{"id":9482,"date":"2021-08-22T07:30:04","date_gmt":"2021-08-22T05:30:04","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-criminalite-de-richard-iii-et-la-malediction-de-lobjet-2\/"},"modified":"2021-09-19T13:04:36","modified_gmt":"2021-09-19T11:04:36","slug":"la-criminalite-de-richard-iii-et-la-malediction-de-lobjet","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-criminalite-de-richard-iii-et-la-malediction-de-lobjet\/","title":{"rendered":"La criminalit\u00e9 de Richard III et la mal\u00e9diction de l&rsquo;objet"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Le narcissisme et sa fonction dans la criminalit\u00e9 peuvent \u00eatre envisag\u00e9s selon diff\u00e9rents points de vue, diff\u00e9rents vertex, celui que je vais adopter, en prenant William Shakespeare comme compagnon de route, repose sur l\u2019id\u00e9e que la (d\u00e9)r\u00e9gulation narcissique du sujet, celle qui le pousse au crime, ne peut \u00eatre envisag\u00e9e ind\u00e9pendamment de l\u2019histoire des reflets et \u00e9chos restitu\u00e9s par les objets significatifs de son histoire. Prendre W. Shakespeare comme compagnon et guide de route suppose une approche particuli\u00e8re de son \u0153uvre et ici singuli\u00e8rement de son <em>Richard III<\/em>. Cette approche, \u00e0 la diff\u00e9rence des recherches qui prennent les \u0153uvres d\u2019art ou les auteurs comme objet d\u2019analyse, repose sur l\u2019id\u00e9e que le processus artistique et les \u0153uvres produites, quand elles sont cons\u00e9quentes, constituent des formes d\u2019exploration du fonctionnement humain et de la vie psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, William Shakespeare m\u2019appara\u00eet comme une sorte de th\u00e9oricien du narcissisme, mais un th\u00e9oricien qui d\u00e9ploie ses th\u00e8ses et r\u00e9flexions sur l\u2019\u00e2me humaine \u00ab&nbsp;en acte&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;en situation et en sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb &#8211; et donc pas, \u00e0 la diff\u00e9rence de Freud et des psychanalystes, \u00ab&nbsp;en pens\u00e9e&nbsp;\u00bb &#8211; \u00e0 travers son \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale et le processus de d\u00e9roulement des intrigues qui les organisent. C\u2019est d\u2019ailleurs par cette mani\u00e8re particuli\u00e8re d\u2019explorer les fonds de la psych\u00e9 humaine qu\u2019il nous touche particuli\u00e8rement, elle s\u2019adresse ainsi directement en nous, m\u00eame si elle utilise le vecteur du langage parl\u00e9, aux formes les plus primitives et fondamentales de la communication humaine, au \u00ab&nbsp;fond&nbsp;\u00bb de l\u2019humain. Je dis que William Shakespeare est une sorte de th\u00e9oricien du narcissisme car dans chacune de ses \u0153uvres majeures, il explore une probl\u00e9matique centrale du narcissisme&nbsp;: criminalit\u00e9 (<em>Richard III)<\/em>, jalousie (<em>Othello<\/em>), folie (<em>Roi Lear<\/em>), sentiment identitaire (<em>Hamlet)<\/em> etc. Par exemple <em>Richard III<\/em>, comme Freud l\u2019avait tr\u00e8s bien vu, explore la \u00ab&nbsp;position d\u2019exception&nbsp;\u00bb dans son lien avec la criminalit\u00e9 qui caract\u00e9rise une certaine forme de torsion de la r\u00e9gulation narcissique et du rapport \u00e0 l\u2019humaine condition.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La probl\u00e9matique&nbsp;: torsion du narcissisme et position d\u2019exception<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le premier acte et m\u00eame la premi\u00e8re sc\u00e8ne, l\u2019une des probl\u00e9matiques centrales de la criminalit\u00e9 est expos\u00e9e&nbsp;: <em>Richard III<\/em> souffre d\u2019une torsion majeure de la r\u00e9gulation narcissique et de la r\u00e9flexivit\u00e9, il pr\u00e9cise une position existentielle dans laquelle le mal est devenu \u00ab&nbsp;son bien&nbsp;\u00bb. Le mieux est de donner la parole \u00e0 William Shakespeare et \u00e0 son <em>Richard<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;<em>Mais moi qui ne suis pas form\u00e9 pour ces fol\u00e2tres jeux<\/em><br><em>Ni fait pour courtiser un amoureux miroir&nbsp;;<\/em><br><em>Moi qui suis marqu\u00e9 au sceau de la rudesse<\/em><br><em>Et n\u2019ai pas la majest\u00e9 de l\u2019amour<\/em><br><em>Pour m\u2019aller pavaner devant une impudique nymphe minaudi\u00e8re&nbsp;;<\/em><br><em>Moi qui suis tronqu\u00e9 de nobles proportions<\/em><br><em>Flou\u00e9 d\u2019attraits par la trompeuse nature<\/em><br><em>Difforme, inachev\u00e9, d\u00e9p\u00e9ch\u00e9 avant terme<\/em><br><em>Dans ce monde haletant \u00e0 peine \u00e0 moiti\u00e9 fait\u2026<\/em><br><em>Si boiteux et si laid<\/em><br><em>Que les chiens aboient quand je les croise en claudiquant \u2026<\/em><br><em>Et bien moi en ce temps de paix alangui \u00e0 la voix de fausset<\/em><br><em>Je n\u2019ai d\u2019autre plaisir pour passer le temps<\/em><br><em>Que d\u2019\u00e9pier mon ombre au soleil<\/em><br><em>Et de fredonner des variations sur ma propre difformit\u00e9<\/em><br><em>Et donc si je ne puis \u00eatre l\u2019amant<\/em><br><em>Qui charmera ces jours si beaux parleurs<\/em><br><em>Je suis d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 \u00eatre un sc\u00e9l\u00e9rat<\/em>&nbsp;\u00bb<br><br><footer><em>Richard III<\/em> acte 1, sc\u00e8ne 1 (<em>D\u00e9rives<\/em>, traduction, J.-M. D\u00e9prats)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Freud a r\u00e9sum\u00e9 en une phrase le paradoxe de cette position existentielle \u00ab&nbsp;que le mal soit mon bien&nbsp;\u00bb \u00e9crit-il dans son commentaire (\u00ab&nbsp;Les exceptions&nbsp;\u00bb au sein de l\u2019article de 1916 \u00ab&nbsp;<em>Quelques traits de caract\u00e8res d\u00e9gag\u00e9s par la psychanalyse<\/em>&nbsp;\u00bb). Il met ainsi en lumi\u00e8re le retournement inaugural qui commande ce que j\u2019ai nomm\u00e9 plus haut, la \u00ab&nbsp;position existentielle&nbsp;\u00bb de <em>Richard III<\/em>. Il est n\u00e9 \u00ab&nbsp;vilain&nbsp;\u00bb &#8211; avec le double sens que ce terme peut prendre en fran\u00e7ais, \u00e0 la fois laid et m\u00e9chant \u2013 et m\u00eame \u00ab&nbsp;inachev\u00e9&nbsp;\u00bb, et ce serait peine perdue pour lui de chercher \u00e0 attirer l\u2019amour et l\u2019int\u00e9r\u00eat par les formes habituelles de s\u00e9duction. La probl\u00e9matique glisse de la question de l\u2019opposition \u00ab&nbsp;visuelle&nbsp;\u00bb beau \/ laid \u00e0 l\u2019opposition \u00ab&nbsp;morale&nbsp;\u00bb bien \/ mal, toutes deux cas particuliers de l\u2019opposition primitive bon \/ mauvais. <em>Richard III<\/em>, le vilain qui ne \u00ab&nbsp;<em>charme pas les miroirs<\/em>&nbsp;\u00bb, fera donc le mal, il va s\u2019engager dans la criminalit\u00e9, il fait exception aux r\u00e8gles de l\u2019humaine condition, il a pay\u00e9 d\u2019embl\u00e9e et par avance pour tous ses crimes \u00e0 venir. Et c\u2019est bien parce qu\u2019il n\u2019a pas pu \u00ab&nbsp;charmer le miroir&nbsp;\u00bb primitif des yeux et du visage maternel que quelque chose en lui est et reste \u00ab&nbsp;inachev\u00e9&nbsp;\u00bb, arr\u00eat\u00e9 en route, non r\u00e9fl\u00e9chi, non subjectivable.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le retournement du mal en bien contient aussi potentiellement, comme nous le verrons dans la sc\u00e8ne de la s\u00e9duction d\u2019Anne, une autre proposition&nbsp;: tenter de s\u00e9duire, fasciner, par le mal, l\u2019abject. Les \u00ab&nbsp;mauvais gar\u00e7ons&nbsp;\u00bb ont du charme, un certain charme, c\u2019est bien connu, les psychopathes aussi tentent d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;s\u00e9ducteurs&nbsp;\u00bb. On ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019associer \u00e0 cette position fondamentale de <em>Richard III<\/em> le conte de la <em>Reine des neiges<\/em> d\u2019Andersen. Dans le prologue de celui-ci on apprend que le diable, voulant d\u00e9fier