{"id":29373,"date":"2023-04-03T09:33:25","date_gmt":"2023-04-03T07:33:25","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=29373"},"modified":"2023-04-12T09:40:32","modified_gmt":"2023-04-12T07:40:32","slug":"la-secretaire-dans-une-unite-de-pedopsychiatrie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-secretaire-dans-une-unite-de-pedopsychiatrie\/","title":{"rendered":"La secr\u00e9taire dans une unit\u00e9 de p\u00e9dopsychiatrie"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sp\u00e9cificit\u00e9 du travail dans une unit\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans la prise en charge du trauma en p\u00e9dopsychiatrie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au sein de notre unit\u00e9<sup>1 <\/sup>, nous essayons d\u2019offrir un espace d\u2019accueil pour la mise en r\u00e9cit de vies \u00e9maill\u00e9es d\u2019\u00e9v\u00e8nements traumatiques. Les contextes qui am\u00e8nent les familles et les enfants \u00e0 notre consultation r\u00e9sonnent avec la violence, le chaos et l\u2019injustice. Nous recevons des enfants, parfois plac\u00e9s, issus de milieux pr\u00e9caires dans lesquels s\u2019additionnent les difficult\u00e9s, qu\u2019elles soient sociales (li\u00e9es au logement, \u00e0 la situation financi\u00e8re du foyer\u2026), psychiques et\/ou somatiques. Notre service est en effet plac\u00e9 au c\u0153ur du d\u00e9partement de la Seine Saint Denis (93), connu pour sa grande pr\u00e9carit\u00e9 et expos\u00e9 \u00e0 une forme de mise \u00e0 la marge. Selon le dernier rapport sur la pauvret\u00e9 publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2022, 17,7 % des habitants de Seine\u2013Saint-Denis vivent sous le seuil de pauvret\u00e9, soit avec moins de 940 euros par mois. C\u2019est le d\u00e9partement le plus pauvre de France m\u00e9tropolitaine, selon le rapport de l\u2019Observatoire des in\u00e9galit\u00e9s. Les donn\u00e9es d\u00e9mographiques sont alarmantes&nbsp;: 5 \u2009600 enfants et adolescents sont plac\u00e9s dans le cadre de l\u2019Aide Sociale \u00e0 l\u2019Enfance, p\u00e9nurie de professeurs dans les \u00e9tablissements scolaires, contrainte de tri dans la prise en charge des enfants dans les services de p\u00e9dopsychiatrie. En tant que professionnels du soin, notre lutte et notre engagement se situent dans l\u2019acte \u00e9thique et clinique de redonner \u00e0 un service hospitalier sa fonction premi\u00e8re de refuge face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 sociale caract\u00e9ris\u00e9e par un manque de moyens.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e, nous pr\u00e9supposons chez nos patients un v\u00e9cu de l\u2019ordre de l\u2019indicible. C\u2019est bien d\u2019ailleurs la voie d\u2019entr\u00e9e au sein de notre unit\u00e9&nbsp;: quelque chose de grave s\u2019est pass\u00e9. C\u2019est l\u2019\u00e9v\u00e8nement en lui-m\u00eame, marqu\u00e9 par sa brutalit\u00e9, qui les am\u00e8ne vers nous avant m\u00eame que les familles aient parfois pu penser l\u2019apparition des sympt\u00f4mes. Il nous faudra alors arriver \u00e0 entendre le sujet et ses sp\u00e9cificit\u00e9s, derri\u00e8re la tyrannie de l\u2019\u00e9v\u00e8nement obstruant parfois le sujet dans la rencontre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants, et le cort\u00e8ge d\u2019\u00e9v\u00e8nements qu\u2019ils ont v\u00e9cus, que nous accueillons \u00e0 l\u2019UPPS peuvent sid\u00e9rer, d\u00e9primer et cliver les th\u00e9rapeutes qui y travaillent. Pierre F\u00e9dida convoque \u00ab&nbsp;la monstruosit\u00e9 du clinicien&nbsp;\u00bb dans ce type de clinique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lorsqu\u2019un patient nous raconte des choses dont il explore l\u2019horreur, nous avons \u00e0 