{"id":9559,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/bill-viola-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:30:13","modified_gmt":"2021-08-22T05:30:13","slug":"bill-viola","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/bill-viola\/","title":{"rendered":"Bill Viola"},"content":{"rendered":"<p><em>Bill Viola<\/em><br \/>\nGrand Palais, Paris.<br \/>\nJusqu\u2019au 21 juillet 2014<\/p>\n<p>\u00ab La naissance n\u2019est pas un commencement, la mort n\u2019est pas une fin \u00bb. Cette phrase d\u2019un chef am\u00e9rindien, souvent cit\u00e9 par Bill Viola, correspond bien \u00e0 son \u0153uvre qui explore un monde au-del\u00e0 des apparences et veut montrer en quoi la vid\u00e9o est un instrument formidable pour nous faire acc\u00e9der \u00e0 ce qu\u2019il faut bien appeler l\u2019au-del\u00e0. <\/p>\n<p>C\u2019est la premi\u00e8re exposition du Grand Palais d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019art vid\u00e9o et la premi\u00e8re r\u00e9trospective de Bill Viola en France, qui est aussi la plus grande consacr\u00e9e \u00e0 cet artiste jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Vingt \u0153uvres, cinquante \u00e9crans et plus de six heures d\u2019images.<\/p>\n<p>Bill Viola, qui vit actuellement dans le d\u00e9sert californien, dont il appr\u00e9cie les espaces et les lumi\u00e8res, a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par l\u2019ambiance de cr\u00e9ativit\u00e9 effervescente et de qu\u00eate m\u00e9taphysique des ann\u00e9es 70. Il a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019informatique, la musique \u00e9lectronique, le mysticisme. Il a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par Nam June Paik, premier vid\u00e9aste, qui incitait \u00e0 \u00ab tuer la t\u00e9l\u00e9vision \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 s\u2019attaquer aux images du divertissement et du marketing. Il lit beaucoup, dessine beaucoup, \u00e9crit beaucoup. Un Journal de 40 volumes tenu pendant 40 ann\u00e9es. Il conna\u00eet tr\u00e8s bien les peintres anciens. On a dit qu\u2019il est comme un peintre de la Renaissance qui emploie des pinceaux num\u00e9riques.<\/p>\n<p>Le passage d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre est un th\u00e8me central. D\u00e8s la premi\u00e8re salle, <em>The Reflecting Pool<\/em> nous montre un homme, Bill Viola lui-m\u00eame, qui plonge dans une piscine, puis on ne voit plus que les mouvements et reflets de la surface de l\u2019eau. Cette \u0153uvre autobiographique fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une exp\u00e9rience infantile.<\/p>\n<p>\u00ab Un jour, je suis tomb\u00e9 dans un lac et j\u2019ai failli me noyer. J\u2019avais six ans \u00bb. Avec son cousin et son oncle, ils jouaient \u00e0 sauter dans l\u2019eau. \u00ab Quand j\u2019ai saut\u00e9 \u00e0 mon tour, j\u2019ai oubli\u00e9 de garder l\u2019air dans mes poumons et j\u2019ai coul\u00e9 \u00e0 pic, comme une pierre. Je me suis alors assis au fond du lac, comme un petit bouddha, et j\u2019ai vu ces rayons de lumi\u00e8re \u00e9tonnants qui p\u00e9n\u00e9traient dans l\u2019eau, exactement comme dans <em>Ascension.<\/em> Ensuite, mon oncle m\u2019a sorti de l\u2019eau. Cet incident o\u00f9 j\u2019ai failli perdre la vie a \u00e9t\u00e9 paradoxalement un pur cadeau. Je suis rest\u00e9 fascin\u00e9 par le monde magnifique que j\u2019ai d\u00e9couvert en me noyant\u2026 \u00bb <\/p>\n<p>Souvent, Bill Viola \u00e9voque ce souvenir comme d\u00e9terminant de sa d\u00e9marche artistique. Il semble n\u2019avoir pas fini de rechercher ces instants myst\u00e9rieux et magiques, de les faire durer. \u00ab L\u2019instant pr\u00e9sent est en r\u00e9alit\u00e9 un monde vaste et complexe, o\u00f9 le temps et l\u2019espace ne sont pas ce que l\u2019on croit. \u00bb Il pratique beaucoup la technique du \u00ab ralenti \u00bb, qui permet de distendre le temps et de d\u00e9voiler les significations infinies des gestes et des mouvements.<\/p>\n<p>Bill Viola traite dans ses vid\u00e9os les grandes questions m\u00e9taphysiques, la vie, la mort, la naissance. <em>Going Forth By Day,<\/em> l\u2019\u0153uvre la plus importante de l\u2019exposition, se compose de cinq vid\u00e9os. La troisi\u00e8me, <em>The Voyage<\/em>, \u00e9voque la mort de son p\u00e8re. Pour Bill Viola, tr\u00e8s vers\u00e9 dans la philosophie bouddhique et pratiquant la m\u00e9ditation zen, la mort n\u2019est pas d\u00e9finitive. \u00ab Ceux qui sont morts ne sont jamais partis \u00bb, \u00e9crit-il.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re, <em>Fire Birth<\/em>, plonge le spectateur dans une lumi\u00e8re orange vif. Ce serait, \u00e9crit Bill Viola, \u00ab la vision qu\u2019a le nouveau-n\u00e9 en venant au monde \u00bb. Ou peut-\u00eatre la vision qu\u2019a celui qui quitte le monde ? Ce serait cet enfant, petit bouddha, assis au fond de l\u2019eau, s\u2019\u00e9merveillant des visions et sensations qui l\u2019enveloppent, qui invente des dispositifs extr\u00eamement sophistiqu\u00e9s pour produire des images de grande beaut\u00e9, jouant sur les reflets, les transparences, les mouvements, les \u00e9motions qui se lisent sur les visages dans leurs plus fines nuances. Images oniriques, quasi fantomatiques, suscitant chez le spectateur un \u00e9tat hypnotique, o\u00f9 les sensations se transforment en r\u00eaves et les r\u00eaves en images.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9559?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bill Viola Grand Palais, Paris. Jusqu\u2019au 21 juillet 2014 \u00ab La naissance n\u2019est pas un commencement, la mort n\u2019est pas une fin \u00bb. 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