{"id":25264,"date":"2022-09-30T10:40:44","date_gmt":"2022-09-30T08:40:44","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=25264"},"modified":"2022-12-13T10:41:06","modified_gmt":"2022-12-13T09:41:06","slug":"monpsy-ni-fait-ni-a-faire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/monpsy-ni-fait-ni-a-faire\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0MonPsy\u00a0\u00bb : Ni Fait, ni \u00e0 faire ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Lanc\u00e9 en avril dernier par le gouvernement, le dispositif \u00ab&nbsp;MonPsy&nbsp;\u00bb a suscit\u00e9 une lev\u00e9e de boucliers chez les psychologues. Face au d\u00e9mant\u00e8lement de la psychiatrie publique, certains ont pourtant choisi d\u2019y adh\u00e9rer dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de leurs patients les plus d\u00e9munis. Qui sont-ils ? Que peut-on esp\u00e9rer de cette solution de crise ? Que faut-il redouter ? Carnet Psy a enqu\u00eat\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Six mois apr\u00e8s le lancement de \u00ab MonPsy \u00bb le 5 avril dernier, les psychologues continuent de boycotter massivement un dispositif qu\u2019ils jugent destructeur pour leur m\u00e9tier et totalement insuffisant en regard des renforts demand\u00e9s par la psychiatre publique. Quelques chiffres\u202f: la France compte environ 78 000 psychologues dont 25 000 exercent en lib\u00e9ral. Parmi eux, 20 000 ont rejoint d\u00e8s janvier le mouvement de Convergence des psychologues en lutte (CPL) et sign\u00e9 un communiqu\u00e9 demandant l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat d\u2019une mesure \u00ab d\u00e9l\u00e9t\u00e8re \u00bb et \u00ab\u202fabsurde \u00bb, conduisant \u00e0 \u00ab\u202fune disqualification de la profession \u00bb et livrant les patients \u00e0 \u00ab&nbsp;une prise en charge uberis\u00e9e et maltraitante \u00bb. Face \u00e0 cette importante mobilisation, le nombre de psychologues partenaires du dispositif \u00ab&nbsp;MonPsy&nbsp;\u00bb para\u00eet d\u00e9risoire, mais il ne cesse de cro\u00eetre &#8211; 600 inscrits d\u00e9but avril, 1300 en mai, 1900 d\u00e9but juillet\u2026 &#8211; signe que quelques praticiens, malgr\u00e9 tout, y trouvent un int\u00e9r\u00eat pour eux ou pour leurs patients. Alors, que penser de cette nouvelle \u00ab\u202foffre\u202f\u00bb sur le principe et dans son application\u202f? Que faut-il craindre ?&nbsp; Que peut-on en esp\u00e9rer\u202f? Et surtout, que laisse-t-elle pr\u00e9sager de l\u2019avenir du soin psychique en France ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un protocole infond\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Rappelons les faits. En septembre 2021, au sortir de plusieurs mois de confinement, se tiennent \u00e0 Paris des Assises de la sant\u00e9 mentale et de la psychiatrie. Apr\u00e8s quinze ann\u00e9es de d\u00e9mant\u00e8lement de la psychiatrie publique, la crise du Covid ne permet plus d\u2019ignorer le mal-\u00eatre de la population. \u00e9tudiants, professeurs, soignants, parents isol\u00e9s, t\u00e9l\u00e9travailleurs, personnes \u00e2g\u00e9es, la d\u00e9tresse est partout, les psys sont appel\u00e9s sur tous les fronts. Annonc\u00e9es en f\u00e9vrier 2021 par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, ces Assises promettent un grand \u00e9tat des lieux de la prise en charge de la sant\u00e9 mentale des Fran\u00e7ais. L\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle approche, Emmanuel Macron a une carte \u00e0 jouer. Dans son discours de cl\u00f4ture le 28 septembre, il annonce une \u00ab mesure phare\u202f\u00bb\u202f: le remboursement pour tous de huit s\u00e9ances d\u2019accompagnement psychologique en ville (une s\u00e9ance d\u2019\u00e9valuation, sept s\u00e9ances de suivi). Les usagers s\u2019empressent de