{"id":9554,"date":"2021-08-22T07:30:13","date_gmt":"2021-08-22T05:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/passer-a-lacte-ou-agir-son-corps-le-passage-a-lacte-a-ladolescence-une-possible-experimentation-corporelle-2\/"},"modified":"2021-10-03T08:51:40","modified_gmt":"2021-10-03T06:51:40","slug":"passer-a-lacte-ou-agir-son-corps-le-passage-a-lacte-a-ladolescence-une-possible-experimentation-corporelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/passer-a-lacte-ou-agir-son-corps-le-passage-a-lacte-a-ladolescence-une-possible-experimentation-corporelle\/","title":{"rendered":"Passer \u00e0 l&rsquo;acte ou agir son corps ? Le passage \u00e0 l&rsquo;acte \u00e0 l&rsquo;adolescence, une possible exp\u00e9rimentation corporelle"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Adolescence&nbsp;: le corps convoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du changement<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019adolescence, le corps se voit replac\u00e9 au centre comme donn\u00e9e essentielle et incontournable. Le corps silencieux de l\u2019enfance, dont les sources excitog\u00e8nes sans avoir disparues se sont vues apais\u00e9es par la p\u00e9riode de latence, fait de nouveau aujourd\u2019hui du bruit. \u00ab&nbsp;Cette excitation corporelle, que j\u2019entends au sens large du terme, avec tout l\u2019appareil psychique qui lui r\u00e9pond, entra\u00eene une resexualisation de la desexualisation sublim\u00e9e ou de la socialisation de la p\u00e9riode de latence&nbsp;\u00bb (E.Kestemberg, 1986). L\u2019irruption de la pubert\u00e9 vient bouleverser un certain nombre de rep\u00e8res qui garantissaient jusque-l\u00e0 une lin\u00e9arit\u00e9, une continuit\u00e9 corporelle. Elle repr\u00e9sente une rupture et place ainsi provisoirement le d\u00e9veloppement sous le signe de la discontinuit\u00e9. L\u2019av\u00e8nement de cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9 somatique effracte et ce d\u2019autant plus qu\u2019elle s\u2019impose brutalement. La pubert\u00e9 met \u00e0 mal les rep\u00e8res identitaires, les \u00e9tayages sur lesquels l\u2019adolescent s\u2019\u00e9tait progressivement construit. Elle vient modifier ce qui \u00e9tait jusque-l\u00e0 un am\u00e9nagement op\u00e9rant et qui va devoir se r\u00e9organiser au regard de cette nouvelle conflictualisation que le pubertaire engage. Les modifications corporelles engagent des remaniements identitaires profonds en interrogeant l\u2019identit\u00e9 sexuelle et am\u00e8nent un r\u00e9amenagement n\u00e9cessaire des liens aux objets parentaux. Le corps pub\u00e8re serait d\u00e9sormais capable d\u2019agir les fantasmes incestueux, qui jusque-l\u00e0 \u00e9taient d\u2019autant moins pr\u00e9occupants qu\u2019ils ne pouvaient \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport au corps va se trouver profond\u00e9ment questionn\u00e9 dans ses fondements les plus anciens. L\u2019adolescence est marqu\u00e9e par le bouleversement de l\u2019\u00e9quilibre libidinal. Cette augmentation quantitative de la pression pulsionnelle est ce qui caract\u00e9rise le d\u00e9but de la pubert\u00e9. Une intensit\u00e9 pulsionnelle dont la violence semble parfois attaquer l\u2019adolescent. Le corps para\u00eet comme assi\u00e9g\u00e9, pris d\u2019assaut par des pulsions d\u2019une puissance et d\u2019une imp\u00e9tuosit\u00e9 nouvelles. L\u2019adolescent se trouve confront\u00e9 \u00e0 de nouveaux \u00e9prouv\u00e9s sensoriels. Ce nouveau v\u00e9cu corporel, l\u2019adolescent n\u2019est pas en mesure de l\u2019identifier, de le qualifier, de se le repr\u00e9senter. Ce qui est \u00e9prouv\u00e9 l\u00e0 n\u2019est en correspondance avec aucune exp\u00e9rience ant\u00e9rieure et ne peut donc, dans un premier temps, \u00eatre li\u00e9 \u00e0 des repr\u00e9sentations. L\u2019alliance qui unissait jusque-l\u00e0 le corps et la psych\u00e9 est rompue. \u00ab&nbsp;L\u2019adolescence confronte \u00e0 une d\u00e9construction de l\u2019infantile de telle mani\u00e8re que ne demeurent que les traces des nouages originaires sur lesquels repose la repr\u00e9sentation d\u2019un corps p\u00e9rim\u00e9&nbsp;\u00bb (A. Birraux, 2004).