{"id":31563,"date":"2023-07-12T10:41:57","date_gmt":"2023-07-12T08:41:57","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=31563"},"modified":"2023-07-12T10:42:02","modified_gmt":"2023-07-12T08:42:02","slug":"de-lhomme-aux-rats-a-lhomme-aux-loups%ef%bf%bc","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/de-lhomme-aux-rats-a-lhomme-aux-loups%ef%bf%bc\/","title":{"rendered":"De l\u2019Homme aux rats \u00e0 l\u2019Homme aux loups\ufffc"},"content":{"rendered":"\n<p>C\u2019est une gageure d\u2019avoir \u00e0 reprendre ici aujourd\u2019hui un cheminement commenc\u00e9 il y a fort longtemps, dans le sillage de ces grandes figures de l\u2019histoire de la psychanalyse que sont ces <em>Hommes aux rats<\/em> et <em>Homme aux loups<\/em>, deux cas d\u2019analyses effectu\u00e9s et r\u00e9dig\u00e9s par Freud et que le travail pr\u00e9cis et toujours original de Vladimir Marinov \u00e9claire sous des angles nouveaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son souci de transmission Vladimir Marinov a souhait\u00e9 que cette journ\u00e9e s\u2019adresse aux \u00e9tudiants. Pas \u00e9tonnant alors que ses premiers ouvrages portent sur ces deux cas cliniques parmi les plus f\u00e9conds pour la th\u00e9orie psychanalytique et la psychopathologie, des cas exemplaires et qui comme il l\u2019\u00e9crit justement n\u2019ont pas finis d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9s tant ils rec\u00e8lent de pistes de recherche et d\u2019approfondissement. Puisque nous nous adressons aux \u00e9tudiants, mais pas seulement, j\u2019esp\u00e8re inciter \u00e0 lire ou relire ces cas illustratifs d\u2019une pens\u00e9e freudienne en action, cherchant dans la clinique et la psychopathologie la formalisation de ses multiples intuitions th\u00e9oriques. Les inciter aussi, en appuis sur le travail de Marinov, \u00e0 toujours creuser plus loin, m\u00eame si cela a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait, en int\u00e9grant les nouvelles r\u00e9flexions et apports r\u00e9cents aux fondamentaux, ce qui maintient vivante la pens\u00e9e analytique. Car il y a toujours un angle de vue qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 affin\u00e9, des questions qui restent en suspens, des articulations originales qui ne demandent qu\u2019\u00e0 \u00eatre formul\u00e9es, si on ose s\u2019aventurer comme il l\u2019a fait dans l\u2019\u00e9tude approfondie de ces cas en y apportant son point de vue personnel et de ce fait cr\u00e9atif.<\/p>\n\n\n\n<p>Si c\u2019est \u00e0 moi que Marinov demand\u00e9 de revenir sur ces travaux, c\u2019est que c\u2019est avec eux que nos nous sommes rencontr\u00e9s la premi\u00e8re fois, autour de la r\u00e9daction de l\u2019ouvrage <em>La n\u00e9vrose obsessionnelle Contraintes et limites<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em> sous la direction de Catherine Chabert. \u00c0 cette \u00e9poque, nous \u00e9tions dans les ann\u00e9es 1990, le DSMIII commen\u00e7ait ses ravages en d\u00e9truisant les cadres psychopathologiques de la psychanalyse. Catherine Chabert avait d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9agir \u00e0 sa fa\u00e7on, en lan\u00e7ant l\u2019id\u00e9e d\u2019un trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte et en nous demandant de plancher sur cette entit\u00e9 clinique, disparue du DSM au profit des TOC. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque commen\u00e7aient d\u2019\u00eatre publi\u00e9es les premi\u00e8res traductions des \u0153uvres compl\u00e8tes sous la direction de Jean Laplanche et le terme obsessionnel se voyait remplac\u00e9 par celui de contrainte. Catherine Chabert m\u2019avait demand\u00e9 d\u2019\u00e9crire un chapitre th\u00e9orique et clinique afin de poser les bases de cette configuration psychopathologique nouvellement appel\u00e9e <em>La n\u00e9vrose de contrainte <\/em>dont Freud \u00e9crit&nbsp;qu\u2019elle \u00abest assur\u00e9ment l\u2019objet le plus int\u00e9ressant et le plus gratifiant de l\u2019investigation analytique&nbsp;\u00bb (Freud, 1926d, p. 230). Fid\u00e8le \u00e0 la pens\u00e9e freudienne et le plus expert d\u2019entre nous, Marinov \u00e9tait en charge du chapitre