{"id":9570,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/est-ce-encore-rationnel-de-mourir-aujourdhui-2\/"},"modified":"2023-04-24T08:47:00","modified_gmt":"2023-04-24T06:47:00","slug":"est-ce-encore-rationnel-de-mourir-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/est-ce-encore-rationnel-de-mourir-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Est-ce encore rationnel de mourir aujourd&rsquo;hui ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce texte reprend en partie l\u2019introduction de notre ouvrage <em>Exil\u00e9s de l\u2019intime La m\u00e9decine et la psychiatrie au service du nouvel ordre \u00e9conomique<\/em>, Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, Paris : Deno\u00ebl, 2008.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>La vie est jusque dans ses aspects les plus intimes, \u00e0 chaque \u00e9poque de la civilisation, en \u00e9troite interaction avec le sens que l\u2019\u00e9poque impartit \u00e0 la mort. Notre conception de la vie, notre conception de la mort, ne sont que deux aspects d\u2019un seul et m\u00eame comportement fondamental.<\/em><footer>Georg Simmel, 1909, <em>La Trag\u00e9die de la culture<\/em>. Paris : Rivages, 1988, p. 169.<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre de s\u00e9pulture se r\u00e9v\u00e8le constitutive de l\u2019humanit\u00e9 dans l\u2019homme. Elle ne se r\u00e9duit pas \u00e0 enterrer les morts. L\u2019\u0153uvre de s\u00e9pulture se r\u00e9v\u00e8le comme une mani\u00e8re de s\u2019y prendre avec la mort, mais la mort au c\u0153ur m\u00eame de toute vie. Notre mani\u00e8re de mourir &#8211; autant que notre fa\u00e7on de nous y prendre pour accompagner les vivants en train de mourir &#8211; r\u00e9v\u00e8le le <em>relief anthropologique<\/em> d\u2019une culture.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accompagnement des mourants et l\u2019\u0153uvre de s\u00e9pulture sont pass\u00e9s, comme l\u2019\u00e9crit Norbert Elias, \u00ab des mains de la famille, des parents et des amis dans celles de sp\u00e9cialistes r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s.<sup>1<\/sup> \u00bb Ce changement dans nos pratiques sociales ne r\u00e9sulte pas seulement de raisons techniques ou scientifiques. La m\u00e9decine sociale et la sant\u00e9 publique notamment se sont d\u00e9velopp\u00e9es en France avec l\u2019expansion des structures urbaines et les nouvelles conditions d\u2019existence que la ville impose. Michel Foucault attribue la nouvelle fa\u00e7on de c\u00e9l\u00e9brer un culte des morts \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une <em>police politico-m\u00e9dicale<\/em> de la soci\u00e9t\u00e9 moderne<sup>2<\/sup>. Cette nouvelle technologie \u00ab m\u00e9dicale et politique \u00bb de \u00ab gestion \u00bb des morts et de la mort constitue un des aspects de la normalisation sociale des comportements exig\u00e9 par le pouvoir qui se met en place dans le quadrillage des populations.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Foucault et Norbert Elias reconnaissent dans cette individualisation et cette <em>rationalisation technique<\/em> de la \u00ab gestion \u00bb des morts et de la mort, la manifestation autant que l\u2019op\u00e9rateur de la modernit\u00e9 et de ses technologies de pouvoir. Contr\u00f4ler, analyser et r\u00e9duire la menace permanente que les morts repr\u00e9sentent deviennent des n\u00e9cessit\u00e9s et l\u2019id\u00e9e de les transporter en p\u00e9riph\u00e9rie des villes et \u00e0 la campagne n\u2019est pas \u00ab une id\u00e9e chr\u00e9tienne, mais m\u00e9dicale et politique<sup>3<\/sup> \u00bb. Foucault insiste sur les rapports entre la norme, le savoir m\u00e9dical et le pouvoir politique l\u00e0 o\u00f9 Norbert Elias analyse davantage ces processus de civilisation en termes d\u2019\u00e9conomie sociale et affective. Pour Michel Foucault, les normes politico-sanitaires de notre modernit\u00e9 qui ont contribu\u00e9 \u00e0 individualiser les morts