{"id":28302,"date":"2023-01-23T11:43:29","date_gmt":"2023-01-23T10:43:29","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=28302"},"modified":"2023-01-23T11:43:34","modified_gmt":"2023-01-23T10:43:34","slug":"le-podcast-maternite-et-pressions-didealisation-hors-serie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-podcast-maternite-et-pressions-didealisation-hors-serie\/","title":{"rendered":"Le podcast :  Maternit\u00e9 et pressions d&rsquo;id\u00e9alisation (Hors s\u00e9rie)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les diff\u00e9rentes formes de pressions d\u2019id\u00e9alisations sur la maternit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce podcast est une ode f\u00e9ministe. Il part de mon terrain d\u2019observation, qu\u2019est la psychologie de l\u2019enfant, et souhaite mettre en lumi\u00e8re certains pi\u00e8ges d&rsquo;id\u00e9alisation qui me semble emprisonner encore \u00e0 plusieurs carrefours, la vie des femmes. Il sera \u00e9videmment ici plus particuli\u00e8rement question de leur <em>maternit\u00e9<\/em>, puisque c\u2019est mon spectre privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019observation, mais avec la conscience qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019une \u00e9tape de leur vie, qui s\u2019inscrit dans une r\u00e9alit\u00e9 culturelle plus vaste. Je ne listerai pas ici ce qu\u2019il reste encore \u00e0 conqu\u00e9rir en termes de droit des femmes et d\u2019\u00e9galit\u00e9s des sexes. Mais je vais vous partager mon point de vue sur la fa\u00e7on dont les pressions peuvent changer de forme malgr\u00e9 des apparences louables.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais commencer par une confidence dont je suis consciente qu\u2019elle m\u2019expose, mais que je trouve importante de mentionner ici, car elle a tout \u00e0 voir avec mon propos aujourd\u2019hui. Lorsque je me suis install\u00e9e en lib\u00e9ral il y a 17&nbsp;ans, j\u2019ignorais vers quelle clinique me diriger&nbsp;: j\u2019ai donc re\u00e7u indistinctement des enfants, des adolescents et des adultes. Or, j\u2019ai d\u00e9couvert chez les adultes une <em>banalisation du sexisme dans les pratiques sexuelles<\/em>, \u00e0 laquelle je ne m\u2019attendais pas. J\u2019ai entendu le d\u00e9sir irr\u00e9pressible d\u2019hommes, essentiellement frein\u00e9s par la rupture conjugale ou par la justice, mais peu par l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et la compassion pour leur partenaire. Et j\u2019ai entendu un nombre incalculable de femmes soumises, bafou\u00e9es dans leur dignit\u00e9, et r\u00e9sign\u00e9es \u00e0 le rester. Je pense par exemple \u00e0 cette femme qui m\u2019expliquait prendre des cachets pour dormir et se r\u00e9veiller fr\u00e9quemment avec son mari \u00ab&nbsp;en elle&nbsp;\u00bb au cours de la nuit. Ou \u00e0 cette autre femme me confiant simuler du plaisir chaque jour avec son mari depuis plus de 30&nbsp;ans alors que, je la cite, \u00ab&nbsp;elle d\u00e9testait chaque seconde de son intimit\u00e9 sexuelle avec lui&nbsp;\u00bb. Je dois admettre avoir parfois quitt\u00e9 ma \u00ab&nbsp;neutralit\u00e9 bienveillante&nbsp;\u00bb pour sensibiliser certains hommes \u00e0 leur d\u00e9connexion du v\u00e9cu de leurs \u00ab&nbsp;cibles&nbsp;\u00bb. Je me souviens de l\u2019un d\u2019eux \u00e9voquant avec gourmandise le plaisir qu\u2019il donnait \u00e0 des prostitu\u00e9es. Je l\u2019avais patiemment \u00e9cout\u00e9 puis l\u2019avais ensuite sensibilis\u00e9 \u00e0 l\u2019illusion marchande que ces femmes donnaient toujours \u00e0 voir, et \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 toujours moins reluisante de leur v\u00e9cu, entre viols pr\u00e9coces et dissociation. J\u2019avais justifi\u00e9 cette \u00ab&nbsp;petite le\u00e7on moralisante&nbsp;\u00bb par ma conviction d\u2019une part qu\u2019il le savait, en avait l\u2019intuition, et d\u2019autre part que je peinais \u00e0 envisager le bonheur (en g\u00e9n\u00e9ral, et le sien en particulier, puisque c\u2019\u00e9tait l\u2019objet de notre rencontre), en dehors de toute r\u00e9ciprocit\u00e9 des liens. Je me souviens aussi de ces patients p\u00e9dophiles me racontant la \u00ab&nbsp;puret\u00e9 