{"id":9539,"date":"2021-08-22T07:30:11","date_gmt":"2021-08-22T05:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-vide-devant-soi-a-partir-de-la-terreur-dexister-2\/"},"modified":"2021-09-20T14:50:29","modified_gmt":"2021-09-20T12:50:29","slug":"le-vide-devant-soi-a-partir-de-la-terreur-dexister","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-vide-devant-soi-a-partir-de-la-terreur-dexister\/","title":{"rendered":"Le vide devant soi. A partir de \u00ab\u00a0La terreur d&rsquo;exister\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab Je me souviens du mal que j\u2019ai eu \u00e0 comprendre ce que voulait dire l\u2019expression sans solution de continuit\u00e9 \u00bb<footer>Georges Perec.<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers l\u2019\u00e9tude des inter-relations pr\u00e9coces et de l\u2019int\u00e9gration d\u00e9faillante d\u2019exp\u00e9riences primitives essentielles pour la structuration du soi, nous pouvons observer comment le trouble central du patient limite se concentre dans l\u2019\u00e9prouv\u00e9 d\u2019un vide interne. Ce vide en soi est moins originaire qu\u2019on a tendance \u00e0 le dire ; le vide originaire est en lui-m\u00eame une terreur obscure et insondable sur laquelle tr\u00e8s vite se greffent de multiples d\u00e9fensive, permettant l\u2019attaque de la pens\u00e9e trop pleine de l\u2019objet d\u2019emprise ou de l\u2019objet d\u00e9faillant et paradoxalement, omnipr\u00e9sent dans son absence. Attaque de la confusion entre le moi, l\u2019objet et la pulsion (et non le fantasme ou le d\u00e9sir) ou mieux la confusion entre le moi, la pulsion et l\u2019imago, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019objet cr\u00e9e par l\u2019identification projective.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette n\u00e9cessaire mais jargonnesque introduction qui manque singuli\u00e8rement de forces \u00e9mtionnelles. Avan\u00e7ons ! Mettre du vide entre soi et l\u2019objet, comme premi\u00e8re fa\u00e7on de mettre de la distance. Mais \u00e0 quel prix, quand \u00e0 l\u2019abri de la d\u00e9pendance derri\u00e8re cet \u00ab \u00e9videment \u00bb, il y a la rencontre avec un fond de solitude absolue\u2026 et qu\u2019\u00ab ainsi na\u00eet la mort de l\u2019\u00e2me, cette enfant esseul\u00e9e, fille de solitude et de d\u00e9sesp\u00e9rance. \u00bb<sup>2<\/sup>. Sensation quasi physique de terreur, bloc d\u2019angoisse concr\u00e8te sans affect et repr\u00e9sentation, plus que sentiment un tant soit peu contenu et \u00e9labor\u00e9 comme le dit magnifiquement M. Little dans cette phrase. Le <em>helplessness<\/em> de Winnicott exprim\u00e9 ici \u00e9voque dans une agonie sans fin, le mouvement du sujet naissant, d\u2019aller \u00e0 la rencontre de quelque chose qui allait exister, puis la chute, et enfin le d\u00e9sespoir d\u2019\u00eatre sans espoir d\u2019\u00eatre secouru\u2026 et aussi l\u2019\u00e9prouv\u00e9 d\u2019un lendemain sans issue. Il fait \u00e9prouver au sujet l\u2019avortement de l\u2019\u00e9veil au monde d\u2019un corps, qui peut voir, entendre, go\u00fbter, sentir, toucher, mais qui ne peut accorder ses sens \u00e0 ce monde environnant et d\u00e9chiffrer sa r\u00e9ponse. L\u2019acquisition d\u2019un sens nouveau qui engloberait tous les sens avorte et laisse le sujet d\u00e9muni quant \u00e0 sa possibilit\u00e9 de contenir et de sortir du chaos sensoriel. Plus qu\u2019une ins\u00e9curit\u00e9, c\u2019est l\u2019avortement du d\u00e9veloppement de ce sens nouveau qui aurait permis une intimit\u00e9 \u2013 affinit\u00e9 \u2013 amiti\u00e9 avec les choses du monde qui marque le <em>helplessness<\/em>. S\u2019il y a des mots que les grammairiens n\u2019ont jamais pu trouver pour exprimer certains affects, certaines r\u00e9alit\u00e9s humaines sont mieux cern\u00e9es dans le rendu de leur \u00e9prouv\u00e9 par la langue anglaise plut\u00f4t que par d\u2019autres