{"id":9471,"date":"2021-08-22T07:30:02","date_gmt":"2021-08-22T05:30:02","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/ils-mont-demande-de-me-jeter-a-leau-elle-ne-ma-pas-retenue-psychodrame-et-derive-adolescente-2\/"},"modified":"2021-09-16T20:34:26","modified_gmt":"2021-09-16T18:34:26","slug":"ils-mont-demande-de-me-jeter-a-leau-elle-ne-ma-pas-retenue-psychodrame-et-derive-adolescente","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/ils-mont-demande-de-me-jeter-a-leau-elle-ne-ma-pas-retenue-psychodrame-et-derive-adolescente\/","title":{"rendered":"\u00ab Ils m\u2019ont demand\u00e9 de me jeter \u00e0 l\u2019eau&#8230; elle ne m\u2019a pas retenue \u00bb : psychodrame et d\u00e9rive adolescente"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;Elle avait cette gr\u00e2ce fugitive de l\u2019allure qui marque la plus d\u00e9licate des transitions, l\u2019adolescence, les deux cr\u00e9puscules m\u00eal\u00e9s, le commencement d\u2019une femme dans la fin d\u2019un enfant&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>.<footer>Victor Hugo, <em>Les travailleurs de la mer<\/em>.<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>J\u2019empreinte \u00e0 Andr\u00e9 Breton le titre de son livre mais surtout ce pr\u00e9nom&nbsp;: je nommerai cette jeune fille Nadja. \u00ab&nbsp;Elle me dit son nom, celui qu\u2019elle s\u2019est choisi&nbsp;: \u201cNadja\u201d, parce qu\u2019en russe c\u2019est le commencement du mot esp\u00e9rance, et parce que ce n\u2019en est que le commencement&nbsp;\u00bb<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Esp\u00e9rance \u00e0 moiti\u00e9, esp\u00e9rance tronqu\u00e9e&nbsp;: c\u2019est ce dont il s\u2019agit dans ce traitement entre esp\u00e9rance et d\u00e9sesp\u00e9rance, entre illusion et d\u00e9sillusion, entre investissement et d\u00e9sinvestissement de cette adolescente, entre folie de l\u2019attachement et discontinuit\u00e9 du lien. Nadja est venue chercher au psychodrame ce qu\u2019elle n\u2019avait pas pu, pas su trouver dans un travail en face \u00e0 face. Tenter de trouver ce qu\u2019elle a cherch\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment dans le lien primaire \u00e0 sa m\u00e8re et qui est mis en mots par Andr\u00e9 Breton dans <em>L\u2019Amour fou<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;je m\u2019\u00e9tais perdu \u00e0 moi-m\u00eame et tu es venue me donner de mes nouvelles&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup>. Comment a-t-elle cherch\u00e9 dans le regard des th\u00e9rapeutes et du meneur de jeu le reflet ou l\u2019\u00e9cho de l\u2019investissement maternel primaire&nbsp;? Pour reprendre cette phrase de Freud qui parcourt cette journ\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019objet du premier et du plus puissant des amours est pour les deux sexes, la m\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je re\u00e7ois Nadja avec sa m\u00e8re pour une indication de psychodrame. La disparit\u00e9 de pr\u00e9sentation est saisissante entre une jeune fille extr\u00eamement soign\u00e9e et une m\u00e8re quasi incurique. Une m\u00e8re haineuse qui ne supporte pas sa fille, une jeune fille discr\u00e8te, en retrait&nbsp;: vous percevez d\u2019embl\u00e9e mon contre-transfert. Disparit\u00e9 des pr\u00e9sentations, disparit\u00e9 des discours, disparit\u00e9 des modes de fonctionnement&nbsp;: op\u00e9ratoire <em>versus<\/em> associatif. Je demande \u00e0 la recevoir aussi avec son p\u00e8re. Dans la salle d\u2019attente, je ne vois pas Nadja, mais je vois un couple tr\u00e8s proche, \u00e9l\u00e9gant, tous deux v\u00eatus de noir&nbsp;: P\u00e8re et fille\u2026 Le p\u00e8re a un discours tr\u00e8s lisse, banalisant les difficult\u00e9s majeures de sa fille&nbsp;: absent\u00e9isme scolaire, quasi coma \u00e9thylique, prise de toxiques, tentatives de suicide avec hospitalisations multiples. Elle peut dire assez clairement son int\u00e9r\u00eat et son envie de s\u2019engager dans cette prise en charge. Me vient alors un fragment d\u2019une lettre de Paul Gauguin \u00e0 \u00c9mile Bernard en 1889&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce que je d\u00e9sire le plus