du corps des enfants&nbsp;\u00bb, et que je devais syst\u00e9matiquement reconnecter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9g\u00e9nitale de ces derniers, \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de tout d\u00e9sir pour le corps des adultes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mon id\u00e9e n\u2019est \u00e9videmment pas ici de rendre ici tous les hommes coupables et toutes les femmes victimes. Si j\u2019ai \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9tonn\u00e9e par cette r\u00e9alit\u00e9 qui se d\u00e9voilait sous mes yeux en devenant psychologue, c\u2019est d\u2019ailleurs bien parce qu\u2019elle ne m\u2019\u00e9tait jamais apparue dans l\u2019environnement dans lequel j\u2019avais moi-m\u00eame \u00e9volu\u00e9 avant cela. Et je ne saurai dire combien de femmes sexuellement lib\u00e9r\u00e9es, assum\u00e9es, et d\u2019hommes adorables, incapables de renoncer \u00e0 cette r\u00e9ciprocit\u00e9, j\u2019ai par la suite et par ailleurs rencontr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais j\u2019ai retenu de ce court voyage en clinique adulte, un <em>d\u00e9s\u00e9quilibre <\/em>majeur entre ce qui \u00e9tait sexuellement <em>attendu<\/em> des femmes et des hommes, dans la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la suite, j\u2019ai surpris dans ma propre vie de femme, la pression de \u00ab&nbsp;faire couple&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;faire des enfants&nbsp;\u00bb, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00ab&nbsp;deux enfants&nbsp;\u00bb (il m\u2019a sembl\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s ce chiffre pr\u00e9cis, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait <em>rassasi\u00e9e<\/em> et ne demandait plus au corps des femmes d\u2019en produire davantage&nbsp;!)<\/p>\n\n\n\n<p>Puis nous arrivons \u00e0 l\u2019\u00e9tape qui m\u2019int\u00e9resse le plus&nbsp;: l\u2019invective au bonheur autour de la maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette invective commence avec la grossesse, je pense notamment \u00e0 cette \u00e9tonnante phrase incrust\u00e9e dans l\u2019inconscient collectif, qui ass\u00e8ne qu\u2019\u00ab&nbsp;\u00eatre enceinte&nbsp;n\u2019est pas une maladie&nbsp;\u00bb. Alors\u2026 que la portion masculine de l\u2019humanit\u00e9, qui n\u2019a jamais port\u00e9 d\u2019enfant, affirme cela, ne me choque pas. Mais le fait que des femmes prononcent encore ces mots m\u2019\u00e9chappe assez. Lorsqu\u2019on a connu des grossesses, il est en effet difficile de trouver quel \u00e9tat se rapprocherait le plus de la maladie que celui-ci, en particulier au d\u00e9but et \u00e0 la fin de l\u2019aventure\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, l\u2019accueil du b\u00e9b\u00e9 est \u00e9galement soumis \u00e0 de nouvelles pressions. Je pense aux accouchements naturels, mais surtout au co-dodo au-del\u00e0 des trois premiers mois, et \u00e0 l\u2019allaitement long. Il ne fait aucun doute qu\u2019\u00e9viter \u00e0 son nouveau-n\u00e9 de ne pas \u00eatre entendu lorsqu\u2019il pleure la nuit\u2026 et lui proposer du lait maternel\u2026 sont des agents positifs pour sa construction psychique et physiologique. Mais nous, psychologues, savons aussi pertinemment combien ces d\u00e9cisions ont surtout l\u2019int\u00e9r\u00eat, la valeur et la port\u00e9e positive, qu\u2019y trouveront les parents. Et qu\u2019avoir une m\u00e8re d\u00e9prim\u00e9e de dormir avec son b\u00e9b\u00e9 ou de lui donner le sein sera bien plus dommageable pour lui, qu\u2019avoir bu des biberons ou avoir dormi dans sa chambre d\u00e8s le retour de la maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces pressions d\u2019id\u00e9alisation me d\u00e9rangent profond\u00e9ment parce qu\u2019elles sacrifient le bonheur des m\u00e8res au profit de celui pr\u00e9sum\u00e9 des enfants alors que d\u00e9-corr\u00e9ler les bonheurs de l\u2019un et de l\u2019autre n\u2019a absolument aucune pertinence. Mais aussi parce que ces pressions participent, encore et toujours, \u00e0 r\u00e9duire l\u2019espace entre l\u2019enfant et la m\u00e8re pour ne pas laisser cette derni\u00e8re \u00e9prouver son ambivalence.