{"id":9560,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/etude-vers-la-comprehension-et-levaluation-de-lambivalence-chez-lenfant-2\/"},"modified":"2021-10-06T20:13:36","modified_gmt":"2021-10-06T18:13:36","slug":"etude-vers-la-comprehension-et-levaluation-de-lambivalence-chez-lenfant","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/etude-vers-la-comprehension-et-levaluation-de-lambivalence-chez-lenfant\/","title":{"rendered":"\u00c9tude vers la compr\u00e9hension et l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;ambivalence chez l&rsquo;enfant"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>Cette \u00e9tude se donne pour but d\u2019\u00e9valuer la caract\u00e9ristique d\u2019ambivalence dans la personnalit\u00e9 de l\u2019enfant. Le Test des Contes de F\u00e9es (FTT) est un test projectif pour les enfants qui \u00e9value un grand nombre de variables de la personnalit\u00e9 dont l\u2019ambivalence. En tant que caract\u00e9ristique de la personnalit\u00e9, l\u2019ambivalence se manifeste sous la forme d\u2019ind\u00e9cision, de doute, de r\u00e9ponses alternatives, de conflit \u00e9motionnel et d\u2019h\u00e9sitation. Des donn\u00e9es ont aussi montr\u00e9 que l\u2019ambivalence motive l\u2019\u00e9mergence de certaines d\u00e9fenses comme l\u2019Annulation r\u00e9troactive, la Formation R\u00e9actionnelle et le Clivage.<br>L\u2019\u00e9chantillon de cette \u00e9tude est compos\u00e9 de 119 enfants (7-12 ans) pour lesquels les scores de la variable Ambivalence \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, et 114 enfants dont les scores d\u2019Ambivalence \u00e9taient moyens ou faibles et qui ont constitu\u00e9 le groupe t\u00e9moin. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les enfants fortement ambivalents ont recours aux m\u00e9canismes d\u2019Annulation r\u00e9troactive et de Clivage plus fr\u00e9quemment que les enfants du groupe t\u00e9moin.\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re d\u00e9finition de l\u2019ambivalence peut se retrouver dans les travaux de Bleuler qui remontent \u00e0 1910. Bleuler distinguait trois types d\u2019ambivalence&nbsp;: volontaire, intellectuelle et \u00e9motionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence volontaire renvoie \u00e0 des conflits conscients portant sur la d\u00e9cision de faire ou de ne pas faire quelque chose ou de faire une chose plut\u00f4t qu\u2019une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence intellectuelle a rapport avec un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 du fonctionnement de l\u2019ego dans le domaine du processus secondaire de la r\u00e9flexion et du raisonnement. Ces formes d\u2019ambivalence font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des processus mentaux pr\u00e9conscients et conscients, et \u00e0 un conflit non-n\u00e9vrotique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence \u00e9motionnelle ou affective est l\u2019investissement du m\u00eame objet avec des sentiments d\u2019amour et de haine&nbsp;; ce type d\u2019ambivalence est consid\u00e9r\u00e9 comme la forme la plus pathog\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les origines de l\u2019ambivalence remontent aussi loin que le stade oral ou un petit peu apr\u00e8s (stade anal du d\u00e9veloppement psycho-sexuel). Selon Klein (1932\/1989), le processus de constitution de relations avec les objets provient d\u2019un clivage du sein de la m\u00e8re (premier objet du nourrisson) consid\u00e9r\u00e9 tant\u00f4t comme bon, tant\u00f4t comme mauvais. Ce clivage est le r\u00e9sultat de l\u2019incapacit\u00e9 du nourrisson \u00e0 reconna\u00eetre que la m\u00e8re qu\u2019il aime parce qu\u2019elle le nourrit, est la m\u00eame personne que la m\u00e8re qu\u2019il d\u00e9teste parce qu\u2019elle est source de frustration. Plus tard, l\u2019enfant transfert ce clivage sur des objets transitionnels, en particulier sur les peluches qui sont tant\u00f4t c\u00e2lin\u00e9es, tant\u00f4t maltrait\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les psychologues de l\u2019ego ou du moi attribuent au concept d\u2019ambivalence un sens quelque peu diff\u00e9rent. Mahler (1968) d\u00e9crit l\u2019attitude pr\u00e9valente de l\u2019enfant au cours de la crise du rapprochement comme \u201cambivalente\u201d &#8211; ambivalence du stade anal. Cette attitude est attribu\u00e9e aux r\u00e9actions affectives contradictoires de l\u2019enfant envers sa m\u00e8re, qui alterne entre des p\u00e9riodes de d\u00e9pendance et un d\u00e9sir de s\u00e9paration. Le tout-petit commence \u00e0 formuler des souhaits et de simples fantasmes, et \u00e0 les distinguer des exigences ext\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du stade du rapprochement, on observe les premiers signes du d\u00e9veloppement du sur-moi, lequel se rapporte \u00e9galement au concept d\u2019ambivalence. Dans ce cas, l\u2019ambivalence est le r\u00e9sultat du souhait du tout-petit \u00e0 exprimer ses souhaits librement et les exigences de sa m\u00e8re comme un contr\u00f4le des impulsions. L\u2019adh\u00e9sion de l\u2019enfant aux exigences de sa m\u00e8re signe le d\u00e9but du conflit int\u00e9rioris\u00e9. Pour \u00e9viter de perdre l\u2019amour de sa m\u00e8re, le tout-petit peut sur\u00e9valuer et id\u00e9aliser les normes parentales, et d\u00e9velopper des formations r\u00e9actionnelles (Jacobson, 1964).