c\u2019est un coin de moi-m\u00eame encore inconnu&nbsp;\u00bb. Illusion anticipatrice de ma part&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte que d\u00e9bute le psychodrame, quasiment en m\u00eame temps qu\u2019une nouvelle hospitalisation pr\u00e9par\u00e9e par le consultant. Le consultant qui me l\u2019avait adress\u00e9, la d\u00e9crit ainsi&nbsp;: cette jeune fille reste dans une impermanence interne pr\u00e9occupante et une externalisation des conflits qui lui portent largement pr\u00e9judice. Sa vie est une constellation de passages \u00e0 l\u2019acte. Elle lutte depuis longtemps contre des angoisses de vide et une d\u00e9pressivit\u00e9 latente.<\/p>\n\n\n\n<p>Le titre du tableau de Paul Gauguin&nbsp;: \u00ab&nbsp;D\u2019o\u00f9 venons-nous&nbsp;? Que sommes-nous&nbsp;? O\u00f9 allons-nous&nbsp;?&nbsp;\u00bb Me semble r\u00e9sumer la fa\u00e7on dont elle s\u2019engage dans le traitement, moi aussi peut-\u00eatre. C\u2019est une cure domin\u00e9e par la discontinuit\u00e9&nbsp;: investissement massif en r\u00e9ponse \u00e0 la permanence de l\u2019objet (ici psychodrame&nbsp;: meneur de jeu et co-th\u00e9rapeutes) puis d\u00e9sinvestissement tout aussi massif cherchant dans le transfert \u00e0 exp\u00e9rimenter la qualit\u00e9 du lien et surtout \u00e0 v\u00e9rifier que les attaques ne seront pas suivies de mouvements de r\u00e9torsion. C\u2019est une cure \u00e9maill\u00e9e par les absences, au d\u00e9but sans lien aucun pendant les p\u00e9riodes d\u2019absences puis Nadja gardera le lien entre les s\u00e9ances, m\u2019informant de son impossibilit\u00e9 \u00e0 venir et cherchant \u00e0 s\u2019assurer entre les absences de la continuit\u00e9 du lien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9cit se doit d\u2019\u00eatre entendu \u00e0 la lumi\u00e8re du traumatisme&nbsp;: \u00e0 la fois dedans et dehors, ni tout \u00e0 fait dedans ni tout \u00e0 fait dehors. Il traite de la r\u00e9alit\u00e9 externe qui est objectivable tout autant que de la r\u00e9alit\u00e9 psychique, s\u2019adossant sur du traumatique transg\u00e9n\u00e9rationnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Je choisirais pour \u00e9clairer mon propos quelques s\u00e9quences de son traitement. Nadja rejoint un psychodrame individuel en groupe. Psychodrame individuel parce que chaque patient vient aupr\u00e8s du meneur de jeu \u00e9laborer sa sc\u00e8ne qu\u2019il pourra jouer avec les coth\u00e9rapeutes et s\u2019il le souhaite avec les autres adolescents pr\u00e9sents. Chacun \u00e0 son tour viendra jouer son sc\u00e9nario s\u2019appuyant parfois, souvent, sur la sc\u00e8ne des autres patients. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 un groupe constitu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance, Nadja met en sc\u00e8ne le lien \u00e0 une m\u00e8re intrusive qui d\u00e9nonce tous les faits et gestes hors la loi de sa fille. La violence des propos, l\u2019agressivit\u00e9, l\u2019intol\u00e9rance dans le jeu contrastent avec la jeune fille douce et s\u00e9ductrice dans le face \u00e0 face avec le meneur de jeu. Elle cherche tr\u00e8s rapidement dans les sc\u00e8nes une confrontation sous forme d\u2019un bras de fer, compulsion de r\u00e9p\u00e9tition de ce qui se joue avec sa m\u00e8re. Cependant, le plaisir est au rendez-vous, elle rit des liens qui peuvent se faire. Rapidement elle renonce \u00e0 sa posture de femme pour retrouver ou peut-\u00eatre trouver une position enfin adolescente. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une r\u00e9gression mais plut\u00f4t d\u2019un ajustement ou d\u2019un r\u00e9am\u00e9nagement gr\u00e2ce au dispositif contenant qu\u2019est le psychodrame. Il n\u2019est plus question d\u2019avoir \u00e0 se hisser dans une position de rivalit\u00e9 \u00e0 la m\u00e8re dans la r\u00e9actualisation d\u2019un oedipe chaud avec le p\u00e8re. La position adolescente se d\u00e9ploie, tr\u00e8s vite Nadja \u00e9voque une sc\u00e8ne o\u00f9 elle est accus\u00e9e d\u2019avoir montr\u00e9 sa poitrine \u00e0 un adolescent plus jeune. Il est question du regard&nbsp;: de son regard sur son corps propre qui change, qui fait aussi effraction en elle