{"id":9556,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lenfant-sauvage-ideal-2\/"},"modified":"2021-10-04T18:23:07","modified_gmt":"2021-10-04T16:23:07","slug":"lenfant-sauvage-ideal","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lenfant-sauvage-ideal\/","title":{"rendered":"L&rsquo;enfant sauvage id\u00e9al"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00c0 Sido l\u2019abyssine et Gipsy la rus\u00e9e\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Rintintin, notre fils a\u00een\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Les sp\u00e9cialistes de la <em>psych\u00e9<\/em> qui collaborent maintenant depuis trois d\u00e9cennies avec les \u00e9quipes d\u2019obst\u00e9trique en maternit\u00e9 observent combien les demandes parentales de consultations psychologiques spontan\u00e9es, bien que tr\u00e8s minoritaires par rapport \u00e0 l\u2019ensemble, augmentent au fil des ans. Le r\u00f4le des psychiatres et des psychologues dans les \u00e9quipes hospitali\u00e8res est mieux connu, leur effet \u00ab&nbsp;\u00e9pouvantail&nbsp;\u00bb s\u2019amenuise quelque peu chez les soignants et les soign\u00e9s et l\u2019id\u00e9e que le processus de parentalit\u00e9 peut \u00eatre source de bouleversements qui ne rel\u00e8vent pas n\u00e9cessairement de la folie psychiatrique fait son chemin. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce contexte que je re\u00e7ois Mr et Mme S. \u00e0 la Maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme S., 25 ans, est enceinte de 5 mois. Pour justifier leur d\u00e9marche, ils m\u2019expliquent l\u2019un et l\u2019autre qu\u2019ils sont des \u00ab&nbsp;exc\u00e9libataires endurcis&nbsp;\u00bb et s\u2019interrogent \u00e0 ce titre sur les bouleversements induits par la prochaine arriv\u00e9e de leur enfant. \u00ab&nbsp;C\u2019est une bonne surprise mais une surprise quand m\u00eame&nbsp;\u00bb pr\u00e9cise Mme S. qui prenait la pilule\u2026 sauf quand elle oubliait&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, ils avaient tous deux explicitement formul\u00e9 le projet d\u2019avoir un enfant \u00ab&nbsp;un jour&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;pas si vite&nbsp;\u00bb. Ils m\u2019expliquent en quoi cette perspective risque de perturber leurs habitudes ou plut\u00f4t une. Tous deux travaillent dans l\u2019administration et b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019horaires qui leur permettent de faire du sport pratiquement tous les jours et le week-end. Je demande de quel sport il s\u2019agit. Madame S. me r\u00e9pond avec enthousiasme qu\u2019ils sont tous les deux marathoniens. Ils courent tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, c\u2019est leur passion commune. Mr insiste sur l\u2019endurance de sa femme qu\u2019il admire. \u00c0 l\u2019Universit\u00e9, elle a fait de la comp\u00e9tition de haut niveau et a remport\u00e9 quelques courses. Il se sont rencontr\u00e9s il y a quatre ans dans le club de <em>footing<\/em> de leur travail et c\u2019est en d\u00e9cidant de s\u2019entrainer ensemble pour pr\u00e9parer les prochains marathons que leur histoire a commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a dans mon bureau \u00e0 la maternit\u00e9 une belle s\u00e9rie de <em>matriochkas<\/em> (poup\u00e9es gigogne). Mme S. regarde la lign\u00e9e et dit qu\u2019enfant elle en avait une et se demandait souvent si elle les laissait distincte c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te ou r\u00e9unie en une seule. Elle associe sur son statut de fille unique et souligne son attachement tr\u00e8s exclusif \u00e0 ses \u00ab&nbsp;vieux parents&nbsp;\u00bb qui l\u2019ont eue tard. Elle passe avec eux pratiquement tous les week-ends et toutes les vacances dans la maison familiale \u00e0 proximit\u00e9 de Paris pr\u00e8s d\u2019une for\u00eat propice au <em>footing<\/em> et, d\u00e9sormais, son compagnon l\u2019accompagne. Elle dit avec un ton nostalgique qui met bien en