{"id":9535,"date":"2021-08-22T07:30:11","date_gmt":"2021-08-22T05:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/rencontre-avec-andre-green-2\/"},"modified":"2021-09-23T20:10:19","modified_gmt":"2021-09-23T18:10:19","slug":"rencontre-avec-andre-green","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/rencontre-avec-andre-green\/","title":{"rendered":"Rencontre avec Andr\u00e9 Green"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u201cLe positif nous est donn\u00e9 d\u00e8s la naissance, le n\u00e9gatif, c\u2019est \u00e0 nous de le faire\u201d<footer>Kafka, <em>Journal<\/em>, Livre de poche, 1998.<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de cette journ\u00e9e est \u201cD\u00e9pression du b\u00e9b\u00e9 et d\u00e9pression de l\u2019adolescent\u201d. Je remarque que dans le titre il n\u2019y a pas de \u201cS\u201d \u00e0 d\u00e9pression, alors qu\u2019il appara\u00eet \u00e9vident qu\u2019il y a des d\u00e9pressions du b\u00e9b\u00e9 et des d\u00e9pressions de l\u2019adolescent, ne serait-ce que parce qu\u2019il y a des configurations g\u00e9n\u00e9tico-d\u00e9veloppementales, des psychopathologies parentales et des interrelations pr\u00e9coces tr\u00e8s diff\u00e9rentes. En m\u00eame temps la question de l\u2019unit\u00e9 des d\u00e9pressions reste en d\u00e9bat et ce sera justement l\u2019axe d\u2019intervention d\u2019Andr\u00e9 Green.<\/p>\n\n\n\n<p>A. La contribution de Andr\u00e9 Green \u00e0 cette vaste question est, vous le savez, \u00e9videmment d\u2019importance. Je ne peux \u00e9voquer tous les apports de ses th\u00e9orisations sur le sujet, je me contenterai d\u2019en rappeler quelques-unes, en tirant le fil de ce que j\u2019appellerais \u201cla lign\u00e9e n\u00e9gative, la lign\u00e9e blanche\u201dque l\u2019on retrouve tout particuli\u00e8rement dans son livre <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>&nbsp;: le travail du n\u00e9gatif, l\u2019hallucination n\u00e9gative, et bien s\u00fbr le concept de la \u201cm\u00e8re morte\u201d. Il me semble qu\u2019on ne peut comprendre et soigner, sans l\u2019\u00e9clairage de ces apports th\u00e9oriques, ce qui se rencontre aujourd\u2019hui le plus fr\u00e9quemment en clinique quotidienne \u00e0 savoir, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s d\u00e9pressives, d\u00e9pressivit\u00e9s, menaces d\u00e9pressives, d\u00e9pressions anaclinique d\u2019abandon et m\u00e9lancoliforme chez le sujet &#8211; cas fonctionnement limite \u00e0 l\u2019adolescence, et les structures n\u00e9vrotiques pr\u00e9caires, et au del\u00e0 dans toutes les pathologies de l\u2019identification et tous les climats psychopathologiques passionnels que son livre <em>La folie priv\u00e9e<\/em> a contribu\u00e9 \u00e0 comprendre. Ces vuln\u00e9rabilit\u00e9s d\u00e9pressives, \u00e9tant elles-m\u00eames des \u201cventres mous\u201d aux somatisations, qui adviennent lors de l\u2019\u00e9volution, au d\u00e9cours d\u2019une phrase de d\u00e9pression essentielle. Cette d\u00e9pression essentielle est-elle originairement pr\u00e9sente, et ne se r\u00e9v\u00e8le-elle qu\u2019apr\u00e8s \u00e9puisement des d\u00e9fenses psychiques (d\u00e9ni, clivage, identification projective, retournement contraire) et corporelles-comportementales (addictions\u2026) mises en \u0153uvre par le sujet pour la contenir&nbsp;? Telle sera aussi la question d\u00e9velopp\u00e9e par Andr\u00e9 Green<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais donc souligner ne serait-ce qu\u2019un