langues plus corset\u00e9es, voire camisol\u00e9es, ou gangu\u00e9es de pr\u00e9ciosit\u00e9 : le <em>helplessness<\/em> winnicottien<sup>3<\/sup> (plut\u00f4t que l\u2019<em>Hiflosigkeit<\/em> freudien, la \u00ab terreur sans nom \u00bb de Bion, les angoisses catastrophiques de l\u2019\u00e9tat de non-int\u00e9gration<sup>4<\/sup> d\u2019Esther Bick, le d\u00e9sarroi, la d\u00e9saide, l\u2019impuissance, la d\u00e9solation, le d\u00e9semparement) laisse \u00e9couter le poids et l\u2019\u00e9vanescence de l\u2019oubli et du chagrin. \u00ab Une d\u00e9faite sans avenir \u00bb plus que \u00ab l\u2019effondrement d\u2019un paradis \u00bb disait Rimbaud. Ce \u00e0 quoi aurait r\u00e9pondu dans <em>Gros c\u00e2lin<\/em><sup>5<\/sup> Romain Gary, son compagnon d\u2019infortune \u00ab pr\u00e9natale \u00bb : \u00ab Un avenir, c\u2019est deux avenirs, c\u2019est \u00e9l\u00e9mentaire, \u00e7a s\u2019apprend au berceau, il ne faut pas me faire chier ou je deviendrai vraiment mauvais \u00bb. Un r\u00eave sans illusion, dans une infinie solitude o\u00f9 sans l\u2019autre on verse dans la m\u00e9tamorphose n\u00e9gative. <em>Entwerden<\/em> disait R. Musil<sup>6<\/sup>, c\u2019est-\u00e0-dire litt\u00e9ralement \u00ab cessation du devenir \u00bb, \u00ab d\u00e9vivre \u00bb : \u00ab On ne sais quel rien, une solution de continuit\u00e9 qu\u2019il y avait toujours eu entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, avait disparu. \u00bb Cette sensation brutale de se sentir \u00ab seul au monde \u00bb qui t\u00e9moigne qu\u2019\u00e0 un moment il y a eu d\u00e9sinvestissement, d\u00e9crochage\u2026 qu\u2019un mouvement tendre n\u2019est pas venu au bon <em>timing<\/em>, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, n\u2019a pas pu \u00eatre re\u00e7u\u2026 et n\u2019a pas pans\u00e9 et pens\u00e9 la forme \u00e9trange que le corps en attente de l\u2019enfant prenait. L\u2019enfant souffrirait-il d\u00e9finitivement de cette \u00ab informit\u00e9 \u00bb ? Non si l\u2019on distingue une gradation importante (probl\u00e9matique de perte contre probl\u00e9matique du non advenu.) : l\u2019attente<sup>7<\/sup> non de celui qui n\u2019a plus rien \u00e0 attendre, mais de celui qui n\u2019a rien \u00e0 attendre\u2026 ; l\u2019attente d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e<sup>8<\/sup> de celui qui a connu une exp\u00e9rience accordante avec l\u2019objet (et en a acquis une certaine consistance conscience et connaissance) et l\u2019attente d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de celui qui ne l\u2019a pas connu\u2026, l\u2019attente dans un monde int\u00e9rieur vide ou plein d\u2019un objet interne.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la question de la r\u00e9silience pourrait alors se condenser dans la construction plus ou moins bonne et <em>secure<\/em> d\u2019un monde int\u00e9rieur o\u00f9 le sujet limite habite seul sans objet tuteur. Un monde en grande partie chaotique en \u00e9cho \u00e0 l\u2019absence du monde externe, ou \u00e0 ses soudaines interruptions, qui engendrent un d\u00e9sert affectif qui laisse le sujet seul face \u00e0 ses pulsions\u2026 ses futurs d\u00e9mons, qui vont le hanter en devenant une puissante r\u00e9alit\u00e9 interne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre seul au monde n\u2019est pas la solitude mais l\u2019esseulement<sup>9<\/sup> affirme M. Schneider : \u00ab La solitude est cet \u00e9tat o\u00f9 l\u2019on est sans les autres, certes, mais o\u00f9 l\u2019on se tient compagnie. Esseulement\u2026 Les temps o\u00f9, que je sois seul ou en compagnie, o\u00f9 ma propre compagnie me manque, les moments o\u00f9 le \u201cquelqu\u2019un qui manque\u201d n\u2019est pas tant l\u2019autre que moi-m\u00eame. \u00bb On se manque et on se sent en trop : \u00ab J\u2019\u00e9prouvais un surplus de moi-m\u00eame pour cause d\u2019absence et de z\u00e9ro, dont seule la tendresse et une douce \u00e9treinte pouvaient me d\u00e9barrasser. Lorsqu\u2019on tend au z\u00e9ro, on se sent de plus en plus, et pas de moins en moins. Moins on existe et plus on est de trop (\u2026) on a envie d\u2019essuyer tout \u00e7a, de passer l\u2019\u00e9ponge.