relief la pointe d\u2019effroi g\u00e9n\u00e9rationnel&nbsp;: \u00ab&nbsp;je suis rest\u00e9e leur grande fille, \u00e7a leur a fait dr\u00f4le quand je leur ai dit que j\u2019\u00e9tais enceinte&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je me tourne vers Mr S. pour lui demander son avis, il insiste pour dire qu\u2019il adore ses beaux-parents qui l\u2019ont r\u00e9concili\u00e9 avec la famille. Il est lui aussi enfant unique ou plut\u00f4t non se reprend-t-il&nbsp;: \u00ab&nbsp;unique de mes parents mais je partage mon p\u00e8re avec un demi fr\u00e8re et une demie s\u0153ur&nbsp;\u00bb. Sa m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e quand il avait 10 ans et le remariage de son p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s dur car son p\u00e8re \u00ab&nbsp;a fait \u00e7a du jour au lendemain comme si sa m\u00e8re n\u2019avait jamais exist\u00e9&nbsp;\u00bb. Depuis sa majorit\u00e9 et son ind\u00e9pendance financi\u00e8re, il s\u2019est distanci\u00e9 de la nouvelle famille de son p\u00e8re \u00e0 qui il envoie toutefois des photos de lui \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des grands marathons de Paris, Londres, Berlin, Boston, New York\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019issue de cette premi\u00e8re rencontre, je propose un deuxi\u00e8me rendez-vous \u00e0 Mr et Mme S. qu\u2019ils acceptent bien volontiers tout comme ma mise en perspective des bienfaits de la pr\u00e9paration sportive aux marathons avec l\u2019anticipation de la naissance de leur enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mes notes lapidaires j\u2019inscris&nbsp;: <em>Couple anaclitique&nbsp;? Fr\u00e8re\/s\u0153ur encore chez Papa\/Maman&nbsp;? Objet commun Marathon\u2026 Marathoniens tendance \u00ab&nbsp;gal\u00e9riens volontaires&nbsp;\u00bb<\/em> (G. Szwec, 1998)&nbsp;? <em>Bonne capacit\u00e9 d\u2019insight de Mr et Mme. Silence sur l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. Explorer mandats g\u00e9n\u00e9rationnels des deux parents<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour pr\u00e9vu de la deuxi\u00e8me consultation, je trouve sur mon r\u00e9pondeur le message suivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bonjour, nous sommes d\u00e9sol\u00e9s de ne pas pouvoir venir car nous avons d\u00fb aller en urgence\u2026 chez le v\u00e9t\u00e9rinaire. Pourriez vous svp nous donner un autre rendez-vous&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la deuxi\u00e8me rencontre, le couple est l\u00e0 en temps et en heure. Mme S. m\u2019explique d\u2019embl\u00e9e avec un ton pour moi in\u00e9dit o\u00f9 la tendresse et l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 se m\u00ealent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Notre chien-loup Rintintin s\u2019est bless\u00e9 \u00e0 la patte en courant et le seul rendez-vous possible chez le v\u00e9t\u00e9rinaire le lendemain \u00e9tait \u00e0 l\u2019heure de notre rendez-vous\u2026&nbsp;\u00bb. Rintintin est le chien que Mr S. lui a offert il y a trois ans, un an apr\u00e8s leur d\u00e9m\u00e9nagement dans un appartement commun. Depuis ils courent toujours avec lui dans les entrainements.<\/p>\n\n\n\n<p>Mr S. pr\u00e9cise&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne se perd jamais. Il ne s\u2019en va pas&nbsp;\u00bb. Mme S. poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand on participe \u00e0 un marathon, on ne peut pas l\u2019emmener, on le laisse chez mes parents qui adorent se promener avec lui&nbsp;\u00bb. Petit \u00e0 petit, je comprends que la pr\u00e9occupation parentale primaire de Mr et Mme S. \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur chien-loup Rintintin \u00e9tait le v\u00e9ritable motif de leur inqui\u00e9tude et la raison tenue secr\u00e8te de la premi\u00e8re consultation. Ils sont d\u2019ailleurs tr\u00e8s soulag\u00e9s d\u2019en parler avec moi sans d\u00e9tour. \u00ab&nbsp;On avait un peu honte de vous