point concernant la d\u00e9pression de la <em>m\u00e8re morte<\/em> si fr\u00e9quente en clinique de la d\u00e9pression de l\u2019enfant, de l\u2019adolescent et aussi de l\u2019adulte<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Green d\u00e9veloppe sa repr\u00e9sentation du processus qui advient lorsqu\u2019une m\u00e8re vivante, aimante, se transforme en une m\u00e8re lointaine, atone, inanim\u00e9e psychiquement, inanimable\u2026 au del\u00e0 du r\u00e9parable&nbsp;: une relation m\u00e8re-enfant ass\u00e9ch\u00e9e, d\u00e9libidinalis\u00e9e, d\u00e9s\u00e9rotis\u00e9e voire d\u00e9corpor\u00e9is\u00e9e du d\u00e9sinvestissement de l\u2019objet, jusqu\u2019\u00e0 ce que s\u2019installe chez lui une d\u00e9pressivit\u00e9 masqu\u00e9e par une apparence de normalit\u00e9.<br>Pour \u00e9prouver et saisir cet affect d\u00e9pressif en qu\u00eate d\u2019une repr\u00e9sentation tol\u00e9rable qui envahit son patient, il importe que le psychanalyste pense en position <em>meta<\/em> (survole sa pens\u00e9e\u2026) qu\u2019il ait \u00e0 la fois de la psych\u00e9 de son patient une repr\u00e9sentation de sa repr\u00e9sentation et une repr\u00e9sentation de son absence de repr\u00e9sentation. Alors lui est communiqu\u00e9 plus corporellement et affectivement que psychiquement et verbalement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>la coupure du temps, en ses effets sur la psych\u00e9 de l\u2019enfant&nbsp;: l\u2019installation de \u201cbombes du temps\u201d (bombes enfouies qui \u00e9clateront plus tard), en particulier \u00e0 l\u2019adolescence lors de sollicitations objectales.<\/li><li>le sentiment de rupture de la continuit\u00e9 de la pr\u00e9occupation maternelle primaire, v\u00e9cue comme une absence de soi en miroir de l\u2019absence de l\u2019objet\u2026 dans un v\u00e9cu corporel de l\u2019absence.<\/li><li>l\u2019arr\u00eat dans la mise en place et\/ou le d\u00e9veloppement d\u2019une pens\u00e9e r\u00e9flexive et d\u2019une autoaffectation (\u00eatre affect\u00e9 par les traces de soi vivant libidinalis\u00e9 par l\u2019objet).<\/li><li>moins la qu\u00eate du sens perdu\u2026 que profond\u00e9ment l\u2019\u00e9branlement du sens du fait de la continuit\u00e9 perdue<\/li><li>l\u2019activation du d\u00e9veloppement pr\u00e9coce des capacit\u00e9s fantasmatiques et intellectuelles, jusqu\u2019\u00e0 la passion \u00e9pist\u00e9mologique pour certains. Mais ce d\u00e9veloppement de la recherche se fait \u201cnon dans la libert\u00e9 de jouer\u201d (dans les absences de l\u2019objet qui ne seraient pas des \u00e9clipses, dans des absences de type cach\u00e9-retrouv\u00e9, des absences pas trop longues\u2026), mais dans la contrainte d\u2019imaginer et de penser (ce qui suppose que le trauma a eu lieu alors que l\u2019objet interne n\u2019\u00e9tait pas suffisamment constitu\u00e9) pour surmonter l\u2019angoisse g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la perte.<\/li><li>la trouvaille d\u2019explications, de fables, de rationalisations,\u2026pour \u00e9viter que la peur soit sans objet et ne devienne que la peur d\u2019avoir peur, pour que cesse la question qui je suis&nbsp;? si je ne sais pas qui est l\u2019autre\u2026 pour lui et pour moi&nbsp;: \u201cPar la cr\u00e9ation d\u2019un sein rapport\u00e9, morceau d\u2019\u00e9toffe<sup>2<\/sup> cognitive destin\u00e9 \u00e0 masquer le trou du d\u00e9sinvestissement, tandis que la haine secondaire et l\u2019excitation auto\u00e9rotique fourmillent au bord du gouffre vide\u201d<sup>3<\/sup><\/li><li>l\u2019\u00e9laboration de strat\u00e9gies de d\u00e9fense du moi pour s\u2019essayer \u00e0 tol\u00e9rer cette absence de l\u2019objet&nbsp;: \u201cs\u2019accorder aux rayures de son pelage\u201d dirait encore Henri Michaux.