{"id":9475,"date":"2021-08-22T07:30:04","date_gmt":"2021-08-22T05:30:04","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/comme-ce-serait-beau-detre-une-femme-subissant-le-coit-2\/"},"modified":"2021-09-17T21:18:58","modified_gmt":"2021-09-17T19:18:58","slug":"comme-ce-serait-beau-detre-une-femme-subissant-le-coit","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/comme-ce-serait-beau-detre-une-femme-subissant-le-coit\/","title":{"rendered":"\u201cComme ce serait beau d\u2019\u00eatre une femme subissant le co\u00eft \u201d"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;Comme ce serait beau d\u2019\u00eatre une femme subissant le co\u00eft&nbsp;\u00bb, constitue la phrase inaugurale de l\u2019entr\u00e9e du Pr\u00e9sident Schreber dans la maladie. Un matin, au r\u00e9veil, Schreber est travers\u00e9 par cette \u00ab&nbsp;fantaisie&nbsp;\u00bb, comme la nomme Freud<sup>1<\/sup>. Ce d\u00e9sir d\u2019\u00eatre une femme devient l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus stable du d\u00e9lire de Schreber. D\u2019abord rejet\u00e9 activement, il se r\u00e9conciliera avec ce d\u00e9sir de transformation en le rapportant \u00e0 un dessein divin. Schreber \u00e9crit dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu n\u2019entreprendrait jamais de se retirer de moi (&#8230;) mais il c\u00e8derait tout au contraire et d\u2019une fa\u00e7on continue \u00e0 l\u2019attraction qui le pousse vers moi s\u2019il m\u2019\u00e9tait possible d\u2019assumer <em>sans cesse<\/em> le r\u00f4le d\u2019une femme que j\u2019\u00e9treindrais moi-m\u00eame sexuellement, si je pouvais <em>sans cesse<\/em> reposer mes yeux sur des formes f\u00e9minines, regarder sans cesse des images de femmes, et ainsi de suite&nbsp;\u00bb. Si dans la premi\u00e8re phase de la maladie, l\u2019\u00e9masculation est rejet\u00e9e dans un mouvement de \u00ab&nbsp;protestation virile&nbsp;\u00bb qui associe la castration et le fait, \u00e9crit Schreber, \u00ab&nbsp;d\u2019\u00eatre livr\u00e9 \u00e0 cet homme, en vue d\u2019abus sexuels, pour \u00eatre ensuite tout bonnement \u00ab&nbsp;laiss\u00e9 en plan&nbsp;\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire sans doute abandonn\u00e9 \u00e0 la putr\u00e9faction&nbsp;\u00bb. Dans la seconde phase, la question de la castration, de la diff\u00e9rence des sexes et de la mort ne sont plus. A l\u2019inverse, Schreber \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu r\u00e9clame <em>un \u00e9tat constant de jouissance<\/em> comme \u00e9tant en harmonie avec les conditions d\u2019existence impos\u00e9es aux \u00e2mes par l\u2019ordre de l\u2019univers (&#8230;) c\u2019est alors mon devoir de lui offrir cette jouissance&nbsp;\u00bb. Il est alors question d\u2019harmonie, de b\u00e9atitude, de fusion et non plus de s\u00e9paration, de manque, de mort. Schreber est tout \u00e0 la fois \u00e9pouse de Dieu et M\u00e8re de l\u2019humanit\u00e9, f\u00e9cond\u00e9 par un miracle, \u00e0 l\u2019image de la Sainte Vierge, \u00ab&nbsp;une femme qui n\u2019a jamais eu de rapport avec un homme&nbsp;\u00bb \u00e9crit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Freud \u00e9voque la bisexualit\u00e9 dans ce qu\u2019elle permet de penser l\u2019homosexualit\u00e9, il nous semble que cette bisexualit\u00e9, en tant que construction psychique, permet l\u2019h\u00e9t\u00e9rosexualit\u00e9 en ce qu\u2019elle inclut la reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes, tout en prot\u00e9geant de la question du manque de l\u2019autre sexe. C\u2019est cette proposition que nous allons soumettre \u00e0 la r\u00e9flexion en nous appuyant sur une clinique particuli\u00e8re, celle des sujets dits <em>sex addict<\/em>. Qu\u2019est-ce que cette addiction au sexe interroge du c\u00f4t\u00e9 de la bisexualit\u00e9 psychique et de ses rat\u00e9s&nbsp;? En quoi le paradigme de l\u2019hypocondrie est-il pertinent pour entendre autrement les liens entre l\u2019addiction sexuelle et les avatars de la bisexualit\u00e9 psychique&nbsp;? Longtemps associ\u00e9e dans la tradition m\u00e9dicale et psychopathologique \u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie, la m\u00e9lancolie et les folies obsessionnelles, l\u2019hypocondrie n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00e9voluer selon les paradigmes psycho-pathologiques en vigueur. En d\u00e9pit des grandes cat\u00e9gories dans laquelle la forme hypocondriaque se trouve rang\u00e9e, on remarque toutefois que les descriptions cliniques restent assez stables. Paradigmatique d\u2019une s\u00e9miologie d\u2019un corps \u00e9rotique souffrant, poussant au plus loin l\u2019id\u00e9e d\u2019une rationalit\u00e9 des signes, l\u2019hypocondrie offre au clinicien une belle illustration du rapport \u00e9troit que peuvent entretenir le registre des sensations corporelles et celui de l\u2019imagination. Prisonnier d\u2019une \u00e9coute auto-\u00e9rotique repli\u00e9e sur les manifestations du corps propre et de son fonctionnement, l\u2019hypocondriaque se prend lui-m\u00eame comme objet d\u2019une \u00e9tude scientifique d\u00e9lirante o\u00f9 se m\u00ealent topographies corporelles imaginaires et fonctions du corps fantastique. Dans ce type de fonctionnement, l\u2019animisme, la pens\u00e9e magique prennent une grande importance pour construire dans l\u2019actualit\u00e9 des douleurs-excitations du corps une th\u00e9orie corporelle infantile. Et lorsque l\u2019identification (\u00e0 l\u2019\u00eatre perdu, au mort) vient se loger dans un organe, tout est en place pour permettre \u00e0 l\u2019hypocondriaque de devenir m\u00e8re de sa propre douleur, une m\u00e8re \u00d4 combien folle de ses enfants organes. Pour Pierre F\u00e9dida&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le deuil hypocondriaque ressemble \u00e0 une sorte de travail de grossesse o\u00f9 le sujet serait somatiquement celui qui porte en lui le p\u00e9nis s\u00e9par\u00e9 dont la souffrance est propre \u00e0 se laisser prendre pour celle d\u2019une certaine castration.