{"id":9575,"date":"2021-08-22T07:30:15","date_gmt":"2021-08-22T05:30:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-sensorialite-dans-le-transfert-2\/"},"modified":"2021-10-04T09:47:28","modified_gmt":"2021-10-04T07:47:28","slug":"la-sensorialite-dans-le-transfert","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-sensorialite-dans-le-transfert\/","title":{"rendered":"La sensorialit\u00e9 dans le transfert"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Ma recherche sur la place et la fonction de la sensorialit\u00e9 dans le transfert avec des patients adultes est issue de ma rencontre avec la psychiatrie. Cette r\u00e9flexion a commenc\u00e9 par une intuition clinique inattendue pour moi, paradoxale avec ce que je pensais jusqu\u2019alors. En effet, j\u2019ai longtemps consid\u00e9r\u00e9 la sensorialit\u00e9 comme \u00ab anti-lien \u00bb et \u00ab anti-pens\u00e9e \u00bb, \u00e0 partir de mes recherches, passionnantes et profond\u00e9ment utiles, sur l\u2019autisme et les processus psychosomatiques. A un moment donn\u00e9, dans la rencontre clinique, j\u2019ai pris conscience de l\u2019aspect d\u00e9fensif qui \u00ab filtrait \u00bb mes lectures. Je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 suffisamment sensible \u00e0 la mani\u00e8re dont ces fonctionnements pouvaient m\u2019\u00eatre utiles dans le lien avec les psychotiques adultes, et j\u2019avais tendance \u00e0 ne pas me laisser distraire par ce qui venait \u00ab se m\u00ealer \u00e0 la conversation \u00bb, \u00e0 savoir ces manifestations corporelles que je pensais \u00eatre des actes qui avaient pour finalit\u00e9 d\u2019\u00e9viter la pens\u00e9e, et qui en miroir m\u2019\u00e9vitaient de les penser.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans des moments de choc esth\u00e9tique, d\u2019\u00e9blouissement au niveau transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiel avec des patients hospitalis\u00e9s en psychiatrie ou venant consulter au CMP, o\u00f9 j\u2019oscillais entre collage et \u00e9loignement, que la sensorialit\u00e9 venait m\u2019interpeller en se manifestant dans le \u00ab trop \u00bb ou le \u00ab pas assez \u00bb. Je ne pouvais plus \u00ab \u00e9chapper \u00bb au sentiment que la sensorialit\u00e9 avait du sens dans ces liens parfois plus palpables que pensables.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela remettait radicalement en question mon rapport \u00e0 la sensorialit\u00e9 et \u00e0 sa place dans les entretiens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La sensorialit\u00e9 dans la rencontre clinique<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans ma pratique, je suis amen\u00e9e \u00e0 faire un travail psychoth\u00e9rapeutique gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019analyse de la relation transf\u00e9rentielle, dans un dispositif de face \u00e0 face en individuel, en groupe, et avec des familles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le face \u00e0 face implique d\u2019embl\u00e9e le regard dans le lien, et on peut souvent \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur ce qui se joue, du transfert, dans le regard ; regard \u00e9merveill\u00e9 entre la m\u00e8re et son b\u00e9b\u00e9, quelque chose qui \u00e9blouit comme le choc esth\u00e9tique (D. Meltzer, 1988), ou regard particuli\u00e8rement pers\u00e9cuteur pour certains patients qui venaient en s\u00e9ance lunettes de soleil sur le nez. Par exemple, ce jeune homme qui disait qu\u2019il \u00e9vitait de me regarder dans les yeux pour ne pas voir mon \u00e2me, ou pour que je ne voie pas la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres \u00e9l\u00e9ments sensoriels apparaissent dans la relation transf\u00e9rentielle, souvent de mani\u00e8re fugace. Nous sommes souvent interpell\u00e9s par des odeurs : chaque patient a son parfum particulier qui nous plonge dans une ambiance que l\u2019on reconna\u00eet bien d\u2019une s\u00e9ance \u00e0 l\u2019autre. D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e du patient dans le bureau, nous sommes envelopp\u00e9s par des odeurs qui nous deviennent avec le temps famili\u00e8res, et qui nous questionnent parfois.