<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons vu des th\u00e9ories qui, dans l\u2019ensemble, parlent des origines de l\u2019ambivalence comme le r\u00e9sultat de frustrations et de conflits. Bowlby (1958), lui, consid\u00e8re l\u2019interaction entre l\u2019ambivalence de la m\u00e8re et l\u2019ambivalence du nourrisson comme un obstacle \u00e0 l\u2019attachement. Il pensait qu\u2019un degr\u00e9 suffisant d\u2019attention de la m\u00e8re envers son enfant (ex&nbsp;: pr\u00e9sence constante de la m\u00e8re) minimiserait le d\u00e9veloppement de l\u2019ambivalence chez l\u2019enfant qui, \u00e0 son tour, rendrait les parents moins ambivalents. La lutte contre l\u2019ambivalence peut entra\u00eener des comportements possessifs ou des comportements d\u2019attachement exacerb\u00e9 chez l\u2019enfant comme chez la m\u00e8re. Les expressions manifestes de l\u2019ambivalence chez un individu peuvent s\u2019observer dans sa difficult\u00e9 ou son incapacit\u00e9 \u00e0 prendre une d\u00e9cision, \u00e0 faire un choix ou \u00e0 prendre une initiative&nbsp;; l\u2019individu doute de ses capacit\u00e9s, et ressent des \u00e9motions contradictoires vis-\u00e0-vis des autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019ambivalence reste \u00e0 un degr\u00e9 mod\u00e9r\u00e9, elle peut \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique dans le contr\u00f4le de l\u2019impulsivit\u00e9 et dans l\u2019analyse des avantages et des inconv\u00e9nients d\u2019une action ou d\u2019une situation. Mais les individus extr\u00eamement ambivalents peuvent souffrir d\u2019angoisse ou d\u2019un manque de confiance en soi. L\u2019ambivalence peut se retrouver au c\u0153ur de la n\u00e9vrose obsessionnelle (Freud, 1981) et est consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur sous-jacent majeur des m\u00e9canismes d\u2019Annulation r\u00e9troactive, de Formation R\u00e9actionnelle et de Clivage (Ionescu, et al., 1997; Vaillant, 1993; English &amp; Finch, 1964).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Annulation r\u00e9troactive, la Formation R\u00e9actionnelle et le Clivage sont signal\u00e9s comme m\u00e9canismes de d\u00e9fense associ\u00e9s avec l\u2019ambivalence (Ionescu, et al. 1997; Vaillant, 1993; English &amp; Finch, 1964; Kernberg, 1975). Alex Holder (1975) parle de deux modes sp\u00e9cifiques de d\u00e9fense particuli\u00e8rement associ\u00e9s avec les conflits d\u2019ambivalence&nbsp;: clivage de l\u2019ambivalence et r\u00e9pression de l\u2019une des deux composantes, et renforcement r\u00e9actif simultan\u00e9 de l\u2019autre composante (ex&nbsp;: pr\u00e9occupation exacerb\u00e9e de la s\u00e9curit\u00e9 et du bien-\u00eatre de l\u2019\u00eatre aim\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Annulation r\u00e9troactive est une illusion selon laquelle il serait possible d\u2019annihiler un \u00e9v\u00e9nement, une action, un souhait, porteurs de conflits, gr\u00e2ce \u00e0 la toute \u2013puissance d\u2019une action ou d\u2019un souhait ult\u00e9rieurs, cens\u00e9s avoir un effet de destruction r\u00e9troactive (Ionescu et al., 1997).<\/p>\n\n\n\n<p>La Formation R\u00e9actionelle (F \u2013 R) est une transformation du caract\u00e8re permettant une \u00e9conomie du refoulement, puisqu\u2019\u00e0 des tendances inacceptables sont substitu\u00e9es des tendances oppos\u00e9es, qui deviennent permanentes. L\u2019affection qu\u2019un enfant manifeste \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la petite s\u0153ur ou du petit fr\u00e8re nouveau-n\u00e9 constitue peut-\u00eatre l\u2019exemple le plus caract\u00e9ristique de la formation r\u00e9actionnelle chez l\u2019enfant. La col\u00e8re et la jalousie sont converties en un sentiment conscient d\u2019amour et d\u2019attention.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Clivage (clivage du moi, clivage de l\u2019objet) est l\u2019action de s\u00e9paration, de division du moi ou de l\u2019objet, sous l\u2019influence angoissante d\u2019une menace, de fa\u00e7on \u00e0 faire coexister les deux parties ainsi s\u00e9par\u00e9es qui se m\u00e9connaissent sans formation de compromis possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Kellerman &amp; Burry (1997) proposent une nouvelle &#8211; et plus large \u2013 d\u00e9finition de l\u2019ambivalence qui inclut notre propre vision de ce concept&nbsp;: \u201cL\u2019Ambivalence fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019une personne \u00e0 se d\u00e9cider, \u00e0 la peur de la franchise, \u00e0 la confusion au sein d\u2019un contexte de doute plus large, et \u00e0 un besoin fort d\u2019\u00e9quilibre\u2026 En outre, l\u2019ambivalence refl\u00e8te des probl\u00e8mes d\u2019assurance et d\u2019estime de soi, et a fr\u00e9quemment rapport avec des probl\u00e8mes de d\u00e9pendance\u2026\u201d (p. 29).