{"id":9544,"date":"2021-08-22T07:30:11","date_gmt":"2021-08-22T05:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-maladie-dalzheimer-entre-presence-et-absence-de-soi-meme-2\/"},"modified":"2022-04-12T15:55:28","modified_gmt":"2022-04-12T13:55:28","slug":"la-maladie-dalzheimer-entre-presence-et-absence-de-soi-meme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-maladie-dalzheimer-entre-presence-et-absence-de-soi-meme\/","title":{"rendered":"La maladie d&rsquo;Alzheimer, entre pr\u00e9sence et absence \u00e0 soi-m\u00eame"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;Objets inanim\u00e9s, avez-vous donc une \u00e2meQui s\u2019attache \u00e0 notre \u00e2me et la force d\u2019aimer&nbsp;?&nbsp;\u00bb<footer>Alphonse de Lamartine <em>Harmonies po\u00e9tiques et religieuses<\/em> (1830)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne se passe dans un service hospitalier comme il en existe tant, un service o\u00f9 vivent pendant de nombreuses ann\u00e9es parfois des personnes \u00e2g\u00e9es tr\u00e8s vuln\u00e9rables, notamment parce qu\u2019une maladie affecte leur cerveau avec force d\u00e9g\u00e2ts et entrave consid\u00e9rablement leur autonomie et leur capacit\u00e9 \u00e0 vivre en s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 domicile. Cette sc\u00e8ne date d\u2019il y a vingt ans, mais je m\u2019en souviens comme si c\u2019\u00e9tait hier. J\u2019\u00e9tais un jeune psychologue stagiaire, p\u00e9tri d\u2019id\u00e9al et de volont\u00e9 de bien faire, si ce n\u2019est de faire du bien. L\u2019entretien avec M<sup>me<\/sup> D. se d\u00e9roulait au mieux&nbsp;; elle qui \u00e9tait parfois si confuse, si angoiss\u00e9e et qui hurlait alors \u00ab&nbsp;au secours&nbsp;\u00bb, sans pouvoir souvent mettre des mots sur ce qui l\u2019angoissait ainsi, me parlait calmement depuis plusieurs minutes&nbsp;; elle me parlait notamment de sa m\u00e8re qu\u2019elle ch\u00e9rissait tant et qui allait bient\u00f4t venir la chercher pour la raccompagner chez elle et lui offrir un go\u00fbter. Une aide-soignante s\u2019approche alors de nous, salue Madame D. avec amabilit\u00e9, d\u00e9pose devant elle un plateau avec son repas et commence \u00e0 d\u00e9couper la viande qui se trouve dans l\u2019assiette. Madame D. regarde les mains qui s\u2019activent, et me dit alors \u00ab&nbsp;<em>Vous voyez o\u00f9 j\u2019en suis&#8230; On me coupe ma viande<\/em>&#8230;&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pensais que l\u2019intrication des d\u00e9sordres cognitifs li\u00e9s aux atteintes c\u00e9r\u00e9brales et de la mobilisation de d\u00e9fenses propices \u00e0 la lutte contre l\u2019angoisse et \u00e0 la cr\u00e9ation de sens, quitte \u00e0 promouvoir la conviction en une n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 qui ferait fi d\u2019une actualit\u00e9 insupportable, je pensais que cela n\u2019\u00e9tait finalement pas une si mauvaise solution. \u00catre vieux et se penser jeune, voire enfant&nbsp;; \u00eatre seul et \u00eatre convaincu que la m\u00e8re ne tarderait pas \u00e0 venir&nbsp;; manquer d\u2019assurance, de continuit\u00e9 interne, de rep\u00e8res externes, et \u00eatre assur\u00e9 que cette m\u00e8re serait nourrici\u00e8re, comblante, aimante, apr\u00e8s tout, pourquoi pas&nbsp;? Pourquoi pas, quand la r\u00e9alit\u00e9 maltraite le sujet avec une telle violence, quand le vieillissement d\u00e9j\u00e0, lui-m\u00eame in\u00e9luctable &#8211; lui qu\u2019il n\u2019est pas d\u2019autre choix que de l\u2019endurer -, quand il s\u2019associe avec une maladie encore aujourd\u2019hui incurable, qui mine les potentialit\u00e9s de jugement, de d\u00e9cision, de pouvoir sur le monde, de pouvoir le transformer ou d\u2019y \u00e9chapper. Alors oui, pourquoi pas&nbsp;? Mais cette conviction qui me rassurait plut\u00f4t devant l\u2019effroyable tableau de ces vieilles dames et de ces vieux messieurs incessamment perdus dans le temps et dans l\u2019espace, se d\u00e9solant de ne plus int\u00e9resser quiconque, angoiss\u00e9s de se rendre compte qu\u2019ils ne peuvent m\u00eame plus se faire