intitul\u00e9&nbsp;: L\u2019apport freudien. C\u2019\u00e9tait donc une commande, un ouvrage de base, et il s\u2019est acquitt\u00e9 de la t\u00e2che avec rigueur, en creusant les fondamentaux mais en y imprimant son regard. Notamment lorsqu\u2019en reprenant les origines pr\u00e9historiques et analogies culturelles de la n\u00e9vrose obsessionnelle, il insiste sur la distinction entre refoulement organique et refoulement originaire, \u00e0 travers la question de l\u2019hominisation et ce que le passage \u00e0 la station debout a pu apporter comme d\u00e9tachement \/ d\u00e9gagement d\u2019une sexualit\u00e9 animale (essentiellement ax\u00e9e sur l\u2019excr\u00e9mentiel), un d\u00e9gagement qui serait comme le \u00ab&nbsp;noyau dur&nbsp;\u00bb du processus de refoulement (Marinov, 2000, p. 67).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette lecture pr\u00e9cise de l\u2019\u0153uvre de Freud, \u00e9tay\u00e9e et minutieuse, n\u2019emp\u00eache pas d\u2019en pointer les \u00ab&nbsp;manques&nbsp;\u00bb, les \u00e9l\u00e9ments rest\u00e9s en latence ou sous-jacents mais non explicit\u00e9s permettant de d\u00e9gager des points de discussion, d\u2019ouverture vers la cr\u00e9ativit\u00e9. \u00ab&nbsp;Curieusement, Freud ne soul\u00e8ve pas la question des effets de lib\u00e9ralisation de la main des contraintes impos\u00e9es par la locomotion \u00e0 quatre pattes dans le d\u00e9veloppement d\u2019une sexualit\u00e9 de type nouveau \u00ab&nbsp;auto-\u00e9rotique&nbsp;\u00bb. Cette id\u00e9e est pourtant sous-jacente dans l\u2019ensemble de son \u0153uvre.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Il existe une autre id\u00e9e, plus ou moins latente au d\u00e9veloppement de Freud sur le refoulement organique&nbsp;: celle de l\u2019existence d\u2019une corr\u00e9lation entre l\u2019\u00e9loignement spatial des organes sexuels (cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019adoption de la station bip\u00e8de) comme source inaugurale de la d\u00e9pr\u00e9ciation des sensations olfactives et l\u2019\u00e9loignement temporel d\u2019un souvenir d\u00e9sagr\u00e9able&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Marinov (Ibid, p. 65). Le syst\u00e8me olfactif on le sait est, avec l\u2019ou\u00efe, l\u2019organe des sens spatialement le plus proche du cerveau et le premier \u00e0 se former lors de l\u2019embryogen\u00e8se. Le cerveau et d\u2019autres organes (dont le c\u0153ur) continuant \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 certains stimuli olfactifs durant le sommeil.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce travail autour de la n\u00e9vrose de contrainte, on retrouve ses int\u00e9r\u00eats concernant la dimension corporelle, la station bip\u00e8de ouvrant comme il le fait remarquer sur l\u2019axe de la repr\u00e9sentation corporelle, et la dimension sensorielle pr\u00e9sente dans d\u2019autres travaux. Marinov \u00e9tudie dans ce chapitre chaque texte de Freud qui peut \u00e9clairer la n\u00e9vrose de contrainte. Impossible \u00e0 r\u00e9sumer ici, je ne reprendrai que quelques propositions \u00e0 partir de sa lecture de <em>l\u2019Homme aux rats<\/em>, qui est \u00ab&nbsp;sans contexte l\u2019un des chefs d\u2019\u0153uvre de compte rendu clinique de Freud&nbsp;\u00bb (Ibid), et qui constitue l\u2019essentiel de ce chapitre sur l\u2019apport freudien.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1909 que Freud publie le texte intitul\u00e9 <em>Remarques sur un cas de n\u00e9vrose de contrainte<\/em>, compte rendu de la cure analytique de Ernst Lanzer, un patient qui pr\u00e9sente de \u00ab&nbsp;graves sympt\u00f4mes obsessionnels, entrainant d\u2019importantes limitations&nbsp;: ruminations, id\u00e9es obs\u00e9dantes, compulsion \u00e0 accomplir des actes ind\u00e9sirables, rituels vari\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 lutter contre ces pens\u00e9es et ces actes&nbsp;\u00bb (Quinodoz, 2004, p.109). Cette cure apportera la confirmation \u00e0 Freud que ces sympt\u00f4mes peuvent \u00eatre gu\u00e9ris par la psychanalyse comme avec les hyst\u00e9riques. D\u00e9but\u00e9e en 1907, cette analyse ne dura que peu de temps du fait de la