{"id":28193,"date":"2023-01-23T11:58:30","date_gmt":"2023-01-23T10:58:30","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=28193"},"modified":"2023-01-23T11:58:36","modified_gmt":"2023-01-23T10:58:36","slug":"ferenczi-est-un-ovni","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/ferenczi-est-un-ovni\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Ferenczi est un ovni&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Carnet Psy&nbsp;: D\u2019o\u00f9 provient votre int\u00e9r\u00eat pour S\u00e1ndor Ferenczi&nbsp;? Quelle place occupe-t-il dans votre r\u00e9flexion clinique et plus particuli\u00e8rement dans votre r\u00e9flexion sur le handicap&nbsp;?&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ferenczi est tr\u00e8s actuel en ce qui concerne la reconnaissance du traumatisme. C\u2019est lui qui a expliqu\u00e9 les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses du d\u00e9saveu du traumatisme, <em>Verleugnung<\/em>, ce qui arrive lorsque l\u2019on dit par exemple \u00e0 un sujet traumatis\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas si grave&nbsp;\u00bb. Ferenczi \u00e9crit que \u00ab&nbsp;le comportement des adultes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;enfant qui subit le traumatisme fait partie du mode d&rsquo;action psychique du traumatisme. Ceux-ci font g\u00e9n\u00e9ralement preuve d&rsquo;incompr\u00e9hension apparente \u00e0 un tr\u00e8s haut degr\u00e9. (\u2026) Ou bien les adultes r\u00e9agissent par un silence de mort qui rend l&rsquo;enfant aussi ignorant qu&rsquo;il lui est demand\u00e9 d&rsquo;\u00eatre&nbsp;\u00bb<strong><sup>1<\/sup><\/strong>. Pour Ferenczi, le d\u00e9saveu du traumatisme est presque pire que le traumatisme lui-m\u00eame. Quand les gens ont affaire \u00e0 des th\u00e9rapeutes qui leur disent&nbsp;: \u00ab&nbsp;oui, c\u2019est peut-\u00eatre votre fantasme&nbsp;\u00bb, c\u2019est un renouvellement du traumatisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a aussi un autre aspect de son \u0153uvre qui m\u2019a int\u00e9ress\u00e9e, c\u2019est l\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur. Il d\u00e9veloppe ce concept dans la <em>Confusion de langue<\/em>. Il s&rsquo;agit de la culpabilit\u00e9 de la victime ou de l\u2019enfant qui n\u2019ose pas dire ce qui lui est arriv\u00e9, et qui se dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre que j\u2019y suis pour quelque chose&nbsp;\u00bb. Surtout que l\u2019autre, l\u2019agresseur, lui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu n\u2019en parleras pas&nbsp;\u00bb. Dans les cas de traumatismes li\u00e9s \u00e0 l\u2019inceste, autour du sexuel, Ferenczi est ind\u00e9passable. Il est toujours d\u2019une grande actualit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, en plus du d\u00e9saveu, il aborde la notion de clivage auto-narcissique. Selon lui, la personne qui a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e, agress\u00e9e, se scinde en deux. Il y a une partie d\u2019elle qui continue de vivre, et se d\u00e9veloppe, elle a des enfants, un m\u00e9tier, pour qui tout va bien&nbsp;; mais en m\u00eame temps, il y a l\u2019autre partie qui est encore l\u00e0. Il appelle \u00e7a les parties mortes et dit qu\u2019il faut r\u00e9animer ces parties mortes. \u00c0 un moment donn\u00e9, elles peuvent se r\u00e9veiller, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un \u00e9v\u00e8nement, tout d\u2019un coup, \u00e7a ressurgit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour de nombreuses raisons, Ferenczi