{"id":28207,"date":"2023-01-23T11:58:25","date_gmt":"2023-01-23T10:58:25","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=28207"},"modified":"2023-02-17T10:15:09","modified_gmt":"2023-02-17T09:15:09","slug":"la-tendresse-dans-le-lien-therapeutique-hypotheses-metapsychologiques-autour-du-clivage-narcissique-de-sandor-ferenczi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-tendresse-dans-le-lien-therapeutique-hypotheses-metapsychologiques-autour-du-clivage-narcissique-de-sandor-ferenczi\/","title":{"rendered":"La tendresse dans le lien th\u00e9rapeutique. Hypoth\u00e8ses m\u00e9tapsychologiques autour du clivage narcissique de S\u00e1ndor Ferenczi\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction : tendresse et psychanalyse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La notion\/concept de tendresse a une position singuli\u00e8re dans le corpus psychanalytique. D\u00e9j\u00e0 le terme fait partie du langage courant, en un sens qui n\u2019est pas enti\u00e8rement superposable avec ce qu\u2019ont propos\u00e9 divers auteurs de la discipline, il y a une polys\u00e9mie de la tendresse qui provoque quelquefois des confusions quand on l\u2019emploie en public ou entre professionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, la tendresse pourrait \u00eatre vue avec m\u00e9fiance par des psychanalystes, tant elle est per\u00e7ue comme proposant une trop grande proximit\u00e9 entre patient et soignant, loin de la neutralit\u00e9 bienveillante&nbsp;; certains imaginent des contacts pouvant d\u00e9boucher sur des abus ou autres, ou alors elle est suspect\u00e9e de ne pas faire la part \u00e0 l\u2019ambivalence du th\u00e9rapeute.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des inqui\u00e9tudes infond\u00e9es, soulignons au contraire le r\u00f4le cadrant de la tendresse et le fait qu\u2019elle pr\u00e9munit contre les abus<strong><sup>1<\/sup><\/strong>. Il n\u2019en reste pas moins que d\u2019autres termes sont utilis\u00e9s pr\u00e9f\u00e9rentiellement&nbsp;: bienveillance, sollicitude, empathie, attachement entre autres, pour autant aucun de ces termes ne porte tout ce qui est port\u00e9 par la tendresse, qui par ailleurs est aussi un affect.<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique des traumatismes extr\u00eames, comme celle des agressions sexuelles, m\u2019a impos\u00e9 en quelque sorte un travail de recherche au long cours sur la notion de tendresse, en retrouvant les apports de S\u00e1ndor Ferenczi et en d\u00e9veloppant mes propres hypoth\u00e8ses<strong><sup>2<\/sup><\/strong> que je ne peux pas d\u00e9velopper autrement que r\u00e9sum\u00e9es ci-dessous.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e1ndor Ferenczi est incontournable en psychanalyse lorsque l\u2019on s\u2019int\u00e9resse aussi bien au traumatisme qu\u2019\u00e0 la tendresse, ce qui est d\u00e9j\u00e0 signifiant d\u2019un lien entre l\u2019advenue du premier et l\u2019absence de la seconde. Bien rares sont les textes psychanalytiques qui mettent en exergue ce rapport entre traumatisme et absence de tendresse depuis Ferenczi et ceux qu\u2019il a inspir\u00e9s (tr\u00e8s nombreux hors de France)<strong><sup>3<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai propos\u00e9 des hypoth\u00e8ses sur une m\u00e9tapsychologie de la tendresse qui, si elles s\u2019inspirent de Ferenczi, en sont sensiblement diff\u00e9rentes. Je les pr\u00e9sente plus bas, il faut d\u2019abord \u00e9clairer le chemin, en effectuant des rappels sur la clinique du traumatisme psychique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9tresse et clivage, aux sources de la relation auto-conservatrice et psycho-sexuelle<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Souvent, la d\u00e9fense concernant les traumatismes extr\u00eames est quasi instinctuelle&nbsp;; <em>fight, flight or freeze <\/em>disent les anglo-saxons. Nous savons que le clivage en psychanalyse (la dissociation p\u00e9ri-traumatique\/traumatique ou bien la dissociation structurelle pour les suivants de Pierre Janet, et les tenants