{"id":9569,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/creation-cum-nihilo-ou-la-memoire-de-labsence-2\/"},"modified":"2021-10-24T20:47:19","modified_gmt":"2021-10-24T18:47:19","slug":"creation-cum-nihilo-ou-la-memoire-de-labsence","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/creation-cum-nihilo-ou-la-memoire-de-labsence\/","title":{"rendered":"Cr\u00e9ation cum-nihilo ou la m\u00e9moire de l&rsquo;absence"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>La possibilit\u00e9 de communiquer la douleur de l\u2019incommunicable<\/em>.<footer>D. Anzieu<sup>1<\/sup><\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>Je ne suis pas un intellectuel ce qui m\u2019int\u00e9resse moi, et en fait personnellement, si je puis dire\u2026 je travaille sur le moi corporel.<\/em><footer>D.W. Winnicott<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>L\u2019art na\u00eet<\/em> de l\u2019\u00e9branlement du sens, c\u2019est pour cela m\u00eame qu\u2019il c\u00f4toie la folie, et c\u2019est pourquoi le sublime peut g\u00e9n\u00e9rer extase et destruction et que le sacr\u00e9 et le profane cohabitent sur la m\u00eame ligne de fuite, la m\u00eame ligne de cr\u00eate, la m\u00eame ligne de sorci\u00e8re. L\u2019art ne na\u00eet pas de rien, pour autant il ne na\u00eet pas de quelque chose de d\u00e9fini\u2026 il est souvent la m\u00e9moire d\u2019un oubli ou d\u2019une absence. Il na\u00eet de la confrontation du sujet \u00e0 son petit n\u00e9ant personnel et de ce qui caract\u00e9rise cette \u00e9preuve surhumaine qu\u2019est la travers\u00e9e du chaos ; c\u2019est-\u00e0-dire la renaissance \u00e0 partir d\u2019un informe d\u2019une forme vibrante et rayonnante, toujours \u00e9vanescente mais tenue haut et fort par une pulsionnalit\u00e9 vive devenue rythme.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychanalyse des sujets limites devrait pouvoir s\u2019appuyer sur ce mod\u00e8le du processus cr\u00e9atif qu\u2019adoptent, pour se comprendre et se refaire et plus profond\u00e9ment pour se conna\u00eetre et s\u2019historiciser, certains artistes limites. L\u2019accompagnement du travail de reprise du fonctionnement psychique, d\u00e9fensivement absentifi\u00e9 plus que sid\u00e9r\u00e9 par un traumatisme, primitif, loin d\u2019entraver le processus de cr\u00e9ation (fantasme de bon nombre d\u2019artistes) l\u2019\u00e9taye. Les d\u00e9fenses mobilis\u00e9es par le sujet limite lors de l\u2019exp\u00e9rience agonique primaire (gel alexithymique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019auto-exclusion des affects en soi et am\u00e9nagements pervers) ont prot\u00e9g\u00e9 le sujet d\u2019une repr\u00e9sentation du traumatisme. Sa re-pr\u00e9sentation sur la toile, la feuille blanche\u2026 sur le divan est \u00e0 nouveau une exp\u00e9rience traumatique. La vigilance soutenue de l\u2019analyste au maintien de la coh\u00e9sion du moi face \u00e0 cette actualisation d\u2019un retour ne signifie pour autant pas repl\u00e2trage identitaire ou consolation narcissique. Elle se veut plus ambitieuse, aussi n\u2019est-elle pas sans risque.<\/p>\n\n\n\n<p>La reviviscence dilac\u00e9rante et douloureuse (discontinuit\u00e9 de l\u2019\u00eatre, incoh\u00e9rence, polymorphisme et informe), est entendue et contenue jusqu\u2019\u00e0 ce que les \u00e9prouv\u00e9s d\u2019effraction et d\u2019absence acc\u00e8dent \u00e0 une repr\u00e9sentation affect\u00e9e tenable. Nous sommes l\u00e0 pour soutenir tous les mouvements psychiques de passion violente, de demande r\u00e9gressive, et aussi de haine, les laisser s\u2019exprimer, y survivre sans trop vite les interpr\u00e9ter d\u00e9fensivement.