{"id":9573,"date":"2021-08-22T07:30:15","date_gmt":"2021-08-22T05:30:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/anorexie-et-maternite-un-ventre-plein-pour-apaiser-un-ventre-vide-2\/"},"modified":"2021-10-03T08:57:43","modified_gmt":"2021-10-03T06:57:43","slug":"anorexie-et-maternite-un-ventre-plein-pour-apaiser-un-ventre-vide","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/anorexie-et-maternite-un-ventre-plein-pour-apaiser-un-ventre-vide\/","title":{"rendered":"Anorexie et maternit\u00e9: un ventre plein pour apaiser un ventre vide?"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Anorexie et f\u00e9minit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019anorexie mentale est souvent per\u00e7ue comme \u00e9tant en lien avec une peur de quitter l\u2019enfance et de devenir femme&nbsp;: un moyen inconscient de suspendre le d\u00e9veloppement physiologique et psychologique emp\u00eachant ainsi le passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. L\u2019am\u00e9norrh\u00e9e, sympt\u00f4me cardinal de l\u2019anorexie, met en exergue ce d\u00e9sir de rester enfant, de ne pas entrer en rivalit\u00e9 avec la m\u00e8re sur le terrain de la f\u00e9minit\u00e9 et donc de la maternit\u00e9. Par la d\u00e9nutrition et l\u2019amaigrissement, l\u2019adolescente marque le refus du corps sexu\u00e9, en effa\u00e7ant tout signe de f\u00e9minit\u00e9, gardant ainsi le \u00ab&nbsp;contact du et avec le corps de l\u2019enfance, pour une large part indiff\u00e9renci\u00e9 d\u2019avec le corps maternel&nbsp;\u00bb (I. Nicolas, 2009). C\u2019est ce fantasme de \u00ab&nbsp;m\u00eame corps&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;corps pour deux&nbsp;\u00bb, que l\u2019adolescente doit apprivoiser pour pouvoir se r\u00e9approprier subjectivement son corps et affirmer sa f\u00e9minit\u00e9. Ph. Jeammet (2005) souligne que \u00ab&nbsp;l\u2019anorexie signe plut\u00f4t l\u2019\u00e9chec \u00e0 traduire en termes de castration le trou, le vide. L\u2019anorexique se confronte \u00e0 un au-del\u00e0 du d\u00e9faut phallique&nbsp;: \u00e0 l\u2019ouverture f\u00e9minine du corps, \u00e0 l\u2019imma\u00eetrisable de celle-ci par la psych\u00e9&nbsp;; la pr\u00e9sence du trou, son alt\u00e9rit\u00e9, ne se laissent pr\u00e9cis\u00e9ment pas r\u00e9sorber par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019absence du phallus. L\u2019angoisse devant la g\u00e9nitalit\u00e9 f\u00e9minine entra\u00eene un d\u00e9placement du bas vers le haut, une r\u00e9gression \u00e0 l\u2019oralit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon M. Corcos et M.E. Dupont (2008), il y aurait un dysfonctionnement dans les interrelations pr\u00e9coces sous-tendu par \u00ab&nbsp;la d\u00e9faillance du maternel chez les m\u00e8res de ces patientes, en particulier dans l\u2019investissement du corps autonome, vivant et \u00e9rotique de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb. Cette d\u00e9faillance ne favoriserait pas l\u2019int\u00e9gration du f\u00e9minin et favoriserait une organisation sadomasochiste, fixant le sujet \u00e0 ses objets infantiles. S. Decobert, J. et E. Kestemberg (1972) \u00e9voquent ainsi une r\u00e9gression \u00ab&nbsp;vertigineuse&nbsp;\u00bb chez ces sujets, en ce qu\u2019elle ne rencontre aucun point de fixation et d\u2019organisation au niveau des zones \u00e9rog\u00e8nes&nbsp;: \u00ab&nbsp;celles-ci, dans leurs modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques d\u2019organisation de la relation objectale, sont \u00ab&nbsp;inefficaces&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;balay\u00e9es&nbsp;\u00bb par le mouvement r\u00e9gressif qui ne trouve \u00e0 s\u2019arr\u00eater qu\u2019au niveau des pr\u00e9curseurs de la relation avec l\u2019objet et de l\u2019organisation du moi&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Ph. Jeammet (2004), certaines m\u00e8res donneraient l\u2019impression d\u2019un amour sous conditions&nbsp;: \u00ab&nbsp;si tu es sage, si tu es comme je veux, je vais te montrer mon