dire que Rintintin \u00e9tait \u00ab&nbsp;comme notre premier enfant&nbsp;\u00bb et que les v\u00e9ritables questions \u00e9taient&nbsp;: \u00ab&nbsp;Reste-t-il de l\u2019amour \u00e0 donner \u00e0 un deuxi\u00e8me \u00ab&nbsp;enfant&nbsp;\u00bb quand le premier en a tant&nbsp;? Comment Rintintin va supporter l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un petit gar\u00e7on ou d\u2019une petite fille&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vais pas d\u00e9velopper ici le d\u00e9tail du contenu des sept consultations th\u00e9rapeutiques pr\u00e9natales suivantes. Je me bornerai \u00e0 mettre en exergue les traits saillants du mandat g\u00e9n\u00e9rationnel dont Rintintin \u00e9tait l\u2019objet. Rintintin est un \u00ab&nbsp;enfant&nbsp;\u00bb dont la qualit\u00e9 premi\u00e8re est pour Mme S. de ne pas quitter le foyer alors qu\u2019il grandit. Pour Mr S. sa vertu fondamentale correspondait \u00e0 celle du Rintintin original de la c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00e9ponyme o\u00f9 il est un berger allemand ange gardien sans faille du jeune orphelin Rusty, unique survivant d\u2019un convoi de pionniers attaqu\u00e9s par des Indiens. En dehors de tout processus de s\u00e9paration\/individuation (Mahler, 1975) et fort d\u2019un \u00ab&nbsp;garde du corps&nbsp;\u00bb inali\u00e9nable, Rintintin trouvait une place harmonieuse dans le marathon parental. Au cours des rendez-vous successifs, le couple s\u2019engagea dans une progressive d\u00e9sid\u00e9alisation du h\u00e9ros suprahumain Rintintin. Elle permettait une d\u00e9dramatisation des identifications projectives \u00e0 son \u00e9gard. \u00c0 mesure que le mandat g\u00e9n\u00e9rationnel de Rintintin \u00e9tait reconnu par Mr et Mme S., son animalit\u00e9 s\u2019affirmait et l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre pouvait \u00e9merger dans son humanit\u00e9 virtuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019abord sur un premier point d\u2019accordage conjugal -l\u2019anticipation- que <em>l\u2019opposition<\/em> entre l\u2019animal et l\u2019humain s\u2019op\u00e9rait progressivement&nbsp;: \u00ab&nbsp;un chien \u00e7a n\u2019anticipe pas les possibles probl\u00e8mes. Rintintin ne sait pas une semaine avant que nous partons aux US pour le marathon de New York&nbsp;\u00bb dit Mme S. \u00ab&nbsp;Il n\u2019a pas peur de la mort&nbsp;\u00bb dit Mr S.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ensuite sur un second point d\u2019accordage conjugal -l\u2019absence de pens\u00e9e- que <em>l\u2019analogie<\/em> entre l\u2019animal et l\u2019humain se mettait en travail&nbsp;: \u00ab&nbsp;quand je cours longtemps, il y a un moment o\u00f9 je ne pense plus, je suis comme Rintintin&nbsp;\u00bb affirme Mr S. \u00ab&nbsp;C\u2019est vrai, on ne pense plus rench\u00e9rit Mme S. mais on est tous les trois v\u00e9ritablement ensemble dans la course et \u00e7a, je ne le ressens que depuis que Rintintin est l\u00e0&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<br>La r\u00e9p\u00e9tition compulsive de la douleur musculaire du couple de marathonien n\u2019est pas sans \u00e9voquer l\u2019efficacit\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s autocalmants (Smadja, 1993) pour r\u00e9duire les excitations sexuelles au profit d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9ratoire. Toutefois, je me risquerai \u00e0 \u00e9mettre une hypoth\u00e8se qui t\u00e9moigne d\u2019une repr\u00e9sentation-but de ma r\u00eaverie de th\u00e9rapeute \u00e0 l\u2019\u00e9gard du couple \u00ab&nbsp;enceint&nbsp;\u00bb&nbsp;: plus l\u2019objectalit\u00e9 partielle du chien est <em>conjugalement<\/em> investie, plus ces proc\u00e9d\u00e9s autocalmants desserrent leur contrainte ali\u00e9nante au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une amorce d\u2019un narcissisme partag\u00e9 sur sa majest\u00e9, \u00ab&nbsp;l\u2019enfant&nbsp;\u00bb Rintintin, pr\u00e9curseur de l\u2019enfant humain. Alors que Mr S. et Mme S. rivalisait dans une circularit\u00e9 sado-masochiste pour ne jamais s\u2019arr\u00eater, Rintintin essouffl\u00e9 r\u00e9ussit \u00e0 les attendrir <em>ensemble<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;le v\u00e9t\u00e9rinaire nous a indiqu\u00e9 comment faire un \u00e9chauffement et des pauses pendant nos courses pour que Rintintin ne souffre pas&nbsp;\u00bb.