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Ambivalence a surtout \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e comme un m\u00e9canisme de d\u00e9fense ou comme une manifestation de d\u00e9fense dans d\u2019autres techniques projectives. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, C. Chabert (1993) parle du doute comme d\u2019une forme de manifestation d\u00e9fensive dans le test de Rorschach, s\u2019exprimant comme une incapacit\u00e9 \u00e0 choisir entre deux images ou entre deux interpr\u00e9tations dans la m\u00eame r\u00e9ponse. Selon Bellak (1997), ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019observe dans le test TAT par des d\u00e9clarations du genre \u201cceci\u2026 ou cela \u2026\u201d. Haworth (1982) utilise l\u2019Ambivalence et l\u2019Annulation r\u00e9troactive comme un type de m\u00e9canisme de d\u00e9fense dans le test C.A.T.<br>L\u2019objectif de notre investigation est double&nbsp;: (a) \u00e9tudier la nature de l\u2019ambivalence en tant que caract\u00e9ristique de la personnalit\u00e9, et (b) \u00e9tudier les m\u00e9canismes de d\u00e9fense associ\u00e9s avec l\u2019ambivalence en comparant un groupe fortement ambivalent et un groupe t\u00e9moin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodologie<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Participants<\/h3>\n\n\n\n<p>Le FTT a \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 un \u00e9chantillon de 803 enfants grecs non-cliniques (405 gar\u00e7ons et 398 filles) \u00e2g\u00e9s de 7 \u00e0 12 ans et scolaris\u00e9s dans des \u00e9tablissements publics de la r\u00e9gion d\u2019Ath\u00e8nes. La majorit\u00e9 de ces enfants \u00e9taient issus de milieux socioculturels de la classe moyenne.<br>Sur cet \u00e9chantillon, 112 enfants (62 gar\u00e7ons et 50 filles) (\u00e2ge moyen = 11,3 ans, ET = 1,3) ont \u00e9t\u00e9 choisis en fonction de leur score d\u2019Ambivalence. Ces sujets ont constitu\u00e9 le groupe Fortement Ambivalent (FA), et leurs scores d\u00e9passaient le 85 percentile (score &gt; 10, moyenne = 15, ET = 4,2) du param\u00e8tre Ambivalence du FTT. Le groupe fortement ambivalent pr\u00e9sentait une proportion significativement plus \u00e9lev\u00e9e (78&nbsp;%) d\u2019enfants plus \u00e2g\u00e9s (12 ans). Un groupe de 114 sujets (58 gar\u00e7ons et 56 filles) (\u00e2ge moyen = 11,5 ans, ET = 1,1) a \u00e9t\u00e9 choisi de fa\u00e7on al\u00e9atoire parmi le reste des enfants et a constitu\u00e9 le groupe t\u00e9moin (score &lt; 9, moyenne = 3,9, ET=3).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mat\u00e9riaux<\/h3>\n\n\n\n<p>Le Test des Contes de F\u00e9es (Fairy Tale Test \u2013 FTT) (Coulacoglou, 1998; Coulacoglou &amp; Kline, 1995; Coulacoglou, 2002) est un test projectif destin\u00e9 aux enfants de 7 \u00e0 12 ans. Sa construction repose sur l\u2019association entre les contes de f\u00e9es et les processus inconscients (ex&nbsp;: Bettelheim, 1976, Kaes et al., 1987). Le test se compose de 21 cartes illustrant des personnages et des sc\u00e8nes de contes de f\u00e9es populaires tir\u00e9s des histoires du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em> et de <em>Blanche Neige et les Sept Nains<\/em>. Les cartes sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019enfant par groupe de trois \u00e0 la fois. Le premier groupe consiste en trois versions du Petit Chaperon Rouge, le deuxi\u00e8me en trois versions du loup, le troisi\u00e8me en trois versions du nain, le quatri\u00e8me en trois versions de la sorci\u00e8re, le cinqui\u00e8me en trois versions du g\u00e9ant, le sixi\u00e8me illustre trois sc\u00e8nes de l\u2019histoire du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em>, et le dernier illustre trois sc\u00e8nes de l\u2019histoire de <em>Blanche Neige et les Sept Nains<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sujets doivent r\u00e9pondre \u00e0 un nombre de questions pr\u00e9cises concernant chaque groupe d\u2019images. Par exemple \u201cQue pense chaque (PCR, Loup, Nain, Sorci\u00e8re, G\u00e9ant)&nbsp;?, \u201cQue peut faire une m\u00e9chante sorci\u00e8re\/un g\u00e9ant&nbsp;?\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Le FTT \u00e9value 26 variables de la personnalit\u00e9 qui d\u00e9rivent des r\u00e9ponses aux questions pos\u00e9es&nbsp;: Estime de Soi (ES), Ambivalence (AMB), D\u00e9sir de Biens Mat\u00e9rielles (DBM), Sens de la Propri\u00e9t\u00e9 (SPRO), D\u00e9sir de Sup\u00e9riorit\u00e9 (DS), Agression de Dominance (AGRDOM), Agression de Type A (Agression hostile), Agression par Represailles (AgrRep), Agression par D\u00e9fense (AgrD\u00e9f), Agression par Envie (AgrEnvie), Agression Orale (AO), Peur de l\u2019Agression (PA), Besoins Oraux (BO), Besoin d\u2019Affiliation (BA), Besoin d\u2019Affection (BAFCT), Besoin de Protection (BP), D\u00e9sir d\u2019Aider (DA), Angoisse (ANG), D\u00e9pression (D), Moralit\u00e9 (M), Pr\u00e9occupation Sexuelle (PS), Relations avec la M\u00e8re (REL\/ME), Relations avec le P\u00e8re (REL\/PE), Adaptation au Contenu du Conte (ACC), Bizarreries (B) et R\u00e9p\u00e9titions (R).