mais aussi du regard de l\u2019autre&nbsp;: adolescent qui lui aussi a un corps qui change. Derri\u00e8re ce qui semble \u00eatre une provocation, je vois une petite fille qui montre ce corps qu\u2019elle ne reconna\u00eet plus et qui la d\u00e9route. Je suis m\u00eame amen\u00e9e \u00e0 penser que dans ce passage \u00e0 l\u2019acte, r\u00e9el ou fantasm\u00e9, il peut y avoir une r\u00e9surgence de la position infantile active. Position active \u00e0 laquelle la petite fille renonce comme le souligne Freud&nbsp;: \u00ab&nbsp;La pubert\u00e9 qui, chez le jeune gar\u00e7on, am\u00e8ne la grande pouss\u00e9e de la libido, est caract\u00e9ris\u00e9e chez la jeune fille par une nouvelle vague de refoulement. Ce qui est alors refoul\u00e9, c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment de sexualit\u00e9 m\u00e2le&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>. Est-ce ici une r\u00e9surgence de l\u2019infantile&nbsp;? Faire le constat de la castration, renoncer \u00e0 la position phallique&nbsp;? Mais aussi ici&nbsp;: entre \u00eatre ch\u00e2tr\u00e9e et \u00eatre victorieuse, c\u2019est \u00e0 dire avoir cette poitrine de femme, exhiber ce torse encore adolescent et d\u00e9j\u00e0 f\u00e9minin. Comme le souligne M\u00e9lanie Klein, l\u2019appropriation du corps sexualis\u00e9 fait peur et envie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail se poursuit autour du lien m\u00e8re-fille&nbsp;: Nadja joue un certain nombre de sc\u00e8nes o\u00f9 il est question d\u2019une relation m\u00e8re-fille intol\u00e9rable&nbsp;: une m\u00e8re intrusive qui guette les moindres faits, gestes et manifestations corporelles de sa fille, qui veut savoir ce qu\u2019elle fait, ce qu\u2019elle pense, s\u2019immisce dans sa pens\u00e9e. Elle nous montre une m\u00e8re incapable d\u2018imaginer, juste op\u00e9ratoire. Nadja dit&nbsp;: se sentir enferm\u00e9e, clo\u00eetr\u00e9e, emprisonn\u00e9e, \u00e9touff\u00e9e, asphyxi\u00e9e\u2026 \u00e0 la fois contrainte et soumise mais aussi abandonn\u00e9e car pas entendue. Une m\u00e8re sourde \u00e0 ce qu\u2019elle \u00e9prouve. Nadja retourne contre elle-m\u00eame ce qui ne peut pas \u00eatre entendue par cette m\u00e8re&nbsp;: seule issue pour attaquer sa m\u00e8re \u00e0 travers l\u2019attaque de son propre corps.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intensit\u00e9 des relations est au premier plan, ce qui ne sera pas mis en d\u00e9faut pendant toute la cure m\u00eame dans la rupture du traitement\u2026 On est dans la clinique de l\u2019exc\u00e8s. Elle dira qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me de communication\u2026 il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une emprise maternelle que je nommerai \u00ab\u00a0ind\u00e9fectiblement\u00a0\u00bb, comme on le dit de l\u2019amour maternel\u2026 Je penserai aux magnifiques descriptions de Romain Gary sur sa m\u00e8re dans <em>La promesse de l\u2019aube<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait la voix de ma m\u00e8re qui s\u2019\u00e9tait empar\u00e9e de la mienne\u2026<sup>5<\/sup>. Ma m\u00e8re profitait de mon extr\u00eame fatigue nerveuse et de mon abattement pour occuper toute la place\u2026 elle devint v\u00e9ritablement moi\u00a0\u00bb<sup>6<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette intrusion maternelle est v\u00e9cue comme une emprise subie par un objet maternel omnipotent. J.-B. Pontalis nomme cette intrusion maternelle&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019exc\u00e8s de m\u00e8re en soi&nbsp;\u00bb. C\u2019est ce qui semble se jouer fantasmatiquement pour Nadja. Comme le souligne Fanny Dargent&nbsp;: \u00ab&nbsp;entre m\u00e8re et fille, c\u2019est un arrachement sans fin&nbsp;\u00bb<sup>7<\/sup>. Quelle issue pour Nadja pour pouvoir se d\u00e9faire de ce lien&nbsp;? Se faire hospitaliser&nbsp;? S\u00e9paration drastique face \u00e0 ce v\u00e9cu d\u2019intrusion, nous sommes loin du travail certes douloureux de s\u00e9paration en allers et retours lors du processus d\u2019adolescence. Comme l\u2019\u00e9crit Freud&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un travail psychologique propre s\u2019accomplit au temps de la pubert\u00e9, qui compte parmi les plus importants, mais aussi les plus douloureux, savoir l\u2019effort que fait l\u2019enfant pour se soustraire \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 des parents, effort qui seul produit l\u2019opposition, si importante pour le progr\u00e8s, entre la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration et l\u2019ancienne&nbsp;\u00bb<sup>8<\/sup>. A l\u2019adolescence, c\u2019est un processus normal que de s\u2019engager dans cette \u00e9preuve de s\u00e9paration pour vraiment se s\u00e9parer, changer et devenir adulte.