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais vous parler d\u2019ambivalence dans ce podcast. D\u2019abord parce qu\u2019elle recouvre une notion passionnante et fondamentale en psychologie. Mais aussi parce qu\u2019elle m\u2019appara\u00eet comme le meilleur antidote \u00e0 tout risque d\u2019id\u00e9alisation (ce qui la rend bien mal tol\u00e9r\u00e9e par les ennemis de la reconnaissance du <em>conflit psychique<\/em> \u2014 je pense notamment \u00e0 la psychologie positive ou au DSM). Pour la psychanalyse, l\u2019ambivalence d\u00e9signe \u00ab&nbsp;la cohabitation, inh\u00e9rente \u00e0 toute relation, de deux affects&nbsp;: l\u2019amour et la haine&nbsp;\u00bb. Et oui. Cette id\u00e9e est subversive, car elle induit qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on aime, on <em>hait<\/em> aussi l\u2019autre dans une certaine mesure. Y compris ses parents, y compris son amoureux, y compris ses enfants. L\u2019id\u00e9e n\u2019est pas facile \u00e0 accepter. Et pourtant, lorsqu\u2019on l\u2019admet, beaucoup de ph\u00e9nom\u00e8nes relationnels parviennent \u00e0 se comprendre et \u00e0 s\u2019apaiser.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors pourquoi ha\u00efrions-nous <em>en partie<\/em> nos parents&nbsp;? Peut-\u00eatre parce qu\u2019ils ont des d\u00e9fauts et que leurs d\u00e9fauts ont eu (et ont toujours) un immense impact sur notre bonheur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comment pourrions-nous ha\u00efr notre grand amour&nbsp;? Peut-\u00eatre parce que notre d\u00e9pendance affective \u00e0 lui nous plonge dans un \u00e9tat de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de d\u00e9pendance inconfortable&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et ha\u00efr son enfant, mais d\u2019o\u00f9 peut provenir une telle id\u00e9e&nbsp;? Et bien possiblement du fait qu\u2019il nous emp\u00eache de dormir, de nous consacrer \u00e0 autre chose que lui, qu\u2019il a r\u00e9quisitionn\u00e9 notre corps pendant 9&nbsp;mois et qu\u2019on se trouvait plus s\u00e9duisante avant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces exemples n\u2019ont rien d\u2019universel, mais ils illustrent une r\u00e9alit\u00e9 universelle&nbsp;: celle qui affirme que tout lien d\u2019amour est color\u00e9 par une part d\u2019agressivit\u00e9 qui, notons-le au passage, nous prot\u00e8ge positivement des risques ali\u00e9nants de fusion ou de d\u00e9pendance absolue\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019enfant grandit, et bien que j\u2019ai assist\u00e9 en 17&nbsp;ans \u00e0 une vraie mutation culturelle dans la r\u00e9partition des t\u00e2ches d\u2019intendance et d\u2019\u00e9ducation, j\u2019observe que c\u2019est encore le plus souvent aux m\u00e8res que sont envoy\u00e9s les messages de l\u2019\u00e9cole et les invitations aux gouters d\u2019anniversaire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la maison, ce sont encore les m\u00e8res qui culpabilisent de tout. J\u2019ai expos\u00e9 dans mon podcast sur \u00ab&nbsp;<em>Les d\u00e9fauts<\/em>&nbsp;\u00bb la propension des femmes \u00e0 culpabiliser de leur manque de d\u00e9sir pour leurs maris qui, eux, vivent bien mieux le fait d\u2019oublier de les s\u00e9duire. Mais lorsqu\u2019un enfant du couple va mal, elles s\u2019imputent l\u00e0 encore bien souvent tous les questionnements et toutes les responsabilit\u00e9s de ce mal-\u00eatre. Alors qu\u2019un enfant agit\u00e9 et transgressif, par exemple, l\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s syst\u00e9matiquement en raison d\u2019une d\u00e9faillance de la fonction <em>paternelle tierce<\/em>, et non en raison d\u2019une d\u00e9faillance de la fonction <em>maternelle primaire.