neurosciences cognitives<strong><sup>4<\/sup><\/strong>), est le m\u00e9canisme d\u00e9fensif consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9lectif d\u2019un v\u00e9cu traumatique. Le clivage et la d\u00e9tresse sont li\u00e9s, car le premier est la voie de sortie pour la seconde. Le terme de d\u00e9tresse,<em> Hilflosigkeit&nbsp;<\/em>: \u00ab d\u00e9saide&nbsp;\u00bb selon la traduction de Laplanche, touche au vital, \u00e0 la possibilit\u00e9 m\u00eame d\u2019existence d\u2019un sujet, et c\u2019est face \u00e0 cette d\u00e9tresse que la tendresse trouve toute sa coh\u00e9rence et sa pertinence. Sa coh\u00e9rence trouve sa source dans cette action sp\u00e9cifique, ce secours apport\u00e9 par le <em>Nebenmensh<\/em> (l\u2019autre proche). Ce qui n\u2019emp\u00eache pas que la tendresse soit coh\u00e9rente avec d\u2019autres registres que celui de la survie. Justement, elle est, selon moi, ce qui permet le lien entre le vital, auto-conservatif, la survie et la vie fantasmatique, \u00e9tant issue du lien intersubjectif entre un \u00eatre en d\u00e9tresse et un autre qui est dans la possibilit\u00e9 de lui apporter un recours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela renvoie \u00e0 tous les th\u00e9oriciens, qui depuis Ferenczi font la part au r\u00f4le de l\u2019environnement pour le d\u00e9veloppement de la subjectivit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tendresse, pont entre auto-conservatif et psychosexuel<\/strong><strong><sup>5<\/sup><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Sigmund Freud a propos\u00e9 deux d\u00e9finitions de la tendresse : d\u00e9finie soit comme courant tendre<strong><sup>6<\/sup><\/strong>, qui correspond au choix d\u2019objet infantile primaire, il se dirige sur les personnes qui donnent les soins \u00e0 l\u2019enfant et se fonde sur la \u00ab pulsion d\u2019auto-conservation \u00bb&nbsp;; soit comme pulsion sexuelle inhib\u00e9e quant au but. Bien que Freud, tout comme certains auteurs, puisse, au d\u00e9cours de ces variations, lier les deux formes de tendresse en une seule entit\u00e9, nous devons quand m\u00eame constater que cette notion de tendresse&nbsp;se d\u00e9place du registre auto-conservatif au registre sexuel, ce qui est en soi tr\u00e8s int\u00e9ressant puisqu\u2019il s\u2019agit de deux faces antagonistes du premier conflit psychique chez Freud, tout en s\u2019\u00e9tayant l\u2019une l\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s Freud, S\u00e1ndor Ferenczi<strong><sup>7<\/sup><\/strong> a mis fortement l\u2019accent sur la tendresse tout au long de ces travaux. Ce que Freud d\u00e9signait comme stade de l\u2019identification primaire, premi\u00e8re modalit\u00e9 de la relation d\u2019objet, est d\u00e9sign\u00e9 par Ferenczi comme stade de l\u2019amour objectal passif<strong><sup>8<\/sup><\/strong>, ou stade de la tendresse. Ferenczi a aussi insist\u00e9 sur l\u2019importance de preuves de tendresse de la part des parents pour la maturation de l\u2019enfant, ce qui me semble d\u2019ailleurs implicite dans la notion d\u2019\u00ab environnement facilitateur \u00bb de Winnicott<strong><sup>9<\/sup><\/strong>.&nbsp; Dominique Cupa<strong><sup>10<\/sup><\/strong> dresse un tableau tr\u00e8s fouill\u00e9 de la tendresse, cependant difficile de partager la finalit\u00e9 qu\u2019elle postule sur la tendresse&nbsp;: une pulsion primaire essentiellement maternelle. Force est de constater que Sigmund&nbsp;Freud n\u2019a pas tranch\u00e9 \u00e0 propos de cette notion de tendresse. La question se pose d\u2019ailleurs&nbsp;: beaucoup de notions ou concepts freudiens ont-ils pu \u00eatre con\u00e7us de mani\u00e8re aussi h\u00e9sitante, voire \u00eatre rang\u00e9s ainsi sous deux registres antagonistes, parce que cette notion de tendresse s\u2019est vue tant\u00f4t appartenant au champ auto-conservatif, tant\u00f4t au champ sexuel.