est un \u00ab&nbsp;ovni&nbsp;\u00bb\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Pourquoi un \u00ab ovni \u00bb ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parce que son \u0153uvre ne ressemble \u00e0 aucune \u00e9criture psychanalytique, \u00e0 aucun essai que les gens ont pu \u00e9crire sur la psychanalyse. Ces textes fragmentaires, inachev\u00e9s, souvent \u00e0 d\u00e9crypter, interrompus parfois au milieu d&rsquo;une phrase, s&rsquo;\u00e9garant dans les digressions, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s pour la plupart en allemand, qui n&rsquo;\u00e9tait pas sa langue maternelle, mais que Ferenczi, polyglotte comme on l&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque en ces pays d&rsquo;Europe centrale, parlait couramment, ayant \u00e9tudi\u00e9 la m\u00e9decine \u00e0 Vienne. Mais il y a un curieux m\u00e9lange de plusieurs langues, avec de nombreux passages en anglais, hongrois, fran\u00e7ais, latin et grec. L&rsquo;anglais est de plus en plus pr\u00e9sent dans les derni\u00e8res pages, parce que Ferenczi recevait des patients am\u00e9ricains, apr\u00e8s son voyage en Am\u00e9rique en&nbsp;1926-1927.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019allemand, il l\u2019utilise surtout quand il parle de Freud, dont il ne dit pas beaucoup de bien dans le <em>Journal Clinique<\/em>. Il lui fait beaucoup de reproches. Il d\u00e9nonce la froideur et l&rsquo;hypocrisie professionnelle des psychanalystes viennois, dogmatiques. \u00ab&nbsp;On accueille le patient aimablement, on cherche \u00e0 assurer le transfert, et pendant que le patient se tourmente, on fume tranquillement son cigare dans un fauteuil, on fait sur un ton ennuy\u00e9 des remarques conventionnelles qui font l&rsquo;effet de phrases toutes faites, \u00e0 l&rsquo;occasion on s&rsquo;endort&nbsp;\u00bb<strong><sup>2<\/sup><\/strong>. On sait que ces reproches s&rsquo;adressaient essentiellement \u00e0 Freud, son analyste, aupr\u00e8s duquel, malgr\u00e9 leur amiti\u00e9, il n&rsquo;a jamais trouv\u00e9 l&rsquo;attention chaleureuse qu&rsquo;il attendait et que lui-m\u00eame a ensuite voulu donner \u00e0 ses patients.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L&rsquo;\u0153uvre de Ferenczi est celle d&rsquo;un homme profond\u00e9ment engag\u00e9&nbsp;?&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, sa sensibilit\u00e9 aux traumatismes pr\u00e9coces semble bien provenir de sa propre enfance, bien qu\u2019il n\u2019ait jamais pr\u00e9cis\u00e9 quels traumatismes il avait subi dans son histoire personnelle, si ce n\u2019est sa fratrie nombreuse et une m\u00e8re \u00e0 la personnalit\u00e9 dure. Non seulement il s\u2019implique, il s\u2019enthousiasme, mais il s\u2019expose et prend des risques. Lorsque, dans les ann\u00e9es vingt et trente, \u00e0 Vienne, \u00e0 Berlin, et m\u00eame aux \u00c9tats-Unis, les psychanalystes \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 un \u00e9chec avec un patient, ils l\u2019envoyaient \u00e0 Budapest, aupr\u00e8s de Ferenczi, qui avait la r\u00e9putation d\u2019accueillir et de traiter les patients les plus difficiles, ayant subi des traumatismes pr\u00e9coces, r\u00e9fractaires \u00e0 toute am\u00e9lioration, entra\u00een\u00e9s par des mouvements r\u00e9gressifs mobilisant des r\u00e9actions contre-transf\u00e9rentielles tr\u00e8s archa\u00efques chez le th\u00e9rapeute. De cette exp\u00e9rience, Ferenczi, esprit cr\u00e9atif et novateur, tira des r\u00e9flexions \u00e0 la fois th\u00e9oriques et techniques