on respire, on ne se rend compte de son aspect indispensable que lorsqu\u2019on en manque. Certes il s\u2019agit d\u2019une continuit\u00e9 des personnes, car seul un objet parental stable et fiable peut \u00eatre contenant, servir de lieu de d\u00e9charge des tensions, d\u2019objet de projection sans risque de r\u00e9torsion sous forme d\u2019absence fut-elle involontaire. Et comment montrer son inqui\u00e9tude et son chagrin \u00e0 une personne qui dispara\u00eet sans cesse et de mani\u00e8re durable&nbsp;? Mais cette continuit\u00e9 concerne aussi un \u00e9l\u00e9ment dont on parle peu, la continuit\u00e9 des lieux, c\u2019est-\u00e0-dire les objets dans leur mat\u00e9rialit\u00e9. Tout d\u2019abord parce que la diff\u00e9renciation soi-objet n\u2019est pas donn\u00e9e en soi. Sami Ali parle de cette r\u00e9gion limitrophe, travers\u00e9e d\u2019ombres et de clart\u00e9, o\u00f9 les \u00e9changes entre l\u2019homme et le monde passent myst\u00e9rieusement par le corps propre. Bower montre par des dispositifs de psychologie exp\u00e9rimentale qu\u2019il existe une indiff\u00e9renciation entre le corps et l\u2019objet chez le nourrisson.<\/p>\n\n\n\n<p>Ren\u00e9 Kaes \u00e9voque le processus d\u2019\u00e9tayage-d\u00e9s\u00e9tayage progressif de l\u2019objet support dont on garde une certaine empreinte pendant l\u2019existence. Nous connaissons tous des nourrissons \u00e2g\u00e9s de moins d\u2019un an qui sont angoiss\u00e9s et sid\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re durable par la perte de leur environnement mat\u00e9riel lors d\u2019un voyage alors qu\u2019ils sont avec leurs parents s\u00e9curisants, angoisse qui dispara\u00eet d\u00e8s le retour dans leur maison et dans leur chambre. Comme l\u2019indique Eug\u00e9nie Izard, les lieux, les objets, les jeux, sont pour un nourrisson, des petits morceaux de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>A cette discontinuit\u00e9 temporelle s\u2019ajoute la mani\u00e8re dont la psychopathologie paternelle risque de faire intrusion dans la pr\u00e9occupation maternelle primaire. Il est int\u00e9ressant de souligner ici les deux modalit\u00e9s de fonctionnement psychique diff\u00e9rentes chez les p\u00e8res qui demandent la r\u00e9sidence altern\u00e9e pour un enfant petit. Ceux qui la sollicitent de mani\u00e8re consensuelle sont souvent sur un versant d\u00e9pressif ou dans l\u2019ignorance des besoins d\u2019un petit. Ceux qui pr\u00e9sentent une revendication conflictuelle sont souvent dans un registre projectif. Et la r\u00e9sidence altern\u00e9e peut, dans certains cas, correspondre \u00e0 un fantasme universel connu des psychanalystes, celui du rapt envieux du b\u00e9b\u00e9 d\u2019une autre, et on sait les forts mouvements d\u2019envie que d\u00e9clenche une grossesse et le spectacle d\u2019un maternage heureux.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ces raisons, je suis amen\u00e9 \u00e0 conseiller au moins mal des m\u00e8res pour att\u00e9nuer les effets de la discontinuit\u00e9. Certaines d\u2019entre elles peuvent progressivement se d\u00e9primer, pr\u00e9senter des troubles anxieux, parfois des sentiments de pers\u00e9cution, induits par leur impuissance \u00e0 prot\u00e9ger leur nourrisson qu\u2019elles voient aller de plus en plus mal. Les conclusions d\u2019une \u00e9ventuelle expertise sont diff\u00e9rentes suivant le moment o\u00f9 elle se d\u00e9roule. Lorsque je dis \u00e0 ces m\u00e8res qu\u2019il est normal qu\u2019elles se sentent mal en constatant les troubles de leur nourrisson, elles m\u2019en remercient car cela met des mots sur ce qu\u2019elles observent et ressentent. Je leur conseille de ne pas montrer, lors des audiences judiciaires, qu\u2019elles sont tr\u00e8s en souci pour leur nourrisson, car elles seraient accus\u00e9es d\u2019\u00eatre la cause des troubles de leur enfant du fait de leur angoisse suppos\u00e9e pathologique, alors qu\u2019il serait probl\u00e9matique que dans de telles circonstances, une m\u00e8re ne s\u2019inqui\u00e8te pas de voir son nourrisson aller mal. Et je leur sugg\u00e8re d\u2019\u00eatre le plus disponible possible lors du retour de leur enfant chez elle. Beaucoup de m\u00e8res ont ainsi r\u00e9duit leur temps de travail afin d\u2019amortir la discontinuit\u00e9 par plus de disponibilit\u00e9, ce qui n\u2019est que partiellement efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici maintenant le r\u00e9sultat des recherches chiffr\u00e9es et quelques notes cliniques.<sup>1<\/sup><\/p>\n\n\n<h2 class=\"titre traitementparticulier-non\">Recherches actuelles concernant la r\u00e9sidence altern\u00e9e<\/h2>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Principes m\u00e9thodologiques souhaitables pour les \u00e9tudes concernant la r\u00e9sidence altern\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p>1- Diff\u00e9rencier l\u2019impact de la r\u00e9sidence altern\u00e9e selon les \u00e2ges (0-2 ans, 2-5 ans, 5-12 ans, adolescence).