demander des consultations \u00ab gratuites \u00bb aux psychologues lib\u00e9raux. Ceux-ci freinent des quatre fers, d\u00e9non\u00e7ant une r\u00e9forme poudre aux yeux destin\u00e9e \u00e0 masquer un probl\u00e8me de fond &#8211; l\u2019\u00e9rosion dramatique des postes et des lits en psychiatrie publique &#8211; et un protocole infond\u00e9 sur le plan clinique : pourquoi sur prescription du g\u00e9n\u00e9raliste ? Pourquoi pour les seuls \u00ab troubles l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s \u00bb ? Pourquoi sept s\u00e9ances&nbsp;? Pourquoi trente euros sans d\u00e9passement possible&nbsp;? Mais le gouvernement peut se targuer d\u2019une exp\u00e9rimentation men\u00e9e par la Caisse nationale d\u2019assurance maladie (CNAM) d\u00e8s 2018 dans quatre d\u00e9partements (les Bouches-du-Rh\u00f4ne, la Haute-Garonne, le Morbihan et les Landes) et qui \u00ab h\u00e9las, a trop bien fonctionn\u00e9\u202f\u00bb, d\u00e9plore Gladys Mondi\u00e8re, pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise des psychologues et de psychologie (FFPP) et membre du comit\u00e9 strat\u00e9gique r\u00e9uni par l\u2019ex-ministre de la sant\u00e9 Agn\u00e8s Buzyn pour concevoir le dispositif MonPsy. \u00ab\u202fEn Haute-Garonne, indique-t-elle par exemple, quatre-vingt pour cent des lib\u00e9raux ont particip\u00e9 \u00e0 cette premi\u00e8re exp\u00e9rience de remboursement et les patients ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s nombreux \u00e0 en b\u00e9n\u00e9ficier. Cela nous a vraiment compliqu\u00e9 la t\u00e2che pour d\u00e9-fendre un protocole plus avantageux pour la profession \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nombre de psychologues et de psychanalystes oppos\u00e9s au dispositif Monpsy, Clarisse Baruch, pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 Psychanalytique de Paris (SPP), trouve \u00ab tout de m\u00eame int\u00e9ressant que les pouvoirs publics se penchent sur la possibilit\u00e9 d\u2019une prise en charge, par l\u2019assurance maladie, des soins psychologiques en lib\u00e9ral \u00bb. Face \u00e0 l\u2019ampleur des besoins et \u00e0 la saturation des lieux de soins publics&nbsp; &#8211; six mois d\u2019attente pour les Centres m\u00e9dico-psychologiques (CMP), un an pour les Bureaux d\u2019aide psychologique universitaire (BAPU) &#8211; la mesure semble de nature \u00e0 faciliter l\u2019acc\u00e8s aux psychoth\u00e9rapies. \u00ab Mais dans sa mouture actuelle, poursuit la psychanalyste, rien ne va, rien n\u2019a de sens&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Premier point : le passage obligatoire par le g\u00e9n\u00e9raliste. \u00ab&nbsp;Au d\u00e9part, la loi pr\u00e9voyait que le patient acc\u00e8de au psychologue sur prescription, c\u2019est-\u00e0-dire avec une ordonnance du m\u00e9decin, ce qui instituait une param\u00e9dicalisation inacceptable de nos professions, argumente Clarisse Baruch. La libre th\u00e9rapeutique du psychologue a \u00e9t\u00e9 obtenue de haute lutte par nos a\u00een\u00e9s, il \u00e9tait fondamental de ne pas c\u00e9der sur cette modalit\u00e9 \u00bb. Avec la FFPP, la SPP est all\u00e9e discuter pendant l\u2019hiver avec les conseillers sant\u00e9 de Matignon et de l\u2019Elys\u00e9e. \u00ab Nous avons obtenu que la prescription soit abandonn\u00e9e au profit d\u2019un simple adressage (une lettre de recommandation), se f\u00e9licite la psychanalyste. Cela peut sembler une subtilit\u00e9 s\u00e9mantique, mais sur le plan symbolique, cela r\u00e9tablit une ind\u00e9pendance entre le m\u00e9decin et le psychologue \u00bb. Deuxi\u00e8me point : \u00ab Le tarif de mis\u00e8re. Trente euros la s\u00e9ance, c\u2019est trente euros de chiffre d\u2019affaire, soit dix ou douze euros dans la poche du praticien apr\u00e8s charges. On pr\u00e9tend redonner