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle cherche \u00e0 alerter sa m\u00e8re, m\u00e8re intrusive mais incapable de s\u2019inqui\u00e9ter pour elle. Nadja fugue, sa m\u00e8re n\u2019alerte personne&nbsp;: ou trop proche ou trop lointaine. Nadja oscille entre passages \u00e0 l\u2019acte, activit\u00e9 de penser et travail d\u2018\u00e9laboration des affects. Elle lutte contre ce v\u00e9cu d\u2019intrusion, sa crainte de ne pas pouvoir avoir une pens\u00e9e en propre, d\u2019o\u00f9 son recours \u00e0 la litt\u00e9rature comme interm\u00e9diaire entre la pens\u00e9e civilis\u00e9e qu\u2019est la litt\u00e9rature et sa pens\u00e9e en propre. Je l\u2019accompagnerais dans ce mouvement, voire m\u00eame la pr\u00e9c\u00e8derais ayant moi-m\u00eame recours \u00e0 la culture face \u00e0 la violence de ce qui se joue, de ce qu\u2019elle me fait \u00e9prouver. Je penserai \u00e0 la \u00ab&nbsp;barbarie de ce couple infernal&nbsp;\u00bb. Le corps du psychanalyste est violement sollicit\u00e9. Je fais mienne cette phrase de Catherine Chabert&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le corps du psychanalyste doit \u00eatre l\u2019asile de la d\u00e9tresse du patient&nbsp;\u00bb<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interdit maternel porte sur l\u2019activit\u00e9 de penser et de ressentir d\u2019o\u00f9 son recours \u00e0 l\u2019acte fr\u00e9quent. Elle flirte avec le danger&nbsp;: cherche dans notre travail \u00e0 trouver la limite entre mise en danger de soi-m\u00eame et travail de s\u00e9paration. Voir ce qui est supportable dans le regard de l\u2019autre, regard qui la contient. J\u2019inverse l\u2019adage de Sacha Guitry&nbsp;: \u00ab&nbsp;je suis contre les femmes, tout contre&nbsp;\u00bb en \u00ab&nbsp;j\u2019\u00e9tais tout contre ma m\u00e8re, maintenant je suis contre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment se d\u00e9coller et en m\u00eame temps chercher \u00e0 trouver un lien ad\u00e9quat avec une m\u00e8re si embarrassante, si intrusive et si peu contenante \u00e0 la fois&nbsp;: une histoire d\u2019accords\/d\u00e9saccords&nbsp;: ne jamais trouver la bonne distance. L\u2019aphorisme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jamais avec toi, jamais sans toi&nbsp;\u00bb est au centre de notre travail. Nous sommes loin de ce que d\u00e9crit Fran\u00e7ois Richard sur l\u2019enjeu inconscient de la haine entre m\u00e8re et fille qui \u00ab&nbsp;assure une coh\u00e9sion \u00e9trange&nbsp;: la m\u00e8re per\u00e7ue comme mauvaise par la fille sera toujours disponible aux reproches, sans trop de risque de se voir entra\u00een\u00e9e dans une n\u00e9gativit\u00e9 absolue parce qu\u2019elle appara\u00eet pr\u00e9cis\u00e9ment comme ce \u00e0 quoi il ne faut pas ressembler. La haine est ici une haine v\u00e9ritable et pas un renversement de l\u2019amour en son contraire&nbsp;\u00bb<sup>10<\/sup>. Il est difficile pour Nadja de traiter de cette haine car elle s\u2019av\u00e8re redoutable de part et d\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s rapidement, probablement trop rapidement, Nadja se saisit du dispositif de ce psychodrame individuel en groupe. Elle va s\u2019\u00e9tayer sur les <em>scenarii<\/em> propos\u00e9s par un autre adolescent. Celui-ci joue une sc\u00e8ne o\u00f9 des copains l\u2019incitent fortement \u00e0 se jeter dans l\u2019eau du canal. La sc\u00e8ne se d\u00e9ploie, celui-ci jouant son propre r\u00f4le, refuse fermement mais tranquillement de se jeter \u00e0 l\u2019eau, non plus comme il en avait l\u2019usage pendant de longs