amour, sinon je me d\u00e9tache&nbsp;\u00bb. L\u2019enfant imiterait alors les mod\u00e8les parentaux plus qu\u2019il ne s\u2019y identifierait, ce qui n\u00e9cessiterait un minimum d\u2019agressivit\u00e9 pour s\u2019autoriser un droit d\u2019inventaire et rejeter ce qui lui d\u00e9pla\u00eet en eux (elle). La pulsion initiale ne viendrait donc pas de soi mais de l\u2019autre, la m\u00e8re&nbsp;: c\u2019est le plaire \u00e0 l\u2019autre qui gouvernerait la vie, et la m\u00e8re appara\u00eetrait alors comme partie int\u00e9grante du narcissisme de la fille, sur fond de d\u00e9veloppement d\u2019un <em>faux self.<\/em> Selon S. Decobert, J. et E. Kestemberg (1972), la m\u00e8re serait ainsi v\u00e9cue \u00ab&nbsp;non pas comme l\u2019objet d\u2019amour privil\u00e9gi\u00e9 mais comme cet objet d\u2019amour dont la perte constitue le danger psychique, c\u2019est-\u00e0-dire la d\u00e9sorganisation du moi&nbsp;\u00bb&nbsp;; v\u00e9cue en d\u2019autres termes comme un objet inclus dans le v\u00e9cu narcissique. L\u2019anorexie viendrait ainsi marquer une rupture \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;: \u00ab&nbsp;dans une distorsion perceptive de l\u2019image du corps, elle consid\u00e8re qu\u2019une partie ou la totalit\u00e9 est trop gros et plus sp\u00e9cifiquement les parties renvoyant au f\u00e9minin et au maternel&nbsp;\u00bb (Corcos et Dupont, 2007).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Anorexie et maternit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>M. Bydlowski (2000)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si je devais r\u00e9sumer le d\u00e9sir d\u2019enfant, j\u2019utiliserais une charade&nbsp;: mon premier est la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre identique \u00e0 ma m\u00e8re du d\u00e9but de ma vie&nbsp;; mon deuxi\u00e8me est mon v\u0153u d\u2019obtenir, comme elle, un enfant de mon p\u00e8re&nbsp;; mon troisi\u00e8me est la rencontre de l\u2019amour sexuel pour un homme du pr\u00e9sent&nbsp;; et mon tout est la conception et la naissance d\u2019un enfant.&nbsp;\u00bb. Le d\u00e9sir d\u2019enfant peut donc \u00eatre entendu comme d\u00e9tenteur d\u2019un double enjeu&nbsp;: l\u2019identification au parent de m\u00eame sexe et l\u2019ach\u00e8vement du processus \u0153dipien dans la mise en acte des d\u00e9sirs incestueux. Cependant, l\u2019exp\u00e9rience analytique aupr\u00e8s de patientes anorexiques montre le plus souvent que le changement d\u2019objet, de la m\u00e8re au p\u00e8re, n\u2019a pas eu lieu. S\u2019instaure alors, avec force, une relation duelle soulignant l\u2019importance des failles narcissiques, du choix d\u2019objet narcissique, des difficult\u00e9s identificatoires de ces patientes, les fixations pr\u00e9g\u00e9nitales mettant ainsi en exergue l\u2019insuffisance de triangulation \u0153dipienne. Le d\u00e9sir \u0153dipien de s\u2019unir sexuellement au parent de sexe oppos\u00e9 laisserait donc place au d\u00e9sir pr\u00e9\u0153dipien de (re)fusionner avec le parent de m\u00eame sexe. L\u2019attrait pour le p\u00e8re, le d\u00e9sir d\u2019en obtenir un enfant, ne pourrait donc pas se mettre en place, ou, tout du moins, serait fortement refoul\u00e9&nbsp;: entrer en rivalit\u00e9 avec sa m\u00e8re, la \u00ab&nbsp;renier&nbsp;\u00bb pour le p\u00e8re, serait source d\u2019angoisses insoutenables pour la petite fille, tant attaquer son objet narcissique reviendrait \u00e0 s\u2019attaquer elle-m\u00eame, toutes deux ne faisant qu\u2019un.