de l\u2019importance au psychologique mais \u00e0 travers le tarif, on d\u00e9qualifie le soin et on humilie la profession. Au lieu de renflouer l\u2019h\u00f4pital, on paup\u00e9rise les lib\u00e9raux en leur demandant de supporter le co\u00fbt des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00bb, s\u2019indigne la psychanalyste. Troisi\u00e8me point : les sept s\u00e9ances de quarante minutes (apr\u00e8s un entretien pr\u00e9alable de cinquante-cinq minutes) renouvelables mais pas dans la m\u00eame ann\u00e9e. \u00ab Cela revient \u00e0 app\u00e2ter les gens avec un dispositif gratuit pour les abandonner au bout de deux mois s\u2019ils ne peuvent pas payer. C\u2019est \u00e9coeurant. Il faudrait d\u00e9marrer les s\u00e9ances en novembre pour pouvoir les renouveler en janvier. Et qu\u2019en est-il de la place symbolique de l\u2019argent dans ce cadre&nbsp;?&nbsp;\u00bb Quatri\u00e8me point, enfin&nbsp;: l\u2019indication. MonPsy est r\u00e9serv\u00e9 aux patients qui pr\u00e9sentent un trouble anxieux ou d\u00e9pressif \u00ab\u202fd\u2019intensit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e&nbsp;\u00bb, or \u00ab&nbsp;nombre de g\u00e9n\u00e9ralistes n\u2019ont pas re\u00e7u une formation suffisante en psychopathologie pour pouvoir discriminer des troubles d\u2019intensit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e et des formes graves mais silencieuses&nbsp;\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te Clarisse Baruch. Par ailleurs, les crit\u00e8res d\u2019exclusion sont si larges (addiction, traitement anxiolytique depuis plus d\u2019un mois, antid\u00e9presseurs depuis plus de trois mois, personnalit\u00e9s bipolaires ou borderline sous anti\u00e9pileptiques\u2026) que le dispositif, au total, ne concerne qu\u2019une partie infime de la population. \u00ab Bref, c&rsquo;est de la d\u00e9magogie et personne n\u2019y gagne, ni les psychologues, ni les patients, ni l\u2019h\u00f4pital. Quand j\u2019entends parler de \u00ab d\u00e9mocratisation&nbsp;\u00bb des psychoth\u00e9rapies gr\u00e2ce \u00e0 MonPsy, je bondis. Le r\u00e9dacteur du texte de loi a fini par admettre lui m\u00eame qu\u2019il ne pouvait pas s\u2019agir de \u00ab psychoth\u00e9rapie&nbsp;\u00bb mais d\u2019un simple \u00ab&nbsp;accompagnement psychologique&nbsp;\u00bb La vraie d\u00e9mocratisation du soin, c\u2019\u00e9tait la psychiatrie de secteur \u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Gladys Mondi\u00e8re, la pr\u00e9sidente de la FFPP, revient sur les coulisses de la cr\u00e9ation de MonPsy et sur les n\u00e9gociations auxquelles elle a particip\u00e9 entre les syndicats de psychologues, les repr\u00e9sentants du gouvernement et ceux de la CNAM. \u00ab \u00c9videmment que nous n\u2019avions pas demand\u00e9 trente euros mais plus et que nous esp\u00e9rions davantage de s\u00e9ances, un acc\u00e8s direct aux psychologues et moins de crit\u00e8res d\u2019exclusion, affirme-t-elle. Evidemment aussi que j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que l\u2019on redonne des moyens \u00e0 l\u2019h\u00f4pital plut\u00f4t que d\u2019imaginer un dispositif aussi insatisfaisant \u00bb. Mais puisque le choix du gouvernement se portait vers le remboursement de s\u00e9ances en ville, la psychologue a choisi de se battre pour am\u00e9liorer ce qu\u2019elle consid\u00e8re \u00eatre un pis-aller dans un contexte de p\u00e9nurie. Un choix qui lui a valu de recevoir au si\u00e8ge de la f\u00e9d\u00e9ration des lettres d\u2019insultes et de menaces de la part de certains psychologues. \u00ab Encore une fois, rappelle-t-elle, nous ne partions pas de z\u00e9ro pour concevoir MonPsy. L\u2019exemple de la Haute-Garonne a mis un frein consid\u00e9rable \u00e0 nos ambitions. Dans le dispositif exp\u00e9rimental, les patients avaient