{"id":9460,"date":"2021-08-22T07:30:02","date_gmt":"2021-08-22T05:30:02","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/toutes-folles-2\/"},"modified":"2021-09-16T20:13:35","modified_gmt":"2021-09-16T18:13:35","slug":"toutes-folles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/toutes-folles\/","title":{"rendered":"Toutes folles !"},"content":{"rendered":"\n<p>Jules, jeune homme plein d\u2019humour, \u00e9voque le moment qui a suivi la derni\u00e8re s\u00e9ance. Il s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9 dans la rue, sur le pas de l\u2019immeuble, la t\u00eate tout occup\u00e9e par sa m\u00e8re dont il avait, une fois de plus, d\u00e9crit la folie douce. Elle croit \u00e0 la Vierge Marie et au diable, une variante parmi d\u2019autres de la sc\u00e8ne primitive, et continue de lui reprocher sa vie de \u00ab\u202fpartouze\u202f\u00bb \u2013\u202fentendez par l\u00e0 tout ce qui de la sexualit\u00e9 d\u00e9borde l\u2019acte g\u00e9nital en position de missionnaire \u00e0 vis\u00e9e reproductive. Jules\u202f: \u00ab\u202fJ\u2019ai eu envie d\u2019appeler ma m\u00e8re et de lui dire \u201cc\u2019est fini\u201d.\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9ologie contemporaine du genre, l\u2019\u00e9volution des formes de la parentalit\u00e9, le \u00ab\u202fpolitiquement correct\u202f\u00bb d\u2019aujourd\u2019hui dans les d\u00e9mocraties occidentales, tout ce mouvement cultive l\u2019espoir d\u2019une libert\u00e9 de choix qui permettrait de s\u2019\u00e9manciper de l\u2019assignation d\u2019\u00eatre une fille ou un gar\u00e7on, une femme ou un homme, une m\u00e8re ou un p\u00e8re. Ce n\u2019est pas l\u2019heure de rouvrir le d\u00e9bat de la psychanalyse avec les <em>gender studies<\/em>, et de faire l\u2019inventaire des r\u00e9sistances de l\u2019inconscient, toujours tr\u00e8s \u00ab\u202fpolitiquement incorrect\u202f\u00bb, \u00e0 se laisser enr\u00f4ler sous la banni\u00e8re paritaire, mais juste de noter que s\u2019il est un invariant psychique qui n\u2019a pas pris une ride, c\u2019est bien la <em>dissym\u00e9trie<\/em> fille\/gar\u00e7on, femme\/homme, m\u00e8re\/p\u00e8re. L\u2019un n\u2019est jamais le simple n\u00e9gatif ou l\u2019envers de l\u2019autre. Plus irr\u00e9guli\u00e8re que la diff\u00e9rence, la dissym\u00e9trie ne se laisse r\u00e9duire par aucune logique, la logique phallique, par exemple\u202f: l\u2019avoir ou pas. Elle \u00e9voque plus un d\u00e9s\u00e9quilibre qu\u2019une opposition, une divergence dont il n\u2019est jamais simple de tracer le contour.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019une m\u00e8re\u202f? Je ne vous ferai pas l\u2019injure de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, comme vous je n\u2019ai pas la r\u00e9ponse. Cela n\u2019emp\u00eache \u00e9videmment pas d\u2019essayer de s\u2019en approcher, notamment \u00e0 partir des dissym\u00e9tries qui la caract\u00e9risent, tant \u00e0 l\u2019\u00e9gard du p\u00e8re que de l\u2019enfant. Premier indice, je l\u2019emprunte aux nouvelles parentalit\u00e9s, en me basant sur les quelques rares indices dont je dispose dans ma pratique ou \u00e0 travers celle de la supervision. \u00c0\u202fchaque fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 question pour un couple d\u2019hommes d\u2019avoir et d\u2019\u00e9lever un enfant, s\u2019est pos\u00e9e au moins \u00e0 l\u2019un des deux partenaires la question de la m\u00e8re\u202f: \u00ab\u202fJe n\u2019imagine