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le versant homosexuel de la maternit\u00e9, enfanter, c\u2019est reconna\u00eetre sa propre m\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi. Le d\u00e9sir d\u2019enfant sera ainsi marqu\u00e9 par le rapprochement de la m\u00e8re et de la fille sur le mode sensuel des d\u00e9buts, avant l\u2019\u0152dipe. C. Squires (2003) souligne ainsi que \u00ab&nbsp;le lien pr\u00e9\u0153dipien est favoris\u00e9 par l\u2019investissement du corps gestationnel, (\u2026) ce qui est une fa\u00e7on de retourner vers le dialogue corporel des d\u00e9buts avec la m\u00e8re. Ce mouvement vers l\u2019int\u00e9rieur du corps consisterait \u00e0 rejoindre les contenus maternels internes, alors que les \u00e9tapes de la constitution \u0153dipienne seraient travers\u00e9es en sens inverse&nbsp;\u00bb. La grossesse pourrait alors renforcer \u00e0 nouveau le lien m\u00e8re-fille, si puissant chez les anorexiques&nbsp;: elle serait l\u2019occasion d\u2019un rapprochement, toujours et encore d\u00e9sir\u00e9. On pourrait ainsi envisager chez ces femmes \u00ab&nbsp;un d\u00e9sir de grossesse pour la grossesse&nbsp;\u00bb (M. Bydlowski, 1997), cette derni\u00e8re s\u2019inscrivant, alors, dans une probl\u00e9matique pr\u00e9\u0153dipienne, traduisant la recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de la m\u00e8re des d\u00e9buts. En travaillant sur le d\u00e9sir d\u2019enfant chez des adolescentes anorexiques, I. Nicolas (2009) avait d\u2019ailleurs montr\u00e9 que ce d\u00e9sir est de deux ordres&nbsp;: \u00ab&nbsp;d\u2019une part le d\u00e9sir de rester enfant, avec le refus du f\u00e9minin et du maternel qui l\u2019accompagnent, en lien avec le refus de la s\u00e9paration, d\u2019autre part les fantasmes de grossesse&nbsp;\u00bb (renvoyant \u00e0 la fois au fantasme d\u2019\u00eatre la femme enceinte et d\u2019\u00eatre le b\u00e9b\u00e9 port\u00e9 dans le ventre de sa m\u00e8re). Pourrait-on alors parler d\u2019une mise en acte de ces fantasmes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, comme le souligne M.-J. Mouras (2003), \u00ab&nbsp;un certain nombre de femmes expriment en fait le d\u00e9sir de grossesse pour l\u2019impression de compl\u00e9tude qu\u2019elle procure, pour prouver \u00e0 soi, et quelques fois aux autres, qu\u2019elles sont capables de procr\u00e9er mais elles ne sont pas pour autant pr\u00eates \u00e0 accorder au b\u00e9b\u00e9 le statut de sujet d\u00e9sirant, pr\u00eates \u00e0 le concevoir dans son alt\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agirait alors de confirmer sa f\u00e9minit\u00e9 sans d\u00e9sir de maternit\u00e9, la grossesse permettant ainsi d\u2019acc\u00e9der au statut de femme, si longtemps refus\u00e9, et par l\u00e0 d\u2019engager un processus de s\u00e9paration avec sa propre m\u00e8re, sous forme d\u2019un compromis&nbsp;: acc\u00e9der au statut de femme mais refuser le statut de m\u00e8re, laissant ainsi une part de sa toute puissance \u00e0 sa propre m\u00e8re. La culpabilit\u00e9 induite par ce mouvement de prise de distance, <em>via<\/em> la rivalit\u00e9 affich\u00e9e, serait ainsi att\u00e9nu\u00e9e par le fantasme de ne l\u2019attaquer que partiellement, en ne lui prenant que l\u2019un de ses attributs. Cependant, on ne peut rester sourd \u00e0 cette r\u00e9sonnance \u0153dipienne, \u00e0 travers une rivalit\u00e9, bien que non assum\u00e9e, tout de m\u00eame recherch\u00e9e. De plus, la mise en route d\u2019une grossesse sous-tend l\u2019engagement dans un lien amoureux h\u00e9t\u00e9rosexuel, ce qui, comme le soulignent M. Corcos et ses collaborateurs (2008) \u00ab&nbsp;appara\u00eet comme un bon indice d\u2019une meilleure adaptation socio-affective et concerne sans doute des patientes moins en difficult\u00e9, ou ayant pu s\u2019accommoder en partie de la probl\u00e9matique sous-jacente aux troubles des conduites alimentaires&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le fait de parvenir \u00e0 nouer une relation amoureuse satisfaisante, pourrait \u00eatre envisag\u00e9 comme constituant une premi\u00e8re \u00ab&nbsp;\u00e9tape \u0153dipienne&nbsp;\u00bb, introduisant la jeune femme \u00e0 la triangulation, jusqu\u2019ici rendue impossible par la n\u00e9cessit\u00e9 vitale de maintenir une relation duelle avec son objet narcissique. L\u2019objet amoureux, le conjoint, interviendrait alors comme substitut fantasmatique du p\u00e8re, \u00e9loignant la fille de sa m\u00e8re, r\u00e9actualisant la probl\u00e9matique \u0153dipienne contourn\u00e9e dans l\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la