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il me semble et c\u2019est l\u00e0 le point d\u2019importance que je veux souligner avec toutes les dimensions, qu\u2019il n\u2019y a pas de possible perception, affectation, et soins de cette dimension de vuln\u00e9rabilit\u00e9 d\u00e9pressive tapiss\u00e9e d\u2019un courant conformiste chez ces sujets, si, et c\u2019est ce que Andr\u00e9 Green souligne au tout d\u00e9but de son texte, \u201cl\u2019analysant ne retrouve que la m\u00e8re morte dans le transfert et fait une d\u00e9pression de transfert\u201d. L\u2019importance du transfert et du contre-transfert est si primordiale dans l\u2019appr\u00e9hension des sujets limites pour qui l\u2019objet a un r\u00f4le structurant ou d\u00e9sorganisateur, qu\u2019on peut se demander comment certains parviennent \u00e0 l\u2019\u00e9luder dans des approches neurocognitives ou lacaniennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 il me semble au-del\u00e0 des disputes th\u00e9oriques l\u2019incontournable besoin d\u2019une approche qui prenne en compte l\u2019inconscient, c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 travaille la pure subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00eatre, m\u00e9tabolis\u00e9e \u00e0 partir du mixte entre le \u00e7a impersonnel d\u2019o\u00f9 sortira la sexualit\u00e9 infantile et le message de l\u2019autre. Cet inconscient psychologique qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019inconscient cognitif ou neuronal.<\/p>\n\n\n\n<p>B. De mani\u00e8re plus po\u00e9tique et pourtant tout aussi essentielle, Andr\u00e9 Green qui est un amoureux du livre r\u00e9pond \u00e0 la question centrale dans la d\u00e9pression&nbsp;: Quelle est la couleur du deuil&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuil a toujours \u00e9t\u00e9 port\u00e9 en blanc jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019en Espagne on se mette \u00e0 porter du noir et <em>black<\/em>, si proche de <em>blank<\/em>, renvoie \u00e0 un endroit d\u00e9sol\u00e9, triste et livr\u00e9 au vent, nous rappelle Borg\u00e8s. Il me semble que pour Green, cette couleur est comme chez l\u2019un de ses po\u00e8tes admir\u00e9s G\u00e9rard de Nerval\u2026 noire et blanche. D\u2019ailleurs <em>blanco<\/em> en espagnol (\u00e7a c\u2019est pour ses origines maternelles) et <em>blank<\/em> en anglais (\u00e7a c\u2019est pour son tropisme britannique) ont la m\u00eame origine qui veut dire sans couleur. L\u2019id\u00e9e de la mort est li\u00e9e \u00e0 la non couleur\u2026. L\u2019abolition de la r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est l\u2019abolition de ses couleurs\u2026 les couleurs de la vie. On rejoint l\u00e0 ce que Green d\u00e9veloppe magnifiquement dans la \u201cm\u00e8re morte\u201d\u2026 de l\u2019identification blanche de l\u2019enfant au trou de l\u2019absence&nbsp;: et qui m\u2019\u00e9voque ce vers de Paul Eluard&nbsp;: \u201cJe te cherche par-del\u00e0 l\u2019attente, par-del\u00e0 moi-m\u00eame et je ne sais plus tant que je t\u2019aime (l\u2019intensit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9finition dans la confusion c\u2019est nous qui rajoutons) lequel de nous deux est absent\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>C. <em><strong>Les Pulsions de destruction<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alors aujourd\u2019hui encore Andr\u00e9 Green d\u00e9fend avec talent et conviction le concept de pulsion de mort, ou plut\u00f4t des pulsions de destruction (<em>Pourquoi les pulsions de destruction ou de mort&nbsp;?