d\u2019une grande originalit\u00e9, qui ont renouvel\u00e9 la question du traumatisme. Curieusement, ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1930, que Ferenczi a r\u00e9dig\u00e9 ses observations d\u2019une richesse clinique inou\u00efe sur les \u00e9tats traumatiques, leurs effets psychiques et les principes de prise en charge des personnes traumatis\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Ferenczi, quand une cure ne marche pas, il ne s\u2019agit pas de proclamer le patient comme inanalysable, mais de voir comment la psychanalyse peut lui venir en aide. \u00ab&nbsp;Une sorte de foi fanatique dans les possibilit\u00e9s de succ\u00e8s de la psychologie des profondeurs m\u2019a fait consid\u00e9rer les \u00e9checs \u00e9ventuels moins comme la cons\u00e9quence d\u2019une \u201c&nbsp;incurabilit\u00e9&nbsp;\u201d, que de notre propre maladresse, hypoth\u00e8se qui m\u2019a n\u00e9cessairement conduit \u00e0 modifier la technique dans les cas difficiles dont il \u00e9tait impossible de venir \u00e0 bout avec la technique habituelle. (\u2026) Des formules telles que \u201c&nbsp;la r\u00e9sistance du patient est insurmontable&nbsp;\u201d ou \u201c&nbsp;le narcissisme ne permet pas d\u2019approfondir ce cas&nbsp;\u201d ou m\u00eame la r\u00e9signation fataliste face au soi-disant enlisement d\u2019un cas sont rest\u00e9es pour moi inadmissibles. J\u2019ai pens\u00e9 que, tant que le patient continue \u00e0 venir, le fil de l\u2019espoir n\u2019est pas rompu. Je devais donc sans cesse me poser la m\u00eame question&nbsp;: est-ce que la cause de l\u2019\u00e9chec est toujours la r\u00e9sistance du patient, n\u2019est-ce pas plut\u00f4t notre propre confort qui d\u00e9daigne de s\u2019adapter aux particularit\u00e9s de la personne elle-m\u00eame, sur le plan de la m\u00e9thode&nbsp;?&nbsp;\u00bb<strong><sup>3<\/sup><\/strong>. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce renversement que Ferenczi pr\u00e9figure en pionnier les lignes de force de la psychanalyse contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Pourriez-vous nous dire un mot de la relation entre Freud et Ferenczi ?<\/strong>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Voici un \u00e9pisode marquant. En septembre&nbsp;1932, donc en pleine p\u00e9riode de r\u00e9daction du <em>Journal clinique<\/em>, en route pour le Congr\u00e8s de Wiesbaden o\u00f9 il va pr\u00e9senter son texte sur la <em>Confusion des langues<\/em>, Ferenczi s\u2019arr\u00eate \u00e0 Vienne. Prenant connaissance du texte, Freud, tr\u00e8s choqu\u00e9 par le contenu et en particulier la conception du traumatisme, demande \u00e0 Ferenczi de renoncer \u00e0 sa contribution.&nbsp; Ferenczi la pr\u00e9sente quand m\u00eame, assumant cette fois jusqu\u2019au bout la responsabilit\u00e9 de ses id\u00e9es, au risque de se mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart du dogme freudien. Ce texte, devenu c\u00e9l\u00e8bre par la suite, constitue actuellement une r\u00e9f\u00e9rence sur la question du traumatisme. Mais cette exp\u00e9rience douloureuse&nbsp;\u2014 Freud ne lui aurait pas serr\u00e9 la main au moment de lui dire au revoir&nbsp;\u2014 laisse des traces. La maladie de Ferenczi s\u2019est d\u00e9clar\u00e9e peu apr\u00e8s le congr\u00e8s. Dans les derni\u00e8res entr\u00e9es du <em>Journal Clinique,<\/em> on lit ces lignes path\u00e9tiques, mais aussi tellement clairvoyantes. \u00ab&nbsp;Dans mon cas, une crise sanguine est survenue au moment m\u00eame o\u00f9 j\u2019ai compris que non seulement je