droit \u00e0 deux fois dix s\u00e9ances \u00e0 vingt-deux euros sur prescription. Or la plupart s\u2019arr\u00eataient en moyenne \u00e0 huit, d\u2019o\u00f9 ce chiffre pour MonPsy. Nous avons obtenu qu\u2019elles soient renouvelables une fois (cela n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu) et qu\u2019elles ne soient pas \u00e0 vingt-deux euros\u202f\u00bb. Par ailleurs, le dispositif exp\u00e9rimental ne concernait que les 18 &#8211; 60 ans. MonPsy a \u00e9t\u00e9 progressivement ouvert aux enfants d\u00e8s 3 ans et aux adultes sans limite d\u2019\u00e2ge. \u00ab Mais plus le public s\u2019\u00e9largissait, plus la CNAM, qui tient les cordons de la bourse, freinait nos ardeurs, raconte encore Gladys Mondi\u00e8re. Impossible d\u2019obtenir mieux que trente euros. L\u2019assurance maladie devait \u00e9galement tenir compte des tarifs des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes (vingt-cinq euros), des sages-femmes (vingt-trois euros), des psychiatres (quarante-deux euros) ou encore des kin\u00e9sith\u00e9rapeutes (quatorze euros). Il lui semblait par ailleurs qu\u2019un d\u00e9passement d\u2019honoraires aurait attir\u00e9 un public plus ais\u00e9 que celui auquel elle souhaitait d\u00e9dier le dispositif \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le dispositif en pratique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>L<\/strong>a psychologue Elodie Requier a particip\u00e9 pendant pr\u00e8s de deux ans \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation en Haute-Garonne. Elle a choisi d\u2019en sortir d\u00e8s l\u2019annonce d\u2019Emmanuel Macron aux Assises de la sant\u00e9 mentale. \u00ab&nbsp;J\u2019ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e que la formule soit ent\u00e9rin\u00e9e alors que les psychologues n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 entendus sur leurs retours d\u2019exp\u00e9rience, explique-t-elle. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s descendant&nbsp;\u00bb. C\u2019est en s\u2019installant pr\u00e8s de Toulouse, fin 2019, qu\u2019elle choisit d\u2019int\u00e9grer l\u2019exp\u00e9rimentation CNAM. Pour se refaire une patient\u00e8le ? Plut\u00f4t \u00ab par go\u00fbt de la recherche \u00bb, pr\u00e9cise-t-elle (elle participe \u00e0 d\u2019autres protocoles scientifiques) et \u00ab&nbsp;par militantisme \u00bb : apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 pendant dix ans avec M\u00e9decins du monde, elle avait \u00e0 coeur de continuer \u00e0 contribuer \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux soins pour les plus d\u00e9munis. Pour ce qui est de l\u2019exp\u00e9rimentation CNAM, la psychologue prend le parti de \u00ab jouer le jeu compl\u00e8tement, d\u2019appliquer les crit\u00e8res d\u2019inclusion et le protocole \u00e0 la lettre, pour pouvoir juger concr\u00e8tement de la pertinence du projet \u00bb. Assez vite, le dispositif s\u2019av\u00e8re laborieux\u202f: \u00ab Le m\u00e9decin traitant devait d\u2019abord v\u00e9rifier aupr\u00e8s de l\u2019assurance maladie que son patient \u00e9tait \u00e9ligible, d\u00e9taille-t-elle. Il devait ensuite lui faire passer des \u00e9chelles d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et de d\u00e9pression. Si le score \u00e9tait trop faible ou trop \u00e9lev\u00e9, le patient \u00e9tait \u00e9vinc\u00e9. S\u2019il rentrait dans la fourchette, il devait se pr\u00e9senter au psychologue avec une prescription et un papier de la s\u00e9cu attestant qu\u2019il \u00e9tait \u00e9ligible. Le psychologue lui faisait \u00e0 son tour passer des \u00e9valuations, puis il devait confirmer au m\u00e9decin que leurs r\u00e9sultats concordaient. Le patient repartait alors chez le g\u00e9n\u00e9raliste qui lui prescrivait dix s\u00e9ances de suivi. Au bout de ces dix