{"id":29931,"date":"2023-05-09T12:16:07","date_gmt":"2023-05-09T10:16:07","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=29931"},"modified":"2023-05-09T12:17:29","modified_gmt":"2023-05-09T10:17:29","slug":"fugitivite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/fugitivite\/","title":{"rendered":"Fugitivit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Sur un mince cristal l\u2019hiver conduit leurs pas&nbsp;: Le pr\u00e9cipice est sous la glace.<\/em><\/p><p><em>Telle est de vos plaisirs la l\u00e9g\u00e8re surface. Glissez mortels, n\u2019appuyez pas.<\/em><\/p><p>Georges Charles Roy&nbsp;\u2014<em>Les patineurs<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019opposition entre les sciences et les arts, les savants et les po\u00e8tes, les neurosciences et la psychanalyse est une tension cr\u00e9atrice et non un antagonisme ou pire une antinomie. Nulle id\u00e9e ici de lutter \u00ab&nbsp;b\u00eatement&nbsp;\u00bb contre le progr\u00e8s technique et d\u2019id\u00e9aliser et v\u00e9n\u00e9rer une nature qui n\u2019est ni bonne ni mauvaise, toujours peu ou prou sauvage, pulsionnelle\u2026 et il importe s\u00fbrement que l\u2019abat-jour de la raison temp\u00e8re sans \u00e9touffer la lumi\u00e8re de l\u2019intelligence sensible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais oui, l\u2019art et la culture ont quelques mots \u00e0 dire sur les exc\u00e8s d\u2019une science h\u00e9g\u00e9monique et \u00e9touffante qui aboutit \u00e0 la d\u00e9forestation de l\u2019Amazonie, l\u2019extraction forcen\u00e9e des \u00e9nergies fossiles, l\u2019intoxication des mers par le plastique\u2026 Quels mots&nbsp;? Ceux qui les qualifient le mieux, \u00c9ros et Beaut\u00e9, synonymes ici de paix et justice. Et ceux de fugitivit\u00e9 ou d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e. Celui enfin de geste esth\u00e9tique comme morale ou \u00e9thique lib\u00e9r\u00e9s du mim\u00e9tisme \u00e9conomique pour demeurer au plus pr\u00e8s de l\u2019\u00e9coute de la vie. Quelle morale&nbsp;? La destruction nous rappelle \u00e0 l\u2019humilit\u00e9 de notre condition de mortel&nbsp;: <em>Memento mori.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Fugitivit\u00e9, ce joli mot est un n\u00e9ologisme invent\u00e9 par Marie Bonaparte pour traduire le terme allemand <em>Verg\u00e4nglichkeit<\/em>, titre d\u2019un court essai de Freud. Les traducteurs pour l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le terme d\u2019\u00ab&nbsp;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e&nbsp;\u00bb. D\u2019autres ont propos\u00e9 celui, moins gracieux, plus laborieux, de \u00ab&nbsp;passag\u00e8ret\u00e9&nbsp;\u00bb, qui lui est inspir\u00e9 d\u2019un vers de Goethe<strong>\u00b9<\/strong>&nbsp;: \u00ab&nbsp;tout ce qui passe n\u2019est que m\u00e9taphore\/parabole&nbsp;\u00bb. Cette fugitivit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour Freud d\u2019exprimer sa vision du monde, sa philosophie, ce qui porte la force de son \u00e2me, une belle et simple le\u00e7on de sto\u00efcisme comme nous l\u2019allons voir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un Douloureux d\u00e9go\u00fbt du monde&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Par une agr\u00e9able journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9, Freud fait une promenade, accompagn\u00e9 de quelques amis\u2026 de ceux\/celles qui depuis toujours stimulent sa r\u00e9flexion (<em>cf.