pas que mon enfant n\u2019ait pas une m\u00e8re\u202f\u00bb, dit l\u2019un d\u2019eux, m\u00eame si cela ne pr\u00e9juge pas de la forme de la r\u00e9ponse\u202f: faire cet enfant et le partager avec une femme, \u00e9ventuellement homosexuelle, ou int\u00e9grer de fa\u00e7on permanente une nounou \u00e0 la vie domestique, que l\u2019enfant ait \u00e9t\u00e9 obtenu par adoption ou par une gpa (une nounou ou la m\u00e8re de l\u2019un des deux hommes, grand-m\u00e8re de l\u2019enfant, qui s\u2019installe \u00e0 demeure). Rien de sym\u00e9trique pour les couples de femmes, \u00ab\u202fsans p\u00e8re\u202f\u00bb se laisse plus ais\u00e9ment concevoir que \u00ab\u202fsans m\u00e8re\u202f\u00bb, ce qui n\u2019emp\u00eachera \u00e9videmment pas l\u2019enfant de se poser, lui, la question du \u00ab\u202fpapa\u202f\u00bb, mais c\u2019est une autre histoire. Un enfant sans p\u00e8re, on imagine\u202f; un enfant sans m\u00e8re, l\u2019imagination est \u00e0 la peine. Le nourrisson vient tout juste de na\u00eetre que ses l\u00e8vres se tendent instinctivement vers le mamelon du sein, or la dimension mammif\u00e8re n\u2019est pas la chose du monde la mieux partag\u00e9e. Il n\u2019est pas rare d\u2019entendre chez un jeune p\u00e8re la g\u00eane issue du refoulement lorsque son b\u00e9b\u00e9, qu\u2019il porte \u00e0 m\u00eame la peau, tente de saisir le t\u00e9ton d\u2019un sein qui n\u2019en pas un.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me indice de dissym\u00e9trie nous ram\u00e8ne \u00e0 Jules\u202f: \u00ab\u202fMa m\u00e8re est folle\u202f!\u202f\u00bb Je ne compte plus le nombre de patients, hommes et femmes, ayant un\u202fjour prononc\u00e9 cette phrase sur le divan, y compris des patients qui en sont devenus analystes. \u00ab\u202fMon p\u00e8re est fou\u202f\u00bb, la chose est prononc\u00e9e de temps en temps, mais elle est loin d\u2019avoir la m\u00eame fr\u00e9quence. C\u00f4t\u00e9 p\u00e8re, ce serait plut\u00f4t l\u2019absence ou le peu de consistance qui vaudrait statistique. Faut-il le pr\u00e9ciser, l\u2019unit\u00e9 du mot <em>folie <\/em>recouvre mille et un visages maternels, depuis l\u2019amour fou (\u00ab\u202ftu es tout pour moi\u202f\u00bb) jusqu\u2019\u00e0 la folie de la haine (\u00ab\u202ftu es un accident\u202f\u00bb, ou, peut-\u00eatre le pire jamais entendu\u202f: \u00ab\u202ftu es un trou dans une capote\u202f\u00bb), en passant par la folie de l\u2019indiff\u00e9rence, de la m\u00e9lancolie ou du chaos. Toute la part originale de l\u2019\u0153uvre de Winnicott s\u2019est construite \u00e0 partir de la folie maternelle, j\u2019y reviendrai.<\/p>\n\n\n\n<p>Interroger la m\u00e8re \u00e0 partir de la dissym\u00e9trie conduit d\u2019abord vers l\u2019origine du monde, ensuite vers une sorte de folie g\u00e9n\u00e9rique. Les deux auraient-elles parties li\u00e9es\u202f? Si nombreux soient-ils autour du berceau de l\u2019enfant qui vient de na\u00eetre (p\u00e8re, fr\u00e8re, s\u0153ur, grand-m\u00e8re, grand-p\u00e8re\u2026), celle qui vient d\u2019en accoucher apr\u00e8s l\u2019avoir port\u00e9 au creux d\u2019elle-m\u00eame pendant neuf\u202fmois, et qui va maintenant le nourrir \u00e0 m\u00eame son corps gr\u00e2ce au lait que son sein s\u00e9cr\u00e8te, celle-l\u00e0 se retrouve \u00e9galement en premi\u00e8re ligne sur le plan de l\u2019exp\u00e9rience psychique qui caract\u00e9rise l\u2019entr\u00e9e dans la vie. La m\u00e8re conjugue comme personne, surtout pas comme le p\u00e8re, le