{"id":9579,"date":"2021-08-22T07:30:15","date_gmt":"2021-08-22T05:30:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/alina-szapocnikow-du-dessin-a-la-sculpture-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:30:15","modified_gmt":"2021-08-22T05:30:15","slug":"alina-szapocnikow-du-dessin-a-la-sculpture","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/alina-szapocnikow-du-dessin-a-la-sculpture\/","title":{"rendered":"Alina Szapocnikow, du dessin \u00e0 la sculpture"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Centre Pompidou,&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; <br \/>\n27 f\u00e9vrier \u2013 20 mai 2013.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une d\u00e9couverte : Alina Szapocznikow (1926-1973). Tous ceux qui viennent voir cette exposition se disent : \u00ab Mais comment se fait-il qu\u2019on n\u2019avait pour ainsi dire pas entendu parler de cetteartiste ? \u00bb Qui s\u2019impose d\u2019embl\u00e9e comme une artiste majeure du 20\u00e8me si\u00e8cle. L\u2019exposition ne fait que nous y introduire, car elle montre surtout des dessins alors que Alina Szapocznikow est essentiellement une sculptrice (dont on peut&#160; d\u00e9couvrir les sculptures, faute de mieux, sur Internet).<\/p>\n<p>Alina Szapocznikow, d\u2019une famille juive de m\u00e9decins, a grandi dans la Pologne occup\u00e9e de la Seconde guerre mondiale, dans un ghetto, avant d\u2019\u00eatre intern\u00e9e \u00e0 Auschwitz, puis \u00e0 Bergen-Belsen. Adolescente, Alina travaille dans le camp comme infirmi\u00e8re aupr\u00e8s de sa m\u00e8re, m\u00e9decin. \u00c0 la fin de la guerre, elle s\u2019initie \u00e0 la sculpture \u00e0 Prague, puis, en 1947, elle viendra \u00e0 Paris. Suite aux s\u00e9quelles des camps, elle a une tuberculose, qui la laisse st\u00e9rile. Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1969, Alina Szapocznikow est atteinte d\u2019un cancer du sein qui l\u2019emporte en 1973, \u00e0 47 ans. <\/p>\n<p>Cette petite femme d\u2018un m\u00e8tre cinquante-deux, dr\u00f4le, intelligente, tr\u00e8s cosmopolite, ne voulait pas parler de ses souffrances. \u00abLa d\u00e9portation, je ne la raconte pas en public. C&rsquo;est trop impudique. \u00bb. <br \/>\nLe corps est au centre de son \u0153uvre, surtout le corps f\u00e9minin, objet de transformations et de&#160; m\u00e9tamorphoses. Artiste innovante, elle introduit dans son oeuvre le moulage des parties de son propre corps et utilise des mat\u00e9riaux nouveaux comme le polyester. Comme Rodin, elle d\u00e9membre le corps&#160;&#160;&#160;&#160; humain &#8211; son propre corps &#8211; qui&#160;&#160; devient son sujet privil\u00e9gi\u00e9. Corps morcel\u00e9s, d\u00e9form\u00e9s, tant\u00f4t \u00e9rotiques, tant\u00f4t monstrueux ; aussi bien fantaisistes que tragiques. A la fin de sa vie, sachant qu\u2019elle allait mourir, s\u2019ouvre une p\u00e9riode de cr\u00e9ation intense avec la s\u00e9rie des F\u00e9tiches, moulages de fragments corporels et d\u2019objets trouv\u00e9s. Et les Paysages Humains, o\u00f9 appara\u00eet la couleur dans un univers plus onirique, o\u00f9 on pourrait voir un apaisement ultime. <\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 reconnue tard, comme Louis Bourgeois, \u00e0 qui on la compare et avec laquelle il y a des affinit\u00e9s \u00e9videntes. Mais la diff\u00e9rence est que Alina Szapocznikow est morte \u00e0 47 ans, alors que Louise Bourgeois a v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 cent ans\u2026 Comment se serait d\u00e9velopp\u00e9e son \u0153uvre si elle avait v\u00e9cu plus longtemps ? <\/p>\n<p>Alina Szapocznikow est compl\u00e8tement engag\u00e9e dans ce travail sur le corps, en relation avec son histoire et sa maladie. Les corps mutil\u00e9s ne sont-ils pas l\u2019\u00e9vocation des corps tortur\u00e9s qu\u2019elle a vus dans les camps ? Ensuite, r\u00e9p\u00e9tition du traumatisme, les sculptures de corps d\u00e9coup\u00e9s, avec des tumeurs et des excroissances, ne sont-ils pas une mani\u00e8re de figurer &#8211; d\u2019exorciser ? &#8211; le corps malade, subissant chirurgies et traitements ? \u00ab Dessiner pour elle, c\u2019est penser le corps \u00bb, \u00e9crit un critique d\u2019art. Elle aimait, comme Louise Bourgeois, se faire photographier avec ses sculptures, qu\u2019elle rev\u00eat comme un habit ou qu\u2019elle habite comme un v\u00eatement. <\/p>\n<p>Comme Louise Bourgeois d\u2019ailleurs, elle utilise des fragments de v\u00eatements qu\u2019elle a port\u00e9s, qu\u2019elle incruste dans la mati\u00e8re, polyur\u00e9thane liquide solidifi\u00e9. Peut-on dire qu\u2019il y aurait l\u00e0, chez ces deux artistes, en d\u00e9pit de l\u2019id\u00e9e qu\u2019il ne faut pas cat\u00e9goriser les&#160;&#160;&#160; artistes en homme ou femme, une mani\u00e8re sp\u00e9cifiquement f\u00e9minine de traiter le corps f\u00e9minin ?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9579?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Centre Pompidou,&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 27 f\u00e9vrier \u2013 20 mai 2013. C\u2019est une d\u00e9couverte : Alina Szapocznikow (1926-1973). 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