confiance, cette conviction fut ce jour l\u00e0, devant Madame D., violemment balay\u00e9e. La n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 pouvait se r\u00e9v\u00e9ler fragile, et la chute brutale. La pr\u00e9sence attentive de l\u2019aide-soignante, dans la continuit\u00e9 de l\u2019\u00e9vocation de l\u2019attente de la pr\u00e9sence maternelle, ne permit m\u00eame pas que surgisse moins violemment la prise de conscience que M<sup>me<\/sup> D. \u00e9tait une vieille dame, qu\u2019elle vivait jour et nuit dans un service hospitalier dont elle ne connaissait pas le nom, qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait plus en mesure de se faire \u00e0 manger, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Que m\u2019arrive t\u2019il&nbsp;? Que m\u2019arrive t\u2019il&nbsp;? Je ne comprends plus. Je suis perdu. Vous \u00eates qui d\u00e9j\u00e0&nbsp;? Ah oui\u2026 Excusez-moi, j\u2019avais oubli\u00e9 votre nom. Vous en voyez beaucoup des gens comme moi&nbsp;? Vous ne devez pas vous amuser tous les jours<\/em>.&nbsp;\u00bb Que de fois ai-je entendu ces phrases qui disent le d\u00e9sarroi, l\u2019angoisse, la honte devant l\u2019incessante difficult\u00e9 \u00e0 mobiliser les souvenirs, \u00e0 maintenir le lien entre les choses et les mots, \u00e0 saisir ce que peuvent \u00eatre ces trous soudains et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans le fil de la pens\u00e9e, la conscience des rat\u00e9s qui se multiplient, des oublis qui perdent leur caract\u00e8re anodin, qui font non seulement qu\u2019on oublie, mais aussi qu\u2019on oublie qu\u2019on oublie, des contradictions qui se r\u00e9v\u00e8lent entre les convictions personnelles et ce que l\u2019entourage relance, ce dont l\u2019entourage t\u00e9moigne, voire parfois ce que l\u2019entourage ass\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique des maladies li\u00e9es \u00e0 des atteintes c\u00e9r\u00e9brales est \u00e0 bien des \u00e9gards le lieu de fortes tensions \u00e9pist\u00e9mologiques et th\u00e9rapeutiques tant la causalit\u00e9 biologique et la causalit\u00e9 psychique sont parfois oppos\u00e9es au sein de consid\u00e9rations \u00e9tiopathog\u00e9niques exclusives, voire excluantes. Il n\u2019est pas lieu aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9voquer cela plus avant, mais il s\u2019av\u00e8re qu\u2019on ne peut pas penser la clinique de la maladie d\u2019Alzheimer sans admettre le fait de d\u00e9sordres de la pens\u00e9e qui sont d\u2019une toute autre nature que les seules cons\u00e9quences du refoulement, du clivage, de l\u2019isolation et du d\u00e9placement, et sans tenir compte conjointement de la fa\u00e7on dont le fonctionnement psychique se saisit de ce qui arrive au substrat c\u00e9r\u00e9bral, voire ce que le fonctionnement psychique peut avoir comme impact sur les processus somatiques. Les troubles cognitifs, affectifs et comportementaux des personnes malades ne sauraient \u00eatre r\u00e9duits \u00e0 l\u2019arbitraire d\u2019une atteinte neurologique, m\u00eame si cette causalit\u00e9 est \u00e9galement en jeu (Ansermet F. et Magistretti P., 2004&nbsp;; Georgieff N., 2007&nbsp;; Oppenheim-Gluckman H., 2005&nbsp;; Ouss L., Golse B., Georgieff N., Widl\u00f6cher D. et coll., 2009&nbsp;; P\u00e9ruchon M., 2011). L\u2019accent parfois exclusif contre toute causalit\u00e9 psychique n\u2019est vraisemblablement pas sans lien avec la difficult\u00e9 de supporter l\u2019entrem\u00ealement du mort et du vif dont je parlerai bient\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Les psychologues cliniciens et les psychanalystes qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la clinique des troubles d\u00e9mentiels furent des pionniers fort courageux, tant cette clinique peut frapper d\u2019abord par sa dimension d\u2019atteinte des processus de pens\u00e9e, de la m\u00e9moire et du langage, dont la mise \u00e0 mal p\u00e9nalise beaucoup la possibilit\u00e9 de conduire des entretiens cliniques et, partant, d\u2019appr\u00e9hender les processus et les probl\u00e9matiques psychiques qui sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Discours d\u00e9construit, r\u00e9p\u00e9t\u00e9, appauvri, interlocuteur non assur\u00e9ment identifi\u00e9 dans sa fonction th\u00e9rapeutique, parfois m\u00eame identifi\u00e9 comme un autre que lui-m\u00eame, sont autant de donn\u00e9es cliniques avec lesquelles il n\u2019est cependant pas impossible de travailler pour accompagner le patient dans l\u2019exp\u00e9rience de vie qui est dor\u00e9navant la sienne (<em>cf.