{"id":9546,"date":"2021-08-22T07:30:11","date_gmt":"2021-08-22T05:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/edvard-munch-et-yayoi-kusama-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:30:11","modified_gmt":"2021-08-22T05:30:11","slug":"edvard-munch-et-yayoi-kusama","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/edvard-munch-et-yayoi-kusama\/","title":{"rendered":"Edvard Munch et Yayoi Kusama"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Centre Georges Pompidou, jusqu\u2019au 9 janvier 2012. Yayoi Kusama.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Voici deux \u0153uvres compl\u00e8tement diff\u00e9rentes, si ce n\u2019est qu\u2019elles sont expos\u00e9es toutes deux au <em>Mus\u00e9e Pompidou.<\/em> Chacune plonge le spectateur dans un univers expressif, personnel et singulier. Toutes deux magnifiques, mais avec des esth\u00e9tiques tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es. Elles posent n\u00e9anmoins une m\u00eame question au spectateur, c\u2019est celle du rapport entre la psychose et la cr\u00e9ation artistique. <\/p>\n<p>Les deux artistes, le Norv\u00e9gien Edvard Munch et la Japonaise Yayoi Kusama, ont en effet un parcours existentiel travers\u00e9 par des \u00e9pisodes psychotiques et des s\u00e9jours psychiatriques, dont on peut se demander quel est le lien avec leur cr\u00e9ation. <\/p>\n<p>Edvard Munch, c\u00e9l\u00e8bre par son tableau <em>Le Cri<\/em>, a eu une jeunesse agit\u00e9e, marqu\u00e9e par des deuils, l\u2019alcool, des hallucinations et des d\u00e9lires parano\u00efaques. \u00ab J\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 un \u00eatre malade en venant au monde. La neige froide recouvre mes racines. (\u2026)&#160; Ainsi l\u2019arbre de ma vie \u00e9tait maudit d\u00e8s le d\u00e9part \u00bb. En 1908, diagnostiqu\u00e9 d\u2019un syndrome de pers\u00e9cution et de parano\u00efa, il fait un long s\u00e9jour dans un service neurologique \u00e0 Copenhague. Puis, calm\u00e9, cessant de voyager, il se retire dans une maison pr\u00e8s d\u2019Oslo o\u00f9 il peint jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1944. Comment comprendre ce changement radical ? Toujours est-il que Munch a produit aussi bien avant qu\u2019apr\u00e8s cette crise des \u0153uvres d\u2019une force inou\u00efe. Le myst\u00e8re reste donc entier.<\/p>\n<p>Le trajet de Yayoi Kusama est plus \u00e9tonnant encore. Artiste japonaise multi-m\u00e9dia tr\u00e8s dou\u00e9e, elle a quitt\u00e9 le Japon pour s\u2019installer \u00e0 New-York, en 1957, \u00e0 28 ans, o\u00f9 elle \u00e9tait la reine du Pop pendant les ann\u00e9es 60-70.&#160; Puis, apr\u00e8s une grave crise psychique, elle s\u2019est retir\u00e9e au Japon en 1973, o\u00f9 elle r\u00e9side depuis plus de trente ans dans une institution psychiatrique, selon sa propre volont\u00e9. Ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas de cr\u00e9er, puisqu\u2019elle est l\u2019auteur d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire tr\u00e8s reconnue au Japon et qu\u2019elle se rend chaque jour dans son atelier o\u00f9 elle continue de produire des tableaux que l\u2019on peut voir dans l\u2019exposition. La r\u00e9trospective montre l\u2019extraordinaire richesse de cette \u0153uvre tr\u00e8s inspirante, diverse tout en \u00e9tant coh\u00e9rente, tragique et ludique \u00e0 la fois. Peintures, sculptures, textiles, installations, performances, photos, vid\u00e9os, Yayoi Kusama, infatigable, est comme un chef d\u2019orchestre qui dirige tous les instruments. <\/p>\n<p>L\u00e0 encore, quel rapport entre l\u2019\u0153uvre et la psychose ? L\u2019\u0153uvre de Yayoi Kusama s\u2019origine dans une exp\u00e9rience hallucinatoire qu\u2019elle a v\u00e9cue \u00e0 10 ans. Assise \u00e0 la table familiale, raconte-t-elle, les fleurs rouges de la nappe se multiplient sur le plafond, les murs, le sol, elle-m\u00eame. Impression inqui\u00e9tante d\u2019an\u00e9antissement et de dissolution &#8211; mais aussi d\u2019\u00e9blouissement esth\u00e9tique ? &#8211; qu\u2019elle ne cessera de rendre figurable et partageable. L\u2019exposition d\u00e9bute par une ins-tallation qui reproduit cette sc\u00e8ne. Puis toute son \u0153uvre la reprend avec, entre autres, les <em>Mirror Rooms<\/em>, dont deux sont expos\u00e9s \u00e0 Beaubourg, pi\u00e8ces tapiss\u00e9s de miroirs, sur fond d\u2019eau, qui refl\u00e8tent \u00e0 l\u2019infini, l\u2019un des immenses baudruches rouges aux pois blancs, l\u2019autre une multitude de lumi\u00e8res scintillantes multicolores, nous faisant entrer dans un univers enchanteur et po\u00e9tique.<\/p>\n<p>Ce que montrent ces trajets artistiques, c\u2019est que l\u2019artiste est capable d\u2019actualiser des potentialit\u00e9s psychotiques au service de son \u0153uvre. L\u2019exp\u00e9rience psychotique appara\u00eet d\u00e8s lors non pas comme une cat\u00e9gorie nosographique, mais comme une exp\u00e9rience humaine universelle, qui peut \u00eatre une source de cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9546?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Centre Georges Pompidou, jusqu\u2019au 9 janvier 2012. Yayoi Kusama. Voici deux \u0153uvres compl\u00e8tement diff\u00e9rentes, si ce n\u2019est qu\u2019elles sont expos\u00e9es toutes deux au Mus\u00e9e Pompidou. Chacune plonge le spectateur dans un univers expressif, personnel et singulier. 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