nous soumettre \u00e0 ce d\u00e9fi de l\u2019imagination, pour que pr\u00e9cis\u00e9ment soit maintenue la reconnaissance du semblable. Sinon je refais l\u2019acte de la disparition<strong><sup>2&nbsp;<\/sup><\/strong>\u00bb. La symptomatologie de ces enfants peut se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s bruyante \u00e0 travers des sympt\u00f4mes post-traumatiques \u00e0 vif (\u00e9l\u00e9ments d\u00e9pressifs et dissociatifs entre autres), mais aussi sous la forme de tableaux plus dysharmoniques. Face \u00e0 la d\u00e9liaison, effet du traumatisme, il nous faut nous rassembler en \u00e9quipe pour penser ces prises en soin. Notre \u00e9quipe pluridisciplinaire est compos\u00e9e de p\u00e9dopsychiatres, psychologues, psychomotriciens, assistante de service social et secr\u00e9taire. Par ailleurs, nous accueillons r\u00e9guli\u00e8rement des internes et stagiaires. Nous disposons de plusieurs bureaux de consultations, d\u2019une salle pouvant accueillir des groupes \u00e0 vis\u00e9e th\u00e9rapeutique, d\u2019un secr\u00e9tariat et d\u2019une salle d\u2019attente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour pouvoir travailler avec ces enfants, il faut pouvoir penser l\u2019institution qui est la n\u00f4tre, celle dans laquelle nous les rencontrons. \u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas d\u2019enfants sans institutions. L\u2019enfant va avec une institution, qui est la famille ou tout ce qui vient \u00e0 cette place&nbsp;: la bande, la rue, la loi de la cit\u00e9, les instances<strong><sup>3<\/sup><\/strong>&nbsp;\u00bb. Ainsi, de notre place, nous tentons de prendre le relai sur certaines dimensions de la vie de ces enfants&nbsp;: nous \u0153uvrons \u00e0 la reconnaissance d\u2019une vie psychique, et \u00e0 offrir une possibilit\u00e9 de mise en mots plut\u00f4t qu\u2019une mise en acte, dans des contextes d\u2019enfances traumatiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019accueil par la secr\u00e9taire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Certains enfants que nous recevons viennent plusieurs fois par semaine rencontrer des professionnels diff\u00e9rents, dans des cadres sp\u00e9cifiques (psychoth\u00e9rapies, consultations familiales, prise en charge de groupe). Nous avons beau \u00eatre un service de \u00ab&nbsp;consultations en ambulatoire&nbsp;\u00bb, l\u2019accueil des patients ne rel\u00e8ve pas du seul temps des rendez-vous. Chaque professionnel, chaque fauteuil de la salle d\u2019attente et chaque couloir y participent. Notre propos vise \u00e0 pr\u00e9ciser la fonction d\u2019accueil dans l\u2019unit\u00e9 et sa r\u00e9sonance dans les espaces de soin de th\u00e9rapeutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans des contextes de violences intrafamiliales, de passage aux unit\u00e9s m\u00e9dico-judicaires, d\u2019intervention de l\u2019aide sociale \u00e0 l\u2019enfance, il est parfois difficile pour les familles de se repr\u00e9senter que nous sommes un lieu de soin et que notre accueil y est donc diff\u00e9rent. La secr\u00e9taire est le premier point de contact avec les familles, les enfants et les partenaires quand ceux-ci appellent ou viennent. Si les parents ou accompagnants ne se sentent pas entendus lors de cette premi\u00e8re rencontre, le travail th\u00e9rapeutique pourrait \u00eatre fragilis\u00e9. Par le regard, un timbre de voix, une question, une relance, un silence, notre secr\u00e9taire nous dit tenter d\u2019\u00e9tablir un \u00ab&nbsp;climat de d\u00e9tente et de confiance&nbsp;\u00bb&nbsp;: cela concoure \u00e0 travailler ce qui fait souffrir la famille. Si certains sont tr\u00e8s logorrh\u00e9iques et d\u00e9versent leur histoire lors de leur demande de soin, d\u2019autres sont