<\/p>\n\n\n\n<p>Or, une des sp\u00e9cificit\u00e9s du travail \u00e0 r\u00e9aliser \u00e0 l\u2019adolescence, reste un travail d\u2019unification qui enjoindrait (reprenant une formule de F. Ladame et de I. Charpine Piscaglia, 2005) le corps et l\u2019\u00e2me de se r\u00e9unir. Ce travail singulier consistera en une n\u00e9cessaire reappropriation d\u2019un corps boulevers\u00e9 par la pubert\u00e9 et devant int\u00e9grer ses modifications. \u00ab&nbsp;Tout se passe comme si corps et psych\u00e9 devaient ren\u00e9gocier le trait\u00e9 de leurs conventions ant\u00e9rieures&nbsp;\u00bb (A. Birraux, 2004). Le corps est interrog\u00e9 dans sa nouvelle fonction. Les transformations morphologiques pubertaires n\u00e9cessitent un travail de r\u00e9\u00e9laboration du Moi, int\u00e9grant cette nouvelle identit\u00e9 sexuelle. \u00ab&nbsp;Ainsi par del\u00e0 les conflits d\u2019identification et le complexe d\u2019\u0152dipe, ce sont les assises les plus profondes de la personnalit\u00e9 et les premiers temps de la constitution du Soi qui sont sollicit\u00e9s et \u00e9prouv\u00e9s par l\u2019adolescence au travers de la remise en cause du premier temps de l\u2019apr\u00e8s-coup et de l\u2019\u00e9branlement de l\u2019unit\u00e9 somato-psychique&nbsp;\u00bb (Ph. Jeammet, 1983).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Passage \u00e0 l\u2019acte et adolescence<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019adolescence se caract\u00e9rise par la pr\u00e9valence de l\u2019agir comme mode d\u2019expression privil\u00e9gi\u00e9. La particularit\u00e9 de l\u2019adolescent reste essentiellement sa capacit\u00e9 \u00e0 passer \u00e0 l\u2019acte. Cette sp\u00e9cificit\u00e9 est souvent entendue et comprise par d\u00e9faut, comme r\u00e9sultant de troubles du fonctionnement mental. En effet, l\u2019adolescent serait en difficult\u00e9 pour lier ses affects \u00e0 des repr\u00e9sentations psychiques. L\u2019activit\u00e9 symbolique momentan\u00e9ment inop\u00e9rante laisserait place \u00e0 une expression particuli\u00e8rement pr\u00e9gnante de l\u2019agir. Dans ce contexte, le passage \u00e0 l\u2019acte resterait principalement le fait d\u2019auteurs dont la caract\u00e9ristique serait une absence d\u2019\u00e9laboration psychique, de mentalisation, chez qui on rel\u00e8verait une pauvret\u00e9 momentan\u00e9e du registre symbolique. Nous assisterions donc \u00e0 une substitution de la pens\u00e9e par l\u2019acte. Pour certains, le passage \u00e0 l\u2019acte serait une tentative pour rompre un \u00e9tat de tension psychique ou physique, une d\u00e9charge d\u00e9pourvue de sens. Ainsi, le passage \u00e0 l\u2019acte \u00e0 l\u2019adolescence semble la plupart du temps appr\u00e9hend\u00e9 comme modalit\u00e9 d\u00e9fensive face \u00e0 diverses situations conflictuelles engag\u00e9es notamment par les bouleversements pubertaires. Sans pr\u00e9tendre dresser une liste qui ne saurait \u00eatre exhaustive, nous nous proposons de reprendre succinctement quelques unes des significations fr\u00e9quemment associ\u00e9es aux passages \u00e0 l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le passage \u00e0 l\u2019acte, raptus qui s\u2019impose comme unique possibilit\u00e9 de faire c\u00e9der l\u2019angoisse<\/li><li>n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une d\u00e9charge motrice face \u00e0 une excitation, une tension, un conflit<\/li><li>le passage \u00e0 l\u2019acte comme r\u00e9sultant d\u2019une intol\u00e9rable frustration<\/li><li>le passage \u00e0 l\u2019acte comme fuite<\/li><li>quand la souffrance est diffuse et non identifiable quant \u00e0 ses origines, le passage \u00e0 l\u2019acte permet une ma\u00eetrise d\u2019une douleur ici contr\u00f4l\u00e9e<\/li><li>la douleur localis\u00e9e comme provisoirement circonscrite, dompt\u00e9e<\/li><li>agir afin de tenter de se repositionner en tant qu\u2019acteur et non plus sujet passif, soumis aux bouleversements impos\u00e9s<\/li><li>tentative de reprise d\u2019une position plus subjectale donnant l\u2019illusion d\u2019\u00eatre davantage acteur de sa vie<\/li><li>reprenant la formulation de D. W. Winnicot (1958), \u00ab&nbsp;Lutte pour se sentir r\u00e9el, la lutte pour \u00e9tablir une identit\u00e9 personnelle&nbsp;\u00bb.