{"id":9488,"date":"2021-08-22T07:30:04","date_gmt":"2021-08-22T05:30:04","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-deux-objets-de-la-rencontre-clinique-en-psychotherapie-mediatisee-2\/"},"modified":"2021-10-02T21:18:46","modified_gmt":"2021-10-02T19:18:46","slug":"les-deux-objets-de-la-rencontre-clinique-en-psychotherapie-mediatisee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-deux-objets-de-la-rencontre-clinique-en-psychotherapie-mediatisee\/","title":{"rendered":"Les deux objets de la rencontre clinique en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9ambule<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9flexion renvoie \u00e0 un champ tr\u00e8s actuel de la clinique que l\u2019on pourrait appeler les <em>cliniques de la transitionnalit\u00e9<\/em>. Elles sont issues des travaux de D. W. Winnicott \u00e0 propos des ph\u00e9nom\u00e8nes dits \u00ab&nbsp;transitionnels&nbsp;\u00bb. Ces cliniques de la transitionnalit\u00e9 se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un espace th\u00e9rapeutique de jeu et de l\u2019utilisation d\u2019une m\u00e9diation \u00e0 des fins de symbolisation. On peut y inclure les ateliers th\u00e9rapeutiques en institution (peinture, modelage, jeu, marionnette, musique, vid\u00e9o, photographie, etc.), le psychodrame analytique et les pratiques th\u00e9rapeutiques couramment d\u00e9nomm\u00e9es \u00ab&nbsp;art th\u00e9rapie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la rencontre clinique, la fonction maternelle symbolique du clinicien consiste \u00e0 favoriser un accordage \u00e9motionnel avec le patient pour ouvrir ult\u00e9rieurement sur un acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9. Cette ouverture repose sur la saisie intuitive du patient de sentir affectivement qu\u2019il est bien une personne pour l\u2019autre. Cela est, sans doute, un enjeu essentiel de toute rencontre clinique. Une question qui se pose est de comprendre comment va s\u2019effectuer ce passage d\u2019une situation initiale d\u2019interaction \u00e0 un processus d\u2019intersubjectivit\u00e9 qui vise, au final, \u00e0 un travail d\u2019\u00e9laboration intrapsychique dans la rencontre clinique&nbsp;? Je montrerai que la rencontre clinique en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e s\u2019accomplit sur deux versants compl\u00e9mentaires. En premier lieu, la rencontre utilise un m\u00e9dium mall\u00e9able, une mati\u00e8re \u00e0 symboliser. Or, pour permettre un travail d\u2019appropriation subjective par le patient de ce processus de symbolisation <em>via<\/em> la mati\u00e8re, la pr\u00e9sence du th\u00e9rapeute comme \u00ab&nbsp;miroir-environnement primaire&nbsp;\u00bb puis \u00ab&nbsp;secondaire&nbsp;\u00bb est n\u00e9cessaire. C\u2019est une pr\u00e9sence qui suppose de se laisser absenter du regard du patient, une pr\u00e9sence qui ouvre \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019autre pour le patient comme pour le th\u00e9rapeute. C\u2019est l\u00e0 le second aspect caract\u00e9ristique de la rencontre en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De l\u2019interaction dans la rencontre clinique \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une relation intersubjective<\/h2>\n\n\n\n<p>La reconnaissance d\u2019\u00eatre une personne pour l\u2019autre s\u2019appuie sur le constat que chacun, dans cette situation interpersonnelle, se vit s\u00e9par\u00e9 et diff\u00e9renci\u00e9. Chacun peut se vivre s\u00e9par\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire ni trop pr\u00e8s, ni trop loin, ni d\u00e9sert\u00e9, ni envahi, ni esseul\u00e9, ni fusionn\u00e9. La rencontre clinique est une situation d\u2019interaction au cours de laquelle il importe que se mette en place un ajustement r\u00e9ciproque entre le patient et le th\u00e9rapeute sur la base d\u2019une situation s\u00e9curisante. Selon Brigitte Leroy-Vi\u00e9mon<sup>1<\/sup> la rencontre clinique pourrait \u00eatre d\u00e9finie comme une \u00ab&nbsp;m\u00e9ta-rencontre&nbsp;\u00bb, conceptualisable \u00e0 partir des travaux analytiques de Piera Aulagnier sur <em>l\u2019originaire<\/em> et du <em>concept d\u2019espace thymique<\/em> emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019approche ph\u00e9nom\u00e9nologique de Binswanger. Si l\u2019un ne parvient pas \u00e0 sentir l\u2019autre dans cette zone