continuit\u00e9 de ce chemin de maturation positive, la grossesse pourrait traduire alors la possibilit\u00e9, \u00e0 pr\u00e9sent, de se confronter aux d\u00e9sirs incestueux et matricides \u0153dipiens, de traiter psychiquement l\u2019excitation li\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en rivalit\u00e9 avec la m\u00e8re, sur le terrain de la f\u00e9minit\u00e9 et de la maternit\u00e9, sans angoisse d\u2019\u00eatre an\u00e9antie, d\u00e9truite, par la s\u00e9paration que cela implique. En acc\u00e9dant \u00e0 ce nouveau statut, en s\u2019attribuant le maternel, elle s\u2019opposerait finalement \u00e0 l\u2019id\u00e9e que sa m\u00e8re soit la seule d\u00e9tentrice du pouvoir de procr\u00e9er. Ainsi, devenir m\u00e8re pourrait \u00eatre l\u2019occasion d\u2019un assouplissement, d\u2019un r\u00e9am\u00e9nagement, du lien m\u00e8re-fille, lib\u00e9rant cette derni\u00e8re de l\u2019emprise exerc\u00e9e par un imago maternel tout puissant. Finalement, le d\u00e9sir et la mise en route d\u2019une grossesse sont-ils le signe d\u2019un travail psychique (remaniement identitaire) ayant un impact \u00ab&nbsp;th\u00e9rapeutique&nbsp;\u00bb sur la probl\u00e9matique anorexique&nbsp;? La qualit\u00e9 du lien m\u00e8re-fille, au c\u0153ur de cette probl\u00e9matique, est-elle susceptible d\u2019\u00eatre modifi\u00e9e positivement et durablement, permettant \u00e0 la fille d\u2019acc\u00e9der au statut de femme et \u00e0 celui de m\u00e8re&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La rencontre clinique avec Aline &amp; Sophie<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">a \u2013 Quelques aspects m\u00e9thodologiques incontournables<\/h3>\n\n\n\n<p>En collaboration avec l\u2019\u00e9quipe du Pr. Corcos (<em>Institut Mutualiste Montsouris<\/em>, Paris), j\u2019ai rencontr\u00e9 plusieurs femmes pr\u00e9sentant des ant\u00e9c\u00e9dents d\u2019anorexie et enceintes de 7\/8 mois. J\u2019ai choisi de me pencher plus particuli\u00e8rement sur deux d\u2019entre elles, toutes deux secondipares, afin d\u2019observer l\u2019\u00e9volution du processus de s\u00e9paration-individuation entre la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me grossesse&nbsp;: d\u2019une part, le remaniement identitaire inh\u00e9rent \u00e0 la grossesse avait-il eu des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la relation m\u00e8re-fille lors de la premi\u00e8re grossesse, et d\u2019autre part, ces effets, positifs ou n\u00e9gatifs, s\u2019inscrivaient-ils dans la continuit\u00e9 ou non&nbsp;? Par ailleurs, une recherche men\u00e9e par H. Riazuelo (2004) est venue appuyer le choix de ce crit\u00e8re de secondiparit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 ses r\u00e9sultats mettaient l\u2019accent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas tirer de conclusions de ce qui pourrait \u00eatre observ\u00e9 lors d\u2019une premi\u00e8re grossesse&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience de la maternit\u00e9 ne semble donc pas acquise une fois pour toutes avec la premi\u00e8re grossesse, et les naissances successives peuvent, elles aussi, entra\u00eener nombre de remaniements&nbsp;\u00bb. Elle a ainsi montr\u00e9 que la premi\u00e8re grossesse renvoit davantage \u00e0 un versant incestueux de l\u2019\u0152dipe, tandis que la deuxi\u00e8me active la rivalit\u00e9 avec la m\u00e8re sur un versant \u0153dipien plus agressif. Mais encore, le remaniement identitaire inh\u00e9rent \u00e0 la grossesse appara\u00eet comme \u00e9tant moins engag\u00e9 au cours de la deuxi\u00e8me grossesse, les deuxi\u00e8mepares cherchant moins \u00e0 s\u2019identifier \u00e0 leur m\u00e8re. Enfin, les d\u00e9sirs d\u2019enfant ou de maternit\u00e9 seraient plus marqu\u00e9s pour les deuxi\u00e8mepares que le d\u00e9sir de grossesse. Pour finir, je ne pouvais ignorer que, de par l\u2019\u00e9mergence de la PMA, la procr\u00e9ation a dans une certaine mesure \u00e9t\u00e9 dissoci\u00e9e de la sexualit\u00e9, interrogeant les fantasmes