presque mutiques. Notre secr\u00e9taire insiste&nbsp;: \u00ab&nbsp;il ne faut pas trop leur poser de questions&nbsp;\u00bb. Sa premi\u00e8re \u00e9coute implique qu\u2019elle puisse&nbsp; \u00ab&nbsp;g\u00e9rer ses \u00e9motions, mais aussi s\u2019en prot\u00e9ger&nbsp;\u00bb. Le respect de l\u2019intimit\u00e9 de chacun est plus que jamais un enjeu au moment de la rencontre. Au fur et \u00e0 mesure, elle d\u00e9veloppe sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00ab&nbsp;pouvoir rester forte sans vivre les \u00e9preuves travers\u00e9es par les patients&nbsp;\u00bb. Pour elle, \u00ab&nbsp;c\u2019est un devoir de se retenir face \u00e0 eux&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La qualit\u00e9 de la confiance r\u00e9ciproque des \u00e9quipes et des patients dans la secr\u00e9taire appara\u00eet donc comme un \u00e9l\u00e9ment central dans le lien \u00e0 l\u2019institution. La secr\u00e9taire \u00e9coute ainsi aussi finement que possible pour transmettre ensuite aux th\u00e9rapeutes ce qu\u2019elle a per\u00e7u. Dans ce qu\u2019elle entend, il lui faut notamment \u00e9valuer l\u2019urgence de la situation. Ces \u00e9l\u00e9ments du discours de telle m\u00e8re ou de telle tata peuvent-ils attendre la prochaine r\u00e9union d\u2019\u00e9quipe ou faut-il pr\u00e9venir rapidement le responsable d\u2019unit\u00e9&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, le secr\u00e9tariat re\u00e7oit l\u2019appel d\u2019une m\u00e8re qui se dit r\u00e9fugi\u00e9e dans sa chambre, terrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e que son fils \u00e2g\u00e9 de 6 ans la frappe. Elle explique avoir tent\u00e9 d\u2019interpeller diff\u00e9rentes institutions, mais n\u2019avoir jamais \u00e9t\u00e9 prise au s\u00e9rieux&nbsp;: comment pouvait-elle avoir aussi peur d\u2019un enfant si petit&nbsp;? En pr\u00eatant attention \u00e0 la d\u00e9tresse de cette femme, la secr\u00e9taire sent qu\u2019il faut oser aller \u00e0 en parler \u00e0 un coll\u00e8gue m\u00e9decin. C\u2019est \u00e0 partir des premiers ressentis cliniques de la secr\u00e9taire que le p\u00e9dopsychiatre a alors propos\u00e9 un rendez-vous tr\u00e8s rapide \u00e0 cette m\u00e8re et \u00e0 son fils. Les entretiens ont permis par la suite de travailler, au long cours, les probl\u00e9matiques complexes de cet enfant et de sa famille.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9tymologie du mot accueil, on trouve les racines de \u00ab&nbsp; collecter&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;cueillir&nbsp;\u00bb, mais aussi de \u00ab&nbsp;mettre en route&nbsp;\u00bb. La secr\u00e9taire propose une mise en route du sujet vers les espaces de soins, mais aussi vers une reconnaissance de la subjectivit\u00e9. En d\u00e9posant le contenu des appels et des \u00e9changes informels aupr\u00e8s du reste de l\u2019\u00e9quipe, elle peut renouveler sa disponibilit\u00e9 pour les nouvelles rencontres&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce que j\u2019entends, je le transmets et je me d\u00e9livre ainsi du poids de l\u2019information&nbsp;\u00bb. Elle accueille la demande, mais elle sait que l\u2019engagement dans un suivi d\u00e9pend d\u2019une d\u00e9cision institutionnelle. C\u2019est les th\u00e9rapeutes de l\u2019\u00e9quipe qui s\u2019engagent dans les suivis. La secr\u00e9taire est partenaire du soin, assurant par sa disponibilit\u00e9 une certaine continuit\u00e9. Elle se sent mobilis\u00e9e par les sollicitations des enfants que nous accueillons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, l\u2019accueil ne rel\u00e8ve \u00e9videmment pas seulement de la mission de la secr\u00e9taire, c\u2019est une disposition qui est l\u2019affaire de tous. Quelle place occupe la