s\u00e9ances, si le patient souhaitait continuer, le g\u00e9n\u00e9raliste l\u2019adressait au psychiatre qui devait donner son accord pour dix s\u00e9ances suppl\u00e9mentaires, le renvoyer au m\u00e9decin qui le renvoyait au psychologue\u2026 \u00bb Outre ces allers-retours qui n\u2019all\u00e9geaient pas v\u00e9ritablement l\u2019emploi du temps du g\u00e9n\u00e9raliste et du psychiatre, ni celui du patient d\u2019ailleurs, \u00ab c\u2019\u00e9tait au psychologue de remplir les feuilles de soin, de les adresser \u00e0 ses frais \u00e0 la s\u00e9cu avec l\u2019ordonnance du m\u00e9decin et l\u2019attestation de l\u2019assurance maladie, en esp\u00e9rant qu\u2019il n\u2019y ait aucune erreur sur ces papiers sans quoi il n\u2019\u00e9tait pas rembours\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb (Aujourd\u2019hui, avec MonPsy, c\u2019est au patient d\u2019avancer l\u2019argent et d\u2019envoyer lui-m\u00eame ses feuilles de soin). Au total, \u00ab pour le psychologue, c\u2019\u00e9tait extr\u00eamement fastidieux, commente Elodie Requier. En revanche, pour les patients, le b\u00e9n\u00e9fice \u00e9tait \u00e9vident : par ici, il faut attendre neuf mois avant d\u2019\u00eatre re\u00e7u au CMP. Ils avaient enfin la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der rapidement \u00e0 un accompagne-ment th\u00e9rapeutique. Et surtout, j\u2019ai vu arriver des personnes qui ne seraient jamais all\u00e9es voir un psychologue sans ce dispositif, soit parce qu\u2019elles n\u2019en avaient pas les moyens, soit parce qu\u2019elles n\u2019y auraient pas pens\u00e9. Si cela n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00ab gratuit \u00bb, les g\u00e9n\u00e9ralistes n\u2019auraient pas pens\u00e9 non plus \u00e0 les adresser \u00e0 un psy&nbsp;\u00bb. Sur la quinzaine de patients qu\u2019elle a re\u00e7us en un an et demi dans le cadre de l\u2019exp\u00e9rimentation, tous ou presque ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de vingt s\u00e9ances. Et quand cela a \u00e9t\u00e9 termin\u00e9, Elodie Requier en a vu revenir certains quelques mois apr\u00e8s, \u00e0 leurs frais. \u00ab Ils avaient go\u00fbt\u00e9 quelque chose de ce que pouvait \u00eatre un travail analytique et se sont donn\u00e9 les moyens de poursuivre avec un tarif n\u00e9goci\u00e9 \u00bb. Au fond, sa d\u00e9cision de sortir du dispositif au moment du lancement de MonPsy \u00e9tait \u00ab surtout politique. Je n\u2019ai pas appr\u00e9ci\u00e9 que les psychologues n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 davantage concert\u00e9s\u202f\u00bb, affirme-t-elle. Mais moyennant certaines am\u00e9liorations &#8211; le nombre de s\u00e9ances, le tarif, l\u2019indication, l\u2019acc\u00e8s direct au psychologue sans passer par le m\u00e9decin &#8211; elle trouve \u00ab tr\u00e8s bien que les s\u00e9ances puissent \u00eatre rembours\u00e9es dans des endroits o\u00f9 il y a peu de structures de soin \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un entre-deux inconfortable<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Johan Pain est psychologue \u00e0 Paris. Sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions de souffrance au travail, il n\u2019avait pas besoin de MonPsy pour recruter. Lui aussi a adh\u00e9r\u00e9 au dispositif \u00ab\u202fpar curiosit\u00e9 et pour permettre l\u2019acc\u00e8s au soin aux personnes pr\u00e9caires, par exemple les salari\u00e9s au smic en plein burn-out \u00bb. Lors de la crise du Covid, il s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 volontaire pour l\u2019offre Sant\u00e9 psy \u00e9tudiant : quatre s\u00e9ances \u00e0 trente euros, renouvelables, sur adressage du m\u00e9decin. Le clinicien travaille \u00e9galement en institution, il conna\u00eet bien la saturation des services publics, a