lev\u00e9e rapide des sympt\u00f4mes, qui s\u2019apparente \u00e0 une fuite devant la gu\u00e9rison, ce dont Freud n\u2019\u00e9tait pas dupe (Andr\u00e9, 2019). \u00ab&nbsp;Mais le succ\u00e8s obtenu dans cette cure permet \u00e0 Freud de d\u00e9montrer que la n\u00e9vrose obsessionnelle est une affection d\u2019origine psychique et que, de m\u00eame que l\u2019hyst\u00e9rie, elle est fond\u00e9e sur des conflits inconscients d\u2019origine sexuelle et affective&nbsp;; de plus, si l\u2019on parvient par l\u2019analyse \u00e0 rendre conscient le souvenir des conflits significatifs apparus au cours de l\u2019enfance, on obtient la r\u00e9solution des sympt\u00f4mes. Ce traitement permet aussi \u00e0 Freud de mettre en \u00e9vidence le r\u00f4le d\u00e9terminant jou\u00e9 par l\u2019\u00e9rotisme anal dans la n\u00e9vrose obsessionnelle ainsi que par le conflit amour-haine qui aura pour nom \u00ab&nbsp;conflit d\u2019ambivalence&nbsp;\u00bb d\u00e8s 1912&nbsp;\u00bb (Quinodoz, Ibid, p. 109). \u00ab&nbsp;Au centre de ce cas, la question du p\u00e8re, de la haine parricide envers ce p\u00e8re, du d\u00e9sir inconscient de sa mise \u00e0 mort.&nbsp;Freud est formel \u00e0 cet \u00e9gard&nbsp;: pas de repr\u00e9sentation obs\u00e9dante de la mort du p\u00e8re redout\u00e9 consciemment sans la pr\u00e9sence inconsciente d\u2019un d\u00e9sir de mise \u00e0 mort. Mais, \u00e9l\u00e9ment in\u00e9dit, cette mise \u00e0 mort inconsciente se double d\u2019un souhait, inconscient lui aussi, de p\u00e9n\u00e9tration anale par le p\u00e8re, sorte de jouissance par lui-m\u00eame ignor\u00e9e \u00bb \u00e9crit Marinov (Marinov, 2000, p. 90). L\u2019analyse de l\u2019Homme aux rats ouvrira \u00e0 Freud la voie la compr\u00e9hension d\u2019un aspect r\u00e9gressif du complexe d\u2019\u0152dipe, sa forme sadique-anale (Green, 1990).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nom de l\u2019Homme aux rats \u00ab&nbsp;figure en t\u00eate des notes manuscrites de Freud constituant le journal de l\u2019analyse&nbsp;\u00bb (Freud, 1909c, p. 132). Il renvoie aux id\u00e9es obs\u00e9dantes de ce patient, pr\u00e9sentes depuis l\u2019enfance, et qui sont devenues apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re neuf ans plus t\u00f4t de plus en plus envahissantes au point de limiter consid\u00e9rablement son fonctionnement, et au r\u00e9cit qu\u2019il fera d\u2019une punition particuli\u00e8rement effroyable, le supplice des rats. Ce r\u00e9cit fut obtenu par le surmontement des r\u00e9sistances, \u00ab&nbsp;un commandement de la cure auquel il est impossible de passer outre&nbsp;\u00bb, par le biais de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de la r\u00e8gle fondamentale, Freud mit&nbsp;son patient \u00ab&nbsp;en devoir de respecter l\u2019unique condition de la cure, dire tout ce qui lui passe par la t\u00eate, m\u00eame si cela lui est d\u00e9sagr\u00e9able&nbsp;\u00bb (Andr\u00e9, 2019, p. 70). Ce cas clinique de Freud, dont fait tr\u00e8s rare les notes quotidiennes ont aussi \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, nous donne acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux de la technique. Tout particuli\u00e8rement, la m\u00e9thode des associations libres et la d\u00e9condensation \u00e0 partir de l\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9e des multiples pens\u00e9es et actions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pouvoir de la d\u00e9construction par les mots, leur pr\u00e9valence sur les actes, c\u2019est aussi ce que Marinov nous montre \u00e0 propos de ce qui selon lui serait le dilemme majeur de l\u2019<em>Homme aux rats<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;d\u2019un c\u00f4t\u00e9, il a en horreur l\u2019id\u00e9e que les rats puissent toucher (ronger) le cadavre de son p\u00e8re, de l\u2019autre, il redoute l\u2019apparition de son p\u00e8re sous la forme d\u2019un revenant (qu\u2019il a envie de toucher, voire de p\u00e9n\u00e9trer). Ce sont finalement les mots qui l\u2019aident \u00e0 lier les cadavres et les revenants, m\u00eame si cette liaison reste fragile&nbsp;\u00bb (Marinov, 2000, p. 73). Marinov reste ainsi fid\u00e8le \u00e0 