secr\u00e9taire dans l\u2019\u00e9quipe pluridisciplinaire et au sein des prises en charge&nbsp;? Quelles sont ses modalit\u00e9s d\u2019accueil&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La constellation transf\u00e9rentielle, r\u00e9cemment remise en lumi\u00e8re par P. Delion<strong><sup>4<\/sup><\/strong>, d\u00e9signe \u00ab&nbsp;l\u2019ensemble des personnes qui sont au contact avec un patient pr\u00e9sentant une pathologie archa\u00efque&nbsp;\u00bb. Penser la place, le r\u00f4le, les missions et les effets de la pr\u00e9sence et du travail de la secr\u00e9taire au sein de notre unit\u00e9 est donc plus que jamais n\u00e9cessaire. La fa\u00e7on avec laquelle nous allons penser et am\u00e9nager notre unit\u00e9 doit permettre \u00e0 l\u2019enfant de trouver un support temporel, spatial afin de l\u2019aider \u00e0 se sentir contenu et \u00e0 se structurer psychiquement. C\u2019est un travail indirect port\u00e9 par l\u2019institution, qui est moins palpable, mais qui peut avoir des effets \u00e0 vertu th\u00e9rapeutique. Les moments pass\u00e9s avec la secr\u00e9taire deviennent, dans cette logique, des temps de mise au travail.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La secr\u00e9taire, pilier de la fonction phorique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au secr\u00e9tariat et dans la salle d\u2019attente se concentrent les arriv\u00e9es, les d\u00e9parts, l\u2019attente entre deux rendez-vous et donc les s\u00e9parations et les changements d\u2019ambiance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Porte qui s\u2019ouvre, porte qui se ferme&nbsp;: le secr\u00e9tariat est le lieu o\u00f9 se re-trouvent patients et soignants. Dans cette valse, notre cheffe d\u2019orchestre dirige&nbsp;: quel patient pour quel th\u00e9rapeute \u00e0 quel rendez-vous en fonction du jour. Elle supervise le rythme des rencontres, des all\u00e9es et venues, elle ponctue les rendez-vous. Elle incarne cette continuit\u00e9, conna\u00eet l\u2019emploi du temps des enfants et la r\u00e9partition de leurs rendez-vous sur la semaine. Face \u00e0 une clinique o\u00f9 le R\u00e9el fait sans cesse effraction, y compris dans le cadre th\u00e9rapeutique, nous faisons l\u2019hypoth\u00e8se que le secr\u00e9tariat est un lieu o\u00f9 panser certains points de souffrance pour les patients et pour les th\u00e9rapeutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secr\u00e9tariat r\u00e9actualise par d\u00e9finition les traces des exp\u00e9riences pr\u00e9coces de chacun. Or, nous savons que les transitions sont des temps particuli\u00e8rement sensibles pour ces enfants carenc\u00e9s et en souffrance. Le secr\u00e9tariat devient alors un lieu o\u00f9 peut se diffracter le transfert et s\u2019apaiser l\u2019intensit\u00e9 \u00e9motionnelle des consultations. L\u2019exemple du groupe \u00ab&nbsp;Marionnettes<strong><sup>5<\/sup><\/strong>&nbsp;\u00bb du jeudi \u00e9claire ce propos. Chaque semaine, quatre patientes viennent accompagn\u00e9es par leur transporteur (ambulance) et arrivent souvent en avance d\u2019une quinzaine de minutes. Un pr\u00e9-groupe s\u2019est alors institutionnalis\u00e9 \u00ab&nbsp;malgr\u00e9 nous&nbsp;\u00bb aupr\u00e8s de la secr\u00e9taire. Alors que les ambulanciers les d\u00e9posent et repartent imm\u00e9diatement, la secr\u00e9taire porte un regard et une vigilance sur les participantes au groupe. Lisa, patiente de 9 ans s\u2019installe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du secr\u00e9tariat, sur un petit bureau et sollicite avidement la secr\u00e9taire. Les trois autres sont dans la salle d\u2019attente&nbsp;: elles chahutent, elles crient, elles s\u2019esclaffent. La d\u00e9charge psychomotrice et \u00e9motionnelle est