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette patiente qui avait un grand besoin d\u2019exclusivit\u00e9, qui \u00e9tait ins\u00e9curis\u00e9e et ne pensait pas exister, ou tr\u00e8s peu, pour l\u2019autre, mettait un parfum tr\u00e8s fort, qui semblait s\u2019impr\u00e9gner dans les murs de mon bureau. Une fois l\u2019entretien termin\u00e9, je pouvais sentir son parfum pour le reste de la journ\u00e9e. Comme ce parfum qui \u00ab envahissait \u00bb l\u2019espace, mon psychisme \u00e9tait \u00ab envahi \u00bb par elle. Tout en recevant d\u2019autres patients, ce parfum \u00e9tait l\u00e0, comme pour assurer sa permanence apr\u00e8s son d\u00e9part du bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi des sons qui nous interpellent, en particulier le son de la voix. Monotones, ber\u00e7ants, per\u00e7ants\u2026 cr\u00e9ateurs parfois d\u2019un rythme qui a des effets sur nous. Parfois, la sensorialit\u00e9 reste fragmentaire, morcel\u00e9e : quelque chose ne peut pas \u00eatre li\u00e9. On peut le vivre comme un bombardement de sens, ou comme si chaque organe de sens \u00e9tait stimul\u00e9 de mani\u00e8re s\u00e9par\u00e9e. Ce sont des exp\u00e9riences de morcellement o\u00f9 les sens semblent d\u00e9mantel\u00e9s. L\u2019unit\u00e9 du corps est en jeu. C\u2019est un climat parfois chaotique.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres fois, des situations cliniques, individuelles, groupales, familiales, vont nous plonger dans des ambiances diff\u00e9rentes, plus faciles \u00e0 vivre, unifiantes en quelque sorte, et qu\u2019on pourra retrouver tr\u00e8s facilement. Il suffira de repenser au patient pour la sentir venir. Ce seront d\u2019abord des fragments de sens : une odeur, un ressenti physique, le contact peau \u00e0 peau au moment o\u00f9 on se serre la main\u2026 Puis une image psychique \u00e9merge, et des affects s\u2019y lient.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le transfert, ces diff\u00e9rents processus de liaison et de d\u00e9liaison semblent repr\u00e9senter quelque chose de l\u2019\u00e9tat psychique du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>R. Roussillon (1999) parle de transfert d\u2019ambiance, de climat, pour d\u00e9crire les souvenirs d\u2019ambiance qui apparaissent dans la relation transf\u00e9rentielle : des ressentis, sensations, perceptions, motricit\u00e9s, qui viennent envahir ou envelopper le patient et le th\u00e9rapeute au cours des s\u00e9ances. Ce transfert d\u2019ambiance me semble proche de ce que C. Bollas (1989) a d\u00e9crit au sujet de certains patients qui cherchent \u00e0 cr\u00e9er une ambiance particuli\u00e8re avec l\u2019analyste. Il s\u2019agit selon lui de la trace d\u2019une exp\u00e9rience pr\u00e9coce, d\u2019un besoin de <em>holding<\/em> et d\u2019un espoir de trouver en nous un \u00ab objet transformationnel \u00bb. Selon lui, ces patients <em>\u00ab deviennent comme enchant\u00e9s par la m\u00e9lodie de la voix analytique et oublient alors le contenu de l\u2019interpr\u00e9tation. On peut y voir soit un obstacle sur la voie de l\u2019analysabilit\u00e9, soit l\u2019ouverture d\u2019un espace analytique \u00bb<\/em> (1989, p. 1189).<\/p>\n\n\n\n<p>Il d\u00e9fend la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019accepter ce climat, ne pas toujours l\u2019interpr\u00e9ter en tant que d\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pour moi, aujourd\u2019hui, un postulat qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 poser la question suivante : dans la relation transf\u00e9rentielle, quel sens donner aux ressentis sensoriels ? Que viennent dire sur le lien ces excitations de sens ? Car, apr\u00e8s avoir accept\u00e9 d\u2019accueillir la sensorialit\u00e9 dans mes rencontres cliniques, il me semble maintenant primordial de pouvoir analyser la sensorialit\u00e9 dans le lien transf\u00e9rentiel, avec le patient adulte, m\u00eame quand elle appara\u00eet de mani\u00e8re ponctuelle au cours de s\u00e9ances o\u00f9 le mat\u00e9riel verbal est pr\u00e9pond\u00e9rant.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mes rencontres en psychiatrie adulte, la sensorialit\u00e9 est souvent fugace. Un patient hospitalis\u00e9, devant qui je passe, me dit : \u00ab Ah, vous et votre odeur d\u2019Autrichienne\u2026 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre patient me parle de la couleur violette de ma robe. D\u00e9sormais, il m\u2019appelle \u00ab madame Lilas \u00bb, me dit que j\u2019habite dans une maison entour\u00e9e de lilas\u2026 Ou cette jeune femme suivie au CMP, qui porte le pr\u00e9nom \u00ab Rose \u00bb. Un jour, elle arrive dans mon bureau en me disant que \u00e7a sent tr\u00e8s bon, et que c\u2019est \u00ab l\u2019odeur de (sa) fleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00bb. Elle m\u2019\u00e9voque un r\u00eave : elle est en train de conduire sur une autoroute, mais elle est compl\u00e8tement aveugl\u00e9e par une lumi\u00e8re tr\u00e8s forte. En me parlant de son r\u00eave, elle regarde intens\u00e9ment la fen\u00eatre de mon bureau, o\u00f9 la lumi\u00e8re est forte.