Dieu, construit un miroir tel qu\u2019il inverse le sens de ce qui se refl\u00e8te en lui. \u00c0 l\u2019aide de ce miroir \u00ab&nbsp;diabolique&nbsp;\u00bb, le diable s\u2019approche de Dieu dans l\u2019espoir que l\u2019infiniment bon soit retourn\u00e9 en infiniment mauvais&nbsp;: \u00ab&nbsp;que le bien devienne le mal&nbsp;\u00bb. Mais au fur et \u00e0 mesure que le miroir s\u2019approche de Dieu, il subit lui m\u00eame une torsion de plus en plus forte telle qu\u2019il finit par voler en une multitude d\u2019\u00e9clats qui se r\u00e9pandent sur terre en se m\u00ealant \u00e0 la neige. L\u2019un de ces \u00e9clats tombe dans l\u2019\u0153il de Kay, gentil petit gar\u00e7on, l\u2019autre s\u2019insinue jusqu\u2019\u00e0 son c\u0153ur. Kay voit alors tout en n\u00e9gatif et ses affects, priv\u00e9s de toute empathie, deviennent aussi tous n\u00e9gatifs, il devient inapte \u00e0 tout signe de d\u00e9pression ou de culpabilit\u00e9. La reine des neige, reine froide et symbole m\u00eame du n\u00e9gatif, peut alors le s\u00e9duire et l\u2019entra\u00eener avec elle dans son ch\u00e2teau lointain. L\u00e0 d\u00e9j\u00e0 le n\u00e9gatif peut devenir un attracteur plein de s\u00e9duction. L\u2019amie de Kay, la petite Gerda parvient, \u00e0 la suite d\u2019un long p\u00e9riple sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches, d\u2019un v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;parcours de l\u2019amiti\u00e9 et de l\u2019amour&nbsp;\u00bb, \u00e0 retrouver le ch\u00e2teau de la reine des neiges et, gr\u00e2ce \u00e0 la chaleur de ses pleurs et de son empathie pour l\u2019\u00e9tat de son ami, \u00e0 faire fondre les morceaux de miroir diabolique log\u00e9s dans ses yeux et son c\u0153ur. Il leur reste n\u00e9anmoins encore \u00e0 trouver la cl\u00e9 qui permettra de sortir du ch\u00e2teau, et c\u2019est le mot \u00ab&nbsp;\u00e9ternit\u00e9&nbsp;\u00bb, et sans doute le renoncement \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 qui l\u2019accompagne, qui ouvrira cette porte. Key est sauv\u00e9 par la t\u00e9nacit\u00e9 et l\u2019amour de Gerda qui survit aux emb\u00fbches et triomphe de tous les obstacles, Richard, nous le verrons n\u2019aura pas cette chance. Si le principe du plaisir \/ d\u00e9plaisir repose sur la diff\u00e9rence et la distinction du bon et du mauvais, le retournement du mauvais en bon sid\u00e8re son fonctionnement et installe le sujet dans la r\u00e9p\u00e9tition ind\u00e9finie \u00ab&nbsp;au del\u00e0 du principe du plaisir&nbsp;\u00bb, dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons \u00e0 <em>Richard III<\/em>. Apr\u00e8s l\u2019expos\u00e9 du th\u00e8me fondamental de la probl\u00e9matique narcissique de <em>Richard III<\/em>, la pi\u00e8ce va \u00ab&nbsp;explorer&nbsp;\u00bb quelques issues possibles \u00e0 l\u2019impasse existentielle qu\u2019elle vient d\u2019exposer. Je ne peux les envisager toutes, je me contenterais d\u2019en relever certaines qui me semblent assez essentielles pour comprendre le ressort central de la probl\u00e9matique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La s\u00e9duction par l\u2019abject<\/h2>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re, celle qui serait la plus profitable, la plus riche de potentialit\u00e9s, va \u00eatre de tenter de s\u00e9duire, et de s\u00e9duire avec les armes dont il dispose. <em>Richard III<\/em> va tenter de s\u00e9duire Anne, dont il a tu\u00e9 p\u00e8re et mari, ce qu\u2019il ne nie pas mais tout au contraire dont il tire argument pour tenter de s\u00e9duire la belle, l\u00e0 encore il faut laisser la parole \u00e0 William Shakespeare. (Acte 1 sc\u00e8ne II).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Femme fut-elle jamais courtis\u00e9e de cette fa\u00e7on&nbsp;?<\/em><br><em>Femme fut-elle jamais conquise de cette fa\u00e7on&nbsp;?