\u202f<sup>10<\/sup> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, le sujet \u00e9prouve beaucoup de peine ou endure de rester seul avec lui-m\u00eame. Soit qu\u2019il n\u2019aime plus sa compagnie depuis longtemps, qu\u2019il implore la gr\u00e2ce d\u2019une tr\u00eave d\u2019avec lui-m\u00eame que pourrait lui prodiguer une rencontre chaleureuse, \u2026 et alors la tentation de se supprimer est grande. Soit le sujet reste seul dans une absence \u00e0 lui-m\u00eame qui t\u00e9moigne d\u2019un processus de clivage du moi par lequel il s\u2019est retranch\u00e9 ou amput\u00e9. Ainsi de ne pouvoir attendre ind\u00e9finiment, l\u2019imminence d\u2019un \u00e9v\u00e8nement signifiant (une r\u00e9v\u00e9lation-repr\u00e9sentation) qui ne se produit pas, l\u2019\u00e9lan de la qu\u00eate retombant, advient la solution du vide autog\u00e9n\u00e9r\u00e9 qui vient doubler l\u2019abandon et litt\u00e9ralement s\u2019y substituer, et devenir le plus fid\u00e8le compagnon de la solitude. Ce vide qui apr\u00e8s avoir \u00ab tamponn\u00e9 \u00bb le monde, se retourne contre l\u2019objet le d\u00e9forme monstrueusement, cr\u00e9e les formes oniriques monstrueuses de l\u2019angoisse d\u2019esseulement, avant que d\u2019entamer un processus d\u2019effacement du soi. Processus terminal r\u00e9parateur : le v\u00e9cu monstrueux (monstre au sens de montre\u2026 celui qui est montr\u00e9 du doigt) oblige l\u2019autre \u00e0 la perception et \u00e0 la vigilance, mais enclenche un \u00e9prouv\u00e9 parano\u00efaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Schneider<sup>11<\/sup> (\u00e0 qui l\u2019on doit un subtil et po\u00e9tique texte sur Marylin Monroe<sup>12<\/sup>) a vu se confirmer ses intuitions avec la publication r\u00e9cente des \u00ab fragments \u00bb de son h\u00e9ro\u00efne, celle-l\u00e0 m\u00eame qui posait des questions au monde, sur \u00ab la d\u00e9tresse implacable \u00bb en tant disait-elle que \u00ab membre de haut rang des <em>borderlines<\/em> anonymes \u00bb. Ecoutons-l\u00e0 apr\u00e8s ne l\u2019avoir que simplement vue (m\u00eame pas per\u00e7ue ) comme une ravissante idiote. \u00ab C\u2019est calme maintenant et le silence est seul except\u00e9 le grondement de tonnerre des choses inconnues (\u2026) et sauf des cris per\u00e7ants et le murmure des choses, et les bruits aigus et soudain \u00e9touff\u00e9s en g\u00e9missements, au-del\u00e0 de la tristesse-terreur, au-del\u00e0 de la peur (\u2026) Tu dois souffrir de la perte de ton or sombre quand ta couverture de feuilles d\u00e9j\u00e0 mortes te quitte (\u2026) solitude sois calme. \u00bb. Et plus loin : \u00ab plus jamais une petite fille seule et terroris\u00e9e. Souviens-toi que tu peux \u00eatre artiste au sommet du monde (on ne dirait pas). \u00bb Nous rajouterons donc \u00e0 cette d\u00e9finition de l\u2019esseulement : l\u2019absence \u00e0 soi-m\u00eame en miroir de l\u2019absence de l\u2019autre\u2026 Et aussi l\u2019absence de quelque chose qui serait sa propre substance, plus que l\u2019absence de quelqu\u2019un : \u00ab Une inconcevable terreur sans pens\u00e9e o\u00f9 la chair se retire. \u00bb<sup>13<\/sup> ; un \u00e9parpillonnement de la mati\u00e8re vivante en \u00e9cho lointain de la chair maternelle qui s\u2019est retir\u00e9e ou d\u00e9rob\u00e9e, laissant l\u2019enfant en proie \u00e0 un bouillonnement d\u2019affects, sans repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette sensation aussi et enfin, que le r\u00e9el, c\u2019est-\u00e0-dire la r\u00e9alit\u00e9 subie et non distill\u00e9e, non tamis\u00e9e par l\u2019environnement, fait effraction dans le corps et la psych\u00e9 