ne peux pas compter sur la protection d\u2019une \u201c&nbsp;puissance sup\u00e9rieure&nbsp;\u201d, mais qu\u2019au contraire, je suis pi\u00e9tin\u00e9 par cette puissance indiff\u00e9rente, d\u00e8s que je vais mon propre chemin&nbsp;\u2014 et non le sien&nbsp;\u00bb<strong><sup>4<\/sup><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dialogue entre Freud et Ferenczi se poursuit au-del\u00e0 de la mort de ce dernier. Entre&nbsp;1933 et&nbsp;1938, les derniers textes de Freud portent les traces de Ferenczi, dont il reprend les id\u00e9es avec sa mani\u00e8re habituelle de s\u2019approprier les id\u00e9es des autres sans forc\u00e9ment faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 leur origine. Dans <em>Analyse avec fin et sans fin<\/em>, en&nbsp;1937, Freud reprend les \u00e9l\u00e9ments du d\u00e9bat. \u00ab&nbsp;Un homme&nbsp;\u00bb, que l\u2019on a pu identifier comme \u00e9tant Ferenczi, reproche \u00e0 Freud d\u2019avoir \u00ab&nbsp;n\u00e9glig\u00e9 de lui donner une analyse compl\u00e8te&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ferenczi a fait du p\u00f4le contre-transf\u00e9rentiel le moteur de l\u2019analyse, l\u2019outil qui permet \u00e0 l\u2019analyste de ressentir ce que les patients tr\u00e8s r\u00e9gress\u00e9s ne parviennent ni \u00e0 vivre ni \u00e0 int\u00e9grer, puis \u00e0 le repr\u00e9senter et \u00e0 le leur restituer. Pour Ferenczi, si l\u2019analyse peut amener le patient \u00e0 revivre le traumatisme subi, dont il ne subsiste, par d\u00e9finition, aucune trace mn\u00e9sique, \u00ab&nbsp;alors une nouvelle sorte de r\u00e9solution, plus avantageuse, voire aussi durable, du traumatisme peut se produire&nbsp;\u00bb<strong><sup>5<\/sup><\/strong>. Cette id\u00e9e de Ferenczi, \u00e0 savoir que la rem\u00e9moration ne suffit pas, est reprise par Freud, en&nbsp;1937, dans <em>Constructions<\/em><strong><sup>6<\/sup><\/strong>, l\u2019un des textes majeurs de Freud, qui a connu des prolongements tr\u00e8s importants, et qui est largement inspir\u00e9 par Ferenczi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, Freud a emprunt\u00e9 beaucoup d\u2019id\u00e9es \u00e0 Ferenczi. Apr\u00e8s la mort de Ferenczi, Freud a avanc\u00e9 des id\u00e9es qui \u00e9taient un peu les id\u00e9es de Ferenczi, sans toujours le dire, sur le traumatisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c9voquons un autre aspect \u00e0 partir duquel Ferenczi s\u2019\u00e9carte de Freud&nbsp;: le point de vue de la technique. Les apports de Ferenczi sont multiples, comme nous venons de le voir, mais s\u2019articulent \u00e9galement autour d\u2019un certain nombre de variations du cadre classique de la psychanalyse. En premier lieu, on associe Ferenczi \u00e0 la notion de \u00ab&nbsp;technique active&nbsp;\u00bb. Pourriez-vous nous donner \u00e0 comprendre ce que cela signifie ?&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec les techniques actives, Ferenczi s\u2019\u00e9loigne de Freud. D\u00e9j\u00e0 en&nbsp;1923, Rank et Ferenczi avaient \u00e9crit ensemble <em>Perspectives de la psychanalyse<\/em>, o\u00f9 ils d\u00e9noncent l\u2019attitude trop intellectuelle des analystes. Pour le cercle freudien orthodoxe, l\u2019analyste doit \u00eatre neutre et d\u00e9tach\u00e9 et non un participant actif. Ne montrer aucune \u00e9motion au d\u00e9triment de l\u2019empathie. Mais Ferenczi, qui s\u2019int\u00e9ressait aux patients ayant subi des traumatismes pr\u00e9coces, a vu qu\u2019il ne suffit pas dans ces cas, d\u2019interpr\u00e9ter et que &nbsp;\u00ab&nbsp;la