<\/em><br><em>Je l\u2019aurais mais je ne la garderais pas longtemps<\/em><br><em>Quoi moi qui ai tu\u00e9 son mari et son p\u00e8re&nbsp;:<\/em><br><em>La prendre au plus fort de sa haine<\/em><br><em>Des mal\u00e9dictions \u00e0 la bouche, des larmes dans les yeux<\/em><br><em>Et, tout pr\u00e8s d\u2019elle, le sanglant t\u00e9moignage de sa haine pour moi<\/em><br><em>Avoir Dieu sa conscience et tous ces obstacles contre moi\u2026<\/em><br><em>Et pourtant la gagner, tout un monde contre rien\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Car en effet Richard n\u2019a cess\u00e9 de retourner ses pires crimes en signe d\u2019amour, s\u2019il a tu\u00e9 p\u00e8re et mari, c\u2019est par amour et pour \u00e9liminer les rivaux, la haine \u00ab&nbsp;dit&nbsp;\u00bb l\u2019amour, le mal \u00ab&nbsp;dit&nbsp;\u00bb le bien. Il faudrait avoir le temps de montrer comment <em>Richard III<\/em> donne une \u00ab&nbsp;le\u00e7on de survivance&nbsp;\u00bb face \u00e0 la haine d\u2019Anne et comment c\u2019est cet art de la survivance face \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 qui emporte la d\u00e9cision. \u00ab&nbsp;Eh l\u2019objet, je t\u2019ai d\u00e9truit. Je t\u2019aime&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Tu comptes pour moi parce que tu survis \u00e0 ma destruction de toi&nbsp;\u00bb. Telle est la logique de l\u2019utilisation de l\u2019objet r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par D.W. Winnicoot dans <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, elle semble s\u2019appliquer ici pleinement. C\u2019est souvent quand cette tentative de s\u00e9duction \u00e9choue que le criminel se sent contraint de tuer, l\u2019id\u00e9al serait qu\u2019il rencontre un objet qui \u00ab&nbsp;survive \u00e0 la s\u00e9duction par l\u2019abject&nbsp;\u00bb, qui survive sans r\u00e9torsion ni rejet bien entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Richard se prend au jeu, la promesse d\u2019Anne le bouleverse et transforme son image de lui, s\u2019il peut s\u00e9duire, lui, l\u2019abject, c\u2019est donc qu\u2019il est beau, c\u2019est le regard de la femme qui vous fait beau ou laid et non quelque propri\u00e9t\u00e9 intrins\u00e8que de votre visage ou de votre apparence. Voici les signes de la transformation de Richard. (Acte 1, sc\u00e8ne II).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je me suis m\u00e9pris tout ce temps sur ma personne<\/em><br><em>Sur ma vie, elle d\u00e9couvre en moi -je ne sais comment-<\/em><br><em>Un homme prodigieusement beau<\/em><br><em>Je veux faire la d\u00e9pense d\u2019un miroir<\/em><br><em>Et entretenir une vingtaine ou deux de tailleurs<\/em><br><em>Pour \u00e9tudier les modes qui embellissent mon corps<\/em><br><em>Puisque je suis rentr\u00e9 en gr\u00e2ce avec moi-m\u00eame<\/em><br><em>Je ferais quelque menus frais pour m\u2019y maintenir\u2026<\/em><br><em>Resplendis beau soleil en attendant que j\u2019ach\u00e8te un miroir<\/em><br><em>Que je puisse en marchant mon ombre apercevoir<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9actions de <em>Richard III<\/em> sont assez typiques, d\u2019abord il se retire du lien &#8211; \u00ab&nbsp;je ne la garderais pas longtemps&nbsp;\u00bb, mais la formule est ambig\u00fce, va-t-il la perdre et perdre ce soleil qui le rend beau, ou va-t-il la quitter d\u00e8s que conquise, briser le lien&nbsp;? &#8211; mais tout en tentant de conserver le b\u00e9n\u00e9fice narcissique que celui-ci lui apporte, il veut gagner sur les deux tableaux&nbsp;: devenir beau mais sans la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019objet qui le \u00ab&nbsp;rend beau&nbsp;\u00bb. Passer de l\u2019objet \u00e0 son ombre propre, mais \u00ab&nbsp;l\u2019ombre de l\u2019objet serait-elle tomb\u00e9e sur son corps&nbsp;\u00bb, l\u2019ombre a besoin du soleil donn\u00e9 par le regard d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Car de nouveau <em>Richard III<\/em> en appelle \u00e0 son ombre (<em>cf.