et la mort font partie du cadre plus g\u00e9n\u00e9ral de cette \u00ab m\u00e9dicalisation de l\u2019existence<sup>4<\/sup> \u00bb con\u00e7ue comme une nouvelle technologie de gouvernement des conduites. Par une autre voie, Norbert Elias montre que l\u2019individualisation du cadavre s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une dissimulation sociale requise par les nouvelles exigences de notre civilisation. Civilisation individualiste et individualisante qui exige des sujets un autocontr\u00f4le sur eux-m\u00eames. Sans pour autant adh\u00e9rer au mythe d\u2019une \u00ab mort apprivois\u00e9e \u00bb ou paisible des soci\u00e9t\u00e9s anciennes, \u00e9voqu\u00e9e par Philippe Ari\u00e8s<sup>5<\/sup>, il convient d\u2019insister sur ces nouvelles formes de neutralisation et de dissimulation des moments o\u00f9 la vie se termine. C\u2019est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 les sujets l\u00e2chent prise dans une soci\u00e9t\u00e9 de contr\u00f4le qui civilise les m\u0153urs<sup>6<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s anciennes, la peur de la mort \u00e9tait tout aussi grande que de nos jours et ce d\u2019autant plus que la civilisation se r\u00e9v\u00e9lait violente et exposait les hommes \u00e0 de vives souffrances. Cependant, la participation des individus et des groupes sociaux au moment de l\u2019agonie et de la mort s\u2019av\u00e9rait moins dissimul\u00e9e, moins neutralis\u00e9e qu\u2019aujourd\u2019hui par la <em>rationalit\u00e9 technique et sanitaire<\/em> o\u00f9 \u00ab jamais auparavant les cadavres n\u2019ont \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9s de la chambre mortuaire au tombeau de mani\u00e8re aussi inodore ni avec une telle perfection technique.<sup>7<\/sup>\u00bb Norbert Elias reconna\u00eet bien volontiers que toutes les soci\u00e9t\u00e9s se trouvent plac\u00e9es devant l\u2019exigence d\u2019aider les individus \u00ab \u00e0 tuer le mort \u00bb pour continuer \u00e0 vivre et l\u2019\u00e9lever \u00e0 la dignit\u00e9 d\u2019un Anc\u00eatre. Simplement, ce sont les mani\u00e8res de s\u2019y prendre qui changent d\u2019une <em>forme de civilisation<\/em> \u00e0 une autre. La mani\u00e8re \u00ab m\u00e9dico-\u00e9conomique \u00bb de s\u2019y prendre avec la mort et les mourants de nos jours se r\u00e9v\u00e8le comme le sympt\u00f4me d\u2019un lointain processus de civilisation qui tend toujours davantage \u00e0 rel\u00e9guer notre <em>mortalit\u00e9<\/em>, la dimension tragique du vivant, dans les coulisses de la sc\u00e8ne sociale et de ses drames. Les normes sociales de nos civilisations modernes incitent \u00e0 l\u2019extr\u00eame solitude des mourants et de leurs proches, \u00e0 leur isolement. Quitte alors \u00e0 confier \u00e0 des services techniques ou psychologiques le soin de les soutenir dans cette \u00e9preuve. Avec les moyens techniques dont dispose la m\u00e9decine moderne il est ais\u00e9 de conduire un homme \u00e0 la mort dans la plus totale inconscience l\u00e0 o\u00f9 jadis au prix de souffrances, il aurait pu rester conscient jusqu\u2019\u00e0 sa derni\u00e8re heure. A ce propos, Jacques Ellul se demande si ce faisant l\u2019homme a gagn\u00e9 en libert\u00e9 ou si ce n\u2019est pas plut\u00f4t \u00ab voler \u00e0 l\u2019homme le moment le plus important de sa vie, sa mort<sup>8<\/sup>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le traitement social de la souffrance op\u00e8re selon une rationalit\u00e9 technique et \u00e9conomique \u00e9loign\u00e9e aujourd\u2019hui du tissu familial. La prescription d\u2019antid\u00e9presseurs pour pr\u00e9venir les \u00e9tats d\u00e9pressifs du deuil et pour \u00e9viter la perte \u00e9ventuelle de journ\u00e9es de travail et de profits \u00e9conomiques est loin d\u2019\u00eatre exceptionnelle ! A moins que notre civilisation ne parvienne \u00e0 un degr\u00e9 si monstrueux de rationalisation que la perte d\u2019un \u00eatre proche elle-m\u00eame ne soit plus que mollement