rem\u00e9moration ne suffit pas&nbsp;\u00bb. Il faut aller au-devant du patient<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Cette notion a par la suite \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par de nombreux auteurs, notamment dans la pens\u00e9e psychanalytique en dehors de l\u2019hexagone\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je citerai ici pour vous r\u00e9pondre les travaux de Thomas Ogden, dont <em>Carnet&nbsp;Psy<\/em> a propos\u00e9 un entretien r\u00e9cemment. Ses apports sont int\u00e9ressants pour cette question de la technique active. Il y a aussi Christopher&nbsp;Bollas. Lorsqu\u2019il a l\u2019impression qu\u2019il ne se passe rien avec un patient, Bollas dit&nbsp;: mais racontez-moi ce que vous avez fait hier. Avec ce r\u00e9cit de ce qu\u2019il a fait hier, il y a \u00e9galement des messages inconscients. Et l\u00e0, \u00e7a m\u2019am\u00e8ne \u00e0 parler d\u2019un autre psychanalyste que j\u2019aime bien, c\u2019est Antonino&nbsp;Ferro, italien. Lui, il appelle \u00e7a, les d\u00e9riv\u00e9s narratifs, c\u2019est-\u00e0-dire que le patient arrive et dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;oh la la, le bus \u00e9tait compl\u00e8tement en retard&nbsp;\u00bb, ou alors&nbsp;: \u00ab&nbsp;dans votre rue, on ne peut pas se garer, c\u2019est \u00e9pouvantable&nbsp;\u00bb. Ferro nous nous dit que tout \u00e7a a du sens. C\u2019est une mani\u00e8re de rep\u00e9rer o\u00f9 l&rsquo;on en est du processus psychanalytique&nbsp;: voyez&nbsp;! Il y a quand m\u00eame de l\u2019inconscient l\u00e0-dedans et la technique active permet d\u2019y acc\u00e9der.&nbsp; Un dernier mot sur Thomas&nbsp;Ogden. Il dit que l\u2019important au moment o\u00f9 l\u2019on est avec le patient, ce n\u2019est pas tellement de faire attention \u00e0 ce que, lui, dit, mais de faire attention \u00e0 ce que nous, on pense. Voil\u00e0 aussi un exemple de technique active, que l\u2019on peut interpr\u00e9ter comme une fa\u00e7on de montrer au patient que l\u2019on pense, que l\u2019on est vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, des gens hospitalis\u00e9s, ou les enfants, que l\u2019on va voir dans leur chambre, ou encore \u00e0 des horaires, pas toujours r\u00e9guliers pour des raisons diverses, ce sont d\u00e9j\u00e0 des am\u00e9nagements de cadre. Le fait aussi d\u2019\u00eatre plus actif, intervenir davantage. Alors \u00e7a, avec les jeunes patients de maintenant, ce n\u2019est pas possible de faire autrement. Ils ne supportent plus un analyste compl\u00e8tement silencieux. Parfois, certains viennent nous voir et rapportent&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre face \u00e0 une statue. Je n\u2019avais aucun retour. J\u2019avais l\u2019impression qu\u2019il n\u2019y avait personne en face de moi.&nbsp;\u00bb \u00c7a, ce n\u2019est plus supportable. L\u00e0, il y a quelque chose qui a chang\u00e9 dans la culture. Ils ne supportent pas cette neutralit\u00e9 bienveillante qui est proche de l\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Parmi les variations de technique h\u00e9rit\u00e9es de Ferenczi, nous retrouvons \u00e9galement l\u2019analyse mutuelle. Pouvez-vous nous en dire un mot&nbsp;?