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelque chose du choc esth\u00e9tique semble se rejouer dans l\u2019ici et maintenant. C\u2019est une rencontre intense : \u00e7a sent tellement bon, c\u2019est tellement lumineux, que \u00e7a aveugle. Cette s\u00e9quence, qui ne peut \u00eatre analys\u00e9e ici en dehors des \u00e9l\u00e9ments d\u2019un long suivi, peut nous questionner sur le passage entre le dedans et le dehors et vice versa, entre le corps maternel ou la bulle pare-excitante et l\u2019ext\u00e9rieur. La sensorialit\u00e9 semblait exprimer quelque chose du lien transf\u00e9rentiel, dans une rencontre entre un ici-et-maintenant et un ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La sensorialit\u00e9 comme attracteur<\/h2>\n\n\n\n<p>La sensorialit\u00e9 me semble avoir une fonction dans la rencontre transf\u00e9rentielle entre l\u2019actuel et ce qui vient du pass\u00e9. Dans la rencontre clinique de S. Freud avec Lucy (1895), la fum\u00e9e de cigare de S. Freud attirait du refoul\u00e9. Dans la sensorialit\u00e9, dans l\u2019odeur de la fum\u00e9e, se condensent l\u2019actuel et l\u2019ancien. La fum\u00e9e du cigare de S. Freud, actuel de la rencontre, <em>a attir\u00e9 sur elle<\/em> quelque chose d\u2019un ailleurs (processus d\u00e9velopp\u00e9 par A. Konicheckis, 2002). Ce mod\u00e8le, domin\u00e9 par le primat du principe de plaisir, nous montre comment la sensorialit\u00e9 peut \u00e9chapper \u00e0 la censure du refoulement. Cette sensorialit\u00e9 peut m\u00eame \u00eatre un masque, une d\u00e9fense par rapport aux repr\u00e9sentations inconscientes, comme l\u2019odeur de l\u2019entremet br\u00fbl\u00e9 chez Lucy.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ma clinique, la sensorialit\u00e9 ne me semblait pas toujours attirer le refoul\u00e9. Il m\u2019a sembl\u00e9 parfois qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une autre fonction de la sensorialit\u00e9 qui <em>attire<\/em>, comme un aimant, mais pas uniquement \u00ab du dedans \u00bb, ce qui est int\u00e9rioris\u00e9 et refoul\u00e9, comme l\u2019avait montr\u00e9 S. Freud.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Attracteur de parties cliv\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>La clinique nous permet de rencontrer des processus qui fonctionnent sur un mode <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em> o\u00f9 la sensorialit\u00e9 ne peut pas \u00eatre analys\u00e9e selon le mode rencontr\u00e9 dans les <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em> (1895) ou dans <em>L\u2019Interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em> (1900).<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019int\u00e9resse, \u00e0 partir de ma clinique, \u00e0 cette autre fonction de la sensorialit\u00e9 : celle qui attire ce qui n\u2019a pas encore trouv\u00e9 une place psychique ; ce qui est non-pens\u00e9, cliv\u00e9, non-assimil\u00e9 au niveau psychique. Ce qui ne se lie pas, n\u2019est pas symbolis\u00e9, est rest\u00e9 \u00ab \u00e0 la limite \u00bb du psychique, ni dedans ni dehors. Freud (1896) parlait de <em>fueros<\/em>. R. Roussillon (1999) de parties cliv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que la rencontre transf\u00e9rentielle peut r\u00e9actualiser ces parties cliv\u00e9es qui vont, selon R. Roussillon, tendre \u00e0 faire retour :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>\u00ab Les formes de la n\u00e9gativit\u00e9 qui \u0153uvrent \u00e0 travers le mode de pr\u00e9sence du sujet ne sont gu\u00e8re, de mani\u00e8re centrale, organis\u00e9es suivant une modalit\u00e9 d\u00e9n\u00e9gatoire qui accueillerait, en le barrant d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, quelque mouvement inconscient, elles concernent plut\u00f4t un impensable, un impens\u00e9, un irrepr\u00e9sent\u00e9, qui se manifeste \u00e0 partir de ses effets de n\u00e9gativation en acte, de fait, ailleurs. C\u2019est ainsi que le cliv\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence du refoul\u00e9, fait retour ou \u00ab tend \u00bb \u00e0 faire retour \u00bb.<\/em><footer>(R. Roussillon, 1999, p. 54.)