<\/li><li>tentative d\u2019exercer une ma\u00eetrise<\/li><li>l\u2019agir court-circuitant toute construction, toute \u00e9laboration psychique<\/li><li>d\u00e9fense permettant de ne pas se confronter aux \u00e9quivoques de la pens\u00e9e<\/li><li>\u00e9vitement de la position d\u00e9pressive ainsi maintenue \u00e0 distance<\/li><li>tentative de contenir un d\u00e9bordement<\/li><li>maintenir un \u00e9quilibre supportable en projetant l\u2019insupportable vers l\u2019ext\u00e9rieur<\/li><li>expulser des \u00e9prouv\u00e9s trop crus suscit\u00e9s par le rapproch\u00e9 parental<\/li><li>protection face \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de fantasmes trop crus, repr\u00e9sentations incestueuses, mortif\u00e8res pers\u00e9cutrices, insoutenables<\/li><li>expulser hors d\u2019eux-m\u00eames les objets internes pers\u00e9cuteurs<\/li><li>pens\u00e9es impulsives auxquelles il faudrait \u00e9chapper<\/li><li>\u00e0 propos des mutilations de la peau, D. Anzieu (1985) \u00e9voque l\u00e0 une tentative dramatique de \u00ab&nbsp;[\u2026] maintenir les limites du corps et du moi, de r\u00e9tablir le sentiment d\u2019\u00eatre intact et coh\u00e9sif&nbsp;\u00bb.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de toutes ces tentatives de compr\u00e9hension ne pouvant \u00eatre univoques, l\u2019acte reste \u00e0 re-situer dans une dynamique singuli\u00e8re, probl\u00e9matique individuelle mais dont le sens ne pourrait se r\u00e9duire \u00e0 une unique expression symptomatique s\u2019inscrivant dans un registre pathologique. \u00ab&nbsp;On peut se demander si une sorte de discr\u00e9dit dont l\u2019agir est entach\u00e9 dans certains milieux analytiques ne proc\u00e8de pas notamment de la g\u00e9n\u00e9ralisation abusive d\u2019une signification qu\u2019il a parfois&nbsp;: celle de court-circuiter la mentalisation&nbsp;\u00bb (N. Carels, 1987). Certes, dans certains cas, ce fonctionnement s\u2019inscrit dans la r\u00e9p\u00e9tition, point de but\u00e9e, entrave \u00e0 une \u00e9volution possible, le passage \u00e0 l\u2019acte \u00e9tant alors la seule fa\u00e7on de g\u00e9rer, voire tol\u00e9rer une probl\u00e9matique conflictuelle qu\u2019elle soit interne ou externe. Le passage \u00e0 l\u2019acte vient parfois signer, r\u00e9v\u00e9ler des troubles graves de la personnalit\u00e9 dont l\u2019expression bruyante se manifeste plus pr\u00e9cis\u00e9ment lors de l\u2019adolescence. Nous \u00e9voquerons ici les passages \u00e0 l\u2019acte ne relevant pas de troubles graves ou \u00e9tant l\u2019indice d\u2019une \u00e9volution psychopathologique, mais ceux s\u2019inscrivant dans une crise d\u2019adolescence \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb n\u2019entravant pas le devenir adulte. Nous ne nous attarderons pas volontairement sur la nature des actes pos\u00e9s, car quel qui soit, le passage \u00e0 l\u2019acte, manifestation bruyante, signe l\u2019engagement du corps en mouvement dans l\u2019espace. Il appara\u00eet convoquer le r\u00e9el et plus pr\u00e9cis\u00e9ment le r\u00e9el du corps et engager des \u00e9prouv\u00e9s pour le moins saisissants. Et c\u2019est \u00e0 ces sp\u00e9cificit\u00e9s communes du passage \u00e0 l\u2019acte que nous nous attacherons.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Fonctions du corps dans le d\u00e9veloppement psycho-affectif<\/h3>\n\n\n\n<p>Cette convocation singuli\u00e8re du r\u00e9el du corps n\u00e9cessite un bref retour sur quelques unes des fonctions du corps dans le d\u00e9veloppement psycho-affectif. La peau, enveloppe corporelle qui recouvre la surface enti\u00e8re du corps, est un organe d\u2019une importance essentielle. De tous les organes des sens, c\u2019est le plus vital puisque sans l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la majeure partie de la peau on ne survit pas. C\u2019est aussi le plus ancien des syst\u00e8mes sensoriels de l\u2019embryon et c\u2019est dans sa surface que sont ins\u00e9r\u00e9s tous les organes des sens. C\u2019est la peau qui va permettre de discriminer et d\u2019unir les diff\u00e9rentes sensorialit\u00e9s. E. Bick reprend dans un article datant de 