versant <em>naturel<\/em> de la reproduction et de la conservation de la vie, et celui, <em>culturel<\/em>, de l\u2019initiation \u00e0 ce qui fait l\u2019originalit\u00e9 humaine entre tous les mammif\u00e8res. Le giron, ventre et sein, est maternel, mais la langue aussi. Toutes ces questions sont pr\u00e9sentes pour moi sous cette forme insistante au moins depuis ma rencontre avec M\u00e9lissa, il y a bien des ann\u00e9es. M\u00e9lissa et sa phrase-\u00e9nigme\u202f; tranquillement allong\u00e9e sur le divan, elle dit\u202f: \u00ab\u202fLa femme a avec l\u2019esp\u00e8ce un lien que l\u2019homme n\u2019a pas.\u202f\u00bb Celle qui s\u2019adresse ainsi \u00e0 son analyste est enceinte, les deux mains bien \u00e0 plat sur un ventre arrondi, sondant les messages venus de l\u2019intramonde. \u00c0\u202fbon entendeur, salut\u202f!<\/p>\n\n\n\n<p>Beaumarchais dans <em>Le mariage de Figaro,<\/em> le dit plus joliment que Freud\u202f: \u00ab\u202fBoire sans soif et faire l\u2019amour en tous temps, Madame, il n\u2019y a que cela qui nous distingue des autres b\u00eates.\u202f\u00bb Ce mot d\u00e9finit fort bien l\u2019ind\u00e9pendance conquise par l\u2019homme sur les instincts et la nature\u202f; \u00e0 la sexualit\u00e9 et la soif on pourrait ajouter tous les autres instincts, sans restriction. C\u2019est cette ind\u00e9pendance que nomme la psychanalyse, en distinguant l\u2019instinct de la pulsion. Le premier dispose d\u2019un programme qu\u2019il suit \u00e0 la lettre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apaisement du besoin\u202f; la seconde d\u00e9sire, autant dire qu\u2019elle ne sait pas ce qu\u2019elle veut avec, pour premi\u00e8re cons\u00e9quence, une satisfaction \u00e0 jamais inachev\u00e9e. <em>Quid<\/em> de cette exp\u00e9rience que l\u2019on nomme \u00ab\u202fmaternit\u00e9\u202f\u00bb, instinctuelle ou pulsionnelle\u202f? F\u00e9condation, grossesse, accouchement, p\u00e9riode mammif\u00e8re\u2026, l\u2019esp\u00e8ce semble bien faire valoir son droit et sa certitude animale. Un premier hiatus cependant avec la s\u00e9rie animale\u202f: la s\u00e9rie humaine commence par \u00ab\u202ff\u00e9condation\u202f\u00bb, copulation de gam\u00e8tes, et non par rut et co\u00eft. La femme est la seule femelle mammif\u00e8re \u00e0 se pr\u00eater \u00e0 l\u2019acte sexuel en dehors de la p\u00e9riode du rut. Le sexe humain s\u2019est \u00e9mancip\u00e9 de la reproduction. Allez savoir, apr\u00e8s \u00e7a, qui est le p\u00e8re\u2026 Il faut relire les d\u00e9bats de l\u2019Assembl\u00e9e nationale au moment de la loi Neuwirth sur la pilule contraceptive pour mesurer, \u00e0 l\u2019aune de la folie haineuse de quelques-uns, la terreur des hommes plus encore que leur incertitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucun des quatre temps \u00e9voqu\u00e9s de la \u00ab\u202fmaternit\u00e9\u202f\u00bb, si naturel soit-il, n\u2019\u00e9chappe compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019humaine incertitude, propre \u00e0 la culture. Le temps mammif\u00e8re, celui des premiers soins et de l\u2019allaitement, parce qu\u2019il met en pr\u00e9sence et en interaction deux personnes distinctes, est le plus \u00e9videmment troubl\u00e9. \u00ab\u202fBaby\u202f\u00bb attend le lait, lui arrive un sein qui, au gr\u00e9 de ce que commande l\u2019inconscient de la m\u00e8re nourrici\u00e8re, ressent (et transmet) la plus vive excitation ou la plus glaciale des tensions, en passant par