<\/em> notamment les travaux de C. Caleca, P. Charazac, M. Grosclaude, G. Le Gou\u00e8s, L. Ploton).<\/p>\n\n\n\n<p>On entend encore parfois exprimer l\u2019id\u00e9e que ces personnes ne ressentiraient plus rien, toutes perdues et confuses qu\u2019elles sont, surtout quand leurs scores \u00e0 des tests neuropsychologiques donnent l\u2019impression d\u2019un fonctionnement mental d\u00e9sert\u00e9 de toute potentialit\u00e9. Mais qui pr\u00eate son \u00e9coute sait combien le sentiment de continuit\u00e9 d\u2019exister, la permanence des liens d\u2019investissement de soi et de l\u2019autre dans une d\u00e9marcation claire de ce qui appartient \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 propre du sujet et de ce qui rel\u00e8ve de la r\u00e9alit\u00e9 externe, peuvent \u00eatre fort mis \u00e0 mal et sources d\u2019angoisse. Soutien essentiel de l\u2019identit\u00e9, articulant le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur, participant de la reconnaissance des objets et de la possibilit\u00e9 de leur faire confiance, la m\u00e9moire est particuli\u00e8rement min\u00e9e l\u00e0 dans ses fonctions de continuit\u00e9. Or, comment le sujet peut-il traiter le traumatisme li\u00e9 \u00e0 la perte de ses capacit\u00e9s de mentalisation alors que les processus avec lesquels il liait auparavant le trop plein d\u2019excitation se r\u00e9v\u00e8lent endommag\u00e9s&nbsp;? T\u00e9moins de l\u2019existence toujours vive d\u2019un d\u00e9sir, les cliniciens s\u2019att\u00e8lent \u00e0 l\u2019\u00e9coute de contenus psychiques tant\u00f4t marqu\u00e9s par le souci de la concr\u00e9tude, de satisfactions mat\u00e9rielles tr\u00e8s imm\u00e9diates, tant\u00f4t nourris d\u2019une densit\u00e9 fantasmatique intense. Les entretiens cliniques se r\u00e9v\u00e8lent alors fort pr\u00e9cieux pour soutenir les ressources qui demeurent mobilisables, relancer les processus \u00e0 la faveur d\u2019associations plus ou moins libres, en pr\u00eatant son propre appareil psychique \u00e0 la personne en difficult\u00e9, proposer des rep\u00e8res tout en prenant acte que la rupture des liens participe aussi potentiellement de la d\u00e9fense contre l\u2019angoisse, cohabitant cependant avec des \u00eelots de conscience claire et douloureuse de ce qui se passe. L\u2019essentiel du travail psychoth\u00e9rapique qui peut \u00eatre propos\u00e9 vise justement \u00e0 soutenir le sentiment d\u2019identit\u00e9 du sujet par l\u2019\u00e9coute de sa parole sur hier et aujourd\u2019hui, si confondus soient-ils parfois, \u00e0 soutenir son investissement des objets qui l\u2019environnent et de ses objets internes, \u00e0 pouvoir l\u2019accompagner dans la prise de plaisir \u00e0 \u00eatre et demeurer avec quelqu\u2019un \u00e0 qui il est possible de parler, voire d\u2019\u00eatre un objet d\u2019int\u00e9r\u00eat pour cet interlocuteur et ce, tout en pr\u00e9venant les excitations trop fortes et les mises en \u00e9chec (Caleca, C., 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je ne sais plus o\u00f9 me mettre pour me supporter<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e9crit Marguerite Duras dans <em>La douleur<\/em> (1985). Cette phrase aurait pu \u00eatre formul\u00e9e \u00e0 l\u2019identique par Adrienne, 71 ans, que je rencontre \u00e0 la demande de ses enfants pour une angoisse massive et permanente dans un contexte de maladie d\u2019Alzheimer \u00e9voluant depuis plusieurs ann\u00e9es. Adrienne sait qu\u2019elle a la maladie d\u2019Alzheimer, elle le sait d\u2019autant plus que sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 atteinte de cette maladie et qu\u2019elle