{"id":9406,"date":"2021-08-22T07:11:54","date_gmt":"2021-08-22T05:11:54","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/miroir-mon-beau-miroir-blanche-n-ou-lideal-de-normalite-comme-entrave-du-soin\/"},"modified":"2021-09-14T17:45:03","modified_gmt":"2021-09-14T15:45:03","slug":"miroir-mon-beau-miroir-blanche-n-ou-lideal-de-normalite-comme-entrave-du-soin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/miroir-mon-beau-miroir-blanche-n-ou-lideal-de-normalite-comme-entrave-du-soin\/","title":{"rendered":"\u201cMiroir, mon beau miroir&#8230;\u201d Blanche-N ou l&rsquo;id\u00e9al de normalit\u00e9 comme entrave du soin"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Tout enfant est celui d\u2019un regard, et celui-ci doit \u00eatre \u00ab&nbsp;vivant&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup> pour permettre la construction identitaire de cet <em>infans<\/em>. Un \u00ab&nbsp;regard vivant&nbsp;\u00bb, c\u2019est \u00e0 la fois la capacit\u00e9 de la m\u00e8re \u00e0 se mettre \u00e0 la place de son enfant, mais aussi les moyens actifs qu\u2019elle d\u00e9ploie pour traduire et lui restituer, les \u00e9tats \u00e9motionnels qui le traversent. C\u2019est ce que Winnicott d\u00e9signe sous le terme de <em>regard-miroir<\/em> de la m\u00e8re<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si pour regarder il faut percevoir, ressentir et \u00eatre travers\u00e9 par une \u00e9motion. Que se passe-t-il pour l\u2019enfant lorsque sa m\u00e8re est aveugl\u00e9e par ses propres \u00e9tats \u00e9motionnels, et ne peut donc percevoir que ceux-ci, et non ceux que lui adresse son b\u00e9b\u00e9&nbsp;? Ce n\u2019est alors plus l\u2019enfant qui sera refl\u00e9t\u00e9, mais la m\u00e8re qui se refl\u00e8tera \u00e0 travers lui&nbsp;; les places \u00e9tant invers\u00e9es, \u00e0 la m\u00e8re-miroir se substituera un \u00ab&nbsp;enfant-miroir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons aujourd\u2019hui porter notre attention sur l\u2019\u00e9volution de cet \u00ab&nbsp;enfant-miroir&nbsp;\u00bb, devenu un \u00ab&nbsp;adolescent-miroir&nbsp;\u00bb. Quelles seront les cons\u00e9quences sur lui de ce d\u00e9faut d\u2019identification de sa m\u00e8re, et quelles difficult\u00e9s risquent de se r\u00e9p\u00e9ter dans le soin&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pensons que ce d\u00e9faut d\u2019identification aura des effets terribles sur le plan de la construction identitaire. Une m\u00e8re qui ne peut s\u2019identifier \u00e0 son enfant, ne peut l\u2019identifier. Si elle ne reconna\u00eet pas la diff\u00e9rence, la singularit\u00e9, l\u2019unicit\u00e9 de son enfant, elle ne lui donnera pas les outils indispensables \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une identit\u00e9 propre. N\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 par sa m\u00e8re, l\u2019adolescent pourrait ne pas s\u2019identifier lui-m\u00eame&nbsp;; le risque \u00e9tant alors que par identification \u00e0 cette m\u00e8re qui n\u2019a pu le regarder vraiment, il ne puisse poser un regard juste sur lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019h\u00f4pital de jour du Centre Etienne Marcel, les adolescents viennent se raconter, nous utiliser en nous faisant vivre, dans le transfert, des parties de leur monde interne. Pouvons-nous \u00e9tablir un lien de causalit\u00e9 entre la mani\u00e8re qu\u2019a un adolescent de se pr\u00e9senter \u00e0 notre regard, et la qualit\u00e9 d\u2019accordage par le regard dont il aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 autrefois&nbsp;? Que penser d\u2019un adolescent qui se d\u00e9brouille pour continuellement capter l\u2019attention des soignants&nbsp;? Y a-t-il un int\u00e9r\u00eat \u00e0 penser la clinique des adolescents \u00ab&nbsp;avec&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;par&nbsp;\u00bb le regard que nous posons sur eux, autrement dit une clinique du regard&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Blanche-N<\/h2>\n\n\n\n<p>Longtemps je me suis dit que si