&nbsp;\u00bb (F\u00e9dida, 1972). Pathologie de la solitude, pathologie de la confiance dans l\u2019autre, que se passe-t-il lorsque la folie hypocondriaque colonise le orifices limites (bouche, vagin, anus et leurs annexes) venant occuper le devant de la sc\u00e8ne de toute la sensitivit\u00e9 somatique. Ici, l\u2019hypocondriaque sexuel, tel un espion, un surveillant, un t\u00e9moin de lui-m\u00eame, compare, examine, et \u00e9tudie les moindres signes \u00e9manant de ses propres zones \u00e9rog\u00e8nes, en demande urgente de soin. Car dans cette auto-\u00e9valuation permanente, intrusive, implacable, on trouverait une forme paradoxale de demande de tendresse du corps pour lui-m\u00eame. Et si l\u2019addiction sexuelle pouvait s\u2019entendre comme un langage d\u2019organe&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de sa clinique avec des patients n\u00e9o-sexuels, Joyce Mc Dougall \u00e9mettait l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019existence d\u2019un fantasme inconscient consistant \u00e0 la croyance selon laquelle il n\u2019existe qu\u2019un sexe pour deux. Pour elle, les solutions n\u00e9o-sexuelles non seulement prot\u00e8gent contre des terreurs conscientes face \u00e0 la sexualit\u00e9 adulte mais \u00e9galement contre la perte de l\u2019identit\u00e9 sexuelle et m\u00eame de l\u2019identit\u00e9 subjective&nbsp;: \u00ab&nbsp;Par le biais de l\u2019appropriation imaginaire du sexe du partenaire, il y a invariablement la r\u00e9v\u00e9lation de la r\u00e9cup\u00e9ration fantasmatique de sa propre int\u00e9grit\u00e9 sexuelle qui ma\u00eetrise l\u2019angoisse de castration et qui rassure le sujet contre la peur &#8211; plus primitive &#8211; de la perte des limites corporelles ou du sens de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 corporelle.\u00bb (Mc Dougall 1989). Ici, \u00e0 l\u2019instar des fonctionnements psychosomatiques, le corps \u00e9rotique tout entier s\u2019offre comme surface de repr\u00e9sentation. L\u2019angoisse de castration serait ici difficilement m\u00e9taphorisable&nbsp;: il faudrait alors compulsivement rechercher des p\u00e9nis, organes dans la r\u00e9alit\u00e9 externe pour survivre \u00e0 une angoisse de castration devenue angoisse identitaire. Si la solution addictive permet de fuir la survenue d\u2019angoisses primitives de morcellement physique ou psychique, et d\u2019\u00e9viter la terreur fondamentale du vide dans laquelle le sentiment d\u2019identit\u00e9 risque de basculer, le r\u00e9sultat atteint n\u2019en reste pas moins insatisfaisant. Le caract\u00e8re compulsif se charge alors de r\u00e9p\u00e9ter inlassablement les conditions de l\u2019insatisfaction paradoxalement protectrice en comparaison avec le risque hautement plus angoissant de vivre plus pr\u00e8s de ses d\u00e9sirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le d\u00e9lire de Schreber, on retrouve ais\u00e9ment cette id\u00e9e d\u2019un retour \u00e0 l\u2019id\u00e9al de la position passive de l\u2019<em>infans<\/em> associ\u00e9 \u00e0 l\u2019illusion d\u2019\u00eatre Un, d\u2019\u00eatre le Tout, Dieu ou d\u00e9chet cadavre, l\u2019harmonie pr\u00e9c\u00e9dent l\u2019\u00e9preuve et l\u2019exp\u00e9rience du manque. Du c\u00f4t\u00e9 de sujets pris dans l\u2019addiction au sexe adeptes du <em>fist-fucking<\/em> (consistant pour le fist\u00e9 \u00e0 \u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par l\u2019anus par le poing et l\u2019avant-bras du fisteur) les discours qui accompagnent ces pratiques \u00e9voquent souvent le retour \u00e0 un \u00e9prouv\u00e9 de \u00ab&nbsp;sensation pure, d\u2019une douceur inou\u00efe&nbsp;\u00bb et le sentiment d\u2019unit\u00e9 plus que d\u2019union. Andr\u00e9 Beetschen (Beetschen, 2000) voit dans la pratique du <em>fist-fucking<\/em> une mani\u00e8re d\u2019\u00e9prouver \u00ab&nbsp;la sensation tr\u00e8s excitante de chaleur et de palpitation, comme la r\u00e9alisation agie d\u2019un fantasme de retour au ventre maternel\u2026 \u00ab&nbsp;<em>mais pas avec ma m\u00e8re&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb s\u2019\u00e9criait son patient. Si Schreber lutte dans un premier temps contre cette fantaisie d\u2019\u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9, c\u2019est assur\u00e9ment qu\u2019il l\u2019\u00e9prouve comme dangereuse pour son moi, il d\u00e9compense et construit un d\u00e9lire dans lequel la diff\u00e9rence des sexes, le rapport sexuel n\u2019a plus voix au chapitre. Chez les sujets adeptes du <em>fist-fucking<\/em> on peut s\u2019interroger sur une pratique compulsive de la sexualit\u00e9 qui met hors jeu l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, la diff\u00e9rence des sexes, la question du manque (fondamentalement \u00e9prouv\u00e9 mais intraitable psychiquement) interrogeant la construction de la potentialit\u00e9 psychique \u00e0 la bisexualit\u00e9. Ici, l\u2019inaccessible bisexualit\u00e9 psychique rimerait avec unisexe. La probl\u00e9matique pr\u00e9g\u00e9nitale &#8211; organis\u00e9e autour de l\u2019axe bouche-anus &#8211; est ici triomphante. Les notions psychanalytiques de \u00ab&nbsp;fixation&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;r\u00e9gression&nbsp;\u00bb peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour entendre comment dans les \u00e9tapes du d\u00e9veloppement libidinal, la sexualisation excessive de certaines fonctions vitales (alimentation, toilette) impliquant les organes pr\u00e9g\u00e9nitaux est susceptible de rester tr\u00e8s agissante \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Le sens d\u2019une sexualisation ou d\u2019une d\u00e9sexualisation excessive est ainsi interrog\u00e9&nbsp;: si l\u2019activit\u00e9 compulsive obsessionnelle (en d\u00e9pla\u00e7ant et m\u00e9taphorisant) sexualise en quelque sorte le rapport