d\u2019auto-engendrement. Ainsi, je n\u2019ai pris que des femmes dont la grossesse \u00e9tait spontan\u00e9e, J. Andr\u00e9 (1995) soulignant \u00e9galement que \u00ab&nbsp;le succ\u00e8s du don d\u2019ovocyte, par exemple, a le \u00ab&nbsp;m\u00e9rite&nbsp;\u00bb inattendu pour certaines femmes de briser la filiation biologique avec leur propre m\u00e8re. L\u2019enfant devient possible parce qu\u2019il ne sera pas le \u00ab&nbsp;petit-enfant&nbsp;\u00bb de la m\u00e8re\/grand-m\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">b \u2013 Quand l\u2019ombre du lien m\u00e8re-file s\u2019\u00e9tend sur la grossesse<\/h3>\n\n\n\n<p>Les propos recueillis lors des rencontres avec Aline et Sophie m\u2019ont laiss\u00e9 envisager leur premi\u00e8re grossesse comme l\u2019occasion d\u2019une tentative de prise de distance vis-\u00e0-vis de l\u2019objet maternel, alors que la seconde semble, au contraire, s\u2019\u00eatre inscrite dans un mouvement r\u00e9gressif visant finalement l\u2019annulation de cette tentative de s\u00e9paration. La premi\u00e8re grossesse, v\u00e9cue sous le signe d\u2019une certaine b\u00e9atitude, semble les avoir combl\u00e9es, certainement de par l\u2019intense sentiment de compl\u00e9tude qu\u2019elle leur a procur\u00e9. Pour Aline, bien que la premi\u00e8re ait visiblement \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par un d\u00e9sir de se s\u00e9parer, de s\u2019\u00e9manciper de sa m\u00e8re, le mouvement de r\u00e9gression s\u2019est enclench\u00e9 d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 au cours de cette m\u00eame grossesse, pour ensuite se poursuivre lors de la seconde. N\u00e9anmoins, toutes deux semblent ne pas avoir \u00e9t\u00e9 conscientes de la r\u00e9alit\u00e9 objective de cette premi\u00e8re grossesse en ce qu\u2019elle aboutirait \u00e0 la naissance d\u2019un enfant. Cette ignorance, consciente ou non, de la finalit\u00e9 de leurs actes, explique sans doute pourquoi, contrairement \u00e0 de nombreuses femmes souhaitant par la grossesse confirmer leur capacit\u00e9 \u00e0 procr\u00e9er ainsi que leur f\u00e9minit\u00e9, elles n\u2019y ont pas mis un terme. On ne peut nier que le fait d\u2019\u00eatre enceinte leur ait permis d\u2019exploiter leur f\u00e9minit\u00e9, celle-ci n\u2019en restant pas moins marqu\u00e9e par les difficult\u00e9s pass\u00e9es \u00e0 int\u00e9grer leur corps sexu\u00e9. La grossesse aurait donc \u00e9t\u00e9 un moyen leur permettant de supporter cette identit\u00e9 f\u00e9minine, nouvelle, expliquant qu\u2019elle n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 interrompue, un peu comme si elle \u00e9tait un costume permettant d\u2019\u00eatre une autre&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00eatre grosse, ce n\u2019est pas moi, je peux donc me permettre d\u2019\u00eatre femme, puisque mon \u00ab&nbsp;vrai moi&nbsp;\u00bb est mince et non f\u00e9minin&nbsp;: je me d\u00e9guise, je joue un r\u00f4le, je joue \u00e0 \u00eatre une femme&nbsp;\u00bb. Ce d\u00e9guisement a donc \u00e9t\u00e9 port\u00e9 le plus longtemps possible en ce qu\u2019il permettait d\u2019apaiser les conflits avec la m\u00e8re, conflits conduisant au refus d\u2019une identit\u00e9 f\u00e9minine, finalement, peut-\u00eatre, enfin d\u00e9sir\u00e9e&nbsp;: il permettait de d\u00e9tourner la rivalit\u00e9 engendr\u00e9e par cette identit\u00e9 de genre en \u00e9tant une autre personne. Cette rivalit\u00e9 \u00e9tait alors tol\u00e9r\u00e9e en ce qu\u2019elle se produisait non pas entre la petite fille et la m\u00e8re, mais entre la femme enceinte et cette derni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019enfant a non seulement mis un terme \u00e0 cette illusion de pouvoir \u00eatre une autre, ramenant la femme \u00ab&nbsp;devenue m\u00e8re&nbsp;\u00bb \u00e0 ce qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab&nbsp;physiquement&nbsp;\u00bb, neuf mois auparavant, mais l\u2019a \u00e9galement confront\u00e9e aux cons\u00e9quences de cette grossesse&nbsp;: un enfant et donc l\u2019identit\u00e9 