cette jeune m\u2019\u00e9voquait confus\u00e9ment le personnage de Blanche-Neige, c\u2019\u00e9tait en raison de \u00ab&nbsp;<em>sa peau blanche comme la neige, ses cheveux noirs comme l\u2019\u00e9b\u00e8ne, et ses l\u00e8vres rouges comme le sang<\/em>&nbsp;\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019alliance de ces trois couleurs ancestrales &#8211; le blanc, le rouge et le noir &#8211; tissait aussi la trame narrative de sa probl\u00e9matique interne&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le blanc&nbsp;: la joie, la puret\u00e9, mais aussi le froid, le trou, l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 penser, un coloris sur lequel s\u2019ouvre la passionnante clinique du vide.<\/li><li>le rouge&nbsp;: couleur par excellence de la pulsion, celle aussi de l\u2019interdit et de la sexualit\u00e9.<\/li><li>le noir&nbsp;: couleur du deuil, de la p\u00e9nitence et de la mort. De noir, aussi, se parent la haine et la destructivit\u00e9.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Trois symboliques qui, ainsi nou\u00e9es, dessinaient le visage de cette adolescente que j\u2019ai choisie d\u2019appeler Blanche-N en r\u00e9f\u00e9rence au conte et notamment \u00e0 la dimension de Haine dans la relation m\u00e8re-fille qu\u2019il v\u00e9hicule. De plus, la question du regard paraissait l\u2019occuper toute enti\u00e8re, et elle s\u2019y consacrait assid\u00fbment en s\u2019organisant afin de capter l\u2019attention de tous, soignants comme adolescents.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cela, alors que nous la savions en tr\u00e8s grande difficult\u00e9 depuis sa petite enfance, elle parvenait \u00e0 nous maintenir dans une illusion sur ses capacit\u00e9s d\u2019autonomisation et d\u2019int\u00e9gration sociale. En effet, nous avons port\u00e9 pour Blanche-N &#8211; sans que cela ne soit vraiment conscient &#8211; un id\u00e9al d\u2019\u00e9volution qui a perdur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa sortie, en d\u00e9pit de signaux de la r\u00e9alit\u00e9 et de ses impossibilit\u00e9s manifestes. M\u00eame si nous avons travaill\u00e9 d\u2019arrache-pied pendant neuf ans, deux mots m\u2019ont hant\u00e9 \u00e0 sa sortie&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e9chec th\u00e9rapeutique&nbsp;\u00bb, et j\u2019avais le sentiment d\u2019\u00eatre pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quelques \u00e9l\u00e9ments de son histoire<\/h2>\n\n\n\n<p>Blanche-N est une enfant unique, tr\u00e8s d\u00e9sir\u00e9e par ses parents et tout particuli\u00e8rement par sa m\u00e8re. Sa premi\u00e8re ann\u00e9e se d\u00e9roule sans probl\u00e8me &#8211; les acquisitions se font normalement &#8211; et ce n\u2019est qu\u2019au cours de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e que des phobies apparaissent, assorties d\u2019angoisses de s\u00e9parations majeures. Celles-ci vont se concr\u00e9tiser lors de l\u2019entr\u00e9e en maternelle, par une peur panique des autres enfants. Un premier diagnostic de psychose infantile, pos\u00e9 par un service universitaire de psychiatrie fait fuir les parents des soins une premi\u00e8re fois. Deux ans apr\u00e8s, ils reprendront contact devant les difficult\u00e9s de leur fille. A ses 4&nbsp;ans, un second diagnostic de \u00ab&nbsp;psychose symbiotique&nbsp;\u00bb est \u00e9voqu\u00e9 en raison d\u2019un \u00ab&nbsp;lien fusionnel m\u00e8re-fille&nbsp;\u00bb. Blanche-N est alors admise dans un h\u00f4pital de jour pour enfants qui lui permettra une reprise de scolarit\u00e9 en CLIS.