&nbsp; Je vois la tendresse suivant une troisi\u00e8me voie : comme un pont entre auto-conservatif et psychosexualit\u00e9<strong><sup>11<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tendresse au-del\u00e0 des deux premi\u00e8res topiques, vers la topique du clivage auto-narcissique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les difficult\u00e9s \u00e0 situer la tendresse th\u00e9oriquement sont peut-\u00eatre li\u00e9es \u00e0 ce que l\u2019on a toujours tent\u00e9 de la situer selon les premi\u00e8res \u00e9laborations freudiennes, c\u2019est-\u00e0-dire suivant la logique des deux premi\u00e8res topiques et du refoul\u00e9, alors que la tendresse serait peut-\u00eatre plus ais\u00e9e \u00e0 int\u00e9grer dans la logique d\u2019une troisi\u00e8me topique, celle du cliv\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 une tentative de m\u00e9tapsychologie de la tendresse que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9e sous divers formats<strong><sup>12<\/sup><\/strong>, qui se comprendrait ais\u00e9ment en relation avec la logique de l\u2019auto-clivage narcissique selon Ferenczi et de la rencontre avec l\u2019autre donneur de soin. Je vais commencer par une illustration clinique pour d\u00e9velopper cette hypoth\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c2mes cliv\u00e9es<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9va revient me voir quelques ann\u00e9es apr\u00e8s mon d\u00e9part d\u2019une institution, elle revient, car je l\u2019avais \u00ab&nbsp;bien cadr\u00e9e \u00bb, dit-elle. Quelques mois plus tard, elle vient avec un r\u00eave qu\u2019elle raconte en s\u00e9ance, elle est allong\u00e9e, et une \u00e2me vient du dessus, essaie alors de rentrer dans sa t\u00eate, mais elle ne veut pas qu\u2019elle rentre, elle dit non\u2026 mais elle rentre quand m\u00eame\u2026 elle sent alors tout le devant de son corps qui picote\u2026 Ce r\u00eave finit par la faire associer, dans le d\u00e9cours du travail de s\u00e9ance, de nos \u00e9changes, \u00e0 cette cave o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e il y a longtemps, ce pour quoi je l\u2019avais vu la premi\u00e8re fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle finit par dire que c\u2019est un peu comme elle enfant qui revenait. \u00ab On va s\u2019occuper de cet enfant \u00bb, lui dis-je. Au bout d\u2019un temps, elle dit : \u00ab c\u2019est comme si la cave \u00e9tait toujours l\u00e0 en moi&nbsp;\u00bb. Dans la cave elle \u00e9tait inatteignable, elle \u00e9tait \u00ab&nbsp;en haut \u00bb, ce n\u2019\u00e9tait que son corps qui \u00e9tait \u00ab en bas&nbsp;\u00bb.&nbsp; Il y avait un agresseur, \u00ab&nbsp;heureusement pas 30 ou 40 \u00bb, dit-elle, puis elle prend conscience qu\u2019il y en avait en fait beaucoup plus qu\u2019un seul, un groupe qui fut mis en fuite par les autorit\u00e9s. Elle se rappelle leurs voix. Silence\u2026 \u00ab C\u2019est gla\u00e7ant \u00bb, dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je cherche \u00e0 la r\u00e9conforter, je vois qu\u2019elle est comme dans une reviviscence de cette agression : \u00ab prenez-vous un chocolat chaud d\u00e8s que vous pouvez \u00bb. Elle rit.Heureusement, je la fais rire (ce n\u2019\u00e9tait pas voulu), avec cette tentative maladroite de lui montrer que j\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent avec elle, pour lui faire penser \u00e0 quelque chose d\u2019agr\u00e9able, de r\u00e9confortant, de chaud. En tout cas pour moi, le chocolat chaud est une illustration de cet objet-refuge dont j\u2019ai parl\u00e9<strong><sup>13<\/sup><\/strong>, li\u00e9 \u00e0 une relation de tendresse, et sur lequel je reviendrai en d\u00e9tail dans ce travail. Mais cela ne marche que si cela parle aux deux partenaires du travail. Heureusement elle glissa&nbsp;: \u00ab&nbsp;oui, c\u2019est mieux que du caf\u00e9 \u00bb. En tout cas, l\u2019intention tendre de l\u2019apaiser a cherch\u00e9 \u00e0 se manifester par ce don \u00ab &nbsp;virtuel \u00bb de chocolat chaud, de mon propre objet-refuge, et cette intention permit de retrouver le lien entre nous et la sortir de la reviviscence traumatique.La tendresse est pour moi le moteur du d\u00e9sir de transformation de la d\u00e9tresse et le vecteur de cette transformation.Elle arrive \u00e0 parler, \u00e0 sortir de ce silence glac\u00e9, elle se rend compte \u00e0 pr\u00e9sent de la pr\u00e9sence de ces autres avec son agresseur, de ceux \u00ab qui attendaient leur tour \u00bb. Elle est horrifi\u00e9e, nous n\u2019avions pas travaill\u00e9 cela la premi\u00e8re fois.