<br>On parle souvent de l\u2019investissement parental de l\u2019animal de compagnie apr\u00e8s le d\u00e9part du nid familial des enfants devenus jeunes adultes. On parle moins de cet investissement comme d\u2019une amorce anticipatrice ou substitutive du processus de parentalit\u00e9. Un analysant de Freud va nous aider \u00e0 cheminer dans cette direction.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bob, Lun, Jo-Fi et le divan<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Dr Smiley Blanton est un psychiatre am\u00e9ricain \u00e9lev\u00e9 dans une famille presbyt\u00e9rienne sudiste tr\u00e8s traditionaliste. Il fonde le premier <em>Centre de guidance infantile<\/em> rattach\u00e9 \u00e0 une \u00e9cole publique. En 1927, il quitte l\u2019Universit\u00e9 du Minnesota pour Poughkeepsie (\u00e9tat de New York) o\u00f9 il s\u2019occupe d\u2019une \u00e9cole maternelle. Deux ans plus tard, il d\u00e9cide de s\u2019installer \u00e0 New York comme analyste en lib\u00e9ral. Pour se former, il veut aller en Europe et entreprendre une analyse avec Freud. Gr\u00e2ce au Dr Amsden, un ancien coll\u00e8gue de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique universitaire <em>John Hopkins<\/em> qui connaissait et travaillait avec Ferenczi, il obtient les recommandations n\u00e9cessaires et, finalement, l\u2019acceptation de Freud. L\u2019analyse dura de septembre 1929 \u00e0 juin 1930 puis se poursuivit au cours de s\u00e9jours d\u2019\u00e9t\u00e9 de trois semaines en 1935, 1937 et 1938.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Dr Smiley Blanton offre tout au long de son journal d\u2019analysant (1971) de pr\u00e9cieux renseignements sur le rapport de Freud avec ses chiennes. Lun, d\u2019abord une femelle <em>chow-chow<\/em> qui restait aux s\u00e9ances et donnait avec pr\u00e9cision le signal de la fin puis Jo-Fi, une autre chienne <em>chow-chow<\/em> offerte par Marie Bonaparte le 9 mars 1930 apr\u00e8s la mort accidentelle de Lun.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la deuxi\u00e8me s\u00e9ance d\u2019analyse, le 2 septembre 1929, Freud demande \u00e0 Blanton si il a des enfants. \u00ab&nbsp;Quand je lui ai r\u00e9pondu que non, il m\u2019a manifest\u00e9 sa sympathie avec une sorte d\u2019exclamation. Je lui ai alors parl\u00e9 de mon chien Bob et de mon affection pour lui. L\u2019amour pour les chiens est le m\u00eame que celui que nous avons pour les enfants, il est de la m\u00eame qualit\u00e9&nbsp;\u00bb, a dit alors Freud. \u00ab&nbsp;Mais vous savez en quoi il diff\u00e8re&nbsp;?\u2026 Il n\u2019entre dans cet amour aucune ambivalence, aucune composante d\u2019hostilit\u00e9.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai fait la remarque qu\u2019il me semblait tout de m\u00eame exister parfois une certaine hostilit\u00e9 conjointement \u00e0 cet amour, par exemple lorsque mon chien manifeste le besoin de sortir, que je suis fatigu\u00e9 et que je n\u2019ai nulle envie d\u2019aller dehors. \u00ab&nbsp;Ce sentiment d\u2019hostilit\u00e9-l\u00e0 n\u2019est pas celui que nous ressentons \u00e0 l\u2019\u00e9gard de nos enfants&nbsp;\u00bb a-t-il insist\u00e9. J\u2019ai acquiesc\u00e9&nbsp;; toutefois je persiste \u00e0 penser que Freud a tort de dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019ambivalence dans nos sentiments \u00e0 l\u2019\u00e9gard des chiens. Ceux-ci ont des exigences, ils d\u00e9sob\u00e9issent, ils nous d\u00e9\u00e7oivent&nbsp;: ils suscitent n\u00e9cessairement une certaine hostilit\u00e9 de notre part.