l\u2019a accompagn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa mort&nbsp;; elle sait aussi que Annie Girardot, qui vient de mourir, avait la maladie d\u2019Alzheimer et ne se souvenait plus bien de qui elle avait \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des entretiens, Adrienne associera volontiers son \u00e9tat \u00e0 celui d\u2019une personne qui se sent seule, dans un tunnel dont elle ne voit pas l\u2019issue, rencontrant des personnes qui s\u2019arr\u00eatent aupr\u00e8s d\u2019elle, mais qui repartent t\u00f4t ou tard, comme ses enfants, ses petits-enfants, sa dame de compagnie, l\u2019orthophoniste chez qui elle se rend et moi-m\u00eame. Adrienne se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s au fait de ses difficult\u00e9s, et les entretiens sont parfois le lieu d\u2019\u00e9vocation de soucis mat\u00e9riels tr\u00e8s concrets, de rep\u00e8res temporels qui rassurent, du plaisir pris par exemple chaque mercredi \u00e0 retrouver des amis autour d\u2019un repas, mais surtout l\u2019occasion de dire combien elle se sent perdue, \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mes pompes<\/em>&nbsp;\u00bb dit-elle. \u00ab&nbsp;<em>Vous savez, j\u2019\u00e9tais une femme dr\u00f4le, je sortais beaucoup. Maintenant, je suis perdue, tout le temps, je me sens perdue&nbsp;; alors j\u2019ai l\u2019impression, c\u2019est horrible, que je ne pense qu\u2019\u00e0 moi, je vois bien que je ne peux plus m\u2019occuper de mes enfants, ils ont leurs soucis mais je ne peux pas m\u2019y int\u00e9resser, je ne peux pas les soulager, m\u2019occuper des petits-enfants, tout \u00e7a, je vois bien, je ne peux pas le faire&nbsp;; d\u2019ailleurs mes filles et mes fils ne me le demandent plus<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Adrienne est par contre tourment\u00e9e par le fait d\u2019\u00eatre l\u2019objet de la pr\u00e9occupation et de la sollicitude de ses enfants, qui r\u00e9mun\u00e8rent une jeune femme qui vient chaque jour lui tenir compagnie et la conduire aux divers rendez-vous qui ponctuent ses journ\u00e9es. \u00ab&nbsp;<em>On marche dans la rue, elle veut me tenir par la main, moi je n\u2019aime pas \u00e7a, je ne suis pas une enfant. Je vois bien que les gens nous regardent, ils doivent se dire que je suis une demeur\u00e9e. Et moi j\u2019assiste \u00e0 \u00e7a et je ne peux rien faire. Je suis captive de ma maladie<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus encore, Adrienne est invit\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 un groupe th\u00e9rapeutique dans un centre de jour qui accueille des personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de maladie d\u2019Alzheimer. \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre folle quand je suis au milieu de tous ces gens. On joue \u00e0 des jeux. Certains ont l\u2019air d\u2019aimer \u00e7a. Mais moi, \u00e7a me fait penser aux jeux qu\u2019on donnait aux enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Vous savez, je m\u2019en veux de ressentir \u00e7a, mais c\u2019est vrai, j\u2019ai honte de ces gens l\u00e0. Y\u2019a un monsieur, il est tout rigide, on dirait que sa t\u00eate est en cire, il ne parle quasiment jamais. Quand je le regarde, j\u2019ai toujours l\u2019impression qu\u2019il est mort. C\u2019est horrible, comment je peux penser quelque chose comme \u00e7a&nbsp;? Je ne suis pas charitable, il a l\u2019air tr\u00e8s mal en point ce monsieur. Au moins il est pas tout seul. Vous voyez, moi j\u2019ai pas envie d\u2019\u00eatre toute seule, mais j\u2019ai pas envie d\u2019\u00eatre avec ces gens-l\u00e0. La prochaine fois, je vous parlerai de l\u2019angoisse de la solitude<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les semaines passent. Adrienne peut faire preuve parfois d\u2019une \u00e9tonnante lucidit\u00e9 et \u00eatre tant\u00f4t saisie par une confusion tr\u00e8s angoissante. Un jour, elle rentre dans mon bureau, et ne reconna\u00eet rien&nbsp;; tout en l\u2019aidant \u00e0 retirer son manteau qu\u2019elle peine visiblement \u00e0 enlever seule, je l\u2019invite \u00e0 s\u2019asseoir&nbsp;; elle regarde le fauteuil sans comprendre ce qu\u2019elle doit faire, et manque de s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9. \u00ab&nbsp;<em>Vous voyez, parfois j\u2019ai vraiment du mal. L\u00e0 je ne comprends rien. Y\u2019a des moments comme \u00e7a. J\u2019ai peur que le lien entre les autres et moi se casse, mais je n\u2019y peux rien, si les autres ne sont pas l\u00e0, je ne sais pas faire. Le seul endroit o\u00f9 j\u2019aime \u00eatre, c\u2019est chez moi, au milieu de mes affaires, et l\u00e0, parfois, je ne pense \u00e0 rien&nbsp;; enfin je crois, je crois que je ne pense \u00e0 rien. Quand je pense, de toute fa\u00e7on, je m\u2019angoisse. Tout m\u2019angoisse, je me rends compte que je perds mes mots, que je ne sais pas ce que je dois faire, qui aller voir. J\u2019ai peur de manquer mes rendez-vous. Jennifer (c\u2019est la dame de compagnie) me dit de ne pas m\u2019inqui\u00e9ter, qu\u2019elle s\u2019occupe de tout, mais quand m\u00eame\u2026 Parfois je voudrais ne plus penser, ne plus savoir. Vous voyez, c\u2019est compliqu\u00e9, je vous dis que je veux oublier ce qui m\u2019arrive, moi qui a la maladie d\u2019Alzheimer\u2026 alors que j\u2019oublie d\u00e9j\u00e0 tant de choses<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement, en d\u00e9but de s\u00e9ance, Adrienne me demande un verre d\u2019eau et un mouchoir. \u00ab&nbsp;<em>Je vous demande \u00e7a souvent, hein&nbsp;? Je crois que je vous demande \u00e7a \u00e0 chaque fois ou presque. Je me souviens que vous m\u2019avez dit que vous \u00e9tiez avec moi dans le tunnel. Je comprends ce que vous dites<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Adrienne peut ainsi dire combien elle souhaite parfois s\u2019absenter de ce qui l\u2019entoure tellement les sollicitations des uns et des autres, et notamment de la dame de compagnie qui persiste \u00e0 la tenir, si ce n\u2019est \u00e0 la tirer, par la main, la bouleversent et l\u2019angoissent. Mais conjointement elle appr\u00e9hende plus que tout de s\u2019absenter, pressentant combien le fil est d\u00e9j\u00e0 plus que t\u00e9nu. \u00ab&nbsp;<em>Parfois, c\u2019est comme si je revenais \u00e0 moi, je ne me rends pas compte que je ne suis pas l\u00e0, je m\u2019en rends compte apr\u00e8s. Et l\u00e0 c\u2019est horrible, car je me dis que si je m\u2019oublie ainsi, on risque de m\u2019oublier aussi&nbsp;; parfois, je ne me sens m\u00eame plus une personne, et j\u2019ai peur qu\u2019on ne me retrouve pas si je m\u2019enferme, alors j\u2019appelle, j\u2019appelle, je demande \u00e0 mes enfants ceci, cela\u2026 j\u2019ai peur de leur faire du chantage et de les manipuler.&nbsp;\u00bb Et puis un jour, elle associe&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne vous l\u2019ai jamais dit je crois, mais ce \u00e0 quoi je pense tout le temps, c\u2019est que quand mon mari est tomb\u00e9 malade et qu\u2019il est mort, eh bien je n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0, j\u2019\u00e9tais psychologiquement absente. Je ne sais pas comment dire. Je n\u2019ai pas pu m\u2019occuper de lui, je n\u2019en \u00e9tais pas capable car je n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0. Vous voyez ce que je veux dire, j\u2019\u00e9tais l\u00e0, mais je n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0 (montre sa t\u00eate). \u00c7a, vous voyez, j\u2019y pense tout le temps, tout le temps&nbsp;! Et en parler avec vous, je sais que \u00e7a me fait du bien, je me rel\u00e2che avec vous, mais quand je sors, je suis comme une pile. A la fois \u00e7a m\u2019angoisse et \u00e7a m\u2019apaise. De vous parler, d\u2019y penser, \u00e7a m\u2019apaise et \u00e7a m\u2019angoisse<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>M\u2019est alors revenue cette phrase de Pontalis dans <em>Le mort et le vif entrelac\u00e9s<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dilemme dans lequel l\u2019analyste se trouve pris&nbsp;: \u00ab\u00a0\u00eatre tortionnaire ou \u00eatre victime\u00a0\u00bb&nbsp;; la confrontation \u00e0 l\u2019accomplissement d\u2019une menace plut\u00f4t que d\u2019un d\u00e9sir. [\u2026] La vie n\u2019engendre pas toujours la vie&nbsp;!