<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation artistique, apanage de bon nombre de sujets limites, et non de tous les sujets limites, tant il est vrai \u00ab qu\u2019il ne suffit pas d\u2019\u00eatre descendu aux enfers pour savoir les d\u00e9crire \u00bb<sup>2<\/sup> renverrait possiblement dans ces \u00e9tats d\u2019absence primaires o\u00f9 le sujet est au plus pr\u00e8s de lui-m\u00eame, \u00e0 des \u00e9prouv\u00e9s hors sens\u2026 inou\u00efs. Adoss\u00e9 au n\u00e9ant (<em>cum-nihilo<\/em>), l\u2019\u00e9criture, la musique, la peinture, la sculpture soutiendraient le sujet en proie \u00e0 des r\u00e9miniscences blanches. La cr\u00e9ation ici ne renverrait plus uniquement \u00e0 un travail du pr\u00e9conscient liant les unes aux autres les fantaisies du sujet n\u00e9es \u00e0 partir des traces de ses r\u00e9viviscences sensorielles, mais \u00e0 un \u00ab r\u00eave moins \u00e9veill\u00e9 \u00bb qui r\u00e9pondrait \u00e0 un en de\u00e7\u00e0, un ombilic du r\u00eave\u2026, serait \u00ab le songe de la m\u00e9moire \u00bb de ce qui n\u2019a pas eu lieu d\u2019\u00eatre et dont le corps, la peau, a gard\u00e9 la trace sous la forme d\u2019excitations internes aveugles et brutes, blanches car non accord\u00e9es\u2026 Ce r\u00eave sensoriel serait celui des traces corporelles de l\u2019absence de l\u2019objet, l\u2019\u00e9prouv\u00e9 d\u2019un vide constituant\u2026 le r\u00eave vivant d\u2019un r\u00eave qui n\u2019advient pas\u2026 le souvenir vivace d\u2019un souvenir qui ne revient pas. Quelque chose pousse et pulse sans cesse, mais avorte toujours \u00e0 trouver une forme de repr\u00e9sentation, \u00e0 l\u2019image de l\u2019exp\u00e9rience traumatique qui n\u2019a pu acc\u00e9der \u00e0 un langage signifiant parce que non signifi\u00e9e par un d\u00e9sir ou signifi\u00e9e par un d\u00e9sir pervers de la part de l\u2019objet. \u00c0 relire Freud sur le travail du deuil, ou le travail d\u2019un r\u00eave (\u00ab qui ne produit que du r\u00eave \u00bb) et \u00e0 l\u2019associer sur le travail du transfert, \u00e0 bien mettre en exergue dans les trois cas le travail du et non de, on comprend qu\u2019\u00e0 ce niveau l\u2019artiste, l\u2019endeuill\u00e9, le r\u00eaveur, l\u2019analys\u00e9 limite esseul\u00e9, l\u2019analyste \u00e9prouv\u00e9 se laisse traverser et \u00e9mouvoir et que sa psych\u00e9 accueillant les images, les sons et les sensations tactiles\u2026 il devient m\u00e9dium et visionnaire. Il accepte que son <em>je<\/em> soit un autre et m\u00eame plusieurs autres\u2026 et de penser affectivement, il peut, alors cr\u00e9er, utilisant la m\u00eame \u00e9nergie qui l\u2019entra\u00eenait dans le chagrin ou dans la rage\u2026 pour cette fois accompagner la m\u00e9tamorphose qu\u2019il subit.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cr\u00e9ation \u00e9manant du corps vivant de l\u2019auteur confront\u00e9 \u00e0 l\u2019absence, une cr\u00e9ation autour non de la perte et du manque g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les d\u00e9faillances in\u00e9luctables de l\u2019objet, mais du vide \u00e9prouv\u00e9 du fait de l\u2019absence de l\u2019objet ?<\/p>\n\n\n\n<p>Comment un sujet \u00ab n\u00e9 trou\u00e9 \u00bb, du fait de la d\u00e9faillance de transmission de l\u2019objet dans la cr\u00e9ation de son identit\u00e9 psychique et corporelle, et donc astructur\u00e9 ou \u00e0 structuration psychique vacuolaire peut-il cr\u00e9er autour d\u2019une lacune psychique ?<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00ab hyst\u00e9rie archa\u00efque \u00bb o\u00f9 le message n\u2019est engramm\u00e9 que dans la m\u00e9moire du corps sous forme d\u2019excitation sans but ni m\u00eame direction, peut-elle acc\u00e9der \u00e0 une parole lib\u00e9ratrice ?<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 trois questions tournant autour de la probl\u00e9matique du statut du \u00ab corps de l\u2019\u0153uvre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre F\u00e9dida, dans sa pr\u00e9face \u00e0 <em>L\u2019Effort pour rendre l\u2019autre fou<\/em> de Harold Searles<sup>3<\/sup>, nous donne une r\u00e9ponse magnifique quant \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der pour l\u2019artiste \u00e0 son impens\u00e9, peut-\u00eatre son impensable, et a \u00ab La possibilit\u00e9 de communiquer la douleur de l\u2019incommunicable \u00bb D. Anzieu<sup>4<\/sup>. \u00ab Ce point gris dont parle Paul Klee, en relation avec l\u2019\u201c\u00e9tant-n\u00e9ant\u201d et le \u201cn\u00e9ant-\u00e9tant\u201d, et la chronogen\u00e8se de l\u2019\u0153uvre, qui tient pr\u00e9cis\u00e9ment du point aveugle, au sens o\u00f9 il concerne l\u2019envahissement par un vu primitif ant\u00e9rieur \u00e0 toute sc\u00e8ne, et porteur des signes corporels de l\u2019absence de l\u2019objet. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet exercice n\u00e9gatif de coupure \u00e0 rebours de toutes les exp\u00e9riences plus tardives, le sujet limite en cr\u00e9ation, revit l\u2019impens\u00e9 ou l\u2019impensable li\u00e9 \u00e0 l\u2019absence de l\u2019objet, retrouve le sentiment de chute (crainte de l\u2019effondrement des exp\u00e9riences agoniques primaires) et dans cette chute, pour le plus \u00ab positif \u00bb, d\u00e9couvre un \u00e9lan pour un rebond (une nouvelle histoire de r\u00e9surrection pour ceux qui en ont les moyens narcissiques), pour le plus n\u00e9gatif sombre dans le nihilisme (une belle histoire masochique pour les possesseurs d\u2019un narcissisme du pauvre).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste, lui,\u2026 au-del\u00e0 de son narcissisme gonfl\u00e9 par la gloriole du fantasme d\u2019auto-engendrement et qui se d\u00e9gonflera \u00e0 la moindre piq\u00fbre de rappel du <em>trauma<\/em>, a besoin de se refaire, non parce qu\u2019il ne se trouverait pas beau tel qu\u2019on l\u2019a fait, mais parce qu\u2019il r\u00eave secr\u00e8tement de lib\u00e9ration et de v\u00e9rit\u00e9 dans le fantasme de devenir le fils de son \u0153uvre. En jargon psychanalytique : le cr\u00e9ateur et l\u2019auteur tentent de traiter comme ils peuvent leur souffrance identitaire hyst\u00e9rico-narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9prouv\u00e9 d\u2019absence ne s\u2019arrange d\u2019aucune syntaxe et n\u2019est pas le refoul\u00e9, le cliv\u00e9, le forclos mais bel et bien une sensation qui insiste et essaie de dire, en dehors du temps et de l\u2019histoire, dans les limbes d\u2019avant le bapt\u00eame du sens et du langage, un espace ou l\u2019autre et soi n\u2019\u00e9taient pas accord\u00e9s. Aussi ne se r\u00e9duit-il jamais \u00e0 la question du roman familial, de la probl\u00e9matique de filiation et des fantasmes originaires et n\u2019ob\u00e9ira-t-il \u00e0 aucun des d\u00e9calogues ou canons d\u2019interpr\u00e9tation en vigueur. Il est la reviviscence, dans l\u2019actuel comme par le pass\u00e9, de la premi\u00e8re rencontre avec la douleur de la s\u00e9paration. Reviviscence douloureuse d\u2019un partage de soi, face \u00e0 l\u2019absence de l\u2019objet-tuteur qui cherche \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 une certaine figuration-repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Que le fantasme tire son origine de toutes ses questions y compris celles que g\u00e9n\u00e8re l\u2019absence de l\u2019autre en soi, est ind\u00e9niable, mais que le fantasme ne poursuive qu\u2019une trajectoire univoque, sans modification et ne puisse sur la feuille blanche que devenir un roman familial ou des origines plus ou moins \u00ab r\u00e9ussi \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire pas trop cru en fonction des dispositions perverses de l\u2019auteur, c\u2019est exclure l\u2019imaginaire. Cet imaginaire directement issu du d\u00e9faut de centre qu\u2019il y a dans tout fantasme et qui est m\u00eame sa raison d\u2019\u00eatre : l\u2019imaginaire et non le fantasme est la m\u00e9moire de l\u2019absence. Le fantasme est rem\u00e9moration et plus ou moins r\u00e9duplication travestie. L\u2019imaginaire est cr\u00e9ation. L\u2019imagination, et non le fantasme, est la libert\u00e9 absolue de l\u2019homme, tandis que la libert\u00e9 dans les fantasmes n\u2019est qu\u2019un fant\u00f4me, n\u2019en d\u00e9plaise aux philosophes libertaires. Ce point est d\u2019importance et l\u2019exclure c\u2019est la m\u00eame fa\u00e7on de d\u00e9nier que la force saisissante des r\u00eaves est non dans leur structure ou leur sens (plus ou moins intelligible, toujours multiple, incertain, pr\u00e9caire\u2026 et toujours si ironiquement le m\u00eame pour tous) mais bel et bien dans cette formidable potentialit\u00e9 qu\u2019a le r\u00eave d\u2019un devenir ouvert, potentialit\u00e9 qu\u2019il tire du vide constitutif qui l\u2019anime et qui l\u2019ouvre \u00e0 un champ infini de possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019imaginaire parvient \u00e0 grignoter l\u2019espace du fantasme qui m\u00eame s\u2019il provient du sujet reste