<\/em> Ed. du Panama, 2007), et l\u2019unit\u00e9 originaire des d\u00e9pressions qui renverraient \u00e0 une d\u00e9pression premi\u00e8re essentielle peu ou prou agissante depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00eatre et plus ou moins colmat\u00e9e. Il reste profond\u00e9ment Baudelairien (voir son article in <em>Adolescence entre les pages<\/em>, Editions In Press) et de sa croyance de l\u2019existence en chaque homme d\u2019une double postulation vers le bien et vers le mal\u2026 Ce second \u00e9tant chez lui la destructivit\u00e9 pure de \u201cla b\u00eate assoupie\u201d o\u00f9 se m\u00ealent et se mixent l\u2019exc\u00e8s, la transgression et la d\u00e9charge \u00e0 vide.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, il a conceptualis\u00e9 le narcissisme de mort comme la recherche active du n\u00e9ant qui tiendrait vers le z\u00e9ro nirvanique, une sorte d\u2019auto-an\u00e9antissement, de mort psychique, qui permettrait d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la logique du d\u00e9sespoir&nbsp;; une sorte de \u201c<em>mime-sis<\/em> du non-d\u00e9sir\u201d qui rappelle le \u201cd\u00e9sir de non-d\u00e9sir\u201d de Piera Aulagnier. Il l\u2019oppose \u00e0 un narcissisme positif, de vie, tendant vers l\u2019unit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, pour le dire en d\u2019autres termes, avec Faulkner, entre chagrin et \u00e0 la folie, l\u2019enfer et le n\u00e9ant, personne ne \u201cchoisit\u201d la folie ou le n\u00e9ant. Au pire certains, \u00e0 l\u2019histoire traumatique, lourde, enferm\u00e9s dans le masochisme moral, courtisent le d\u00e9sastre jusqu\u2019au d\u00e9s-\u00eatre pour tenter de sortir de la douleur de n\u2019\u00eatre qu\u2019eux-m\u00eames. La question ne se pose donc pas ontologiquement, existentiel-lement, mais peut-\u00eatre seulement secondairement \u201cphilosophiquement\u201d, et seulement pour certains qui en ont les moyens psychiques. Le go\u00fbt du n\u00e9ant des philosophes, ce n\u2019est toujours que celui d\u2019un \u201cpetit n\u00e9ant personnel\u201d (Sartre). Pourquoi faudrait-il qu\u2019il existe une force agissante de mort et non pas seulement l\u2019effondrement de l\u2019Eros, de la pulsion de vie\u00a0? Gilles Deleuze qui a cru longtemps \u00e0 l\u2019agencement des flux du d\u00e9sir, \u00e9crivait\u00a0: \u201c Y aurait-il un agencement suffisamment tordu, suffisamment monstrueux, pour que l\u2019\u00e9nonc\u00e9 \u201cvive la mort\u201d en fasse pr\u00e9cis\u00e9ment partie et que la mort y soit elle-m\u00eame d\u00e9sir\u00e9e\u00a0? Ou bien n\u2019est-ce pas le contraire d\u2019un agencement, son effondrement, sa faillite\u00a0?\u201d Comment d\u00e9crire en effet un agencement dans lequel \u201cun d\u00e9sir de mort\u201d rencontrerait des conditions possibles de sa mobilisation\u00a0? A moins de consid\u00e9rer que cette pulsion de mort nourrie par une construction psychologique particuli\u00e8re ou une vuln\u00e9rabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tico-biologique singuli\u00e8re, un temp\u00e9rament, sachant que nous ne sommes pas tous \u00e9gaux quant \u00e0 l\u2019impact des facteurs environnementaux sur notre capital g\u00e9nomique\u00a0?