<\/em> Mais c\u2019est le psychologue qui bien souvent braque les projecteurs sur le p\u00e8re, et rarement le couple parental lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">B\u00e9n\u00e9fices (les hommes) et cons\u00e9quences de cette id\u00e9alisation (le d\u00e9ni de la haine et le risque de l\u2019incestuel)<\/h2>\n\n\n\n<p>On est en droit de se poser la question des b\u00e9n\u00e9fices de cette id\u00e9alisation des m\u00e8res et de la maternit\u00e9, dans la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Elizabeth Badinter, philosophe et f\u00e9ministe incontournable, a beaucoup travaill\u00e9 sur la remise en question de l\u2019instinct maternel, qu\u2019elle envisage davantage comme une construction culturelle. Elle dit, et je suis d\u2019accord avec elle, que l\u2019amour maternel est un amour \u00ab&nbsp;qui se construit&nbsp;\u00bb\u2026 comme tous les autres, pourrait-on dire&nbsp;! Il n\u2019y aurait donc pas de justifications \u00e0 le placer au-dessus des autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Barbara Vinken, universitaire allemande, consid\u00e8re que \u00ab&nbsp;la figure maternelle est une pure construction qui r\u00e9pond \u00e0 la peur des hommes, ou plut\u00f4t \u00e0 leur d\u00e9sir de calmer la femme, de la r\u00e9duire au silence, de l\u2019occuper, de la satisfaire. Elle ajoute qu\u2019au fond, l\u2019instinct maternel est un fantasme masculin&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Venons-en aux cons\u00e9quences de cette id\u00e9alisation. J\u2019aimerais aborder pour cela, dans cet ordre&nbsp;: 1\/le d\u00e9ni de la haine maternelle, 2\/le contre-investissement de l\u2019agressivit\u00e9&nbsp;3\/et le risque de l\u2019incestuel.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1\/ Le d\u00e9ni de la haine maternelle<\/h3>\n\n\n\n<p>Nous, psy, ne pouvons qu\u2019adh\u00e9rer \u00e0 cette remise en question de l\u2019instinct maternel. Nos patientes femmes sont des adultes comme les autres, ni plus ni moins, avec leurs qualit\u00e9s et leurs d\u00e9fauts. Le fait d\u2019avoir port\u00e9 un b\u00e9b\u00e9 ne leur octroie de comp\u00e9tences maternelles qu\u2019\u00e0 condition qu\u2019elles aillent suffisamment bien pour pouvoir aimer. Ce qui ne va pas de soi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et certaines femmes ne se contentent pas de <em>manquer<\/em> <em>d\u2019instinct maternel<\/em>. Ce d\u00e9faut d\u2019amour s\u2019accompagne malheureusement parfois de <em>haine<\/em>. La litt\u00e9rature a magistralement su illustrer cette r\u00e9alit\u00e9. Je pense aux grands romans&nbsp;tels que \u00ab&nbsp;Vip\u00e8re au poing&nbsp;\u00bb d\u2019Herv\u00e9 Bazin, \u00ab&nbsp;Fritna&nbsp;\u00bb de Gis\u00e8le Halimi, \u00ab&nbsp;Poil de Carotte&nbsp;\u00bb de Jules Renard, \u00ab&nbsp;Les d\u00e9vorantes&nbsp;\u00bb de Marinca Villanova, \u00ab&nbsp;Frappe-toi le c\u0153ur&nbsp;\u00bb d\u2019Am\u00e9lie Nothomb, \u00ab&nbsp;Les noces barbares&nbsp;\u00bb de Yann Queffelec, \u00ab&nbsp;Il faut qu\u2019on parle de Kevin&nbsp;\u00bb de Lionel Shriver, et bien d\u2019autres encore\u2026 Dans son ouvrage \u00ab&nbsp;les plus mauvaises m\u00e8res de l\u2019histoire&nbsp;\u00bb, Louise-Marie LIBERT r\u00e9pertorie des m\u00e8res sans scrupules, abusives avec leurs enfants, au fil de l\u2019histoire, d\u2019Ali\u00e9nor d\u2019Aquitaine \u00e0 Marie de M\u00e9dicis, en passant par Athana\u00efse Claudel, la m\u00e8re de Camille\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans nos cabinets, cette haine maternelle s\u2019illustre \u00e0 travers des tentatives de d\u00e9courager la scolarit\u00e9 de leurs enfants, de d\u00e9nigrer leurs capacit\u00e9s de s\u00e9duction sociale, de faire intrusion dans leur intimit\u00e9, d\u2019entraver leur libert\u00e9 de choix, de maintenir la d\u00e9pendance, de d\u00e9courager leurs initiatives, d\u2019insulter leurs amoureuses, de leur refuser toute aide mat\u00e9rielle, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>La haine maternelle existe donc. Massivement. Mais pourtant personne n\u2019en parle. Jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9, tr\u00e8s courante, ne porte jamais son nom. Elle constitue un immense tabou soci\u00e9tal. Le refus d\u2019intercepter les manquements d\u2019amour des m\u00e8res est saisissant. J\u2019entends ainsi r\u00e9guli\u00e8rement des patients me dire de leurs m\u00e8res d\u00e9testables qu\u2019\u00ab&nbsp;elle est particuli\u00e8re&nbsp;\u00bb, en rire et banaliser. Alors que tout en eux est paralys\u00e9, bloqu\u00e9, fig\u00e9, par cet invivable inconfort.