<\/em> plus haut sc\u00e8ne I&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je n\u2019ai d\u2019autre plaisir pour passer le temps Que d\u2019\u00e9pier mon ombre au soleil<\/em>&nbsp;\u00bb) son double, son miroir auto sensuel, celui par lequel il a toujours tent\u00e9 de pallier les carences du regard de l\u2019autre. <em>Richard III<\/em> est alors sur une ligne de cr\u00eate, sur le bord de rejoindre l\u2019humaine condition, de sortir du statut d\u2019exception dans lequel sa \u00ab&nbsp;laideur originelle&nbsp;\u00bb, sa \u00ab&nbsp;vil\u00e9nie&nbsp;\u00bb l\u2019avait plac\u00e9. La conqu\u00eate est encore fragile, la confiance en l\u2019objet n\u2019est pas encore au rendez-vous, la s\u00e9duction d\u2019Anne est une embellie qui demanderait \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9e, affermie, elle est menac\u00e9e du retour des exp\u00e9riences ant\u00e9rieures, du retour de la condamnation premi\u00e8re car celle-ci n\u2019est pas trait\u00e9e, pas perlabor\u00e9e, elle reste en partie \u00e9nigmatique, et peut-\u00eatre d\u2019autant plus \u00e9nigmatique qu\u2019il vient de faire l\u2019exp\u00e9rience que malgr\u00e9 son abjection, il pouvait s\u00e9duire. Le retour des condamnations premi\u00e8res ne va en effet pas tarder et mettre en \u00e9chec la transformation amorc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Acte II&nbsp;: le retour de la laideur<\/h2>\n\n\n\n<p>Arrive Margaret, reine d\u00e9chue, exil\u00e9e, mais qui fait retour sur sc\u00e8ne &#8211; retour de l\u2019exclu, de l\u2019exil\u00e9 de soi, de l\u2019histoire de soi&nbsp;? &#8211; pour \u00ab&nbsp;casser&nbsp;\u00bb Richard, d\u2019abord en \u00ab&nbsp;voix <em>off<\/em>&nbsp;\u00bb puis directement. L\u00e0 encore, donnons la parole \u00e0 William Shakespeare pour relever quelques passages particuli\u00e8rement significatifs dans l\u2019acte II.<\/p>\n\n\n\n<p>Margaret en voix <em>off<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;(\u00e0 part) <em>Un abject assassin que tu es toujours<\/em>&nbsp;\u00bb\u2026<br>\u00ab&nbsp;(\u00e0 part) <em>Fuis de honte en enfer et quitte ce monde<br>caca d\u00e9mon&nbsp;: l\u00e0 bas est ton royaume<\/em>&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Margaret en direct.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Que le ver de ta conscience ronge toujours ton \u00e2me<\/em><br><em>Tant que tu vivras, soup\u00e7onne tes amis d\u2019\u00eatre des traitres<\/em><br><em>Et prend les pires traitres pour tes plus chers amis<\/em><br><em>Que jamais le sommeil ne ferme cet \u0153il assassin&nbsp;\u00bb\u2026<\/em><br><em>\u00ab&nbsp;Toi qui fut marqu\u00e9 \u00e0 ta naissance<\/em><br><em>Comme esclave de la nature et fils de l\u2019enfer<\/em><br><em>Toi fl\u00e9trissure des entrailles de ta m\u00e8re afflig\u00e9e<\/em><br><em>Toi rejeton ex\u00e9cr\u00e9 des reins de ton p\u00e8re<\/em><br><em>Toi guenille de l\u2019honneur, toi d\u00e9test\u00e9\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La mal\u00e9diction de Margaret retombe sur Richard qui tente de retourner la situation dans un jeu de miroir o\u00f9 Margaret serait l\u2019objet de ses propres anath\u00e8mes, en essayant, par l\u2019interjection du nom de celle-ci habilement gliss\u00e9e au milieu du torrent de mal\u00e9dictions qu\u2019elle prof\u00e8re, comme si celle-ci la d\u00e9signait et non Richard. Mais c\u2019est peine perdue, les mal\u00e9dictions ont produit leur effet, et l\u2019intervention de Margaret \u00ab&nbsp;casse&nbsp;\u00bb l\u2019embellie que la s\u00e9duction d\u2019Anne avait permis d\u2019esp\u00e9rer. Les mal\u00e9dictions de Margaret portent sur l\u2019origine de Richard &#8211; \u00ab&nbsp;<em>Toi fl\u00e9trissure des entrailles de ta m\u00e8re afflig\u00e9e, Toi rejeton ex\u00e9cr\u00e9 des reins de ton p\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb &#8211; elles d\u00e9signent un rejet primaire, originaire. En voix <em>off<\/em> Margaret traite Richard de \u00ab&nbsp;caca d\u00e9mon&nbsp;\u00bb c\u2019est- \u00e0-dire \u00ab&nbsp;sac de