<\/p>\n\n\n\n<p>2- Avoir si possible 3 groupes de comparaison pour diff\u00e9rencier les troubles li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9paration parentale de ceux li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9sidence altern\u00e9e&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>enfants \u00e9lev\u00e9s par des parents non s\u00e9par\u00e9s<\/li><li>enfants \u00e9lev\u00e9s par des parents s\u00e9par\u00e9s, avec un h\u00e9bergement principal<\/li><li>enfants \u00e9lev\u00e9s par des parents s\u00e9par\u00e9s, avec r\u00e9sidence altern\u00e9e<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>3- Pr\u00e9ciser le rythme r\u00e9el de l\u2019alternance. La plupart des \u00e9tudes internationales portent sur la r\u00e9sidence altern\u00e9e 35%\/65%, ce qui, en quantit\u00e9 annuelle, correspond au \u00ab&nbsp;droit de visite et d\u2019h\u00e9bergement \u00e9largi&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais (un week-end sur deux, une nuit l\u2019autre semaine, et la moiti\u00e9 des vacances scolaires). Bien qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019un rythme d\u2019alternance 50\/50, lequel est rare hors de France et de Belgique, on observe d\u00e9j\u00e0 des diff\u00e9rences significatives avec les enfants \u00e9lev\u00e9s en h\u00e9bergement principal.<\/p>\n\n\n\n<p>4- Evaluer, par des \u00e9chelles pr\u00e9cises, le niveau de conflictualit\u00e9 dans le couple parental car le conflit influence l\u2019\u00e9tat affectif de l\u2019enfant d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>5- Si possible, avoir des \u00e9tudes longitudinales qui permettent d\u2019\u00e9valuer les changements de mode de garde dans le temps<\/p>\n\n\n\n<p>6- Ne pas confondre <em>Joint Custody<\/em>, qui signifie simplement \u00ab&nbsp;autorit\u00e9 parentale partag\u00e9e&nbsp;\u00bb, et <em>Joint Physical Custody<\/em>, terme qui porte sur le rythme de l\u2019h\u00e9bergement et qui signifie \u00ab&nbsp;garde physique partag\u00e9e&nbsp;\u00bb, le plus souvent 30\/70, 35\/65)<\/p>\n\n\n\n<p>7- Prendre en compte les biais de recrutement. Par exemple, dans l\u2019\u00e9tude de Solomon et George, 30&nbsp;% des m\u00e8res et 32&nbsp;% des p\u00e8res sollicit\u00e9s ont refus\u00e9 de participer. Il peut s\u2019agir d\u2019un souhait de pr\u00e9server son intimit\u00e9 familiale, mais aussi d\u2019un \u00ab&nbsp;noyau dur&nbsp;\u00bb&nbsp;: certains parents sont hostiles \u00e0 toute \u00e9valuation car leurs enfants vont mal.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les deux temps de la recherche australienne<\/h3>\n\n\n\n<p>Ces recherches, de par leur ampleur et leur rigueur, sont consid\u00e9r\u00e9es comme les plus avanc\u00e9es au niveau international. Ceci est li\u00e9 \u00e0 deux facteurs. Tout d\u2019abord, les s\u00e9parations de couple apr\u00e8s un an de vie commune, fr\u00e9quentes dans ce pays immense, ont comme cons\u00e9quence des nourrissons et des enfants petits qui font des heures d\u2019avion pour aller du domicile d\u2019un parent \u00e0 celui d\u2019un autre lorsqu\u2019un parent change de lieu d\u2019habitation. Mais surtout, le Minist\u00e8re de la Famille est consid\u00e9r\u00e9 comme un des Minist\u00e8res les plus importants quels que soient les gouvernements.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, apr\u00e8s le vote de la loi l\u00e9galisant la r\u00e9sidence altern\u00e9e en 2006, 6 \u00e9tudes, d\u00e9crites par Smyth (2009), sont r\u00e9alis\u00e9es, qui aboutissent, entre autres, aux constatations suivantes&nbsp;: il y a plus de r\u00e9sidence altern\u00e9e dans les situations de fort conflit parental que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. C\u2019est sur l\u2019enjeu du \u00ab&nbsp;temps&nbsp;\u00bb que se focalisent le conflit et les consid\u00e9rations financi\u00e8res. Le risque est de croire que les probl\u00e8mes seront r\u00e9gl\u00e9s par une r\u00e9partition sym\u00e9trique de la garde. Deux groupes de situations sont \u00e0 risque&nbsp;: le jeune \u00e2ge et le fort confit parental donc il est indispensable d\u2019affiner les recherches dans ces deux contextes. En cons\u00e9quence, le Minist\u00e8re de la Justice demande que des \u00e9tudes plus pr\u00e9cises soient r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 la recherche de crit\u00e8res qui puissent aider les professionnels. D\u00e9bute alors, dans un deuxi\u00e8me temps, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9tudes \u00ab&nbsp;sans parti pris pour ou contre la r\u00e9sidence altern\u00e9e&nbsp;\u00bb. Un financement de 6,3 millions de dollars est attribu\u00e9 pour \u00e9valuer les effets de ce mode d\u2019h\u00e9bergement, ce qui souligne la pr\u00e9occupation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 concernant ses enfants (McIntosh <em>et coll.<\/em>, 2010 a et b).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Etudes concernant la r\u00e9sidence altern\u00e9e chez les enfants de moins de 5 ans<\/h3>\n\n\n\n<p>1- Solomon et George, USA (1999 a, b, c)<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 145 enfants \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 20 mois puis revus entre l\u2019\u00e2ge de 24 \u00e0 30 mois.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comparaison entre trois groupes&nbsp;: parents non s\u00e9par\u00e9s (groupe 1), parents s\u00e9par\u00e9s sans nuit de l\u2019enfant chez le p\u00e8re (groupe 2), parents s\u00e9par\u00e9s avec nuit(s) chez le p\u00e8re (groupe 3).<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Utilisation d\u2019une \u00e9chelle de conflictualit\u00e9 parentale.