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me du d\u00e9ni, c\u2019est qu\u2019il brouille toutes les pistes pour s\u2019en sortir. Les effets de la haine maternelle sont \u00e9videmment per\u00e7us, mais si elle n\u2019est pas symbolis\u00e9e, c.-\u00e0-d. <em>reconnue<\/em>, <em>nomm\u00e9e<\/em> et <em>pens\u00e9e<\/em>, les enfants s\u2019en veulent des effets de leurs m\u00e9canismes de d\u00e9fense adaptatifs et protecteurs. Ils s\u2019accusent eux-m\u00eames d\u2019\u00eatre rejetants, ingrats, d\u2019avoir de mauvaises pens\u00e9es, de ne pas fluidifier le lien avec leur m\u00e8re, et en \u00e9prouvent une injuste culpabilit\u00e9. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2\/ Le contre-investissement de l\u2019agressivit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Lorsque la haine est \u00e9prouv\u00e9e, l\u2019un des moyens les plus courants pour la supporter consiste \u00e0 <em>la retourner en son contraire<\/em>. En psychanalyse, on appelle cela \u00ab&nbsp;contre-investissement de l\u2019agressivit\u00e9&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;formation r\u00e9actionnelle&nbsp;\u00bb. Pour l\u2019illustrer aupr\u00e8s de mes \u00e9tudiants, j\u2019ai longtemps expliqu\u00e9 ce m\u00e9canisme de d\u00e9fense en leur faisant part d\u2019une de mes caract\u00e9ristiques lorsque j\u2019\u00e9tais enfant. \u00c0 partir du moment o\u00f9 un autre enfant me repoussait, par exemple parce qu\u2019il sentait mauvais ou \u00e9tait violent, je redoublais de gentillesse et d\u2019\u00e9gards avec lui, sans r\u00e9ellement comprendre ce qui se jouait en moi et m\u2019\u00e9tonnait alors. Il m\u2019a fallu attendre d\u2019\u00e9tudier la psychologie clinique pour comprendre que j\u2019avais mis en place des moyens psychiques pour ne pas leur exprimer ma r\u00e9pulsion, mon agressivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques Andr\u00e9, formidable professeur de psychopathologie, d\u00e9crit parfaitement cela. Je cite cette inoubliable tirade issue de son livre \u00ab&nbsp;L\u2019inconscient est politiquement incorrect&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que dissimulent les nobles causes. L\u2019int\u00e9grisme moral et religieux se bat contre son propre enfer, l\u2019inconscient de celui qui hait la corrida n\u2019est pas une ar\u00e8ne de tout repos, quant \u00e0 celui du v\u00e9g\u00e9tarien, il a la saveur et la couleur d\u2019un steak saignant. Derri\u00e8re la fa\u00e7ade des vies \u201c&nbsp;comme il faut&nbsp;\u201d, la folie priv\u00e9e est la chose du monde la mieux partag\u00e9e. L\u2019inconscient de la femme la plus f\u00e9ministe n\u2019est pas plus f\u00e9ministe que n\u2019est d\u00e9mocratique l\u2019inconscient du plus d\u00e9mocrate des hommes.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi donc le psychanalyste a-t-il pour r\u00e9flexe de tendre l\u2019oreille lorsque l\u2019un de ses patients affiche la poursuite obtuse d\u2019un id\u00e9al peu r\u00e9aliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis mon podcast consacr\u00e9 \u00e0 la critique de <em>l\u2019\u00e9ducation positive<\/em>, vous connaissez mon point de vue sur cette litt\u00e9rature grand public, qui, en France, ne s\u2019est longtemps adress\u00e9e qu\u2019aux m\u00e8res. Et j\u2019inscris sans retenue le succ\u00e8s de ce courant dans cette \u00e8re d\u2019id\u00e9alisation des fonctions maternelles puisqu\u2019elle d\u00e9nie la part agressive pourtant inh\u00e9rente \u00e0 toute parentalit\u00e9&nbsp;! Aujourd\u2019hui, beaucoup de m\u00e8res ont peur de sanctionner, peur d\u2019\u00eatre trop s\u00e9v\u00e8res, peur de perdre l\u2019amour de leur enfant\u2026 alors m\u00eame que les enfants n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 choy\u00e9s autant qu\u2019aujourd\u2019hui, dans nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Si vous ne l\u2019avez d\u00e9j\u00e0 fait, je vous encourage \u00e0 aller \u00e9couter ce podcast, dans lequel j\u2019\u00e9voque certains sp\u00e9cialistes auto-proclam\u00e9s de ce mouvement en France, qui comme le dit si bien Claude Halmos, \u00ab&nbsp;surfent sur la culpabilisation des parents pour vendre des livres et des m\u00e9thodes \u00e9ducatives&nbsp;\u00bb que j\u2019ajouterais \u00eatre parfaitement n\u00e9buleuses et inefficaces alors que d\u2019autres, objet de consensus internationaux, fonctionnent parfaitement bien. Mais ces leaders d\u2019opinion (dont \u00e9videmment aucun n\u2019a jamais travaill\u00e9 en p\u00e9dopsychiatrie) ne s\u2019int\u00e9ressent pas au soin. Ils cr\u00e9ent du r\u00eave, un r\u00eave rentable qui met les m\u00e8res sous pression. Car en ne leur offrant pas de solutions \u00e9ducatives efficaces, on les asservit \u00e0 l\u2019\u00e9chec, \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition et au conflit. Et on leur vend de l\u2019espoir. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut, par ailleurs, voir ces leaders d\u2019opinion \u00ab&nbsp;bienveillants&nbsp;\u00bb, ponctuer tout <em>d\u00e9bat d\u2019id\u00e9e par des menaces<\/em> de proc\u00e8s\u2026 avec une hargne exceptionnelle traduisant leurs propres difficult\u00e9s pour g\u00e9rer les conflits inh\u00e9rents \u00e0 la travers\u00e9e d\u2019une vie au milieu des autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais, dans cette optique, \u00e9voquer l\u2019histoire d\u2019Alice Miller, grande psychanalyste dont j\u2019admire profond\u00e9ment les travaux. Cette femme a d\u00e9fendu activement la cause des enfants maltrait\u00e9s en publiant un livre particuli\u00e8rement remarquable sur les racines de la violence dans l\u2019\u00e9ducation, en liant notamment les \u00e9l\u00e9ments autobiographiques des enfances d\u2019Hitler ou de \u00ab&nbsp;Christiane F (drogu\u00e9e et prostitu\u00e9e \u00e0 13&nbsp;ans)&nbsp;\u00bb et leurs destins ult\u00e9rieurs de violence. Cette femme passe aux yeux de tous comme le prototype de la bonne m\u00e8re empathique et protectrice. Pourtant, son fils Martin Miller, lui-m\u00eame devenu psychoth\u00e9rapeute, a sorti en 2014 un livre autobiographique tr\u00e8s touchant (intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La trag\u00e9die d\u2019Alice Miller&nbsp;\u00bb), dans lequel il r\u00e9v\u00e8le que cette femme \u00e9tait la pire des m\u00e8res. Il y d\u00e9crit l\u2019abandon de sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e handicap\u00e9e et d\u00e9taille les pouss\u00e9es sadiques de sa m\u00e8re \u00e0 son endroit, ne cessant de pointer le caract\u00e8re contradictoire de ces agissements maternels froids avec sa d\u00e9fense publique des enfants\u2026 J\u2019y vois pour ma part une nouvelle illustration de <em>l\u2019ambivalence<\/em>, de la <em>formation r\u00e9actionnelle<\/em>, et encore une occasion d\u2019assouplissement des repr\u00e9sentations de ce qui peut \u00eatre bien ou mal en mati\u00e8re de parentalit\u00e9\u2026 car derri\u00e8re la haine maternelle, comme vous le savez tr\u00e8s certainement, se cache toujours une haine re\u00e7ue pr\u00e9alablement par cette m\u00e8re, par ses propres parents, lorsqu\u2019elle \u00e9tait enfant\u2026 or ces d\u00e9mons sont tenaces, et peuvent parfois entrer en collision avec les aspirations profondes de ceux qui en sont \u00e0 la fois victimes et coupables\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3\/ Et le risque de l\u2019incestuel.<\/h3>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me et derni\u00e8re cons\u00e9quence de ces pressions d\u2019id\u00e9alisation sur la maternit\u00e9 est selon moi le risque de l\u2019incestuel. C.-\u00e0-d. d\u2019un climat o\u00f9 les g\u00e9n\u00e9rations seraient m\u00e9lang\u00e9es, avec une grande excitation fantasmatique \u0153dipienne associ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9poque a donc accueilli un courant envisageant que les m\u00e8res pourraient \u00eatre aussi pr\u00e9sentes qu\u2019autrefois aupr\u00e8s des enfants, qu\u2019elles continueraient \u00e0 se charger de leur \u00e9ducation, mais sans l\u2019intervention ponctuelle intimidante des p\u00e8res (du second parent).