de contact que constitue la rencontre, il ne peut y avoir promesse d\u2019un \u00e0-venir et la rencontre cesse. Par ailleurs, cette rencontre a lieu dans un espace investi d\u2019une certaine tonalit\u00e9 affective de base selon la qualit\u00e9 de pr\u00e9sence de chacun des protagonistes. L\u2019espace thymique n\u2019est pas un espace neutre et objectif mais color\u00e9 par la pr\u00e9sence de l\u2019autre au monde. La pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019autre et pour l\u2019autre suppose la cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab&nbsp;matrice&nbsp;\u00bb unitaire \u00e0 la fois susceptible de favoriser l\u2019accordance thymique et d\u2019assurer un bon r\u00e9glage de la distance entre soi et l\u2019autre au sein de cette unit\u00e9<sup>2<\/sup>. Il est donc n\u00e9cessaire que se cr\u00e9e un espace s\u00e9curisant pour que se d\u00e9ploie une communication affective entre les deux partenaires qui interagissent. C\u2019est la condition indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9mergence ult\u00e9rieure d\u2019une relation transf\u00e9rentielle. Toutefois, pour Marie-Eva Golder<sup>3<\/sup>, tout semble d\u00e9j\u00e0 se jouer lors du premier entretien clinique pour la mise en place d\u2019une relation transf\u00e9rentielle \u00e0 partir d\u2019un premier regard et d\u2019une premi\u00e8re \u00e9coute. Dans cette perspective, l\u2019accent est mis sur la surprise issue de ce moment d\u2019intense r\u00e9ceptivit\u00e9 affective entre les protagonistes, \u00ab&nbsp;moment sensible&nbsp;\u00bb o\u00f9 l\u2019imaginaire est fortement impliqu\u00e9. Qu\u2019est-ce que ce \u00ab&nbsp;moment sensible&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il s\u2019agirait du moment o\u00f9 va s\u2019inaugurer par le regard puis la parole, le nouage d\u2019un lien transf\u00e9rentiel entre les deux partenaires. Quoiqu\u2019il en soit, pour Leroy-Vi\u00e9mon comme pour Golder, la dimension interactionnelle de la rencontre pr\u00e9pare et vise \u00e0 un travail intrapsychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;devenir sujet&nbsp;\u00bb auquel r\u00e9pond tout projet th\u00e9rapeutique repose sur la capacit\u00e9 de l\u2019individu \u00e0 donner du sens \u00e0 ses exp\u00e9riences v\u00e9cues. Il s\u2019agit d\u2019un processus d\u2019appropriation de son propre v\u00e9cu. Ce processus est qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;subjectivation&nbsp;\u00bb (Bertrand, M., 2005)<sup>4<\/sup>. Or, comme le souligne Ren\u00e9 Roussillon, ce processus d\u2019attribution d\u2019un sens aux exp\u00e9riences \u00e9prouv\u00e9es \u00ab&nbsp;ne va pas de soi&nbsp;\u00bb et proc\u00e8de d\u2019une dynamique psychog\u00e9n\u00e9tique qui s\u2019effectue selon une double division temporelle&nbsp;: le temps de la saisie exp\u00e9rientielle et le temps de la repr\u00e9sentation<sup>5<\/sup>. Pour s\u2019approprier ses diff\u00e9rents \u00e9prouv\u00e9s, il faut se construire une m\u00e9moire (des repr\u00e9sentations) de ceux-ci afin de leur donner sens (donner un sens aux sens). Roussillon, en r\u00e9f\u00e9rence aux travaux d\u2019Andr\u00e9 Green, constate que le temps o\u00f9 une sensation s\u2019\u00e9prouve n\u2019est pas le temps o\u00f9 cette sensation se \u00ab&nbsp;re-pr\u00e9sente&nbsp;\u00bb. Cet \u00e9cart temporel entre sensation et repr\u00e9sentation est \u00ab&nbsp;producteur d\u2019une exigence de travail psychique&nbsp;\u00bb<sup>6<\/sup>. Le concept de \u00ab&nbsp;symbolisation primaire&nbsp;\u00bb (R. Roussillon, 1991, 1998) permet de rendre compte du trajet qui va de la sensation aux deux formes typiques de repr\u00e9sentations rep\u00e9r\u00e9es par la psychanalyse&nbsp;: repr\u00e9sentation de chose (repr\u00e9sentation visuelle) et repr\u00e9sentation langagi\u00e8re (repr\u00e9sentation de mot)<sup>7<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Roussillon<sup>8<\/sup>, les \u00ab&nbsp;rat\u00e9s&nbsp;\u00bb de la symbolisation primaire peuvent amener \u00e0 la r\u00e9activation des traces mn\u00e9siques sous la forme d\u2019hallucinations comme s\u2019il s\u2019agissait de perceptions actuelles sans possibilit\u00e9 d\u2019appropriation subjective. Il peut \u00e9galement exister une configuration pathologique o\u00f9 il n\u2019y a pas d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la symbolisation