1986 la fonction essentielle de la peau dans les relations d\u2019objets pr\u00e9coces \u00ab&nbsp;[\u2026] dans les tous premiers moments, les parties de la personnalit\u00e9 sont ressenties comme n\u2019ayant aucune force liante propre et tombent en morceaux \u00e0 moins d\u2019\u00eatre tenues ensemble passivement, une exp\u00e9rience qui ne peut \u00eatre distingu\u00e9e de la sensation du corps d\u2019\u00eatre maintenu par la peau&nbsp;\u00bb. La peau qui contient et maintient rend coh\u00e9sive l\u2019exp\u00e9rience du corps. Elle assure une fonction de protection contre le milieu ext\u00e9rieur en contribuant au maintien de l\u2019\u00e9quilibre de notre milieu interne, le soustrayant aux perturbations externes. La peau, au-del\u00e0 de son r\u00f4le de contenant physiologique, de protections contre de multiples agressions est aussi le mod\u00e8le par lequel s\u2019\u00e9labore la limite du Moi. C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion des exp\u00e9riences de contact de son corps avec le corps de sa m\u00e8re que l\u2019enfant acquiert la perception de sa peau comme surface. Ces diff\u00e9rents \u00e9changes corporels vont conduire progressivement l\u2019enfant \u00e0 diff\u00e9rencier une face interne et une face externe, c\u2019est-\u00e0-dire une interface permettant la distinction du dedans et du dehors.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Anzieu (1974) re-situera le corps comme \u00ab&nbsp;dimension vitale de la r\u00e9alit\u00e9 humaine, comme donn\u00e9e globale pr\u00e9-sexuelle et irr\u00e9ductible, comme ce sur quoi s\u2019\u00e9taient toutes les fonctions psychiques&nbsp;\u00bb. Il consid\u00e8re les diff\u00e9rentes fonctions de la peau en redonnant aux signaux tactiles la fonction organisatrice de l\u2019appareil psychique. Le Moi-Peau, conceptualisation nouvelle \u00e0 la limite de la m\u00e9taphore d\u00e9signe \u00ab&nbsp;une figuration dont le moi de l\u2019enfant se sert au cours des phases pr\u00e9coces de son d\u00e9veloppement pour se repr\u00e9senter lui-m\u00eame comme moi contenant les contenus psychiques, \u00e0 partir de son exp\u00e9rience de la surface du corps&nbsp;\u00bb (D. Anzieu, 1985). Le Moi-peau repr\u00e9sente donc un objet psychique trouvant son origine dans l\u2019exp\u00e9rience corporelle. La peau venant ainsi figurer la limite, elle peut \u00eatre comprise comme le contenant premier de l\u2019organisation psychique. Dans un article de 1992, D. Anzieu (1992) \u00e9voque la particularit\u00e9 de la sensation tactile qui, contrairement aux autres sens, est interne et externe, active et passive \u00e0 la fois, simultan\u00e9ment produite et sentie, ainsi \u00ab&nbsp;La peau est bi-face&nbsp;\u00bb. La singularit\u00e9 de ce v\u00e9cu corporel \u00ab&nbsp;l\u2019enfant qui se touche \u00e0 la double sensation simultan\u00e9e d\u2019\u00eatre un morceau de peau qui touche et un morceau de peau qui est touch\u00e9&nbsp;\u00bb (N. Carels, 1987) offre une exp\u00e9rience essentielle dans le processus d\u2019individuation en permettant que se d\u00e9gage une diff\u00e9renciation entre le monde ext\u00e9rieur et la r\u00e9alit\u00e9 interne, entre le soi et le non soi.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Freud en 1920, dans son essai intitul\u00e9 <em>Le Moi et le \u00e7a<\/em>, situera le corps comme fondement essentiel au d\u00e9veloppement et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du moi. \u00ab&nbsp;Le moi est avant tout une entit\u00e9 corporelle, non seulement une entit\u00e9 toute en surface, mais une entit\u00e9 correspondant \u00e0 la projection d\u2019une surface&nbsp;\u00bb. Le moi est donc une surface, correspondant \u00e0 celle de l\u2019appareil psychique, et la projection d\u2019une surface, celle du corps. D. W. Winnicott (1970) reprenant cette notion d\u2019\u00e9tayage du psychisme sur le corps et d\u00e9finissant la peau comme limitant le corps \u00e9crira \u00ab&nbsp;Le moi se fonde sur un Moi-corporel, mais c\u2019est seulement lorsque tout se passe bien, que la personne du nourrisson commence \u00e0 se rattacher au corps et aux fonctions corporelles, la peau \u00e9tant la membrane fronti\u00e8re&nbsp;\u00bb. Il