Freud et \u00e0 sa m\u00e9thode. Il m\u2019est impossible ici de r\u00e9sumer son analyse de ce cas, je voudrais juste mentionner certains points \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 l\u2019aune d\u2019int\u00e9r\u00eats qui sont les siens et que l\u2019on retrouvera dans son livre sur l\u2019<em>Homme aux loups&nbsp;<\/em>: la question des fronti\u00e8res avec la m\u00e9lancolie&nbsp;; les morts, les mots, les meurtres&nbsp;; la toute-puissance de la pens\u00e9e, la r\u00e9gression de l\u2019agir au penser et le doute&nbsp;; les affects&nbsp;et les sentiments&nbsp;; le mythe familial et le fantasme de sc\u00e8ne primitive ; les r\u00e9f\u00e9rences alimentaires et l\u2019oralit\u00e9&nbsp;; la confusion anal-g\u00e9nital&nbsp;; le fantasme de castration&nbsp;; les s\u00e9ducteurs et la place des femmes, m\u00e8re, s\u0153urs, gouvernante&nbsp;; l\u2019auto-\u00e9rotisme&nbsp;; la probl\u00e9matique narcissique et l\u2019image du corps&nbsp;; les r\u00eaves&nbsp;; la dette religieuse.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette dette religieuse est un point d\u2019actualit\u00e9 qu\u2019il m\u2019a paru important de rappeler concernant la n\u00e9vrose de contrainte, et le lien que fait Freud \u00e0 plusieurs reprises entre cette affection et la religion, notamment lorsqu\u2019il \u00e9crit : \u00ab&nbsp;La n\u00e9vrose obsessionnelle livre ici l\u2019image distordue, mi-comique, mi-triste, d\u2019une religion priv\u00e9e&nbsp;\u00bb (Freud, 1907, p. 139). Selon Marinov \u00ab l\u2019analyse du cas de l\u2019Homme aux rats, (\u2026), d\u00e9montre (\u2026) que la structure de la n\u00e9vrose obsessionnelle reste l\u2019axe autour duquel la question de la religion (ou de son d\u00e9membrement) doit se poser. En y adjoignant la question majeure de son rapport \u00e0 la m\u00e9lancolie et aux traits de caract\u00e8re&nbsp;\u00bb (Marinov, 2000, p. 74). Marinov reprend ce qui constitue selon lui les apports freudien et revient sur ce lien. \u00ab&nbsp;Ainsi appara\u00eet la n\u00e9vrose obsessionnelle dans l\u2019\u0153uvre de Freud&nbsp;: elle est inh\u00e9rente aux premiers balbutiements de l\u2019hominien qui soul\u00e8ve sa t\u00eate au-dessus de son sexe&nbsp;; elle se rattache \u00e0 la d\u00e9couverte du langage et essaie de trouver une solution \u00e0 la question du d\u00e9bordement de la sexualit\u00e9 dans la violence&nbsp;; pour Freud, il n\u2019y a pas de doute&nbsp;: le g\u00e9nie religieux de l\u2019\u00eatre humain, qui a trouv\u00e9 son accomplissement supr\u00eame dans la naissance du monoth\u00e9isme, est consubstantiel avec le risque d\u2019une \u00ab&nbsp;obsessionnalisation&nbsp;\u00bb de sa pens\u00e9e et de sa conduite&nbsp;; mais l\u2019acceptation de la n\u00e9vrose universelle le dispense parfois de sa t\u00e2che de se cr\u00e9er une n\u00e9vrose personnelle (Freud, 1927, p. 62)&nbsp;\u00bb (Marinov, 2000, p. 127).<\/p>\n\n\n\n<p>Combien ces remarques, issues des textes freudiens tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment analys\u00e9s, sont justes et d\u2019actualit\u00e9. Ainsi le religieux, ramen\u00e9 \u00e0 la dimension de n\u00e9vrose universelle, dispenserait l\u2019individu de la cr\u00e9ation d\u2019une n\u00e9vrose personnelle et de ce fait de la reconnaissance d\u2019une dimension conflictuelle interne, de la part de responsabilit\u00e9 individuelle que cela engage. Ce religieux ne concerne pas uniquement les religions dites officielles et peut s\u2019appliquer \u00e0 d\u2019autres formes de regroupements humains sous l\u2019\u00e9gide de lois et de r\u00e8gles cens\u00e9es canaliser les mouvements pulsionnels issus du registre primitif, de l\u2019infantile pr\u00e9sent en tout humain. Ce religieux contient le risque d\u2019une obsessionnalisation de la pens\u00e9e, lorsque la pens\u00e9e magique irrationnelle de l\u2019enfant est remplac\u00e9e par la toute-puissance de la pens\u00e9e, de la rationalisation, de la normalisation et de l\u2019abstraction, au prix de l\u2019isolation drastique, \u00e0 la limite du clivage, avec les affects afin de r\u00e9duire au minimum l\u2019impact de ces derniers sur le fonctionnement. Pour Freud, les