<\/em> celle avec Gustave Mahler, ou celle avec son fr\u00e8re en visite \u00e0 l\u2019Acropole\u2026). Parmi ses compagnons, un jeune po\u00e8te et un ami dont l\u2019esprit est assombri par le chagrin. Ce jour-l\u00e0, le paysage travers\u00e9 est une belle campagne fleurie. Probablement, Freud a-t-il fait part \u00e0 ses compagnons qu\u2019il trouvait ce spectacle fort beau et qu\u2019il en \u00e9prouvait un sentiment de plaisir&nbsp;? Ces derniers font alors la constatation qu\u2019ils ne peuvent s\u2019attacher \u00e0 la beaut\u00e9 de cette campagne\u2009; ils pr\u00e9cisent qu\u2019ils ne parviennent pas \u00e0 \u00e9prouver un sentiment agr\u00e9able de beaut\u00e9 devant un spectacle promis \u00e0 une prochaine disparition. Tel Flaubert voyant en tout nageur, un noy\u00e9, leur m\u00e9lancolie leur fait voir le r\u00e9el tel qu\u2019il est-sera. Ils sp\u00e9culent que tout ce qui est vou\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre ne vaut pas qu\u2019ils s\u2019attardent au plaisir de le contempler. Ces compagnons visionnaires pr\u00e9cautionneux calculent les choses, mesurent leur empathie&nbsp;et r\u00e9servent leurs \u00e9lans\u2026 Ils sont prudents. En une phrase, et pour parler le langage de Freud, ils sont avares de leur investissement libidinal d\u00e8s qu\u2019ils anticipent qu\u2019il ne rapporterait pas assez.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud d\u00e9finit deux motions psychiques diff\u00e9rentes qui peuvent r\u00e9sulter \u00ab&nbsp;<em>d\u2019une telle plong\u00e9e dans la caducit\u00e9 de toute beaut\u00e9 et toute perfection&nbsp;<\/em>\u00bb, d\u2019une part \u00ab&nbsp;<em>un douloureux d\u00e9go\u00fbt du monde&nbsp;<\/em>\u00bb, et de l\u2019autre une \u00ab&nbsp;<em>exigence d\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb appartenant \u00e0 la vie de d\u00e9sir qui se sait mortelle, et qu\u2019incarnerait l\u2019artiste po\u00e8te, appel\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00ab&nbsp;<em>les splendeurs du monde de nos sensations et du monde ext\u00e9rieur<\/em>&nbsp;\u00bb. On voit bien que, dans sa tension vers un infini, la vocation artistique r\u00e9unit ces deux motions, mais n\u2019est-ce pas un premier paradoxe de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re que d\u2019engendrer cette tension-l\u00e0 vers l\u2019\u00e9ternit\u00e9&nbsp;? Paradoxe au c\u0153ur du deuil, o\u00f9 se noue l\u2019exp\u00e9rience de la finalit\u00e9 et de l\u2019infini qui en d\u00e9rive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Freud s\u00e9parera cette \u00ab&nbsp;<em>vie de <\/em>d\u00e9sir&nbsp;\u00bb, propre \u00e0 la&nbsp;vocation artistique, de \u00ab<em>&nbsp;la r\u00e9alit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb en tant que telle pour souligner \u2014 dans&nbsp;une phrase&nbsp;sibylline&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Ce qui est douloureux aussi peut \u00eatre&nbsp;vrai&nbsp;<\/em>\u00bb. C\u2019est&nbsp;cette insistance sur la douleur comme reste et origine du&nbsp;conflit d\u00e9sir\/r\u00e9alit\u00e9, qu\u2019il associera par la&nbsp;suite \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>la&nbsp;pens\u00e9e&nbsp;de&nbsp;l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, comme si la v\u00e9rit\u00e9 de&nbsp;cette douleur \u00e9tait justement celle de la finitude. Presque au m\u00eame moment, Marcel Proust \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>comme la douleur va plus loin en psychologie que la psychologie<\/em>&nbsp;\u00bb. \u00c0 m\u00e9diter lors des fins de cure o\u00f9 ayant \u00ab&nbsp;tout compris&nbsp;\u00bb, mais n\u2019ayant rien pu emp\u00eacher, ni ne pouvant rien changer, on se sent douloureux et mieux\u2026 la douleur s\u2019\u00e9tant transform\u00e9e en appareil de connaissance (Paul Val\u00e9ry).<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de reprendre cette question de la douleur, Freud est amen\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer la raison apparente pour le d\u00e9go\u00fbt du po\u00e8te, cette pens\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>selon laquelle l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e du Beau entrainerait la d\u00e9valorisation de celui-ci<\/em>&nbsp;\u00bb, qu\u2019il conteste de fa\u00e7on tout \u00e0 fait baudelairienne, en insistant sur le plaisir \u00e0 la limite de la destructivit\u00e9&nbsp;: au-del\u00e0 de cette limite le ticket de plaisir n\u2019est plus valable\u2026 et c\u2019est le d\u00e9chainement pulsionnel libre sans