n\u2019est ainsi rien de psychique qui ne soit d\u2019abord pass\u00e9 par les sens, ce qui est psychique se d\u00e9veloppant toujours en constante r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience corporelle et l\u2019enveloppe psychique d\u00e9rivant par \u00e9tayage de l\u2019enveloppe corporelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Passer \u00e0 l\u2019acte ou agir son corps&nbsp;? Le passage \u00e0 l\u2019acte \u00e0 l\u2019adolescence, une exp\u00e9rimentation corporelle possible<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le corps \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;: possible sc\u00e8ne<\/h4>\n\n\n\n<p>Le corps et la peau sont au d\u00e9but de la vie le point de d\u00e9part mais aussi d\u2019ancrage d\u2019une construction psychique en devenir. Cette r\u00e9f\u00e9rence fondamentale, le r\u00e9el du corps, semble celle vers laquelle l\u2019adolescent se tourne ou plut\u00f4t se retourne. Ce mouvement sp\u00e9cifique r\u00e9v\u00e8le un retour au corps, dans ce qui semble \u00eatre un temps n\u00e9cessaire. Revenir au corps, premier support par quoi la r\u00e9alit\u00e9 s\u2019impose au nouveau-n\u00e9, en passer par le corps, un corps ici agissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne nous attarderons pas ici sur ces adolescents qui, dans un mouvement d\u00e9fensif, mettent en place ce qui semble \u00eatre de l\u2019ordre d\u2019une n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 faisant fi de ce corps, de ses besoins, de cette nouvelle pulsionnalit\u00e9 qui l\u2019anime. Les strat\u00e9gies alors utilis\u00e9es sont nombreuses s\u2019inscrivant dans un fonctionnement, une dynamique et une structure \u00e0 chaque fois singuli\u00e8re. Le corps peut ainsi se retrouver anesth\u00e9si\u00e9, fig\u00e9, par diverses substances ou sans qu\u2019aucune ne soit n\u00e9cessaire&nbsp;; mise en place de m\u00e9canisme de d\u00e9fense sp\u00e9cifique, inhibition, \u00e9vitement, d\u00e9ni, clivage etc\u2026 Corps dont on maintient l\u2019illusion d\u2019une toute puissance pr\u00e9g\u00e9nitale, corps que l\u2019adolescent se refuse \u00e0 inscrire dans une chronologie, comme suspendu, hors temps et donc immortel. Corps anorexique dont on tente de faire taire la dimension libidinale et que l\u2019on dompte, ainsi soumis \u00e0 l\u2019indiff\u00e9renciation sexuelle. Corps perverti, corps que l\u2019on gave comme pour tenter de l\u2019affranchir du manque, corps que l\u2019on tente de r\u00e9duire au silence, afin parfois de lutter contre des angoisses plus archa\u00efques de d\u00e9personnalisation, d\u2019an\u00e9antissement, d\u2019effondrement. Ces am\u00e9nagements sp\u00e9cifiques qui tentent de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart la r\u00e9alit\u00e9 du corps, comme s\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 de s\u2019en d\u00e9barrasser, un corps \u00e0 abattre, pourraient \u00eatre entendu comme \u00e9tant le n\u00e9gatif de certaines conduites agies. Dans un premier cas, le corps se voit plac\u00e9 hors champs, presque parfois hors de la conscience, dans un deuxi\u00e8me cas, le corps se trouve replac\u00e9, non pas au centre de la sc\u00e8ne mais comme \u00e9tant la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Particularit\u00e9 de cette sc\u00e8ne, une aire interm\u00e9diaire<\/h4>\n\n\n\n<p>Le statut du corps adolescent a ceci de particulier qu\u2019il est espace transitionnel. Entre deux \u00e2ges, entre deux corps, celui qui n\u2019est plus et celui qui sera. La transformation corporelle offre l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une modification \u00e0 l\u2019\u0153uvre, d\u2019une mutation convoquant de l\u2019inconnu tout en s\u2019inscrivant dans du familier, du semblable. L\u2019adolescent dont le corps se transforme observe le changement qu\u2019il d\u00e9couvre en m\u00eame temps qu\u2019il se produit et se vit. Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l\u2019exp\u00e9rience singuli\u00e8re du v\u00e9cu corporel engage le processus d\u2019individuation en offrant une exp\u00e9rimentation de la diff\u00e9renciation. Simultan\u00e9ment interne-externe, actif-passif, produit-senti. Le statut du corps a ceci de sp\u00e9cifique qu\u2019il est \u00e0 la fois sujet et objet, habitacle et habit\u00e9, posant la dialectique de l\u2019\u00eatre un corps en m\u00eame temps que de l\u2019avoir un corps. Le corps agi comme aire interm\u00e9diaire d\u2019exp\u00e9rience \u00ab&nbsp;\u00e0 laquelle contribuent simultan\u00e9ment la r\u00e9alit\u00e9 int\u00e9rieure et la vie ext\u00e9rieure&nbsp;\u00bb (D.W. Winnicott, 1975). Le corps pourrait \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 comme espace transitionnel, faisant \u00e0 la fois partie du Moi et du non-Moi mais ayant aussi cette caract\u00e9ristique de r\u00e9union de ces deux r\u00e9alit\u00e9s. L\u2019interface aurait donc cette double fonction de s\u00e9parer et de mettre en contact, fronti\u00e8re commune \u00e0 deux espaces. Le corps agissant viendrait exp\u00e9rimenter cette interface ouvrant l\u2019acc\u00e8s au processus de s\u00e9paration-individuation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le corps agi, source d\u2019exp\u00e9rimentation<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019adolescent passe \u00e0 l\u2019acte, agit son corps, le confronte \u00e0 des exp\u00e9riences engageant des \u00e9prouv\u00e9s pour le moins saisissants. Agir ce nouveau corps comme si il s\u2019agissait l\u00e0 de l\u2019exp\u00e9rimenter. Le passage \u00e0 l\u2019acte ne se situerait-il pas dans ce registre de l\u2019exp\u00e9rimentation corporelle, l\u2019adolescent tentant d\u2019appr\u00e9hender \u00e0 travers lui sa nouvelle r\u00e9alit\u00e9 corporelle. Cette action exp\u00e9rimentale rev\u00eat ceci de particulier que le corps agi est la source d\u2019exp\u00e9rience en m\u00eame temps qu\u2019il est soumis \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience. Comment ce nouveau corps r\u00e9agit-il, r\u00e9sonne-t-il, \u00e9prouve-t-il&nbsp;? Qu\u2019en est-il de sa nouvelle contenance&nbsp;? En effet, cette notion de contenant semble \u00eatre interrog\u00e9e \u00e0 travers le passage \u00e0 l\u2019acte. Contenant bless\u00e9, effract\u00e9, violent\u00e9, contenant vide ou plein, se fermant et s\u2019ouvrant, incorporant et expulsant. L\u2019adolescent exp\u00e9rimentant ainsi sa nouvelle forme, sa nouvelle contenance, \u00e9prouvant \u00e0 travers le passage \u00e0 l\u2019acte la r\u00e9sistance, la fiabilit\u00e9 de son corps comme contenant et limitant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps et la peau ainsi engag\u00e9s brutalement dans le passage \u00e0 l\u2019acte interrogent leur propre fiabilit\u00e9. Corps et peau paraissent \u00eatre envisag\u00e9s alors comme surface dans la mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de leur limite, de leur qualit\u00e9 de leur contenance. Comme nous l\u2019avons \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, le Moi est avant tout une entit\u00e9 corporelle, le corps et la peau \u00e9tant le mod\u00e8le sur lequel s\u2019\u00e9taie et s\u2019\u00e9labore la limite du Moi. Le Moi-peau est cet objet psychique permettant \u00e0 l\u2019enfant mais aussi \u00e0 l\u2019adolescent de se repr\u00e9senter comme contenant, habitacle de sa propre organisation psychique et de ses diff\u00e9rents contenus. C\u2019est bien cette notion fondamentale qui est ici mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve et exp\u00e9riment\u00e9e \u00e0 travers le passage \u00e0 l\u2019acte. Si nous acceptons de ressituer le corps comme donn\u00e9e fondatrice de toutes les fonctions psychiques nous pouvons alors envisager l\u2019exp\u00e9rimentation corporelle comme visant \u00e0 venir figurer la limite, permettant ainsi que se rejoue, se red\u00e9finisse et se r\u00e9\u00e9labore les nouvelles limites du Moi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Reprise possible d\u2019une \u00e9laboration du Moi-peau<\/h4>\n\n\n\n<p>C\u2019est au regard d\u2019une conflictualisation qui se joue \u00e0 l\u2019adolescence que s\u2019\u00e9claire progressivement une autre sc\u00e8ne, celle-l\u00e0 ancienne, qui vient r\u00e9v\u00e9ler la nature des liens de la relation pr\u00e9coce m\u00e8re-enfant. Cette r\u00e9activation dans