secondaire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la possibilit\u00e9 de transf\u00e9rer dans l\u2019appareil du langage les repr\u00e9sentations de chose. Ce qui \u00ab&nbsp;affecte&nbsp;\u00bb le sujet ne peut \u00eatre traduit en mots pour permettre \u00e0 l\u2019individu une reprise subjectivante de son exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail de symbolisation n\u2019est pas une fin en soi mais a pour objectif l\u2019appropriation subjective des donn\u00e9es de l\u2019exp\u00e9rience du sujet \u2013 exp\u00e9riences en souffrance, pourrait-on dire, du fait, par exemple, de leur caract\u00e8re traumatique. L\u2019importance de l\u2019influence de l\u2019analyste sur le processus de symbolisation a pos\u00e9 la question du degr\u00e9 d\u2019appropriation subjective par l\u2019analysant. Pour le dire autrement, s\u2019agit-il de symboliser pour l\u2019analysant ou de symbolisation par l\u2019analysant&nbsp;? C\u2019est la question de la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 utiliser le travail de symbolisation en analyse qui am\u00e8ne \u00e0 centrer la rencontre analytique sur la capacit\u00e9 du patient \u00e0 \u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019autre (l\u2019analyste), formulation tenant son origine de la clinique winnicotienne<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019autre (Winnicott)<\/h2>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul&nbsp;\u00bb prend sa source \u00e0 un stade tr\u00e8s pr\u00e9coce du d\u00e9veloppement. Winnicott postule l\u2019existence d\u2019un Moi embryonnaire du nourrisson. Son immaturit\u00e9 n\u00e9cessite le support du Moi de la m\u00e8re. Cette relation \u00ab&nbsp;ant\u00e9-oedipienne&nbsp;\u00bb correspondrait au \u00ab&nbsp;narcissisme primaire&nbsp;\u00bb<sup>10<\/sup>, o\u00f9 la m\u00e8re assure l\u2019existence du nourrisson sans que celui-ci ait conscience de cet objet externe dont il d\u00e9pend pour sa survie. Si la m\u00e8re a la fiabilit\u00e9 suffisante, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle s\u2019adapte aux besoins de l\u2019enfant, elle permet l\u2019int\u00e9gration d\u2019exp\u00e9riences sensorielles au noyau du Moi du nourrisson. La m\u00e8re-environnement est la m\u00e8re active qui soigne. Elle est en relation au Moi (<em>ego-relatedness<\/em>), se distinguant de la m\u00e8re-objet qui satisfait les besoins pulsionnels en relation au \u00c7a (<em>id-relatedness<\/em>). La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul pour le nourrisson repose sur la pr\u00e9sence de la m\u00e8re-environnement qui favorise une d\u00e9tente donnant acc\u00e8s \u00e0 un \u00e9tat de non-int\u00e9gration. Cet \u00e9tat de non-int\u00e9gration dans un moment de d\u00e9tente permet au nourrisson d\u2019exp\u00e9rimenter son monde interne de fa\u00e7on personnelle. Ce n\u2019est que tr\u00e8s progressivement, se diff\u00e9renciant de l\u2019environnement maternel, que l\u2019enfant va pouvoir effectivement \u00eatre seul, gr\u00e2ce au processus d\u2019int\u00e9riorisation de l\u2019objet maternel.<\/p>\n\n\n\n<p>La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul (en pr\u00e9sence de la m\u00e8re) aide l\u2019enfant \u00e0 d\u00e9couvrir sa vie personnelle, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019int\u00e9grer ses pulsions \u00e0 l\u2019\u00e9dification de son moi immature. Dans ce moment, si la m\u00e8re est bien pr\u00e9sente en tant que moi-support, elle n\u2019exige pourtant rien de l\u2019enfant qui peut se laisser aller \u00e0 exp\u00e9rimenter une pulsion qu\u2019il est capable de relier \u00e0 son moi propre. Pour Winnicott, l\u2019occasion d\u2019exp\u00e9rimenter ses pulsions en relation \u00e0 son moi encore immature n\u2019est possible que par la pr\u00e9sence d\u2019un moi-support \u00e0 proximit\u00e9 et \u00e0 disposition. Par la suite, l\u2019introjection du moi-support maternel donnera la possibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019individu d\u2019\u00eatre vraiment seul sans la pr\u00e9sence de l\u2019autre. Winnicott pr\u00e9cise que cette solitude \u00e9prouv\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 est une exp\u00e9rience positive seulement si elle se d\u00e9roule \u00ab&nbsp;pour une p\u00e9riode limit\u00e9e&nbsp;\u00bb<sup>11<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019objet