d\u00e9pendant d\u2019un r\u00e9seau de signifiants tiss\u00e9 comme une toile d\u2019araign\u00e9e par l\u2019objet. Le fantasme est une lettre adress\u00e9e \u00e0 l\u2019objet absent, trop crue de par la frustration et l\u2019avidit\u00e9 qui l\u2019animent, revancharde du sentiment de sa d\u00e9pendance primaire\u2026 toujours un peu triste de se savoir lettre morte puisqu\u2019elle ne peut franchir, <em>\u00e0 rebours<\/em>, le temps pour retrouver l\u2019objet primaire\u2026 quoiqu\u2019elle soit dans l\u2019espace du hors temps qui est celui de l\u2019inconscient, mais qui ne peut que se diluer car avec le temps <em>\u00e7a n\u2019est plus \u00e7a<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019imaginaire est une lettre jubilatoire, en ce qu\u2019elle joue un \u00ab bon tour \u00e0 la folie \u00bb triste et quelque peu r\u00e9pugnante, c\u2019est-\u00e0-dire tragique, du fantasme, et en ce qu\u2019elle r\u00e9alise la prouesse de d\u00e9chirer la solitude puisqu\u2019elle parvient \u00e0 \u00eatre \u00e0 la fois singuli\u00e8re et universelle et non plus st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e comme le fantasme. Elle est \u00e9crite \u00e0 l\u2019encre de la sexualit\u00e9 infantile retrouv\u00e9e en se d\u00e9gageant des \u00ab rin\u00e7ures \u00bb<sup>5<\/sup>\u2026 ce que reste la lettre du fantasme cru du sujet limite \u00e9crite \u00e0 l\u2019encre pr\u00e9g\u00e9nitale. La lettre dict\u00e9e par l\u2019imaginaire cr\u00e9e son avenir et ne r\u00e9p\u00e8te plus son pass\u00e9\u2026 celle d\u2019un \u00eatre qui arrive \u00e0 \u00ab penser l\u00e0 ou il n\u2019est plus \u00bb. Il n\u2019y a plus de <em>fatum<\/em>, de fatalit\u00e9 tragique, le sujet peut se cr\u00e9er une destin\u00e9e, f\u00fbt-elle fictionnelle, un avenir fut-il seulement de papier\u2026 il se raconte, il s\u2019auto-historicise (plus qu\u2019il ne s\u2019auto-engendre) il n\u2019est plus seulement historis\u00e9 et sursignifi\u00e9 par l\u2019objet : \u00ab \u00c0 sept ans il faisait des romans de sa vie. \u00bb<sup>6<\/sup>. Le sujet limite ne reste pas en place car il ne sait pas si c\u2019est sa place et qui l\u2019a plac\u00e9 l\u00e0, le sujet limite raconte beaucoup d\u2019histoires parce qu\u2019il en a eu beaucoup \u00e0 subir et qu\u2019on ne lui en a pas racont\u00e9 assez. Et aussi parce que la seule histoire, la vraie, qu\u2019il pourrait nous rapporter, celle qu\u2019il a au fond de lui-m\u00eame, est impensable, innommable, indicible. Il raconte donc des histoires\u2026 Voil\u00e0 le pouvoir du psychisme <em>per se<\/em>, que certains des tenants de la psychologie cognitive de l<em>\u2019ici maintenant<\/em> et du biologisme ne comprennent pas, quand ils enferment la pens\u00e9e dans des sch\u00e8mes ou des arcs r\u00e9flexes. Extraire biologiquement une pens\u00e9e, penser effectivement et affectivement en lien avec son temp\u00e9rament, une pens\u00e9e qui par sa densit\u00e9 et sa puissance propre devient apte \u00e0 mener par elle-m\u00eame une existence autonome\u2026 transporte la vivance \u00e9motionnelle interne de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, dans le monde externe\u2026 et cr\u00e9e une ou plusieurs vies parall\u00e8les qui sont autant d\u2019historicisation ou de fictions salutaires de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce processus n\u00e9cessaire de cr\u00e9ation d\u2019identit\u00e9s fictionnelles multiples, d\u2019emprunt ou de compensation, en regard du trou identitaire originaire, quand il est accompagn\u00e9 en th\u00e9rapie (co-cr\u00e9ation, co-pens\u00e9e\u2026 appareil psychique \u00e9largi) vient en lieu et place du <em>d\u00e9lire de chagrin solitaire<\/em>. Comme lui, il est amalgame du fond historique du sujet (pass\u00e9 inconscient) et reconstruction. Mais \u00e0 la diff\u00e9rence de lui, il se d\u00e9ploie \u00e0 l\u2019ombre suffisamment temp\u00e9r\u00e9e du th\u00e9rapeute, se nourrit de l\u2019objet dans le transfert et, \u00e9vite ainsi le huis clos sans oxyg\u00e8ne d\u2019un auto-\u00e9rotisme mortif\u00e8re qui tourne \u00e0 vide autour d\u2019un objet primaire absent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00eave d\u2019une patiente : \u00ab