<\/strong>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse mutuelle, c\u2019est lorsque l\u2019analyste, lui aussi, livre ses fantasmes ou ses id\u00e9es, ses difficult\u00e9s ou ses probl\u00e8mes, et que le patient lui renvoie quelque chose qui peut avoir un effet d\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p>La fameuse m\u00e9thode de l\u2019analyse mutuelle, que Ferenczi pratiquait avec ses patientes du <em>Journal clinique<\/em>, vient dans la continuit\u00e9 de cette d\u00e9marche. Cette pratique, qui a fait scandale, n\u2019\u00e9tait pas si in\u00e9dite que cela. Il faudrait raconter comment les cures psychanalytiques entre les analystes de l\u2019\u00e9poque (Freud\/Jung, Freud\/Rank, Freud\/Ferenczi, Ferenczi\/Goddeck) se d\u00e9roulaient sur un mode mutuel. Tout au long de leur voyage en Am\u00e9rique, Freud, Ferenczi et Jung s\u2019analys\u00e8rent mutuellement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En pratiquant cette technique qui a pu \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une d\u00e9rive dangereuse, Ferenczi, et c\u2019est en cela qu\u2019il est un grand ma\u00eetre de la psychanalyse, ne perd jamais de vue sa position scientifique, qui consiste \u00e0 toujours soumettre les donn\u00e9es cliniques \u00e0 une analyse rigoureuse. C\u2019est pourquoi, d\u2019apr\u00e8s lui, les \u00e9checs et les impasses sont parfois plus riches d\u2019enseignement que les r\u00e9ussites. \u00ab&nbsp;On pourrait presque dire que plus un analyste a de faiblesses, qui l\u2019\u00e9garent vers des erreurs et des ratages plus ou moins grands, et qui sont ensuite d\u00e9couverts et trait\u00e9s dans l\u2019analyse mutuelle, plus une analyse a de chances d\u2019avoir des fondements profonds et r\u00e9els&nbsp;\u00bb<strong><sup>7<\/sup><\/strong>. Cette fameuse m\u00e9thode de l\u2019analyse mutuelle a \u00e9t\u00e9 reconnue par Ferenczi lui-m\u00eame comme une impasse. Mais elle suscite depuis peu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat, avec le d\u00e9veloppement de l\u2019intersubjectivit\u00e9. Et elle pr\u00e9figure les pratiques de certains psychanalystes am\u00e9ricains actuels qui pr\u00e9conisent l\u2019auto-d\u00e9voilement (self-disclosure).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Self-disclosure renvoie l\u2019analyste \u00e0 l\u2019\u00e9coute de son contre-transfert. \u00c0 ce propos, Ferenczi est all\u00e9 plus loin, sugg\u00e9rant que les r\u00e9sistances rencontr\u00e9es dans la cure n\u2019\u00e9taient pas toujours celles du patient, ou pas seulement, mais pouvaient \u00e9galement appartenir \u00e0 l\u2019analyste, renfor\u00e7ant la n\u00e9cessit\u00e9 pour ces derniers de tendre l\u2019oreille \u00e0 leurs propres mouvements internes. Pourriez-vous nous expliquer ce point&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Surtout, il est vite fait de dire : le patient r\u00e9siste. Il y a un article tr\u00e8s int\u00e9ressant de Georges&nbsp;Devereux qui avait \u00e9crit un texte en&nbsp;1964 qui devait servir \u00e0 son entr\u00e9e \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Psychanalyse de Paris (SPP). Il y d\u00e9nonce ce fait&nbsp;: les analystes voient partout de la r\u00e9sistance chez le patient, alors qu\u2019il y en a aussi de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 lui, l\u2019analyste. Mais pour Georges&nbsp;Devereux, \u00ab&nbsp;ce que les th\u00e9rapeutes appellent&nbsp; r\u00e9sistances est une manifestation normale de protection de l\u2019identit\u00e9&nbsp;\u00bb. Ce qui est per\u00e7u chez le patient n\u2019est pas forc\u00e9ment une r\u00e9sistance. \u00c7a peut \u00eatre une avanc\u00e9e. Inutile de dire qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 \u00e0 la SPP&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Prolongeons cet \u00e9change sur la technique. Certains psychanalystes consid\u00e8rent qu\u2019un travail psychanalytique ne se confond pas avec une posture empathique, qu\u2019en pensez-vous&nbsp;?