<\/p>\n\n\n\n<p>A ces variables est attribu\u00e9e une valeur d\u2019intensit\u00e9 mesur\u00e9e sur une \u00e9chelle de 1 \u00e0 3 points (1 correspondant \u00e0 une intensit\u00e9 faible et 3 \u00e0 une intensit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e ou positive (+ 1) ou n\u00e9gative (- 1) (Relations avec la M\u00e8re, Relations avec le P\u00e8re et Amour-Propre). Les r\u00e9ponses Bizarrerie et R\u00e9p\u00e9titions obtiennent une valeur de 1 seulement quand elles sont pr\u00e9sentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s psychom\u00e9triques de l\u2019\u00e9chantillon incluent les fiabilit\u00e9s test-retest et inter-\u00e9valuateur, et l\u2019\u00e9tude de la validit\u00e9 de notion. La validit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e via&nbsp;: (a) l\u2019analyse factorielle des variables du FTT (b) la relation des scores faibles et \u00e9lev\u00e9s du FTT avec le Questionnaire sur la Personnalit\u00e9 des Enfants (QPE) (c) la comparaison entre les enfants perturb\u00e9s et les enfants non-perturb\u00e9s d\u00e9finis objectivement par les \u00e9chelles de Rutter.<\/p>\n\n\n\n<p>Le FTT a \u00e9t\u00e9 standardis\u00e9 sur un \u00e9chantillon de 803 enfants grecs \u00e2g\u00e9s de 7 \u00e0 12 ans, 405 gar\u00e7ons et 398 filles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c9valuation de l\u2019ambivalence dans le FTT<\/h3>\n\n\n\n<p>Les personnages illustr\u00e9s sur les cartes du FTT d\u00e9rivent essentiellement des histoires du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em> et de <em>Blanche Neige et les Sept Nains<\/em>. Ces contes de f\u00e9es regorgent d\u2019ambivalence qui s\u2019exprime soit sous forme explicite soit sous forme implicite. A noter, \u00e0 ce stade, que Bettelheim (1976) interpr\u00e8te l\u2019histoire du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em> comme une histoire d\u2019ambivalence entre le plaisir et le principe de r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le <em>Petit Chaperon Rouge<\/em>, l\u2019h\u00e9ro\u00efne ressent l\u2019ambivalence \u00e0 plusieurs occasions&nbsp;: doit-elle ou non parler au loup&nbsp;? Doit-elle ou non cueillir des fleurs&nbsp;? Le loup est-il ou non d\u00e9guis\u00e9 en grand-m\u00e8re&nbsp;? Les enfants projettent souvent leur ambivalence morale sur le loup en se demandant s\u2019il est bien ou mal qu\u2019il d\u00e9vore le PCR et sa grand-m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Blanche Neige et les Sept Nains<\/em>, les enfants projettent leur ambivalence sur l\u2019image du nain (Doivent-ils ou non inviter BN \u00e0 rester avec eux&nbsp;?), sur la sorci\u00e8re (Est-ce bien de tuer ou non BN&nbsp;?), ou sur l\u2019h\u00e9sitation de la sorci\u00e8re quand elle r\u00e9fl\u00e9chit au succ\u00e8s des sorts qu\u2019elle jette.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence est \u00e9valu\u00e9e en r\u00e9ponse aux questions&nbsp;: \u201cQue pense chaque \u2026&nbsp;?\u201d et \u201cD\u00e9cris chaque sc\u00e8ne\u201d. Elle peut parfois \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e en r\u00e9ponse \u00e0 d\u2019autres questions, comme par exemple \u201cQui est le g\u00e9ant dans les contes de f\u00e9es. Pourquoi&nbsp;?\u201d. Une r\u00e9ponse peut comporter plusieurs types d\u2019expressions ambivalentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9ponses ambivalentes s\u2019expriment sous diff\u00e9rentes formes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(a)<\/strong> L\u2019Ind\u00e9cision, est la forme d\u2019ambivalence la plus courante. Elle survient quand l\u2019enfant a des difficult\u00e9s \u00e0 faire un choix ou \u00e0 prendre une d\u00e9cision. Souvent, ce type d\u2019ambivalence refl\u00e8te des pr\u00e9occupations morales sur des actions agressives. L\u2019ind\u00e9cision est semblable \u00e0 l\u2019ambivalence volontaire d\u00e9crite par Bleuler. Exemples&nbsp;: \u201cLe loup se demande s\u2019il est bien ou non de manger la petite fille\u201d, \u201cLe loup r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la fa\u00e7on dont il va attraper le Petit Chaperon Rouge\u201d, \u201cLe nain se demande quel cadeau offrir \u00e0 Blanche-Neige \u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(b)<\/strong> Le Doute fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019incertitude ou \u00e0 l\u2019incr\u00e9dulit\u00e9 face \u00e0 une opinion ou face \u00e0 une conviction. Exemples&nbsp;: \u201cLe PCR se demande si sa grand-m\u00e8re est \u00e0 la maison\u201d, \u201cLa sorci\u00e8re se demande si elle est belle\u201d, \u201cLe nain se demande si Blanche -Neige est gentille\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(c)<\/strong> Les R\u00e9ponses alternatives surviennent quand l\u2019enfant propose plusieurs r\u00e9ponses aux questions \u201cQue pense chaque \u2026&nbsp;?