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit du lien plus que positif et s\u00fbrement id\u00e9alis\u00e9 qui s\u2019est nou\u00e9 avec le psychiatre de l\u2019h\u00f4pital de jour &#8211; lien qui se poursuivra \u00e0 son d\u00e9part pour une consultation en CMP &#8211; les parents restent inquiets vis \u00e0 vis des soins, et refusent \u00ab&nbsp;d\u2019enfermer leur fille sous une \u00e9tiquette psychiatrique&nbsp;\u00bb. La m\u00e8re pr\u00e9f\u00e8rera penser que sa fille est une originale, une artiste comme elle. A l\u2019adolescence c\u2019est donc \u00e0 reculons qu\u2019ils prennent contact avec nous, tout en poursuivant r\u00e9guli\u00e8rement les consultations avec ce premier psychiatre, d\u00e9finissant ainsi un espace de clivage dont il nous a sembl\u00e9 qu\u2019un des objectifs \u00e9tait de le r\u00e9duire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Blanche-Neige \u00e0 Blanche-N<\/h2>\n\n\n\n<p>Miroir magique, 7 nains, pomme empoisonn\u00e9e, cercueil de verre, prince charmant\u2026Telles sont les repr\u00e9sentations auxquelles nous convient ce conte, mais en dehors de ces images, deux choses ont particuli\u00e8rement attir\u00e9 notre attention&nbsp;: d\u2019une part, l\u2019exploration des multiples aspects psychiques des liens m\u00e8re-fille, d\u2019autre part, la question du miroir et de ses \u00e9ventuelles impasses.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on tire le fil des relations m\u00e8re-fille, que voyons-nous&nbsp;? Une m\u00e9daille \u00e0 double face avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une relation pr\u00e9-\u0153dipienne \u00ab&nbsp;mortelle&nbsp;\u00bb qui vient par la suite mettre en \u00e9chec le narcissisme de la m\u00e8re, et, de l\u2019autre, la dangereuse conqu\u00eate du f\u00e9minin \u00e0 l\u2019adolescence. Quoi de plus normal en effet que Blanche-Neige devienne la plus belle si l\u2019on y pense&nbsp;: n\u2019\u00e9tait-elle pas le fruit d\u2019un d\u00e9sir maternel dont la pr\u00e9cision toute narcissique avait d\u00e9j\u00e0 des allures de sortil\u00e8ge&nbsp;? Se dessinent d\u2019embl\u00e9e dans le conte les traits color\u00e9s de la jeune fille, conform\u00e9ment au v\u0153u maternel, un voeu pr\u00e9somptueux et inqui\u00e9tant, qui r\u00e9sonnera finalement comme une sentence dont la victime <em>in fine<\/em> ne sera autre que la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>La perception visuelle se trouve au c\u0153ur de l\u2019histoire&nbsp;: le regard est convoqu\u00e9 avant m\u00eame que la rivalit\u00e9 \u0153dipienne ne le conduise \u00e0 v\u00e9rifier qui sera la plus belle aux yeux du monde. Dans le conte, l\u2019image est prisonni\u00e8re du regard de la m\u00e8re qui, dans une r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 l\u2019identique, ne cherche surtout pas \u00e0 voir autre chose qu\u2019elle-m\u00eame. S\u2019il est incontestable que le mat\u00e9riau de ce lien ind\u00e9fectible \u00e0 la m\u00e8re est essentiellement la beaut\u00e9, une seule et m\u00eame beaut\u00e9 pour les deux femmes, c\u2019est de cette beaut\u00e9 que le drame d\u00e9coule. Deux visages f\u00e9minins se refl\u00e8tent alternativement dans le miroir, et un seul est retenu. La haine diff\u00e9renciatrice surviendra lorsque celui de la fille se superpose \u00e0 celui de la m\u00e8re et l\u2019efface.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation m\u00e8re-fille fait d\u00e8s lors penser au fantasme f\u00e9minin de reproduction \u00e0 l\u2019identique qui est aussi \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans ce r\u00e9cit. Dans le d\u00e9but du r\u00e9cit, la m\u00e8re ne se propose que comme un \u00ab&nbsp;identique&nbsp;\u00bb et non un \u00ab&nbsp;m\u00eame&nbsp;\u00bb qui ferait double structurant. Se fait alors sentir le manque de p\u00e8re, le manque de tiers, et d\u2019une lumi\u00e8re en clair-obscur qui viendrait donner du relief \u00e0 la sc\u00e8ne, et des limites \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de chacune d\u2019elle. Sans p\u00e8re, en effet, point de reflet, mais un miroir qui emprisonne les deux dans une m\u00eame image. C\u2019est ce travail de d\u00e9gagement, de d\u00e9doublement qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le conte.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019attachement \u00e0 la m\u00e8re et \u00e0 ses avatars est consid\u00e9rable pour Blanche-Neige, qui se trouve confront\u00e9e de fa\u00e7on cruelle aux deux visages de la m\u00e8re&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une m\u00e8re qui donne la vie et en meurt, de l\u2019autre une m\u00e8re qui tente de tuer sa fille pour ne pas vieillir\/mourir. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 une m\u00e8re sacrificielle mais abandonnique, de l\u2019autre une m\u00e8re qui ne c\u00e8de en rien sur le pouvoir tout puissant d\u2019une beaut\u00e9 exclusive et impartageable. Blanche-Neige grandit donc dans le creuset de la violence du lien m\u00e8re-fille, entre crainte de l\u2019abandon et terreur de la haine.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est de ces deux facettes que Blanche-Neige va \u00eatre oblig\u00e9e de se d\u00e9faire. Pour vivre sa propre vie, il lui faudra supporter d\u2019une part, de laisser sa dette \u00ab&nbsp;en souffrance&nbsp;\u00bb pour se consacrer \u00e0 elle-m\u00eame, et de l\u2019autre, de d\u00e9jouer les pi\u00e8ges tendus par une \u00ab&nbsp;plus si belle&nbsp;\u00bb &#8211; m\u00e8re qui veut la d\u00e9truire. Sans c\u00e9der \u00e0 une identification m\u00e9lancolique \u00e0 une m\u00e8re morte &#8211; apr\u00e8s avoir mordu dans la pomme, elle sombre tout de m\u00eame dans un profond sommeil &#8211; c\u2019est \u00ab&nbsp;entre-deux m\u00e8res (m\u00e8re et belle-m\u00e8re)&nbsp;\u00bb qu\u2019elle devra faire sa propre place. Pour que chacune reste vivante, le couple m\u00e8re-fille doit se scinder en deux femmes diff\u00e9rentes et renoncer \u00e0 l\u2019union qu\u2019il avait connu. Par la m\u00e9taphore du miroir qui d\u00e9signe la plus belle, le conteur indique la rupture oblig\u00e9e de ce couple archa\u00efque et l\u2019impossibilit\u00e9 pour les deux femmes de partager le m\u00eame miroir plus longtemps. Ainsi, dans le conte, l\u2019histoire finit-elle bien. Blanche-Neige ayant surv\u00e9cu aux attaques meurtri\u00e8res de sa (belle)-m\u00e8re parviendra apr\u00e8s un temps de latence &#8211; autrement dit de maturation-mise en sommeil des pulsions &#8211; \u00e0 faire peau neuve pour vivre sa vie \u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retour \u00e0 Blanche-N<\/h2>\n\n\n\n<p>Ici les choses se sont pass\u00e9es tr\u00e8s diff\u00e9remment, m\u00eame si certaines ressemblances avec des \u00e9l\u00e9ments du conte nous ont maintenus dans l\u2019illusion d\u2019une fin plus heureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans le conte, l\u2019histoire de Blanche-N commence par un projet d\u2019enfant &#8211; essentiellement fantasm\u00e9 par la m\u00e8re &#8211; et comme dans le conte, nous n\u2019aurons aucun \u00e9l\u00e9ment sur les ant\u00e9c\u00e9dents de ce couple, pas plus que sur leur famille respective. L\u2019adolescence se fige dans l\u2019actuel, et chaque jour s\u2019ouvre sur une nouvelle inqui\u00e9tude des soignants, une nouveaut\u00e9 qui ne nous laisse aucun r\u00e9pit. Les faits s\u2019encha\u00eenent dans une urgence qui emp\u00eache de penser et vient \u00e9craser toute possibilit\u00e9 de mise en r\u00e9cit, notamment de l\u2019histoire familiale sur laquelle nous proposons pourtant r\u00e9guli\u00e8rement aux parents d\u2019associer. Propositions qui tombent tout aussi r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 plat. Blanche-N nous englue ainsi dans un quotidien assez glauque de suspicions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d\u2019abus sexuels. La haine, vis-\u00e0-vis de parents v\u00e9cus comme incapables de r\u00e9action protectrice, grandit chaque jour un peu plus du c\u00f4t\u00e9 des soignants.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans le conte enfin, nous trouvons une m\u00e8re qui se prot\u00e8ge de toute \u00e9ventuelle d\u00e9ception par des v\u0153ux id\u00e9aux pour sa fille &#8211; \u00e0 ceci pr\u00e8s que dans le conte la m\u00e8re obtient ce qu\u2019elle souhaite, et peut alors tranquillement dispara\u00eetre de la sc\u00e8ne &#8211; tandis que pour Blanche-N le v\u0153u maternel ne se r\u00e9alise pas. Elle doit veiller \u00e0 faire tenir un semblant d\u2019illusion pour \u00e9viter son propre effondrement et celui de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re appara\u00eetra plus en ad\u00e9quation au regard des r\u00e9elles possibilit\u00e9s de sa fille, mais n\u2019ira cependant qu\u2019\u00e0 de tr\u00e8s rares occasions \u00e0 l\u2019encontre du discours maternel. Le d\u00e9ni des troubles par les parents va ainsi se trouver au c\u0153ur des pr\u00e9occupations des soignants successifs de la tr\u00e8s longue prise en charge de Blanche-N.