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Selon mon hypoth\u00e8se, la sensorialit\u00e9 semble attirer ce qui tend \u00e0 faire retour et qui se situe dans des parties localis\u00e9es \u00e0 la limite entre le dedans et le dehors par rapport au reste du fonctionnement psychique. Ce qui tend \u00e0 faire retour n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 des r\u00e9seaux de repr\u00e9sentations, mais \u00e0 part. C\u2019est pourquoi l\u2019association libre ne peut pas \u00ab attirer \u00bb ces zones, ou nous y conduire. Je pense que la sensorialit\u00e9 va attirer ce non-li\u00e9 qui se trouve sous forme d\u2019une excitation libre. Cela m\u2019am\u00e8ne \u00e0 dire que ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 li\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur va se manifester par les organes des sens, donc \u00e0 la surface. C\u2019est \u00e0 cet endroit, au niveau de la rencontre dedans-dehors, que ce non-pens\u00e9 tente parfois de trouver un premier mode de liaison.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sensorialit\u00e9, lien et liaison<\/h2>\n\n\n\n<p>La mise en lien entre sensations et repr\u00e9sentations permet de ne pas subir passivement le sensoriel. Sans une \u00ab mise en sc\u00e8ne \u00bb fantasmatique, le sensoriel risque d\u2019\u00eatre v\u00e9cu comme \u00e9tranger \u00e0 soi. L\u2019intimit\u00e9 psychique semble alors s\u2019appauvrir, ne pas se d\u00e9velopper. L\u2019excitation ne trouve pas d\u2019espace pour se lier, les fantasmes ne peuvent pas \u00eatre \u00e9prouv\u00e9s. Certains liens ne permettent pas ce travail. Je pense aux d\u00e9fauts de contenant pr\u00e9coce, amenant \u00e0 des fonctionnements sans espace interne prot\u00e9g\u00e9, ou aux liens familiaux trop excitants, sans suffisamment d\u2019interdits, pour permettre \u00e0 l\u2019\u0152dipe d\u2019\u00eatre fantasm\u00e9. On ne peut pas fantasmer ce qui est trop pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>La subjectivit\u00e9 et la qu\u00eate identitaire semblent parfois \u00eatre rest\u00e9es suspendues pour ces patients, car le va-et-vient entre le sensoriel de surface et la profondeur de l\u2019intime est traumatique, tout comme l\u2019introjection qui risque d\u2019\u00eatre v\u00e9cue comme un viol psychique. Les liens sont teint\u00e9s de menace d\u2019intrusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Blanche est une patiente que je suis au CMP. Le lien \u00e0 sa m\u00e8re semble tr\u00e8s excitant. Cette derni\u00e8re dit n\u2019avoir jamais compris sa fille, m\u00eame quand Blanche \u00e9tait b\u00e9b\u00e9. Elle ne comprenait pas ses pleurs. Quand Blanche a grandi, sa m\u00e8re lisait son courrier et son journal intime pour mieux la comprendre. Du coup, elle en savait bien trop sur l\u2019intimit\u00e9 de sa fille, intimit\u00e9 souvent \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 table lors des repas dans un lien clairement incestuel o\u00f9 la sexualit\u00e9 se partageait en famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Blanche me parle des intrusions sensorielles qu\u2019elle vit : le brouhaha qui la p\u00e9n\u00e8tre, les bruits qui la pers\u00e9cutent, les fr\u00f4lements insupportables de son entourage :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab &#8211; Dehors il y a le brouhaha\u2026 \u00e7a m\u2019angoisse\u2026 \u00e7a entre en moi. J\u2019ai peur qu\u2019on va profiter de moi\u2026 c\u2019est comme quand quelqu\u2019un vient trop proche, je ne supporte pas \u00e7a\u2026. qu\u2019on me touche\u2026 ou qu\u2019on me regarde\u2026 \u00bb. Touchers, sons, regards font intrusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans le transfert, Blanche parle de sensations bien diff\u00e9rentes :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab &#8211; Ici, je suis prot\u00e9g\u00e9e. Votre voix me fait des guillis au cerveau, comme un toucher tr\u00e8s doux sur la peau\u2026 Vous laissez des silences entre vos phrases\u2026 pour me laisser le temps\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Blanche commence ainsi \u00e0 distinguer le dedans et le dehors par le clivage. Elle me fait sentir, dans le contre-transfert, les effets rythmiques de ma voix qui l\u2019englobe. Je partage avec elle cette sensation d\u2019\u00eatre envelopp\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab &#8211; J\u2019\u00e9tais bien au chaud pendant cet entretien, maintenant je vais devoir sortir dans le froid, \u00e7a va trop me r\u00e9veiller\u2026 \u00bb dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me sens moi-m\u00eame comme dans un cocon avec elle pendant les s\u00e9ances, au chaud, berc\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les intrusions <em>vs<\/em> les enveloppes sensorielles sont pour moi les deux faces de notre lien. Les intrusions, les exp\u00e9riences pers\u00e9cutrices li\u00e9es aux d\u00e9fauts d\u2019accordages de la relation pr\u00e9coce avec sa m\u00e8re sont mises \u00e0 la porte