\u201d et \u201cD\u00e9cris chaque sc\u00e8ne\u201d. Exemples&nbsp;: \u201cLes nains font la f\u00eate parce que Blanche-Neige va se marier avec le prince ou parce que le prince l\u2019a sauv\u00e9e\u201d, \u201cLa sorci\u00e8re veut tuer BN, ou, elle veut conqu\u00e9rir le monde\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(d)<\/strong> Le conflit \u00e9motionnel survient quand l\u2019enfant propose deux \u00e9motions oppos\u00e9es ou deux actions contradictoires refl\u00e9tant des \u00e9motions oppos\u00e9es. Ce type d\u2019ambivalence est en rapport avec l\u2019ambivalence \u00e9motionnelle d\u00e9crite par Bleuler. Exemples&nbsp;: \u201cLe g\u00e9ant veut accueillir son ami ou frapper quelqu\u2019un\u201d, \u201cLe PCR est \u00e0 la fois joyeux et triste\u201d.<br><strong>(e)<\/strong> L\u2019H\u00e9sitation fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019enfant peu enclin \u00e0 exprimer une formulation d\u00e9finitive ou \u00e0 s\u2019engager. Les d\u00e9clarations h\u00e9sitantes commencent g\u00e9n\u00e9ralement par des mots comme \u201cpeut-\u00eatre\u201d. Exemples&nbsp;: \u201cPeut-\u00eatre la sorci\u00e8re veut-elle exterminer Blanche Neige pour pouvoir se marier avec le prince\u201d.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Evaluation de l\u2019Annulation r\u00e9troactive, de la Formation R\u00e9actionnelle et du Clivage dans le FTT<\/h3>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9canismes d\u2019Annulation r\u00e9troactive, de Formation R\u00e9actionnelle et de Clivage sont consid\u00e9r\u00e9s comme les manifestations d\u00e9fensives de l\u2019ambivalence (ex. Holder, 1975; Ionescu, et al., 1997). Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9valu\u00e9s en r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQue pense chaque \u2026&nbsp;?\u201d ou \u201cD\u00e9cris chaque sc\u00e8ne\u201d. L\u2019apparition de ces m\u00e9canismes sp\u00e9cifiques est facilit\u00e9e par la pr\u00e9sentation des images par groupe de trois \u00e0 la fois. Chaque fois qu\u2019un m\u00e9canisme appara\u00eet dans un protocole, la valeur 1 lui est attribu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <strong><em>l\u2019Annulation r\u00e9troactive<\/em><\/strong>, le sujet contredit la r\u00e9ponse qu\u2019il a faite juste avant. Exemple&nbsp;: Q. \u201cQue pense chaque nain&nbsp;?\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Planche 1&nbsp;: \u201cLe nain est content que BN reste avec eux\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Planche 2&nbsp;: \u201cLe nain n\u2019est pas content que BN reste avec eux (?) Il a peur que la sorci\u00e8re leur fasse aussi du mal\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet exemple, on observe l\u2019ambivalence entre le d\u00e9sir de l\u2019enfant d\u2019aider, et de \u201cbien\u201d agir\/d\u2019agir de fa\u00e7on moralement correcte, et son angoisse face aux cons\u00e9quences possibles de son hospitalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <strong><em>la Formation R\u00e9actionnelle<\/em><\/strong>, le sujet ne contredit pas seulement ce qu\u2019il vient de dire, mais fait \u00e9galement \u00e9tat d\u2019une action oppos\u00e9e \u00e0 celle qu\u2019il vient de mentionner (g\u00e9n\u00e9ralement, une action moralement correcte suit une action n\u00e9gative ou moralement incorrecte).<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple&nbsp;: Q. \u201cQue pense chaque Petit Chaperon Rouge&nbsp;?\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Planche 2&nbsp;: \u201cElle veut tuer sa grand-m\u00e8re parce qu\u2019elle est m\u00e9chante\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Planche 3&nbsp;: \u201cElle se fait du souci pour sa grand-m\u00e8re (?) Elle veut l\u2019aider \u00e0 gu\u00e9rir\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet exemple, on observe l\u2019ambivalence entre l\u2019amour et la haine. L\u2019enfant essaye, avec exag\u00e9ration, d\u2019agir de fa\u00e7on positive et de d\u00e9guiser des sentiments d\u2019hostilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Clivage<\/em><\/strong> peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9 dans le FTT comme suit:<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQue pense chaque sorci\u00e8re&nbsp;?\u201d, quand une r\u00e9ponse positive extr\u00eame est suivie d\u2019une r\u00e9ponse n\u00e9gative extr\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple&nbsp;: Planche 1&nbsp;: \u201cC\u2019est une gentille sorci\u00e8re. Elle veut redonner de la vitalit\u00e9 \u00e0 une plante s\u00e8che\u201d (identification avec la plante).<\/p>\n\n\n\n<p>Planche 2&nbsp;: \u201cElle veut transformer une belle princesse en ver.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQui est le g\u00e9ant dans les contes de f\u00e9es&nbsp;?\u201d et \u201cQui t\u2019effraye le plus. Pourquoi&nbsp;?