qu\u2019entretient le sujet \u00e0 certains objets inanim\u00e9s (verrous de porte, robinets de gaz\u2026) ou \u00e0 certaines situations (activit\u00e9s de nettoyage, de lavage, d\u2019habillage\u2026) la sexualit\u00e9 addictive, dans un mouvement oppos\u00e9, d\u00e9sexualise l\u2019activit\u00e9 sexuelle et instrumentalise le corps des sujets vivants comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019objets inanim\u00e9s de consommation. On peut voir dans ces solutions agies l\u2019effet d\u2019une version insuffisamment refoul\u00e9e de la phase incestueuse du fantasme de l\u2019enfant battu tel que Freud nous la pr\u00e9sente en 1919 dans la deuxi\u00e8me s\u00e9quence de ce fantasme &#8211; celle o\u00f9 l\u2019enfant battu se confond avec l\u2019auteur du fantasme d\u2019\u00eatre battu. Les d\u00e9sirs \u0153dipiens incestueux et meurtriers, qui chez les n\u00e9vros\u00e9s ne passent g\u00e9n\u00e9ralement pas les digues de la conscience, envahissent ici le Moi d\u00e9bord\u00e9 d\u2019angoisse. D\u00e9vastateur, le sentiment de culpabilit\u00e9 s\u2019\u00e9prouve alors sur le mode des auto-accusations m\u00e9lancoliques. On peut mieux comprendre comment le fait de trouver un metteur en sc\u00e8ne sur la sc\u00e8ne ext\u00e9rieure (un partenaire qui rabaisse, chosifie) vient paradoxalement soulager ces sujets. Ces am\u00e9nagements particuliers <em>via<\/em> la sexualit\u00e9 agie permettent de conserver des positions sexuelles infantiles garantissant de conserver l\u2019amour des deux parents. En se laissant \u00ab&nbsp;fouiller&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;d\u00e9foncer&nbsp;\u00bb, chosifier, rabaisser par un partenaire anonyme, le sujet se punit de la double faute d\u2019avoir voulu s\u00e9duire, et d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par le parent \u0153dipien, tout en conservant le plaisir masochiste d\u2019\u00eatre battu par l\u2019objet rival, excitant et excit\u00e9. Et peut-\u00eatre, aussi, \u00e0 ces moments, il se sent vivant. La recherche active d\u2019une douleur corporelle le soulage paradoxalement d\u2019une angoisse massive sans nom. Il est notable que pour fuir son monde interne angoissant, se met en sc\u00e8ne la recherche compulsive d\u2019excitations sensorielles (de plaisir ou de douleur). Ici, le surmoi, plus cruel que protecteur, lui fait vivre ses d\u00e9sirs comme des forces d\u00e9moniaques, mauvaises et impures. On observe une forme particuli\u00e8re de surmoi externalis\u00e9 qui punit le Moi \u00e0 travers les actes compulsivement produits. On entend mieux alors comment le sujet est pouss\u00e9 pour sortir de cet enfermement incestueux \u00e0 aller copuler avec des corps anonymes. En prenant les hommes pour des p\u00e9nis ou des femmes pour des vagins, selon la logique de la m\u00e9tonymie, on entend bien comment le travail de la bisexualit\u00e9 psychique est ici radicalement \u00e9cart\u00e9. La frigidit\u00e9, comme les conduites sexuelles hyperactives, peuvent ainsi \u00eatre entendue comme une tentative de meurtre de la sexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour poursuivre revenons sur cette notion de \u00ab&nbsp;bisexualit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb, en insistant sur les deux termes. Effectivement, si Freud emprunte \u00e0 Fliess l\u2019affirmation d\u2019une bisexualit\u00e9 fondamentale de l\u2019\u00eatre humain, il ne la fera pas d\u00e9river du biologique mais comme l\u2019\u00e9crit Didier Anzieu, \u00ab&nbsp;la bisexualit\u00e9 r\u00e9sulte d\u2019identifications \u00e0 la fois masculines et f\u00e9minines, c\u2019est \u00e0 dire d\u2019un processus purement psychique&nbsp;: l\u00e0 r\u00e9sidera l\u2019explication purement psychanalytique&nbsp;\u00bb. Cette sp\u00e9cification est essentielle pour saisir ce que signifie la notion de bisexualit\u00e9 dans le champ psychanalytique, elle rel\u00e8ve du constat freudien \u00ab&nbsp;chez des individus masculins et f\u00e9minins se rencontrent des motions pulsionnelles aussi bien masculines que f\u00e9minines, pouvant les unes comme les autres devenir inconscientes par refoulement&nbsp;\u00bb (Freud, 1909, p.145). Freud \u00e9voque une \u00ab&nbsp;fonction bisexuelle&nbsp;\u00bb dans <em>Psychogen\u00e8se d\u2019un cas d\u2019homosexualit\u00e9 f\u00e9minine<\/em> (1920), 17 ans plus tard dans <em>L\u2019analyse avec fin et l\u2019analyse sans fin<\/em>, il s\u2019interroge sur la difficult\u00e9 d\u2019un \u00ab&nbsp;bon usage de la bisexualit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une des r\u00e9ponses \u00e0 cette interrogation peut se trouver dans l\u2019id\u00e9e que la bisexualit\u00e9 psychique proc\u00e8de de processus psychiques, qu\u2019elle est une potentialit\u00e9 de l\u2019appareil psychique dont la formation est li\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire individuelle de chacun, plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 l\u2019histoire des premi\u00e8res relations. Il peut y avoir l\u00e0 un paradoxe, la bisexualit\u00e9 psychique dans son d\u00e9ploiement \u00e9mergerait d\u2019un temps o\u00f9 la diff\u00e9rence des sexes n\u2019est pas advenue pour la psych\u00e9. De ce point de vue, une fonction de la bisexualit\u00e9 serait le traitement psychique de la diff\u00e9rence des sexes intriqu\u00e9e \u00e0 l\u2019angoisse face \u00e0 la castration. La \u00ab&nbsp;pleine fonction bisexuelle&nbsp;\u00bb, selon l\u2019expression freudienne, ne travaille pas avec les fantasmes d\u2019androgynie, ceux qui tendent \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une sorte d\u2019unisexualit\u00e9 et \u00e0 r\u00e9duire, voire effacer la diff\u00e9rence des sexes. A l\u2019inverse, la \u00ab&nbsp;pleine fonction bisexuelle&nbsp;\u00bb s\u2019appuie sur la reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes qu\u2019elle tend \u00e0 relativiser en permettant des mouvements identificatoires d\u2019un sexe \u00e0 l\u2019autre. Ainsi, cette fonction bisexuelle si elle ne peut \u00eatre d\u00e9partie du traitement de l\u2019\u0153dipe, de la diff\u00e9rence des sexes et de la castration, est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 la reconnaissance de l\u2019autre sexe au sens d\u2019une construction fantasmatique de l\u2019autre sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>J.