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019avais peur \u00bb dit-elle, \u00ab et en fait, j\u2019ai cette peur en moi \u00bb. \u00ab Maintenant&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Oui.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Vous avez d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9 cette peur&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre n\u2019avais-je pas conscience d\u2019o\u00f9 elle venait\u2026&nbsp;\u00bb On en parle, je lui dis qu\u2019elle a quand m\u00eame pu exp\u00e9rimenter un secours avec l\u2019intervention des autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Au centre aussi je l\u2019ai eu&nbsp;\u00bb, dit-elle en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 notre premier travail des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes qui l\u2019avait incit\u00e9 \u00e0 reprendre contact avec moi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle me rappelle alors lorsqu\u2019elle est venue une fois au centre, c\u2019est elle qui m\u2019avait appris pour les attentats des avions sur les tours de New York, elle en rigole, car j\u2019\u00e9tais rest\u00e9 silencieux, comme d\u00e9rout\u00e9, mais elle se rappelle aussi que je n\u2019avais pas mis sa parole en doute. Elle en rit, car j\u2019\u00e9tais enferm\u00e9 dans mon cabinet toute la journ\u00e9e, et je me repr\u00e9sente alors la sc\u00e8ne, je revois mon cabinet, au fond d\u2019un couloir, un peu en contrebas, sans fen\u00eatres\u2026 Comme une cave.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme souvent, je me rends compte que le <em>setting<\/em> peut lui-m\u00eame amener des \u00e9l\u00e9ments propres \u00e0 des reviviscences, mais la diff\u00e9rence est qu\u2019elle n\u2019est plus seule livr\u00e9e \u00e0 un agresseur, mais \u00e0 un th\u00e9rapeute, qui la cadre.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous reparlons de l\u2019\u00e2me, qui est venue en elle de dessus, alors qu\u2019elle \u00e9tait allong\u00e9e, je fais le rapprochement avec la cave o\u00f9 elle se regardait du dessus. \u00ab&nbsp;C\u2019est vrai, elle est venue du dessus, j\u2019\u00e9tais allong\u00e9e, elle est rentr\u00e9e m\u00eame si j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 l\u2019emp\u00eacher\u2026&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;Elle est en moi, avec moi, pas un corps \u00e9tranger\u2026 C\u2019est une r\u00e9conciliation&nbsp;?&nbsp;\u00bb, me demande-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est n\u00e9cessaire de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la liaison des \u00e2mes cliv\u00e9es, celle du patient, mais aussi sans doute celle du psychoth\u00e9rapeute, en une dialectique entre sym\u00e9trie et asym\u00e9trie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00f4le de l\u2019environnement<\/strong><strong><sup>13<\/sup><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au moment de l\u2019effraction psycho-corporelle, plongeant le sujet dans la sid\u00e9ration, une mise hors-jeu du syst\u00e8me d\u00e9fensif vital, \u00e0 l\u2019impuissance le projetant dans la passivation et la d\u00e9tresse, l\u2019\u00eatre humain n\u2019a qu\u2019un recours, le secours d\u2019un autre. Il arrive que la d\u00e9faillance des m\u00e9canismes instinctifs ou quasi, de survie, est rejointe par l\u2019impossibilit\u00e9 \u00e0 avoir un recours, la d\u00e9faillance, voire la trahison de l\u2019environnement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9ni de l\u2019environnement, nous le savons depuis Ferenczi, majore en effet le traumatisme, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entra\u00eener dans une progression traumatique. Il ne reste alors qu\u2019une seule possibilit\u00e9 : il faut se porter secours \u00e0 soi-m\u00eame. Or pour le faire, le recours devient alors de faire le mort, ou se cliver de la sc\u00e8ne, ne plus \u00eatre l\u00e0\u2026 l\u2019inconscient refoul\u00e9 n\u2019est plus ma\u00eetre dans la maison\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De cette coupure, cette dissociation selon Janet, auto-clivage narcissique selon Ferenczi, d\u00e9coule selon moi une suspension de l\u2019\u00e9tayage entre auto-conservatif et psychosexuel<strong><sup>14<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dimension relationnelle de l\u2019auto-clivage dans la s\u00e9ance<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En s\u00e9ance se joue cette question : vais-je trouver un lien avec un autre qui me reconna\u00eetra<strong><sup>15<\/sup><\/strong> et non me d\u00e9nier, qui va permettre de retrouver une balance dans cet \u00e9tayage ? O\u00f9 vais-je devoir continuer de me tourner seulement vers moi-m\u00eame&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail \u00e0 deux en psychoth\u00e9rapie, travail de co-pens\u00e9e, peut permettre de retrouver la capacit\u00e9 \u00e0 accueillir et transformer la d\u00e9tresse, puis \u00e0 symboliser, \u00e0 retrouver le fil du fantasme, mais cela passe par une qualit\u00e9 de rencontre, la mise \u00e0 disposition d\u2019un refuge dans un accueil qui se concentre sur l\u2019offre d\u2019une base de s\u00e9curit\u00e9, condition n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9tayage auto-conservatif\/sexuel et donc \u00e0 l\u2019animation et au d\u00e9ploiement des registres fantasmatiques et conflictuels de la psych\u00e9. Ces efforts nous am\u00e8nent parfois \u00e0 r\u00e9am\u00e9nager le cadre, \u00e0 utiliser d\u2019autres ressorts que la seule neutralit\u00e9 bienveillante, vers un pas sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019empathie, et qui nous am\u00e8ne \u00e0 intervenir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9sir de prendre soin, un vecteur de transformations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a donc dans la clinique avec le traumatisme psychique une rencontre avec la qu\u00eate d\u2019un \u00eatre en d\u00e9tresse, en d\u00e9saide, qui attend une reconnaissance et une transformation, il vient pour cela, il y a ici un transfert sp\u00e9cifique, et la r\u00e9ponse du soignant l\u2019est tout autant. Il y a qu\u00eate de transformation d\u2019une part, et d\u00e9sir de transformation d\u2019autre part chez les deux protagonistes. Et l\u2019empathie, bien que n\u00e9cessaire, ne suffit pas pour transformer la d\u00e9tresse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si la tendresse d\u2019un \u00eatre autre proche a fait d\u00e9faut pour reconna\u00eetre, accueillir et transformer le v\u00e9cu traumatique, alors, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, en s\u00e9ance, se rejoue ce qui aurait d\u00fb avoir lieu et qui n\u2019a pas eu lieu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a chez le donneur de soin une reconnaissance claire de la d\u00e9tresse de l\u2019autre, il s\u2019y identifie inconsciemment, mais il a besoin lui-m\u00eame de re-trouver ce qui l\u2019avait lui-m\u00eame sorti d\u2019une situation de d\u00e9tresse. Il prodigue le soin de mani\u00e8re que l\u2019autre puisse \u00e9prouver ce qu\u2019il a lui-m\u00eame \u00e9prouv\u00e9. La dimension de partage est importante dans la clinique du psychotraumatisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Peau psychique \u00e0 peau psychique, se repr\u00e9senter \u00eatre pris dans les bras<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Je vais reprendre ici une situation clinique de Christophe Dejours<strong><sup>16<\/sup><\/strong> : un de ses patients a une envie imp\u00e9rieuse de se jeter sous la rame du m\u00e9tro. Et c\u2019est, bien que Christophe Dejours ne le dise pas ainsi, et s\u2019en d\u00e9fendrait sans doute \u00e0 partir de ce qui va suivre, que je vois la tendresse du psychoth\u00e9rapeute \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier temps : Christophe Dejours a peur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et il me fait peur ! Je crains la d\u00e9livrance par le suicide. Les m\u00e9dicaments\u2026 rien n\u2019y fait\u2026&nbsp;\u00bb. Alors il dit \u00e0 son patient : \u00ab&nbsp;si un enfant \u00e9prouvait soudain la peur de tomber sous le m\u00e9tro, qu\u2019est-ce donc qui serait susceptible de le calmer&nbsp;? Qu\u2019un adulte le prenne dans ses bras et le serre fort contre lui, jusqu\u2019\u00e0 ce que le calme revienne&nbsp;?