palpable. De la salle d\u2019attente se d\u00e9gage un brouhaha, \u00e0 tel point que les th\u00e9rapeutes du groupe ont envie de rebrousser chemin. Pour autant, une fois la porte de la salle pass\u00e9e, elles apparaissent toutes les quatre disponibles pour le groupe. Nous posons l\u2019hypoth\u00e8se que le secr\u00e9tariat sert alors d\u2019enveloppe, o\u00f9 peuvent se lib\u00e9rer des \u00e9l\u00e9ments archa\u00efques et bruts avant de pouvoir entrer dans le groupe. Un travail en partenariat avec les ambulanciers a permis qu\u2019ils patientent d\u00e9sormais avec les participantes du groupe, afin de limiter la violence des v\u00e9cus de l\u00e2chage et de rendre un peu d\u2019autonomie \u00e0 notre coll\u00e8gue. Le secr\u00e9tariat et ses annexes deviennent un espace transitionnel, une \u00ab&nbsp;troisi\u00e8me aire&nbsp;\u00bb, nous dit Winnicott. Situ\u00e9 entre la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure et la r\u00e9alit\u00e9 interne, entre le dedans et le dehors, entre la consultation et l\u2019ailleurs, il s\u2019y potentialise des v\u00e9cus d\u2019autonomisation et de s\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, il est \u00e9vident que la secr\u00e9taire propose un certain portage aux enfants que nous recevons et participe alors \u00e0 la fonction phorique de notre institution. Son portage, \u00e0 l\u2019interface des diff\u00e9rents espaces de soins, participe \u00e0 la structure m\u00eame de nos prises en charge. Il fait partie de notre cadre de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Au secr\u00e9tariat se rejouent \u00e9galement des dynamiques d\u2019empi\u00e8tement et d\u2019intrusion. Le jeudi, tous les th\u00e9rapeutes sont pr\u00e9sents&nbsp;: c\u2019est le jour de la synth\u00e8se et des co-consultations. Le bureau de la secr\u00e9taire est alors sans cesse d\u00e9rang\u00e9&nbsp;: les th\u00e9rapeutes rentrent et sortent, ils empruntent si ce n\u2019est subtilisent les stylos, outils de leur coll\u00e8gue, ils gribouillent leur signature sur un coin, ils replacent l\u2019agrafeuse \u00e0 l\u2019endroit des post-its et les post-its \u00e0 l\u2019endroit des tampons. Ils font le point entre deux consultations, discutent et r\u00e9fl\u00e9chissent. La secr\u00e9taire peut froncer les sourcils ou parfois m\u00eame demander un peu de calme. Dans les moments de grande agitation, elle peut ne \u00ab&nbsp;plus se sentir \u00e0 sa place et avoir du mal \u00e0 s\u2019y retrouver dans tout ce qu\u2019elle a \u00e0 faire&nbsp;\u00bb. Toutefois, elle insiste&nbsp;: ces all\u00e9es et venues des th\u00e9rapeutes dans l\u2019espace du secr\u00e9tariat sont \u00e9galement une garantie pour ne pas \u00eatre seule face \u00e0 la massivit\u00e9 des situations. C\u2019est aussi des occasions pour entendre parler de l\u2019\u00e9volution des enfants dans les diff\u00e9rents espaces de soin. Indirectement, la secr\u00e9taire peut suivre le d\u00e9roul\u00e9 des prises en charge et se sentir apais\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une place pour la tendresse dans ce monde d\u2019\u00e9l\u00e9ments bruts<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ce lieu s\u00e9curisant a plusieurs effets dans le cadre que les th\u00e9rapeutes peuvent proposer. Par exemple, nous pouvons recevoir par moment les parents seuls et nous imaginons que ces exp\u00e9riences peuvent se montrer inqui\u00e9tantes pour les enfants&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que va-t-il \u00eatre dit pendant mon absence&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Nous savons alors que les enfants peuvent attendre patiemment au secr\u00e9tariat ou dans la salle d\u2019attente, sous les yeux protecteurs de la secr\u00e9taire. L\u2019articulation du travail entre secr\u00e9taire et th\u00e9rapeutes vient permettre \u00e0 l\u2019enfant de supporter ce moment, de le traverser et souvent d\u2019y prendre de \u00ab&nbsp;bonnes choses&nbsp;\u00bb. Cela permet de border les v\u00e9cus de l\u00e2chage et d\u2019abandon potentiels. Elle peut proposer un g\u00e2teau et un jus, mais aussi occuper l\u2019enfant en lui proposant un coloriage et ainsi offrir un peu de tendresse<strong><sup>6<\/sup><\/strong> .