ressentie par ceux qui la subissent en les invitant \u00e0 une pure <em>\u00e9valuation<\/em> comptabilisant les pertes et les profits visualis\u00e9s et objectiv\u00e9s par l\u2019imagerie fonctionnelle du cerveau par r\u00e9sonance magn\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sentiments de tristesse et de deuil supposent en effet une sant\u00e9 psychique dont nous ne sommes pas convaincus que notre civilisation en garantisse encore les <em>conditions d\u2019exp\u00e9riences intimes<\/em><sup>9<\/sup>. Comme Winnicott<sup>10<\/sup> nous l\u2019apprend, la sant\u00e9 psychique d\u00e8s le d\u00e9but de la vie suppose des capacit\u00e9s de l\u2019environnement \u00e0 s\u2019identifier aux besoins fondamentaux des personnes et \u00ab la sant\u00e9 \u00bb (<em>health<\/em>) n\u2019est en aucune mani\u00e8re identique au \u00ab sanitaire \u00bb (<em>sanity<\/em>). La valeur d\u2019une civilisation s\u2019\u00e9value \u00e0 la mani\u00e8re dont son environnement tol\u00e8re, traite les pertes et les malheurs qui affectent les individus et les populations. Il ne s\u2019agit pas seulement de compassion et de piti\u00e9, mais plus radicalement des modalit\u00e9s et des formes de pratiques sociales permettant \u00e0 un sujet d\u2019int\u00e9grer et d\u2019\u00e9laborer les drames de son existence. L\u2019instrumentalisation d\u2019autrui et de soi-m\u00eame promue par notre \u00e9poque peut aller jusqu\u2019\u00e0 ne plus \u00e9prouver que nous sommes <em>r\u00e9ellement<\/em> malades et d\u00e9prim\u00e9s. Cette ali\u00e9nation de notre exp\u00e9rience intime pourrait signifier que dans notre civilisation nous nous \u00e9loignons toujours davantage de nous-m\u00eames et des \u00e9preuves subjectives qui fondent notre r\u00e9alit\u00e9 psychique<sup>11<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quels que soient par ailleurs les commentaires et les critiques que l\u2019on ait pu faire \u00e0 la th\u00e8se de Norbert Elias sur l\u2019extr\u00eame solitude actuelle des mourants, l\u2019ensemble de ses commentateurs<sup>12<\/sup> reconna\u00eet le caract\u00e8re f\u00e9cond de son travail, en particulier quant aux processus d\u2019\u00ab indi\u00advidualisation \u00bb de la fin de vie d\u00e8s lors qu\u2019ils sont mis directement en rapport avec sa th\u00e9orie d\u2019une <em>civilisation des m\u0153urs<\/em><sup>13<\/sup>. Norbert Elias revient \u00e0 plusieurs reprises dans ses travaux sur le processus de civilisation par \u00ab individualisation \u00bb, rationalisation et refoulement. La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9l\u00e8guerait toujours davantage \u00e0 l\u2019individu le soin de se gouverner lui-m\u00eame, de se contr\u00f4ler, d\u2019inhiber ses pulsions et de r\u00e9guler ses affects dans un r\u00e9gime normatif propre \u00e0 une culture et \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9es. Le retrait devant les mourants et la mort pourrait, selon Norbert Elias, dissimuler de mani\u00e8re sp\u00e9cifique \u00e0 notre civilisation la peur de perdre le contr\u00f4le de soi dans le gouvernement de soi-m\u00eame et l\u2019autosuffisance dont nos id\u00e9aux font l\u2019\u00e9loge. L\u2019\u00e9loignement pr\u00e9matur\u00e9 des vivants, des infirmes et des mourants pourrait venir t\u00e9moigner \u00ab des difficult\u00e9s qu\u2019ont beaucoup de gens \u00e0 s\u2019identifier aux personnes vieillissantes et mourantes.