l\u2019angoisse d\u2019\u00eatre vid\u00e9 de sa substance. L\u2019inventaire de ce que la \u00ab\u202fculture\u202f\u00bb surimpose \u00e0 la \u00ab\u202fnature\u202f\u00bb remplit des rayons entiers de la biblioth\u00e8que de la psychanalyse. L\u2019amour, la tendresse (celle de la lionne pour ses lionceaux), la chaleur, rien n\u2019est <em>humainement certain<\/em>, pas m\u00eame la qualit\u00e9 du lait. La chaleur animale ne conna\u00eet que le sens propre\u202f; avec l\u2019homme (m\u00e8re comprise) tout peut se mettre au figur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce premier moment de la vie entre la m\u00e8re et un <em>infans<\/em> dans l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 se venir en aide, Freud, Melanie Klein et Winnicott ont propos\u00e9 trois versions diff\u00e9rentes, trois images de la folie maternelle, trois formes de la d\u00e9mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>La folie freudienne est sensuelle, celle d\u2019une m\u00e8re qui porte, offre son sein, berce et embrasse, prenant son enfant \u00ab\u202ftout \u00e0 fait clairement comme substitut d\u2019un objet sexuel \u00e0 part enti\u00e8re<sup>1<\/sup>\u202f\u00bb. L\u2019homme, le p\u00e8re, en sait quelque chose, qui est pri\u00e9 d\u2019attendre son tour, quand son tour reviendra, s\u2019il revient. La m\u00e8re, elle \u2013\u202fdans les cas ordinaires, non pervers\u202f\u2013, n\u2019en sait rien, prot\u00e9g\u00e9e par son refoulement. Elle aurait d\u2019ailleurs tort de s\u2019en faire, ajoute Freud, en apprenant l\u2019amour \u00e0 son enfant, elle le dote d\u2019un \u00ab\u202fbesoin sexuel \u00e9nergique\u202f\u00bb sans quoi rien de grand ne se fait dans la vie. \u00c9videmment, tout cela ne reste pas sans cons\u00e9quence, notamment, celle de faire de cette premi\u00e8re relation, de cette premi\u00e8re s\u00e9duction, \u00ab\u202fle prototype de toutes les relations d\u2019amour ult\u00e9rieures dans les deux sexes<sup>2<\/sup>\u202f\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La folie maternelle kleinienne occupe une position \u00e0 part, puisque c\u2019est \u00e0 partir de l\u2019enfant et de ses fantasmes d\u00e9bordants que l\u2019on peut la reconstruire, le personnage de la m\u00e8re elle-m\u00eame se r\u00e9duisant \u00e0 une surface de projection. Pourquoi ce silence sur l\u2019inconscient maternel et sa contribution \u00e0 l\u2019imaginaire infantile\u202f? Il est probable que la folie de Melanie Klein elle-m\u00eame y soit pour quelque chose, notamment, le fait qu\u2019elle soumette ses propres enfants \u00e0 l\u2019analyse jusqu\u2019\u00e0 en publier les cas, cumulant les s\u00e9ductions, celle de la m\u00e8re et de l\u2019analyste. Les haines adultes entre Melanie et ses enfants devenus grands seront le prix \u00e0 payer pour cette transgression. La premi\u00e8re fantasmatique kleinienne, schizo-parano\u00efde, met le sein et la m\u00e8re en pi\u00e8ces, juste miroir d\u2019une m\u00e8re&#8211;analyste qui soumet ses enfants aux d\u00e9liaisons de l\u2019interpr\u00e9tation. Le plus fort de cette histoire est qu\u2019elle n\u2019invalide pas pour autant la d\u00e9couverte th\u00e9orique, celle d\u2019un imaginaire aussi pr\u00e9coce que cannibale, qui n\u2019a que faire des \u00ab\u202fbisounours\u202f\u00bb, mais se prend de passion pour l\u2019ogre et la sorci\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0\u202fpremi\u00e8re vue, la m\u00e8re