contrainte ouvrant la voie \u00e0 la contingence et donc \u00e0 la destructivit\u00e9, en insistant aussi sur l\u2019\u00e9ternel retour qu\u2019incarne la nature d\u2019une part, et de l\u2019autre sur \u00ab&nbsp;<em>cette bri\u00e8vet\u00e9 de vie, du corps et du visage humain qui rajoute un nouveau charme \u00e0 ceux de la beaut\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une exigence d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cette coalescence de l\u2019\u00e9ternel et du transitoire qui, pour Baudelaire, fonde la Modernit\u00e9, int\u00e9resse Freud ici dans la mesure o\u00f9 \u2014 r\u00e9fl\u00e9chissant au fait que par d\u00e9finition notre vie sensible est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et per\u00e7oit la beaut\u00e9 des choses seulement dans leur passag\u00e8ret\u00e9 \u2014 il est retenu par ce paradoxe de l\u2019exigence d\u2019\u00e9ternit\u00e9 qu\u2019incarne l\u2019artiste, et \u00e0 ce titre par ce reste, cette douleur humaine devant la finitude, qui fonde \u00ab&nbsp;<em>la r\u00e9volte de l\u2019\u00e2me<\/em>&nbsp;\u00bb, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00ab&nbsp;<em>la r\u00e9volte de l\u2019\u00e2me contre le deuil<\/em>&nbsp;\u00bb. Ainsi introduit-il ce mot cl\u00e9 de sa pens\u00e9e (<em>Deuil et M\u00e9lancolie<\/em> sera publi\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e) qui signifie la r\u00e9ponse humaine \u00e0 la disparition in\u00e9vitable des choses et des \u00eatres aim\u00e9s, qui t\u00e9moigne \u00e0 la fois d\u2019un processus de d\u00e9tachement de ces objets, de leur pr\u00e9servation dans le soi, et de l\u2019inali\u00e9nable souffrance que cela engage. \u00c0 m\u00e9diter \u00e0 la lecture des projets de loi visant \u00e0 diminuer le temps d\u2019absence au travail apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>On comprend bien que l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e des hommes et des choses est non seulement ressentie comme un changement dans le monde perceptible, mais touche l\u2019\u00eatre \u00e0 son fondement le plus intime \u2014 qui est celui de sa capacit\u00e9 d\u2019amour. Or, qu\u2019est-ce qui fait que l\u2019on se d\u00e9tache si difficilement des objets perdus, que l\u2019amour et l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re semblent incompatibles, voire contradictoires, tant il est vrai que l\u2019on se promet toujours de s\u2019aimer pour toujours et de ne jamais se s\u00e9parer&nbsp;? \u00ab&nbsp;Pour le profane, c\u2019est une \u00e9vidence&nbsp;!&nbsp;\u00bb Freud d\u00e9plie le paradoxe&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le deuil est une grande \u00e9nigme, un de ces ph\u00e9nom\u00e8nes que l\u2019on ne tire pas au clair en eux-m\u00eames, mais auxquels on ram\u00e8ne d\u2019autres choses obscures<\/em>&nbsp;\u00bb. Pour essayer de comprendre, il trace l\u2019histoire de la capacit\u00e9 d\u2019amour \u2014 libido \u2014 qui avant de se tourner vers des objets, s\u2019orientait vers le moi propre, et c\u2019est toujours l\u00e0 \u2014 dans le moi qu\u2019elle semblerait accueillir ces objets. L\u2019objet d\u00e9sir\u00e9 est laiss\u00e9-rendu-abandonn\u00e9 \u00e0 son monde externe\u2026 ce qui d\u00e9sormais compte, c\u2019est l\u2019importation au fond du soi du sujet des \u00e9l\u00e9ments de similitude que laisse dans la psych\u00e9 la repr\u00e9sentation mentale de l\u2019objet, dont la silhouette dessine les contours d\u2019un objet qui tire son m\u00e9rite \u00e0 se d\u00e9rober&nbsp;: \u00e9rotisation du manque&nbsp;? Investissement de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, de confrontation \u00e0 la perte et sans doute \u00e0 la mort. Haine du fait de l\u2019absence, soit l\u2019amour continu\u00e9 avec les m\u00eames mat\u00e9riaux, mais avec des dispositions diff\u00e9rentes\u2026 et non jamais l\u00e2chage et indiff\u00e9rence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et \u00e9ternelle. \u00ab&nbsp;Mais pourquoi ce d\u00e9tachement de la libido de ses objets doit-il \u00eatre un processus si douloureux, nous ne le comprenons pas et nous ne pouvons le d\u00e9duire actuellement d\u2019aucune hypoth\u00e8se&nbsp;?