l\u2019habitude de travailler en collaboration \u00e9troite avec les m\u00e9decins et sur des formats courts. D\u00e8s son inscription dans l\u2019annuaire MonPsy, il a constat\u00e9 l\u2019ampleur de la demande : \u00ab&nbsp;J\u2019ai re\u00e7u des centaines d\u2019appels, affirme-t-il. Et quand les gens n\u2019arrivaient pas \u00e0 me joindre, ils essayaient par mail. Je n\u2019ai pas pu en int\u00e9grer plus d\u2019une dizaine \u00bb. Les limites du dispositif lui apparaissent rapidement&nbsp;: \u00ab\u202f\u00e0 ce tarif-l\u00e0, les lib\u00e9raux ne pourront pas se permettre de prendre beaucoup de patients ni de les suivre toutes les semaines. Le syst\u00e8me va vite \u00eatre satur\u00e9&nbsp;\u00bb. Johan Pain a par ailleurs \u00e9t\u00e9 surpris de voir arriver via MonPsy des personnes qui avaient les moyens de financer leur th\u00e9rapie. \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s tout, admet-il, la s\u00e9curit\u00e9 sociale est pour tout le monde. Mais moi, je me retrouve \u00e0 accompagner un m\u00eame public \u00e0 demi-tarif. La tentation est grande de raccourcir les s\u00e9ances. Ind\u00e9niablement, la formule risque d\u2019aboutir \u00e0 une d\u00e9-gradation du soin\u202f\u00bb. Mais pas question pour lui de baisser son niveau d\u2019exigence. \u00ab Ce qui m\u2019anime, explique-t-il, c\u2019est d\u2019apporter une alternative \u00e0 l\u2019injonction de performance et \u00e0 la culture du d\u00e9veloppement personnel qui font que de plus en plus, les gens viennent nous demander des solutions toutes faites \u00e0 leurs difficult\u00e9s \u00bb. En l\u2019espace de sept s\u00e9ances, il s\u2019attache ainsi \u00e0 leur permettre de \u00ab tendre vers la question plut\u00f4t que vers la r\u00e9ponse. Il ne faut pas minimiser l\u2019apaisement que procure une \u00e9coute dans des vies o\u00f9 elle se fait rare. On peut d\u00e9j\u00e0 soulager un \u00e9tat de culpabilit\u00e9 massive, d\u00e9construire certaines repr\u00e9sentations, identifier des conflits. Sept s\u00e9ances, ce n\u2019est pas beaucoup, mais ce n\u2019est pas rien\u202f\u00bb. Cela dit, Johan Pain n\u2019exclue pas de sortir de MonPsy lorsqu\u2019il en aura bien mesur\u00e9 les avantages et les inconv\u00e9nients. \u00ab Entre le b\u00e9n\u00e9fice imm\u00e9diat pour les patients et les dommages caus\u00e9s \u00e0 notre profession, je me retrouve dans un entre-deux inconfortable\u202f\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;avenir du soin psychique en France<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab On savait d\u00e9j\u00e0 depuis 2003 que quarante pour cent des psychiatres et p\u00e9dopsychiatres partiraient \u00e0 la retraite d\u2019ici 2012 \u00bb, d\u00e9plore Roland Gori. En 2022, trente pour cent des postes de praticien hospitalier en psychiatrie restent vacants. Le psychanalyste fustige \u00ab le transfert de responsabilit\u00e9s du public vers le priv\u00e9 et d\u2019un m\u00e9tier vers un autre : de l\u2019ophtalmo vers l\u2019orthoptiste, de l\u2019ORL vers l\u2019orthophoniste, du g\u00e9n\u00e9ticien vers le conseiller en g\u00e9n\u00e9tique \u00bb. Il \u00e9tait \u00e9vident, selon lui, qu\u2019on allait finir par confier au psychologue ou \u00e0 l\u2019infirmier de pratique avanc\u00e9e les t\u00e2ches que les psychiatres ne pourraient plus assumer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On fait croire par un tour de prestidigitation technocratique qu\u2019on se pr\u00e9occupe de la souffrance des Fran\u00e7ais et qu\u2019on va les soigner gratuitement. C\u2019est de la com\u2019 propre \u00e0 nos soci\u00e9t\u00e9s du spectacle et de la publicit\u00e9. MonPsy est l\u2019illustration m\u00eame de la casse des services publics et de la prol\u00e9tarisation de l\u2019ensemble des m\u00e9tiers \u00bb. La