J\u2019\u00e9tais dans le d\u00e9sert, je vois au loin une maison avec deux fen\u00eatres, je rentre par l\u2019une d\u2019entre elles, il n\u2019y a pas de fond\u2026 je cherche des tr\u00e9sors cach\u00e9s ayant appartenu \u00e0 des nobles, je fouille les meubles\u2026 je prends tous les costumes et dans cette pi\u00e8ce sans fond\u2026 je suis triste, \u2026 et puis je vois trois, quatre, dix portes qui ouvrent sur autant de mondes merveilleux. \u00bb La piste qu\u2019elle donne au psychanalyste : \u00ab Ne m\u2019ali\u00e9nez \u00e0 un seul sens auquel je m\u2019accrocherais comme \u00e0 mon sympt\u00f4me\u2026 ouvrez-moi \u00e0 la polys\u00e9mie qui supprime le sens unique. \u00bb<sup>7<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>La psychanalyse comme la cr\u00e9ation artistique est immersion dans la part non int\u00e9gr\u00e9e de soi (\u00ab n\u00e9 trou\u00e9 \u00bb d\u2019Henri Michaux<sup>8<\/sup>), dans la puret\u00e9 du non-\u00eatre (Paul Val\u00e9ry<sup>9<\/sup>). Elle est la rencontre avec ses limites incertaines entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, entre \u00ab l\u2019espace infini o\u00f9 je ne suis pas et la suite effroyable o\u00f9 je ne suis plus \u00bb (Bossuet<sup>10<\/sup>), \u00ab dans cet espace noir du f\u0153tus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du ventre maternel avant la naissance \u00bb (Federico Fellini<sup>11<\/sup>), dans \u00ab l\u2019\u00e9preuve du vide supr\u00eame qui c\u00f4toie l\u2019\u00eatre<sup>12<\/sup> \u00bb. Cette part non int\u00e9gr\u00e9e, ce vide constituant, a (est) une m\u00e9moire infantile sensorielle, archa\u00efque au plus pr\u00e8s de la sensorialit\u00e9 des origines rythmiques, corporelles, charnelles. Celle des sens et des sensibles et non celle du sens et de l\u2019intelligible. Celles des sensations physiques premi\u00e8res en particulier dans la relation \u00e0 l\u2019objet primaire. L\u2019importance majeure que rev\u00eat cette m\u00e9moire c\u2019est que sa valeur n\u2019est pas fluctuante. Le sujet s\u2019accroche \u00e0 cette m\u00e9moire sensorielle primitive des origines, parce qu\u2019elle \u00e9mane du partage avec l\u2019objet et qu\u2019elle s\u2019est ancr\u00e9e dans son corps aux temps des commencements. Elle est le garant d\u2019une histoire sans solution de continuit\u00e9, donc d\u2019une assise identitaire et d\u2019une base narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a l\u00e0 une temporalit\u00e9 particuli\u00e8re, \u00e0 la fois hors temps et hors conscience, dure et douloureuse de la dur\u00e9e, dans la contemplation de cette m\u00e9moire des ab\u00eemes du pass\u00e9. La cr\u00e9ation ne peut en effet se comprendre uniquement par rapport \u00e0 un pass\u00e9 dont elle ne serait que la r\u00e9p\u00e9tition et la \u00ab r\u00e9solution \u00bb, ou par rapport \u00e0 un futur inexorablement d\u00e9termin\u00e9 par les lignes de force qui ont pr\u00e9sid\u00e9 au d\u00e9veloppement du sujet dans l\u2019enfance. L\u2019homme ali\u00e9n\u00e9 a un pass\u00e9, qui de ne pouvoir toujours que repasser deviendrait une figure du destin, n\u2019\u00e9crirait alors que la m\u00e9moire de son futur. La cr\u00e9ation ne peut se r\u00e9duire \u00e0 ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et \u00e0 ce qui va advenir. Au-del\u00e0, et en de\u00e7\u00e0 des conflits \u0153dipiens et de la sc\u00e8ne primitive, la confrontation \u00e0 la relation consubstantielle \u00e0 l\u2019objet primaire marqu\u00e9e d\u2019accords et de d\u00e9saccords rythmiques et charnels imprime une marque sp\u00e9cifique, que l\u2019auteur tente de circonscrire.