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 propos du co-dodo, il me semble que pass\u00e9 3-6 mois et le \u00ab&nbsp;retour de couche&nbsp;\u00bb, le b\u00e9b\u00e9 a moins besoin de r\u00e9ponses \u00ab&nbsp;instantan\u00e9es&nbsp;\u00bb face \u00e0 ses pleurs, et que le couple est susceptible d\u2019avoir \u00e0 nouveau envie d\u2019une intimit\u00e9 sexuelle\u2026 il faut donc parfois aider nos patientes \u00e0 \u00e9laborer l\u2019enjeu de garder le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elles chaque nuit. Dans de nombreuses familles que j\u2019ai re\u00e7ues (notamment \u00e9trang\u00e8res, dans des cultures o\u00f9 les femmes n\u2019avaient pas le droit ni de choisir leurs maris ni de prendre un contraceptif), garder l\u2019enfant grandissant contre elles, constituait un paravent pour ne pas avoir \u00e0 subir les assauts sexuels des maris. Mais ce sch\u00e9ma se retrouve \u00e9galement chez un grand nombre de femmes occidentales pour des raisons n\u00e9vrotiques plus \u00ab&nbsp;locales&nbsp;\u00bb (par exemple la remise en sc\u00e8ne d\u2019un climat incestuel transg\u00e9n\u00e9rationnel, ou encore une fuite de l\u2019intimit\u00e9 conjugale pour des raisons vari\u00e9es\u2026). Ce qui est certain, c\u2019est que la cohabitation dans le lit des parents et l\u2019allaitement prolong\u00e9 pendant et apr\u00e8s la travers\u00e9e de l\u2019\u0153dipe (c.-\u00e0-d. \u00e0 partir de l\u2019\u00e2ge de 4&nbsp;ans et demi) n\u2019est pas confortable pour l\u2019enfant qui travaille psychiquement \u00e0 refouler sa sc\u00e8ne primitive, ses fantasmes de s\u00e9duction amoureuse avec son parent de l\u2019autre sexe, et ses \u00e9lans de rivalit\u00e9 avec son parent du m\u00eame sexe que lui\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mon podcast sur la critique de l\u2019\u00e9ducation positive, j\u2019ai abord\u00e9&nbsp;: le d\u00e9ni de l\u2019agressivit\u00e9\u2009; la n\u00e9gation des g\u00e9n\u00e9rations\u2009; et l\u2019inconfort infantile de r\u00e9colter le partage de tous les affects parentaux (par exemple&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu rends ta m\u00e8re triste, ton p\u00e8re n\u2019en peut plus de tes cris, etc.&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Mon sentiment g\u00e9n\u00e9ral est que notre \u00e9poque affiche un grand magma postural g\u00e9n\u00e9rationnel indiff\u00e9renci\u00e9. L\u2019\u00e9ducation est rel\u00e9gu\u00e9e au maternage&nbsp;: les parents s\u2019ajustent aux besoins du b\u00e9b\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ses 18&nbsp;ans&nbsp;! Les parents laissent les enfants se coucher en m\u00eame temps qu\u2019eux pendant les WE et les vacances, ils les am\u00e8nent d\u00eener \u00e0 la table de leurs amis, racontent leurs malheurs de couple \u00e0 leurs enfants et se noient dans les probl\u00e9matiques de ces derniers, imbib\u00e9s par toutes les petites frustrations qu\u2019ils ont rencontr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou avec leurs copains\u2026 Souvenons-nous un instant de nos rentr\u00e9es des classes lorsque nous-m\u00eames \u00e9tions enfants. Je n\u2019ai personnellement jamais vu un parent pleurer le jour de la rentr\u00e9e. Aujourd\u2019hui, enfants et parents m\u00ealent leurs larmes \u00ab&nbsp;parce que L\u00e9o n\u2019est pas dans la classe de Romain&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;parce qu\u2019Agathe a cette ma\u00eetresse et on le redoutait&nbsp;\u00bb\u2026 Mais comment apprendre aux enfants ce qui est grave et ce qui n\u2019est pas grave dans ce contexte d\u2019immaturit\u00e9 et de sensiblerie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e&nbsp;? Car rappelons que pendant tout ce temps, les enfants sont paralys\u00e9s par leurs affects tristes et ne profitent de rien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense aussi \u00e0 cette nouvelle vague surr\u00e9aliste de \u00ab&nbsp;mamans coachs parentales&nbsp;\u00bb, confondant l\u2019id\u00e9e rigoureuse d\u2019\u00ab&nbsp;acc\u00e9der \u00e0 un savoir, \u00eatre transform\u00e9 par une longue formation&nbsp;\u00bb, et celle plus l\u00e9g\u00e8re pour laquelle elles optent de \u00ab&nbsp;construire en quelques jours des connaissances \u00e0 partir de sa propre exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb. Ces formations poursuivant le fantasme du parent-expert en autodiagnostics ne font \u00e0 mon sens qu\u2019accentuer les d\u00e9rives de postures incestuelles dans les familles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion <\/h2>\n\n\n\n<p>Alors