&nbsp;\u00bb (1975, p. 228 et 238). Nos rencontres, le temps pris \u00e0 nos \u00e9changes, l\u2019\u00e9coute des pr\u00e9occupations concr\u00e8tes comme des contenus psychiques, tout cela a permis de remettre sur le m\u00e9tier, selon des modalit\u00e9s singuli\u00e8res, un travail de liaison, permettant de prime abord, avec un certain apaisement de l\u2019angoisse, de pouvoir associer les douleurs d\u2019aujourd\u2019hui et celles d\u2019hier, la honte, et cependant le droit, de se tromper, de n\u2019\u00eatre pas parfaite, l\u2019appr\u00e9hension, ancienne, d\u2019\u00eatre quitt\u00e9e, l\u2019aspiration \u00e0 recouvrer un fonctionnement psychique satisfaisant. Mais ces liens n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sans mobiliser aussi la menace des souvenirs douloureux, de ceux que l\u2019on voudrait oublier, de ceux qui signent l\u2019impossible retour en arri\u00e8re, la violence des id\u00e9aux, l\u2019attente du pardon. Se d\u00e9sorganiser au point de ne plus penser, l\u2019hypoth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise pour tenter de donner du sens \u00e0 ces mouvements de dissolution de soi observ\u00e9s chez des femmes et des hommes qui non seulement vieillissent, mais sont malades et semblent ne plus trouver en eux quelque force ou coh\u00e9rence que ce soit (Maisondieu J., 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>Je le disais plus haut, vieillir n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas sans fragiliser le fonctionnement psychique. Traversant une p\u00e9riode fort \u00e9prouvante du fait de d\u00e9c\u00e8s dans sa famille et celle de son ami Ernst Jones, Freud, alors \u00e2g\u00e9 de 72 ans \u00e9crit \u00e0 ce dernier combien ces drames l\u2019ont lass\u00e9 et irrit\u00e9 de la vie, combien il se sent d\u00e9muni, abattu face \u00e0 ces pertes r\u00e9currentes d\u2019\u00eatres chers, dont des enfants&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vous et votre ch\u00e8re femme \u00eates naturellement assez jeunes encore pour retrouver le contact avec la vie. [\u2026] \u201cJeune\u201d et \u201cvieux\u201d m\u2019apparaissent maintenant les plus grands oppos\u00e9s dont la vie psychique humaine soit capable&nbsp;; une compr\u00e9hension entre les repr\u00e9sentants de ces deux \u00e2ges est exclue. [\u2026] S\u2019il devait m\u2019\u00eatre donn\u00e9 de d\u00e9corer plus longtemps encore cette terre, j\u2019attendrais alors avec assurance le moment o\u00f9 j\u2019apprendrai que vous avez, tous deux, surmont\u00e9 l\u2019horrible coup comme des \u00eatres jeunes<\/em>&nbsp;\u00bb (<em>in<\/em> Schur M., 1972, p. 482). Six ans plus tard, Freud soutiendra toujours cette conviction que le moi \u00e2g\u00e9 souffre de n\u2019\u00eatre plus en \u00e9tat de traiter de fa\u00e7on suffisamment d\u00e9gageante le trauma, dans une lettre \u00e0 Lou Andreas-Salom\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019ardeur contenue vous use ou use ce qui reste de l\u2019ancien moi. Et ce n\u2019est pas \u00e0 78 ans qu\u2019on en recr\u00e9e un nouveau<\/em>&nbsp;\u00bb (Andreas-Salom\u00e9 L., 1966, p. 250).<\/p>\n\n\n\n<p>On pressent de fait combien les choses se compliquent lorsqu\u2019une maladie absente le sujet \u00e0 lui-m\u00eame, lorsque la vigilance, l\u2019attention, le jugement, l\u2019entendement de ce qui se passe sont frapp\u00e9s de discontinuit\u00e9 aux sources tout \u00e0 la fois psychiques et physiologiques. L\u2019angoisse incessamment associ\u00e9e \u00e0 la pens\u00e9e du monde et des autres, l\u2019exp\u00e9rience de perte d\u2019aisance, d\u2019\u00e9vidence, si ce n\u2019est de sens, \u00e0 s\u2019investir soi et \u00e0 investir les autres, l\u2019attraction cons\u00e9quente pour la d\u00e9liaison, la conviction qu\u2019il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 se retirer, pour ne plus penser, ne plus ressentir, tout cela peut amplement soutenir des modalit\u00e9s de fonctionnement psychique que l\u2019on