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Notre coll\u00e8gue secr\u00e9taire constate que tous les enfants ne s\u2019approprient pas ce temps de la m\u00eame fa\u00e7on. Alors que certains enfants pr\u00e9f\u00e8rent attendre dans le secr\u00e9tariat, d\u2019autres choisissent la salle d\u2019attente. Certains demandent des collations, des coloriages tandis que d\u2019autres ne demandent rien. Cela peut entre autres venir nous donner des indications sur la possibilit\u00e9 pour l\u2019enfant d\u2019adresser une demande \u00e0 l\u2019autre. Le secr\u00e9tariat et ce qu\u2019il s\u2019y passe peuvent donc devenir un outil de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Pris dans des mouvements d\u2019empathie, face \u00e0 la violence des situations, les th\u00e9rapeutes peuvent \u00eatre travers\u00e9s par des envies de dons et de r\u00e9parations. Comment les comprendre&nbsp;? Est-ce th\u00e9rapeutique&nbsp;? S\u2019agit-il de tentatives de r\u00e9parations illusoires des pr\u00e9judices li\u00e9s au traumatisme&nbsp;? Comment travaillons-nous en incluant la question du don dans les prises en charge&nbsp;? Savoir que cela peut se passer au secr\u00e9tariat peut nous \u00e9viter d\u2019entrer dans une position toute-puissante et d\u00e9vorante dans l\u2019espace des psychoth\u00e9rapies ou des consultations. Nous ne sommes pas l\u00e0 pour remplir l\u00e0 o\u00f9 il y a du manque, nous ne sommes pas l\u00e0 pour r\u00e9parer l\u00e0 o\u00f9 il y a eu violence. La secr\u00e9taire, par ses possibilit\u00e9s diff\u00e9rentes d\u2019intervention aupr\u00e8s des enfants, nous permet alors de ne pas imposer nos inqui\u00e9tudes et projets pour eux&nbsp;: nous pouvons lutter contre les \u00ab&nbsp;bons sentiments&nbsp;\u00bb dans nos espaces. Sa pr\u00e9sence fait tiers dans la consultation.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e2teaux et coloriages donn\u00e9s par le secr\u00e9tariat permettent \u00e9galement aux th\u00e9rapeutes d\u2019\u00eatre moins parasit\u00e9s (savoir que l\u2019enfant a eu un go\u00fbter c\u2019est savoir qu\u2019il n\u2019a pas faim) et ainsi de se d\u00e9gager d\u2019\u00e9ventuels acting de r\u00e9paration concr\u00e8te, dans le cadre de la s\u00e9ance. La question du d\u00e9sir des soignants dans notre unit\u00e9 est centrale dans le transfert. Une jeune patiente, qui a parl\u00e9 de son passage au \u00ab&nbsp;sucr-\u00e9tariat&nbsp;\u00bb \u00e0 sa p\u00e9dopsychiatre, \u00e9voque sans aucun doute les encas sucr\u00e9s, mais bien \u00e9videmment la richesse de l\u2019accueil de notre secr\u00e9taire. Simone Korff-Sausse, dans son travail sur des enfants en situation de handicap, \u00e9voque \u00e0 la fois la difficult\u00e9 massive de s\u2019identifier \u00e0 l\u2019enfant, de reconna\u00eetre du semblable, mais \u00e9galement \u00ab&nbsp;une identification massive et profonde \u00e0 l\u2019enfant bless\u00e9. L\u2019enfant qui risque d\u2019\u00eatre abandonn\u00e9. L\u2019enfant \u00e0 sauver. Ce b\u00e9b\u00e9&nbsp; malheureusement perdu, rejet\u00e9, que chacun porte en soi<strong><sup>7<\/sup><\/strong>&nbsp;\u00bb. Enfants comme professionnels viennent se restaurer aupr\u00e8s de la secr\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Lisa*, qui arrive toujours