car non-symbolisables. Cliv\u00e9es, ces parties du lien trop excitantes qui ne sont pas encore pensables font retour par la sensorialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le transfert, le plus urgent pour Blanche, c\u2019est d\u2019\u00eatre contenue, envelopp\u00e9e, tenue de mani\u00e8re sensorielle car la contenance psychique est d\u00e9faillante, elle n\u2019a pas pu \u00eatre int\u00e9rioris\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec des patients comme Blanche, nous pouvons \u00eatre face \u00e0 des exp\u00e9riences sensorielles qui font effraction, parfois sous forme hallucinatoire, parce que la peau psychique ne prot\u00e8ge pas assez, ou parce que le lien est trop excitant. Tout se passe comme si quelque chose ne pouvait pas prendre sens \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur -parce que c\u2019est impensable, ou parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019espace pour le penser par exemple-, laissait ainsi l\u2019excitation libre, et venait \u00ab prendre corps \u00bb \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 se rencontrent le dedans et le dehors. Un \u00ab sc\u00e9nario \u00bb sensoriel vient alors \u00ab prendre en charge \u00bb les parties non-introject\u00e9es du lien, afin de les lier <em>a minima<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais parler de liaison psychique, c\u2019est penser la n\u00e9cessit\u00e9 de stabilit\u00e9 au niveau psychique tout en laissant place \u00e0 l\u2019\u00e9volution, aux changements. La partie stable c\u2019est le Moi, tandis que l\u2019\u00e9volution, les changements, sont dus \u00e0 la sexualit\u00e9 qui d\u00e9stabilise le syst\u00e8me et le force \u00e0 \u00e9voluer selon l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 Freud (<em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em>, 1920) attribue au Moi une fonction de liaison de l\u2019\u00e9nergie. Cette fonction de liaison du Moi fait passer le fonctionnement psychique des processus primaires aux processus secondaires, et c\u2019est l\u00e0 un pr\u00e9alable \u00e0 la mise en application du principe de plaisir. Mais pour les patients concern\u00e9s par des souffrances plus narcissiques que n\u00e9vrotiques, le Moi n\u2019a pas n\u00e9cessairement cette capacit\u00e9 de liaison.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019objet attracteur<\/h2>\n\n\n\n<p>On rencontre souvent l\u2019absence de cette capacit\u00e9 de liaison chez des patients qui viennent la \u00ab chercher \u00bb en nous. Ce qui n\u2019est pas li\u00e9 est violent pour l\u2019appareil psychique et est pouss\u00e9 vers le dehors pour trouver un premier mode de liaison, une stabilit\u00e9, sur la p\u00e9riph\u00e9rie. Quand je fais l\u2019hypoth\u00e8se que la sensorialit\u00e9 attire ce non-li\u00e9, c\u2019est en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la notion d\u2019attracteur \u00e9labor\u00e9e par D. Houzel (2002) qui s\u2019inspire \u00e0 son tour du math\u00e9maticien Ren\u00e9 Thom (1972) dans sa th\u00e9orie des catastrophes.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>\u00ab L\u2019attracteur joue (\u2026) le r\u00f4le d\u2019une zone vers laquelle convergent les flux dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour r\u00e9aliser une forme structurellement stable. Le math\u00e9maticien Ren\u00e9 Thom donne comme exemple d\u2019attracteur une vall\u00e9e pour l\u2019\u00e9coulement des eaux. Remarquons que la vall\u00e9e a \u00e9t\u00e9 creus\u00e9e par les eaux vives, en m\u00eame temps qu\u2019elle en dirige et canalise le flux. C\u2019est donc une relation dynamique par excellence, mais une relation qui tend vers une forme stabilis\u00e9e, repr\u00e9sentable, par contraste avec un \u00e9coulement chaotique, impr\u00e9visible, irrepr\u00e9sentable. L\u2019objet contenant, au sens de Bion, remplit la fonction d\u2019un attracteur. Je sugg\u00e8re de parler d\u2019un \u00ab objet-attracteur \u00bb \u00bb.<\/em><footer>(D. Houzel, 2002, p. 211.)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019objet contenant transforme les \u00e9prouv\u00e9s. On peut dire qu\u2019il est un attracteur des investissements, de l\u2019attention, des \u00e9prouv\u00e9s du b\u00e9b\u00e9 et qu\u2019il donne forme \u00e0 ces \u00e9prouv\u00e9s. L\u2019objet contenant stabilise les forces qui agitent le psychisme du b\u00e9b\u00e9. E. Bick (1968) \u00e9tait une des premi\u00e8res \u00e0 penser comment les failles d\u2019int\u00e9riorisation de ces processus am\u00e8nent le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 utiliser la sensorialit\u00e9 en tant que tentative de rassemblement. C\u2019est \u00e0 partir de ces diff\u00e9rents mod\u00e8les que nous pouvons faire l\u2019hypoth\u00e8se que la sensorialit\u00e9 attire ce qui est non-li\u00e9, d\u00e9li\u00e9, pour tendre vers une forme stabilis\u00e9e : elle est attracteur des parties non-introject\u00e9es du lien.