mois soumis \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019autre&nbsp;\u00bb, ne se r\u00e9f\u00e9rant pas non plus \u00e0 un surmoi externe (p\u00e8re, police) mais s\u2019appuyant sur sa nouvelle capacit\u00e9 \u00e0 savoir ce qui est bon pour lui&nbsp;: \u00eatre libre de son choix, plaisir de la d\u00e9couverte de son libre-arbitre. Nadja associe sur une sc\u00e8ne&nbsp;: elle est avec une amie qui va tr\u00e8s mal, celle-ci veut se jeter \u00e0 l\u2019eau. Elle prend le r\u00f4le de l\u2019amie qui \u00e9coute, qui se montre tr\u00e8s pr\u00e9sente, tentant de comprendre ce qui se passe pour la jeune fille qui veut se jeter \u00e0 l\u2019eau, dans un \u00e9change authentique avec une v\u00e9ritable empathie. Elle ne se montre pas intrusive, l\u2019interroge sur son lien \u00e0 sa m\u00e8re. Elle se montre tr\u00e8s ferme et contenante. Lors de la reprise, elle dit son soulagement que cette amie ait \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9e. Elle s\u2019interroge aussi sur ses liens d\u2019amiti\u00e9 avec des adolescents toujours aux prises avec des difficult\u00e9s psychiques majeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers cette sc\u00e8ne, Nadja nous parle d\u2019elle. N\u2019a-t-elle pas \u00e9t\u00e9 aussi cette jeune fille pr\u00eate \u00e0 se jeter \u00e0 l\u2019eau&nbsp;? Elle associe sur une amie qui lui a parl\u00e9 fermement, cela l\u2019a beaucoup aid\u00e9. A travers son commentaire, elle parle aussi du transfert \u00e0 la fois sur le dispositif du psychodrame mais aussi sur le meneur de jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 le titre de mon intervention&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ils m\u2019ont demand\u00e9 de me jeter \u00e0 l\u2019eau\u2026 elle ne m\u2019a pas retenue&nbsp;\u00bb. Face \u00e0 une m\u00e8re si peu contenante, rien ne retient Nadja&nbsp;: l\u2019effroi la saisit. Sera-t-elle capable d\u2019\u00eatre sa propre m\u00e8re et de se prot\u00e9ger d\u2019elle-m\u00eame&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comment se faire entendre dans un milieu hostile qui ne prend pas la mesure de l\u2019intensit\u00e9 de la souffrance&nbsp;? L\u2019attaque contre son corps propre, ici fantasm\u00e9e, jou\u00e9e, comment\u00e9e, survient comme modalit\u00e9 pare-excitante qui permet de contre-investir la violence du monde interne. Court-circuiter le travail psychique en empruntant les voies de d\u00e9charge comportementales avec des attaques de son corps propre, voies de d\u00e9charges, si on peut dire, aussi emprunter par ses parents. C\u2019est aussi une fa\u00e7on de se d\u00e9faire \u00e0 travers ce corps malmen\u00e9 d\u2019une emprise tyrannique, interne ou externe. Elle cherche \u00e0 arracher et en m\u00eame temps \u00e0 maintenir la fusion. Il s\u2019agit vraisemblablement de ce qu\u2019elle a v\u00e9cu mais pas \u00e9prouv\u00e9 dans le lien \u00e0 sa m\u00e8re. M\u00e8re dont l\u2019histoire dramatique d\u2019immigration et probablement de pers\u00e9cution n\u2019a jamais pu \u00eatre \u00e9voqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant la s\u00e9paration des grandes vacances, elle joue des sc\u00e8nes o\u00f9 il est question d\u2019ambivalence&nbsp;: deux personnes&nbsp;: l\u2019une veut partir, l\u2019autre rester et elle, fig\u00e9e, regardant ces deux personnages se livrer bataille. A la rentr\u00e9e, elle attend d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;sollicit\u00e9e&nbsp;\u00bb et de se sentir attendue, contenue, pour pouvoir reprendre. J\u2019insiste sur sentir&nbsp;; du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9prouv\u00e9s. Etre entendue, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9sir\u00e9e, est pour Nadja inqui\u00e9tant mais indispensable pour pouvoir se r\u00e9engager dans le traitement. Winnicott rel\u00e8ve ce paradoxe&nbsp;: \u00ab&nbsp;Se cacher est un plaisir, mais ne pas \u00eatre trouv\u00e9 est une catastrophe&nbsp;\u00bb<sup>11<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette premi\u00e8re partie de cure s\u2019articule surtout autour des images et des figurations, ce que le psychodrame permet particuli\u00e8rement. La confrontation directe aux affects serait trop d\u00e9sorganisante.