plastique et l\u2019objet th\u00e9rapeute, objets de la rencontre clinique m\u00e9diatis\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous venons de le voir, l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une relation s\u00e9curisante par l\u2019int\u00e9riorisation de l\u2019objet maternel am\u00e8ne progressivement \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul. Cette solitude \u00ab\u00a0apprivois\u00e9e\u00a0\u00bb a pour origine la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019autre. Dans la rencontre clinique en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e, la situation concr\u00e8te du passage du face \u00e0 face patient -clinicien pour un autre face-\u00e0-face, patient &#8211; support plastique ou graphique implique des processus de symbolisation qui rel\u00e8vent de la capacit\u00e9 du patient \u00e0 peindre, modeler ou dessiner seul en pr\u00e9sence du clinicien. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019utilisation d\u2019une m\u00e9diation plastique symbolisante tient \u00e0 ces deux aspects compl\u00e9mentaires de la clinique en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e, celui de l\u2019importance du jeu avec un m\u00e9dium plastique ainsi qu\u2019un second aspect relatif \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence du clinicien. La rencontre en th\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e s\u2019effectue donc sur deux versants. Le versant qui correspond \u00e0 une rencontre avec la mati\u00e8re mall\u00e9able, mati\u00e8re \u00e0 symboliser, renvoit \u00e0 la configuration de liens \u00e0 la m\u00e8re-objet qui satisfait les besoins pulsionnels en relation au \u00c7a (<em>id-relatedness<\/em>). L\u2019autre versant correspond \u00e0 la rencontre avec l\u2019objet-environnement tel qu\u2019il est symbolis\u00e9 par la pr\u00e9sence du clinicien, ni trop pr\u00e8s, ni trop loin, respectueux d\u2019une solitude partageable, assurant la fonction d\u2019\u00ab\u00a0enveloppe tut\u00e9laire\u00a0\u00bb selon l\u2019expression utilis\u00e9e par Didier Anzieu<sup>12<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui concerne le jeu avec la mati\u00e8re, il s\u2019agit de l\u2019utilisation d\u2019un m\u00e9dium dont la qualit\u00e9 essentielle est d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;mall\u00e9able&nbsp;\u00bb<sup>13<\/sup>. Sans trop entrer ici dans les d\u00e9tails, le \u00ab&nbsp;jeu&nbsp;\u00bb propos\u00e9 au patient avec la mati\u00e8re consiste \u00e0 rendre \u00ab&nbsp;modelable&nbsp;\u00bb la mati\u00e8re psychique dans une mati\u00e8re physique. En consid\u00e9rant la \u00ab&nbsp;mati\u00e8re psychique&nbsp;\u00bb comme issue du corps pulsionnel, celle-ci serait constitu\u00e9e de traces mn\u00e9siques sensorielles qui n\u2019ont pas le statut d\u2019images mentales (ou de repr\u00e9sentations). Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019\u00e9prouv\u00e9s corporels inorganis\u00e9s, des \u00ab&nbsp;signes de perception&nbsp;\u00bb, comme je l\u2019ai pr\u00e9c\u00e9demment indiqu\u00e9, tr\u00e8s proches de sensations marqu\u00e9es par le plaisir ou le d\u00e9plaisir. Ces traces mn\u00e9siques peuvent se r\u00e9actualiser en hallucinations de perception. Cliniquement, c\u2019est par un travail psychique d\u2019\u00e9laboration de la mati\u00e8re psychique que celle-ci pourra \u00eatre transform\u00e9e en repr\u00e9sentations inconscientes et en fantasmes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aboutissement en repr\u00e9sentations de mots.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objet m\u00e9dium mall\u00e9able poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s plastiques ayant des correspondances symboliques avec les propri\u00e9t\u00e9s de la rencontre avec l\u2019objet-m\u00e8re primordial parmi lesquelles on distingue la sensibilit\u00e9, la disponibilit\u00e9, l\u2019indestructibilit\u00e9, la pr\u00e9visibilit\u00e9 et la capacit\u00e9 \u00e0 se laisser transformer tout en restant la m\u00eame. La <em>mati\u00e8re<\/em>, \u00e9tymologiquement, c\u2019est la <em>materia<\/em>, substance dont est faite la <em>mater<\/em>, le tronc de l\u2019arbre consid\u00e9r\u00e9 en tant que producteur de rejetons, et donc issu de <em>mater<\/em> (la m\u00e8re)<sup>14<\/sup>. Le postulat clinique qui