-B. Pontalis (1973, p. 106) \u00e9voque l\u2019aspect contradictoire de tout mythe de la bisexualit\u00e9 qui contient \u00ab&nbsp;deux fantasmes fort diff\u00e9rents, voire oppos\u00e9s, dont il tente l\u2019impossible conciliation&nbsp;\u00bb (1973, p.17). Un fantasme assurant la pleine possession du phallus, \u00e0 la fois maternel et paternel, celui-ci tient la diff\u00e9rence et un fantasme qui tente de se prot\u00e9ger de toute s\u00e9paration, castration, mort, fantasme effa\u00e7ant la diff\u00e9rence. La pleine fonction bisexuelle est associ\u00e9e au premier fantasme, celui qui inclut l\u2019autre sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la bisexualit\u00e9 psychique peut \u00eatre entendue comme une modalit\u00e9 de traitement psychique de l\u2019angoisse de castration. Quand la bisexualit\u00e9 est suffisamment souple et disponible, elle permet un jeu identificatoire riche \u00e0 partir de sa source, les identifications \u00e0 chacune des 2 imagos parentales. Ses rat\u00e9s peuvent prendre plusieurs teintes mais assur\u00e9ment impliquent les questions narcissiques, du c\u00f4t\u00e9 du manque, et de l\u2019identit\u00e9. Une bisexualit\u00e9 psychique bien temp\u00e9r\u00e9e impliquerait que le processus identificatoire reste ouvert \u00e0 la souplesse des transformations. Dans ces situations, les composantes haineuses qui saturent le lien de rivalit\u00e9 hostile \u00e9prouv\u00e9e pour le parent du m\u00eame sexe d\u00e9qualifi\u00e9 ne facilitent pas une identification \u00e0 ce dernier. Le fait de s\u00e9duire toutes les femmes ou tous les hommes en dehors de son partenaire pourrait alors se concevoir comme une mani\u00e8re paradoxale d\u2019\u00e9carter le mauvais parent du partenaire \u0153dipien, unique objet intouchable.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour poursuivre, nous allons \u00e9voquer l\u2019histoire de Ga\u00ebl, suivi environ une ann\u00e9e en CMP. Ga\u00ebl a 27 ans, il est s\u00e9ropositif, pris dans une compulsivit\u00e9 sexuelle maniaque, tr\u00e8s destructive et sans objet. Lors d\u2019une s\u00e9ance o\u00f9 son psychoth\u00e9rapeute \u00e9prouve des difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9couter autre chose que le contenu de ses descriptions pornographiques tr\u00e8s crues, il entend&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019en ai peut-\u00eatre plomb\u00e9 un cette nuit, il \u00e9tait tout jeune, tout frais&nbsp;\u00bb. Ga\u00ebl engendrait la mort, contaminait, d\u00e9posait le germe de la mort \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du corps de l\u2019autre comme d\u2019autres donnent la vie. Malgr\u00e9 tous les efforts du psychoth\u00e9rapeute pour se d\u00e9prendre de l\u2019\u00e9coute de ce discours froid, au sens o\u00f9 il \u00e9prouve une r\u00e9elle difficult\u00e9 \u00e0 maintenir cette attention flottante permettant d\u2019entendre autre chose que ce qui est dit, il est contamin\u00e9 par des sentiments d\u2019hostilit\u00e9. \u00c0 la lassitude du d\u00e9but succ\u00e8de un sentiment d\u2019exasp\u00e9ration. Images et id\u00e9es traversent sa pens\u00e9e&nbsp;: il se voit en train de le pousser dans l\u2019escalier en lui hurlant de ne plus mettre les pieds ici. Il pense alors \u00e0 arr\u00eater ce travail\u2026 Alors qu\u2019il se trouve en difficult\u00e9 pour tenir le cadre du dispositif psychoth\u00e9rapique, il entend&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vous ne m\u2019aimez pas, n\u2019est-ce pas&nbsp;?!&nbsp;\u00bb Troubl\u00e9, il ne r\u00e9pond pas, participant par l\u00e0 m\u00eame au renforcement d\u2019une atmosph\u00e8re d\u2019hostilit\u00e9 quasi palpable. Tout entier il se concentre pour demeurer silencieux, imp\u00e9n\u00e9trable pourrions-nous dire. Il a, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, consid\u00e9r\u00e9 que ce message lui \u00e9tait adress\u00e9, celui de la contamination par le germe de la mort. Ga\u00ebl ne l\u2019avait-il pas qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;b\u00e9b\u00e9&nbsp;\u00bb lorsque le rencontrant pour la premi\u00e8re fois, il avait \u00e9mis un doute sur ses comp\u00e9tences professionnelles \u00e0 lui venir en aide eu \u00e9gard \u00e0 son \u00e2ge&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>A la lecture des travaux de Ren\u00e9 Roussillon (1991) sur les paradoxes et situations limites, il aurait \u00e9t\u00e9 sans doute opportun de dire quelque chose comme \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre que c\u2019est rassurant d\u2019imaginer que je peux accueillir en moi et survivre aux germes de pens\u00e9es radicalement \u00e9trangers que vous pourriez d\u00e9poser \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi.&nbsp;\u00bb Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, le th\u00e9rapeute est d\u00e9bord\u00e9 par une \u00e9motion de col\u00e8re qui le sid\u00e8re. Tandis que les minutes semblaient alors durer des heures enti\u00e8res, c\u2019est le patient lui-m\u00eame qui lui vint en aide en lan\u00e7ant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Au fait, vous allez \u00eatre content&nbsp;: pour une fois, j\u2019ai un r\u00eave pour vous&nbsp;\u00bb. En lui donnant \u00e0 entendre son r\u00eave, Ga\u00ebl lui permit de retrouver une position d\u2019\u00e9coute flottante. Car dans ces longues secondes ou minutes, le psychoth\u00e9rapeute \u00e9tait devenu l\u2019otage d\u2019une sorte de clinique de la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: prisonnier d\u2019une logique pauvre, cliv\u00e9e, celle paradoxale du <em>vrai<\/em> ou du <em>faux<\/em>, du <em>bon<\/em> et du <em>mauvais<\/em>. Logique qui tente de maintenir une diff\u00e9rence, un \u00e9cart et donc un mouvement de pens\u00e9e aussi pauvre soit-il. La contamination par le germe de la mort peut \u00eatre entendu comme une \u00ab&nbsp;emprise contre transf\u00e9rentielle ayant pour vis\u00e9e d\u2019emp\u00eacher chez l\u2019autre ce qui fait d\u00e9faut en soi&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, selon la formule de J.