de l\u2019enfant qui pour parer \u00e0 l\u2019\u00e9rosion de soi s\u2019anesth\u00e9sie de vide. Car la r\u00e9alit\u00e9 subie dans la chambre des \u00e9chos et des miroirs pleine de silences et de bruits, qu\u2019est pour lui le monde, est toujours absurde, car incompr\u00e9hensible pour l\u2019enfant immature, et toujours violente car impr\u00e9visible. Elle peut m\u00eame finir de ce fait par devenir abstraite, et c\u2019est le refuge r\u00e9gressif, le d\u00e9sinvestissement, la d\u00e9fense par insensibilit\u00e9, voire la d\u00e9mentalisation qui peut devenir la (sa) r\u00e9alit\u00e9 : un ressort se casse, un \u00e9lastique se d\u00e9tache.<\/p>\n\n\n\n<p>En clinique, ce d\u00e9saveu d\u2019une capacit\u00e9 r\u00e9flexive, et non cette d\u00e9mentalisation, ne ressemble pas \u00e0 une idiotie cognitive et encore moins affective. Le visage du sujet t\u00e9moigne d\u2019une d\u00e9tresse dans une profonde solitude, qui ne comprend pas, litt\u00e9ralement ne comprend pas ce qu\u2019on lui veut aujourd\u2019hui encore\u2026 en regard de la violence d\u2019un monde ancien o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 son <em>advenir.<\/em> Si l\u2019on insiste un peu pour tenter de vaincre cette d\u00e9fense, le sujet glisse alors avec un tel calme jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame tension, comme si ces deux r\u00e9gisseurs \u00e9motifs \u00e9taient contigus ou superpos\u00e9s, qu\u2019on ne sait pas s\u2019il va fondre en larmes ou nous sauter dessus. C\u2019est l\u00e0 un point d\u2019importance dans l\u2019observation psychopathologique que l\u2019on ne saurait n\u00e9gliger : ce point de tension entre le besoin de s\u2019enfouir dans l\u2019objet et celui de s\u2019enfuir de la relation terrorisante par le passage \u00e0 l\u2019acte destructeur. Ainsi ce d\u00e9saveu reste de l\u2019ordre du repli, voire du retrait, mais l\u2019appareil psychique n\u2019est pas verrouill\u00e9 par un n\u00e9gativisme psychotique. Le sujet limite contrairement au sujet psychotique ne revit pas l\u2019effondrement mais fr\u00f4le \u00e0 nouveau et it\u00e9rativement la catastrophe. D. Anzieu<sup>14<\/sup> : \u00ab Il faut que le catastroph\u00e9 ne soit pas trop catastroph\u00e9 pour se rendre compte qu\u2019il est catastroph\u00e9 (\u2026) fr\u00f4ler une catastrophe c\u2019est flirter avec elle, l\u2019attirer, chercher \u00e0 la s\u00e9duire et au moment o\u00f9 elle est sur le point de se produire, le sujet s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il n\u2019a pas pris les pr\u00e9cautions pr\u00e9servatrices n\u00e9cessaires pour la chose en question. \u00bb Cette phrase ne r\u00e9sonne-t-elle pas avec les innombrables situations cliniques o\u00f9 le sujet limite adopte iterativement les m\u00eams conduites \u00e0 risque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi dans le <em>helplessness<\/em>, il y a tout le vide d\u2019une \u00e9ternit\u00e9 sans l\u2019objet, mais aussi toute la qu\u00eate pour retrouver le monde unifiant de la chair. Et nous pensons que ce vide participe \u00e0 l\u2019hyper-sensibilit\u00e9 du patient qui conditionne sa cr\u00e9ativit\u00e9 ou sa destructivit\u00e9 dans l\u2019aveuglement. Ce vide, ce contenu paradoxal, en qu\u00eate d\u2019une pl\u00e9nitude est une aspiration intense \u00e0 \u00eatre qui oblige le sujet \u00e0 cr\u00e9er un substitut aux fonctions contenantes et accordantes d\u00e9faillantes de l\u2019objet, dans une puissance d\u2019exister, o\u00f9 l\u2019aspire dans un trou noir de destructivit\u00e9 dans une terreur d\u2019exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien \u00e9videmment les repr\u00e9sentations que nous proposons ici, sont ce que nous \u00e9voquent des patients adolescents lorsqu\u2019ils ont \u00e0 re-vivre des exp\u00e9riences physiques d\u2019abandon et tout particuli\u00e8rement lors de d\u00e9ceptions sentimentales, ce