contre-investissements dans la n\u00e9vrose de contrainte sont orient\u00e9s de telle fa\u00e7on qu\u2019ils tendent \u00e0 \u00e9viter que les repr\u00e9sentations de choses et de mots ne rencontrent les affects li\u00e9s au d\u00e9sir et \u00e0 son objet. J\u2019ai tent\u00e9 de montrer dans ce m\u00eame ouvrage (Cohen de Lara, 2000) combien le DSM repr\u00e9sentait une forme d\u2019obsessionnalisation de la pens\u00e9e contenant les risques d\u2019une pens\u00e9e d\u00e9saffectiv\u00e9e, voire op\u00e9ratoire, ce que l\u2019on voit malheureusement de plus en plus \u00e0 l\u2019\u0153uvre pas seulement dans le champ de la maladie mentale, mais dans toute soci\u00e9t\u00e9 manag\u00e9riale et comptable, \u00ab&nbsp;obsessionnelle&nbsp;\u00bb, o\u00f9 l\u2019isolation drastique entretient les clivages et rel\u00e8ve parfois la proximit\u00e9 avec des formes de perversion ou de parano\u00efa. Comme Marinov le rappelle, \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9l\u00e9ment clef du syst\u00e8me obsessionnel (que Freud nomme parfois d\u00e9lire) de l\u2019Homme aux rats t\u00e9moigne du rapport tr\u00e8s \u00e9troit de la structure de la n\u00e9vrose obsessionnelle avec la perversion sadomasochiste et voyeuriste, avec la parano\u00efa et la d\u00e9pression&nbsp;\u00bb (Marinov, 2000, p. 94).<\/p>\n\n\n\n<p>Laissons les rats, passons aux loups et \u00e0 l\u2019ouvrage <em>R\u00eave et s\u00e9duction. L\u2019art de l\u2019Homme aux loups<\/em>, paru en 1999, quelques temps avant donc ce chapitre sur la n\u00e9vrose de contrainte. \u00ab&nbsp;Le c\u00e9l\u00e8bre cas de Freud connu sous le nom de l\u2019Homme aux loups a fait couler beaucoup d\u2019encre, sans pour autant livrer toutes ses \u00e9nigmes&nbsp;\u00bb,&nbsp;\u00e9crit Marinov d\u00e8s la couverture de cet ouvrage qui \u00ab&nbsp;s\u2019efforce de renouveler la compr\u00e9hension de ce cas&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en 1914 (1918b), que Freud&nbsp;r\u00e9dige un texte intitul\u00e9 : <em>\u00c0 partir de l\u2019histoire d\u2019une n\u00e9vrose infantile<\/em>, qui est le compte rendu de la cure de Serguei Constantinovitch Pankejeff, d\u00e9but\u00e9e en 1910 et qui dura plus de 4 ans. Ce texte apparait \u00e0 la fois comme le testament des pr\u00e9sentations de cas de Freud et leur sommet, \u00ab&nbsp;aucun autre patient n\u2019a autant nourri la th\u00e9orie psychanalytique que l\u2019Homme aux loups.&nbsp;Pour Freud, qui lui a donn\u00e9 son c\u00e9l\u00e8bre surnom, il a repr\u00e9sent\u00e9 le cas le plus longuement analys\u00e9, celui qui lui a inspir\u00e9 sa derni\u00e8re des cinq grandes psychanalyses \u00bb (Marinov, 1999, p. 9). &nbsp;Le travail de Marinov s\u2019inscrit ainsi dans une longue lign\u00e9e de grands auteurs puisque comme il l\u2019\u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;un nombre important de psychanalystes qui ne l\u2019ont ni vu ni connu de son vivant n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 mettre leurs innovations th\u00e9oriques \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la complexit\u00e9 d\u00e9concertante de ce cas devenu une v\u00e9ritable pierre de touche de la th\u00e9orie psychanalytique.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Comment oser s\u2019y attaquer sans avoir l\u2019air de tomber sous la fascination du culte des anc\u00eatres et des patients mythiques appartenant au temps r\u00e9volu de la naissance de la psychanalyse&nbsp;?&nbsp;\u00bb (Ibid, p. 10). Il s\u2019y attaque pourtant en choisissant des angles qui refl\u00e8tent l\u2019int\u00e9gration des nouvelles donn\u00e9es li\u00e9es aux th\u00e9orisations du moment et ses propres pr\u00e9occupations d\u2019analyste fid\u00e8le aux fondamentaux de la th\u00e9orie psychanalytique (r\u00eave, s\u00e9duction, sexualit\u00e9 infantile) et de chercheur (l\u2019Art).<\/p>\n\n\n\n<p>Vladimir Marinov a pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019art de faire dialoguer les auteurs, de chercher chez chacun les points que leurs th\u00e9orisations peuvent apporter \u00e0 la compr\u00e9hension de ce cas si complexe. Il nous fait ainsi cheminer en compagnie de \u00ab&nbsp;Ferenczi qui reprend la fonction traumatique du r\u00eave, Winnicott qui s\u2019interroge sur son rapport avec la cr\u00e9ativit\u00e9, J.