-B. Pontalis, \u00ab&nbsp;la constitution et le d\u00e9ploiement d\u2019un espace psychique, d\u2019une \u201cchambre \u00e0 soi\u201d, o\u00f9 le sujet pourrait se trouver en trouvant d\u2019autres objets que l\u2019objet primaire auquel il se sent inexorablement li\u00e9&nbsp;\u00bb (1977, p.233). Le r\u00eave qui jaillit comme une surprise et un soulagement dans ce moment de crise contre-transf\u00e9rentielle est de ce point de vue tout \u00e0 fait parlant, le voici&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est la montagne en hiver, dans un chalet sous la neige. Je suis un enfant, assis dans l\u2019escalier. Ma m\u00e8re est \u00e0 l\u2019\u00e9tage, elle est jeune (20-30 ans), elle ne sait pas que je peux la voir de l\u00e0 o\u00f9 je suis. Elle fait sa toilette. Elle est nue, de dos. Quand elle se retourne pour attraper une serviette, je me rends compte qu\u2019elle a un sexe d\u2019homme&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ga\u00ebl associe autour de ce r\u00eave. Tout d\u2019abord, il est frapp\u00e9 par cette vision du sexe de sa m\u00e8re&nbsp;: sa m\u00e8re a le p\u00e9nis. Il est homosexuel, parce qu\u2019il recherche en l\u2019homme le phallus vol\u00e9 par sa m\u00e8re. Deuxi\u00e8me association, le p\u00e9nis de sa m\u00e8re est un p\u00e9nis d\u2019adolescent (comme le sien), il n\u2019aime pas ce genre de p\u00e9nis. Sa deuxi\u00e8me interpr\u00e9tation est la suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai le sexe de ma m\u00e8re. Je suis une femme.&nbsp;\u00bb Ce r\u00eave fait \u00e9cho \u00e0 un souvenir de Ga\u00ebl \u00e9voqu\u00e9 quelques s\u00e9ances auparavant. Alors qu\u2019il parlait somme toute tr\u00e8s peu de son enfance, une association autour du signifiant \u00ab&nbsp;gant&nbsp;\u00bb l\u2019aida \u00e0 se rem\u00e9morer et revivre certaines sc\u00e8nes infantiles&nbsp;: le bain, la complicit\u00e9 entre lui et sa m\u00e8re qui le baignait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans&nbsp;; ce p\u00e8re qui faisait semblant de ne rien voir ou de ne rien entendre, et surtout le regard de sa m\u00e8re qui, lorsqu\u2019elle lui passait le \u00ab&nbsp;gant&nbsp;\u00bb sur le corps, \u00e9vitait par-dessus tout de poser ses yeux sur son p\u00e9nis, litt\u00e9ralement <em>scotomis\u00e9<\/em> dans ce miroir du regard maternel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inversement des perceptions est somme toute logique&nbsp;: son p\u00e9nis \u00e0 lui est captur\u00e9 dans le regard aveugle de sa m\u00e8re. En retour, dans le r\u00eave, c\u2019est bien sa m\u00e8re qui d\u00e9tient son propre p\u00e9nis, lui n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 tenter de s\u2019incarner en un vagin souill\u00e9. Sa rage f\u00e9roce vis-\u00e0-vis du p\u00e8re s\u2019exprimait de mani\u00e8re invers\u00e9e sur son propre corps. Freud \u00e9crit en 1917, dans <em>Sur les transpositions de pulsions plus particuli\u00e8rement dans l\u2019\u00e9rotisme anal<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il est beaucoup plus facile de reconna\u00eetre chez l\u2019homme une autre pi\u00e8ce de cette connexion. Elle s\u2019\u00e9tablit quand l\u2019enfant a fait l\u2019exp\u00e9rience au cours de ses investigations sexuelles du d\u00e9faut de p\u00e9nis chez la femme. Le p\u00e9nis est alors reconnu comme quelque chose que l\u2019on peut s\u00e9parer du corps et est identifi\u00e9 comme analogue de l\u2019excr\u00e9ment qui \u00e9tait la premi\u00e8re pi\u00e8ce de substance corporelle \u00e0 laquelle on a d\u00fb renoncer.&nbsp;\u00bb (Freud, 1917, p.111-112). Ce renoncement chez Ga\u00ebl ne semblait gu\u00e8re op\u00e9rant, r\u00e9activant chez lui \u00e0 la fois l\u2019affect d\u2019angoisse li\u00e9 \u00e0 la perte, mais aussi une rage vengeresse&nbsp;: rien ne pourrait l\u2019arr\u00eater quant \u00e0 la jouissance d\u2019un remplissage compensatoire. Lui, chose de sa m\u00e8re, attirait les hommes sur elle &#8211; lui, sa m\u00e8re &#8211; sous le regard aveugle du p\u00e8re tandis que son propre corps attirait l\u2019\u0153il de sa m\u00e8re, tout autour de ce point aveugle. Il est possible de penser &#8211; dans un renversement de cet angle optique &#8211; que sa m\u00e8re, en niant du regard l\u2019existence m\u00eame de la forme de son p\u00e9nis alors qu\u2019elle lui prodiguait la toilette sur le corps avec un gant, ne regardait que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres sc\u00e8nes de l\u2019enfance de Ga\u00ebl, permettent de penser la position de passivation dans laquelle, en relation avec sa m\u00e8re, il \u00e9tait maintenu et se maintenait. Effectivement, chez Ga\u00ebl, la membrane muqueuse du rectum avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cocement investie-excit\u00e9e par sa m\u00e8re, qui lui administrait des lavements pour lutter contre une constipation chronique. La main maternelle \u00e9tait devenue famili\u00e8re de sa zone anale, exer\u00e7ant certaines man\u0153uvres d\u2019extraction intrusive (suppositoires et lavements). Dans ses premi\u00e8res th\u00e9ories sexuelles infantiles, il imagina d\u2019ailleurs qu\u2019il appartenait \u00e0 la m\u00e8re de p\u00e9n\u00e9trer le p\u00e8re par le derri\u00e8re avec une poire \u00e0 lavement contenant l\u2019humeur magique n\u00e9cessaire \u00e0 la procr\u00e9ation. Tandis