souhaite, comme th\u00e9rapeute, tout \u00e0 la fois endiguer mais dont on ne peut forcer la liaison restauratrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, oui, l\u2019analyste veille \u00e0 ne pas menacer, \u00e0 ne pas engendrer plus de douleur qu\u2019il n\u2019est supportable pour l\u2019appareil psychique dont le moindre mouvement confronte parfois \u00e0 l\u2019angoisse. Veillant \u00e0 n\u2019\u00eatre pas tortionnaire, il n\u2019est pas sans courir le risque d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame dans la douleur, lorsqu\u2019il tol\u00e8re une certaine d\u00e9sorganisation de sa propre pens\u00e9e quand les difficult\u00e9s de verbalisation et le fonctionnement en \u00e9clipse du patient marquent de discontinuit\u00e9 les \u00e9changes, lorsqu\u2019il accueille les besoins de r\u00e9assurance voire de toucher de certains patients, lorsqu\u2019il est lui-m\u00eame saisi par d\u2019amples mouvements de d\u00e9couragement et de d\u00e9senchantement, d\u2019impuissance et de culpabilit\u00e9. Me revient alors de temps en temps cette phrase de Friedrich R\u00fcckert que cite Freud en conclusion d\u2019<em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em> (1920)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Ce qu\u2019on ne peut atteindre en volant, il faut l\u2019atteindre en boitant. Boiter, dit l\u2019Ecriture, n\u2019est pas un p\u00e9ch\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Demeure donc solide la conviction que l\u2019entreprise psychoth\u00e9rapique, consciente de ses limites, peut tout \u00e0 fait tenter de travailler avec le vif quand \u0153uvre le mort, et se proposer pour permettre au moi de \u00ab&nbsp;travailler sa disparition&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que de \u00ab&nbsp;travailler \u00e0 sa disparition&nbsp;\u00bb comme le distingue fort justement Pierre Charazac (2009), tentant de contenir les attaques de la vie psychique qui s\u2019allient au d\u00e9sordre du jugement et des processus cognitifs engag\u00e9s par l\u2019atteinte du substrat neuroanatomique, et soutenir la possibilit\u00e9 pour le patient de pouvoir dire \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb jusqu\u2019au bout, malgr\u00e9 tout.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Andreas-Salom\u00e9 L. (1966), <em>Correspondance avec Sigmund Freud<\/em>, Paris, Gallimard, 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>Ansermet F. et Magistretti P. (2004), <em>A chacun son cerveau. Plasticit\u00e9 neuronale et inconscient<\/em>, Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>Caleca C. (2006), \u00ab&nbsp;Cri, langage, affect. Modalit\u00e9s dans le grand \u00e2ge&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019information psychiatrique<\/em>, 82, 5, 389-96.<\/p>\n\n\n\n<p>Caleca C. (2007), \u00ab&nbsp;Modalit\u00e9s de langage dans les d\u00e9mences s\u00e9v\u00e8res et leurs cons\u00e9quences relationnelles&nbsp;\u00bb, <em>G\u00e9rontologie Pratique<\/em>, 187, 12-14.<\/p>\n\n\n\n<p>Caleca C. (2010), \u00ab&nbsp;Le narcissisme \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la d\u00e9mence&nbsp;\u00bb, <em>Psychologie Clinique<\/em>, 1, 29, 111-118.<\/p>\n\n\n\n<p>Caleca C. (2012), \u00ab&nbsp;Psychoth\u00e9rapie individuelle de l\u2019adulte \u00e2g\u00e9 pr\u00e9sentant des troubles d\u00e9mentiels&nbsp;\u00bb, in Verdon Beno\u00eet (dir.), <em>Cliniques du sujet \u00e2g\u00e9. Pratiques psychologiques<\/em>, Paris, Armand Colin, 165-185.<\/p>\n\n\n\n<p>Charazac P. (1998), <em>Psychoth\u00e9rapie du patient \u00e2g\u00e9 et de sa famille Paris<\/em>, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Charazac P. (2001), <em>Introduction aux soins g\u00e9ronto-psychiatriques<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Charazac P. (2009), <em>Soigner la maladie d\u2019Alzheimer<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Charazac P. (2011), <em>L\u2019aide-m\u00e9moire de psychog\u00e9riatrie<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Duras M. (1985), <em>La douleur<\/em>, Paris, P.O.L.