l\u2019apr\u00e8s-coup d\u2019une construction ancienne nous indique ce que l\u2019adolescent, presque malgr\u00e9 lui, remet en sc\u00e8ne et tente de rejouer parfois diff\u00e9remment. L\u2019adolescence convoque les premi\u00e8res relations m\u00e8re-enfant, elle est le temps de la r\u00e9-exp\u00e9rimentation dans l\u2019ici et maintenant des premiers liens objectaux et des nouages singuliers alors engag\u00e9s. L\u2019adolescence est ce temps tr\u00e8s singulier d\u2019ouverture sur une sc\u00e8ne ancienne. La possibilit\u00e9 d\u2019une reprise existe, il reste \u00e0 pouvoir s\u2019en saisir avant que ne se referme cet espace. \u00ab&nbsp;Le Moi-peau est le parchemin originaire, qui conserve, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un palimpseste les brouillons ratur\u00e9s, gratt\u00e9s, surcharg\u00e9s, d\u2019une \u00e9criture <em>originaire<\/em> pr\u00e9verbale faite de traces cutan\u00e9es&nbsp;\u00bb (D. Anzieu, 1985). M\u00e9moire corporelle originaire bien en-de\u00e7\u00e0 de la repr\u00e9sentation, le Moi-peau serait ici reconvoqu\u00e9. En effet, quand le Moi-peau a connu quelques fragilit\u00e9s dans son \u00e9laboration (sans que cela ne se situe dans un registre pathologique), agir le corps, passer \u00e0 l\u2019acte ne pourrait-il pas parfois permettre une reprise et une r\u00e9actualisation d\u2019une exp\u00e9rience ant\u00e9rieure ou de nouveau se retravaille cette question de l\u2019enveloppe et de ses qualit\u00e9s, \u00e0 travers les exp\u00e9rimentations corporelles&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Passage \u00e0 l\u2019acte et processus d\u2019introjection<\/h4>\n\n\n\n<p>La r\u00e9\u00e9laboration d\u2019une identit\u00e9 devant int\u00e9grer les modifications que la pubert\u00e9 engage passerait donc par le lieu du changement, l\u2019espace du corps. \u00ab&nbsp;[\u2026] le corps est s\u00e9v\u00e8rement interrog\u00e9 concernant l\u2019entr\u00e9e en force du g\u00e9nital. La question subjectale va \u00eatre pos\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 elle prend sa source&nbsp;\u00bb (Ph. Gutton, 2004). Le corps agi permettrait l\u2019introjection de cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9 corporelle. Le passage \u00e0 l\u2019acte comme exp\u00e9rimentation corporelle s\u2019inscrivant dans un processus d\u2019introjection, \u00e0 savoir un mouvement d\u2019assimilation, d\u2019appropriation, d\u2019int\u00e9gration.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tapes de l\u2019introjection pr\u00e9cis\u00e9es et d\u00e9velopp\u00e9es par N. Rand en 1993 apparaissent ici \u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9orique pour notre propos<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u00ab&nbsp;Quelque chose de nouveau, d\u2019inconnu m\u2019arrive de l\u2019ext\u00e9rieur ou surgit en moi&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/li><li>\u00ab&nbsp;Je me familiarise avec cette chose \u00e0 travers le jeu, le fantasme, la projection et une infinie vari\u00e9t\u00e9 d\u2019autres proc\u00e9d\u00e9s inconscients ou semi-conscients&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/li><li>\u00ab&nbsp;Je prends conscience enfin de ce qui m\u2019est arriv\u00e9 [\u2026] par cons\u00e9quent je peux d\u00e9signer et donner droit de cit\u00e9 en moi au processus entier&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Exp\u00e9rimenter donc \u00e0 travers le passage \u00e0 l\u2019acte de quelle fa\u00e7on r\u00e9sonne, r\u00e9agit, \u00e9prouve ce nouveau corps afin dans un second temps d\u2019en int\u00e9grer la nouvelle r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure<\/h4>\n\n\n\n<p>Le passage \u00e0 l\u2019acte \u00e0 l\u2019adolescence, loin de pouvoir \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 une unique modalit\u00e9 d\u00e9fensive, pourrait \u00eatre la possibilit\u00e9 d\u2019une reprise de fondements et nouages anciens, l\u2019exp\u00e9rimentation corporelle ouvrant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un processus structurant et maturant, celui de l\u2019introjection d\u2019une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 corporelle et psychique. L\u2019exp\u00e9rimentation corporelle comme visant \u00e0 venir figurer la limite, permettant ainsi que se rejoue, se red\u00e9finisse et se re\u00e9labore les nouvelles limites du Moi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Anzieu, D. (1974). Le Moi-Peau. <em>Nouvelle revue de psychanalyse<\/em>, 9, 195-208.