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite de la cure mettra en sc\u00e8ne les sensations et les \u00e9prouv\u00e9s. Ce qui sollicitera aussi des \u00e9prouv\u00e9s intenses tant du c\u00f4t\u00e9 des co-th\u00e9rapeutes que du meneur de jeu. Une sc\u00e8ne particuli\u00e8re&nbsp;: elle est dans un pays tropical, elle roule en v\u00e9lo, la pluie commence \u00e0 tomber, coule le long de son visage puis de son corps, l\u2019enveloppe, elle se laisse glisser sur une pelouse d\u2019herbes hautes. Elle se sent envelopp\u00e9e par la douceur de la pluie, la chaleur et contenue par les herbes hautes, les bras en croix, elle reste longuement allong\u00e9e\u2026 Elle se rassemble. Ce qui peut para\u00eetre po\u00e9tique au prime abord, m\u2019\u00e9treint, comme dans de nombreuses sc\u00e8nes. Je pense au <em>Dormeur du val<\/em> d\u2019Arthur Rimbaud&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nature, berce-le chaudement&nbsp;: il a froid&nbsp;\u00bb. L\u2019aspect m\u00e9lancolique \u00e9merge de plus en plus explicitement<\/p>\n\n\n\n<p>Nadja propose des sc\u00e8nes au bord de la falaise, dans la temp\u00eate, face \u00e0 la mer d\u00e9mont\u00e9e avec le risque et l\u2019envie de se laisser engloutir par les vagues. Les travailleurs de la mer \u00e9voqu\u00e9s dans les quelques vers du d\u00e9but de mon texte me reviennent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pas de b\u00eate comme la mer pour d\u00e9pecer une proie. L\u2019eau est pleine de griffes. Le vent mord, le flot d\u00e9vore&nbsp;; La vague est m\u00e2choire. C\u2019est \u00e0 la fois de l\u2019arrachement et de l\u2019\u00e9crasement. L\u2019oc\u00e9an a le m\u00eame coup de patte que le lion\u00bb<sup>12<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrachement et \u00e9crasement, n\u2019est-ce pas ce que Nadja met en sc\u00e8ne? Je pense aussi \u00e0 Sarah Bernhardt face \u00e0 l\u2019oc\u00e9an d\u00e9chain\u00e9 \u00e0 Belle-\u00cele. Une <em>mer<\/em> d\u00e9chain\u00e9e, une <em>m\u00e8re<\/em> d\u00e9chain\u00e9e. Elle associera sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se sentir accompagn\u00e9e face \u00e0 cette <em>mer<\/em> mais aussi cette <em>m\u00e8re<\/em>, dans les nombreuses variantes jou\u00e9es&nbsp;: un double, un alter-ego pour ne pas sombrer. Le chapitre des travailleurs de la mer se nomme l\u2019\u00e9cueil, nous faisons face nous aussi \u00e0 un \u00e9cueil, elle dispara\u00eet puis r\u00e9appara\u00eet quelques semaines plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout se joue sur la sc\u00e8ne externe car tout ce qui se joue en interne est trop intense et dangereux. Nadja a une superbe capacit\u00e9 \u00e0 intellectualiser, peut-\u00eatre \u00e0 sublimer, mais est-ce vraiment de la sublimation&nbsp;? \u00e0 une s\u00e9ance, elle tient \u00e0 r\u00e9citer un fragment de la <em>Mouette<\/em> de Tchekhov, je lui propose d\u2019en faire une sc\u00e8ne. Elle ne pourra pas faire autrement que de s\u2019adresser directement \u00e0 moi, meneur de jeu. Ce n\u2019est plus du jeu mais l\u2019essence m\u00eame de son questionnement. \u00ab&nbsp;Et, comme \u00e7a, sans arr\u00eat, sans arr\u00eat et je ne me laisse jamais en paix, je sens que je d\u00e9vore ma propre vie, que, pour un miel destin\u00e9 \u00e0 je ne sais qui je ne sais o\u00f9, je pille le pollen de mes fleurs les plus pr\u00e9cieuses, je cueille ces fleurs elles-m\u00eames et je les foule aux pieds. Est-ce que je ne suis pas fou&nbsp;?