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La sensorialit\u00e9 dans le transfert<\/h2>\n\n\n\n<p>Sensorialit\u00e9, motricit\u00e9, postures, sont des exp\u00e9riences multiples qui prennent sens dans la relation b\u00e9b\u00e9-m\u00e8re. M. Pinol-Douriez parle de protorepr\u00e9sentations pour d\u00e9crire ces noyaux de repr\u00e9sentations tr\u00e8s riches qui vont prendre sens pour le b\u00e9b\u00e9, \u00e0 l\u2019aide de l\u2019appareil psychique de la m\u00e8re. Il s\u2019agit des embryons de sens (A. Konicheckis 2002) qui vont prendre sens\u2026 ou pas. Car ce tissage du corps \u00e0 la pens\u00e9e (Golse 1999) \u00e9choue parfois.<\/p>\n\n\n\n<p>En th\u00e9rapie, les parties du lien primaire qui n\u2019ont pas pris sens, remobilis\u00e9es par le transfert, peuvent alors se manifester par la sensorialit\u00e9. Je tente, dans ces situations cliniques, \u00e0 me positionner en tant qu\u2019objet \u00e0 qui s\u2019adresse ces v\u00e9cus sensoriels pour essayer d\u2019entendre le message virtuel, potentiel de la sensorialit\u00e9, dans la lign\u00e9e de ce que R. Roussillon (2004) a d\u00e9crit comme la fonction messag\u00e8re de la pulsion. Car le cheminement du corps \u00e0 la pens\u00e9e que nous connaissons du lien primaire est aussi applicable en th\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout en \u00e9tant attentive aux risques de projection dans notre mani\u00e8re d\u2019entendre ces messages potentiels, il me semble important de ne pas entendre cette sensorialit\u00e9 uniquement comme une d\u00e9fense contre l\u2019angoisse, le lien, la pens\u00e9e, mais de lui donner du sens dans le lien transf\u00e9rentiel. C\u2019est un peu ce que dit aussi M. Boubli, au sujet des sons difficilement compr\u00e9hensibles \u00e9mis par les enfants autistes :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>\u00ab Cette mati\u00e8re premi\u00e8re psychique s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e riche en potentialit\u00e9s de messages \u00e0 d\u00e9chiffrer, en communications qui m\u2019\u00e9taient adress\u00e9es dans l\u2019\u00e9change transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiel, dans la mesure o\u00f9 je me positionnais l\u00e0 pour les recevoir \u00bb.<\/em><footer>(2009, p. 90.)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il me semble que dans la mesure o\u00f9, comme th\u00e9rapeute, nous nous positionnions en tant qu\u2019objet \u00e0 qui s\u2019adressent des exp\u00e9riences sensorielles souvent qualifi\u00e9es comme n\u2019ayant aucun sens du point de vue de la communication, nous pouvons tenter de donner du sens \u00e0 la sensorialit\u00e9 dans le transfert. En ce qui me concerne, je tente dans un premier temps d\u2019accueillir la sensorialit\u00e9 en moi. Puis, sensorialit\u00e9 et transfert vont me permettre de construire un sc\u00e9nario psychique afin d\u2019y lier l\u2019affect. Pour moi, la repr\u00e9sentation de chose va enfin devenir repr\u00e9sentation de mot, et je vais pouvoir dire quelque chose au patient de ce que j\u2019\u00e9prouve.<\/p>\n\n\n\n<p>Sara est tr\u00e8s avide dans ses relations. Dans le transfert cela est tr\u00e8s pr\u00e9sent, elle m\u2019appelle \u00e0 tout moment et me demande d\u2019\u00eatre disponible imm\u00e9diatement. Quand je ne le suis pas, \u00e7a lui est insupportable. Elle est tr\u00e8s demandeuse et je ne lui apporte jamais assez, elle veut toujours plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de cet entretien, elle me parle d\u2019une nouvelle rencontre avec un homme qui lui pla\u00eet, en se l\u00e9chant sa bouche. Elle me dit avoir la sensation que sa bouche est mouill\u00e9e, que quelque chose coule et elle tente de s\u2019essuyer la bouche. En accueillant ces sensations en moi, j\u2019ai le sentiment d\u2019avoir la bouche trop pleine de quelque chose qui d\u00e9borde, ou trop vide, mais du coup salivante\u2026 J\u2019imagine, \u00e0 partir du transfert, Sara toujours en train de r\u00e9clamer plus que ce que je lui donne. Je sens qu\u2019elle aimerait me d\u00e9vorer, comme cet homme, pour se remplir la bouche ou pour satisfaire cette faim sans fin que je ressens moi aussi tout d\u2019un coup\u2026 Je lui parle du b\u00e9b\u00e9 avide, la bouche pleine de lait, du fait que \u00ab \u00e7a coule de partout \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette modalit\u00e9 de proposition d\u2019interpr\u00e9tation me vient de la mani\u00e8re dont il me semble que la sensorialit\u00e9 s\u2019inscrit dans le lien transf\u00e9rentiel. C\u2019est une cr\u00e9ation \u00e0 deux, de l\u2019ici et maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab &#8211; Oui\u2026 c\u2019est comme un bon repas\u2026 je salive comme devant une vitrine de p\u00e2tisseries\u2026 Pour moi, cet homme c\u2019est comme un bon g\u00e2teau\u2026 \u00bb<\/em> dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Sara parle alors longuement des frustrations \u00e9normes o\u00f9, d\u00e9voreuse, elle n\u2019est jamais rassasi\u00e9e par sa m\u00e8re qui l\u2019a l\u00e2ch\u00e9e comme \u00ab une <em>patate chaude<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Analyser la sensorialit\u00e9 ainsi s\u2019est av\u00e9r\u00e9 utile dans ma pratique en psychiatrie adulte, en particulier avec des patients qui souffrent d\u2019hallucinations sensorielles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Accueillir la sensorialit\u00e9, la sentir sans la penser, est parfois un premier temps n\u00e9cessaire dans le contre-transfert. Mais, la voir uniquement en tant qu\u2019obstacle, d\u00e9fense, c\u2019est fonctionner en miroir avec nos patients qui utilisent l\u2019acte, la motricit\u00e9, la sensorialit\u00e9 afin justement de ne pas penser.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la sensorialit\u00e9 semble attirer ce non-pensable du lien transf\u00e9rentiel dans le lien transf\u00e9rentiel. C\u2019est pourquoi elle peut devenir un outil d\u2019analyse du transfert, et en particulier des parties non-pensables du lien, si on se positionne en tant qu\u2019objet \u00e0 qui elle est adress\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Je propose pour terminer l\u2019hypoth\u00e8se m\u00e9thodo-clinique suivante : l\u2019analyse de la sensorialit\u00e9 dans le transfert peut favoriser, par des va-et-vient entre le dehors et le dedans, l\u2019appropriation psychique d\u2019un v\u00e9cu rest\u00e9 jusqu\u2019alors non-pensable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Abraham N., Torok M., 1978, <em>L\u2019\u00e9corce et le noyau<\/em>, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, Flammarion, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>Bick E., 1968, \u00ab L\u2019exp\u00e9rience de la peau dans les relations d\u2019objet pr\u00e9coces \u00bb, trad. fr., in <em>Les \u00e9crits de Martha Harris et d\u2019Esther Bick<\/em>, (1987) Larmor-Plage, Editions du Hublot, 1998, p.135-139.<\/p>\n\n\n\n<p>Bollas C., \u00ab L\u2019objet transformationnel \u00bb in <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em> 4, LIII, 1989, p.1181-1199.<\/p>\n\n\n\n<p>Boubli M., \u00ab Autosensualit\u00e9, proc\u00e9d\u00e9s autocalmants et cr\u00e9ativit\u00e9 \u00bb in Boubli M., Konicheckis A., et al., <em>Clinique psychanalytique de la sensorialit\u00e9<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Dunod, 2002, p.59-94.<\/p>\n\n\n\n<p>Boubli M., <em>Corps, psych\u00e9 et langage<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Dunod, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>Castoriadis-Aulagnier P.., <em>La violence de l\u2019interpr\u00e9tation, Du pictogramme \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9<\/em>, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>Despinoy M., Pinol-Douriez M., \u00ab Sensations et perceptions dans la clinique psychanalytique \u00bb in Boubli M., Konicheckis A., et al. <em>Clinique psychanalytique de la sensorialit\u00e9<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Dunod, 2002, p.5-26.<\/p>\n\n\n\n<p>Durmanova H., <em>La sensorialit\u00e9 dans le transfert<\/em>, Th\u00e8se de doctorat sous la direction d\u2019A. Konicheckis, Universit\u00e9 de Provence, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1895, \u00ab Esquisse d\u2019une psychologie scientifique \u00bb in <em>Naissance de la psychanalyse<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 1956, p.309-397.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., Breuer J., 1895, <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, 14<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., \u00ab Lettre \u00e0 Fliess N\u00b052 du 6\/12\/1896 \u00bb in <em>Naissance de la psychanalyse<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 1956, p.153-160.