guide l\u2019utilisation d\u2019une m\u00e9diation plastique avec nos patients est que ce qui se transf\u00e8re sur l\u2019objet m\u00e9dium mall\u00e9able renseigne sur les al\u00e9as de la rencontre avec l\u2019objet-m\u00e8re primordial. L\u2019objet m\u00e9dium mall\u00e9able est un analogon symbolique de la m\u00e8re-objet qui satisfait ou prive les besoins pulsionnels en relation au \u00c7a (<em>id-relatedness<\/em>). Une telle formulation appelle donc \u00e0 distinguer les diff\u00e9rents niveaux de symbolisation en jeu dans cette situation comme l\u2019illustrent les travaux d\u2019Anne Brun<sup>15<\/sup> et ceux de Suzanne Ferri\u00e8re-Pestureau<sup>16<\/sup> concernant la psychose infantile. L\u2019investissement pulsionnel sur l\u2019objet m\u00e9dium mall\u00e9able devient possible lorsque le cadre th\u00e9rapeutique (incluant le th\u00e9rapeute) est en mesure d\u2019assurer la fonction contenante de la m\u00e8re-environnement (<em>ego-relatedness<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>En s\u2019absentant (du regard du patient) tout en restant pr\u00e9sent (hors du champ visuel), le clinicien va permettre, dans le temps o\u00f9 le patient investit le m\u00e9dium, de traiter ses mouvements pulsionnels seul en la pr\u00e9sence du clinicien. Pour le patient, c\u2019est avec plus ou moins de tol\u00e9rance qu\u2019il peut se d\u00e9tacher, se s\u00e9parer du contact visuel avec le clinicien. Ainsi, certains patients, aux probl\u00e9matiques anaclitiques, vivent difficilement cette \u00ab\u00a0absence\u00a0\u00bb hors du champ visuel comme une perte ou un abandon angoissant. Ceci permet de comprendre que la situation de cr\u00e9ation en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e n\u2019a strictement rien \u00e0 voir avec une quelconque pratique d\u2019atelier d\u2019arts plastiques. L\u2019objet plastique est fondamentalement un objet du transfert. Il est le produit d\u2019une relation et une adresse au th\u00e9rapeute dans une demande d\u2019amour ou une r\u00e9action agressive. Il est \u00e0 la fois un objet cr\u00e9\u00e9 par le patient et la mat\u00e9rialisation du transfert sur le th\u00e9rapeute donc une co-cr\u00e9ation. C\u2019est pourquoi, le clinicien doit fonctionner comme \u00ab\u00a0objet de recours\u00a0\u00bb<sup>17<\/sup> lorsque le patient est en difficult\u00e9 avec ses propres capacit\u00e9s de m\u00e9tabolisation pulsionnelle, \u00e0 la condition de ne rien imposer, de n\u2019\u00eatre ni s\u00e9ducteur, ni intrusif et de se laisser absenter dans la psych\u00e9 du patient. Cette posture (qui ne peut \u00eatre confondue avec une attitude o\u00f9 le clinicien se soustrait \u00e0 la communication et s\u2019\u00e9vade) permet de favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019un jeu auto-\u00e9rotique avec l\u2019objet pulsionnel en pr\u00e9sence de l\u2019objet-environnement<sup>18<\/sup>. Par l\u2019utilisation d\u2019une mati\u00e8re \u00e0 symboliser, un m\u00e9dium mall\u00e9able, le patient va pouvoir \u00eatre seul en pr\u00e9sence de sa pulsion. L\u2019objet fa\u00e7onn\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un m\u00e9dium mall\u00e9able se distingue de la repr\u00e9sentation inconsciente de l\u2019objet primaire, le plus souvent une imago archa\u00efque ou en correspondance avec un lien pathologique. La possibilit\u00e9 pour le clinicien d\u2019amener le patient \u00e0 prendre conscience de cette imago \u00e0 partir de l\u2019objet cr\u00e9\u00e9 est un \u00e9l\u00e9ment essentiel du travail d\u2019interpr\u00e9tation qui s\u2019effectue \u00e0 deux, patient et clinicien. Une telle configuration relationnelle a pour fonction d\u2019engager un travail psychique de diff\u00e9renciation entre perception et repr\u00e9sentation. Cela se r\u00e9v\u00e8le possible parce qu\u2019il existe une relation transf\u00e9rentielle patient-th\u00e9rapeute issue de cette situation intersubjective. Pour le dire autrement et le formuler en tant qu\u2019hypoth\u00e8se m\u00e9ta-psychologique qui guide l\u2019ensemble de ce type de th\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e, les processus de symbolisation dans la construction de l\u2019image plastique en s\u00e9ance s\u2019appuient sur une situation intersubjective de partage de diff\u00e9rents niveaux de symbolisation entre le th\u00e9rapeute et le patient.