si fr\u00e9quent facteur de d\u00e9compensation. On ne dira jamais assez l\u2019importance pour l\u2019adolescent, en proie aux m\u00e9tamorphoses pubertaires et qui peut revivre des exp\u00e9riences archa\u00efques d\u2019abandon et d\u2019absence \u00e0 soi, de la premi\u00e8re rencontre amoureuse, seconde rencontre avec un corps qui peut le relier enfin, pulsionnellement et charnellement au monde. Les v\u00e9cus abandonniques observ\u00e9s lors des ruptures sentimentales sont en effet des moments aigus de reviviscence du <em>helplessness<\/em> o\u00f9 le sujet est an\u00e9anti affectivement et appara\u00eet aussi d\u00e9sarm\u00e9 qu\u2019au premier jour, qu\u2019il faut accompagner comme pour mieux les f\u00e9conder. Comme le souligne A. Rojas Urrego<sup>15<\/sup> : \u00ab Certes le besoin d\u2019\u00eatre aim\u00e9 est notre lot \u00e0 tous, mais l\u2019amour peut devenir parfois la promesse d\u2019une r\u00e9paration pour ceux chez lesquels l\u2019<em>Higlosigkeit<\/em> du d\u00e9part est rest\u00e9 sans r\u00e9ponse\u2026 ils chercheront d\u00e9sormais la r\u00e9ponse si esp\u00e9r\u00e9e dans l\u2019illusion et la passion amoureuses (\u2026) une illusion qui se r\u00e9aliserait un jour et mettrait fin \u00e0 une attente interminable (\u2026) il y a l\u00e0 comme une sorte de promesse\u2026 o\u00f9 le sujet ne saurait dire qui le lui a promis, ni quand, ni pour quel jour (\u2026), mais le sujet a pourtant la certitude d\u2019une r\u00e9ponse qui doit arriver du dehors. Depuis lors, il attend, quelqu\u2019un viendrait l\u00e0 o\u00f9 il attend et se mettrait \u00e0 sa port\u00e9e. Il saurait alors l\u2019inventer et s\u2019inventer. Il pourrait tout d\u00e9faire et tout recommencer. Le monde pourrait enfin \u00eatre trouv\u00e9 et cr\u00e9e, sans cesse recr\u00e9e (D.W.). Il aurait alors la certitude de sa propre existence. \u00bb Mais quand l\u2019intense besoin d\u2019amour prend cette couleur passionnelle, l\u2019union pr\u00e9sente se nourrit du pass\u00e9 carenciel et appelle la mort, \u2026 le d\u00e9sir de meurtre ou de suicide.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e9rit\u00e9 des dires de ces adolescents, non historique mais narrative. V\u00e9rit\u00e9 des sujets non domin\u00e9s par leur pass\u00e9 mais par les images fragment\u00e9es de leur pass\u00e9 mosa\u00efque. C\u2019est le tohu-bohu de l\u2019histoire qu\u2019ils se racontent et nous racontent pour moins nous expliquer, que pour tenter de rassembler les morceaux \u00e9pars mais terriblement vivants d\u2019eux-m\u00eames, pour parvenir un peu \u00e0 se ressembler et \u00e0 consoler le d\u00e9lire de chagrin qui les envahit. Delirium qui ne fonctionne pas comme support d\u2019une histoire de soi parce que son flux est celui du bouillonnement de larmes sans parole et de terreur sans nom. Une histoire qui suffoque, s\u2019\u00e9touffe d\u2019elle-m\u00eame, un enfant sans parole int\u00e9rieure et qui comble son vide en colorant sa vie de drame pour qu\u2019elle ait une intensit\u00e9 et un int\u00e9r\u00eat, en s\u2019inventant des personnalit\u00e9s multiples par besoin irr\u00e9pressible de sortir de sa propre vie et de vivre une vie diff\u00e9rente, d\u2019\u00eatre le centre d\u2019une attention. Mentalisation productive et dispers\u00e9e et non d\u00e9faut de mentalisation. Mentalisation vici\u00e9e pour combler un vide avec laquelle il faudra s\u2019accorder et non m\u00e9priser. Mentalisation cribl\u00e9e source dans les bons cas, malheureusement rares, d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 dans une puissance dionysiaque d\u2019exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voulons souligner que la psychopathologie et la clinique de ces patients sont limite entre une r\u00e9ponse \u00e0 une probl\u00e9matique de l\u2019objet perdu (quelque chose a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 puis enlev\u00e9) et une