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1900, <em>L\u2019interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em>, Paris, PUF, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1914, \u00ab Pour introduire le narcissisme \u00bb in <em>La vie sexuelle<\/em>, 4<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 1973, p.81- 105.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1920, \u00ab Au-del\u00e0 du principe de plaisir \u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Payot, 1981, p.41-114.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1925, \u00ab La n\u00e9gation \u00bb, in <em>R\u00e9sultats, id\u00e9es, probl\u00e8mes II<\/em>, Paris, PUF, 1985, p.135-139.<\/p>\n\n\n\n<p>Golse B., 1999, <em>Du corps \u00e0 la pens\u00e9e<\/em>, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p>Houzel D., <em>L\u2019aube de la vie psychique<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Issy-les-Moulineaux, ESF \u00e9diteur, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>Konickeckis A., \u00ab Des sens aux sens. Sensorialit\u00e9 et signification \u00bb in Boubli M., Konicheckis A. et al., <em>Clinique psychanalytique de la sensorialit\u00e9<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Dunod, p. 125-155, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>Konicheckis A., <em>De g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration : la subjectivation et les liens pr\u00e9coces<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, PUF, Paris, 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Meltzer D., et al. 1975, <em>Explorations dans le monde de l\u2019autisme<\/em>, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, Payot, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p>Meltzer D., 1975, \u00ab A propos du d\u00e9mant\u00e8lement \u00bb in Boubli M., Konicheckis A., et al. <em>Clinique psychanalytique de la sensorialit\u00e9<\/em>, 1<sup><em>\u00e8re<\/em><\/sup> \u00e9dition, Paris, Dunod, 2002, p.189-197.<\/p>\n\n\n\n<p>Meltzer D., Williams M.-H., 1988, <em>L\u2019appr\u00e9hension de la beaut\u00e9<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Larmor-Plage, Ed. du Hublot, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Pinol-Douriez M., <em>B\u00e9b\u00e9 agi-b\u00e9b\u00e9 actif<\/em>, PUF, Paris, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R., <em>Agonie, clivage et symbolisation<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, PUF, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R., \u00ab Pulsion et intersubjectivit\u00e9 \u00bb, <em>Adolescence<\/em> n\u00b050, 2004, 735-753.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R., <em>Le plaisir et la r\u00e9p\u00e9tition<\/em>, Dunod, Paris, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R., <em>Le transitionnel, le sexuel et la r\u00e9flexivit\u00e9<\/em>, Dunod, Paris, 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Szwec G., 1993, \u00ab Les proc\u00e9d\u00e9s auto-calmants par la recherche de l\u2019excitation. Les gal\u00e9riens volontaires \u00bb <em>Revue fran\u00e7aise de psychosomatique<\/em>, p. 27-51.<\/p>\n\n\n\n<p>Thom R., <em>Stabilit\u00e9 structurelle et morphogen\u00e8se, essai d\u2019une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale des mod\u00e8les<\/em>, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, Paris, InterEditions, 1972.<\/p>\n\n\n\n<p>Tustin F., 1972, <em>Autisme et psychose de l\u2019enfant<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, \u00e9ditions du Seuil, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>Tustin F., 1981, <em>Les \u00e9tats autistiques chez l\u2019enfant<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, \u00e9ditions du Seuil, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>Tustin F., 1990, <em>Autisme et protection<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, \u00e9ditions du Seuil, 1992.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.-W., 1951, \u00ab Objets transitionnels et ph\u00e9nom\u00e8nes transitionnels \u00bb <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Payot, 1969, p.169-186.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.-W., 1951, \u00ab L\u2019utilisation de l\u2019objet et le mode de relation \u00e0 l\u2019objet au travers des identifications \u00bb, <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, Paris, Gallimard, 1975, p. 162-176.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9575?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Ma recherche sur la place et la fonction de la sensorialit\u00e9 dans le transfert avec des patients adultes est issue de ma rencontre avec la psychiatrie. 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