merde&nbsp;\u00bb ou quelque chose d\u2019approchant. J. Hopkins a pu souligner que les enfants ayant subi un rejet corporel maternel primaire s\u2019\u00e9prouvent comme un sac rempli de merde. Margaret adh\u00e8re sans doute \u00e0 cette hypoth\u00e8se qui relie \u00e0 la fois le rejet parental &#8211; sur lequel nous reviendrons plus loin &#8211; et le \u00ab&nbsp;caca d\u00e9mon&nbsp;\u00bb <em>Richard III<\/em>. Mais le narcissisme n\u00e9gatif de <em>Richard III<\/em> commence \u00e0 se pr\u00e9ciser plus, certes il est laid, mais apr\u00e8s tout, un b\u00e9b\u00e9 laid peut \u00eatre \u00ab&nbsp;beau&nbsp;\u00bb pour sa m\u00e8re et elle peut le regarder avec ce regard \u00e9merveill\u00e9 qui signe la maternit\u00e9. Margaret, ici pr\u00e9sente comme une forme de substitut maternel, indique que ce ne fut pas le cas et propose la \u00ab&nbsp;construction originaire&nbsp;\u00bb d\u2019un rejet corporel maternel primaire. C\u2019est le rappel de celui-ci qui \u00ab&nbsp;casse&nbsp;\u00bb Richard et annihile les effets de la s\u00e9duction d\u2019Anne. Richard retombe dans sa position existentielle de d\u00e9part. Margaret participe aussi \u00e0 la valse des retournements dont la trag\u00e9die est peupl\u00e9e, tra\u00eetres et amis se retournent l\u2019un dans l\u2019autre, rien n\u2019est fiable, Richard est seul, il doit se m\u00e9fier de tous, et cette solitude le renvoie \u00e0 son statut d\u2019exception. Solitude, absence de confiance et statut d\u2019exception vont ensemble, les trois termes s\u2019appellent l\u2019un l\u2019autre, ils forment la matrice de l\u2019impasse narcissique de Richard.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me acte montrera toute la criminalit\u00e9 et la fourberie de Richard dans sa qu\u00eate progressive du pouvoir mais aussi dans la solitude qui l\u2019accompagne et dans laquelle il s\u2019enferme, il \u00ab&nbsp;agit&nbsp;\u00bb les mal\u00e9dictions de Margaret, confirme qu\u2019il est bien \u00ab&nbsp;caca d\u00e9mon&nbsp;\u00bb. Je passe, pour en venir au d\u00e9nouement de l\u2019intrigue, au quatri\u00e8me acte ou la \u00ab&nbsp;cl\u00e9&nbsp;\u00bb &#8211; l\u2019une des cl\u00e9s &#8211; majeure de la probl\u00e9matique narcissique de la criminalit\u00e9 de Richard va petit \u00e0 petit devenir formulable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La mal\u00e9diction de la duchesse d\u2019York, m\u00e8re de Richard<\/h2>\n\n\n\n<p>La m\u00e8re de Richard, la Duchesse d\u2019York, avait fait une courte apparition au deuxi\u00e8me acte et d\u00e9j\u00e0 on pouvait pressentir qu\u2019elle avait reni\u00e9 Richard, mais rien de comparable \u00e0 ce qu\u2019elle va lui dire au quatri\u00e8me acte. Je laisse de nouveau parole au g\u00e9nial William Shakespeare. Tout d\u2019abord quand Richard l\u2019interpelle, voil\u00e0 comment elle se d\u00e9finit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>O celle qui aurait pu, mis\u00e9rable<\/em><br><em>En t\u2019\u00e9tranglant dans son ventre maudit, arr\u00eater<\/em><br><em>Tous les meurtres que tu as perp\u00e9tr\u00e9s\u2026<\/em><br><em>Toi crapaud, crapaud \u2026<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis engage une s\u00e9rie de d\u00e9clarations concernant ses \u00e9tats internes pendant la grossesse et \u00e0 la naissance de Richard.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>\u2026 Moi je t\u2019ai attendu<\/em><br><em>Dieu le sait, dans le tourment et l\u2019angoisse\u2026<\/em><br><em>Ce fut un lourd fardeau pour moi que ta naissance\u2026<\/em><br><em>Plus jamais je ne regarderais ton visage<\/em><br><em>Aussi emporte avec toi ma plus lourde mal\u00e9diction<\/em><br><em>Qu\u2019au jour de la bataille, elle te fatigue plus<\/em><br><em>Que ton armure toute enti\u00e8re.