<br>L\u00e0 o\u00f9 A. Green marque des points selon moi, c\u2019est lorsqu\u2019il articule ce concept de pulsion de mort avec l\u2019impossibilit\u00e9 de la penser sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019objet, et donc \u00e0 la nature du lien \u00e0 l\u2019objet. Il d\u00e9crit en emportant la conviction (et cela \u00e9voque le processus d\u2019extermination nazi \u00e9voqu\u00e9 par Robert Antelme et Primo Levi) les cas o\u00f9 l\u2019expression de la pulsion d\u2019agression ne para\u00eet pas s\u2019accompagner d\u2019une jouissance. On aurait \u00e0 faire ici avec la destructivit\u00e9 pure, le d\u00e9sinvestissement libidinal de l\u2019objet sur lequel porte l\u2019agression, avec l\u2019absence de r\u00e9action d\u2019identification, donc de lien commun avec l\u2019objet de l\u2019agression par celui qui l\u2019exerce, avec l\u2019insensibilit\u00e9 \u00e0 ce que peut \u00e9prouver l\u2019objet agress\u00e9 plus qu\u2019avec la jouissance de ce qu\u2019il fait. L\u2019autre n\u2019est plus reconnu comme un semblable. Il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 avec indiff\u00e9rence, au point que son meurtre laisse indiff\u00e9rent, et devenir ais\u00e9ment l\u2019objet de n\u2019importe quelle destruction, sans culpabilit\u00e9 et sans plaisir non plus. Il est d\u00e9ni\u00e9 toute humanit\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. C\u2019est l\u2019op\u00e9ration de d\u00e9sobjectalisation qui suppose une fonction d\u00e9sobjectalisante. Cette fonction d\u00e9sobjectalisante qui aurait primitivement touch\u00e9 le sujet en propre, le coupant de lui-m\u00eame, rendant la relation de soi \u00e0 soi inhumain. Cet inhumain qui est toujours et encore de l\u2019humain (Castoriadis).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wrapper-children-grnote wp-block-list\"><li id=\"no1\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Pr\u00e9cisons en effet que les donn\u00e9es \u00e9pist\u00e9-miologiques confirment la continuit\u00e9 et la p\u00e9rennit\u00e9 du trouble d\u00e9pressif de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte dans pr\u00e8s de 70% des cas, et r\u00e9v\u00e8lent que les d\u00e9pressions av\u00e9r\u00e9es des m\u00e8res durant l\u2019enfance des patients limites, sont pr\u00e9sentes dans un tiers des cas. On peut de plus vraisemblablement estimer que bon nombre de d\u00e9pressions colmat\u00e9es par des troubles du comportement ou des organisations caract\u00e9rielles fortement agissantes ne sont pas relev\u00e9es.<\/li><li id=\"no2\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Shakespeare\u2026 l\u2019\u00e9toffe du r\u00eave<\/li><li id=\"no3\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Henri Michaux&nbsp;: \u201cje suis n\u00e9 trou\u00e9\u2026. Il souffle un vent terrible, ce n\u2019est qu\u2019un petit trou dans ma poitrine mais il n\u2019y souffle un vent terrible. Dans trou il y haine (toujours, effroi, et aussi impuissance)\u201d.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9535?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cLe positif nous est donn\u00e9 d\u00e8s la naissance, le n\u00e9gatif, c\u2019est \u00e0 nous de le faire\u201d Kafka, Journal, Livre de poche, 1998. &nbsp; Le th\u00e8me de cette journ\u00e9e est \u201cD\u00e9pression du b\u00e9b\u00e9 et d\u00e9pression de l\u2019adolescent\u201d. 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