-B Pontalis qui soul\u00e8ve la question de la p\u00e9n\u00e9tration du r\u00eave nous permettant de saisir le rapport entre sa fonction maternelle et paternelle, J. Laplanche, qui, \u00e0 travers sa th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, nous permet d\u2019\u00e9largir consid\u00e9rablement la place que Freud avait donn\u00e9 \u00e0 la s\u00e9duction, l\u2019analyse qu\u2019il avait faite de ce cas, en prenant en consid\u00e9ration les fantasmes inconscients des s\u00e9ducteurs, G. Rosolato et D. Anzieu avec leur travail sur les signifiants respectifs de d\u00e9marcation et formels nous permettent d\u2019aborder la place si importante qu\u2019occupe dans ce cas la communication non verbale, enfin un concept comme celui d\u2019image inconsciente du corps qui a fait l\u2019objet de travail d\u2019auteurs comme P. Schilder, F. Dolto, D. Anzieu et les tentatives de certains auteurs comme A. Green et J. Bergeret pour d\u00e9finir la structure sp\u00e9cifique des cas limites \u00bb (Ibid, p. 12). Le rapport de ce cas avec les pathologies qu\u2019on appelle de nos jours \u00ab&nbsp;limites&nbsp;\u00bb avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 ouvert \u00e0 la discussion avec l\u2019<em>Homme aux rats<\/em>, discussion psychopathologique importante concernant les fronti\u00e8res entre les entit\u00e9s cliniques et que Freud lui-m\u00eame lui avait engag\u00e9 tout particuli\u00e8rement dans son texte <em>La perte de la r\u00e9alit\u00e9 dans la n\u00e9vrose et la psychose<\/em> (Freud, 1924), pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 propos de la n\u00e9vrose obsessionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En appuis sur ces grandes figures, masculines pour l\u2019essentielles (!), de la psychanalyse de la fin du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, Marinov va insister sur la n\u00e9cessaire \u00ab&nbsp;prise en consid\u00e9ration de l\u2019importance d\u2019une s\u00e9duction s\u2019inscrivant au niveau d\u2019une perspective transg\u00e9n\u00e9rationnelle&nbsp;\u00bb permettant une compr\u00e9hension de la n\u00e9vrose de l\u2019<em>Homme aux loups<\/em>. Il mettra de plus en \u00e9vidence \u00ab&nbsp;la fa\u00e7on dont une s\u00e9duction violente (s\u2019inscrit) non seulement au niveau de l\u2019espace du r\u00eave, mais aussi au niveau de l\u2019enveloppe du moi et du corps et qui se trahissent dans certains dessins in\u00e9dits de l\u2019Homme aux loups&nbsp;\u00bb (Marinov, 1999, p. 13). C\u2019est aussi toute l\u2019originalit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 de ses travaux que de prendre appuis sur ces traces formelles artistiques et de les relier \u00e0 la compr\u00e9hension du fonctionnement psychique notamment.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Marinov souligne combien ce cas rouvre de nombreux aspects de la th\u00e9orie freudienne. Son analyse va privil\u00e9gier \u00ab&nbsp;le rapport entre la th\u00e9orie de la s\u00e9duction (et des fantasmes originaires en g\u00e9n\u00e9ral) et la th\u00e9orie du r\u00eave&nbsp;\u00bb, deux pi\u00e8ces majeures de la th\u00e9orie psychanalytique que ce cas remet en question, afin de tenter de combler&nbsp;: \u00ab&nbsp;le \u00ab&nbsp;clivage&nbsp;\u00bb partiel&nbsp;\u00bb entre les deux chapitres non li\u00e9s de l\u2019analyse de Freud&nbsp;: \u00ab&nbsp;La s\u00e9duction et ses cons\u00e9quences imm\u00e9diates&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Le r\u00eave et la sc\u00e8ne originaire&nbsp;\u00bb (Ibid, p. 13).