&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019empathie, il faut bien pr\u00e9ciser ce que c\u2019est. Ce n\u2019est pas du tout&nbsp;: \u00ab&nbsp;oh la la, ma pauvre dame. Je comprends votre chagrin&nbsp;\u00bb. Ce n\u2019est pas la compassion\u2026 Et puis surtout, ce doit \u00eatre par moments, pas \u00eatre tout le temps. Il y a des moments d\u2019empathie, mais ce n\u2019est pas en permanence. Et il ne s\u2019agit pas non plus de se mettre compl\u00e8tement \u00e0 la place de l\u2019autre. Pour rendre compte de l\u2019empathie, Grotstein, psychanalyste californien, qui a fait une longue analyse avec Bion, dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;le nourrisson ou la partie infantile du patient, va induire un \u00e9tat sym\u00e9trique chez la m\u00e8re ou chez l\u2019analyste, et la m\u00e8re passe inconsciemment en revue, au sein de son self conscient et inconscient, son inventaire personnel d\u2019exp\u00e9riences pass\u00e9es, v\u00e9cues ou potentielles y s\u00e9lectionnant les exp\u00e9riences les plus pertinentes pour une prise en consid\u00e9ration consciente, g\u00e9n\u00e9rant ainsi des pens\u00e9es ou des actes, des interpr\u00e9tations en r\u00e9ponse \u00e0 la d\u00e9tresse du nourrisson ou de l\u2019analysant \u00bb<strong><sup>8<\/sup><\/strong>. Pour ce processus, qu\u2019il appelle une auto-activation, Grotstein se r\u00e9f\u00e8re aussi \u00e0 Ameisen, qui \u00e9nonce, de son point de vue de neuroscientifique&nbsp;: \u00ab&nbsp;la capacit\u00e9 de cr\u00e9er empathiquement, en nous-m\u00eames, virtuellement, les m\u00eames sentiments, \u00e9motions que ceux du patient&nbsp;\u00bb<strong><sup>9<\/sup><\/strong>. L\u2019empathie suppose de chercher dans \u00ab&nbsp;son inventaire personnel d\u2019exp\u00e9riences pass\u00e9es&nbsp;\u00bb son propre r\u00e9pertoire des choses v\u00e9cues ou imagin\u00e9es ou possiblement \u00e9prouv\u00e9es ou approch\u00e9es qui peuvent donner des indices permettant de rendre intelligible, repr\u00e9sentable, pensable ce qui nous est donn\u00e9 \u00e0 entendre et \u00e0 voir par l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la maman est avec son b\u00e9b\u00e9 ou le th\u00e9rapeute avec son patient, le b\u00e9b\u00e9 va chercher chez la m\u00e8re quelque chose dont il a besoin. Il va la solliciter d\u2019une certaine mani\u00e8re. Et, le th\u00e9rapeute, de la m\u00eame mani\u00e8re, est sollicit\u00e9. Chaque patient va le solliciter autrement, dans d\u2019autres zones de lui-m\u00eame. Alors, comme dit Grotstein, on a une esp\u00e8ce de r\u00e9pertoire. Pour chaque patient, il y a une partie du r\u00e9pertoire qui sort, et le th\u00e9rapeute peut se dire : oui. \u00c7a, peut-\u00eatre que je ne l\u2019ai pas vraiment v\u00e9cu moi-m\u00eame, mais quand m\u00eame, \u00e7a ressemble \u00e0 quelque chose que j\u2019ai connu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L\u2019empathie participe donc \u00e0 se repr\u00e9senter l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019autre.