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa13\">Comme dans toute th\u00e9rapie, c\u2019est par une s\u00e9rie de rencontres que se construit une relation th\u00e9rapeutique \u00e0 m\u00e9diation artistique. Puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une rencontre de deux individus dans un cadre th\u00e9rapeutique, la situation d\u2019intersubjectivit\u00e9 qui pr\u00e9side \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une image plastique implique une communication prise dans les mouvements affectifs d\u2019un transfert r\u00e9ciproque (transfert\/contre-transfert). L\u2019image cr\u00e9\u00e9e est port\u00e9e par les regards du th\u00e9rapeute et du patient ainsi que par les paroles qui s\u2019\u00e9changent. Le sens de l\u2019image est co-construit par les significations conscientes et inconscientes que chaque partenaire apporte au sein de cette relation soumise aux effets du transfert. Le travail du th\u00e9rapeute consiste alors \u00e0 accompagner les passages d\u2019un niveau de symbolisation \u00e0 l\u2019autre chez le patient lors de cette communication intersubjective. Ces diff\u00e9rents niveaux de symbolisation vont des plus primaires aux plus secondaris\u00e9s<sup>19<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela signifie qu\u2019il n\u2019y a pas de \u00ab\u00a0cr\u00e9ation\u00a0\u00bb d\u2019une figuration symbolisante sans que puisse s\u2019\u00eatre construite une enveloppe capable d\u2019initier et maintenir une communication intersubjective qui permette au patient de pouvoir cr\u00e9er (\u00eatre seul) en pr\u00e9sence de l\u2019autre<sup>20<\/sup>. Ce qui est singulier dans la rencontre clinique en psychoth\u00e9rapie m\u00e9diatis\u00e9e, concerne le passage du face \u00e0 face interactionnel verbal patient &#8211; clinicien pour un autre face-\u00e0-face non verbal, patient &#8211; support plastique ou graphique. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019utilisation d\u2019une m\u00e9diation plastique symbolisante tient \u00e0 ces deux aspects compl\u00e9mentaires, celui de l\u2019importance du jeu avec un m\u00e9dium plastique et celui de la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence du clinicien.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"cairn-panel-content\" class=\"tabs-content tab-content\">\n<div id=\"panel-article\" class=\"tabs-panel tabs-panel-fullsize active show has-been-clicked\" data-tracking=\"iszBa3j%2FViOfEyrzGLy4Uw%3D%3D_A7WOXLg%2FHTGYrwc7SWDR0iGVUYucB6%2BTOdWk8uQf3az4ezoZtFMohk844KsGifzpb6%2FW5pjhqUDBxVAYi0Af2JiYDyLXn%2BWye9u41XLxbsRwXLTzzeCLXGpTIAT9OwL7D15bPJRfuTMXRgPXjICsyRqwo%2B5fkJz1PAdT4z63DG73RqLF5AdKwMqD8VsozpeB4X%2B9F3TwL84vgrFUBWe98o8nxIRop%2BikCptSBEw9zruCD9I7GXGjyqsk7LERw4ZD3ZoP4Y95vWQj%2BjDHxVHxL3AZXMws4w%2B7%2BXQbGP%2BIIbR5t0t%2FO2%2BdUCoOoJO%2Fje08FwKCCDo%2BQrlD%2FEAPEbmoFI%2F0jDdsGc2KOmHR%2FMPrhmS2wAnRKtv5wbd0mnSRkZNJvKOVCjvh3GOozrXPeloRnuj5JI60a8GchY%2F6dA8h5KKidEHd77EieZHrrR6PDKGSpwDApJJH%2FsCz9bV9dRRyi8MO6kwzbkUcMFxu31cXHFvLfJuLLbSTHzdejD3VksceWjs7Pf4%2Fr%2BaxBlxucGd0ajiBs86OuYreTAD6JbuR94cfDP43VdUVdlmf7pbji9exRgSJHGk%2FdIDqhbJMSdBEjJMliXWTy9dEO2u51tj%2FFclVRNl9a7oKna2m8jMOjS74shtqFTZbNS3k28nfzewl%2FkWxmnA409XCUSYmnEHtmh98uX4LMpjkCSt5LXngtU%2FBOGrzlA3X0oz9cbEfBGHZjcncv98RFgsNRizMnx7nwdlMu2sRIXcWLnSpB15nZRSQb14V%2FX10L3o6KlazOfCvK86rl7Dj3V4yGecL6T7l%2BJBXnBJr4Ti0tNMpqXYGapLAc8eiFOrSarUY1JMvcjquvi3Z%2BL1ZycNIx5ZogdtQS2%2BuP6pKbbfejhTv0Os4bHvI46o2TPbT2Rbj92jVogjVzEPqScOV2IJW%2FoGnepqK35J%2BE9VDdZaJh1ogZZhvSAljSfqq61uL733yE6fe0Irtpsc0mK3Rcpry8gOVVeeyBqE%3D\">\n<div id=\"article\" class=\"traitement-artr typeart-article\">\n<section id=\"decoupe-note\">\n<div class=\"grnote\">\n<h1 class=\"titre traitementparticulier-non\">Notes<\/h1>\n<ol class=\"wrapper-children-grnote\">\n<li id=\"no1\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Leroy-Viemon, B. 2008. \u00ab&nbsp;Les enjeux ph\u00e9nom\u00e9nologiques de la rencontre clinique&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Cliniques M\u00e9diterran\u00e9ennes<\/em>, 78, 205-223.<\/li>\n<li id=\"no2\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Leroy-Viemon, B. 2008. \u00ab&nbsp;Les enjeux ph\u00e9nom\u00e9nologiques de la rencontre clinique&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Cliniques M\u00e9diterran\u00e9ennes<\/em>, 78, p. 215.<\/li>\n<li id=\"no3\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Golder, M.