<\/p>\n\n\n\n<p>Les questions soulev\u00e9es sont tout \u00e0 fait importantes : \u00ab&nbsp;Existe-t-il des s\u00e9ductions dont la violence (et le caract\u00e8re traumatique) ne peut \u00eatre symbolis\u00e9 par le travail du r\u00eave&nbsp;? Le r\u00eave entretient-il un rapport privil\u00e9gi\u00e9 avec ce qu\u2019on a pu appeler les fantasmes originaires&nbsp;? (Non seulement la s\u00e9duction ou la sc\u00e8ne originaire, mais aussi la castration et le fantasme de retour dans le sein maternel.) Enfin, cette symbolisation onirique qui \u00e9choue \u2013 n\u2019oublions pas que c\u2019est un trait sp\u00e9cifique de l\u2019Homme aux loups que celui du sympt\u00f4me se d\u00e9clenchant suite \u00e0 un cauchemar \u2013 n\u2019entretient-elle pas un rapport privil\u00e9gi\u00e9 avec l\u2019hallucination, le passage \u00e0 l\u2019acte et les efforts de sublimation artistique&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;En effet, ce fameux \u00ab&nbsp;court-circuit&nbsp;\u00bb entre r\u00eave et s\u00e9duction que l\u2019on retrouve au niveau de son premier cauchemar infantile poursuivra l\u2019Homme aux loups toute sa vie durant, en commen\u00e7ant pas son fameux sympt\u00f4me de l\u2019hallucination du doigt coup\u00e9 en passant par son rapport avec sa s\u0153ur et avec Th\u00e9r\u00e8se sa premi\u00e8re femme jusqu\u2019\u00e0 sa derni\u00e8re relation amoureuse (longtemps rest\u00e9e secr\u00e8te). Il marquera \u00e9galement les limites de sa cr\u00e9ation artistique, et plus particuli\u00e8rement son activit\u00e9 de peintre et de dessinateur&nbsp;\u00bb (Marinov, 1999, p. 12). Dans ce livre, Marinov montrera aussi le r\u00f4le de l\u2019Homme aux loups dans les suicides de deux des femmes qui ont compt\u00e9 le plus dans sa vie, sa s\u0153ur et sa femme, ainsi que sa relation passionnelle et tumultueuse, pendant plus de trente ans, avec sa maitresse, qui cl\u00f4t sa vie amoureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Les points tout \u00e0 fait sp\u00e9cifiques apport\u00e9s par Marinov \u00e0 l\u2019\u00e9tude de ce cas mythique de la psychanalyse montrent bien sa dimension de chercheur au sens de celui qui, mu par une pulsion \u00e9pist\u00e9mophilique, creuse un sillon qui lui est propre afin de tenter de comprendre les ressorts intimes d\u2019un fonctionnement, ici appliqu\u00e9 au fonctionnement psychique. Le sillon personnel de Marinov, c\u2019est la cr\u00e9ation artistique. Dans cet ouvrage il s\u2019est, \u00e9crit-il, \u00ab&nbsp;attach\u00e9 \u00e0 d\u00e9montrer l\u2019importance qu\u2019a eu toute sa vie (l\u2019) activit\u00e9 de peintre de (Serguei), de dessinateur et d\u2019aquarelliste&nbsp;\u00bb jusqu\u2019\u00e0 affirmer \u00ab&nbsp;sans r\u00e9serve que le cas de l\u2019Homme aux loups est incompr\u00e9hensible si l\u2019on ne prend pas en consid\u00e9ration le rapport que son art a entretenu avec ses cauchemars, ses sympt\u00f4mes, sa psychopathologie.&nbsp;\u00bb (Ibid, p. 14). Pas de psychanalyse appliqu\u00e9e portant sur des auteurs disparus, les analyses de Marinov portent sur les productions artistiques dont quelques-unes de ses \u0153uvres plastiques \u2013 dessins, portraits, peintures \u2013 rest\u00e9es in\u00e9dites jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent et leur rapport avec le c\u00e9l\u00e8bre cauchemar des loups, et son fameux dessin des loups, que Freud commentera dans son texte. Ainsi, \u00e9crit-il&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce cas constitue un exemple unique en son genre pour tenter de comprendre le rapport entre les r\u00eaves nocturnes d\u2019une personne, les sympt\u00f4mes, la structure psychopathologique et la sublimation artistique \u2013 et indirectement, le rapport entre l\u2019art plastique \u2013 et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la peinture ou le dessin, sous forme de portraits de paysages, de nature mortes\u2026 \u2013 et l\u2019art dramatique, l\u2019\u00e9criture romanesque et l\u2019\u00e9criture de soi&nbsp;\u00bb (Ibid, p. 14). Deux autres points fondamentaux pour la compr\u00e9hension de ce cas clinique, ceux relevant du contre transfert de Freud et la question du mythe, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9s pour une prochaine \u00e9tude. Vaste programme donc qui ouvre l\u2019app\u00e9tit et encourage \u00e0 lire ou relire ce travail d\u2019orf\u00e8vre, afin d\u2019approfondir avec Vladimir Marinov toutes ces pistes de r\u00e9flexion, comme par la suite dans son magnifique ouvrage <em>Le d\u00e9miurge et le funambule, Brancusi et Giacometti<\/em>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 J., <em>Lectures de Freud<\/em>, 2019, Puf<\/p>\n\n\n\n<p>Cohen de Lara A., La n\u00e9vrose obsessionnelle. Th\u00e9orie et clinique, <em>La n\u00e9vrose obsessionnelle. Contrainte et limites<\/em>, Dunod, Paris, 2000. Repris dans <em>Les N\u00e9vroses. Trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte<\/em>, dir. C. Chabert, Dunod, Paris, 2008, pp. 151-208.