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Topsy et le \u00ab&nbsp;repos de l\u2019humain&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Marie Bonaparte et Freud partageaient avec beaucoup de connivence leur amour des chiens. Alors que Freud attendait le visa lui permettant de quitter Vienne envahi par les nazis, il traduit en allemand avec sa fille Anna son livre <em>Topsy-Les raisons d\u2019un amour<\/em> (1936) d\u00e9di\u00e9 \u00e0 sa chienne <em>chow-chow<\/em> issue de la m\u00eame port\u00e9e que Jo-Fi. Freud connaissait Topsy que la princesse avait amen\u00e9e lors de son dernier passage \u00e0 Vienne dans l\u2019hiver de 1937 \u00e0 1938. \u00ab&nbsp;Freud poss\u00e9dait alors une chienne <em>chow-chow<\/em>, Lun. Je savais combien il aimait les animaux Lun en particulier, sa compagne fid\u00e8le, qui restait couch\u00e9e sagement \u00e0 ses pieds pendant les heures d\u2019analyse. Aussi emmenai-je cet hiver-l\u00e0 notre chienne <em>chow-chow<\/em> Topsy, pour la lui faire conna\u00eetre. Topsy avait, quelques ann\u00e9es auparavant, \u00e9t\u00e9 un cas m\u00e9dical remarquable. Elle avait pr\u00e9sent\u00e9, sous la l\u00e8vre, une petite tumeur qui, extraite, s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9e un lymphosarcome. Je l\u2019avais faite soigner par des rayons qui l\u2019avaient apparemment arrach\u00e9e \u00e0 une horrible mort, et ce combat, sur une cr\u00e9ature que j\u2019aimais, entre la vie et la mort, et o\u00f9 la vie semblait avoir triomph\u00e9, avait exalt\u00e9 mon amour pour ma fid\u00e8le petite compagne jusqu\u2019\u00e0 une sorte de passion.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Bonaparte aimait Topsy \u00ab&nbsp;comme si c\u2019\u00e9tait un enfant attard\u00e9&nbsp;\u00bb. De son propre aveu, il lui arrivait d\u2019\u00eatre jalouse de sa fille Eug\u00e9nie ou m\u00eame de la femme de chambre quand Topsy pr\u00e9f\u00e9rait leur compagnie \u00e0 la sienne. Elle parla \u00e0 Freud de ces petites d\u00e9ceptions que lui causait ponctuellement Topsy, et se retrouva brusquement \u00e0 penser&nbsp;: \u00ab&nbsp;je voulais qu\u2019elle soit morte.&nbsp;\u00bb Freud lui dit alors&nbsp;: Topsy vous a \u00e9t\u00e9 infid\u00e8le et vous lui en voulez&nbsp;; en outre vous l\u2019aimez tellement que votre amour, comme tous les sentiments violents, devient ambivalent&nbsp;; d\u2019o\u00f9 votre d\u00e9sir de mort pour elle.&nbsp;\u00bb Gr\u00e2ce \u00e0 Marie Bonaparte, Freud donne apr\u00e8s coup un argument au Dr Smiley Blanton qui s\u2019opposait \u00e0 lui en ne croyant pas en l\u2019absence d\u2019ambivalence dans l\u2019amour des animaux de compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Bonaparte a perdu sa m\u00e8re, Marie F\u00e9lix Blanc un mois apr\u00e8s sa naissance et son enfance a \u00e9t\u00e9 triste et solitaire (Bertin, 1982). Mimau, sa bonne ch\u00e9rie \u00e9tait son rayon de soleil dans la grisaille. Quand enfant, elle \u00e9tait malade, \u00ab&nbsp;Mimau ne sortait pas et cela seul m\u2019e\u00fbt compens\u00e9 la maladie. Elle restait l\u00e0, me couvait des mains et des yeux, me caressait, me donnait \u00e0 manger et \u00e0 boire. Et sa pr\u00e9sence seule me disait, \u00e0 moi enfant qui redoutais la mort, la m\u00eame mort qui m\u2019avait pris ma maman, sa pr\u00e9sence dans la chambre m\u2019assurait que la mort n\u2019y entrerait pas. (\u2026) Depuis que Mimau est partie, qui reste sans sortir lorsque je suis malade, avec moi&nbsp;? Mes enfants grandis sont en ces jours tous deux absents et ne reviendront que dans une semaine. Pr\u00e8s de la table, l\u00e0, au bout de la chambre, certes, mon mari va revenir fid\u00e8lement s\u2019asseoir. Mais il a ses occupations et devra ressortir. Quand aux amis, ils vont et viennent, ayant chacun sa vie \u00e0 soi. Cependant, qu\u2019on entre ou qu\u2019on sorte, Topsy demeure avec moi, pattes encadrant son museau allong\u00e9 sur le parquet. Et comme autrefois de Mimau, une force semble \u00e9maner d\u2019elle, ainsi que d\u2019un talisman de vie. (\u2026) Toute simple, couch\u00e9e l\u00e0 elle me garde, et tout comme autrefois le faisait Mimau aupr\u00e8s de l\u2019enfant que j\u2019\u00e9tais, rien que par sa pr\u00e9sence elle doit emp\u00eacher qu\u2019entre dans la chambre un mal plus fort ou d\u00e9j\u00e0 la Mort\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;Enfant&nbsp;\u00bb animal <em>vs<\/em> enfant humain<\/h2>\n\n\n\n<p>Les enfants humains et les \u00ab&nbsp;enfants&nbsp;\u00bb animaux de compagnie sont des objets partiels pour leurs parents et leurs ma\u00eetres. Dans le meilleur des cas, les premiers conqui\u00e8rent une autonomie d\u2019objet total alors que les seconds vivent jusqu\u2019\u00e0 leur fin sous cette condition.<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, un b\u00e9b\u00e9 seul et un animal domestique seul, \u00e7a n\u2019existe pas&nbsp;! Les parents et les ma\u00eetres font b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une \u00ab&nbsp;pr\u00e9occupation maternelle primaire&nbsp;\u00bb (Winnicott, 1969) leurs <em>infans<\/em> humain et animal. Cette \u00ab&nbsp;situation anthropologique fondamentale&nbsp;\u00bb (Laplanche, 2002) est <em>transitoire<\/em> avec le b\u00e9b\u00e9 humain et elle se <em>chronicise<\/em> dans une version all\u00e9g\u00e9e avec l\u2019animal de compagnie. Le grand int\u00e9r\u00eat anthropologique et clinique de mettre en perspective \u00ab&nbsp;l\u2019enfant&nbsp;\u00bb animal de compagnie avec l\u2019enfant humain, c\u2019est de permettre de mettre en exergue que Bob, Lun, Jo-Fi et Topsy sont des objets partiels qui se distinguent des <em>infans<\/em> sur au moins deux points essentiels&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>leur statut d\u2019animaux domestiques les prive d\u2019une aspiration \u00e0 quitter la maison d\u2019adoption pour s\u2019autonomiser comme sujet, objet total&nbsp;;<\/li><li>leur ma\u00eetre n\u2019est donc pas confront\u00e9 \u00e0 la partition intersubjective du travail de s\u00e9paration-inviduation en le favorisant ou en s\u2019y opposant&nbsp;; ils restent ind\u00e9finiment des objets partiels avec toutefois une pointe plus ou moins marqu\u00e9e de suspense (de sauvagerie) qui pimente le lien comme par exemple dans le fameux film <em>Crin-blanc<\/em> (Albert Lamorisse, 1953).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette double vertu, les animaux de compagnie offrent \u00e0 leurs ma\u00eetres une <em>simulation<\/em> du processus de parentalit\u00e9. Cette r\u00e9alit\u00e9 virtuelle de la parentalit\u00e9 en rapporte les b\u00e9n\u00e9fices narcissiques (\u00ab&nbsp;l\u2019enfant&nbsp;\u00bb animal est une extension narcissique gratifiante et sous emprise&nbsp;: le ma\u00eetre est un Dieu pour l\u2019animal) sans les inconv\u00e9nients (pas ou tr\u00e8s peu d\u2019exposition au parenticide, d\u2019attaques du lien pour en authentifier la solidit\u00e9, de conflits et de dialectique ma\u00eetre\/esclave (Hegel, 1807), de conflits g\u00e9n\u00e9rationnels d\u00e9veloppementaux d\u2019autonomisation qui signent le vieillissement castrateur des parents qui vont vers la mort).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019animal de compagnie suffisamment bon offre bien en effet comme l\u2019\u00e9crit Marie Bonaparte un \u00ab&nbsp;repos de l\u2019humain&nbsp;\u00bb en mouvement et condamn\u00e9 \u00e0 vivre sous la menace de <em>Chronos<\/em>, \u00e0 avoir des enfants ersatz d\u2019\u00e9ternit\u00e9 (Platon, <em>Le Banquet<\/em>), tout en apprenant \u00e0 mourir&nbsp;! Par sa pr\u00e9sence fid\u00e8le et proximale, il offre un d\u00e9menti \u00e0 cette dynamique de la castration de la finitude et de la pr\u00e9carit\u00e9 ontologique d\u2019une pseudo \u00e9ternit\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e sur le flux g\u00e9n\u00e9rationnel. Dans ce r\u00f4le, l\u2019animal de compagnie puise son efficacit\u00e9 symbolique dans