winnicottienne, tr\u00e8s <em>good enough<\/em> ou \u00ab\u202fd\u00e9vou\u00e9e ordinaire\u202f\u00bb, est tout sauf folle. Plus qu\u2019une autre, elle porte son enfant, ce que <em>holding<\/em> veut dire, par sa constance elle lui assure une continuit\u00e9 d\u2019existence, et par sa capacit\u00e9 \u00e0 jouer et \u00e0 se s\u00e9parer elle lui permet de transiter vers d\u2019autres objets, d\u2019autres amours. Sauf que cette m\u00e8re que construit la th\u00e9orie de Winnicott est pr\u00e9cis\u00e9ment celle que ses patients n\u2019ont jamais eue. Chaos, inconstance, impr\u00e9visibilit\u00e9, indiff\u00e9rence, retrait d\u00e9pressif, lait noir de la m\u00e9lancolie\u2026, c\u2019est \u00e0 partir de ces paysages <em>borderline<\/em> que Winnicott dessine la figure d\u2019une m\u00e8re <em>in absentia<\/em>, d\u2019autant plus psychiquement pr\u00e9gnante que l\u2019existence lui fait d\u00e9faut. La folie maternelle freudienne est constitutive de la polymorphie du sexuel infantile et de son trop d\u2019excitation\u202f; la folie maternelle kleinienne instaure la tyrannie de l\u2019imaginaire, la dictature du surmoi et menace la prise en compte de la r\u00e9alit\u00e9\u202f; la folie maternelle winnicottienne, elle, porte atteinte \u00e0 la construction du moi et \u00e0 son indispensable \u00e9tayage narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p>Retour \u00e0 la s\u00e9rie animale et mammif\u00e8re, en parcourant les \u00e9tapes dans l\u2019ordre chronologique invers\u00e9\u202f: avant l\u2019entr\u00e9e dans la vie et les premiers soins, l\u2019accouchement\u202f; serait-il moins \u00ab\u202fculture\u202f\u00bb et plus \u00ab\u202fnature\u202f\u00bb que la phase ult\u00e9rieure\u202f? Freud (avant que Rank n\u2019en g\u00e9n\u00e9ralise l\u2019id\u00e9e) a fait du passage \u00e9troit qu\u2019est la naissance le prototype de l\u2019angoisse (<em>angustiae<\/em>, espace resserr\u00e9). L\u2019angoisse, non la peur\u202f; cette derni\u00e8re est adapt\u00e9e \u00e0 une situation de danger, quand l\u2019angoisse, exp\u00e9rience proprement humaine, ignore sa propre source. Cette id\u00e9e du trauma de la naissance et de la premi\u00e8re forme de l\u2019angoisse peut-elle s\u2019envisager du seul point de vue du rejeton, ou faut-il y ajouter la contribution de l\u2019inconscient maternel\u202f? La peur de la femme anticipant la circonstance semble parfaitement adapt\u00e9e \u2013 un si gros b\u00e9b\u00e9 par un si petit orifice\u2026 Sauf que, l\u00e0 encore, l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019inconscient s\u2019en m\u00eale, depuis celle, d\u00e9bord\u00e9e par l\u2019angoisse devant la douleur, qui exige une c\u00e9sarienne, \u00e0 celle qui refuse la p\u00e9ridurale parce qu\u2019elle veut \u00ab\u202fle sentir passer\u202f\u00bb. Sans parler de celle qui la joue \u00ab\u202fsurnature\u202f\u00bb et souhaite accoucher en milieu liquide, maritime sinon amniotique. Difficile de cantonner cette premi\u00e8re exp\u00e9rience d\u2019angoisse au d\u00e9troit du vagin et au cri respiratoire du nouveau-n\u00e9. La naissance est d\u00e9j\u00e0 une rencontre intersubjective. Restent bien s\u00fbr les accouchements comme \u00ab\u202flettre \u00e0 la poste\u202f\u00bb, la nature n\u2019a pas perdu tous ses droits.<\/p>\n\n\n\n<p>La grossesse maintenant\u2026 Sa d\u00e9formation peut \u00eatre tellement crainte qu\u2019elle n\u2019aura jamais lieu. \u00ab\u202fComment peut-on mettre une femme dans cet \u00e9tat-l\u00e0\u202f!