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; But&nbsp;: \u00e9valuer les effets de nuits pass\u00e9es chez le parent qui n\u2019a pas d\u2019h\u00e9bergement principal (<em>overnight visitation<\/em>). Cette \u00e9tude n\u2019est donc pas centr\u00e9e directement sur l\u2019impact de la r\u00e9sidence altern\u00e9e. Ses r\u00e9sultats sont les suivants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>1-1) <em>Entre 12 et 20 mois<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Statistiquement, le groupe 3 va plus mal et manifeste plus de signes d\u2019attachement <em>insecure<\/em> d\u00e9sorganis\u00e9\/d\u00e9sorient\u00e9&nbsp;: Groupe 1 =&gt; 35&nbsp;%&nbsp;; Groupe 2 =&gt; 43&nbsp;%&nbsp;; Groupe 3 =&gt; 66&nbsp;%. Les chiffres sont plus mauvais en cas de conflit parental associ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sympt\u00f4mes de cette forme d\u2019attachement <em>insecure<\/em> sont&nbsp;: 1) des moments d\u2019hypervigilance, d\u2019agrippement, d\u2019agressivit\u00e9 pendant des jours ou des semaines&nbsp;; 2) une hypersensibilit\u00e9 \u00e0 toute s\u00e9paration potentielle ou r\u00e9elle avec la m\u00e8re avec des signes d\u2019angoisse majeurs&nbsp;; 3) des nourrissons qui ne vont bien ni au moment des s\u00e9parations ni au moment des retrouvailles&nbsp;; 4) et qui ne consid\u00e8rent pas que leurs parents soient capables de les aider dans ces circonstances. Il s\u2019agit des m\u00eames sympt\u00f4mes que ceux d\u00e9crits par Berger <em>et coll.<\/em> en 2004, lesquels ajoutent les troubles du sommeil et des moments de sid\u00e9ration avec un visage fig\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>1-2) <em>Entre 24 et 30 mois<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9valuation porte en plus sur la fr\u00e9quence des ruptures brutales dans les activit\u00e9s propos\u00e9es (petits \u00ab&nbsp;probl\u00e8mes&nbsp;\u00bb \u00e0 r\u00e9soudre) qui permettent d\u2019\u00e9valuer la capacit\u00e9 d\u2019explorer et la continuit\u00e9 de la pens\u00e9e. Cet item est int\u00e9ressant car on sait qu\u2019un enfant a besoin d\u2019un attachement <em>secure<\/em> pour pouvoir activer les comportements d\u2019exploration de son environnement&nbsp;: Groupe 1 et 2 =&gt; 27&nbsp;%&nbsp;; Groupe 3 =&gt; 51&nbsp;%.<\/p>\n\n\n\n<p>1-3) <em>Conclusions des auteurs<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>1) Ces r\u00e9sultats sont probablement en lien avec l\u2019angoisse fr\u00e9quente au moment de la s\u00e9paration le soir chez l\u2019enfant petit&nbsp;; avec la difficult\u00e9 pour un nourrisson de garder de mani\u00e8re durable dans son psychisme l\u2019image du parent qui a l\u2019h\u00e9bergement principal&nbsp;; et avec le besoin de continuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>2) L\u00e0 o\u00f9 les nuits pass\u00e9es chez le p\u00e8re n\u2019apportent pas d\u2019avantages concernant la qualit\u00e9 de la relation p\u00e8re\/nourrisson.<\/p>\n\n\n\n<p>3) La conflictualit\u00e9 entre les parents para\u00eet \u00eatre un facteur important d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 pour l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>4) \u00ab&nbsp;Les tribunaux ont \u00e0 accepter que le divorce cr\u00e9e, au moins temporairement, une situation dans laquelle le meilleure int\u00e9r\u00eat du petit enfant n\u2019est pas synonyme d\u2019\u00e9quit\u00e9 pour les deux parents\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>2) <em>McIntosh, Smyth, Kelaher<\/em> (Australie, 2010 a). Il s\u2019agit de l\u2019\u00e9tude la plus importante au monde&nbsp;: 2059 enfants. La m\u00e9thodologie est impressionnante.<\/p>\n\n\n\n<p>2-1) 3 groupes d\u2019\u00e2ge&nbsp;: &lt; 2 ans&nbsp;: 258 enfants&nbsp;; 2 \u00e0 4 ans&nbsp;: 509 enfants&nbsp;; 4 \u00e0 5 ans&nbsp;: 1292 enfants<\/p>\n\n\n\n<p>2-2) Dans chaque groupe d\u2019\u00e2ge<\/p>\n\n\n\n<p>4 sous-groupes sont \u00e9tudi\u00e9s selon les modes d\u2019h\u00e9bergement&nbsp;: famille \u00ab&nbsp;intacte&nbsp;\u00bb&nbsp;; h\u00e9bergement principal chez un parent&nbsp;; r\u00e9sidence altern\u00e9e = 35&nbsp;% ou + de nuits \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur (5 nuits ou plus par quinzaine)&nbsp;; rares nuits \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur = moins d\u2019une fois par mois ou entre une fois par mois et une fois par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour les enfants de moins de 2 ans, \u00e9tant donn\u00e9 leur sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re, et pour pouvoir comparer avec l\u2019\u00e9tude de Solomon et George, on a qualifi\u00e9 de r\u00e9sidence altern\u00e9e les situations o\u00f9 un nourrisson passe une nuit par semaine ou plus chez l\u2019autre parent.<\/p>\n\n\n\n<p>2-3) Dans chacun de ces groupes, plusieurs items sont \u00e9tudi\u00e9s (vigilance au sens de maintien fr\u00e9quent du contact visuel avec la figure d\u2019attachement, asthme, hyperactivit\u00e9, troubles affectifs, probl\u00e8mes de sommeil), en fonction&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>du mode de garde<\/li><li>du mode de garde + la qualit\u00e9 du parentage (\u00ab&nbsp;disponibilit\u00e9 \u00e9motionnelle&nbsp;\u00bb), style chaleureux, hostile, \u00e9chelle de communication CSBS<\/li><li>du mode de garde + la qualit\u00e9 du parentage + la qualit\u00e9 de la relation entre les parents (<em>Parental Conflict Scale<\/em>)<\/li><li>du mode de garde + la qualit\u00e9 du parentage + l\u2019\u00e9chelle de conflit + les caract\u00e9ristiques socio- \u00e9conomiques des parents (m\u00e9tier, \u00e9ducation, distance entre les deux parents, etc.)