que le \u00ab&nbsp;p\u00e8re faisait les gar\u00e7ons&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;m\u00e8re faisait les filles&nbsp;\u00bb, dans une configuration proche des poup\u00e9es russes (poup\u00e9es gigognes). Configuration qui s\u00e9pare d\u00e9finitivement les deux parents et con\u00e7oit la reproduction sexuelle selon la logique de la duplication narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>L\u2019analyse du Petit Hans<\/em>, Freud introduit le terme de \u00ab&nbsp;sensation pr\u00e9monitoire de la pens\u00e9e&nbsp;\u00bb. Lorsque Hans r\u00e9alise son enqu\u00eate pour savoir comment naissent les b\u00e9b\u00e9s, il est troubl\u00e9 par le fait que \u00ab&nbsp;le p\u00e8re ne savait pas seulement d\u2019o\u00f9 venaient les enfants, il faisait aussi quelque chose pour les faire venir, cette chose que Hans ne pouvait qu\u2019obscur\u00e9ment pressentir. Le \u00ab&nbsp;fait pipi&nbsp;\u00bb devait avoir quelque chose \u00e0 faire l\u00e0-dedans, car celui de Hans \u00e9prouvait une excitation chaque fois qu\u2019il pensait \u00e0 ces choses&nbsp;\u00bb (Freud, 1909, p.188). Intervient ici le r\u00f4le des sensations corporelles dans la gen\u00e8se de la pens\u00e9e, le ressenti interne pour un objet externe ou m\u00eame pour un objet interne (la pens\u00e9e de ces choses-l\u00e0) comme si l\u2019\u00e9preuve d\u2019une sensation corporelle avait le pouvoir de pr\u00e9former une pens\u00e9e. Freud poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;et ce devait \u00eatre un grand \u00ab&nbsp;fait-pipi&nbsp;\u00bb, plus grand que celui de Hans. Si Hans pr\u00eatait attention \u00e0 ces sensations pr\u00e9monitoires, il devait supposer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un acte de violence \u00e0 faire subir \u00e0 sa m\u00e8re&nbsp;; casser quelque chose, p\u00e9n\u00e9trer dans un espace clos &#8211; telles \u00e9taient en effet les pulsions qu\u2019il sentait en lui. Mais bien que les sensations \u00e9prouv\u00e9es dans son p\u00e9nis l\u2019eussent ainsi mis sur la voie de postuler le vagin, il ne pouvait pourtant pas r\u00e9soudre l\u2019\u00e9nigme, puisqu\u2019\u00e0 sa connaissance n\u2019existait rien de semblable \u00e0 ce que son p\u00e9nis r\u00e9clamait&nbsp;; tout au contraire, la conviction que sa m\u00e8re poss\u00e9dait un \u00ab&nbsp;fait-pipi&nbsp;\u00bb tel que le sien barrait le chemin \u00e0 la solution du probl\u00e8me.&nbsp;\u00bb (Freud, 1909, p.188-189). Dans le cas de Ga\u00ebl, les \u00ab&nbsp;sensations pr\u00e9monitoires de la pens\u00e9e&nbsp;\u00bb alli\u00e9es aux sensations corporelles trouvent la zone anale et scotomisent le \u00ab&nbsp;fait pipi&nbsp;\u00bb si investi par Hans.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de la prise en charge, la poire \u00e0 lavement conservait dans son \u00e9conomie libidinale une importance d\u00e9terminante qu\u2019il g\u00e9n\u00e9ralisait aux pratiques pr\u00e9paratoires de l\u2019ensemble des homosexuels dits \u00ab&nbsp;passifs&nbsp;\u00bb. Depuis un \u00e2ge dont il ne se souvenait gu\u00e8re, lui et sa m\u00e8re \u00e9taient li\u00e9s par la t\u00e9n\u00e9breuse affaire de sa constipation chronique. Rien n\u2019y faisait&nbsp;: ni l\u2019alimentation sp\u00e9cifique, ni certaines potions\u2026 une seule m\u00e9thode&nbsp;: la poire \u00e0 lavement mani\u00e9e par sa m\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de ses douze ans. Cela ne semblait gu\u00e8re choquant dans son esprit, et il ironisait souvent en concluant \u00ab&nbsp;Oh, vous savez, entre femmes, il n\u2019y a pas de g\u00eane \u00e0 se voir nu(e)&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Son affiliation au registre f\u00e9minin \u00e9tait relativement courante de sorte que l\u2019\u00e9coute \u00e9tait souvent surprise de l\u2019entendre se conjuguer, lui ou d\u2019autres hommes, au f\u00e9minin. Mais la plupart de ses provocations n\u2019avaient que tr\u00e8s peu \u00e0 voir avec l\u2019humour, ce qui s\u2019entendait relevait bien plus de l\u2019expression d\u2019une m\u00e9lancolie qui, en annulant les diff\u00e9rences (sexuelles ou g\u00e9n\u00e9rationnelles) le retranchait progressivement dans une logique qu\u2019il semblait \u00eatre seul \u00e0 comprendre. Entre le bain et les lavements, on peut se saisir de la proposition de F\u00e9dida \u00ab&nbsp;d\u2019inceste d\u2019auto-conservation&nbsp;\u00bb. Si comme l\u2019\u00e9crit Freud, \u00ab&nbsp;la m\u00e8re fait don \u00e0 l\u2019enfant de sentiments issus de sa propre vie sexuelle, le caresse, l\u2019embrasse et le berce, et le prend tout \u00e0 fait clairement comme substitut d\u2019un objet sexuel \u00e0 part enti\u00e8re&nbsp;\u00bb, ici, l\u2019enfant Ga\u00ebl est plus la chose sexuelle qu\u2019objet sexuel, chose sexuelle dans une n\u00e9gation du sexuel par le truchement de l\u2019auto-conservation.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019histoire d\u2019enfance de Schreber on retrouve cette id\u00e9e, celle d\u2019une mise en position de passivation par son p\u00e8re cette fois. Le p\u00e8re de Schreber \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er une race allemande purifi\u00e9e de ses vices (\u00e9l\u00e9ment qui se retrouve dans le d\u00e9lire du fils Schreber qui veut donner naissance \u00e0 une nouvelle race d\u2019homme), dans cette vis\u00e9e, il inventa une s\u00e9rie d\u2019appareils \u00e0 \u00e9duquer les enfants, comme les \u00ab&nbsp;redreseurs&nbsp;\u00bb afin de les obliger \u00e0 se tenir droit \u00e0 table, ou les courroies de lit pour emp\u00eacher la masturbation pendant le sommeil. Ce qui est marquant dans l\u2019histoire de Schreber, c\u2019est, comme le rel\u00e8ve Fran\u00e7ois Pommier, \u00ab&nbsp;le d\u00e9tournement de la fonction maternelle op\u00e9r\u00e9 par le p\u00e8re&nbsp;\u00bb, un maternel phallique plus que nourricier. Le p\u00e8re de Schreber est celui qui fa\u00e7onnait, cr\u00e9ait les enfants. La m\u00e8re de Schreber, absente du r\u00e9cit, est d\u00e9crite par la s\u0153ur de Schreber, comme \u00ab&nbsp;la collaboratrice tr\u00e8s ch\u00e8re et tr\u00e8s d\u00e9vou\u00e9e&nbsp;\u00bb du p\u00e8re, elle \u00ab&nbsp;n\u2019a pas d\u2019existence propre. Elle n\u2019est que l\u2019agent ex\u00e9cuteur du p\u00e8re qui s\u2019est empar\u00e9 de ses pr\u00e9rogatives&nbsp;\u00bb (Chasseguet-Smirgel, 1975, p.1017).