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est certain qu\u2019en pareil cas, la premi\u00e8re tentation avant tout autre soin, serait de soutenir l\u2019amorce d\u2019un mouvement de distanciation, de d\u00e9prise, entre le (ou les) parent(s) et l\u2019adolescent que nous recevons. Mais dans le cas de Blanche-N, et peut-\u00eatre m\u00eame g\u00e9n\u00e9ralement dans le cas des \u00ab&nbsp;psychoses symbiotiques&nbsp;\u00bb, ce mouvement n\u2019a pu s\u2019op\u00e9rer. Il arrive souvent en effet que m\u00eame en proc\u00e9dant avec tact, nos chances de succ\u00e8s soient minimes. Certaines familles ne supportent pas, en effet, qu\u2019un tiers s\u2019immisce dans leur organisation et vienne bousculer une logique interne qui se trouve \u00eatre &#8211; rappelons le &#8211; toujours la meilleure qu\u2019elle a pu adopter jusqu\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, pour qu\u2019il y ait amorce de changement, encore faut-il pouvoir supporter la douleur li\u00e9e au d\u00e9gel d\u2019une situation fig\u00e9e. Il a \u00e9t\u00e9 frappant de voir que le d\u00e9roulement des consultations pourtant fr\u00e9quentes avec les parents, se r\u00e9p\u00e9tait parfaitement \u00e0 l\u2019identique d\u2019une fois sur l\u2019autre. Ils commen\u00e7aient tout entretien par d\u00e9plorer n\u2019avoir aucun droit de regard sur l\u2019emploi du temps de leur fille, ni sur les activit\u00e9s qu\u2019elle faisait \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de jour, pour immanquablement poser la question de ce que nous \u00e9tions \u00ab&nbsp;puisque nous n\u2019\u00e9tions pas une \u00e9cole&nbsp;\u00bb. L\u2019importance du soin ne pouvait \u00e0 l\u2019\u00e9vidence \u00eatre reconnue&nbsp;; \u00e0 leurs yeux, Blanche-N n\u2019\u00e9tait pas malade. La r\u00e9ponse \u00e0 la question du diagnostic venait syst\u00e9matiquement clore par des larmes l\u2019entretien, laissant le consultant dans un \u00e9tat de sid\u00e9ration&nbsp;: d\u00e9ni et clivage ayant provoqu\u00e9 l\u2019oubli total d\u2019un diagnostic pos\u00e9 pourtant \u00e0 maintes reprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard dans la cure, cette version r\u00e9p\u00e9titive laissera place \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re prise de conscience des difficult\u00e9s de Blanche-N, et une certaine adh\u00e9sion aux propos du consultant. Celui-ci pense alors que les choses ont vraiment avanc\u00e9 et qu\u2019il n\u2019a pas travaill\u00e9 pour rien&nbsp;; il lui arrive m\u00eame de s\u2019enorgueillir de son r\u00e9sultat. Le cheminement r\u00e9alis\u00e9 pendant la consultation laisse en effet pr\u00e9sager que les parents ont \u00e9prouv\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 de la maladie de leur fille. Pourtant, dans une compulsion de r\u00e9p\u00e9tition venant annuler toute progression, et donc toute diff\u00e9renciation, l\u2019entretien suivant se rejouera parfaitement \u00e0 l\u2019identique, nous laissant petit \u00e0 petit au prise avec un profond sentiment de d\u00e9sespoir, parfois de haine.