-E. 1996.&nbsp;<em>Au seuil de l\u2019inconscient, le premier entretien<\/em>, Paris, \u00e9ditions Payot &amp; Rivages<\/li>\n<li id=\"no4\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Bertrand, M. 2005. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que la subjectivation&nbsp;?&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em>Le Carnet Psy<\/em>, 96, p. 24-27<\/li>\n<li id=\"no5\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 1991. \u00ab&nbsp;Un sujet qui ne va pas de soi, le sujet en proc\u00e8s&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 6, p. 1753.<\/li>\n<li id=\"no6\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 1998. \u00ab&nbsp;Symbolisation primaire et identit\u00e9&nbsp;\u00bb, dans Chouvier, B.,&nbsp;<em>Mati\u00e8re \u00e0 symbolisation, art, cr\u00e9ation et psychanalyse<\/em>, Lausanne, \u00e9d. Delachaux et Niestl\u00e9, p. 63.<\/li>\n<li id=\"no7\" class=\"note renvoi-in-alinea\">\u00ab&nbsp;Termes utilis\u00e9s par Freud dans ses textes m\u00e9tapsychologiques pour distinguer deux types de \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentations&nbsp;\u00bb, celle -essentiellement visuelle- qui d\u00e9rive de la chose et celle \u2013 essentiellement acoustique \u2013 qui d\u00e9rive du mot. Cette distinction a pour lui une port\u00e9e m\u00e9tapsychologique, la liaison de la repr\u00e9sentation de chose \u00e0 la repr\u00e9sentation de mot correspondante caract\u00e9risant le syst\u00e8me pr\u00e9conscient-conscient \u00e0 la diff\u00e9rence du syst\u00e8me inconscient qui ne comprend que des repr\u00e9sentations de chose&nbsp;\u00bb. Laplanche, J.&nbsp;; Pontalis, J.-B. 1967. \u00ab&nbsp;Repr\u00e9sentation de chose, repr\u00e9sentation de mot&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, p. 416<\/li>\n<li id=\"no8\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 1991. \u00ab&nbsp;Un sujet qui ne va pas de soi, le sujet en proc\u00e8s&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 6, p. 1753-1756<\/li>\n<li id=\"no9\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon R. 2000. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019analyste et l\u2019appropriation subjective&nbsp;\u00bb dans Cournut, J.&nbsp;; Schaeffer, J. (sous la dir. de).&nbsp;<em>Pratiques de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, 37-49<\/li>\n<li id=\"no10\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Winnicott, D.W. 1989. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul (1958)&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, \u00e9d. Payot, p. 326<\/li>\n<li id=\"no11\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Winnicott, D.W. 1989. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul (1958)&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, \u00e9d. Payot, p. 330<\/li>\n<li id=\"no12\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Anzieu, D. 1990.&nbsp;<em>L\u2019\u00e9piderme nomade et la peau psychique<\/em>, Paris, \u00e9d. Apsyg\u00e9, p. 97<\/li>\n<li id=\"no13\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 2001. \u00ab&nbsp;L\u2019objet \u00ab\u00a0m\u00e9dium mall\u00e9able\u00a0\u00bb et la conscience de soi&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em>L\u2019autre<\/em>, 2, p. 241-254<\/li>\n<li id=\"no14\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Le Robert, dictionnaire historique de la langue fran\u00e7aise (sous la dir. de Alain Rey), Paris, \u00e9d. Le Robert, p. 1205<\/li>\n<li id=\"no15\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Brun A. 2002. \u00ab&nbsp;M\u00e9diation picturale et psychose&nbsp;: une r\u00e9actualisation de l\u2019originaire&nbsp;\u00bb dans Chouvier B. (et al.).&nbsp;<em>Les processus psychiques de la m\u00e9diation<\/em>, Paris, \u00e9d. Dunod<\/li>\n<li id=\"no16\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Ferriere-Pestureau, S. 2008.&nbsp;<em>L\u2019originaire dans la cr\u00e9ation<\/em>, Saint-\u00c9tienne, ABC Id\u00e9.<\/li>\n<li id=\"no17\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 2000. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019analyste et l\u2019appropriation subjective&nbsp;\u00bb dans Cournut, J.&nbsp;; Schaeffer, J. (sous la dir. de).&nbsp;<em>Pratiques de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, p. 46<\/li>\n<li id=\"no18\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Roussillon, R. 2000. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019analyste et l\u2019appropriation subjective&nbsp;\u00bb dans Cournut, J.&nbsp;; Schaeffer, J. (sous la dir. de).&nbsp;<em>Pratiques de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, p. 37-49<\/li>\n<li id=\"no19\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Anzieu, D. 1989. \u00ab&nbsp;Note pour introduire l\u2019\u00e9chelle des symbolisations&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 53, 6. p.1775-1777<\/li>\n<li id=\"no20\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Winnicott, D.W. 1989. \u00ab&nbsp;La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul (1958)&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, \u00e9d. Payot, p. 325-333<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Anzieu, D. 1989. \u00ab\u00a0Note pour introduire l\u2019\u00e9chelle des symbolisations\u00a0\u00bb, dans <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 53, 6, 1775-1777.<\/p>\n<p>Anzieu, D. 1990. L\u2019\u00e9piderme nomade et la peau psychique, Paris, \u00e9d. Apsyg\u00e9, 97.<\/p>\n<p>Bertrand, M. 2005. \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que la subjectivation\u00a0?\u00a0\u00bb, dans <em>Le Carnet Psy<\/em>, 96, 24-27.<\/p>\n<p>Brun, A. 2002. \u00ab\u00a0M\u00e9diation picturale et psychose\u00a0: une r\u00e9actualisation de l\u2019originaire\u00a0\u00bb dans Chouvier B. (et al.). <em>Les processus psychiques de la m\u00e9diation<\/em>, Paris, \u00e9d. Dunod.<\/p>\n<p>Brun, A. 2006. \u00ab\u00a0Le travail de l\u2019archa\u00efque par la m\u00e9diation picturale dans la psychose\u00a0\u00bb, dans <em>Cliniques m\u00e9diterran\u00e9ennes<\/em>, 74, 271-289<\/p>\n<p>Brun, A. 2007. <em>M\u00e9diations th\u00e9rapeutiques et psychose infantile<\/em>, Paris, \u00e9d. Dunod.<\/p>\n<p>Brun, A. 2010. \u00ab\u00a0M\u00e9diation picturale et psychose infantile\u00a0\u00bb, dans <em>Le Carnet\/Psy<\/em>, 142, 23-26<\/p>\n<p>Ferriere-Pestureau, S. 2008. <em>L\u2019originaire dans la cr\u00e9ation<\/em>, Saint-\u00c9tienne, ABC Id\u00e9.<\/p>\n<p>Golder, M.-E. 1996. <em>Au seuil de l\u2019inconscient, le premier entretien<\/em>, Paris, \u00e9ditions Payot &amp; Rivages<\/p>\n<p>Laplanche, J.\u00a0; Pontalis, J.-B. 1967. \u00ab\u00a0Repr\u00e9sentation de chose, repr\u00e9sentation de mot\u00a0\u00bb dans <em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, 416<\/p>\n<p>Leroy-Viemon, B. 2008. \u00ab\u00a0Les enjeux ph\u00e9nom\u00e9nologiques de la rencontre clinique\u00a0\u00bb, <em>Cliniques M\u00e9diterran\u00e9ennes<\/em>, 78, 205-223<\/p>\n<p>Milner, M. 1976. <em>L\u2019inconsciente et la peinture<\/em>, PUF.<\/p>\n<p>Roussillon, R. 1991. \u00ab\u00a0Un sujet qui ne va pas de soi, le sujet en proc\u00e8s\u00a0\u00bb, dans <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 6, 1753-1756<\/p>\n<p>Roussillon, R. 2000. \u00ab\u00a0La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence de l\u2019analyste et l\u2019appropriation subjective\u00a0\u00bb dans Cournut, J.\u00a0; Schaeffer, J. (sous la dir. de). <em>Pratiques de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, 37-49<\/p>\n<p>Roussillon, R. 2001. \u00ab\u00a0L\u2019objet \u00ab\u00a0m\u00e9dium mall\u00e9able\u00a0\u00bb et la conscience de soi\u00a0\u00bb, dans <em>L\u2019Autre<\/em>, 2, 241-254<\/p>\n<p>Roussillon, R. 2002. \u00ab\u00a0La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul en pr\u00e9sence du couple\u00a0\u00bb, dans <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 66, 9-20.<\/p>\n<p>Roussillon, R. 2008. <em>Le jeu et l\u2019entre-je(u)<\/em>, Paris, PUF<\/p>\n<p>Winnicott D.W. 1989. \u00ab\u00a0La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul (1958)\u00a0\u00bb dans <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, \u00e9d. Payot, 325-333<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9488?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9ambule Cette r\u00e9flexion renvoie \u00e0 un champ tr\u00e8s actuel de la clinique que l\u2019on pourrait appeler les cliniques de la transitionnalit\u00e9. Elles sont issues des travaux de D. W. Winnicott \u00e0 propos des ph\u00e9nom\u00e8nes dits \u00ab&nbsp;transitionnels&nbsp;\u00bb. 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