<\/p>\n\n\n\n<p>Schreber marionnette du p\u00e8re, Ga\u00ebl marionnette de la m\u00e8re, tous deux, p\u00e8re et m\u00e8re intrusifs, pla\u00e7ant l\u2019enfant dans une position de passivation absolue. Dans les deux cas, la f\u00e9minit\u00e9 appara\u00eet associ\u00e9e \u00e0 la passivit\u00e9 anale, \u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 et manipul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Schreber comme Ga\u00ebl, dans des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes, op\u00e8rent un retournement actif de cette exp\u00e9rience de passivation. Le d\u00e9lire de Schreber, celui d\u2019\u00eatre l\u2019\u00e9pouse et m\u00e8re de Dieu, se d\u00e9veloppe suite \u00e0 une d\u00e9compensation en lien avec sa nomination \u00e0 un poste plus important, associ\u00e9e \u00e0 une d\u00e9ception de ses espoirs de paternit\u00e9. Ce d\u00e9lire reprend sa premi\u00e8re expression, et la r\u00e9alise \u00ab&nbsp;comme il serait beau d\u2019\u00eatre une femme subissant le co\u00eft&nbsp;\u00bb. Si l\u2019on suit Freud, \u00ab&nbsp;ce qui a \u00e9t\u00e9 aboli au-dedans&nbsp;\u00bb et qui \u00ab&nbsp;revient du dehors&nbsp;\u00bb n\u2019est-ce pas la f\u00e9minit\u00e9&nbsp;? On peut penser que l\u2019histoire de Schreber, ses relations premi\u00e8res dans un environnement qui pr\u00f4nait la seule virilit\u00e9, ne lui a pas ouvert la possibilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer la f\u00e9minit\u00e9 par manque de p\u00f4le identificatoire et d\u2019investissement narcissique de la f\u00e9minit\u00e9 maternelle. La premi\u00e8re r\u00e9action de Schreber suite \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 \u00ab&nbsp;comme il serait beau d\u2019\u00eatre une femme subissant le co\u00eft&nbsp;\u00bb est de nature virile renvoyant la position f\u00e9minine \u00e0 la putr\u00e9faction. Comme l\u2019\u00e9crit Mi-Kyung Yi, le d\u00e9lire de f\u00e9minisation de Schreber \u00ab&nbsp;construit \u00e0 titre d\u2019\u00e9laboration de ce v\u00e9cu du corps interne menac\u00e9 d\u2019an\u00e9antissement, r\u00e9v\u00e8le la d\u00e9mesure de la pers\u00e9cution sadique anale.&nbsp;\u00bb (Yi, 2003, p.73). Si le p\u00e8re de Schreber est une <em>mauvaise m\u00e8re dans l\u2019homme<\/em>, le d\u00e9lire du fils r\u00e9alise en quelque sorte l\u2019imagination projective d\u2019un p\u00e8re traquant et contre-investissant par la cr\u00e9ation de ses m\u00e9thodes et de ses outils, une jouissance par lui-m\u00eame ignor\u00e9e pour la souillure sexuelle&nbsp;: une sexualit\u00e9 souillure, c\u2019est-\u00e0-dire sadique-anale. Aucun dialogue possible entre f\u00e9minin et masculin, seule la psychose, le d\u00e9lire lui permet de rejoindre une position f\u00e9minine \u00e0 condition de la d\u00e9sexualiser, une sainte vierge. Impossible que p\u00e8re et m\u00e8re se rencontrent en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Ga\u00ebl, le retournement s\u2019appr\u00e9cie au niveau de ses conduites sexuelles et de leur caract\u00e8re compulsif. L\u2019une de ses pratiques compulsives est de t\u00e9ter des p\u00e9nis anonymes pour se nourrir du liquide s\u00e9minal jusqu\u2019\u00e0 approcher le vomissement, ce qui peut rappeler dans son histoire de nourrisson le for\u00e7age du sein. Ga\u00ebl se conjugue souvent au f\u00e9minin et sans \u00eatre abolie, sa propre virilit\u00e9 est en mal d\u2019expression si ce n\u2019est dans un retournement agressif contre son propre corps. Les pathologies de l\u2019agir donnent \u00e0 entendre combien la limite se cherche dans la r\u00e9alisation d\u2019un acte. La recherche d\u2019une sensation dans bien des cas proc\u00e8de d\u2019une tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d\u2019appropriation d\u2019une situation difficilement \u00e9laborable pour la pens\u00e9e. Ce que Ga\u00ebl r\u00e9p\u00e8te para\u00eet relever de sensations corporelles de p\u00e9n\u00e9tration entre bouche et anus. Il n\u2019est plus la chose, il chosifie ce qui le p\u00e9n\u00e8tre, p\u00e9nis, avant bras.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les deux cas, une forme d\u2019identification au f\u00e9minin, au sens d\u2019\u00eatre p\u00e9n\u00e9tr\u00e9, sans doute plus qu\u2019\u00e0 la femme, alli\u00e9e \u00e0 une absence d\u2019expression de toute identification masculine. Ce qui appara\u00eet faire d\u00e9faut c\u2019est la \u00ab&nbsp;fonction psychique bisexuelle&nbsp;\u00bb au sens d\u2019un possible jeu, mouvement entre identifications f\u00e9minine et masculine.<\/p>\n\n\n\n<p>La fragilit\u00e9 des identifications semble devoir se nourrir de l\u2019agir dans la compulsion sexuelle chez Ga\u00ebl, dans le d\u00e9lire chez Schreber. S\u2019approprier un trait de l\u2019autre ne semble pouvoir se d\u00e9ployer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019introjection pour se maintenir du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019incorporation, ce que semble r\u00e9p\u00e9ter de fa\u00e7on compulsive la \u00ab&nbsp;t\u00e9t\u00e9e&nbsp;\u00bb, forme d\u2019incorporation agie. On trouve dans les mots de Schreber aussi cette n\u00e9cessit\u00e9, il l\u2019\u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu n\u2019entreprendrait jamais de se retirer de moi (\u2026) si je pouvais sans cesse reposer mes yeux sur des formes f\u00e9minines, regarder <em>sans cesse<\/em> des images de femmes\u2026&nbsp;\u00bb. Jacques Dufour dans <em>Fantasme de matricide et culpabilit\u00e9 inconsciente<\/em>, \u00e9crit&nbsp;: la m\u00e8re phallique est \u00ab&nbsp;la m\u00e8re qui ne reconna\u00eet ni n\u2019appelle le nom du p\u00e8re, et l\u00e0 ou aurait d\u00fb se manifester une fonction paternelle diff\u00e9renciatrice sera le vide sans nom de la forclusion o\u00f9 sombrera la capacit\u00e9 de l\u2019enfant de trouver une issue hors de l\u2019enfermement maternel.