&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de l\u2019article vaut comme la r\u00e9ponse qu\u2019il fait \u00e0 ses compagnons. Avec la force tranquille et patiente qui le caract\u00e9rise, comme Platon l\u2019aurait enseign\u00e9 \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves vingt-trois si\u00e8cles plus t\u00f4t, dans un texte, le Ph\u00e8dre, dont la forme&nbsp;: une promenade aux alentours d\u2019Ath\u00e8nes, deux interlocuteurs, ressemble \u00e9trangement \u00e0 celle-ci, Freud construit l\u2019argument de sa proposition. Il d\u00e9clare incompr\u00e9hensible que penser \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re destin\u00e9e du beau doive troubler la joie qu\u2019on y trouve. Il d\u00e9montre que ses compagnons sont pris dans les \u00e9lans tristes d\u2019un deuil qui se prolonge. Il donne \u00e0 l\u2019occasion une formule simple pour d\u00e9finir le deuil&nbsp;: lorsque la capacit\u00e9 d\u2019amour \u2014 la libido \u2014 se cramponne \u00e0 ses objets et ne veut pas renoncer \u00e0 ceux qu\u2019elle a perdus lorsque le substitut se trouve disponible. Le Narrateur d\u2019<em>\u00c0<\/em><em> la recherche du temps perdu <\/em>s\u2019en retournant&nbsp;\u00e0 Balbec, ne reconnaissant plus rien, constatant que rien ne demeure que le lieu, n\u2019y trouvant plus rien \u00e0 y investir et continuant pourtant \u00e0 retrouver le tout dans l\u2019\u0153uvre au p\u00e9ril de sa vie, ne l\u2019aurait certes pas d\u00e9menti.<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9dige ce court article bien apr\u00e8s cette promenade. Entre-temps, la Premi\u00e8re Guerre mondiale a ravag\u00e9 l\u2019Europe, aussi bien mat\u00e9riellement que spirituellement. Freud met son \u00e9nergie au service des forces de la vie. Nous reconstruirons ce que la guerre a d\u00e9truit, \u00e9crit-il \u00e0 la fin de cet essai et se hasarde \u00e0 esp\u00e9rer des bases plus solides, des \u0153uvres plus durables. Tout en n\u2019\u00e9tant pas dupe des utopies.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici le Freud des Lumi\u00e8res qu\u2019on entend parler. Investissant les pouvoirs de la civilisation, de l\u2019art, et de l\u2019\u00e9ducation\u2026 il ne s\u2019arr\u00eate pas sur ces restes m\u00e9lancoliques \u2014 ce pass\u00e9 anachronique, insistant hors de la raison et hors du temps. Ceux-l\u00e0 m\u00eames qui retiendront son attention dans <em>Deuil et m\u00e9lancolie<\/em> o\u00f9 il associera \u00ab&nbsp;la m\u00e9lancolie \u00e0 une perte de l\u2019objet qui est soustraite \u00e0 la conscience, \u00e0 la diff\u00e9rence du deuil dans lequel rien de ce qui concerne la personne n\u2019est inconscient&nbsp;\u00bb, distinction aussi cat\u00e9gorique que surprenante.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 Freud, son portrait psychologique, ce qui fait qu\u2019on s\u2019attache \u00e0 lui, que la rencontre avec son \u0153uvre g\u00e9n\u00e8re autant un int\u00e9r\u00eat intellectuel qu\u2019une \u00e9motion. Un homme lucide et d\u00e9termin\u00e9, regardant sur cette terre les choses appara\u00eetre et dispara\u00eetre, transformant nature en culture par l\u2019acc\u00e8s au sens et gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 du symbolique, donnant \u00e0 ceux qui l\u2019approchent, au milieu des ruines, une le\u00e7on de courage et d\u2019optimisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>1.<\/strong> Vers 12104-5 de Faust<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29931?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur un mince cristal l\u2019hiver conduit leurs pas&nbsp;: Le pr\u00e9cipice est sous la glace. Telle est de vos plaisirs la l\u00e9g\u00e8re surface. Glissez mortels, n\u2019appuyez pas. 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