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1907b\/2007), Actions de contraintes et exercices religieux. <em>OCF.P<\/em>, VIII&nbsp;: 135-146. Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1909d\/1998), Remarques sur un cas de n\u00e9vrose de contrainte. <em>OCF.P<\/em>, IX&nbsp;: 132- 214. Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1918b [1914]\/1988), \u00c0 partir de l\u2019histoire d\u2019une n\u00e9vrose infantile. <em>OCF.P<\/em>, XIII&nbsp;: 5-118. Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1924e\/1992). La perte de la r\u00e9alit\u00e9 dans la n\u00e9vrose et la psychose. <em>OCF.P<\/em>, XVII&nbsp;: 35-41. Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1926d [1925]\/1992). Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse. <em>OCF.P<\/em>, XVII&nbsp;: 203-286. Paris, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Green A., L\u2019analit\u00e9 primaire dans la relation anale, <em>Monographies de la Revue fran\u00e7aise de psychanalyse, La n\u00e9vrose obsessionnelle<\/em>, Paris, 1990, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Marinov V., <em>R\u00eave et s\u00e9duction. L\u2019art de l\u2019Homme aux loups<\/em>, 1999, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Marinov V., La n\u00e9vrose obsessionnelle&nbsp;: l\u2019apport freudien, dans Cohen de Lara A., Marinov V., M\u00e9n\u00e9chal J., <em>La n\u00e9vrose obsessionnelle. Contrainte et limites<\/em>, Dunod, Paris, 2000. Repris dans <em>Les N\u00e9vroses. Trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte<\/em>, dir. C. Chabert, Dunod, Paris, 2008, pp. 209-272.<\/p>\n\n\n\n<p>Marinov V., <em>Le d\u00e9miurge et le funambule, Brancusi et Giacometti<\/em>, 2017, Coll. \u00c9tudes psychanalytiques, ed. L\u2019harmattan.<\/p>\n\n\n\n<p>Quinodoz J.M., <em>Lire Freud<\/em>, 2004, Puf.<\/p>\n\n\n\n<p>Aline Cohen de Lara est Professeure de psychologie clinique et psychopathologie (UTRPP, USPN). Psychanalyste membre de la Soci\u00e9t\u00e9 psychanalytique de Paris, directrice adjointe de la Revue fran\u00e7aise de psychanalyse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cohen de Lara A., Marinov V., M\u00e9n\u00e9chal J., <em>La n\u00e9vrose obsessionnelle. Contrainte et limites<\/em>, Dunod, Paris, 2000.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31563?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une gageure d\u2019avoir \u00e0 reprendre ici aujourd\u2019hui un cheminement commenc\u00e9 il y a fort longtemps, dans le sillage de ces grandes figures de l\u2019histoire de la psychanalyse que sont ces Hommes aux rats et Homme aux loups, deux cas&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,2461],"thematique":[203,1204],"auteur":[1448],"dossier":[2691],"mode":[60],"revue":[],"type_article":[451,452],"check":[],"class_list":["post-31563","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-un-auteur-une-oeuvre","thematique-hommages","thematique-psychanalyse","auteur-aline-cohen-de-lara","dossier-hommage-a-vladimir-marinov","mode-payant","type_article-articles","type_article-dossier"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31563"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31563\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":31565,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31563\/revisions\/31565"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=31563"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=31563"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=31563"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=31563"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=31563"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=31563"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=31563"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=31563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}