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ceci permet de d\u00e9finir par comparaison les troubles li\u00e9s au mode de garde en lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>2-4) Principaux r\u00e9sultats<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour les enfants de moins de 2 ans<\/h4>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sidence altern\u00e9e a un effet ind\u00e9pendant des autres facteurs sur&nbsp;: pr\u00e9sence et fr\u00e9quence de troubles du sommeil&nbsp;; pleurs d\u00e8s que l\u2019enfant est laiss\u00e9 seul pour jouer&nbsp;; pleurs continus, inconsolables pendant de longues minutes&nbsp;; hypervigilance et demande de maintien de contact \u00e0 proximit\u00e9&nbsp;; asthme. Les enfants en h\u00e9bergement principal ont le meilleur score pour l\u2019ensemble de ces troubles. Il n\u2019y a pas d\u2019incidence sur le d\u00e9veloppement psycho- moteur global. Seule la sph\u00e8re affective est touch\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour les enfants \u00e2g\u00e9s de 2-3 ans<\/h4>\n\n\n\n<p>Dans le groupe des enfants en r\u00e9sidence altern\u00e9e, on observe un plus bas niveau de pers\u00e9v\u00e9rance dans la pens\u00e9e et les activit\u00e9s, \u00e9valu\u00e9 par la capacit\u00e9 de jouer de mani\u00e8re continue&nbsp;; d\u2019examiner les objets&nbsp;; de reprendre une activit\u00e9 apr\u00e8s son interruption. Il s\u2019agit de signes pr\u00e9curseurs de l\u2019hyperactivit\u00e9 avec troubles attentionnels d\u00e9crite plus loin). Sur une \u00e9chelle de pers\u00e9v\u00e9rance allant de 3,7 \u00e0 4,4, le score est de 4,3 pour le groupe 1&nbsp;; 4,1 pour le groupe 2&nbsp;; et 3,9 pour le groupe 3. Ces recherches permettent d\u2019\u00e9mettre l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019augmentation du nombre d\u2019enfants qui pr\u00e9sentent une hyperkin\u00e9sie avec troubles attentionnels peut \u00eatre en lien avec l\u2019augmentation du nombre de s\u00e9parations parentales, qui cr\u00e9ent de la discontinuit\u00e9 au niveau des adultes de r\u00e9f\u00e9rence et du cadre de vie. Comme l\u2019a indiqu\u00e9 Winnicott en 1962, l\u2019hyperkin\u00e9sie et le trouble attentionnel peuvent dans certains cas \u00eatre li\u00e9s \u00e0 une rupture pr\u00e9coce et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de la continuit\u00e9 du sentiment d\u2019exister.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour les enfants \u00e2g\u00e9s de 4-5 ans<\/h4>\n\n\n\n<p>Le trouble attentionnel est \u00e0 un niveau 0,6 (en score mesur\u00e9 de 0 \u00e0 4) pour un enfant \u00e9lev\u00e9 dans une famille \u00ab&nbsp;intacte&nbsp;\u00bb (groupe 1)&nbsp;; de 1 en h\u00e9bergement principal (groupe 2)&nbsp;; et de 3,5 en r\u00e9sidence altern\u00e9e 35\/65. Pour l\u2019hyperkin\u00e9sie, les chiffres sont de 2,4 (groupe 1)&nbsp;; 2,8 (groupe 2)&nbsp;; 3,5 (groupe 3).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions g\u00e9n\u00e9rales<\/h2>\n\n\n\n<p>1- Des pr\u00e9cautions sont n\u00e9cessaires pour les enfants de moins de 5 ans car les droits d\u2019h\u00e9bergement concernant la nuit peuvent perturber gravement le d\u00e9veloppement du jeune enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de nuits r\u00e9guli\u00e8res hors du lieu d\u2019h\u00e9bergement principal avant 2 ans. Pour envisager une s\u00e9paration nocturne r\u00e9guli\u00e8re, il faut attendre que l\u2019enfant soit capable de comprendre ce qu\u2019on lui dit&nbsp;; pouvoir anticiper et comprendre ce que \u00ab&nbsp;demain&nbsp;\u00bb veut dire&nbsp;; pouvoir exprimer verbalement ses besoins. Ces conditions ne sont souvent r\u00e9unies qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans.<\/p>\n\n\n\n<p>2- Il faut qu\u2019il existe une communication fluide entre les parents, le conflit entre eux ayant un aspect nocif&nbsp;; que les contacts avec l\u2019autre parent soient fr\u00e9quents mais significatifs et des contacts fr\u00e9quents et signifiants mais progressifs avec l\u2019autre parent. Ces recommandations sont pr\u00e9cis\u00e9es de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e sur le site de la branche fran\u00e7aise de la WAIMH.<\/p>\n\n\n\n<p>3- Les enfants en r\u00e9sidence altern\u00e9e rigide sont de plus en plus insatisfaits au fil du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>4- Suite \u00e0 la mise en place d\u2019une r\u00e9sidence altern\u00e9e, des probl\u00e8mes affectifs surviennent fr\u00e9quemment. Ce sont les difficult\u00e9s de concentration qui persistent le plus alors qu\u2019elles diminuent dans les autres groupes d\u2019enfants. Les enfants dans les dispositifs longtemps rigides montrent plus de sympt\u00f4mes internalis\u00e9s (angoisse, d\u00e9pression, inhibition) que les enfants dans les arrangements flexibles de toute sortes.<\/p>\n\n\n\n<p>5- Surprise&nbsp;: \u00ab&nbsp;La fr\u00e9quence des contacts n\u2019est pas corr\u00e9l\u00e9e avec un meilleur accordage entre l\u2019enfant et son p\u00e8re. C\u2019est la qualit\u00e9 de la relation entre le p\u00e8re et l\u2019enfant qui prime sur la quantit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>6- Contrairement \u00e0 ce qui est souvent avanc\u00e9, 4 \u00e9tudes de 3 pays montrent qu\u2019un contact plus fr\u00e9quent avec le p\u00e8re n\u2019est pas associ\u00e9 avec une meilleure sant\u00e9 mentale de l\u2019enfant. Et aucune \u00e9tude ne permet d\u2019indiquer que la r\u00e9sidence altern\u00e9e pourrait pr\u00e9venir l\u2019absence du p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>7- Les enfants captur\u00e9s par un conflit interparental ouvert ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de la r\u00e9sidence altern\u00e9e. Et les \u00e9tudes australiennes constatent des violences conjugales judiciairement d\u00e9finies de la part des p\u00e8res dans 34&nbsp;% des cas dans l\u2019ann\u00e9e d\u2019\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>8- Les caract\u00e9ristiques qui permettent de pr\u00e9dire un bon arrangement parental partag\u00e9, avec une meilleure satisfaction de l\u2019enfant sont la flexibilit\u00e9 (non chaotique)&nbsp;; une bonne base de coop\u00e9ration entre les parents avant la s\u00e9paration&nbsp;; un arrangement centr\u00e9 sur l\u2019enfant et pas sur les adultes.