<\/p>\n\n\n\n<p>La trace mn\u00e9sique de cette marque se r\u00e9active dans des moments de d\u00e9tresse r\u00e9sonnant avec l\u2019exp\u00e9rience agonique primitive. C\u2019est celle non d\u2019un manque, mais d\u2019une absence de l\u2019objet et (en miroir) d\u2019un non advenu en soi. La trace du trou forg\u00e9 en soi par l\u2019absence de l\u2019objet et celle, marqu\u00e9e au fer rouge, de son emprise sur soi. Quelque chose a \u00e9t\u00e9 mis en fonctionnement, en branle, puis a \u00e9t\u00e9 brutalement interrompu et a interrompu la psychog\u00e9n\u00e8se et le d\u00e9veloppement corporel du sujet. Le sujet reste en suspens dans un oubli de soi ou une absence \u00e0 soi en miroir et en \u00e9cho de l\u2019absence de l\u2019objet. Quelle est cette m\u00e9moire de l\u2019oubli ou de l\u2019absence ? La m\u00e9moire du rien\u2026 la m\u00e9moire \u00ab d\u2019une d\u00e9faite sans avenir<sup>13<\/sup> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste comme l\u2019enfant qu\u2019il fut autrefois, joue pulsionnellement avec ses traces primitives d\u2019exp\u00e9riences sensorielles de pr\u00e9sence-absence, dans l\u2019aire transitionnelle, bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019ombre de ses parents mais aussi et surtout lorsque ceux-ci ne lui font que peu ou pas trop d\u2019ombre<sup>14<\/sup>. Les r\u00e9actions avides de son corps non accord\u00e9 et de son esprit non li\u00e9, dans l\u2019acte cr\u00e9ateur, correspondent \u00e0 un besoin imp\u00e9rieux de retrouver une continuit\u00e9 avec l\u2019objet, colmatant un sentiment de discontinuit\u00e9\u2026 Il est aujourd\u2019hui comme hier en souffrance de composition et d\u2019appr\u00e9hension subjective du monde. Il doit imp\u00e9rativement trouver \u00ab le lieu et la formule<sup>15<\/sup> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cr\u00e9ation il retrouve bien \u00e9videmment l\u2019objet dans l\u2019amour ou dans la haine\u2026 Mais d\u00e8s qu\u2019il le touche celui-ci n\u2019est pas le m\u00eame que celui qu\u2019il cherchait ou r\u00eavait\u2026 il a un autre statut\u2026 part perdue du moi, mais aussi parfois extension du soi. Il n\u2019y a pas l\u00e0 qu\u2019imitation, r\u00e9duplication, r\u00e9p\u00e9tition plus ou moins d\u00e9plac\u00e9e de ses relations instinctuelles \u00e0 l\u2019objet. Il n\u2019y a pas l\u00e0 non plus que le colmatage de l\u2019absence de l\u2019objet. Il y a chez l\u2019auteur qui r\u00e9siste \u00e0 son angoisse de perte, l\u2019\u00e9largissement de sa vie imaginative. Le miracle de la cr\u00e9ation artistique qui renvoie \u00e0 une transcendance et une spiritualit\u00e9 (non mystique) se d\u00e9sagr\u00e8ge d\u00e8s que l\u2019on tente de l\u2019enfermer dans le carcan rigide d\u2019une pens\u00e9e rationnelle. Dans l\u2019aire transitionnelle il y a illusion et imagination, il n\u2019y a pas hallucination. Ce qui s\u2019y cr\u00e9e n\u2019est pas f\u00e9tiche &#8211; b\u00e9quille soutenante, mais pauvre ombre porteuse. Une certaine intellectualisation psychanalytique peut renvoyer l\u2019imaginaire singulier d\u2019un \u00eatre, aux fantasmes collectifs, c\u2019est-\u00e0-dire paradoxalement au f\u00e9tiche et au gri-gri anti-pens\u00e9e. S\u2019en d\u00e9faire face \u00e0 une \u0153uvre d\u2019art, permet d\u2019appr\u00e9hender le proprement impens\u00e9 de l\u2019auteur. C\u2019est ce que recommandait Masud Khan<sup>16<\/sup> : \u00ab Nous voulons \u00e0 tout prix faire sens de ce non-sens en reconstruisant soit les faits, soit les fantasmes (\u2026) mais cela n\u2019apporte aucune aide et ce qu\u2019il y a de potentiellement cr\u00e9atif dans la folie retombe dans l\u2019oubli. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il faisait r\u00e9f\u00e9rence au refoulement primaire, en soulignant que \u00ab ce qui succombe \u00e0 l\u2019oubli n\u2019est pas pour autant perdu, il r\u00e9appara\u00eet plus tard dans des \u00e9tats de folie priv\u00e9e (\u2026) \u00e9tats que l\u2019on rencontre dans l\u2019art et la litt\u00e9rature \u00bb. Voil\u00e0 le mot l\u00e2ch\u00e9, qui sera repris par Andr\u00e9 Green et qui qualifie le mieux les rapports entre \u00e9tat limite et psychose. L\u2019id\u00e9e d\u2019un travail sublimatoire qui viendrait m\u00e9caniquement ma\u00eetriser la d\u00e9sorganisation est une vision n\u00e9vrotique et quelque peu romantique. Dans des relations archa\u00efques indiff\u00e9renci\u00e9es o\u00f9 se confondent le moi, l\u2019objet et le d\u00e9sir et\/o\u00f9 la destructivit\u00e9 se d\u00e9ploie, on peut \u00eatre s\u00fbr que l\u2019\u00e9nergie d\u00e9gag\u00e9e, m\u00eame si elle int\u00e8gre dans sa finalit\u00e9 une direction vers un objet, n\u2019est porteuse en elle-m\u00eame d\u2019aucun projet. Les effets sur le sujet de cette mise en tension, \u00e9chappent \u00e0 toute mesure pour l\u2019observateur comme \u00e0 tout calcul pour lui, et n\u2019apparaissent pas sous le microscope psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est l\u2019apanage de l\u2019artiste-cr\u00e9ateur, en son point d\u2019incandescence, qui ne repr\u00e9sente plus, mais pr\u00e9sente, qui ne d\u00e9peint plus, mais peint, qui n\u2019\u00e9crit plus mais dicte, une sensorialit\u00e9 primaire, \u00ab le n\u00e9ant follement attif\u00e9<sup>17<\/sup> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Hourra pour l\u2019\u0153uvre inou\u00efe et pour le corps merveilleux, pour la premi\u00e8re fois !<\/p>\n\n\n\n<p>Cela commen\u00e7a sous le rire des enfants, cela finira par eux. (\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Cela commen\u00e7a par quelques d\u00e9go\u00fbts et cela finit,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ne pouvant nous saisir sur le champ de cette \u00e9ternit\u00e9, &#8211;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela finit par une d\u00e9bandade de parfums.<sup>18<\/sup> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le patient lui ne supporte pas cette mise en tension, ne pouvant l\u2019accompagner d\u2019un pouvoir et d\u2019un d\u00e9sir (g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019objet) qui orienteraient vers une m\u00e9tamorphose positive, et verse dans la m\u00e9tamorphose n\u00e9gative jusqu\u2019\u00e0 la liqu\u00e9faction et la putr\u00e9faction dans la m\u00e9lancolie. Le sujet normopathe \u00e9vite comme la peste cette mue peureuse tant il est vrai que \u00ab quand on se sonde on risque de verser dans les exag\u00e9rations malsaines de la peur. \u00bb. Pour l\u2019artiste, cr\u00e9er c\u2019est inverser la disparition de soi dans cette m\u00e9tamorphose n\u00e9gative, c\u2019est provoquer la r\u00e9apparition sensorielle de ce que l\u2019on a \u00e9t\u00e9 y compris dans l\u2019absence, retrouver l\u2019<em>infans<\/em> hors langage, le disparu, celui qui \u00e9tait une sensorialit\u00e9 pure dans une innocence rare.<\/p>\n\n\n\n<p>Finissons avec un texte sur un tableau de Viera Da Silva qui dit avec le rythme et la sensorialit\u00e9 requises, ce que nous avons tent\u00e9 d\u2019\u00e9laborer. \u00ab Il y avait un lieu, c\u2019est dans ce \u00ab il y avait \u00bb qu\u2019elle<sup>19<\/sup> se situe, cette absence \u00e0 explorer qui est une r\u00e9alit\u00e9 autre, l\u2019absence est une r\u00e9alit\u00e9 bien s\u00fbr. Je regarde et je ne vois d\u2019abord rien, et puis je vois dans ce rien comme un \u00e9difice<sup>20<\/sup>. Peut-on b\u00e2tir sur le rien, cet \u00e9difice, cette forteresse, un vide. Je suis au c\u0153ur de la transparence<sup>21<\/sup>. \u00ab Nous sommes au c\u0153ur de la transparence, je l\u2019ignorais, cette transparence \u00e0 notre insu, se veut miroir. Ce rien qui est une r\u00e9alit\u00e9, cette transparence, c\u2019est le miroir<sup>22<\/sup>. Le miroir \u00e0 son tour sous nos yeux \u00e9tonn\u00e9s, se brise. Nous voyons, que ses brisures se sont des traits d\u2019oubli, l\u2019oubli \u00e0 sa m\u00e9moire, la m\u00e9moire du rien, justement de ce rien, sur lequel repose l\u2019\u00e9difice de la forteresse. Je lis la l\u00e9gende, jardin suspendu, \u00e9tait-ce donc cela qu\u2019il fallait voir, l\u2019image secr\u00e8te de ce qui n\u2019est plus que le secret d\u2019une image. \u00bb. Je relis la l\u00e9gende \u00ab jardin suspendu \u00bb : est-ce possible que la couleur puisse ainsi rivaliser avec le parfum, couleur d\u2019un secret d\u2019avant et d\u2019apr\u00e8s le secret, couleurs des horizons de l\u2019\u0153il, porte pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, repouss\u00e9e par la mort, qu\u2019est-ce qui a souffert, qu\u2019est-ce qui a rayonn\u00e9, qu\u2019est-ce qui a saign\u00e9, qu\u2019est-ce qui a \u00e9t\u00e9 saisi de cet insaisissable de il y avait \u00e0 il y a, c\u2019est le trajet de toute ma vie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>D. Anzieu, \u00ab la peau, la m\u00e8re et le miroir dans les tableaux de F. Bacon \u00bb, in <em>Le corps de l\u2019\u0153uvre<\/em>, Paris, Gallimard, 1981.<\/li><li>J.-L. Borges.<\/li><li>NRF Gallimard, 1977.