est ce que le psychisme f\u00e9minin offre des singularit\u00e9s de fonctionnement par rapport \u00e0 celui des hommes&nbsp;? Non. Les neurobiologistes affirment que les cerveaux des hommes et des femmes sont les m\u00eames. Tout psychanalyste qui a entendu des patients parler dans l\u2019intimit\u00e9 de son cabinet saura d\u2019ailleurs vous confirmer l\u2019universalit\u00e9 des mouvements psychiques, de ses capacit\u00e9s du pire au meilleur. Les femmes constituent la moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 et aussi des agents tr\u00e8s actifs de leur inconfort dans la culture. Si elles pouvaient prendre conscience de cette pression d\u2019id\u00e9alisation qui p\u00e8se sur leurs \u00e9paules et \u00e0 laquelle elles participent massivement\u2009; et se soutenir dans leur \u00e9mancipation\u2026 le monde s\u2019en porterait bien mieux. Chaque femme devrait constituer l\u2019agent lib\u00e9rateur de toutes les autres femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>En apprenant aux fils \u00e0 cuisiner et s\u2019occuper de leurs affaires dans la maison. En leur parlant des r\u00e8gles f\u00e9minines, de l\u2019ingratitude de la grossesse, de l\u2019injustice que les filles aient \u00e0 s\u2019\u00e9piler, \u00e0 porter des talons, se maquiller et couvrir leurs cheveux blancs en vieillissant, tandis que les hommes ont le loisir de se pr\u00e9senter presque tels qu\u2019ils sont. Plus tard, \u00e0 l\u2019adolescence, en les sensibilisant au fait que la sexualit\u00e9 sans <em>r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em> ne m\u00e9rite pas le nom de \u00ab&nbsp;sexualit\u00e9&nbsp;\u00bb, mais d\u2019agression.<\/p>\n\n\n\n<p>En prenant garde \u00e0 ne pas \u00e9lever nos filles en leur signifiant qu\u2019elles sont au service des gar\u00e7ons, ce qui se jouera dans la r\u00e9partition des t\u00e2ches \u00e0 la maison, mais aussi dans la fa\u00e7on dont nous leur pr\u00e9senterons les n\u00f4tres, parentales, dans les faits ou dans les mots (par exemple \u00ab&nbsp;tu sais, je fais beaucoup plus que papa \u00e0 la maison, mais \u00e7a n\u2019est pas normal&nbsp;\u00bb \u2014 et en y associant le r\u00e9cit de la trop lente \u00e9volution des m\u0153urs).<\/p>\n\n\n\n<p>En continuant \u00e0 inscrire nos filles dans des projets d\u2019amour (car le bonheur est ici, que l\u2019on soit fille ou gar\u00e7on), mais selon des modalit\u00e9s d\u2019exercice libres (par exemple&nbsp;: \u00ab&nbsp;quand tu vivras de grands amours\u2026, si tu veux avoir des enfants\u2026 quand tu choisiras les \u00e9tudes qui te passionnent\u2026 quand tu deviendras la meilleure dans ton travail&nbsp;\u00bb, etc.)<\/p>\n\n\n\n<p>En ne demandant pas ce que la jeune femme attend pour se marier et avoir son premier puis son deuxi\u00e8me enfant, mais plut\u00f4t si elle y aspire (le plaisir du partage ne sonnera ainsi plus comme une pression)<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019une femme annonce sa grossesse ou son accouchement, en lui demandant&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a va&nbsp;? Ce n\u2019est pas trop dur&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Puis \u00ab&nbsp;dis-moi si tu as besoin d\u2019aide&nbsp;\u00bb. D\u2019un air entendu et plein de connivence. Au lieu d\u2019imposer un ton de b\u00e9atitude qui ne correspondra qu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 de sa r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En se r\u00e9jouissant des conqu\u00eates des femmes. En ne jugeant plus leurs m\u0153urs sexuelles et en bannissant l\u2019expression de <em>l\u2019envie<\/em> et de la jalousie.<\/p>\n\n\n\n<p>Et en faisant tomber l\u2019amour maternel de son pi\u00e9destal, de son pi\u00e8ge d\u2019id\u00e9alisation, pour permettre \u00e0 ses victimes, les enfants, de s\u2019extirper le plus t\u00f4t possible de ses cons\u00e9quences tentaculaires sur la vie psychique.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28302?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les diff\u00e9rentes formes de pressions d\u2019id\u00e9alisations sur la maternit\u00e9 Ce podcast est une ode f\u00e9ministe. 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