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre v\u0153u de voir les parents s\u2019inscrire dans une r\u00e9alit\u00e9 susceptible d\u2019aider leur fille, n\u2019a pu se r\u00e9aliser qu\u2019apr\u00e8s longtemps, et \u00e0 quel prix&nbsp;! Les nombreux projets propos\u00e9s, notamment ceux tourn\u00e9s vers l\u2019ext\u00e9rieur n\u2019aboutiront pas, ou que tr\u00e8s partiellement. Et pourtant nous ne parvenions pas \u00e0 renoncer \u00e0 l\u2019id\u00e9e que cette jeune pouvait faire autrement. En identification \u00e0 l\u2019investissement narcissique de la m\u00e8re, nous \u00e9tions pris, nous aussi, dans un investissement narcissique de la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>Trouver cette m\u00e8re totalement d\u00e9faillante nous pla\u00e7ait dans une rivalit\u00e9 avec elle qui renfor\u00e7ait les enjeux narcissiques&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui de nous deux est la meilleure&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Blanche-N de son c\u00f4t\u00e9 essayait de jouer sa partie. En entretien, seule, elle se montrait accessible, compliante, reconnaissante des soins que nous lui prodiguions, tandis qu\u2019en consultation familiale, elle jouait \u00e0 l\u2019adolescente, celle qu\u2019elle ne parvenait pas \u00e0 \u00eatre lorsqu\u2019elle \u00e9tait chez elle. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es, et devant les \u00e9checs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de leur fille \u00e0 investir toute vie professionnelle, le regard des parents s\u2019est peu \u00e0 peu modifi\u00e9 avec l\u2019acceptation du diagnostic.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat f\u00fbt tr\u00e8s exactement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de nos espoirs, puisque Blanche-N, envahie de nouveau par des angoisses de s\u00e9paration totalement invalidantes, n\u2019a pratiquement plus \u00e9t\u00e9 en mesure de venir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de jour durant une p\u00e9riode de plusieurs mois pendant lesquels nous avons d\u00fb maintenir le contact par t\u00e9l\u00e9phone. Au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 qui a suivi, elle a brutalement grossi, abolissant en deux ou trois mois toute forme d\u2019elle-m\u00eame, en tous cas telle que nous la connaissions. Cette d\u00e9formation, que Blanche-N ne semblait pas remarquer, a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 beaucoup de remous dans l\u2019\u00e9quipe et une fois encore une inqui\u00e9tude accusatrice \u00ab&nbsp;Mais que fait la m\u00e8re&nbsp;? C\u2019est inadmissible de laisser sa fille comme \u00e7a&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u2026 il faut dire que bien qu\u2019ayant pris \u00e9norm\u00e9ment de poids, Blanche-N s\u2019habillait encore avec les m\u00eames v\u00eatements qu\u2019auparavant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions<\/h2>\n\n\n\n<p>1- Dans ces situations de dyade pathologique, on a parfois le sentiment que la m\u00e8re, dans un m\u00e9canisme d\u00e9fensif, d\u00e9pose sa partie malade \u00e0 l\u2019h\u00f4pital en m\u00eame temps qu\u2019elle d\u00e9pose son enfant. Ainsi elle peut nier toute existence de cette partie malade&nbsp;; puisque Blanche-N, comme elle, est une \u00ab&nbsp;originale&nbsp;\u00bb, alors ni la m\u00e8re ni la fille ne sont malades. Telle peut \u00eatre pens\u00e9e la position de la m\u00e8re. C\u2019est pourquoi, il lui faudrait maintenir co\u00fbte que co\u00fbte l\u2019illusion que sa fille n\u2019est pas malade. Ce faisant, la fille se retrouve par clonage, porteuse d\u2019une identit\u00e9 de double \u00ab&nbsp;bien-portant&nbsp;\u00bb de sa m\u00e8re, et non de sa propre identit\u00e9 qu\u2019elle ne peut pas endosser (faux-<em>self<\/em>). C\u00f4t\u00e9 soignant, on se retrouve dans le paradoxe suivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;plus on soigne, moins on soigne&nbsp;\u00bb, puisque plus on soigne, plus on prend le risque de d\u00e9signer la fille comme malade, ce qui est intenable&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>2- Dans le conte, l\u2019illusion est que la m\u00e8re est la plus belle, et que la fille risque sa peau si elle ne reste pas une esp\u00e8ce de clone du moi id\u00e9al de sa m\u00e8re. C\u2019est pourquoi pour survivre, elle doit n\u00e9cessairement passer par un mouvement de haine vis-\u00e0-vis de celle-ci. Dans la famille de Blanche-N tout est mis en \u0153uvre pour \u00e9viter