&nbsp;\u00bb<strong><sup>17<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il revient, la s\u00e9ance suivante, avec deux r\u00eaves : \u00ab&nbsp;Le premier il se voit d\u00e9doubl\u00e9 en deux corps (\u2026) il se porte lui-m\u00eame. Ce corps est comme celui d\u2019un vieillard, qu\u2019il doit porter, dans ses bras, comme on porte\u2026 (il n\u2019arrive pas \u00e0 pr\u00e9ciser sa pens\u00e9e)\u2026&nbsp;\u00bb Dejours continue&nbsp;: \u00ab&nbsp;il se porte lui-m\u00eame, ce qui signifie qu\u2019il a relay\u00e9 l\u2019analyse par un rapport de soi \u00e0 soi. On est maintenant dans l\u2019intersubjectivit\u00e9 stricto sensu.&nbsp;\u00bb<strong><sup>18<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Christophe Dejours me dit qu\u2019il est intervenu (ce n\u2019\u00e9tait pas une interpr\u00e9tation pour lui) lorsqu\u2019il a pos\u00e9 ces questions \u00e0 son patient, et qu\u2019il avait d\u00fb chercher en lui ce qui l\u2019aurait apais\u00e9 lui-m\u00eame enfant, d\u2019o\u00f9 cette image d\u2019\u00eatre pris dans les bras<strong><sup>19<\/sup><\/strong>. Nous voyons l\u00e0 cette r\u00e9sonance de la d\u00e9tresse, dans la sym\u00e9trie, et cette qu\u00eate de refuge, d\u2019objet-refuge<strong><sup>20<\/sup><\/strong>, incarn\u00e9 ici par le fait d\u2019\u00eatre pris dans les bras. La tendresse du th\u00e9rapeute est ce qui permet la repr\u00e9sentation d\u2019\u00eatre pris dans les bras.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Objet-refuge de la tendresse de l\u2019autre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019objet-refuge, correspond \u00e0 l\u2019une de ces constructions que j\u2019ai d\u00fb \u00e9laborer, car aucun autre concept psychanalytique ne m\u2019a sembl\u00e9 correspondre en d\u00e9tail avec ce que je rencontrai. L\u2019objet-refuge comporte deux sp\u00e9cificit\u00e9s : l\u2019objet et (refuge) narcissique (objet\/narcissisme, continuit\u00e9 d\u2019existence) et donc correspond \u00e0 l\u2019incorporation et\/ou l\u2019introjection&nbsp;d\u2019un objet assurant une sensation plaisante, apaisante, nourrissant le sentiment de continuit\u00e9 d\u2019existence. Il peut avoir un impact sur l\u2019aspect existentiel donc, et il nourrit aussi le narcissisme. Depuis les c\u00e2lins primaires, chacun a int\u00e9rioris\u00e9 dans le registre de la sensorialit\u00e9, des odeurs, des images, des sons, des sensations kinesth\u00e9siques, proprioceptives, de toucher, qui ont dans leur vie, un temps, apais\u00e9 et procur\u00e9 du plaisir. Il en est de m\u00eame pour des sensorialit\u00e9s matin\u00e9es de secondarisation avec un ou plusieurs autres, des sensations de toucher objectalis\u00e9es, esth\u00e9tiques, des fa\u00e7ons de faire, des ambiances familiales, etc. que l\u2019on se repr\u00e9sente quand le besoin s\u2019en fait sentir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette construction d\u2019objet-refuge est intimement li\u00e9e \u00e0 l\u2019acte tendre d\u2019un autre, \u00e0 un plaisir partag\u00e9 avec un autre ou d\u2019autres, plaisir qui aura aliment\u00e9 notre sentiment de continuit\u00e9 d\u2019existence et notre narcissisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tendresse issue d\u2019une double identification : \u00e0 la d\u00e9tresse et au soin (donneur de soin)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai propos\u00e9 que la tendresse \u00e9tait issue d\u2019une double identification chez le th\u00e9rapeute : \u00e0 la d\u00e9tresse et au donneur de soin, double identification