\u202f\u00bb, il arrive qu\u2019une telle indignation trace un destin d\u2019obst\u00e9tricien. Plut\u00f4t adopter que d\u2019\u00eatre enceinte\u202f! L\u2019inverse est aussi <em>inconsciemment<\/em> vrai\u202f: un tel sentiment de pl\u00e9nitude, de compl\u00e9tude que l\u2019exp\u00e9rience sera r\u00e9p\u00e9t\u00e9e autant qu\u2019il est possible. C\u2019est aujourd\u2019hui une \u00e9vidence sur laquelle il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de s\u2019attarder, la grossesse humaine n\u2019est pas seulement mammif\u00e8re, les mains de M\u00e9lissa pos\u00e9es bien \u00e0 plat sur son ventre sont les instruments d\u2019une communication, d\u2019un transfert auquel l\u2019inconscient prend plus que sa part.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la f\u00e9condation, quand m\u00eame\u2026 Les gam\u00e8tes n\u2019ont pas d\u2019inconscient\u202f! Eux peut-\u00eatre pas, mais ils sont bien les seuls. Leur mariage (\u00ab\u202fgam\u00e8tes\u202f\u00bb, \u00e9tymologiquement \u00ab\u202fles \u00e9poux\u202f\u00bb, <em>gamos<\/em>, \u00ab\u202fmariage\u202f\u00bb) est soumis au dur contrat que les vies psychiques n\u00e9gocient \u00e2prement. C\u2019est d\u2019autant plus vrai pour la femme d\u2019aujourd\u2019hui\u202f: sa vie sociale fait qu\u2019elle ne souhaite pas se reproduire avant 27-28\u202fans et elle s\u2019angoisse \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ne pas avoir encore -d\u2019enfant \u00e0 38\u202fans. La fen\u00eatre est \u00e9troite, a fortiori quand on esp\u00e8re d\u2019un homme qu\u2019il soit aussi un p\u00e8re, figure beaucoup plus complexe et rare qu\u2019un m\u00e2le -reproducteur. Les difficult\u00e9s ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0\u202f: pas d\u2019enfant qui ne soit d\u00e9sir\u00e9, ou non d\u00e9sir\u00e9. \u00c0\u202fla limite, on peut avoir le sentiment qu\u2019il se <em>fait<\/em> plus facilement quand il n\u2019est pas souhait\u00e9 que l\u2019inverse, parce que d\u00e8s que le d\u00e9sir s\u2019en m\u00eale, l\u2019inconscient et sa passion pour le conflit troublent l\u2019ensemble du processus, depuis l\u2019acte sexuel lui-m\u00eame, menac\u00e9 de tourner au \u00ab\u202fdevoir\u202f\u00bb, jusqu\u2019\u00e0 la f\u00e9condation qui refuse de s\u2019op\u00e9rer alors que, tous les examens m\u00e9dicaux -l\u2019indiquent&nbsp;: \u00ab\u202fil n\u2019y a pas de raison\u202f\u00bb. On conna\u00eet la suite, \u00e9ventuellement <em>in vitro<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que, entre la m\u00e8re et l\u2019enfant, l\u2019essentiel est une histoire d\u2019amour, la m\u00e8re est toujours trop humaine, sinon folle. La trahison est l\u2019horizon de l\u2019amour, c\u2019est l\u2019un des messages adress\u00e9s par la sc\u00e8ne primitive. On aurait cependant pu esp\u00e9rer que celle qui est m\u00e8re dans l\u2019engendrement et les premiers soins \u00e9chappe aux affres de l\u2019humaine incertitude. On est loin du compte, et pourtant\u2026 Cela fait des ann\u00e9es que la phrase, \u00ab\u202fla femme a avec l\u2019esp\u00e8ce un lien que l\u2019homme n\u2019a pas\u202f\u00bb a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e sur mon divan. Elle est rest\u00e9e grav\u00e9e dans le marbre, sans que je sache si c\u2019est plus celui de l\u2019homme ou celui de l\u2019analyste, \u00e0\u202fla mani\u00e8re d\u2019une \u00e9nigme qui r\u00e9siste \u00e0 toutes les