son analogie (ou sa contradiction r\u00e9paratrice) avec les \u00ab&nbsp;gardes du corps&nbsp;\u00bb parentaux et leurs substituts contenant et d\u00e9toxiquant l\u2019<em>hilflosigkeit<\/em> des temps premiers. Freud a pass\u00e9 sa vie en compagnie de chiens de compagnie \u00ab&nbsp;talisman de vie&nbsp;\u00bb. Est-ce que ces fid\u00e8les animaux comm\u00e9moraient la pr\u00e9occupation maternelle primaire d\u2019Amalia comme Topsy soutenant la r\u00e9miniscence de Mimau&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le b\u00e9b\u00e9 et la personne \u00e2g\u00e9e sont particuli\u00e8rement d\u00e9pendants de leurs \u00ab&nbsp;gardes du corps&nbsp;\u00bb. Mais il y a une troisi\u00e8me p\u00e9riode de la vie o\u00f9 les gardiens de la vie sont essentiels&nbsp;: la grossesse des devenant parents. En pr\u00e9natal, le travail du processus de parentalit\u00e9 correspond \u00e9lectivement \u00e0 une zone de comm\u00e9morations des conflits archa\u00efques et \u0153dipiens. Mr et Mme S. ont cherch\u00e9 avec Rintintin un alli\u00e9 \u00e0 la mesure de la menace des fant\u00f4mes qui mena\u00e7aient l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre dans l\u2019ut\u00e9rus conjugal.<br>Ce que je d\u00e9cris d\u00e9sormais comme une v\u00e9ritable esquisse objectale parentale \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019enfant de la grossesse, une <em>relation d\u2019objet virtuelle<\/em> (Missonnier, 2009) venait, dans le cas de Mr et Mme S., s\u2019\u00e9tayer sur la proto-inter-subjectivit\u00e9 avec Rintintin. Le chantier de l\u2019enfant humain en devenir trouve ici ses fondations avec la simulation transitionnelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019animal de compagnie. Mon action psychoth\u00e9rapeutique a consist\u00e9 \u00e0 favoriser le d\u00e9ploiement de la potentialit\u00e9 de cette cr\u00e9ativit\u00e9 spontan\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un enfant sauvage id\u00e9al<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire des \u00ab\u00a0v\u00e9ritables\u00a0\u00bb enfants sauvages (<em>Victor<\/em> de l\u2019Aveyron, Amala et Kamala\u2026) est connue. Au sujet de <em>Victor<\/em> \u00e9tudi\u00e9 par Jean-Marc Gaspard Itard, il est int\u00e9ressant de lire la critique de Serge Aroles (2007) de la vision du film de Fran\u00e7ois Truffaut (1969). Aroles a men\u00e9 de m\u00e9ticuleuses investigations dans les archives et consid\u00e8re Victor comme un faux cas d\u2019enfant sauvage id\u00e9alis\u00e9 par le cin\u00e9aste\u00a0: \u00ab\u00a0Rappelons que Victor ne pr\u00e9sente aucune haute adaptation \u00e0 la survie en for\u00eat, et que le c\u00e9l\u00e8bre film de Truffaut, <em>L\u2019Enfant sauvage<\/em> qui montre ce gar\u00e7on perch\u00e9 sur les arbres ou s\u2019abreuvant aux rivi\u00e8res, est un\u2026 film.\u00a0\u00bb Dont acte, mais Truffaut dans sa fiction est sans doute plus pr\u00e8s de notre r\u00e9alit\u00e9 psychique \u00e0 l\u2019instar de la mythologie romaine avec Romulus et R\u00e9mus sauv\u00e9s et allait\u00e9s par la louve et Rudyard Kipling et son fameux <em>Livre de la Jungle<\/em> (1894) o\u00f9 Mowgli est \u00e9lev\u00e9 par Raksha, la louve grise. Le mythe et la fiction mettent en relief le fantasme organisateur <em>princeps<\/em>\u00a0: le petit d\u2019homme confront\u00e9 aux v\u0153ux infanticides trouve refuge dans la tani\u00e8re de la louve. <em>Quand la sauvagerie humaine est synonyme de destruction du Soi, la sauvagerie animale est un refuge bienveillant o\u00f9 le Soi est prot\u00e9g\u00e9 et le Moi peut advenir<\/em>.