&nbsp;\u00bb (2014, p.63). Assur\u00e9ment, Ga\u00ebl dans ses agirs, Schreber dans son d\u00e9lire, \u00e9voquent l\u2019enfermement, celui li\u00e9 \u00e0 un manque diff\u00e9renciateur de l\u2019autre sexe. Ce n\u2019est pas la diff\u00e9rence anatomique des sexes qui fait d\u00e9faut, Ga\u00ebl comme Schreber la connaissent, c\u2019est la construction fantasmatique et son int\u00e9gration post ambivalente d\u2019un sexe autre. Cette construction n\u2019est pas ind\u00e9pendante de toute transmission de la part du premier objet de son d\u00e9sir pour un autre. Il est frappant dans l\u2019histoire de Schreber de voir \u00e0 quel point la figure maternelle n\u2019appara\u00eet pas sauf dans le d\u00e9tournement op\u00e9r\u00e9 par le p\u00e8re. De m\u00eame, l\u2019histoire de Ga\u00ebl montre l\u2019\u00e9vincement du p\u00e8re et l\u2019investissement maternel phallique-anal dont il a \u00e9t\u00e9 la chose. On peut se demander ce que deviennent ces investissements plus ou moins fantasmatiques dans la vie de l\u2019adulte.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s Freud et Lacan, pour qui \u00ab&nbsp;dans le psychisme, il n\u2019y a rien par quoi le sujet puisse se situer comme \u00eatre m\u00e2le ou \u00eatre de femelle&nbsp;\u00bb, la question de la bisexualit\u00e9 psychique de l\u2019\u00eatre humain est devenue un concept si banalis\u00e9 pour les analystes qu\u2019elle a perdu sa force originaire. Dans l\u2019\u00e9coute du th\u00e9rapeute, il importe de pouvoir entendre ces questions de genre qui ouvrent au sentiment d\u2019identit\u00e9 profonde. La vertigineuse question du \u00ab&nbsp;qui suis-je&nbsp;\u00bb&nbsp;? n\u2019est jamais loin. Ce type d\u2019\u00e9coute exige une imagination et un travail d\u2019\u00e9laboration dans lequel la question du genre ne fait pas r\u00e9sistance. Et peut-\u00eatre justement, dans l\u2019affaire qui nous occupe, il s\u2019agit d\u2019\u00e9couter en de\u00e7\u00e0 des conduites sexuelles, au del\u00e0 des genres construits, d\u2019\u00e9couter \u00e0 partir de ce point de d\u00e9chirure entre les sexes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Les propos de Schreber sont ici extraits du texte de Freud (1911) \u00ab&nbsp;Le pr\u00e9sident Schreber, remarques psychanalytiques sur une cas de parano\u00efa&nbsp;\u00bb \u00e0 partir des <em>M\u00e9moires<\/em> (1903) de Daniel Paul Schreber.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n<p>Beetschen A., (2000), Les plaisirs asservis, in&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le fait de l\u2019analyse<\/em>&nbsp;n\u00b0 8, La maladie sexuelle, Paris, autrement Ed<\/p>\n<p>Chasseguet-Smirgel J., (1975)\u00ab&nbsp;\u00c0 propos du d\u00e9lire transsexuel du Pr\u00e9sident Schreber&nbsp;\u00bb, In La bisexualit\u00e9 psychique,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, vol 39, num\u00e9ro 5\/6, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Dufour, J. (2014). Chapitre 3. Tu tueras ton P\u00e8re et ta M\u00e8re. Dans&nbsp;: Jean Guillaumin \u00e9d.,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Fantasme de matricide et culpabilit\u00e9 inconsciente<\/em>&nbsp;(pp. 55-82). Paris: Dunod.<\/p>\n<p>F\u00e9dida, P. (1972) \u00ab&nbsp;L\u2019hypocondrie du r\u00eave&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Nouvelle Revue de Psychanalyse,<\/em>&nbsp;n\u00b0 5, printemps 1972, L\u2019espace du r\u00eave, Paris, Gallimard, (p. 232).<\/p>\n<p>Freud S. (1909), \u00ab&nbsp;Le petit Hans&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Cinq Psychanalyses<\/em>, Paris, PUF, p. 188.<\/p>\n<p>Freud S. (1909), \u00ab&nbsp;On bat un enfant&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">OC XV<\/em>, Paris, PUF, 1996.<\/p>\n<p>Freud S. (1911), \u00ab&nbsp;Le pr\u00e9sident Schreber, remarques psychanalytiques sur une cas de parano\u00efa&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Cinq psychanalyses<\/em>, Paris, PUF, 170, p. 263-324.<\/p>\n<p>Freud S. (1917), \u00ab&nbsp;Sur les transpositions des pulsions, plus particuli\u00e8rement dans l\u2019\u00e9rotisme anal&nbsp;\u00bb, dans&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La vie sexuelle<\/em>, Paris, PUF, 1999.<\/p>\n<p>Lacan J., (1964),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>, S\u00e9minaire XI, p. 228.<\/p>\n<p>Mc Dougall J., (1989)&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Th\u00e9\u00e2tres du corps<\/em>, Paris, Gallimard, Connaissance de l\u2019inconscient, p. 50.<\/p>\n<p>Mi-Kyung Y., (2003) \u00ab&nbsp;De p\u00e8re en fils&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em>, 2\/2003 (N\u00b08), p. 67-75.<\/p>\n<p>Pontalis J.-B., (1973), L\u2019insaisissable entre-deux,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>, Paris, Gallimard, 1977.<\/p>\n<p>Pontalis J.-B., (1977) \u00ab&nbsp;Le mort et le vif entrelac\u00e9s, in&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>, Paris, Gallimard. Roussillon R. (1991),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Paradoxe et situations limites de la psychanalyse<\/em>, PUF.<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9475?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Comme ce serait beau d\u2019\u00eatre une femme subissant le co\u00eft&nbsp;\u00bb, constitue la phrase inaugurale de l\u2019entr\u00e9e du Pr\u00e9sident Schreber dans la maladie. Un matin, au r\u00e9veil, Schreber est travers\u00e9 par cette \u00ab&nbsp;fantaisie&nbsp;\u00bb, comme la nomme Freud1. 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