\u201d, quand sont donn\u00e9es deux descriptions oppos\u00e9es du personnage dans la m\u00eame r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple&nbsp;: \u201cLe g\u00e9ant des contes de f\u00e9es est le num\u00e9ro 1 parce qu\u2019il n\u2019est pas beau depuis la taille jusqu\u2019en bas, et qu\u2019il est beau depuis la taille jusqu\u2019en haut\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cD\u00e9cris chaque sc\u00e8ne\u201d avec l\u2019histoire du Petit Chaperon Rouge. Sur l\u2019une des cartes, la m\u00e8re est d\u00e9crite comme une m\u00e9chante belle-m\u00e8re ou une m\u00e9chante sorci\u00e8re et sur une autre, la m\u00e8re est pr\u00e9sent\u00e9e comme une gentille femme ou comme une f\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemples&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Carte 1&nbsp;: Le Petit Chaperon Rouge veut dire \u00e0 la m\u00e9chante belle-m\u00e8re qu\u2019elle veut rendre visite \u00e0 sa grand-m\u00e8re et, comme elle ne veut pas la laisser partir, le PCR la supplie.<\/p>\n\n\n\n<p>Carte 2&nbsp;: Le PCR voudrait une m\u00e8re qui l\u2019aime et qui soit riche.<br>Carte 3&nbsp;: Ses pri\u00e8res sont exauc\u00e9es et elle trouve une gentille maman qui prendra soin d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Proc\u00e9dure<\/h3>\n\n\n\n<p>Tous les enfants ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s individuellement dans une classe vide pendant les heures scolaires. Avant soumission du test, on a demand\u00e9 aux enfants s\u2019ils connaissaient des contes de f\u00e9es et quel \u00e9tait leur conte pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Ensuite, on leur a demand\u00e9 de raconter bri\u00e8vement les histoires du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em> et de <em>Blanche Neige et les Sept Nains<\/em> pour conna\u00eetre leur version.<\/p>\n\n\n\n<p>Les instructions parlent d\u2019un jeu \u00e0 jouer avec l\u2019examinateur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous allons jouer \u00e0 un jeu avec des h\u00e9ros de contes de f\u00e9es populaires. Je vais te poser quelques questions sur eux et je voudrais entendre ton opinion&nbsp;\u00bb. Garantie est donn\u00e9e qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponses justes ou de r\u00e9ponses fausses. Les cartes sont pr\u00e9sent\u00e9es dans un ordre standard, un groupe \u00e0 la fois, le reste des cartes \u00e9tant maintenu hors de port\u00e9e de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sultats<\/h2>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le premier objectif de l\u2019\u00e9tude, les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que la majorit\u00e9 des enfants ont donn\u00e9 des r\u00e9ponses ambivalentes sous forme d\u2019Ind\u00e9cision (N = 109, Moyenne = 5,5, ET = 3). L\u2019H\u00e9sitation constitue le deuxi\u00e8me type d\u2019expressions ambivalentes (N = 58, Moyenne = 59, ET = 4,6), les R\u00e9ponses alternatives le troisi\u00e8me type d\u2019expressions ambivalentes (N = 45, Moyenne = 1,9, ET = 1,3), le Doute le quatri\u00e8me type (N = 25, Moyenne = 1,3, ET = 1,2), et le Conflit Emotionnel le cinqui\u00e8me type (N = 12, Moyenne = 1,3, ET = 0,65).<\/p>\n\n\n\n<p>Seules l\u2019Ind\u00e9cision et l\u2019H\u00e9sitation \u00e9taient corr\u00e9l\u00e9es avec le reste des variables du FTT. L\u2019Ind\u00e9cision \u00e9tait significativement corr\u00e9l\u00e9e avec l\u2019Amour-propre (r = -0,201, p &lt; 0,03) et le Besoin d\u2019Affiliation (r = 0,257, p &lt; 0,006). L\u2019H\u00e9sitation \u00e9tait significativement corr\u00e9l\u00e9e avec l\u2019Agression de Type A (r = 0,191, p &lt; 0,04). L\u2019Agression de Type A fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une agression int\u00e9rieure ou \u00ab&nbsp;hostile&nbsp;\u00bb, comme par exemple \u00ab&nbsp;Ce g\u00e9ant veut tuer d\u2019autres personnes parce qu\u2019il les d\u00e9teste.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le second objectif de l\u2019\u00e9tude, les r\u00e9sultats d\u00e9montrent que les enfants fortement ambivalents ont utilis\u00e9 les m\u00e9canismes d\u2019Annulation r\u00e9troactive, de Formation R\u00e9actionnelle et de Clivage plus fr\u00e9quemment que les enfants du groupe t\u00e9moin.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Annulation r\u00e9troactive<\/em>&nbsp;: utilisation par le groupe FA 27,7&nbsp;%, contre 9,6&nbsp;% pour le groupe t\u00e9moin.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Annulation r\u00e9troactive a donc significativement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e avec l\u2019ambivalence forte (X2 (1) = 12,4, p &lt; 0,001).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Formation R\u00e9actionnelle<\/em> (F-R): utilisation par le groupe FA 14,3&nbsp;%, contre 7,9&nbsp;% pour le groupe t\u00e9moin. La F-R n\u2019a donc pas significativement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e avec l\u2019ambivalence forte (X2 (1) = 2,40, p &lt; 0,12).<br><em>Clivage<\/em>&nbsp;: utilisation par le groupe FA 14,3&nbsp;%, contre 4,4&nbsp;% pour le groupe t\u00e9moin. Le Clivage a donc significativement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 avec l\u2019ambivalence forte (X2 (1) = 6,67, p &lt; 0,01).