<br>Dans ce contexte, nos animaux de compagnie s\u2019imposent comme une comm\u00e9moration actuelle de nos paratonnerres d\u2019autrefois contre les v\u0153ux infanticides. Bonnes <em>imagos<\/em> parentales, elles le restent au prix d\u2019un clivage et d\u2019une id\u00e9alisation qui \u00e9voquent l\u2019insistance de Freud \u00e0 pointer (en tout cas pour lui\u00a0!) l\u2019absence d\u2019ambivalence dans cet amour de l\u2019animal de compagnie. En convoquant Mr et Mme S., Freud, Smiley Blanton et Marie Bonaparte comme autant de masques de moi-m\u00eame, j\u2019ai tent\u00e9 bri\u00e8vement ici de d\u00e9fendre une animalit\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019humain\u2026 et de la psychanalyse qui ne saurait sans dommage se dessaisir de l\u2019animal de compagnie indissociable de la conception m\u00eame du cadre de la cure-type\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Aroles S., (2007), <em>L\u2019\u00e9nigme des enfants-loups<\/em>, Paris, Publibook.<\/p>\n\n\n\n<p>Bertin C., (1982), <em>La derni\u00e8re Bonaparte<\/em>, Paris, Perrin.<\/p>\n\n\n\n<p>Blanton S., (1971), <em>Journal de mon analyse avec Freud<\/em>, Paris, PUF, 1973.<\/p>\n\n\n\n<p>Bonaparte M., (1936), <em>Topsy. Les raisons d\u2019un amour<\/em>, Paris, Edition Payot &amp; Rivage, Rivage Poche, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p>Hegel G.W.F., (1807), <em>La ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em> Paris, Aubier, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>Laplanche J., (2002), \u00ab&nbsp;\u00c0 partir de la situation anthropologique fondamentale&nbsp;\u00bb In C. Botella (dir.), <em>Penser les limites. \u00c9crits en l\u2019honneur d\u2019Andr\u00e9 Green<\/em>, <em>Champs Psychanalytiques<\/em>, Paris, Delachaux &amp; Niestl\u00e9, p.&nbsp;280-287.<\/p>\n\n\n\n<p>Mahler M., Pine F., Bergman A., (1975), <em>La naissance psychologique de l\u2019\u00eatre humain. Symbiose et individuation<\/em>, Paris, Payot, 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>Missonnier S., (2009), <em>Devenir parent, na\u00eetre humain. La diagonale du virtuel<\/em>, Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Smadja C., (1993), \u00ab&nbsp;\u00c0 propos des proc\u00e9d\u00e9s autocalmants du Moi&nbsp;\u00bb. <em>Revue fran\u00e7aise de psychosomatique<\/em>, 4&nbsp;: 9-26.<\/p>\n\n\n\n<p>Szwec, G., (1998), <em>Les gal\u00e9riens volontaires<\/em>, Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.W., (1969), \u00ab&nbsp;La pr\u00e9occupation maternelle primaire&nbsp;\u00bb <em>in De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1989.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9556?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Sido l\u2019abyssine et Gipsy la rus\u00e9e &nbsp; Rintintin, notre fils a\u00een\u00e9 Les sp\u00e9cialistes de la psych\u00e9 qui collaborent maintenant depuis trois d\u00e9cennies avec les \u00e9quipes d\u2019obst\u00e9trique en maternit\u00e9 observent combien les demandes parentales de consultations psychologiques spontan\u00e9es, bien que&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214],"thematique":[302],"auteur":[1375],"dossier":[304],"mode":[61],"revue":[817],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9556","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","thematique-animaux","auteur-sylvain-missonnier","dossier-humanite-et-animalite-les-frontieres-de-passage","mode-gratuit","revue-817","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9556","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9556"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9556\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16833,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9556\/revisions\/16833"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9556"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9556"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9556"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9556"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9556"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9556"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9556"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9556"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9556"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}