&nbsp;\u00bb<sup>13<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce passage de <em>la Mouette<\/em> \u00e9voque sa terreur de devenir folle. A partir de cette phrase et s\u2019appuyant sur son exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale, elle peut \u00e9voquer les \u00e9motions jou\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre puis les \u00e9motions non pas jou\u00e9es mais \u00e9prouv\u00e9es. \u00ab&nbsp;Il faut ext\u00e9rioriser certaines \u00e9motions. Interpr\u00e9ter c\u2019est bien&nbsp;\u00bb, je l\u2019entends dans sa double valence&nbsp;: th\u00e9\u00e2tre et travail analytique. Elle entend le double sens d\u2019interpr\u00e9ter car elle est tr\u00e8s sensible \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation dans le jeu mais encore plus en relation duelle avec le meneur de jeu, moment privil\u00e9gi\u00e9 pour elle. Sa passion pour le th\u00e9\u00e2tre permet un transfert lat\u00e9ral sur sa professeur de th\u00e9\u00e2tre. De plus, ce professeur femme la met en avant par rapport aux autres \u00e9l\u00e8ves alors qu\u2019au psychodrame, elle fait partie du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9voque qu\u2019il ne faut pas \u00eatre statique au th\u00e9\u00e2tre, \u00ab&nbsp;Il faut que tes mots t\u2019accompagnent et pas que ton corps accompagne tes mots&nbsp;\u00bb. Comme Catherine Chabert, je pense qu\u2019il faut \u00eatre attentif aux mouvements du corps, peut-\u00eatre encore plus \u00e0 l\u2019adolescence dans cette p\u00e9riode de changement corporel et de remaniement psychique. Le corps est particuli\u00e8rement expos\u00e9 au psychodrame. Pendant les sc\u00e8nes, Nadja reste relativement statique, par contre lors de l\u2019\u00e9laboration de la sc\u00e8ne et plus encore lors de la reprise, l\u2019intensit\u00e9 du transfert se traduit par un corps tout en tension dirig\u00e9 vers moi, captant toute mon attention, seule avec moi en pr\u00e9sence des co-th\u00e9rapeutes et des autres adolescents. Face \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 du transfert, elle jouera une amie qui craque et a envie de partir, de crainte de rester coll\u00e9e \u00e0 moi&nbsp;? Cette sc\u00e8ne la fera associer sur sa m\u00e8re qui veut \u00eatre \u00ab&nbsp;scotch\u00e9e&nbsp;\u00bb \u00e0 elle, elle qui cherche un \u00e9tayage sur des amies de son \u00e2ge. \u00ab&nbsp;Avec les amis, je veux \u00eatre plus proche mais pas coll\u00e9e&nbsp;: c\u2019est difficile de trouver la bonne distance&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Derni\u00e8re s\u00e9quence, quelques mois plus tard, mais tr\u00e8s en r\u00e9sonance avec l\u2019impossible ajustement de la distance \u00e0 la m\u00e8re. Sa m\u00e8re l\u2019a vir\u00e9e de chez elle. Elle s\u2019est retrouv\u00e9e dans la rue, elle a err\u00e9 toute la nuit et s\u2019est retrouv\u00e9e au petit matin en bas de chez une amie. Celle-ci ne r\u00e9pondait pas, elle a dormi dans les escaliers. Elle met en sc\u00e8ne cet \u00e9pisode&nbsp;: elle n\u2019a de place nulle part, elle revendique le besoin (besoin, au sens premier du terme) d\u2019avoir une place dans la famille, position plus qu\u2019ambivalente car elle revendique tout autant son ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle poursuit sur une autre sc\u00e8ne avec un double. Elle n\u2019a pas de questions mais se remet en question&nbsp;: son intelligence ou sa b\u00eatise, son envie de changer et en m\u00eame de rester la m\u00eame. Lors de la reprise, Nadja cherche \u00e0 donner une figuration \u00e0 ce qui l\u2019anime&nbsp;: \u00ab&nbsp;par exemple les clochards, les vrais, dorment dans la rue, ils ont pris l\u2019habitude de dormir sur le sol dur. Apr\u00e8s, on leur donne un lit et ils n\u2019en veulent pas. Moi j\u2019ai pris l\u2019habitude l\u00e0, je ne peux pas changer&nbsp;\u00bb. Je reprendrai&nbsp;: \u00ab&nbsp;trop de dur pour pouvoir supporter du doux&nbsp;\u00bb. M\u00eame si elle cherche toujours \u00e0 \u00e9prouver des sensations fortes, elle peut les \u00e9voquer, les mettre en sc\u00e8ne et les figurer. Tester les limites pour \u00e9prouver les limites de son corps, pour se sentir exister. Elle a moins besoin du recours \u00e0 l\u2019acte car elle peut \u00eatre en contact avec sa tristesse et son chagrin. Elle \u00e9voque ses sensations&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis perdue, tout est bizarre. C\u2019est comme un vertige, et puis je me retrouve&nbsp;\u00bb. Elle dit combien elle aime cette sensation de se sentir perdue et de se retrouver, c\u2019est comme les montagnes russes. Plus tard, elle modifiera sa formule, elle dira \u00ab&nbsp;qu\u2019elle a besoin de se sentir perdue pour pouvoir se retrouver&nbsp;\u00bb. Elle se trouve encore face \u00e0 