l\u2019\u00e9closion d\u2019une haine diff\u00e9renciatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>3- En annulant toute r\u00e9v\u00e9lation diagnostique, la m\u00e8re emp\u00eache toute diff\u00e9renciation&nbsp;; Blanche-N reste une image identique \u00e0 celle de sa m\u00e8re, prisonni\u00e8re d\u2019un miroir o\u00f9 la haine ne peut \u00eatre op\u00e9rante. Une haine qui existe pourtant bel et bien &#8211; et pour preuve le contre-transfert de l\u2019\u00e9quipe &#8211; mais une haine qui n\u2019est pas plac\u00e9e au bon endroit, et ne permet pas d\u2019avoir sa fonction diff\u00e9renciatrice et s\u00e9paratrice. Lorsque le diagnostic va \u00eatre enfin entendu, c\u2019est la d\u00e9sillusion. Mais apr\u00e8s l\u2019effondrement en larmes de la m\u00e8re, il a \u00e9t\u00e9 surprenant de la revoir en bonne forme \u00e0 la consultation suivante. Cela nous a fait penser qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, son effondrement se vivait par le truchement de sa fille.<\/p>\n\n\n\n<p>4- En effet, Blanche-N ne pourra plus du tout sortir de chez elle et cessera tous ses projets. Tout comme elle avait d\u00e9pos\u00e9 sa partie malade sans la reconna\u00eetre, la m\u00e8re fait porter par sa fille son propre effondrement, sans le reconna\u00eetre. Et tandis que sa fille abandonne tout projet professionnel, la m\u00e8re reprend des \u00e9tudes et s\u2019engage dans une vie associative tr\u00e8s investie. Dans Blanche-Neige, il y a l\u2019illusion que la m\u00e8re est belle jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ne le soit plus, avec Blanche-N, il y a l\u2019illusion que la m\u00e8re est saine, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ne le soit plus. Une illusion qui se poursuit par l\u2019illusion que la m\u00e8re ne s\u2019est pas effondr\u00e9e suite au diagnostic, sauf \u00e0 reconna\u00eetre dans l\u2019effondrement de la fille, celui de la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>5- Blanche-N a essay\u00e9 de se d\u00e9gager de l\u2019emprise du regard maternel en se d\u00e9formant. Or une d\u00e9formation n\u2019est autre chose qu\u2019une tentative de prendre une autre forme, et pour prendre sa propre forme, peut-\u00eatre faut-il bien souvent passer par de l\u2019informe. Nous savons que les angoisses archa\u00efques, r\u00e9activ\u00e9es par la s\u00e9paration, renvoient elles aussi \u00e0 l\u2019informe, mais un informe en trois dimensions. Blanche-N grossit consid\u00e9rablement et ainsi devient autre chose que l\u2019image en deux dimensions projet\u00e9e par le regard maternel. On pourrait avancer l\u2019hypoth\u00e8se que cette d\u00e9formation serait une tentative de se diff\u00e9rencier de sa m\u00e8re, par le truchement de regards tiers.<\/p>\n\n\n\n<p>6- Nous pensons que les regards crois\u00e9s de l\u2019\u00e9quipe, reconnaissant \u00e0 la fois le m\u00eame et le diff\u00e9rent tout au long de cette histoire, ont \u00e9t\u00e9 une tentative de constitution d\u2019une fonction-miroir \u00e0 la fois contenante et diff\u00e9renciatrice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Emmanuelle Lilia Sarfati, \u00ab&nbsp;Un regard vivant&nbsp;: de la construction de l\u2019identit\u00e9 \u00e0 une ouverture th\u00e9rapeutique&nbsp;\u00bb, intervention \u00e0 la Journ\u00e9e d\u2019\u00c9tudes de Paris VII du 28&nbsp;septembre 2018 \u00ab&nbsp;<em>Devant et derri\u00e8re la cam\u00e9ra<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/li><li>Donald Winnicott, \u00ab&nbsp;Le r\u00f4le de miroir de la m\u00e8re et de la famille dans le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb, in <em>Jeu et R\u00e9alit\u00e9<\/em>, 1975, Coll. Connaissance de l\u2019inconscient, Gallimard.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9406?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Tout enfant est celui d\u2019un regard, et celui-ci doit \u00eatre \u00ab&nbsp;vivant&nbsp;\u00bb1 pour permettre la construction identitaire de cet infans. 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