prol\u00e9tarisation, explique le psychanalyste, ce n\u2019est pas seulement l\u2019appauvrissement des professionnels, c\u2019est plus radicalement \u00ab la confiscation de leurs savoirs et de leurs savoirs-faire par des programmes qui saucissonnent leurs m\u00e9tiers en t\u00e2ches que l\u2019on peut accomplir \u00e0 partir de prescriptions protocolaires. On transforme les professionnels en op\u00e9rateurs techniques en leur imposant des protocoles prescrits par des pseudo-experts qui transforment totalement le sens du m\u00e9tier. Or, lorsque l\u2019on change les conditions d\u2019exercice des praticiens, on modifie dans le m\u00eame temps les actes et les services qu\u2019ils peuvent rendre. La taylorisation du soin joue en d\u00e9faveur de la psychanalyse et au profit d\u2019approches adaptatives, mol\u00e9culaires, comme les TCC. C\u2019est la perte de la dimension \u00ab&nbsp;oeuvri\u00e8re\u202f\u00bb des m\u00e9tiers au profit de la mise en place de chaines automatiques de productions d\u2019actes fragment\u00e9s, rationalis\u00e9s, technicis\u00e9s, chichement tarif\u00e9s. Cette \u00ab casse \u00bb des m\u00e9tiers du soin est un enjeu d\u00e9mocratique majeur car elle produit la d\u00e9valorisation de la parole, du dialogue, du r\u00e9cit, de la responsabilit\u00e9 et de la libert\u00e9 des patients comme des soignants. Le mod\u00e8le civilisationnel de MonPsy, c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 des termites au sein de laquelle chaque individu est un \u00e9l\u00e9ment permutable de l\u2019esp\u00e8ce . \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Col\u00e8re aussi chez Pierre Delion p\u00e9dopsychiatre et psychanalyste : \u00ab&nbsp;MonPsy ne s\u2019adresse qu\u2019au n\u00e9vros\u00e9 occidental poids moyen qui pourrait traiter sa d\u00e9pression passag\u00e8re chez le g\u00e9n\u00e9raliste. Pour les personnes qui ont vraiment besoin d\u2019une psychoth\u00e9rapie, proposer huit s\u00e9ances par an revient \u00e0 leur signifier que l\u2019on se moque de leur souffrance. Ce dispositif, c\u2019est de l\u2019argent jet\u00e9 par les fen\u00eatres \u00bb. Sur un tract r\u00e9cent du collectif #manifestepsy, on pouvait lire ceci : \u00ab En 2022, le gouvernement investit 50 millions d\u2019euros pour le dispositif MonPsy qui remboursera huit consultations de psychologie pour 333 000 Fran\u00e7ais pendant un an. Le m\u00eame montant aurait pu permettre l\u2019embauche de 140 psychologues pendant dix ans dans le service public \u00bb Pour Pierre Delion, ce qui est \u00e0 craindre, au-del\u00e0 de MonPsy, c\u2019est un effondrement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de la psychiatrie \u00ab et notamment de la psychiatrie de secteur \u00e0 visage humain : on est pass\u00e9s de 150\u202f000 lits de psychiatrie en 1980 \u00e0 50 000 actuellement, d\u00e9peint-il. Aujourd\u2019hui, si vous avez du fric, vous allez vous faire soigner dans le priv\u00e9 et vous fuyez l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 les soignants vont tellement mal que ce sont eux qu\u2019il faudrait aider. Le nombre d\u2019hospitalisations sans consentement a augment\u00e9 de fa\u00e7on exponentielle et \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, en raison du sous-effectif, les soignants, contre leur \u00e9thique, attachent les patients \u00e0 leurs lits devant tout signe d\u2019agressivit\u00e9. On a organis\u00e9 l\u2019extinction de la psychiatrie et dans une g\u00e9n\u00e9ration le syst\u00e8me sera totalement d\u00e9truit. Il faudra attendre la g\u00e9n\u00e9ration suivante pour que les pouvoirs publics se rendent compte qu\u2019il faut redresser la barre. Entretemps, que de souffrances pour les malades mentaux. Quant \u00e0 la perte de comp\u00e9tences, elle sera terrible. Les pouvoirs publics