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous verrons plus loin le r\u00f4le et l\u2019effet de cette mal\u00e9diction finale dans la d\u00e9faite et la mort de Richard, mais ce qu\u2019il faut d\u2019abord remarquer est la mani\u00e8re dont la mal\u00e9diction maternelle rejoint les mal\u00e9dictions de Margaret que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9es, Margaret et la Duchesse d\u2019York ne sont que deux faces du rejet et de la haine maternelle. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un rejet corporel primaire que nous avions \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 partir du \u00ab&nbsp;caca d\u00e9mon&nbsp;\u00bb de Margaret se redouble de la projection de l\u2019angoisse maternelle sur le b\u00e9b\u00e9 Richard, projection qui \u00ab&nbsp;f\u00e9calise&nbsp;\u00bb d\u2019embl\u00e9e le b\u00e9b\u00e9 et provoque rejet et exclusion&nbsp;: rien n\u2019est bon dans ce petit d\u2019homme qui vient de na\u00eetre et toute l\u2019enfance de Richard ne sera que confirmation &#8211; \u00ab&nbsp;<em>Quelle heure de joie peux-tu citer que j\u2019ai jamais gout\u00e9 en ta compagnie&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb &#8211; de cette condamnation premi\u00e8re. D\u2019embl\u00e9e son sort est jet\u00e9, l\u2019arr\u00eat est prononc\u00e9, il sera coupable, il est n\u00e9 coupable, d\u00e9sign\u00e9 tel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;<em>Criminels par sentiment de culpabilit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb en 1916, Freud a eu l\u2019intuition qu\u2019il fallait retourner la question de la criminalit\u00e9 pour en avoir la cl\u00e9, les crimes sont commis parce que le sujet se sent coupable, et sans doute pour tenter de cerner ce sentiment premier de culpabilit\u00e9, tenter de s\u2019en rendre ma\u00eetre, et non l\u2019inverse. William Shakespeare semble avoir parfaitement compris cette logique de la criminalit\u00e9 quand, d\u2019abord avec Margaret, puis de mani\u00e8re encore plus nette avec la Duchesse d\u2019York, il formule les mal\u00e9dictions premi\u00e8res qui sont tomb\u00e9es sur le berceau de Richard et sont \u00e0 l\u2019origine de sa criminalit\u00e9. Mal\u00e9dictions, Richard le maudit, le \u00ab&nbsp;mal dit&nbsp;\u00bb, celui qui \u00ab&nbsp;dira le mal&nbsp;\u00bb, qui fera le mal. Sans doute profond\u00e9ment touch\u00e9 par la condamnation de sa m\u00e8re, Richard va tenter de retrouver \u00ab&nbsp;la s\u00e9duction par l\u2019abject&nbsp;\u00bb qui avait si bien march\u00e9 avec Anne au premier acte. Mais cette fois c\u2019est bien la m\u00e8re, Elisabeth, qu\u2019il faut s\u00e9duire, la s\u00e9duire pour atteindre la fille, pour avoir la fille, autre Elisabeth. Et Richard renouvelle la strat\u00e9gie qui a si bien march\u00e9 avec Anne, il part \u00e0 la conqu\u00eate d\u2019Elisabeth, la m\u00e8re dont il a tu\u00e9 les fils. Et de nouveau il doit \u00ab&nbsp;survivre&nbsp;\u00bb aux attaques haineuses de la m\u00e8re pour finir par la convaincre, au nom de son amour de m\u00e8re, que de leur union ne pourra na\u00eetre que du bien pour sa fille Elisabeth.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette fois pas de v\u00e9ritable embellie pour Richard car la mal\u00e9diction maternelle a frapp\u00e9 et c\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur, de ses r\u00eaves, qu\u2019elle va cette fois faire retour. L\u2019ombre revient dans les r\u00eaves, ombre faite de spectres, et le lourd fardeau pr\u00e9dit par sa m\u00e8re va se faire de plus en plus sentir \u00e0 chaque apparition nouvelle d\u2019un spectre. Chaque spectre va, en effet, peser de tout son poids sur Richard \u00e0 l\u2019aube de son combat terminal contre les arm\u00e9es adverses, chaque spectre va redoubler la mal\u00e9diction maternelle et le pousse \u00e0 la m\u00e9lancolie&nbsp;: \u00ab&nbsp;d\u00e9sesp\u00e8re et meurt&nbsp;\u00bb lui dit chacun des spectres. Chaque mal\u00e9diction lui pr\u00e9dit qu\u2019alourdi par le poids de ses fautes, il p\u00e9rira au combat. Pour tenter d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ce destin funeste, Richard a alors recours \u00e0 une ultime tentative, il se d\u00e9double, tente de se retirer de lui-m\u00eame pour \u00ab&nbsp;dialoguer avec lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb et tenter de s\u2019extraire de cette partie de lui qui le condamne et vient hanter les alc\u00f4ves de sa psych\u00e9 endormie, mais en pure perte car tout ne cesse de se retourner. L\u00e0 encore il faut donner la parole \u00e0 William Shakespeare.