tentatives de solution. Depuis Freud, l\u2019id\u00e9e est acquise d\u2019une obscurit\u00e9 psychique des premiers temps de la vie\u202f: qu\u2019est-ce qui se transmet, qu\u2019est-ce qui s\u2019acquiert\u202f? Quelles traces laissent les premiers exc\u00e8s, les premiers manques\u202f? Et ce d\u2019autant plus confus\u00e9ment que l\u2019enfant est une fille, s\u2019il est vrai que la diff\u00e9rence des sexes entre la m\u00e8re et son gar\u00e7on fait pr\u00e9cis\u00e9ment une premi\u00e8re diff\u00e9rence. C\u2019est presque toujours une femme, plus rarement un homme, qui ne parvient pas \u00e0 s\u2019endormir quand lui manque ce morceau de tissu, tr\u00e8s tactile et olfactif, qu\u2019elle frotte au niveau du philtrum, l\u00e0 o\u00f9 venait autrefois s\u2019\u00e9craser l\u2019oreiller du sein lors de la t\u00e9t\u00e9e. Le \u00ab\u202fdoudou\u202f\u00bb est un morceau de peau \u00e0 peau<sup>3<\/sup>. Ensevelie sous la p\u00e9riode ath\u00e9nienne et \u0153dipienne, la civilisation mino&#8211;myc\u00e9nienne et ses d\u00e9esses maternelles ne livrent que difficilement ses myst\u00e8res<sup>4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette obscurit\u00e9 psychique-l\u00e0, faite de traces somatiques et de fantasmes \u00e9l\u00e9mentaires plus que de souvenirs, est l\u2019objet de la psychanalyse, si difficilement accessible et interpr\u00e9table soit-elle\u202f; le transfert ne manque pas d\u2019en actualiser quelques figures, par exemple quand l\u2019engagement d\u2019une cure s\u2019accompagne de difficult\u00e9s respiratoires, du retour d\u2019un ecz\u00e9ma ou d\u2019une r\u00e9apparition des terreurs nocturnes. Mais quel devenir pour le volet plus directement vital, celui qui va de la vie intra-ut\u00e9rine \u00e0 l\u2019<em>Hilflosigkeit<\/em>, l\u2019\u00e9tat de d\u00e9tresse des premiers moments, en passant par le \u00ab\u202fd\u00e9troit\u202f\u00bb de la naissance\u202f? La psychologie de l\u2019attachement a tent\u00e9 d\u2019en d\u00e9crire quelque chose, et a indiscutablement complexifi\u00e9 nos repr\u00e9sentations des premiers moments de la vie\u2026 Mais elle croit trop en ce qu\u2019elle observe.<\/p>\n\n\n\n<p>Faute de r\u00e9soudre l\u2019\u00e9nigme, on peut essayer de la nommer, toujours en grec puisque c\u2019est la langue de nos premiers temps culturels. Khton, par bien des c\u00f4t\u00e9s, est de la m\u00eame \u00ab\u202fesp\u00e8ce\u202f\u00bb que M\u00e9lissa. Elle parle de son enfant, il a quelques\u202fmois, avec une certitude tranquille qui semble \u00e0 l\u2019abri du conflit. En particulier, quand elle d\u00e9crit les premiers pas\u202f: elle est allong\u00e9e, nue, tient l\u2019enfant sous les aisselles et guide sa premi\u00e8re marche conqu\u00e9rante et remontante, depuis le ventre vers le buste. La terre-m\u00e8re, sans m\u00e9taphore. L\u2019analysant, homme ou femme, qui vient de perdre sa m\u00e8re en laisse parfois entendre quelque chose\u202f: comme une confiance \u00e0 jamais \u00e9branl\u00e9e, \u00ab\u202fle monde est moins certain, la terre qui vous porte n\u2019est plus tout \u00e0 fait la m\u00eame\u202f\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme ne se confond pas avec l\u2019existence de l\u2019esp\u00e8ce. Cette derni\u00e8re a 7\u202fmillions d\u2019ann\u00e9es, alors que l\u2019<em>Homo sapiens sapiens<\/em> que nous sommes devenus fait ses premiers pas entre 2\u202fmillions et 500\u202f000\u202fans. Le moment o\u00f9 la culture se