de m\u00e8re. Le refus de cette identit\u00e9, manifeste chez chacune, vient alors confirmer que l\u2019objectif vis\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas un enfant, mais bien un d\u00e9sir de grossesse&nbsp;: rev\u00eatir une identit\u00e9 nouvelle permettant de se d\u00e9gager de l\u2019emprise maternelle par \u00ab&nbsp;procuration&nbsp;\u00bb. L\u2019enfant a\u00een\u00e9 semble alors essentiellement investi narcissiquement, souvenir d\u2019une victoire temporaire (celle d\u2019avoir pu, un temps, rivaliser avec la m\u00e8re) et id\u00e9alis\u00e9 certainement pour ne pas se confronter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de ce qu\u2019il repr\u00e9sente&nbsp;: la preuve vivante, concr\u00e8te, ind\u00e9niable, d\u2019une s\u00e9paration effective avec leur propre m\u00e8re, d\u2019une rivalit\u00e9 affich\u00e9e, mais refus\u00e9e, voire ni\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;je ne suis pas m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Ainsi, m\u00eame si la grossesse t\u00e9moigne, tout de m\u00eame, d\u2019un d\u00e9sir latent de se lib\u00e9rer de l\u2019emprise maternelle, la s\u00e9paration n\u2019est que temporaire, source d\u2019une intense culpabilit\u00e9, de fortes angoisses, mises en exergue par le refus du statut de m\u00e8re et une f\u00e9minit\u00e9 mal assum\u00e9e apr\u00e8s la grossesse. La deuxi\u00e8me grossesse appara\u00eet ensuite comme une tentative de r\u00e9paration (offrir un enfant \u00e0 leur propre m\u00e8re pour leur rendre leur statut), une tentative de re-fusionner avec la m\u00e8re (mise en acte d\u2019un fantasme de \u00ab&nbsp;corps pour deux&nbsp;\u00bb) et est v\u00e9cue de mani\u00e8re beaucoup plus conflictuelle, car, cette fois, elles sont conscientes de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019enfant \u00e0 venir, bien que celui-ci ait d\u2019embl\u00e9e une fonction de r\u00e9paration. Ce dernier, objets de sentiments tr\u00e8s ambivalents, semble porter toute la conflictualit\u00e9 qui relie ces femmes \u00e0 leur propre m\u00e8re, t\u00e9moignant de l\u2019intrication entre cette deuxi\u00e8me grossesse et le mouvement r\u00e9gressif du processus de s\u00e9paration-individuation activ\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. En somme, la premi\u00e8re grossesse leur aurait permis d\u2019acc\u00e9der au statut de femme (de fa\u00e7on plus ou moins temporaire et assum\u00e9e), et la deuxi\u00e8me \u00e0 celui de m\u00e8re, non pas subjectivement dans une identit\u00e9 maternelle pleinement v\u00e9cue et assum\u00e9e, mais parce qu\u2019elles sont conscientes qu\u2019elles vont donner la vie (de fa\u00e7on op\u00e9ratoire).<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, en ce qui concerne les conjoints, il semble tr\u00e8s clairement qu\u2019ils aient repr\u00e9sent\u00e9 un substitut fantasmatique de leur propre p\u00e8re&nbsp;: pour la premi\u00e8re grossesse, il est ainsi d\u00e9crit comme un objet id\u00e9al, \u00e0 l\u2019image de l\u2019admiration que les petites filles vouent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 leur p\u00e8re au moment de l\u2019\u0153dipe. En obtenant un enfant du conjoint, elles auraient inconsciemment obtenu un enfant de leur p\u00e8re, triomphant de la m\u00e8re. Cependant, cet \u00e9l\u00e9ment reste \u00e0 nuancer dans la mesure o\u00f9, lors de la deuxi\u00e8me grossesse (et m\u00eame pendant la premi\u00e8re, dans le cas de Aline), il s\u2019agit finalement d\u2019annuler cette prise de distance trop douloureuse et conflictuelle pour elles, t\u00e9moignant d\u2019un retour en-de\u00e7\u00e0 de la triangulation \u0153dipienne. Pour Aline, le conjoint reste malgr\u00e9 tout tr\u00e8s id\u00e9alis\u00e9, ressenti comme tr\u00e8s pr\u00e9sent, alors que pour Sophie, lors de cette deuxi\u00e8me grossesse, son compagnon appara\u00eet comme \u00e9tant absent, voire comme un \u00e9l\u00e9ment pers\u00e9cuteur, par projection, sur lui, de ses sentiments hostiles \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019enfant \u00e0 venir. On peut \u00e9galement supposer que fantasmatiquement, pour cette deuxi\u00e8me grossesse, il porte la responsabilit\u00e9 de cette situation intenable pour elle, en ce qu\u2019il l\u2019aurait mise enceinte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour ces deux jeunes femmes, il semble que la maternit\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019un remaniement identitaire, certes, mais temporaire&nbsp;: l\u2019attrait de la r\u00e9gression, dans le maintien d\u2019une relation m\u00e8re-fille fusionnelle, archa\u00efque, \u00e9tant trop intense pour y r\u00e9sister. La tentative de se s\u00e9parer, mise en acte lors de la premi\u00e8re grossesse, bien qu\u2019elle \u00e9choue finalement, traduit, n\u00e9anmoins, un d\u00e9sir latent de se lib\u00e9rer de l\u2019emprise maternelle. Cependant, face \u00e0 l\u2019angoisse et \u00e0 la culpabilit\u00e9 induites par la confrontation aux fantasmes matricides, (r\u00e9)activ\u00e9s par cette situation, les capacit\u00e9s de traitement psychique se trouvant d\u00e9bord\u00e9es, la seule issue possible est celle de la r\u00e9gression \u00e0 une position archa\u00efque, pr\u00e9\u0153dipienne, rejouant ainsi ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 dans l\u2019enfance lorsque, petites filles, elles s\u2019\u00e9taient d\u00e9tourn\u00e9es de la probl\u00e9matique \u0153dipienne, mais aussi \u00e0 l\u2019adolescence. Ainsi, cette premi\u00e8re exp\u00e9rience de la maternit\u00e9 pourrait \u00eatre entendue comme une (nouvelle) tentative d\u2019\u00e9laboration du conflit \u0153dipien, par le biais du conjoint, substitut fantasmatique de leur propre p\u00e8re&nbsp;: \u00eatre enceinte du p\u00e8re pour pouvoir explorer sa f\u00e9minit\u00e9 et rivaliser avec la m\u00e8re, au moyen d\u2019une identit\u00e9 et d\u2019un corps emprunt\u00e9s, temporaires, celle et celui de la femme enceinte. N\u00e9anmoins, m\u00eame si le versant \u0153dipien du d\u00e9sir d\u2019enfant est ici actif, il ne semble pas que l\u2019on puisse parler d\u2019un d\u00e9sir d\u2019enfant, puisque c\u2019est avant tout la grossesse, et la fonction qui lui est attribu\u00e9e, qui sont vis\u00e9s. Comme le souligne J.-P. Mouras (2003) concernant les grossesses adolescentes, il semble que l\u2019on puisse parler d\u2019un d\u00e9sir \u0153dipien mal assum\u00e9, tant la deuxi\u00e8me grossesse (voire le v\u00e9cu de la premi\u00e8re) vient mettre en exergue une fixation \u00e0 la m\u00e8re pr\u00e9\u0153dipienne, sur un versant homosexuel, narcissique, du d\u00e9sir d\u2019enfant (retrouver la m\u00e8re des d\u00e9buts ou encore se racheter, en lui offrant un enfant id\u00e9al, \u00e0 d\u00e9faut de l\u2019avoir \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame). Ainsi, la grossesse est certes l\u2019occasion d\u2019un remaniement identitaire important, mais il ne semble pas que nous puissions conclure \u00e0 des effets th\u00e9rapeutiques durables et positifs sur la relation m\u00e8re-fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il aurait \u00e9t\u00e9 pertinent de poursuivre cette recherche en suivant ces deux femmes dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, afin de voir ce qu\u2019il en aurait \u00e9t\u00e9 des interactions pr\u00e9coces m\u00e8re-enfant et de la relation m\u00e8re-sa propre m\u00e8re\u00a0: celle-ci serait-elle susceptible d\u2019\u00eatre r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e, une fois le deuxi\u00e8me enfant mis au monde et \u00ab\u00a0offert\u00a0\u00bb en signe de r\u00e9paration\u00a0? Par ailleurs, en continuant \u00e0 rencontrer r\u00e9guli\u00e8rement ces femmes, dans le cas o\u00f9 une troisi\u00e8me grossesse se dessinerait, cela permettrait de suivre, dans l\u2019ici et maintenant, le cheminement qui les conduirait \u00e0 ce d\u00e9sir. Enfin, compte-tenu de la complexit\u00e9 de ce qui se joue au cours de cette p\u00e9riode p\u00e9rinatale pour les femmes pr\u00e9sentant des ant\u00e9c\u00e9dents d\u2019anorexie, du