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Richard aime Richard, \u00e0 savoir Moi et Moi<\/em><br><em>Y a t-il un meurtrier ici&nbsp;? Non. Si Moi<\/em><br><em>Alors fuyons. Quoi me fuir moi-m\u00eame&nbsp;? Pour quelle raison&nbsp;?<\/em><br><em>De peur que je me venge&nbsp;? Quoi moi-m\u00eame de moi-m\u00eame&nbsp;?<\/em><br><em>H\u00e9las j\u2019aime moi-m\u00eame&nbsp;? Pourquoi&nbsp;?<\/em><br><em>Pour m\u2019avoir fait du bien \u00e0 moi-m\u00eame&nbsp;?<\/em><br><em>O non h\u00e9las, je me d\u00e9teste plut\u00f4t<\/em><br><em>Pour les actes d\u00e9testables commis par moi-m\u00eame<\/em><br><em>Je suis un sc\u00e9l\u00e9rat \u2013 non je mens je n\u2019en suis pas un&nbsp;!<\/em><br><em>Bouffon de toi-m\u00eame parle honn\u00eatement. Bouffon ne te flatte pas<\/em><br><em>Ma conscience a mille langues diff\u00e9rentes<\/em><br><em>Et chaque langue raconte une histoire diff\u00e9rente<\/em><br><em>Et chaque histoire me condamne comme sc\u00e9l\u00e9rat \u2026<\/em><br><em>Et si je meurs pas une \u00e2me n\u2019aura piti\u00e9 de moi<\/em><br><em>Pourquoi en aurait-on puisque moi-m\u00eame<\/em><br><em>Je ne trouve aucune piti\u00e9 pour moi-m\u00eame<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le sort en est jet\u00e9, Richard, vaincu dans son d\u00e9bat int\u00e9rieur, par le retour d\u2019un sentiment de culpabilit\u00e9 primaire harcelant, sera aussi vaincu sur le champ de bataille, vaincu pour avoir cru tuer Richemond \u00e0 diff\u00e9rentes reprises et d\u00e9couvrir que ce n\u2019\u00e9tait que des leurres. Mais Richard meurt d\u2019abord tu\u00e9 par lui-m\u00eame, tu\u00e9 par ses r\u00eaves, par le fardeau, par l\u2019incorporation des mal\u00e9dictions maternelles. Une derni\u00e8re remarque pour finir&nbsp;: mais o\u00f9 \u00e9tait donc le p\u00e8re de Richard&nbsp;?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9482?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Le narcissisme et sa fonction dans la criminalit\u00e9 peuvent \u00eatre envisag\u00e9s selon diff\u00e9rents points de vue, diff\u00e9rents vertex, celui que je vais adopter, en prenant William Shakespeare comme compagnon de route, repose sur l\u2019id\u00e9e que la (d\u00e9)r\u00e9gulation narcissique du&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[278,351,290],"auteur":[1484],"dossier":[614],"mode":[61],"revue":[677],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9482","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-institution","thematique-societe","thematique-violence","auteur-rene-roussillon","dossier-la-criminalite-aujourdhui-dans-la-pratique-clinique","mode-gratuit","revue-677","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9482","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9482"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9482\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14379,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9482\/revisions\/14379"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9482"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9482"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9482"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9482"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9482"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9482"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9482"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9482"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9482"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}