avec son propre go\u00fbter pantagru\u00e9lique, il n\u2019est pas question pour la secr\u00e9taire de lui refuser un g\u00e2teau. Tr\u00e8s soucieuse de l\u2019\u00e9quit\u00e9 entre les enfants&nbsp;: Lisa veut un don \u00ab&nbsp;comme les autres&nbsp;\u00bb. D\u2019une part, nous avons d\u00fb r\u00e9fl\u00e9chir ensemble pour contourner cette injonction tyrannique, pour que son temps pass\u00e9 au secr\u00e9tariat puisse lui offrir autre chose. Comment Lisa peut-elle trouver du \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb au secr\u00e9tariat sans que cela passe par le go\u00fbter&nbsp;? Quelle place pour le go\u00fbter&nbsp;? Venir \u00e0 une consultation, faire un voyage vers un savoir sur soi et sur l\u2019autre li\u00e9 \u00e0 un voyage \u00e9motionnel et sensoriel&nbsp;? D\u2019autre part, nous avons pris le temps de r\u00e9pondre aux questions du secr\u00e9tariat&nbsp;: comment assumer de refuser \u00e0 Lisa un go\u00fbter&nbsp;? Notre coll\u00e8gue, aux prises avec des v\u00e9cus de culpabilit\u00e9, nous interpelle sur ce point&nbsp;: \u00ab&nbsp;comment puis je donner \u00e0 un autre enfant et pas \u00e0 elle&nbsp;?&nbsp;\u00bb. \u00c0 nouveau, nous constatons combien la possibilit\u00e9 d\u2019un travail et d\u2019une r\u00e9flexion \u00e0 plusieurs permet d\u2019am\u00e9nager le cadre et de permettre aux professionnels d\u2019avoir confiance dans leur positionnement. Il est ensuite devenu clair pour notre coll\u00e8gue que refuser un go\u00fbter \u00e0 Lisa ne rel\u00e8ve pas d\u2019une discrimination, mais bien d\u2019un positionnement clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos r\u00e9unions d\u2019\u00e9quipe et nos journ\u00e9es institutionnelles nous am\u00e8nent \u00e0 relever aussi bien la d\u00e9mesure que l\u2019absence de limites auxquelles ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s les enfants que nous recevons. Pendant les r\u00e9unions, il n\u2019est pas rare d\u2019observer des mouvements de st\u00e9r\u00e9otypies chez certains professionnels, une paralysie du corps pour d\u2019autres et plus rarement des d\u00e9fenses maniaques. Il est assez naturel de se sentir p\u00e9trifi\u00e9 dans un univers marqu\u00e9 par la passivation extr\u00eame des sujets que nous accueillons et face \u00e0 la brutalit\u00e9 de leurs exp\u00e9riences pr\u00e9coces. D\u2019ailleurs, les enfants peuvent apercevoir les th\u00e9rapeutes grignoter des g\u00e2teaux avant ou apr\u00e8s une consultation aupr\u00e8s de la secr\u00e9taire. Nous avons un g\u00e2teau commun, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas d\u00e9gust\u00e9 ensemble, et le m\u00eame lieu pour nous ressourcer. C\u2019est en effet le seul endroit o\u00f9 les soignants de notre unit\u00e9 peuvent venir se reposer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le secr\u00e9tariat est alors un lieu vivant marqu\u00e9 par une mise en mouvement permanente, dans lequel les professionnels vont volontiers se restaurer et chercher un peu de tendresse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans une clinique aussi extr\u00eame que celle de notre unit\u00e9, la secr\u00e9taire devient actrice du soin propos\u00e9 aux enfants. Loin d\u2019\u00eatre une r\u00e9flexion exhaustive, nous avons tent\u00e9 de penser son cadre de travail et son impact sur nos prises en charge.