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Ambivalence exprim\u00e9e dans ce test est presque \u00e9quivalente \u00e0 l\u2019ind\u00e9cision. Certaines r\u00e9ponses ambivalentes refl\u00e8tent l\u2019h\u00e9sitation et seulement quelques r\u00e9ponses repr\u00e9sentent les r\u00e9ponses alternatives, le doute ou le conflit \u00e9motionnel. L\u2019Ambivalence sous la forme d\u2019ind\u00e9cision ou d\u2019incertitude se rapporte \u00e0 un degr\u00e9 d\u2019amour-propre faible et \u00e0 un besoin d\u2019affiliation. Cette donn\u00e9e est en accord avec la notion de Kellerman &amp; Burry (1997) qui veut que l\u2019ambivalence refl\u00e8te des probl\u00e8mes d\u2019amour-propre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ind\u00e9cision, l\u2019h\u00e9sitation et les r\u00e9ponses alternatives sont les expressions les plus fr\u00e9quentes de l\u2019Ambivalence dans le FTT. Ces expressions correspondent \u00e0 l\u2019ambivalence volontaire et \u00e0 l\u2019ambivalence intellectuelle d\u00e9crites par Bleuler et dont la nature est non-n\u00e9vrotique. L\u2019\u00e9chantillon d\u2019enfants n\u2019\u00e9tant pas clinique, les r\u00e9ponses ambivalentes sous forme de conflit \u00e9motionnel apparaissent rarement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9sultats soutiennent l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle les enfants fortement ambivalents utilisent les m\u00e9canismes d\u2019Annulation r\u00e9troactive et de Clivage significativement plus souvent que les enfants du groupe t\u00e9moin. Cependant, il n\u2019y avait aucune diff\u00e9rence significative entre les deux groupes en ce qui concerne le m\u00e9canisme de Formation R\u00e9actionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la majorit\u00e9 des cas, les enfants utilisent l\u2019Annulation r\u00e9troactive comme une d\u00e9fense contre l\u2019agression, les exigences du sur-moi, ou la vuln\u00e9rabilit\u00e9 narcissique. L\u2019Annulation r\u00e9troactive des impulsions agressives peut souvent s\u2019observer en r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQue pense chaque loup \/ sorci\u00e8re \/ g\u00e9ant&nbsp;?\u201d o\u00f9 l\u2019un de ces personnages veut blesser \/ d\u00e9truire \/ menacer quelqu\u2019un et le second ne veut pas \/ n\u2019a pas envie de blesser \/ d\u00e9truire \/ menacer. L\u2019Annulation r\u00e9troactive des exigences du sur-moi peut s\u2019observer en r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQue pense chaque nain&nbsp;?\u201d o\u00f9 l\u2019un des nains souhaite inviter Blanche Neige \u00e0 rester avec eux et l\u2019autre ne veut pas (soit parce qu\u2019ils ne savent pas qui elle est v\u00e9ritablement ou parce que la sorci\u00e8re pourrait aussi leur faire du mal).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Annulation r\u00e9troactive de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 narcissique peut aussi s\u2019observer en r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQue pense chaque nain&nbsp;?\u201d o\u00f9 l\u2019un des nains veut changer un aspect de lui-m\u00eame (il veut devenir plus grand, plus riche, plus mince, etc.) tandis que le suivant est satisfait de l\u2019apparence qu\u2019il a.<\/p>\n\n\n\n<p>La Formation R\u00e9actionnelle dans le FTT appara\u00eet uniquement comme une d\u00e9fense contre les impulsions agressives. Les r\u00e9ponses agressives peuvent appara\u00eetre dans n\u2019importe lequel des cinq groupes de cartes, mais plus souvent dans celui du g\u00e9ant. Dans la majorit\u00e9 des cas, la r\u00e9ponse positive suit la r\u00e9ponse agressive. Les r\u00e9ponses positives refl\u00e8tent le d\u00e9sir d\u2019aider souvent combin\u00e9 avec la culpabilit\u00e9. Par exemple&nbsp;: \u201cCette sorci\u00e8re veut transformer quelqu\u2019un en animal\u201d, \u201cPeut-\u00eatre qu\u2019elle a regrett\u00e9 tous ses m\u00e9faits et qu\u2019elle veut faire quelque chose de bien \/ aider quelqu\u2019un\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Facteur 7, Serviabilite, dans le FTT se compose des sous-\u00e9chelles D\u00e9sir d\u2019Aider et Ambivalence. Il se trouve que le D\u00e9sir d\u2019Aider est rarement authentique et spontan\u00e9 chez l\u2019enfant. Au contraire, il refl\u00e8te le m\u00e9canisme de Formation R\u00e9actionnelle utilis\u00e9 contre l\u2019ambivalence d\u2019impulsions agressives.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Clivage est un m\u00e9canisme de d\u00e9fense contre les aspects non accept\u00e9s du moi ou d\u2019un objet. Si le clivage de l\u2019objet et le clivage du moi apparaissent tous deux dans le FTT, le clivage de l\u2019objet est plus fr\u00e9quent. Le clivage de l\u2019objet survient plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la question&nbsp;: \u201cD\u00e9cris chaque sc\u00e8ne\u201d de l\u2019histoire du <em>Petit Chaperon Rouge<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude laissent entendre que l\u2019ambivalence est une caract\u00e9ristique de la personnalit\u00e9 qui se d\u00e9veloppe au fur et \u00e0 mesure que l\u2019enfant devient mature et qu\u2019il devient intellectuellement plus avanc\u00e9. L\u2019Ambivalence s\u2019exprime, dans le FTT, sous forme d\u2019Ind\u00e9cision, d\u2019H\u00e9sitation, de R\u00e9ponses Alternatives, de Doute et de Conflit \u00e9motionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, les donn\u00e9es ont montr\u00e9 que les trois m\u00e9canismes de d\u00e9fense associ\u00e9s avec les conflits d\u2019ambivalence, se manifestent plus fr\u00e9quemment chez les enfants qui sont fortement ambivalents (en principe ind\u00e9cis et h\u00e9sitants). Une ambivalence forte semble donc motiver l\u2019apparition de m\u00e9canismes de d\u00e9fense sp\u00e9cifiques comme l\u2019Annulation r\u00e9troactive, la Formation R\u00e9actionnelle et le Clivage.