probl\u00e9matique d\u2019un non-advenu par absence de l\u2019objet (quelque chose n\u2019a pas eu lieu d\u2019\u00eatre). Les m\u00e8res des sujets limite ont souvent souffert de pathologies psychiatriques av\u00e9r\u00e9es y compris limite, \u00e0 l\u2019origine d\u2019une d\u00e9tresse emp\u00eachant la pr\u00e9occupation maternelle primaire de s\u2019exercer suffisamment bien\u2026 soit que le ralentissement ou le d\u00e9sordre psychique op\u00e9r\u00e9 par le trouble mental dont elles ont souffert a alt\u00e9r\u00e9 la qualit\u00e9 de la r\u00e9ponse maternelle aux sollicitations de l\u2019enfant\u2026 soit que la folie maternelle \u00ab physiologique \u00bb ait \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par le trouble dans une folie passionnelle o\u00f9 l\u2019exacerbation de l\u2019investissement en emprise est moins mue par un d\u00e9sir que par un besoin<sup>16<\/sup>. Cette angoisse ant\u00e9rieure de la m\u00e8re (toute la dimension transg\u00e9n\u00e9rationnelle serait \u00e0 d\u00e9velopper ici) devenue m\u00e9dium de l\u2019attachement (en lieu et place de l\u2019Eros) est \u00e9videmment per\u00e7ue par l\u2019enfant et s\u2019imprime dans son corps et sa psych\u00e9. Surtout ce sont possiblement les variations d\u2019humeur et de comportement maternel\u2026 une sur-r\u00e9ponse puis un l\u00e2chage inexplicable qui participent peut-\u00eatre le plus \u00e0 la gen\u00e8se du trouble limite chez le sujet. Nous en voulons pour preuve dans la clinique, les moments aigus \u00ab parapsychotiques \u00bb ou le sujet, dans une proximit\u00e9 ou un v\u00e9cu de s\u00e9paration d\u2019avec l\u2019objet, manifeste ce qu\u2019il subit, comme un renversement du familier en inqui\u00e9tant dans une r\u00e9action de haine \u00e0 la mesure de son amour et de son attachement \u00e0 l\u2019objet. Cette inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 na\u00eet du sentiment du l\u00e2chage massif, brutal de la part d\u2019un objet qui \u00e9tait quelque temps auparavant dans l\u2019effusion affective passionnelle, t\u00e9moin de l\u2019indiff\u00e9renciation. S. Freud<sup>17<\/sup> le rappelait dans une lettre \u00e0 Fliess\u2026 : \u00ab Quand les m\u00e8res vacillent, elles qui sont les seules \u00e0 se tenir entre nous et la dissolution. \u00bb Cette dissolution du soi est un autre terme pour le v\u00e9cu de n\u00e9antisation ou d\u2019annihilation.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre exemple clinique est l\u2019alternance de ces moments de vide et d\u2019ind\u00e9termination avec ceux d\u2019une pl\u00e9nitude de l\u2019existence. Mais cet effet <em>on-off<\/em> de la pr\u00e9sence maternelle est encore trop m\u00e9canique, il est probable que l\u2019engagement maternel se renverse, bouillonne ou se dissout dans certaines sollicitations affectives r\u00e9sonnantes, \u00e0 une certaine proximit\u00e9, \u00e0 un certain degr\u00e9 d\u2019humeur, quand un certain rythme s\u2019est engag\u00e9. Cette seconde option est \u00e9videmment sous-tendue par la clinique des \u00e9tats aigus chez ces patients qui nous font ressentir le m\u00eame d\u00e9roul\u00e9 d\u2019un sc\u00e9nario d\u2019excitation et de d\u00e9ception ant\u00e9rieurs\u2026 infiniment r\u00e9p\u00e9t\u00e9\u2026 une absence d\u2019histoire\u2026 sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi pour l\u2019enfant dans la chambre des \u00e9chos et des miroirs, l\u2019<em>helplessness<\/em> ne serait donc pas : quelque chose n\u2019a pas eu lieu d\u2019\u00eatre ou quelque chose m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 ou r\u00e9pondu puis repris ou devenu silencieux. Mais plut\u00f4t : quelque chose \u00e9tait en train d\u2019arriver\u2026 quelque chose allait arriver c\u2019est s\u00fbr\u2026 je l\u2019attendais, je me pr\u00e9parais, il se passait d\u00e9j\u00e0 dans cette attente et dans cette pr\u00e9paration des choses en