une menace d\u2019effondrement d\u00e9pressif aux limites de la perte du sentiment d\u2019exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Breton dans <em>Nadja<\/em> \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je veux lui poser une question qui r\u00e9sume toutes les autres, une question qu\u2019il n\u2019y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouv\u00e9 une r\u00e9ponse \u00e0 sa hauteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;qui \u00eates-vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb Et elle, sans h\u00e9siter&nbsp;: \u00ab&nbsp;je suis l\u2019\u00e2me errante&nbsp;\u00bb<sup>14<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>En fin de s\u00e9ance, elle s\u2019agrippe \u00e0 ma main, c\u2019est une longue poign\u00e9e de main. Tous ces fragments de cure sont \u00e9maill\u00e9s d\u2019absences, de relances, d\u2019attentes. Nadja nous fera vivre de vraies montagnes russes de par l\u2019intensit\u00e9 de sa pr\u00e9sence, tout autant que par la puissance de ses absences. Passion adolescente\u2026 Eprouver et faire \u00e9prouver des sensations fortes pour se sentir exister.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Hugo, V. <em>Les travailleurs de la mer<\/em>, 1866, Tome I p.96.<\/li><li>Breton, A. <em>Nadja<\/em>, Paris, Gallimard, 1964, p. 75.<\/li><li>Breton, A. <em>L\u2019amour fou<\/em>, Paris, Gallimard, 1937.<\/li><li>Freud, S. 1905 <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard, p.130.<\/li><li>Gary, R, 1960, <em>La promesse de l\u2019aube<\/em>, Paris, Gallimard, p. 344.<\/li><li><em>Ibid<\/em>. p. 350.<\/li><li>Dargent, F, Entre m\u00e8re et fille un arrachement sans fin, in la <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>. Finir l\u2019adolescence, 2013, tome 2.<\/li><li>Freud, S. 1905 <em>Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard, p.137.<\/li><li>Chabert, C, <em>Conf\u00e9rence la jeune fille et le psychanalyste<\/em>, CILA, juin 2016.<\/li><li>Richard, F, <em>La rencontre psychanalytique<\/em>, Paris, Dunod, 2011. p. 65.<\/li><li>Winnicott, D. (1963), <em>De la communication et de la non communication, Processus de maturation chez l\u2019enfant<\/em>, Paris, Payot, 1970, p 160.<\/li><li>Hugo, V. <em>Les travailleurs de la mer<\/em>, 1866, Tome II p.15<\/li><li>Tchekhov, A. 1895. <em>La mouette<\/em>, Actes Sud, Babel, 1996. p.161.<\/li><li>Breton, A. <em>Nadja<\/em>, Paris, Gallimard, 1964, p. 82.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9471?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Elle avait cette gr\u00e2ce fugitive de l\u2019allure qui marque la plus d\u00e9licate des transitions, l\u2019adolescence, les deux cr\u00e9puscules m\u00eal\u00e9s, le commencement d\u2019une femme dans la fin d\u2019un enfant&nbsp;\u00bb1. Victor Hugo, Les travailleurs de la mer. &nbsp; J\u2019empreinte \u00e0 Andr\u00e9 Breton&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1225,1214],"thematique":[186],"auteur":[1940],"dossier":[188],"mode":[60],"revue":[192],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-9471","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-dispositif","rubrique-psychanalyse","thematique-amour","auteur-fabienne-de-lanlay","dossier-lamour-fou","mode-payant","revue-192","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9471","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9471"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9471\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13553,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9471\/revisions\/13553"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9471"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=9471"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=9471"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=9471"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=9471"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=9471"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=9471"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=9471"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=9471"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}