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui. Il y a ceux qui disent : on ne peut pas. Mais, je ne suis pas d\u2019accord. On peut se repr\u00e9senter l\u2019exp\u00e9rience. On a des capacit\u00e9s empathiques. Plus ou moins. Il y a des gens qui en ont beaucoup. Il y en a qui n\u2019en ont pas du tout. \u00c7a m\u2019est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 d\u2019avoir en supervision des psychologues qui manquaient compl\u00e8tement d\u2019empathie, et \u00e7a me surprenait beaucoup. Je n\u2019arrivais pas \u00e0 comprendre, ils en \u00e9taient incapables. Alors, il faut peut-\u00eatre les aider \u00e0 d\u00e9velopper leurs capacit\u00e9s empathiques. Mais il y en a d\u2019autres qui sont tr\u00e8s empathiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>1. <\/strong>Ferenczi S. (1931). <em>\u0152uvres compl\u00e8tes IV<\/em>, Paris : Payot, 1990., p.141<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. <\/strong>Ferenczi, S. <em>Journal clinique<\/em> (janvier-octobre 1932), Trad. par l\u2019\u00e9quipe du Coq-H\u00e9ron, Paris, Payot, 1985. p.246)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. <\/strong>Ferenczi S. (1931) <em>\u0152uvres compl\u00e8tes IV<\/em>, Paris : Payot, 1990. p. 100)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. <\/strong>Ferenczi, S. <em>Journal clinique <\/em>(janvier-octobre 1932), Trad. par l\u2019\u00e9quipe du Coq-H\u00e9ron, Paris, Payot, 1985.p. 284<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. <\/strong>Ferenczi S. (1931). <em>\u0152uvres compl\u00e8tes IV<\/em>, Paris : Payot, 1990., p.143<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6. <\/strong>Freud S. (1937), Constructions dans l&rsquo;analyse, <em>R\u00e9sultats, Id\u00e9es, Probl\u00e8mes II<\/em>, Paris, PUF, 1985, p.269-281<\/p>\n\n\n\n<p><strong>7. <\/strong>Ferenczi, S. <em>Journal clinique <\/em>(janvier-octobre 1932), Trad. par l\u2019\u00e9quipe du Coq-H\u00e9ron, Paris, Payot, 1985. p.59)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>8. <\/strong>J. S.&nbsp;Grostein, S.&nbsp;James, La \u00ab&nbsp;transidentification projective \u00bb : une extension du concept d\u2019identification projective, <em>Ann\u00e9e Psychanalytique Internationale<\/em>, Paris, In press, 2006.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>9. <\/strong>J.-C. Ameisen, <em>La sculpture du vivant<\/em>, Paris, Seuil, coll. \u00ab Points \u00bb, 2003.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour aller Plus loin&#8230;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u2022 Bollas C. <em>Avant la chute\u2026 Psychanalyse de l\u2019effondrement psychique<\/em>. Avec la collaboration de Sacha Bollas. Trad. de l\u2019anglais par Francesca Caiazzo et Jean-Baptiste Desveaux. Ithaqu,&nbsp; 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Devereux G. (1964) <em>La renonciation \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9: D\u00e9fense contre l&rsquo;an\u00e9antissement<\/em>, Petite Biblioth\u00e8que Payot, 2009<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Ferro A., <em>Psychanalystes en supervision<\/em>, pr\u00e9face de D. Widl\u00f6cher, Toulouse, \u00c9r\u00e8s, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Freud S., \u00ab L\u2019analyse avec fin et l\u2019analyse sans fin \u00bb, dans R\u00e9sultats, id\u00e9es, probl\u00e8mes, t. II, Paris, puf, 1985.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Korff-Sausse S. <em>L&rsquo;indicible<\/em>, \u00c9r\u00e8s, 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Ogden T. <em>Vers une nouvelle sensibilit\u00e9 psychanalytique<\/em>, Paris, Ithaque, 2022<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28193?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carnet Psy&nbsp;: D\u2019o\u00f9 provient votre int\u00e9r\u00eat pour S\u00e1ndor Ferenczi&nbsp;? 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