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1920), <em>Au del\u00e0 du principe de plaisir, \u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, XV, Paris, PUF, 273-338.<\/p>\n\n\n\n<p>Georgieff N. (2007), \u00ab&nbsp;Neurosciences en psychopathologie&nbsp;: une psychopathologie plurielle&nbsp;\u00bb, in Roussillon R. (Ed), <em>Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, Paris, Masson, 503-547.<\/p>\n\n\n\n<p>Maisondieu J. (1989), <em>Le cr\u00e9puscule de la raison<\/em>, Paris, Bayard, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p>Mure-Petitjean C., Le Dastumer B., No\u00ebl J.L. et Ankri J. (2007), \u00ab&nbsp;Pourquoi et comment donner une place \u00e0 l\u2019annonce diagnostique d\u2019une maladie neuro-d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative au sein d\u2019une consultation m\u00e9moire&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>G\u00e9rontologie et Soci\u00e9t\u00e9<\/em>, 121, 145-162.<\/p>\n\n\n\n<p>Oppenheim-Gluckman H. (2005), <em>La pens\u00e9e naufrag\u00e9e. Clinique psychopathologique des patients c\u00e9r\u00e9bro-l\u00e9s\u00e9s<\/em>, Paris, Anthropos.<\/p>\n\n\n\n<p>Ouss L., Golse B., Georgieff N., Widl\u00f6cher D. et coll. (2009), <em>Vers une neuropsychanalyse&nbsp;?<\/em>, Paris, Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9ruchon M. (1994), <em>Le d\u00e9clin de la vie psychique<\/em>, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9ruchon M. (2011), <em>La maladie d\u2019Alzheimer entre psychosomatique et neuropsychanalyse. Nouvelles perspectives<\/em>, Paris, Hermann.<\/p>\n\n\n\n<p>Ploton L. (1996), <em>La Maladie d\u2019Alzheimer. \u00c0 l\u2019\u00e9coute d\u2019un langage<\/em>, Lyon, Chronique sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pontalis J.B. (1975), \u00ab&nbsp;A partir du contre-transfert&nbsp;: le mort et le vif entrelac\u00e9s&nbsp;\u00bb, in <em>Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>, Paris, Gallimard, 223-240.<\/p>\n\n\n\n<p>Schur M. (1972), <em>La Mort dans la vie de Freud<\/em>, Paris, Gallimard, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>Verdon B. et coll. (2012), <em>Cliniques du sujet \u00e2g\u00e9. Pratiques psychologiques<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n\n\n\n<p>Verdon B. (2013), <em>Le vieillissement psychique<\/em>, Paris, PUF, coll. Que sais-je&nbsp;?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9544?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Objets inanim\u00e9s, avez-vous donc une \u00e2meQui s\u2019attache \u00e0 notre \u00e2me et la force d\u2019aimer&nbsp;?&nbsp;\u00bb Alphonse de Lamartine Harmonies po\u00e9tiques et religieuses (1830) &nbsp; La sc\u00e8ne se passe dans un service hospitalier comme il en existe tant, un service o\u00f9 vivent&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214],"thematique":[367],"auteur":[1504],"dossier":[2529,761],"mode":[60],"revue":[397,2528],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9544","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","thematique-vieillissement","auteur-benoit-verdon","dossier-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","dossier-la-douleur","mode-payant","revue-397","revue-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9544","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9544"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9544\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22645,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9544\/revisions\/22645"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9544"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9544"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9544"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9544"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9544"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9544"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9544"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9544"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9544"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}