ne jurent plus que par les neurosciences dont les r\u00e9sultats tant de fois promis ne vont pas \u00ab tarder \u00e0 arriver&nbsp;\u00bb depuis trente ans, mais le neurologue ne peut pas remplacer le psychiatre et r\u00e9ciproquement \u00bb. Le probl\u00e8me, ajoute-t-il, est que cette destruction des services publics par des logiques manag\u00e9riales ne concerne pas que le soin. Elle touche aussi l\u2019Education nationale, la Justice, le social\u2026 \u00ab L\u2019esprit de service public se perd au profit de logiques manag\u00e9riales totalitaires, la violence grandit partout, constituant une menace pour la d\u00e9mocratie. Ce n\u2019est plus de la science-fiction, c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9. Alors MonPsy\u2026 si Moli\u00e8re \u00e9tait encore l\u00e0, il aurait soulign\u00e9 le ridicule de tout ce g\u00e2chis et se serait moqu\u00e9 des imposteurs qui l\u2019organisent \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Epilogue<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e9but juillet, trois mois apr\u00e8s le lancement de MonPsy, Johan Pain alerte la s\u00e9curit\u00e9 sociale : il n\u2019a toujours pas re\u00e7u ses feuilles de soin. Face \u00e0 l\u2019afflux de demandes, il de-mande \u00e9galement \u00e0 ce que soit indiqu\u00e9 sur l\u2019annuaire qu\u2019il ne peut recevoir de nouveaux patients pour le moment. Apr\u00e8s un \u00e9ni\u00e8me appel, le psychologue parisien re\u00e7oit ce mail :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Bonjour. Suite \u00e0 votre demande, nous avons masqu\u00e9 votre fiche sur l&rsquo;annuaire sant\u00e9 et supprim\u00e9 votre adresse mail. En ce qui concerne votre feuille de soins , elle vous a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e dans notre mail du 2 avril. C&rsquo;est \u00e0 vous d&rsquo;effectuer des copies, l&rsquo;imprimerie \u00e9tant en p\u00e9nurie de mati\u00e8re premi\u00e8re les commandes sont impossibles dans l\u2019imm\u00e9diat. Cordialement. L\u2019\u00e9quipe MonPsy \u00bb.&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25264?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9 en avril dernier par le gouvernement, le dispositif \u00ab&nbsp;MonPsy&nbsp;\u00bb a suscit\u00e9 une lev\u00e9e de boucliers chez les psychologues. Face au d\u00e9mant\u00e8lement de la psychiatrie publique, certains ont pourtant choisi d\u2019y adh\u00e9rer dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de leurs patients les plus d\u00e9munis&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":27513,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1230],"thematique":[2505,217,351],"auteur":[2585],"dossier":[2586],"mode":[60],"revue":[2580],"type_article":[2591],"check":[],"class_list":["post-25264","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","rubrique-a-la-une","thematique-dispositif","thematique-psychotherapie","thematique-societe","auteur-laurence-lemoine","dossier-exercer-en-liberal","mode-payant","revue-2580","type_article-enquete"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25264"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25365,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25264\/revisions\/25365"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27513"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=25264"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=25264"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=25264"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=25264"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=25264"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=25264"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=25264"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=25264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}