<sup>14<\/sup> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapprochement qu\u2019op\u00e8re Norbert Elias entre la capacit\u00e9 d\u2019affronter la perte et l\u2019aptitude \u00e0 aimer nous para\u00eet essentiel et rejoint en plus d\u2019un point l\u2019exp\u00e9rience psychanalytique<sup>15<\/sup>. Une civilisation qui dissimule la mort est une civilisation qui cache aussi l\u2019amour et la tendresse sauf \u00e0 devoir les r\u00e9duire au \u00ab f\u00e9tichisme de la marchandise \u00bb et au spectacle du sexe. Dans une conf\u00e9rence prononc\u00e9e en 1983, Norbert Elias pr\u00e9cise sa th\u00e8se en montrant que les id\u00e9aux de notre civilisation, qui exigent le gouvernement de soi sans perte de contr\u00f4le, tendent \u00e0 accro\u00eetre les difficult\u00e9s des sujets \u00e0 s\u2019identifier dans le lien social. Le recours aux soins m\u00e9dicaux et \u00e0 l\u2019organisation scientifique des t\u00e2ches aupr\u00e8s des plus vuln\u00e9rables et des mourants tout en \u00e9tant justifi\u00e9 par la rationalisation des connaissances augmente le sentiment de solitude. Cette mani\u00e8re de mourir pourrait constituer l\u2019<em>interpr\u00e9tation sauvage<\/em> que la vie ferait aux vivants et \u00e0 la mani\u00e8re dont au cours de l\u2019existence ils se replient sur eux-m\u00eames, policent leurs corps et leur temps, instrumentent autrui et calculent rationnellement leurs conduites en se privant du soin port\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame, \u00e0 son histoire et \u00e0 sa filiation. Cette mani\u00e8re de mourir fait interpr\u00e9tation sauvage de la fa\u00e7on dont l\u2019homme moderne prend \u00ab souci de soi \u00bb<sup>16<\/sup> et s\u2019oublie lui-m\u00eame dans l\u2019immanence de ses actions. Qu\u2019on l\u2019appelle euthanasie ou suicide assist\u00e9, la volont\u00e9 actuelle de l\u00e9gif\u00e9rer sur ces questions, n\u2019est-ce pas une mani\u00e8re de rationaliser et d\u2019instrumentaliser la mort qui arrive pourtant toujours par surprise quand bien m\u00eame elle serait attendue depuis longtemps ?<br>La rationalisation des conduites et des actions proc\u00e8de aujourd\u2019hui plus que jamais d\u2019un&nbsp;<em>mod\u00e8le \u00e9conomique<\/em>&nbsp;qui leur impose une forme et d\u00e9termine leur finalit\u00e9. Accom-pagner un mourant ou une personne vuln\u00e9rable, ce n\u2019est pas seulement lui prodiguer des soins techniques et m\u00e9dicaux, c\u2019est aussi prendre en charge son angoisse, sa souffrance comme la culpabilit\u00e9 de ses proches. Cela demande du temps, de l\u2019argent et un souci th\u00e9rapeutique qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un pur et simple mod\u00e8le m\u00e9dical<sup>17<\/sup>. Les \u00e9quipes de soins palliatifs avec lesquelles nous travaillons se plaignent des demandes que souvent les autres services hospitaliers leur adressent et parfois m\u00eame les proches des mourants : venez pour en finir le plus vite possible, le moins douloureusement possible parce que \u00e7a ne peut plus durer et que nous ne pouvons plus le supporter. Bert Keizer, auteur en 1994 de <em>Danse avec la mort. Journal d\u2019une liaison fatale<\/em> et m\u00e9decin dans un centre g\u00e9riatrique aux Pays-Bas, un des premiers pays \u00e0 avoir adopt\u00e9 une l\u00e9gislation lib\u00e9rale en mati\u00e8re d\u2019euthanasie, recommandait de ne jamais mettre \u00ab fin \u00e0 la vie pour des raisons esth\u00e9tiques parce que les gens autour ne peuvent pas soutenir la souffrance, tel (\u00e9tait son) adage.<sup>18<\/sup> \u00bb. Au Buisson de Roses o\u00f9 il exer\u00e7ait, \u00e0 tels enfants qui exigeaient que leur m\u00e8re meure au plus vite tout en employant la comparaison \u00ab \u00e9cul\u00e9e \u00bb de l\u2019animal domestique dont il faut abr\u00e9ger les souffrances, il r\u00e9pondait agac\u00e9 \u00ab votre m\u00e8re n\u2019est pas un chien<sup>19<\/sup> \u00bb.<br>Dans <em>La Solitude des mourants<\/em> encore, Norbert Elias \u00e9crit : \u00ab Il n\u2019est pas toujours tr\u00e8s facile de montrer \u00e0 des \u00eatres qui sont en route vers la mort qu\u2019ils n\u2019ont pas perdu leur signification pour les autres. Quand cela arrive, quand un \u00eatre en train de mourir doit \u00e9prouver le sentiment &#8211; bien qu\u2019il soit encore en vie &#8211; qu\u2019il ne signifie plus rien pour ceux qui l\u2019entourent, c\u2019est alors qu\u2019il est vraiment solitaire.<sup>20<\/sup> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Norbert Elias, 1982, <em>La Solitude des mourants.