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu, D. (1985). <em>Le Moi-peau.<\/em> Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu, D. (1992). Le Moi-peau. <em>Le journal des psychologues<\/em>, 100, 34-36.<\/p>\n\n\n\n<p>Bick, E. (1986). Consid\u00e9rations ult\u00e9rieures sur la fonction de la peau dans les relations d\u2019objet pr\u00e9coces. In M.H. Williams, <em>Les \u00e9crits de Martha Harris et d\u2019Esther Bick<\/em>, (pp141-150), Editions du Hublot.<\/p>\n\n\n\n<p>Birraux, A. (2004). Le corps adolescent, Bayard.<\/p>\n\n\n\n<p>Carels, N. (1987). Les liens entre corps, agir et pr\u00e9conscient. <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 665-680.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1920). <em>Essais de psychanalyse<\/em>. Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Gutton, Ph. (2004). Souffrir\u2026pour se croire. <em>Adolescence<\/em>, 22, 2, 209-224.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeammet, Ph. (1983). Du familier \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Territoire et trajets de l\u2019adolescent <em>Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em>, 31, (8-9), 361-381.<\/p>\n\n\n\n<p>Kestemberg, E. (1986). La pathologie de l\u2019adolescence&nbsp;: pr\u00e9mice, passage ou catastrophe&nbsp;? In F. Ladame, Ph. Jeammet, <em>La psychiatrie de l\u2019adolescence aujourd\u2019hui. Quels adolescents soign\u00e9r et comment&nbsp;?<\/em> (pp 17-35), Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Ladame,F., &amp; Charpine Piscaglia, I. (2005). Le corps et l\u2019\u00e2me. <em>Adolescence<\/em>, 23, 2, 353-362.<\/p>\n\n\n\n<p>Rand, N. (1993). Renouveaux de la psychanalyse, <em>Les temps modernes<\/em>, 564, 140-173.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D.W. (1958). <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse.<\/em> Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D.W. (1970). <em>Processus de maturation chez l\u2019enfant.<\/em> Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D.W. (1975). <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9.<\/em> Paris, Gallimard.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9554?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adolescence&nbsp;: le corps convoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du changement \u00c0 l\u2019adolescence, le corps se voit replac\u00e9 au centre comme donn\u00e9e essentielle et incontournable. Le corps silencieux de l\u2019enfance, dont les sources excitog\u00e8nes sans avoir disparues se sont vues apais\u00e9es par la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1214,1215],"thematique":[176,463,1148],"auteur":[1877],"dossier":[],"mode":[60],"revue":[682],"type_article":[453],"check":[2023],"class_list":["post-9554","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-corps","thematique-maternite","thematique-psychosomatique","auteur-marine-gross","mode-payant","revue-682","type_article-recherche","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9554","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9554"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9554\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16537,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9554\/revisions\/16537"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9554"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9554"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9554"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9554"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9554"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9554"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9554"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9554"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9554"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}