<\/p>\n\n\n\n<p>9- Impact l\u00e9gislatif&nbsp;: suite aux conclusions des recherches de ce type, la Californie a modifi\u00e9 sa loi en abolissant les r\u00e9sidences altern\u00e9es impos\u00e9es, la Su\u00e8de et le Danemark ont fait de m\u00eame. La Nouvelle Z\u00e9lande refuse que la r\u00e9sidence altern\u00e9e figure dans la loi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions cliniques&nbsp;: un extrait des consultations avec Ludovic<\/h2>\n\n\n\n<p>Madame X demande une consultation pour Ludovic, son fils \u00e2g\u00e9 de trois ans onze mois, qui pr\u00e9sente des troubles du sommeil persistant depuis la mise en place du mode d\u2019h\u00e9bergement d\u00e9crit ci-apr\u00e8s. Monsieur Y, le p\u00e8re, a exig\u00e9 l\u2019instauration imm\u00e9diate d\u2019une r\u00e9sidence altern\u00e9e d\u00e8s que le couple s\u2019est s\u00e9par\u00e9 lorsque l\u2019enfant avait huit mois. Pour \u00e9viter ce dispositif, Madame X a accept\u00e9 que Ludovic aille chez son p\u00e8re un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir, et la moiti\u00e9 des vacances scolaires par tranches de quinze jours. Chaque fois que Ludovic \u00e9tait avec lui, Monsieur Y a emp\u00each\u00e9 tout contact avec sa m\u00e8re. Lorsque Madame X t\u00e9l\u00e9phonait, elle tombait toujours sur un r\u00e9pondeur et Monsieur ne rappelait jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Re\u00e7ue seule, Mme X m\u2019explique que Monsieur Y l\u2019a quitt\u00e9e quelques mois apr\u00e8s la naissance de leur enfant parce qu\u2019il se sentait d\u00e9laiss\u00e9 quand elle s\u2019occupait du b\u00e9b\u00e9. D\u00e8s la mise en place de ce mode d\u2019h\u00e9bergement, Ludovic pr\u00e9sente plusieurs sympt\u00f4mes. Il part chez son p\u00e8re en hurlant et en revient encore plus mal, l\u2019air perdu, ne parlant pas, ne r\u00e9pondant pas, et il met au moins un jour \u00e0 se r\u00e9approprier sa chambre. Il pr\u00e9sente rapidement des difficult\u00e9s d\u2019endormissement qui sont toujours aussi intenses actuellement. Chaque soir, il a besoin de ritualiser de mani\u00e8re importante le moment du coucher. Il faut que son doudou soit toujours exactement dans la m\u00eame position. Il r\u00e9p\u00e8te de nombreuses fois la question&nbsp;: \u00ab&nbsp;Rien ne va venir&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Peu avant de partir chez son p\u00e8re, il dit \u00e0 sa m\u00e8re avoir peur qu\u2019elle ne meure pendant son absence, et donc qu\u2019il ne la retrouve pas quand il reviendra chez elle. Et d\u00e8s qu\u2019il a su parler, il a demand\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re pourquoi elle le laissait partir. Elle n\u2019a jamais critiqu\u00e9 son ex-compagnon devant Ludovic afin de ne pas mettre son fils dans une situation difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>Ludovic pr\u00e9sente une hypermaturit\u00e9 qui explique la clart\u00e9 de ses propos, comme c\u2019est fr\u00e9quemment le cas chez les enfants qui ont d\u00fb affronter trop t\u00f4t certaines \u00e9preuves dans leur existence. Quand je le re\u00e7ois seul, il explique qu\u2019il a toujours pu apporter son doudou et sa sucette chez son p\u00e8re, mais que ce dernier les lui enlevait \u00e0 son arriv\u00e9e et les rempla\u00e7ait par des objets strictement identiques. Il commente&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a le doudou de papa et le doudou de maman&nbsp;\u00bb. Je lui fais remarquer que d\u2019habitude si un enfant tient autant \u00e0 son doudou, c\u2019est parce que c\u2019est le sien et pas celui de papa ou de maman, et qu\u2019il peut le garder avec lui partout. Il acquiesce. Je l\u2019interroge&nbsp;: \u00ab&nbsp;A-t-il demand\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re pourquoi il devait changer de doudou et pourquoi il ne pouvait pas parler \u00e0 sa m\u00e8re au t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;?&nbsp;\u00bb Il r\u00e9pond qu\u2019il a oubli\u00e9 de le demander. Il a aussi peur le soir chez son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Je retourne chercher Madame X dans la salle d\u2019attente, et apr\u00e8s un temps de discussion, je demande \u00e0 Ludovic s\u2019il souhaite poser des questions. Il prononce alors une phrase stup\u00e9fiante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment maman a-t-elle fait pour revenir&nbsp;?&nbsp;\u00bb Comme je ne comprends pas, il pr\u00e9cise&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment maman a-t-elle fait pour revenir de la salle d\u2019attente au bureau (de consultation)&nbsp;?&nbsp;\u00bb La question ne se situe pas \u00e0 un niveau rationnel&nbsp;: les pi\u00e8ces ne sont distantes que de quelques m\u00e8tres, les enfants petits rep\u00e8rent ais\u00e9ment l\u2019itin\u00e9raire. Et puis Ludovic m\u2019a vu aller chercher sa m\u00e8re et a donc pu penser qu\u2019elle m\u2019a suivi pour revenir dans mon bureau. Je lui demande alors s\u2019il pensait que sa m\u00e8re n\u2019arriverait pas \u00e0 le retrouver, et il r\u00e9pond que oui.