moi\u2026 et il n\u2019arrivait pas\u2026 et en m\u00eame temps \u00e7a n\u2019arr\u00eatait pas de vouloir arriver jusqu\u2019\u00e0 ce que \u00e7a en devienne mena\u00e7ant. Aussi quelque chose s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9 en moi, sans que rien ne se soit pass\u00e9 ! Aussi me voil\u00e0 confront\u00e9 \u00e0 cette angoisse singuli\u00e8re g\u00e9n\u00e9r\u00e9e non par un sentiment d\u2019injustice\u2026 mais par l\u2019absurde. Et rien n\u2019est plus effrayant que l\u2019absurde qui cr\u00e9e progressivement les sentiments de futilit\u00e9, de d\u00e9risoire, d\u2019inutilit\u00e9. Poussant plus avant ce raisonnement on peut entrevoir la n\u00e9cessit\u00e9 pour le sujet limite de d\u00e9velopper son imaginaire \u00e0 partir de sa d\u00e9tresse corporelle et de sa chair excit\u00e9e pour combler le trou de ce qui commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre et \u00e0 advenir en lui. L\u2019imaginaire n\u2019est evidemment pas r\u00e9ductible \u00e0 la capacit\u00e9 r\u00e9flexive de Fonagy, et l\u2019impact en termes de r\u00e9silience de ce comblement du vide interne par l\u2019imaginaire est une vue \u00e9troite\u2026 Il est surtout question de survie et de transcendance dans le d\u00e9veloppement d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 adoss\u00e9e au n\u00e9ant (<em>cum-nihilo<\/em>). \u00ab La peur abjecte et l\u2019horreur sont des \u00e9tats de parfaite lucidit\u00e9, avec prise de conscience objective de l\u2019existoir. La confusion psychique totale t\u00e9moigne d\u2019un jugement parfaitement juste de l\u2019\u00e9tat des choses. L\u2019angoisse doit \u00eatre \u00e0 tout prix encourag\u00e9e d\u00e8s les pr\u00e9matur\u00e9s dans un but de naissance. On peut na\u00eetre de peur c\u2019est bien connu (\u2026) apr\u00e8s on n\u2019essaye pas de r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes, mais de vivre avec eux, d\u2019apprendre \u00e0 les tol\u00e9rer, \u00e0 leur sourire en quelque sorte. On apprend \u00e0 transcender voil\u00e0. \u00bb<sup>18<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Transcender et non pas pauvrement sublimer : \u00ab Faire un enfant d\u2019\u00e2me \u00bb \u00e0 une m\u00e8re ralentie qui se refuse ou se donne et se d\u00e9robe comme le disait Henri Michaux. \u00ab Puis parler, vite, des mots, comme l\u2019enfant qui se met en plusieurs, deux, trois, pour \u00eatre ensemble dans la nuit<sup>19<\/sup> \u00bb disait Beckett dans son phras\u00e9 si particulier qui disait la crainte de l\u2019effondrement et l\u2019avidit\u00e9 de l\u2019attente.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Maurice Corcos, <em>La terreur d\u2019exister<\/em>, Dunod, 2<sup>\u00e8me<\/sup> Ed. 2011.<\/li><li>M. Little.<\/li><li>E.M Cioran et S. Beckett (Cahiers de l\u2019Herne. S. Beckett. Livre de poche. Biblio Essais- 4034. 1976. page 47) connurent une nuit m\u00e9morable de discussions sans fin autour de la traduction fran\u00e7aise appropri\u00e9e du mot lessness, vocable forg\u00e9 par Beckett et qui devint le titre d\u2019un de ses textes traduit par Sans : \u00ab nous avions envisag\u00e9 ensemble toutes les formes possibles sugg\u00e9r\u00e9es par sans et moindre. Aucune ne nous avait paru approcher de l\u2019in\u00e9puisable lessness, m\u00e9lange de privation et d\u2019infini, vacuit\u00e9, synonyme d\u2019apoth\u00e9ose. J\u2019\u00e9crivis le lendemain \u00e0 Beckett que sin\u00e9it\u00e9 (du latin sine) me semblait le mot r\u00eav\u00e9. Il me r\u00e9pondit qu\u2019il y avait pens\u00e9 (\u2026) nous tomb\u00e2mes d\u2019accord\u2026, il n\u2019y avait pas de substantif capable d\u2019exprimer l\u2019absence en soi, l\u2019absence \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur, et qu\u2019il fallait se r\u00e9signer \u00e0 la mis\u00e8re m\u00e9taphysique d\u2019une pr\u00e9position \u00bb. S. Beckett qui fut analys\u00e9 par Bion, avait probablement lu et Freud et Winicott quand il forgea pour ce texte les vocables lessness en anglais et Losigkeit en allemand.