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secr\u00e9tariat, la salle d\u2019attente et la disponibilit\u00e9 de notre secr\u00e9taire viennent faire un lien entre les espaces et entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui peuvent \u00eatre d\u00e9pos\u00e9s aupr\u00e8s du m\u00e9decin, du psychologue, de l\u2019assistante sociale et de la psychomotricienne. L\u2019ambiance impuls\u00e9e par la secr\u00e9taire nous rappelle que la vie est toujours l\u00e0, offrant un prolongement s\u00e9cure entre les diff\u00e9rentes exp\u00e9riences faites en consultations. Elle fait fonction de rep\u00e8re pour nos patients, parfois de refuge, mais \u00e9galement de remobilisation du vivant et de la libido. Proposant un regard bienveillant, une oreille attentive ou un g\u00e2teau pour d\u00e9samorcer une situation ou simplement une pr\u00e9sence, elle est la garantie d\u2019un accueil du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, aupr\u00e8s d\u2019elle, des angoisses, des demandes et de multiples sollicitations \u00e9mergent dans un v\u00e9ritable tourbillon. Elle est expos\u00e9e \u00e0 des cris, des larmes, mais aussi \u00e0 des demandes de tendresse des familles et des soignants. Sans cesse d\u00e9rang\u00e9e dans son activit\u00e9, soumise \u00e0 l\u2019impr\u00e9vu de la clinique, la qualit\u00e9 de son portage infuse dans les espaces des th\u00e9rapeutes. Elle re\u00e7oit l\u2019intensit\u00e9 traumatique des situations que nous recevons, il revient \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de prendre soin d\u2019elle en retour. Nous ne pouvons que partager ici les \u00ab&nbsp;merci&nbsp;\u00bb qu\u2019elle re\u00e7oit \u00e0 profusion de la part des familles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, nous ne sommes pas que des professionnels, mais bien des sujets en situation de travail. Sans une mobilisation personnelle active et intense, nos fonctions seraient vides de substance. Nous ne recevons pas que des patients, mais des sujets en situation de souffrance. Notre subjectivit\u00e9, color\u00e9e par notre engagement \u00e9thique et moral dans la clinique, vient rencontrer la subjectivit\u00e9 des enfants et de leurs familles. C\u2019est \u00e0 cette condition qu\u2019une mise en route d\u2019un travail psychique est possible.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes&nbsp;:<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>1. <\/strong>Unit\u00e9 de p\u00e9dopsychiatrie sp\u00e9cialis\u00e9e dans la prise en charge du psycho traumatisme, CHI Robert Ballanger, Aulnay-sous-Bois. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2.&nbsp; <\/strong>F\u00e9dida P. <em>Humain\/d\u00e9shumain<\/em>, Paris, Puf, Petite biblioth\u00e8que de psychanalyse, 2007, p.&nbsp;25&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. <\/strong><em>Institution du fantasme, fantasmes de l\u2019institution<\/em>, Eric Laurent, Les feuillets psychanalytiques du Courtil.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. <\/strong>Delion, P. (2022).<em> La constellation transf\u00e9rentielle<\/em>. \u00c9r\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. <\/strong>Groupe ayant lieu chaque jeudi, anim\u00e9 par deux psychologues et l\u2019interne du service. Confection de marionnettes et mise en sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6. <\/strong>L. T. Tovmassian (2020). <em>Tendresse et attachement. Au c\u0153ur du travail psychanalytique avec le traumatisme<\/em>. In Press<\/p>\n\n\n\n<p><strong>7. <\/strong>Korff-Sausse S., <em>Le miroir bris\u00e9<\/em>, Paris, Calmann-L\u00e9vy, 1996, p. 48.<strong><\/strong><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29373?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sp\u00e9cificit\u00e9 du travail dans une unit\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans la prise en charge du trauma en p\u00e9dopsychiatrie Au sein de notre unit\u00e91 , nous essayons d\u2019offrir un espace d\u2019accueil pour la mise en r\u00e9cit de vies \u00e9maill\u00e9es d\u2019\u00e9v\u00e8nements traumatiques. 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