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui propose alors une construction historique et lui demande si, de la m\u00eame mani\u00e8re, lorsqu\u2019il \u00e9tait chez son p\u00e8re, il pensait que sa m\u00e8re l\u2019avait perdu et que, lui, l\u2019avait perdue. Il r\u00e9pond l\u00e0 aussi positivement. J\u2019\u00e9voque sa crainte que sa m\u00e8re ne meure. S\u2019il a en permanence cette peur, c\u2019est peut-\u00eatre parce que dans son esprit, il a d\u00e9j\u00e0 eu le sentiment de perdre compl\u00e8tement sa m\u00e8re de nombreuses fois. Sur une feuille, je dessine une succession de semaines et lui explique qu\u2019un enfant de huit mois et m\u00eame plus \u00e2g\u00e9 ne peut garder l\u2019image de sa maman dans la t\u00eate que pendant un certain nombre de jours&nbsp;; au-del\u00e0, cette image s\u2019efface et c\u2019est comme si sa m\u00e8re n\u2019existait plus pour lui. C\u2019est peut-\u00eatre ce qui s\u2019est pass\u00e9 pour lui, en particulier lorsqu\u2019il restait quinze jours sans voir ni entendre sa m\u00e8re. Il perdait aussi l\u2019image de sa maison puisqu\u2019il ne reconnaissait pas sa chambre lorsqu\u2019il revenait. Ce n\u2019est que lorsqu\u2019on est plus grand que l\u2019image reste imprim\u00e9e sans s\u2019effacer. Peut-\u00eatre y a-t-il toujours en lui un Ludovic petit qui garde ces peurs du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, il imaginait que la m\u00eame chose se passait pour sa m\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle perdait l\u2019image de Ludovic puisqu\u2019il pensait qu\u2019elle ne lui t\u00e9l\u00e9phonait pas. Et c\u2019est pourquoi il croyait qu\u2019elle ne pourrait pas retrouver le bureau et revenir le chercher.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est que trois ans plus tard et apr\u00e8s de nombreux entretiens, qu\u2019il aura moins peur le soir. On constate comment cet enfant n\u2019a pas eu d\u2019autre choix pour sa survie psychique que de se cliver. Et par ailleurs, de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9titive, il perd doublement sa m\u00e8re, physiquement parce qu\u2019elle est inaccessible, psychiquement parce qu\u2019il n\u2019a pas le droit de l\u2019\u00e9voquer en pens\u00e9e lorsqu\u2019il est chez son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec du recul, j\u2019ai constat\u00e9 que j\u2019avais peu de possibilit\u00e9 d\u2019aider ces enfants. Souvent, dans de tels contextes, l\u2019enfant ne comprend pas pourquoi nous ne faisons rien pour changer sa r\u00e9alit\u00e9 douloureuse alors que nous montrons que nous comprenons ses sentiments. D\u2019une certaine mani\u00e8re, plus nous mettons de mots sur ce qu\u2019il ressent, plus nous risquons d\u2019appara\u00eetre \u00e0 ses yeux comme un complice de ce qui le fait souffrir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences tardives<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous recueillons d\u00e8s maintenant du mat\u00e9riel montrant que malgr\u00e9 les soins, les traces pr\u00e9coces des troubles li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9sidence altern\u00e9e risquent de persister \u00e0 l\u2019adolescence et \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi les parents de Carole, 12 ans, n\u2019ont jamais v\u00e9cu ensemble, le p\u00e8re ayant m\u00eame exig\u00e9 un avortement lorsque la future m\u00e8re lui apprend sa grossesse, mais elle ne peut assumer une IVG. Consciente de l\u2019importance d\u2019un p\u00e8re pour un enfant, c\u2019est elle qui insiste pour qu\u2019il s\u2019investisse dans les soins aupr\u00e8s du futur b\u00e9b\u00e9. Changement radical, le p\u00e8re se livre alors \u00e0 un chantage&nbsp;: il s\u2019occupera du b\u00e9b\u00e9 si la m\u00e8re accepte de vivre en couple avec lui, sinon il saisira la justice et demandera un large droit de visite. Comme la m\u00e8re refuse, alors que Carole a 8-9 mois, le juge ordonne un droit d\u2019h\u00e9bergement pour le p\u00e8re d\u2019un week-end sur deux du vendredi au dimanche soir et un milieu de semaine sur deux plus la moiti\u00e9 des vacances scolaires, c\u2019est-\u00e0-dire un mois complet l\u2019\u00e9t\u00e9. D\u2019embl\u00e9e, l\u2019enfant pr\u00e9sente tous les sympt\u00f4mes d\u00e9crits ci-dessus avec une intensit\u00e9 majeure. Lorsque le p\u00e8re prend l\u2019enfant malgr\u00e9 ses manifestations d\u2019angoisse intensive et ses hurlements, son raisonnement est \u00ab\u00a0si l\u2019enfant pleure, c\u2019est parce que son p\u00e8re lui manque\u00a0\u00bb. C\u2019est la m\u00e8re du p\u00e8re qui le garde en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A douze ans, Carole commence seulement \u00e0 pouvoir aller faire seule un achat, sa m\u00e8re restant dans la voiture devant le magasin. Lorsqu\u2019elle est chez son p\u00e8re, elle fait une attaque de panique qui am\u00e8ne son p\u00e8re \u00e0 la faire hospitaliser en urgence en p\u00e9diatrie. Elle souffre d\u2019une angoisse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e avec des moments d\u2019agoraphobie et une peur massive \u00e0 l\u2019id\u00e9e de toute s\u00e9paration, alors que les deux autres enfants de la m\u00e8re, n\u00e9s ensuite d\u2019une autre union, vont bien. Une psychoth\u00e9rapie classique la soulage au sens o\u00f9 elle peut mettre des mots sur ce qu\u2019elle a ressenti plus petite, mais la symptomatologie