qui est en miroir avec les deux parties cliv\u00e9es selon S\u00e1ndor&nbsp;Ferenczi, la partie bless\u00e9e et celle qui essaie d\u2019en prendre soin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut deux d\u00e9tenteurs d\u2019\u00e2mes cliv\u00e9es pour parvenir \u00e0 la liaison, l\u2019int\u00e9gration du v\u00e9cu traumatique, dans un jeu entre sym\u00e9trie identificatoire et reconnaissance et asym\u00e9trie dans le don du soin. \u00c0 cet \u00e9gard, il faut le d\u00e9sir de prodiguer ce soin afin de partager ce qui nous a soign\u00e9, et c\u2019est ici que je situe la tendresse du psychoth\u00e9rapeute. La tendresse d\u2019un autre permet cette reconnexion, car elle signe la reconnaissance de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 et le secours tant attendu. Il faut aussi, en s\u00e9ance, finalement retrouver l\u2019illusion n\u00e9cessaire qui nous anime tous et nous permet de faire des projets de vie. Cette illusion se nourrit du rapport \u00e0 l\u2019autre, comme le souligne Bernard Golse, passer de l\u2019\u00eatre \u00e0 exister<strong><sup>21<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019il n\u2019est pas dans le registre de la psycho-sexualit\u00e9 et du fantasmatique, mais dans celui de la survie et de la d\u00e9tresse, le patient a besoin qu\u2019on lui permette de retrouver ce premier registre. Lorsque cette possibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remise en jeu, le th\u00e9rapeute peut retrouver une position asym\u00e9trique de sollicitude et de bienveillance \u2014 diff\u00e9rentes de la tendresse qui oscille entre sym\u00e9trie et asym\u00e9trie \u2014 et de travail sur le registre fantasmatique. Bien s\u00fbr, souvent, le traumatique et le fantasmatique peuvent s\u2019articuler.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a diff\u00e9rents liens, on peut exister en \u00e9tant pris dans un lien ali\u00e9nant, mais on peut r\u00eaver quand le lien est un lien de tendresse, un lien non violent, c\u2019est la tendresse qui permet la traduction des rapports \u00e0 l\u2019autre vers le r\u00eave. La tendresse permet le d\u00e9placement, le travail du r\u00eave, la symbolisation, alors que la violence ne fait que figer et r\u00e9duire le jeu psychique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes :<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>1.<\/strong> Tovmassian L.T., Janssen C. <em>Cadre clinique et tendresse, liaisons dangereuses ?<\/em>, Paris, InPress, 2022. D\u2019autre part voir Paul Claude Racamier qui situe la tendresse comme \u00e9tant anti incestuelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2.<\/strong> Depuis ma th\u00e8se \u00ab <em>De la tendresse \u00e0 l\u2019inceste en p\u00e9riode de latence, traitement du traumatisme psychique<\/em> \u00bb soutenue en 2006. Voir par ailleurs les ouvrages <em>Tendresse et attachement, Cadre clinique et tendresse<\/em> parus chez InPress que j\u2019ai dirig\u00e9 pour le premier et co-dirig\u00e9 avec Christophe Janssen pour le second.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3.<\/strong> Citons Daniel Kuperman inspir\u00e9 par S\u00e1ndor Ferenczi&nbsp;:\u00ab&nbsp;&#8230; pour les patients dont le plaisir de vivre est diminu\u00e9, il faudrait effectivement \u00ab\u00a0introduire des impulsions de vie positives,&nbsp; et des raisons pour la suite de l&rsquo;existence\u00a0\u00bb, ce qui \u00e9quivaudrait \u00e0 des d\u00e9monstrations de tendresse,&nbsp; y compris dans la relation transferentielle&#8230;&nbsp;\u00bb, in Kupermann&nbsp;D.&nbsp; <em>Pourquoi Ferenczi <\/em>? Paris, Ithaque, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4.<\/strong> Cf. par exemple : Van Der Hart O., Steele&nbsp;K. 2018, <em>Traiter la dissociation d\u2019origine traumatique<\/em>.&nbsp;De Boeck sup\u00e9rieur. Van der Kolk B. 2018, Le corps n\u2019oublie rien. Albin Michel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. <\/strong>Je reprends ici, comme par ailleurs dans ce texte, et de mani\u00e8re partielle, quelques \u00e9l\u00e9ments parus dans le pr\u00e9c\u00e9dent ouvrage&nbsp;: Tovmassian L.T., 2020. <em>Tendresse et attachement<\/em>. InPress.