surimpose \u00e0 la nature, quand il n\u2019est plus d\u2019instinct qui ne soit d\u00e9tourn\u00e9 du seul besoin vers le d\u00e9sir, ce moment est indissociable de la construction c\u00e9r\u00e9brale du langage articul\u00e9 et de l\u2019apparition du symbolisme. Symbolique, l\u2019enfant l\u2019est de part en part, avant m\u00eame d\u2019\u00eatre con\u00e7u. Qu\u2019est-ce qui fait cependant que nous tenions tant \u00e0 croire \u00e0 la \u00ab\u202fnature\u202f\u00bb de l\u2019engendrement, de tout le processus qui va de la f\u00e9condation \u00e0 l\u2019allaitement\u202f? Est-ce le m\u00eame fantasme que celui qui nous fait nous envoler vers les Seychelles ou les Maldives \u2013\u202fici l\u2019origine du monde, l\u00e0, le monde aux origines\u202f? Renouer avec une terre-m\u00e8re d\u2019avant la destructivit\u00e9\u2026 Ces questions prennent aujourd\u2019hui une acuit\u00e9 toute particuli\u00e8re. Manger, boire, copuler, le triomphe du d\u00e9sir et de ses d\u00e9tournements sur l\u2019instinct ne souffre plus aucune contestation. Mais \u00ab\u202fse reproduire\u202f\u00bb\u202f? Jusqu\u2019\u00e0 il y a peu, cette s\u00e9quence-l\u00e0 a pu se croire \u00e0 l\u2019abri de cette folie g\u00e9n\u00e9rique que l\u2019on nomme \u00ab\u202fhumanit\u00e9\u202f\u00bb. Sauf que ce dernier bastion a c\u00e9d\u00e9. Depuis le premier b\u00e9b\u00e9-\u00e9prouvette jusqu\u2019au futur ut\u00e9rus artificiel en passant par PMA, GPA, homoparentalit\u00e9s et clonage, la reproduction n\u2019est plus ce qu\u2019elle \u00e9tait\u202f: elle \u00e9tait mammif\u00e8re, elle est devenue humaine. Que cela en fasse r\u00eaver certains et cauchemarder d\u2019autres ne change rien \u00e0 l\u2019emprise toujours plus affirm\u00e9e de la culture sur la nature.<\/p>\n\n\n\n<p>Je conclurai toutefois sur une note souriante. Il arrive \u00e0 la folie maternelle d\u2019\u00eatre souriante, ce qui n\u2019arrive que lorsque la m\u00e8re est amoureuse. Winnicott a nomm\u00e9, de fa\u00e7on plut\u00f4t balourde, \u00ab\u202fpr\u00e9occupation maternelle primaire\u202f\u00bb cette folie identificatoire des premiers temps, o\u00f9 l\u2019on ne sait plus tr\u00e8s bien lequel des deux visages est le miroir de l\u2019autre. Julie est la jeune m\u00e8re d\u2019une fille. Elle a pour son b\u00e9b\u00e9 les yeux de Chim\u00e8ne. Elle qui n\u2019a jamais lu Winnicott, et ne conna\u00eet de la psychanalyse que le divan sur lequel elle est allong\u00e9e, dit\u202f: \u00ab\u202fParfois c\u2019est incroyable, je me surprends \u00e0 grimacer ou \u00e0 faire avec mes l\u00e8vres le m\u00eame geste qu\u2019elle. C\u2019est incroyable, <em>je suis elle<\/em>.\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>S.\u202fFreud, <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Paris, Gallimard, 1987, p.\u202f166.<\/li><li>S.\u202fFreud, \u00ab\u202fAbr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse\u202f\u00bb, dans <em>ocf.p, <\/em>XX, Paris, Puf, 2010, p.\u202f283.<\/li><li>Cf. M.\u202fSa\u00efet, <em>Femmes et doudou<\/em>, Paris, Puf, 2008.<\/li><li>S.\u202fFreud, \u00ab\u202fDe la sexualit\u00e9 f\u00e9minine\u202f\u00bb, dans <em>ocf.p, <\/em>XIX, Paris, Puf, 1995, p.\u202f10.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9460?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jules, jeune homme plein d\u2019humour, \u00e9voque le moment qui a suivi la derni\u00e8re s\u00e9ance. 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