s\u2019aggrave et devient handicapante avec l\u2019apparition d\u2019une phobie scolaire. Savons-nous traiter ces traces pr\u00e9coces&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Je reviens sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019articuler la clinique et le l\u00e9gislatif. D\u2019un point de vue l\u00e9gislatif, m\u00eame si cela heurte les cliniciens, il n\u2019est pas possible de raisonner en termes de \u00ab&nbsp;sur mesure&nbsp;\u00bb. Certes les \u00e9tudes ne montrent pas la survenue de troubles dans cent pour cent des situations, certains enfants supportant un rythme de vie qui en d\u00e9sorganise d\u2019autres. Mais, souligne J. Phelip, dit-on que le tabac n\u2019est pas dangereux parce que cent pour cent des fumeurs ne font pas un cancer du poumon&nbsp;? La r\u00e9alit\u00e9 est que les Juges des Affaires Familiales n\u2019ont pas le temps de faire du cas par cas. Surtout, le cas par cas sera utilis\u00e9 pour dire \u00ab&nbsp;on essaie&nbsp;\u00bb, alors qu\u2019en France, dans la majorit\u00e9 des cas les magistrats ne reviennent pas sur la d\u00e9cision initiale lorsqu\u2019on peut supposer que l\u2019h\u00e9bergement en r\u00e9sidence altern\u00e9e est \u00e0 l\u2019origine des troubles. Et quand on fait un \u00ab&nbsp;essai&nbsp;\u00bb, l\u2019exemple de Ludovic montre que les traces pr\u00e9coces peuvent persister. Pourtant le projet de loi de Septembre 2013 pr\u00e9conise de mettre tout de suite en place une r\u00e9sidence altern\u00e9e et d\u2019\u00e9valuer ensuite dans le cadre d\u2019une m\u00e9diation s\u2019il faut la maintenir ou pas. Yvon Gauthier, psychanalyste qu\u00e9b\u00e9cois, \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les enfants sont-ils les cobayes de la pr\u00e9somption du tribunal en faveur de la garde partag\u00e9e&nbsp;?&nbsp;\u00bb (2008).<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mots sur la m\u00e9diation, pr\u00e9sent\u00e9e par les politiques comme LA solution. Tout d\u2019abord, elle est formellement contre indiqu\u00e9e en cas de violence conjugale. Mais en plus, en France pour certains m\u00e9diateurs, elle peut avoir essentiellement pour but de parvenir \u00e0 un accord entre les parents, fut-ce au d\u00e9triment des besoins de l\u2019enfant, avec des m\u00e9diateurs parfois non form\u00e9s dans le domaine du d\u00e9veloppement de l\u2019enfant petit, certains d\u2019entre eux \u00e9tant par ailleurs membres d\u2019associations de p\u00e8res. A l\u2019inverse, dans la loi australienne, les parties ne sont pas autoris\u00e9es \u00e0 porter leur affaire devant un tribunal tant qu\u2019elles ne peuvent pas prouver avoir essay\u00e9 de r\u00e9soudre leurs conflits avec l\u2019aide d\u2019un m\u00e9diateur qui a une formation pouss\u00e9e concernant le d\u00e9veloppement affectif de l\u2019enfant (Smyth, 2013). S\u2019il l\u2019estime n\u00e9cessaire, le m\u00e9diateur peut donner des conseils et faire des recommandations \u00e0 la Cour. La clause de confidentialit\u00e9 n\u2019existe donc plus. Le m\u00e9diateur cherche \u00e0 orienter les parents vers les besoins de leur enfant, en insistant sur l\u2019importance de ne pas l\u2019exposer au conflit conjugal. Dans un type de m\u00e9diation incluant l\u2019enfant, en plus, un sp\u00e9cialiste de l\u2019enfance travaille avec l\u2019enfant pour l\u2019aider \u00e0 construire une repr\u00e9sentation de son monde interne, en particulier concernant la mani\u00e8re dont il ressent la s\u00e9paration et les disputes parentales. Avec tact et en s\u2019adaptant \u00e0 leurs capacit\u00e9s \u00e9motionnelles, ce professionnel restitue ces propos aux parents et au m\u00e9diateur, en tant que mat\u00e9riel pouvant participer \u00e0 la r\u00e9solution du conflit, restitution qui n\u2019a jamais lieu en pr\u00e9sence de l\u2019enfant. Cette approche agit comme une \u00ab&nbsp;sonnerie de r\u00e9veil&nbsp;\u00bb pour les parents qui se disputent. Dans ces dispositifs, les m\u00e9diateurs et les juges consid\u00e8rent qu\u2019il est plus efficace de poser des questions qui \u00e9loignent les parties de leur focalisation sur leurs droits et sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 du temps d\u2019h\u00e9bergement. Ces questions concernent ce qui est le mieux pour l\u2019enfant et peuvent \u00eatre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quel genre de parents voulez-vous \u00eatre&nbsp;?&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Quels souvenirs voulez-vous que votre enfant garde de vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que votre ex-conjoint et vous-m\u00eame pourriez faire de diff\u00e9rent qui aiderait votre enfant&nbsp;?&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Avez-vous pens\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re dont votre s\u00e9paration et vos fr\u00e9quentes disputes peuvent l\u2019affecter&nbsp;? Voil\u00e0 la mani\u00e8re dont il les ressent&nbsp;\u00bb. Il vaut mieux une loi claire et protectrice centr\u00e9e sur le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant \u00e0 partir de nos connaissances, car on peut toujours assouplir et nuancer secondairement au cas par cas, plut\u00f4t qu\u2019une loi \u00ab&nbsp;molle&nbsp;\u00bb qui alimente les d\u00e9rapages et les revendications sans fin. Donc je paraphraserai Rabelais en disant qu\u2019en ce qui concerne la r\u00e9sidence altern\u00e9e, si nous ne nous positionnons pas rapidement aupr\u00e8s des Minist\u00e8res concern\u00e9s sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un principe de pr\u00e9caution, nos consultations seront pleines d\u2019enfants qui pr\u00e9senteront des troubles que nous aurons les plus grandes difficult\u00e9s \u00e0 traiter. En ce moment m\u00eame, des milliers d\u2019enfants \u00e9prouvent comme Ludovic, le sentiment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de perdre leur figure principale s\u00e9curisante et constitutive de leur identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u00e9tudes s\u00e9rieuses et notre clinique d\u00e9montrent les risques. Donc nous pouvons demander que les Minist\u00e8res concern\u00e9s sollicitent une inversion de la preuve, c\u2019est-\u00e0-dire que les associations de p\u00e8res fournissent des \u00e9tudes m\u00e9thodologiquement valables montrant l\u2019absence de nocivit\u00e9 de la r\u00e9sidence altern\u00e9e avant six ans et m\u00eame apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous exer\u00e7ons notre m\u00e9tier parce que c\u2019est la clinique qui nous int\u00e9resse, mais le probl\u00e8me est que la politique et le champ social y font intrusion. Nous craignons de laisser contaminer notre domaine par une attitude \u00ab\u00a0militante\u00a0\u00bb si nous agissons. Mais agir pour pr\u00e9venir n\u2019est pas militer. Serge Lebovici, Michel Soul\u00e9, Myriam David, Jeanine No\u00ebl, Danielle Rapoport, et tant d\u2019autres de nos mod\u00e8les ont agi \u00e0 partir de leur savoir et de leur exp\u00e9rience clinique. Nous sommes nombreux \u00e0 \u00eatre inquiets\u00a0: en Novembre 2013, une p\u00e9tition pr\u00e9sent\u00e9e par B. Golse, A. Guedeney, M. Berger, E. Bonneville, A. Ciccone, E. Izard, J. Phelip, a recueilli en deux semaines les signatures de plus de 4400 professionnels de l\u2019enfance. Elle demande que soit vot\u00e9e une loi protectrice interdisant la r\u00e9sidence altern\u00e9e pour les enfants \u00e2g\u00e9s de moins de six ans, sauf accord librement consenti par les deux parents, et dans toutes les situations de conflit parental ouvert quel que soit l\u2019\u00e2ge de l\u2019enfant. Il y est aussi rappel\u00e9 qu\u2019aucun travail ne donne de validit\u00e9 scientifique au concept de syndrome d\u2019ali\u00e9nation parentale. La r\u00e9ponse des\u00a0<em>lobbies<\/em>\u00a0concern\u00e9s est un projet de loi sur l\u2019autorit\u00e9 parentale pr\u00e9sent\u00e9 en Mai 2014 qui avance d\u00e9guis\u00e9\u00a0: les mots \u00ab\u00a0r\u00e9sidence altern\u00e9e\u00a0\u00bb n\u2019y figurent plus mais sont pr\u00f4n\u00e9s \u00ab\u00a0des relations \u00e9quilibr\u00e9es et r\u00e9guli\u00e8res entre les deux parents avec une alternance, une double domiciliation de l\u2019enfant\u00a0\u00bb, un accord des deux pour les actes usuels et non plus seulement importants de la vie de l\u2019enfant\u00a0; tout ceci, toujours dans son int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Une description plus compl\u00e8te de ces recherches concernant les enfants \u00e2g\u00e9s de 0 \u00e0 18 ans se trouve sur le site <a>www.mauriceberger.net<\/a><\/li><li>En 2013, Tornello et Emery (USA) proposent une \u00e9tude proche de celle de Solomon et George, qui porte sur 4898 enfants \u00e2g\u00e9s de 0 \u00e0 1 an et de 1 \u00e0 3 ans dont les parents sont s\u00e9par\u00e9s et \u00e9lev\u00e9s par leur m\u00e8re seule. Elle concerne des familles fragiles socio-\u00e9conomiquement. Les auteurs s\u2019\u00e9tonnent de constater que les m\u00e8res trouvent que leur ex-compagnon est un meilleur p\u00e8re s\u2019il s\u2019occupe plus fr\u00e9quemment de l\u2019enfant, y compris pendant la nuit, alors que les enfants concern\u00e9s pr\u00e9sentent plus de comportements ins\u00e9curis\u00e9s. On peut se demander si dans ces familles fragiles avec une m\u00e8re isol\u00e9e, le fait que le p\u00e8re s\u2019occupe de l\u2019enfant est ressenti par la m\u00e8re comme une aide, sans prendre en compte l\u2019inqui\u00e9tude que cela peut g\u00e9n\u00e9rer chez l\u2019enfant petit.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9599?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Historique en France La loi de Mars 2002 l\u00e9galisant la r\u00e9sidence altern\u00e9e a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e pour satisfaire la demande d\u2019associations de p\u00e8res qui estimaient que les d\u00e9cisions judiciaires ne leur laissaient pas une place suffisante, et au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1231],"thematique":[1260,351],"auteur":[1639],"dossier":[284],"mode":[61],"revue":[285],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9599","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-enfance","thematique-divorce","thematique-societe","auteur-maurice-berger","dossier-la-residence-alternee","mode-gratuit","revue-285","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9599"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9599\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14433,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9599\/revisions\/14433"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9599"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9599"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9599"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9599"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9599"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9599"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9599"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}