<\/li><li>Ibid op. cit\u00e9.<\/li><li>Arthur Rimbaud, \u201cLe po\u00e8te de sept ans\u201d, <em>Oeuvres compl\u00e8tes<\/em>, Paris, Gallimard, La Pl\u00e9iade, 1984.<\/li><li>Arthur Rimbaud, ibid op. cit\u00e9.<\/li><li>Lucien Isra\u00ebl.<\/li><li>H.Michaux, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, t.I et II Paris, Gallimard, coll. \u00ab Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade \u00bb, 1998<\/li><li>P. Val\u00e9ry, <em>La Jeune Parque<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Po\u00e9sis \u00bb, 1984. \u00ab Le silence est la source \u00e9trange des po\u00e8mes. N\u2019est ce point dans un \u00e9tat si d\u00e9tach\u00e9 que les hommes ont invent\u00e9 les mots les plus myst\u00e9rieux et les plus t\u00e9m\u00e9raires de leur langage \u00bb, P. Val\u00e9ry,&nbsp;<em>M\u00e9lange<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Tel Quel \u00bb, 1994.<\/li><li> Bossuet, <em>Sermons<\/em>, Paris, Mille et une nuits, 1999.<\/li><li>F. Fellini, <em>Fellini par Fellini<\/em>, entretiens avec Giovanni Frazzini, op. cit.<\/li><li>F. Pessoa, <em>Le Livre de l\u2019intranquillit\u00e9<\/em>, op. cit.<\/li><li>Arthur Rimbaud, <em>Les Corbeaux<\/em>.<\/li><li>J. Gillibert, \u00ab L\u2019or d\u2019Atalante \u00bb, <em>Folie et cr\u00e9ation<\/em>, Paris, Champs Vallon, 1990.<\/li><li>Arthur Rimbaud.<\/li><li><em>L\u2019Enfant<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Folio Essais \u00bb, 1997, p. 274.<\/li><li>M. Proust, cit\u00e9 par Ph. Sollers in <em>La Guerre du go\u00fbt<\/em>, Paris, Gallimard, 2001.<\/li><li>A. Rimbaud, \u00ab Matin\u00e9e d\u2019ivresse \u00bb, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Paris, Gallimard, La Pl\u00e9iade, 1998, p. 130-131.<\/li><li>Nbp : appel \u00e0 l\u2019objet.<\/li><li>Nbp : voil\u00e0 les d\u00e9fenses qui architecturent mais vont bient\u00f4t \u00e9touffer le moi.<\/li><li>\u00ab je suis transparent \u00bb c\u2019est-\u00e0-dire, je ne suis pas per\u00e7u, je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 reconnu, valid\u00e9, aim\u00e9, investi.<\/li><li>Si on a bon objet qui nous refl\u00e8te, c\u2019est un miroir vivant qui nous refl\u00e8te affectivement. Mais un miroir ralenti, d\u00e9prim\u00e9, un miroir absent, et c\u2019est une transparence qui joue ce r\u00f4le de miroir, d\u2019un miroir sans tain, un miroir qui n\u2019est pas assez ancien, pas assez profond, qui ne refl\u00e8te pas, qui ne r\u00e9fl\u00e9chit, pas. Le miroir absent.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9569?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La possibilit\u00e9 de communiquer la douleur de l\u2019incommunicable. D. Anzieu1 &nbsp; Je ne suis pas un intellectuel ce qui m\u2019int\u00e9resse moi, et en fait personnellement, si je puis dire\u2026 je travaille sur le moi corporel. D.W. Winnicott &nbsp; L\u2019art na\u00eet&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1231,1223,1214],"thematique":[459,458],"auteur":[1372],"dossier":[461],"mode":[61],"revue":[462],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9569","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-enfance","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","thematique-jeu","thematique-winnicott","auteur-maurice-corcos","dossier-winnicott-et-la-creation-humaine","mode-gratuit","revue-462","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9569","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9569"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9569\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18352,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9569\/revisions\/18352"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9569"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9569"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9569"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9569"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9569"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9569"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9569"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9569"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9569"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}