<\/em> Paris : Christian Bourgois, 1988., p. 44.<\/li><li>Michel Foucault, <em>Dits et \u00e9crits III<\/em> 1976-1979. Paris : Gallimard, 1994.<\/li><li>Michel Foucault, ibid., p. 219.<\/li><li>Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, 2005, <em>La Sant\u00e9 totalitaire Essai sur la m\u00e9dicalisation de l\u2019existence<\/em>, Paris : Flammarion, 2009.<\/li><li>Philippe Ari\u00e8s, 1977, <em>L\u2019Homme devant la mort.<\/em> Paris : Seuil.<\/li><li>Cf Norbert Elias, 1982, op. cit.<\/li><li>Norbert Elias, 1982, ibid., p. 37.<\/li><li>Jacques Ellul, 1977, <em>Le Syst\u00e8me technicien.<\/em> Paris : le cherche midi, 2004, p. 333.<\/li><li>Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, 2008, op. cit.<\/li><li>Donald W. Winnicott, 1967, \u00ab Le concept d\u2019individu sain \u00bb. In : <em>Conversations ordinaires<\/em> (1986), Paris : Gallimard, 1988, p. 27-53.<\/li><li>Roland Gori, 2010, <em>De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? D\u00e9mocratie et subjectivit\u00e9<\/em>, Paris : Deno\u00ebl.<\/li><li>Jean-Hugues D\u00e9chaux, 2004, \u00ab La mort solitaire ? \u00bb, In : Sophie Chevalier et Jean-Marie Privat (sous la dir. de), Norbert Elias et l\u2019anthropologie, Paris : CNRS \u00e9ditions, p. 159-168. Cet auteur pr\u00e9f\u00e8re parler d\u2019\u00ab intimisation \u00bb de la mort et montre que dans notre civilisation les c\u00e9r\u00e9monies de deuil proc\u00e8dent davantage de l\u2019intersubjectivit\u00e9 en substituant \u00e0 la logique de l\u2019affiliation la logique de la reconnaissance qui structure le r\u00e9seau des proches.<\/li><li>Norbert Elias, 1939, <em>La Civilisation des m\u0153urs<\/em>. Paris : Calmann-L\u00e9vy, 1973.<\/li><li>Norbert Elias, 1982, op. cit., p. 12, soulign\u00e9 par nous.<\/li><li>Cf. Roland Gori, 2002, <em>Logique des passions<\/em>. Paris : Flammarion, 2006.<\/li><li>Michel Foucault, 1984, <em>Le souci de soi.<\/em> Paris : Gallimard, 1997. Cf. Aussi Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, 2005, op. cit.<\/li><li>Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, 2005, op. cit.<\/li><li>Bert Keizer, 1994, <em>Danse avec la mort. Journal d\u2019un liaison fatale<\/em>, Paris : La d\u00e9couverte, 2003, p. 71.<\/li><li>Bert Keizer, 1994, ibid., p. 33.<\/li><li>Norbert Elias, 1982, ibid., p. 85-86.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9570?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte reprend en partie l\u2019introduction de notre ouvrage Exil\u00e9s de l\u2019intime La m\u00e9decine et la psychiatrie au service du nouvel ordre \u00e9conomique, Roland Gori, Marie-Jos\u00e9 Del Volgo, Paris : Deno\u00ebl, 2008. La vie est jusque dans ses aspects les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214],"thematique":[629],"auteur":[1650],"dossier":[876],"mode":[60],"revue":[877],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9570","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","thematique-deuil","auteur-roland-gori","dossier-existe-t-il-une-psychologie-de-la-mort","mode-payant","revue-877","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9570","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9570"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9570\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29975,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9570\/revisions\/29975"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9570"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9570"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9570"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9570"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9570"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9570"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9570"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9570"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9570"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}