<\/p>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Bergman, A. (1993). \u201cOurs, yours, mine\u201d. In R.F. Lax, Bach, S. &amp; Burland, A. (Eds.) <em>Rapprochement: the Critical Sub phase of Separation and Individuation<\/em> (pp.199-216). London: Jason Aronson Inc.<\/p>\n<p>Bettelheim, B. (1976). <em>The Uses of Enchantment\u00a0: the Meaning and Importance of Fairy Tales<\/em>. New York\u00a0: Knopf.<\/p>\n<p>Blos, P. (1967). \u201cThe second individuation process of adolescence\u201d. <em>Psychoanalytic Study of the Child<\/em>, 22: 162-186.<\/p>\n<p>Bowlby, J. (1958). \u201cPsychoanalysis and child care\u201d. In <em>The Making and Breaking of Affectional Bonds<\/em> (p. 8). London\u00a0: Tavistock\/Routledge.<\/p>\n<p>Coulacoglou, C. (1998). <em>Le Test des Contes de F\u00e9es<\/em>. Manual. Paris: Editions EAP.<\/p>\n<p>Coulacoglou, C. &amp; Kline, P. (1995). \u201cThe Fairy Tale Test: a novel approach in projective assessment\u201d. <em>British Journal of Projective Psychology<\/em>, Vol. 40, 2. English, O.S. &amp; Finch, S.M. (1964). <em>Introduction to Psychiatry<\/em>. New York: Norton.<\/p>\n<p>Freud, A. (1981). \u201cThe Writings of Anna Freud\u201d. <em>Psychoanalytic Psychology of Normal Development<\/em>, Vol. VIII. New York\u00a0: International Universities Press.<\/p>\n<p>Freud, S. (1894). \u201cThe neuro- psychoses of defense\u201d. In t<em>he Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud<\/em> (1962). Vol. 3. London: The Hogarth Press.<\/p>\n<p>Holder, A. (1975). \u201cTheoretical and Clinical Aspects of Ambivalence\u201d. <em>This Annual<\/em>, 30: 197-220.<\/p>\n<p>Jacobson, E. (1964). <em>The Self and the Object World<\/em>. New York\u00a0: International Universities Press.<\/p>\n<p>Ionescu, S., Jacquet, M. &amp; Lhote, C. (1997). <em>Les M\u00e9canismes de D\u00e9fense<\/em>. Paris: Editions Nathan.<\/p>\n<p>Kaes, R., et al. (1989). <em>Contes et Divans<\/em>. Paris: Dunod<\/p>\n<p>Kellerman, H. &amp; Burry, A. (1997). <em>Handbook of Psychodiagnostic Testing<\/em>. Boston: Allyn &amp; Bacon.<\/p>\n<p>Klein, M. (1932\/1989). <em>The Psychoanalysis of Children<\/em>. London: Virago Press.<\/p>\n<p>Kohut, H. (1977). <em>Restoration of the Self<\/em>. New York: International Universities Press.<\/p>\n<p>Mahler, M.S. (1968). \u201cOn Human Symbiosis and the Vicissitudes of Individuation\u201d. <em>Infantile Psychosis<\/em>, vol. I. New York: International Universities Press.<\/p>\n<p>Piaget, J. &amp; Inhelder, B. (1966). <em>La psychologie de l\u2019Enfant<\/em>. Paris: PUF.<\/p>\n<p>Schwartz, C. (1989). \u201cAmbivalence: its relationship to narcissism and superego development\u201d. <em>Psychoanalytic Review<\/em>, 76, 511 \u2013 527.<\/p>\n<p>Vaillant, G.E. (1993). <em>The Wisdom of the Ego<\/em>. Cambridge, Mass: Harvard University Press.<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9560?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette \u00e9tude se donne pour but d\u2019\u00e9valuer la caract\u00e9ristique d\u2019ambivalence dans la personnalit\u00e9 de l\u2019enfant. Le Test des Contes de F\u00e9es (FTT) est un test projectif pour les enfants qui \u00e9value un grand nombre de variables de la personnalit\u00e9 dont&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1231,1214,1215],"thematique":[],"auteur":[1875,1873,1874],"dossier":[],"mode":[61],"revue":[1058],"type_article":[453],"check":[2023],"class_list":["post-9560","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-enfance","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","auteur-anastassia-atsarou","auteur-carina-coulacoglou","auteur-maria-souyouldjoglou","mode-gratuit","revue-1058","type_article-recherche","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9560","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9560"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9560\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16979,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9560\/revisions\/16979"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9560"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9560"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9560"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9560"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9560"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9560"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9560"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9560"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9560"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}