<\/li><li>\u00ab \u00e0 distinguer de la r\u00e9gression, impliquant les types les plus fondamentaux de non-int\u00e9gration partielle ou totale (c\u2019est nous qui soulignons) du corps, de posture, de mobilit\u00e9 et des fonctions mentales \u00bb. in \u00ab Les \u00e9crits de Marta Harris et d\u2019Esther Bick. 1967. Editions du Hublot. Coll. Tavistock clinic. 1984.<\/li><li>Folio Gallimard n\u00b0906, 1974, page 187.<\/li><li>R. Musil, <em>L\u2019Homme sans qualit\u00e9s<\/em>, t. II, p. 102, Paris, Le Seuil, coll. \u00ab Point-romans \u00bb, 1956.<\/li><li>D. Anzieu. Beckett. Ibid op. cit\u00e9.<\/li><li>Mot valise de Samuel Beckett (\u00ab comment c\u2019est \u00bb page 153) repris par D. Anzieu\u2026 qui signifie \u00ab perdre son appartenance \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine \u00bb. L\u2019\u00e9tymologie latine de exp\u00e9rimenter est \u00ab se d\u00e9gager de la mort. \u00bb L\u2019accordage, tuteur apaisant et messager m\u00e8re-enfant permet l\u2019humanisation et l\u2019\u00e9vitement de la confrontation dans l\u2019informe au \u00a7 chaos.<\/li><li>Michel Schneider, <em>Glenn Gould piano solo, Aria et trente variations<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Folio \u00bb, 1988, p. 30.<\/li><li>R. Gary, Gros c\u00e2lin. ibid op. cit\u00e9.<\/li><li>Michel Schneider. Ibid op.cit\u00e9.<\/li><li>\u00ab Marylin derni\u00e8res s\u00e9ances \u00bb. Roman Grasset 2006.<\/li><li>Pierre Michon.<\/li><li>Beckett. Folio Gallimard Essais. 1998. Page 83.<\/li><li>\u00ab \u00c0 la recherche du temps manqu\u00e9 \u00bb. Colloque Babel, <em>L\u2019amour en soi<\/em>, d\u00e9c. 2008.<\/li><li>Trois illustrations cin\u00e9matographiques : \u00ab De l\u2019influence des rayons gama sur le comportement des marguerites \u00bb de Paul Newman, \u00ab The Hours \u00bb de Stephen Daldry.<\/li><li>\u00ab Lettres \u00e0 Wilhem Fliess 1887-1904 \u00bb. <em>\u00c9tude compl\u00e8te<\/em>, Paris, PUF, 1985.<\/li><li>Romain Gary, Gros c\u00e2lin. ibid op.cit\u00e9.<\/li><li>S. Beckett, <em>Fin de partie<\/em>, \u00c9ditions de Minuit, 1957.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9539?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Je me souviens du mal que j\u2019ai eu \u00e0 comprendre ce que voulait dire l\u2019expression sans solution de continuit\u00e9 \u00bb Georges Perec. &nbsp; \u00c0 travers l\u2019\u00e9tude des inter-relations pr\u00e9coces et de l\u2019int\u00e9gration d\u00e9faillante d\u2019exp\u00e9riences primitives essentielles pour la structuration&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[832],"auteur":[1372],"dossier":[833],"mode":[60],"revue":[834],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9539","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-etat-limites","auteur-maurice-corcos","dossier-actualites-des-etats-limites","mode-payant","revue-834","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9539","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9539"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9539\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14612,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9539\/revisions\/14612"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9539"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9539"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9539"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9539"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9539"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9539"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9539"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9539"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9539"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}