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6.<\/strong> Freud S. (1912) Du rabaissement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de la vie amoureuse&nbsp;: contributions \u00e0 la psychologie de la vie amoureuse, <em>\u0152uvres compl\u00e8tes, t :11<\/em>. Paris,&nbsp; PUF. 1998. p. 129-141. Freud S.&nbsp; (1921) <em>Psychologie des masses et analyse du moi<\/em>, t : 16. Paris : PUF. 1991. p.1-83<\/p>\n\n\n\n<p><strong>7. <\/strong>Ferenczi S. <em>\u0152uvres compl\u00e8tes IV<\/em>, 1984, Paris, Payot, et Journal Clinique, 1985, Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>8. <\/strong>Brusset B.&nbsp;<em> Psychanalyse du lien<\/em>, 2007, Paris, Presses Universitaires de France.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>9. <\/strong>Winnicott D.W. <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, 2000, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>10. <\/strong>Cupa D. <em>Tendresse et Cruaut\u00e9<\/em>, 2007, Paris, Dunod.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>11. <\/strong>Tovmassian L.T., <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em> 2019\/2 (Vol. 83), pages 567 \u00e0 580<\/p>\n\n\n\n<p><strong>12.\u00a0<\/strong>Tovmassian L.T. <em>Tendresse et attachement, deux notions au c\u0153ur du travail psychanalytique avec le traumatisme psychique<\/em>. Paris, InPress, 2020. Tovmassian L.T., Janssen C. <em>Cadre clinique et tendresse, liaisons dangereuses ?<\/em>, Paris, InPress, 2022<\/p>\n\n\n\n<p><strong>13. <\/strong>Tovmassian L.T. 2018, R\u00f4le de l\u2019environnement, dynamiques transf\u00e9rentielles et contre-transf\u00e9rentielles avec la clinique du psychotraumatisme. <em>Cahiers de Psychologie Clinique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>14. <\/strong>D\u2019une certaine fa\u00e7on cela se rapproche de ce que Christophe Dejours propose comme \u00ab accident de la s\u00e9duction \u00bb et d\u00e9faut de la \u00ab subversion libidinale \u00bb. Christophe Dejours et Jean Laplanche ont pris la suite de Ferenczi, en postulant un inconscient amential pour Dejours, ou Inconscient enclav\u00e9 pour Laplanche, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;inconscient refoul\u00e9. Tout en sachant que le refoul\u00e9 et le cliv\u00e9 coexistent bien souvent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>15. <\/strong>La reconnaissance du d\u00e9sir d\u00e9ni\u00e9 lors du v\u00e9cu traumatique est essentielle, comme l\u2019est le concept de reconnaissance non assez explor\u00e9 en psychanalyse. Voir Tovmassian L.T. <em>Traumatismes, lien social et \u00e9thique<\/em>, Paris, Inpress, 2015.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>16.<\/strong> Voir l\u2019entretien que j\u2019ai propos\u00e9 \u00e0 Christophe Dejours dans l\u2019ouvrage cit\u00e9 plus haut : <em>Tendresse et attachement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>17.<\/strong> Ibid. Je ne saurai \u00eatre trop redevable \u00e0 Christophe Dejours d\u2019une telle illustration que je comprends comme la tendresse du psychoth\u00e9rapeute, m\u00eame si lui l\u2019interpr\u00e9terait diff\u00e9remment.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>18.<\/strong> Ibid.p.25<\/p>\n\n\n\n<p><strong>19. <\/strong>Entretien Dejours Tovmassian dans l\u2019ouvrage <em>Tendresse et attachement<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>20. <\/strong><em>Objet-refuge voir dans Tendresse et attachement et Cadre clinique et tendresse, liaisons dangereuses ?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>21. <\/strong>Golse B.<em> Le b\u00e9b\u00e9 du sentiment d\u2019\u00eatre au sentiment d\u2019exister<\/em>. Eres. 2020<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28207?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction : tendresse et psychanalyse La notion\/concept de tendresse a une position singuli\u00e8re dans le corpus psychanalytique. 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