taux \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9compensations d\u00e9pressives dans le <em>post-partum<\/em> et des implications en termes de qualit\u00e9 de la relation m\u00e8re-enfant, il semble \u00e9vident que cette population n\u00e9cessite une attention particuli\u00e8re lors de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9. Des \u00e9tudes ult\u00e9rieures, et plus pouss\u00e9es, seraient donc les bienvenues, afin d\u2019envisager des strat\u00e9gies pr\u00e9ventives permettant de les accompagner au mieux, non seulement lors de la grossesse, mais \u00e9galement lors de la rencontre avec l\u2019enfant et de la mise en place des premi\u00e8res interactions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9, J. (1995), <em>Aux origines f\u00e9minines de la sexualit\u00e9<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Bydlowski, M. (2000), <em>Je r\u00eave un enfant. L\u2019exp\u00e9rience int\u00e9rieure de la maternit\u00e9<\/em>, Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>Corcos, M., &amp; Dupont, M.E. (2007), <em>Approche psychanalytique de l\u2019anorexie mentale<\/em>, Nutrition Clinique et M\u00e9tabolisme, 21, 190-200.<\/p>\n\n\n\n<p>Corcos, M., Lamas, C., Pham-Scottez, A. &amp; Doyen, C. (2008), <em>L\u2019anorexie mentale, d\u00e9ni et r\u00e9alit\u00e9s<\/em>, Rueil-Malmaison, Doin.<\/p>\n\n\n\n<p>Decobert, S., Kestemberg, E., Kestemberg, J. (1972). <em>La faim et le corps<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeammet, Ph. (2004), <em>Anorexie et boulimie&nbsp;: Les paradoxes de l\u2019adolescence<\/em>, Paris, Hachette.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeammet, Ph. (2005), \u00ab&nbsp;G\u00e9rer la distance relationnelle aux objets d\u2019attachement&nbsp;: une t\u00e2che essentielle de l\u2019adolescence&nbsp;\u00bb <em>In<\/em> A. Braconnier (Ed.), <em>L\u2019adolescence aujourd\u2019hui<\/em> (pp. 11-20), Ramonville Saint-Agne, Er\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mouras, J.P. (2003), \u00ab&nbsp;A propos des maternit\u00e9s adolescentes&nbsp;\u00bb, in Brun C., Gilbert V., Jouinot P., Lamour M., Mouras M.J., Mouras J.P., Polack-Cornillot M., <em>La p\u00e9rinatalit\u00e9<\/em>, Paris Br\u00e9al, Collection Amphi Psychologie, chapitre 3, p. 70-90.<\/p>\n\n\n\n<p>Mouras, M.-J. (2003), \u00ab&nbsp;Clinique de la p\u00e9rinatalit\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>in<\/em> Brun C., Gilbert V., Jouinot P., Lamour M., Mouras M.J, Mouras, J.P, Polack-Cornillot M., <em>La p\u00e9rinatalit\u00e9<\/em>, Br\u00e9al, coll. Amphi Psychologie, chapitre 2, p. 37-68. Nicolas, I. (2009), \u00ab&nbsp;D\u00e9sirs d\u2019enfant et adolescence anorexique&nbsp;\u00bb. In Andr\u00e9, J., Chabert, C., Daubech, J.-F., Giuffrida, A., Guyomard, P., Karla, S., Nicolas, I., Squires, C., <em>D\u00e9sirs d\u2019enfant<\/em>, Paris, PUF, chapitre 5, p. 85-100.<\/p>\n\n\n\n<p>Squires, C. (2003), \u00ab&nbsp;Et si c\u2019est une fille&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>in<\/em> Andr\u00e9 J., Nestour, A., Faure-pragier, S., Rousseau-Dujardin, J., Squires,C., F\u00e9dida, P., <em>M\u00e8res et files, la menace de l\u2019identique<\/em>, Paris, PUF, chapitre 5, p. 119-140.<\/p>\n\n\n\n<p>Riazuelo, H. (2004), \u00ab&nbsp;Les sp\u00e9cificit\u00e9s de l\u2019attente d\u2019un second enfant&nbsp;\u00bb <em>in<\/em> Missonnier, S., Golse, B. &amp; Soul\u00e9, M. (sous la direction), <em>La grossesse, l\u2019enfant virtuel et la parentalit\u00e9<\/em>, Paris, PUF, p. 145-160.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9573?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anorexie et f\u00e9minit\u00e9 L\u2019anorexie mentale est souvent per\u00e7ue comme \u00e9tant en lien avec une peur de quitter l\u2019enfance et de devenir femme&nbsp;: un moyen inconscient de suspendre le d\u00e9veloppement physiologique et psychologique emp\u00eachant ainsi le passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. 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